En passant

Bas nylons et garage à New Orleans

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Restons comme avec les chapitres précédents dans l’exploration du label français Eva. Un premier volume de compilation est consacré à la Louisiane. A première vue on pourrait penser que la seule musique qui existe dans le coin est le vieux jazz ou la musique cajun, des musiques essentiellement noires. Eh bien non , la garage punk existe aussi comme nous le prouve ce volume, qui est même plutôt une bonne cuvée. Voici cet album, sauf un titre que je n’ai pas trouvé.

Better Half Dozen – I’m Gonna Leave You.

Better Half Dozen – I Could Have Loved Her. Un de mes classiques.

Treshold Of Sound – She’s Mine.

Tje Little Bits – Girl Give Me Love.

The Echoes Of Carnaby – No Place Or Time.

Jimmy & The Offbeats – Miracle Worker. Il existe plusieurs reprises de ce titre, en voici une des meilleurs.

Dr. Spec’s Optical Illusion – Tryin’ To Mess My Mind.

Dr. Spec’s Optical Illusion – She’s The One.

The Tiaras – Sticks And Stones. Le classique composé par Ike, de Ike & Tina Turner.

the Tiaras – Southern Love.

The Roamin’ Togas – Bar The Door.

The Young Men – Go Away Girl.

Souls Of The Slain – 7 And 7 Is. Emprunté au groupe LOve.

Souls Of The Slain – Can’t Go On. Un slow hanté.

The Mersey Sounds – Down Home Girl. Titre des Coasters que l’on connaît par les Rolling Stones ou Ronnie Bird « Pour Etre A Toi ».

The Remains – Le grand groupe américain perdu, c’est ainsi que l’on désigne parfois les Remains. Durant les sixties, ils ne furent pas totalement inconnus, mais n’arrivèrent jamais vraiment a s’imposer sur le plan national. Originaires de Boston, ils eurent un coup de chance qui aurait dû les aider, ils firent plusieurs dates en ouverture de la tournée US 1966 des Beatles. Evidemment, leur style musical qui emprunte déjà pas mal au psychédélique est sensiblement différent de ce que peuvent proposer les Beatles dans leurs shows, les foules n’accrochent pas forcément. Quelques passages à la télévision ne les aident guère plus. La maison de disques y croit puisqu’elle publie un album, même les Espagnols qui éditent un rare EP, sans doute la pièce la plus rare de leur discographie. En 1967, le groupe n’existe déjà plus. Le meilleur reste à venir, à l’instar de nombreux de leurs contemporains, le groupe acquiert une sorte de culte, initié par la publication d’un de leurs titres dans la compilation « Nuggets » en 1972. En 1978, le label Spoonfed réédite leur premier album. Il est repris par Eva en France en 1982, agrémenté de titres complémentaires. Il est suivi de « Live In Boston » un faux live qui reprend des titres de studio. En 1985, toujours en France, le label Fan Club accoquiné avec New Rose, ressort un double album qui reprend les publications Eva. Le groupe se reforme et tourne à partir de 1998, et enregistre un nouvel album en 2002. Ils viennent même faire une tournée européenne en 2006. Parcourons quelques extraits de leur discographie, enregistrés en 1965-66, titres originaux sauf mention contraire.

Don’t Look Back. Leur titre le plus célèbre

Why Do I Cry.

Diddy Wah Diddy – Reprise de Bo Diddley.

You Got A Hard Time Coming.

Say You’re Sorry.

I Can’t Get Away From You.  Repris par Don Craine & New Dowliners Sect.

All Good Things.

I’m A Man – Reprise de Bo Diddley dans une très grande version. Rarement entendu une débauche pareille dans un studio. Même la version des Yardbirds semble calme à côté.

Documents.

Diddy Wah Diddy, live playback tv américaine.

Let Me Through. Clip playback tv américaine.

Diddy Wah Diddy, live 2014.

