Vendredi en nylon (21)

Chansons que j’écoute depuis au moins 35 ans

Je n’ai jamais été très amateur de disco, tout au plus j’en achetais pour animer les soirées disco que j’ai assurées une fois par mois pendant 3 ans. Je cherchais surtout des trucs dansants pouvant être diffusée en discothèque sans pour autant appartenir à ce style. Comme il y avait des minettes très branchées disco et d’autres clients, surtout des mecs, qui détestaient cela. C’était aussi ceux qui faisaient tourner la boutique, car tous plus ou moins bons buveurs et pas spécialement fauchés. Alors il fallait un peu naviguer entre deux eaux. Très très peu de titres disco que j’ai programmés sont restés dans mes écoutes. Je peux en citer au moins deux…

Un groupe français a connu un monstre succès en Italie et est devenu un vrai phénomène. Dans une musique disco d’inspiration spatiale, il avaient remis au goût du jours une version du célèbre « On The Road Again » créé 10 ans plus tôt par Canned Heat. J erigole encore en écoutant ça maintenant, mais je dois dire que c’était assez sympa. Leur nom ? Les Rockets !

Un chanteuse qui avait des possibilités vocales assez évidentes, mais pas toujours bien exploitées. Un titre que j’ai encore après bien des années

Bien que je connaisse cette chanson depuis l’album « Machine Haed » j’avais estimé que le version de l’album live « Made In Japan » était plus dansable. Ce qui est certain, le coin danse était complet quand je la passais. C’est encore un disque que je peux écouter occasionnellement, c’est assez irrésistible.

Je laisse mon expérience disco, car il se passait bien évidemment des choses plus intéressantes pour moi ailleurs…

Ceci par exemple, c’était sympa et j’avoue encore l’écouter avec plaisir aujourd’hui.

Et puis quand j’écoute la face A je ne peux pas m’empêcher de mettre la B, tout aussi sympa…

Elle reste une de mes chanteuses préférées un peu par son côté anarchiste, mais surtout par son talent et la qualité de ses textes. Avec le groupes Alpes, quelques albums de haute voltige virent le jour et ça j’écoute encore souvent, comme cette « Ere De La Putréfaction ».

Une autre grande dame de la musique branchée que j’écoute sans modération. Entre chansons très allumées aux ambiances chaotiques est d’autres plus calmes, j’aime tout. C’est un peu comme si Edith Piaf était née dans les années 50.

Bien sûr j’ai écouté du punk. Ce qui me plaisait le plus dans le punk, c’est plutôt l’esprit que la musique assez simpliste il faut l’admettre. Je dois avoir quelques dizaine d’albums de ce genre dans ma collection dont certains que je n’ai plus écoutés depuis belle lurette. Les quelques titres qui suivent sont ceux qu’il m’arrive encore de sortir pour une écoute.

Moins connu en général que les grands courants musicaux, les mouvements avant gardistes dans lesquels on peut inclure des musiciens comme Stockhausen, ont toujours plus ou  moins existé et cela ne s’arrête pas seulement à la musique. Je dirais que c’est avant tout de la musique d’intellectuels, mais on peut admettre d’une certaine manière que tout son est une musique en soi, cela peut vous passer sous l’oreille sans que cela vous interpelle, elle est perceptible seulement par certains. Le collectif de musiciens connus sous le nom de Residents est de cette veine. Tous au long de bientôt 50 ans de carrière, ils ont sortis des dizaines d’albums avec des titres qui peuvent constituer des approches assez faciles pour ce style, tandis que d’autres sont irrémédiablement réservés à une sorte d’élite qui y trouvera son bonheur. Il n’en reste pas moins que cette musique pour un peu que l’on veuille bien se laisser emmener par elle peut faire voyager vers d’étranges mondes imaginaires. Voici un de leurs titres assez facilement accessible et si vous l’écoutez, vous verrez que vous aurez l’impression d’avoir déjà entendu cela à quelque part. Ils adorent reprendre des chansons et les réécrire à leur manière.

Aujourd’hui, je m’y connais assez bien en musique classique, l’authentique pas celle tournée en pop, au pire j’ai quelques bonnes notions. Un des premiers disques de cette musique que j’ai acheté me fut inspiré par Chaplin dans « Le Dictateur ». Au cours de la scène du barbier, Chaplin rase son client au rythme de l’air de la « Danse Hongroise no 5 » de Brahms. Je trouvais cette mélodie charmante, ce qui me poussa à me procurer le disque, ce fut un début. Depuis une dizaine d’années, il m’arrive d’écouter du classique et je trouve que c’est une musique aussi valable que les autres.