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En passant

Bas nylons et blues à Paris

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Paris Blues – La grande ville que je connais le mieux, c’est bien sûr Paris. Cela me change de ma campagne où j’entends les vaches meugler avec quelquefois le bruit des sabots d’un cheval qui passe dans le rue. J’entends aussi le clocher du village qui sonne les heures dans le calme de la nuit. La sonnette de la porte annonce le voisin qui vient m’apporter des légumes de son jardin, où carrément de la choucroute qu’il fabrique lui-même. Il a 90 ans, c’est un vieux copain de longue date. Par le passé, nous avons travaillé dans la même boîte, lui comme mécanicien, et moi dans la logistique. C’est assez fou quand on a habité longtemps dans un même endroit, le nombre de personnes que l’on connaît. Il est vrai que je suis d’un caractère assez liant, j’ai l’humour assez facile, et je crois que les gens m’apprécient pour cela. Le tutoiement est la règle générale, je dis tu à des presque centenaires, certains sont les parents de mes copains d’école, c’est vous dire que nous n’avons pas de barrières dans nos relations. De temps en temps, on boit un coup ensemble et l’on s’entraide assez volontiers quand c’est nécessaire.
Autant dire que quand je vais à Paris, les choses sont assez différentes. Il n’y a plus de copains, excepté ceux que j’ai dans le domaine de la musique ou artistique. On se rencontre, mais je me réserve toujours des moments où ils ne sont pas présents. C’est là que je vais flâner en solitaire dans Paris, ce qui n’empêche pas de faire une fois ou l’autre des rencontres intéressantes. Comme ce vieillard qui avait fait la guerre 14-18, ce musicien de rue qui chantait de fort belle manière des chansons du Paris populaire. Nous avons été boire un verre et nous avons parlé de tout et de rien. Il habitait dans un squat où il y avait 47 nationalités différences, et tout allait comme sur des roulettes, peace and love! Et puis le commissaire Cabrol, je l’appelle comme ça, car si ce n’était lui, c’était son frère jumeau. Je suis presque certain qu’ils ne faisaient qu’un, il avait les mêmes tics, le même regard, fumait les mêmes clopes, se faisait appeler Jacques (Debary) comme par hasard. Je ne lui ai pas posé la question, il avait peut-être choisi d’être ce soir-là un simple client de bistrot. Cela n’aurait d’ailleurs pas changé quoi que ce soit à la belle soirée que nous avons passé ensemble à refaire le monde et à boire pas mal de coups. Et cette dame très âgée mais encore très alerte, qui engagea la conversation avec moi. Elle me paya d’ailleurs un verre et tout en discutant, elle m’apprit que sa mère avait été couturière dans l’intendance de Napoléon III. Vous voyez chère madame, quarante-quatre ans plus tard, je me souviens encore de vous, je pense que là-haut vous êtes en train de sourire. Autres rencontres, pur hasards, Bashung que je croise dans la rue, José Arthur, voisin de table dans un bistrot des Champs, Philippe Bruneau, coincé dans un embouteillage, trois disparus. Il y a aussi les histoires drôles. Avec un pote nous étions dans le métro, au temps où il y avait encore première et seconde classe. On avait posé nos fesses en première classe avec les billets adéquats, pas par snobisme, mais pour éviter les grands entassements. Arrive une dame, le genre de vieille mégère qui n’a pas la lumière à tous les étages. Elle s’assied à côté et commence à nous haranguer « Quelle honte de voir ça, et en plus ça voyage en première classe! ». C’était son avis que nous n’étions pas obligés de partager, Certes, nous avions des cheveux plutôt longs et étions habillés d’une manière plutôt moderne, mais à part ça, rien de spécial. La rigolade arriva avec un contrôle de billets. Eh bien, la dame voyageait en première avec un billet de seconde et se fit coller. On s’est pas foutu de sa poire, nous et les autres