Pour les amateurs de choses plus récentes, voici une version rock du même titre. Sympa aussi.

Bas nylon et la rivière du non retour

Un train qui gronde

Un visiteur m’a mis la puce à l’oreille suite à un post précédent sur un fait d’histoire et j’ai profité de ses lumières pour étudier un autre cas.  Je l’en remercie.

Il y a quelques temps je vous avais parlé d’un accident ferroviaire dans la vallée de la Maurienne pendant la guerre 14-18 qui fit plus de 400 morts, ou celui de Lagny en 1933 qui en fit plus de 200. Hélas, la France n’a pas le privilège de ce genre de catastrophe. Dans la paisible Suisse de la fin du 19ème siècle, une tragédie eut lieu dans la région de Bâle près du gros village de Moenchenstein, aujourd’hui la petite ville de Münchenstein, endroit où a grandi le tennisman Roger Federer. Elle concerne indirectement la France, car c’est un ouvrage d’art conçu par le très célèbre Gustave Eiffel, qui céda lors du passage d’un train.

C’est à ce jour l’accident de train qui fit le plus grand nombre de victimes sur le sol helvétique. Même si parmi les grands accidents impliquant le rail on est assez loin des records en nombre de morts, il y en eut quand même 71, avec plus ou moins gravement atteints, 170 blessés.

On est aussi loin d’un train fou qui dévale de nuit une pente à une vitesse folle, de l’inobservation d’un point du règlement de service, de conditions météo extrêmes. Non il n’y a rien de particulier, il fait beau, il fait jour, les mécaniciens de locomotives n’ont pas bu un coup de trop, ni n’ont sauté à pieds joints sur le règlement. Il y a cependant un point  qui aurait dû alerter les responsables de la ligne, les rivières quelque peu en crues, suite à des précipitations plutôt abondantes et un pont qui avait déjà eu quelques problèmes auparavant dans des conditions semblables, celui conçu par Eiffel.

Les faits

Nous sommes le dimanche 14 juin 1891. Les Bâlois en profitent pour s’échapper de la ville, d’autant plus qu’un festival de chant choral se déroule à Moenchenstein, à quelques kilomètres de la ville de Bâle. A une époque où il n’y a pas tellement de distractions, ce genre d’événement rassemble volontiers les gens en mal de petits plaisirs. C’est aussi un lieu prisé par les promeneurs, c’est si calme. Il est facile de s’y rendre, le train y passe. La ville est traversée par un rivière, la Birse. C’est une rivière plutôt qu’un fleuve, mais elle peut avoir parfois ses colères, elle finit par aller se jeter dans le Rhin.

Le train Bâle – Delémont quitte la gare de Bâle à 14h15 en direction de Moenchenstein, emportant un peu plus de 500 voyageurs. Un peu avant la gare, la voie emprunte un pont qui traverse la Birse. C’est un pont métallique, spécialité d’Eiffel et conçu par lui. Il mesure 42 mètres et ne surplombe la rivière que d’une petite dizaine de mètres en basses eaux. Sous le poids des locomotives, le train est tracté par deux machines, le pont cède. Emmenés par leur élan, six wagons sont entraînés dans le vide et viennent se chevaucher les uns sur les autres, le reste du train est stoppé avant de tomber.

Le pont a été inauguré en 1875. En 1881, la partie support du pont est endommagée une première fois, suite à des crues de la rivière. Après quelques réparations et renforcements, il est à nouveau déclaré opérationnel. En 1890, en vue d’un trafic plus conséquent, il est encore solidifié. Un peu avant l’accident, certaines sources affirment que le pont avait subi une nouvelle inspection de sécurité.

Même si les informations se répandaient immensément moins vite que maintenant, la nouvelle fit sensation dans la presse dès le lendemain dans la presse locale et fut relayée quasiment par toute la presse mondiale dès le surlendemain. Mais voyons à travers les journaux d’époque la relation de cet accident plutôt bien documenté.

Le 15 juin 1891

Le 16 juin 1891

Le 17 juin

Le 18 juin 

Article publié dans le Petit Parisien fin juin 1891

Gustave Eiffel fut quelque peu égratigné dans les suites de l’effondrement du pont, mais comme il est probable que c’est surtout un manque de précautions et d’entretien postérieurs à la mise en service et surtout de négligence, il s’en tira sans mal. Il sera beaucoup plus exposé dans l’histoire du scandale de Panama, quelques mois plus tard. De plus, ce n’est pas le seul pont conçu par Eiffel, il y en a d’autres qui ne poseront jamais le moindre problème et qui sont encore en service aujourd’hui.