qui étaient dans le compartiment et qui avaient assisté à son show. En 1988, c’était le centenaire de la Tour Eiffel. Un dimanche matin, histoire de faire une balade, je suis allé voir qu’elle air elle avait. Je ne suis pas monté, mais resté au pied vers une des caisses pour acheter les billets. Je regardais machinalement les gens qui descendaient l’escalier pour sortir. Tout à coup, je vois un mec finissant de descendre les marches en me disant qu’il ressemblait à Paul, juste après j’en vois un autre qui ressemblait à Pierre, un troisième qui ressemblait à Jean, une épidémie sans doute. En fait, c’était les pompiers du village qui étaient venus à Paris visiter les Samu. Ils avaient profité pour visiter la Tour en attendant d’aller bouffer. On ne s’était pas donné rendez-vous, mais c’est tout comme. Devinez ce que nous avons fait ? Savez-vous que Paris est minuscule ? En voici quelques preuves. Un copain, tout à fait par hasard faisait aussi le voyage à Paris, je le découvre sur le quai le matin du départ. Pendant le voyage, nous avons squatté le wagon restaurant et ensuite bye bye, nos chemins divergeaient. Pas si vite, en l’espace de quatre jours, nous nous sommes croisés trois fois, et pas au même endroit. Restaurant l’Européen en face de la gare de Lyon, je mange. A la table à côté, une demoiselle mange aussi et nous finissons par échanger quelques mots, quelques banalités. Elle est du coin et est venue ici car elle trouve que l’on mange bien, ce que je confirme. Six mois plus tard, un autre séjour, un autre endroit. Une demoiselle me regarde, je la regarde, mais oui c’est la demoiselle du bistrot. Un voyage en taxi, conversation avec le chauffeur. Il me demande d’où je viens et je cite la région que j’arrondis à la ville voisine. Il me demande si j’habite dans la ville elle-même. Alors je précise l’endroit où j’habite vraiment, genre Fouilly-les-Oies. A sa réaction, je devine qu’il connaît ce bled perdu à des centaines de kilomètres de Paris.. Je lui en demande un peu plus et il me répond: « Quand j’étais jeune, j’allais avec ma femme ramasser des champignons sur la montagne XXX ! ». Elle est en effet proche de mon village. Sa femme était la tante de l’électricien du village. Et puis Paris, c’est aussi l’occasion de faire une bonne bouffe, bien que la gastronomie française ne manque pas de plomb dans l’aile. Dans un hôtel où j’étais descendu, il y avait un restaurant pas mal du tout. Une des spécialités proposées était les oeufs aux truffes, une recette mise au point, parait-il, par Bocuse lui-même. En bien, c’était excellent, nettement mieux que des oeufs au jambon, j’en ai mangé à trois reprises. Mais sans aller dans la gastronomie, il y a plein de ces petits restaurants, en général tenus pas des Arabes, qui ne paient pas de mine. L’accueil y est chaleureux et les prix très bas, et puis pour peu que l’on y revienne, on vous offre le café ou un dessert. Je me suis rempli la panse sans jamais dépenser plus de 10 euros, boissons comprises, et sans manger de la m…!
Mais l’atout majeur de Paris reste les flâneries sans but précis, éviter les endroits touristiques, parcourir les petites rues sombres, contempler les vieilles maison à l’aspect un peu sordide. Imaginer tout ce qu’il a pu se passer à l’intérieur, entre les rires et les larmes. Bien des noms rappellent un moment de l’histoire, avec un peu d’imagination, vous verrez des fantômes, des ombres, vous entendrez le bruit des pas, même si la rue est déserte. Partons faire un de ces voyages à travers de vieilles photos, vous comprendrez sans doute ce que j’ai voulu dire. Des moulins à Montmartre? Mais oui c’est possible et ce n’est pas le Moulin Rouge, il y en a eu d’autres.
Voici une première série de photos du Paris historique prises dans la seconde moitié du 19ème siècle. Elles sont dans la taille originale. Vous pouvez cliquer pour une meilleure vue et la descriptif rattaché à l’image.