La catastrophe connut des suites juridiques, diable on est en Suisse, le pays est volontiers juridiquement procédurier. Dans un premier temps, la compagnie d’exploitation le Jura – Simplon fut condamné par les tribunaux de Bâle à verser aux victimes des indemnités supplémentaires, supérieures au minima prévu par la loi. mais le jugement fut cassé par l’instance juridique supérieure, le Tribunal Fédéral. Finalement, on arriva à la conclusion qui arrangea tout le monde sauf les victimes, l’effondrement du pont était imprévisible, donc aucun responsable n’alla croupir sur la paille humide des cachots. Les victimes durent intenter des procédures civiles qui semblent avoir abouties dans la plupart des cas. Certains touchèrent plus de 25000 francs d’alors. A titre de comparaison la location d’un 2 pièces coûtait en 15 et 20 francs par mois, un journal 5 centimes.

La compagnie fut rachetée en 1902 pour l’inclure dans le réseau national des chemins de fer suisses.

Encore une fois et en guise de conclusion, force est de constater que la justice est toujours assez arrangeante quand de gros intérêts sont en jeu. Nul doute qu’un simple citoyen tuant quelqu’un par accident aurait subi les foudres de la loi. Ici pour 70 morts, c’est la faute à personne. 

Souces, Gallica, BNF, DP.

Vendredi en nylon (20)

Chansons que je pourrais écouter depuis longtemps

Je change un peu de cap pour cette séquence. Malgré toute ma bonne volonté de découvrir des artistes ou des titres au fil du temps, il y en a certains qui m’ont passé sous le nez, car on ne les a pas très bien promus à l’époque et sont restés dans une relative obscurité. De style divers, ils m’ont tapé à l’oreille suffisamment pour que j’en parle avec ravissement maintenant.

Très inspiré des Beatles, on s’étonne presque de ne pas trouver la signature de Lennon – McCartney. Délicieuse rêverie enregistrée en 1969.

Toujours une inspiration Beatles, mais première époque. C’est d’autant plus frappant qu’on dirait que John Lennon fait partie des vocaux.

Enregistré au tournant des années 70, mais édité seulement 25 ans plus tard. The Axe, un groupe qui n’est pas sans me rappeler Renaissance

Left Banke est un groupe américains qui avait obtenu là-bas un certains succès avec « Walk Away Renee » que je n’aimais pas plus que cela, même dans la version des Four Tops. En écoutant plus tard une compilation j’ai découvert un titre pour moi nettement plus intéressant « Desiree ». Bonne musique d’inspiration baroque.

La suivante est l’exemple type de trucs et de pistes que l’on se refile entre collectionneurs. Tu connais la version de Ceci par Untel ? Il s’agit ici du fameux « Shakin’ All Over » le fameux rock de Johnny Kidd. Enregistré en 1964 par un groupe hollandais, les Black Albinos, il est vrai que cette reprise est pour le moins succulente.

Randy Holden, je l’ai déjà présenté ici. Il fut le guitariste de Other Half et il fit brièvement partie de Blue Cheer. A part cela c’est plutôt un guitariste de premier plan. Dans les années 70, il enregistra un album « Population II » tiré à quelques centaines d’exemplaires seulement. Ceux qui l’avaient entendu n’en disaient que du bien. Il m’a fallu des années pour en trouver une copie et encore c’était probablement un pirate. Mais enfin par la magie de la Toile en voici un extrait. P’tain la classe!

Nul n’est prophète en son pays! Etant un immense fan des Yardbirds, j’ai mis plusieurs années à découvrir que les Compagnons de la Chanson avaient fait une version française d’un de leurs tubes. Il s’agit du fameux « Still I’m Sad », cette chanson inspirée de la musique grégorienne et qui fut no 3 dans les charts anglais. En français cela donne « Les Corbeaux De L’Hiver ». Ignore humanum est!

Certains anciens se rappelleront d’un groupe qui s’appelait Cat Mother & And All Night Newboys dont Jimi Hendrix avait produit un album. Ils avaient fait un tube en France avec « Good Old Rock And Roll » en 1969. J’ai longtemps recherché l’album que j’ai fini par dénicher quelques années plus tard. Parmi les titres j’ai particulièrement aimé celui-ci.

Une chanson où j’ai galéré longtemps avant de trouver, c’est la version chantée en anglais d’un titre que j’avais entendu pour la première fois par un groupe français de l’époque twist, Gary L’Ange Noir et ses Démons et qui s’appelait « Ciel Bleu », également chanté par Dalida. Je ne connaissais que le titre anglais « What A Sky », ce qui était une piste, mais sans plus. Dans les années 80, alors que j’étais en vacances en Italie, je regardais un film de 1960 à la télé qui s’appelait « I Delfini » (Les Dauphins) avec Claudia Cardinale et Gérard Blain. Il parlait de la jeunesse dorée italienne, un peu dans le style de « La Dolce Vita ». A un moment du film, il y a une surprise partie avec un fond musical et j’entends la fameuse chanson en anglais. Manque de pot, le télé coupe le générique de fin et j’ai pas pu en savoir plus. D’après la voix du chanteur, j’avais un petite idée, cela pouvait être Paul Anka ou Neil Sedaka qui firent une assez belle carrière en Italie au tournant des années 60. J’ai fait des recherches dans ce sens, mais que dalle, par un titre qui corresponde à cela dans leur discographie. Une dizaines d’années plus tard, tout à fait par hasard je tombe sur un disque aux puces avec un titre identique interprétée par un certain Nico Fidenco, les crédits de composition ont l’air de correspondre. Alors j’achète et à la maison je découvre que c’est bien le titre que je cherchais. Quel boulot!

C’est plus un souvenir personnel qu’une découverte, car en 1991, j’ai passé 3 soirées avec ce bonhomme qui se nomme Deacon Fuller, alors en tournée en Europe. Nous avons pas mal parlé de blues, car il en était un défenseur authentique et je dois dire que j’aimais sa manière assez puriste d’en jouer. Il avait promis de m’écrire si jamais il sortait un disque, je n’ai jamais eu de nouvelles et je crois aussi que ce disque n’est jamais sorti. Alors je suis plutôt content d’avoir trouvé quelques clips sur YouTube en guise consolation. J’ai appris qu’il était décédé en 2010. Le voici avec un standard bien connu, mais plus électrifié que sa manière de jouer habituellement, mais cela va très bien…

Conqueroo, un band américain du Texas dont j’ai plus entendu parler pendant longtemps avant de mettre la main sur un disque. Et c’est plutôt bien!

Bas nylons et etc…

 

Des origines jusqu’à nous

Il est toujours étonnant quand on observe le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, en faisant la comparaison comparaison avec celui de jadis, de penser qu’ils étaient un peu fous. Des choses qui semblaient normales hier ne le sont plus du tout aujourd’hui. Tout ne disparaît pas pour autant, il reste des coutumes ou des expressions qui ont leur source dans un passé lointain.

Prenons l’expression, conter fleurette, je pense que vous savez à peu près tous sa signification. C’est un terme ancien que l’on peut comparer à notre draguer moderne. Mais il n’est pas né comme ça tout seul…

Henri IV (1553-1610), roi de France dit aussi le vert galant, avait une sacrée réputation de dragueur, enfin c’est plus qu’une réputation. Décrit comme un roi sans fausse modestie, gai luron, bon vivant, il se mélangeait assez volontiers avec les gens de condition modeste et semblait capable d’amitié sincère. Toujours à la recherche d’une nouvelle conquête ou aventure féminine, il est le roi et c’est un honneur déguisé en ordre, on ne dédaigne pourtant pas se laisser conter fleurette. Ah nous y voilà, c’est justement une de ces conquêtes qui devint sa maîtresse et qui s’appelait Fleurette, qui est à l’origine de cette expression.

Quelle aubaine! Encore une expression que vous avez entendue une fois ou l’autre. Elle tire son nom d’une loi féodale, dite droit d’aubaine, peu à peu abandonnée au cours des siècles et fut définitivement délaissée au 19ème siècle. Pour en comprendre l’aboutissement, il faut se représenter la carte de France et son évolution au cours des guerres gagnées ou perdues, c’est assez mouvant. Même si l’on trouve une certaine unité dans ce qui est appelé royaume de ceci ou de cela, en regardant attentivement on remarque pour la France une certaine similitude avec ce qui constitue aujourd’hui, les départements, les préfectures, les sous-préfectures etc…

Un roi pouvait gouverner un pays entier et soumettre les principes généraux régissant les territoires en sa possession, mais à l’intérieur il y avait des seigneurs qui étaient plus ou moins autonomes dans la gestion d’une partie de ce territoire en étant possesseurs de terres, de régions, de lieux d’étendues diverses. Ils étaient en quelque sorte les maîtres de leurs sujets et avaient en principe le droit de justice, de décision, pour autant que cela n’interfère pas sur les principes supérieurs, ceux du roi par exemple.