Source Gallica, BNF, DP.

En passant

Inventaire musical à la Prévert (21)

Nous avons vu l’envol de Larry Greco dans le monde des yéyés. Dans le sillage, les Faux Frères tentèrent aussi leur chance à Paris en 1963. En fait le groupe existe depuis 1958 à Lausanne sous différentes formes. En 1963, ils peuvent publier leur premier disque chez Vogue. Selon les photos des pochettes, ils sont présentés comme un duo. En réalité ils sont cinq, mais l’accent est principalement mis sur les vocalistes et guitaristes, Gaston Schaefer et Jean-Pierre Skawronsky (Ska), qui sont aussi occasionnellement compositeurs. Il est évident que présenter un duo à la Everly Brothers, n’est pas ridicule, ils sont encore un modèle pour beaucoup. L’aventure parisienne réussit bien à Larry Greco, mais pour les Faux Frères, le résultat est plus mitigé. Beaucoup de promesses dont les plus significatives furent plusieurs passages télévisés à « Age Tendre et Tête de Bois », et la publication d’un premier EP suivi de deux autres, toujours pour Vogue. Le succès est présent en Suisse de belle manière, mais Vogue n’a pas trop l’air de distribuer les disques en France. De ce fait, je me souviens que dans les années 1980, leurs disques constituaient une bonne monnaie d’échange dans les foires aux disques. Autre ombre au tableau, ils sont étudiants et les parents ne voient pas forcément leurs fils en idoles des jeunes, les études avant tout. A la fin de 1964, ils passent professionnels et signent chez Barclay. Ils sont maintenant officiellement un duo et complètent avec des musiciens de studio pour le reste. La première publication Barclay, et peut-être leur meilleure réussite du pont de vue musical, leur permet de relancer un peu la machine, le disque marche plutôt bien, même en France. Deux titres feront l’objet d’une interprétation en allemand, histoire d’essayer de conquérir la partie germanophone du pays. Suivront deux autres publications chez Barclay qui ne sont pas inconnues en Suisse, mais restent toujours assez boudées ailleurs.
Parmi leurs projets, ils ont dans l’idée de fonder en Suisse leur propre label. Ce label aura une certaine importance par la suite et deviendra l’un des plus connus en Suisse avec une pléthore d’artistes qui vont du jazz à la pop en passant par la variété. Il servira aussi de distributeur pour des marques étrangères. Evidemment ils se réservent la primeur des publications avec un EP en 1967, suivi d’une single, qui marquera la fin plus ou moins officielle du duo, mais ils ne se priveront pas d’enregistrer des tentatives en solo. Et puis ce sera aussi l’occasion de se retrouver de temps à autre pour se rappeler du bon temps comme en 1993 pour une réédition en CD.

La discographie des Faux Frères est bien présente sur la Toile. En voici une large sélection. Sauf mention contraire, ce sont des originaux composés par Schaefer et Ska, en solo ou en duo. Tous ceux qui aiment les Everly Brothers seront en territoire connu. Rappelons que ces derniers furent l’un des grands groupes de la musique moderne, aux grandes harmonies vocales et aux arrangements classieux. Les Faux Frères s’en tirent plutôt bien dans cet exercice, mais dépasser les modèles est mission impossible. Mais ils n’ont pas à rougir de leur carrière.

1963 – Premier EP Vogue.

Oh Oui – Adaptation de « Oh Yeah » du duo US à la Everly Brothers, Travis And Bob.

Be Bop A Lula. La fameuse de Gene Vincent.

Romance D’un Prisonnier.

Vous, Vous.

1963 – Deuxième EP Vogue.

Quand Je Serai Célibataire.

J’aime Entendre.

Camargue.

Le Balayeur Des Quais. Adaptation de « Just In Case » des Everly Brothers.

1963 – Troisième EP Vogue.

Quinze Ans.

N’lui Dis Pas. Adaptation de « Tell Him No » du duo Travis And Bob. Egalement repris aux USA par Flash Cadillac & Continental Kids, le groupe que l’on entend jouer « Suzie Q » dans Apocalyse Now.

Les Cent Pas.

Jours Heureux. Adaptation de « Some Sweet Day » des Everly Brothers.

1965 – Premier EP Barclay.

Mieux Que Tout Ca. Adaptation de « Just A Little Bit Better » de Herman’s Hermits.

Viens Jouer Joe.

Ce Serait Trop Beau. Adaptation de « Oh Lonesome Me » de Don Gibson.

Une Fille Sur L’Autre Quai.

1965 – Second EP Barclay. 

Pas de titres disponibles sur la Toile.

1966 – Troisième Ep Barclay. 

Pourquoi Suis-Je Là. Adaptation de « What Am I Doing Here With You » de P.F. Sloan, également interprété par Twiggy.

Elle Et Moi. Adaptation de « Her And Him » de Bruce And Carroll.

Une Fille Pour Deux Garçons. Adaptation de « You Like Me Too Much » des Beatles.

On Aime Voir Les Filles.

1967 – EP Evasion.

J’ai Vu Sourire La Pluie.

Vague A L’âme.

Le Soleil De Tes Yeux,

En Rêves.

1968 – Single Evasion.

Le Vent Des Plaines.

Documets.

1963 – Whatd I Say, en live lors de l’émission « Age Tendre Et Tête De Bois ».

Ce serait Trop Beau, lors d’une réunion.

Ma Tête Tourne. A l’origine ce titre ne figurait que sur un album de compilation du label.

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