Une carte de France du 16ème siècle,on reconnaît quand même sa silhouette.

En 1750, imaginons un marchand de dentelles de Bruges qui va en Bourgogne vendre sa marchandise. Les affaires marchent bien et il a sa besace remplie de louis d’or. Coup de malchance, il décède subitement en pleine activité.

Comment cela se passerait-il aujourd’hui ? On avertirait sans doute la famille s’il en a une, qui déciderait des suites à donner à l’affaire. On envisagerait de rapatrier le corps ou de l’inhumer sur place. L’argent gagné est sans doute sur son compte bancaire et entrerait éventuellement dans l’héritage ou les droits de succession. Il y aura certainement quelques frais à payer sur place, mais cela sera couvert par une assurance s’il en a une.

Mais revenons en 1750, la situation est complètement différente. Avertir la famille, peu probable du moins dans un délai raisonnable, plusieurs jours sans doute pour autant qu’on en connaisse l’existence. Nous entrons directement dans ce que tentait de régler le droit d’aubaine. Tout ce que la victime portait sur elle ou faisait partie des biens qu’ils avaient amenés avec lui, revenait en droit au seigneur qui avait la jouissance des terres sur lesquelles il était décédé. Charge à lui d’assurer des obsèques selon sa bonne conscience, mais la fosse commune pouvait très bien faire l’affaire. Ce droit pouvait même aller plus loin, le prétendant pouvait aussi demander l’usufruit de biens situés ailleurs et lui appartenant en propre. Là imaginons que c’était plutôt difficile, surtout si le défunt venait de très loin.

Comme on le voit, quand il n’existait pas une structure de société très organisée, il fallait presque improviser au cas par cas. Cette loi n’a sans doute jamais été écrite, en vérité il s’agit d’un droit sans doute sanctionné  par un décret royal qui a pris force de loi par la suite. Chaque puissant connaissant son existence pouvait se réclamer d’elle.

Voyager dans les siècles passés était bien plus qu’une aventure, qu’un déplacement d’un lieu à un autre comme c’est l’habitude aujourd’hui.

De Gaulle, je t’aime moi non plus…

On dit souvent de lui qu’il fut le derniers des géants, en politique s’entend. Il est indéniable qu’il a laissé une grande empreinte dans l’histoire de la France. Je ne vais pas faire son éloge car je déteste cordialement tous les politicards, pour moi ce sont tous des tordus, des opportunistes et des profiteurs à tous crins. Mais je dois quand même reconnaître que j’ai une certaine admiration pour le personnage, du moins certains de ses côtés. Je crois sincèrement qu’il portait la France dans son coeur, il l’a toujours fait passer avant ses intérêts personnels, même si quelquefois son prestige extérieur était plus important que celui du bien-être du peuple français. Il est même extrêmement rare qu’un militaire soit à la tête d’une démocratie et en respecte le principe. J’adore son sens de la formule, ses mimiques, son humour, très souvent pince-sans-rire. Le regarder faire une conférence de presse est un pur délice, ses discours sans lire de notes est une preuve qu’il pense ce qu’il dit. Mon admiration s’arrête sans doute ici.

Comme tout politicien d’envergure, il avait ses détracteurs, les événements de Mai 68 firent vaciller son trône. Ce fut une époque où les caricatures de sa personne fleurirent dans les rues de Paris. En voici quelques unes récupérées  pour la bonne cause. Elles parlent toutes seules…

Un des plus célèbres imitateurs du Général, Henri Tisot. Il avait bien capté l’esprit de son modèle dans sa manière de tourner les phrases.

Sources Gallica, BNP, DP

Vendredi en nylon (19)

Musiques que j’écoute et pochettes que je regarde depuis au moins 40 ans 

Steamhammer, je vois ai déjà présenté ce groupe, c’est l’un de mes favoris. Ultime album après quelques changements de personnel, entre planant et plus hard.

Il y avait sans doute très peu de monde qui écoutait ça dans les années 70, enfin au moins un, moi!

Les Moody Blues toujours…

Très bonne idée de Procol Harum de mélanger la pop et le symphonique…

Pour les branchés, l’Allemagne offrait de jolies visions de la musique planante. Le label Cosmic Courriers qui éditait ses albums en quadriphonie, était un must. Ash Ra Tempel figurait dans cette écurie.

Issu de cette mouvance Tangerine Dream arriva à se hisser au niveau international avec sa machine électronique, alors employée comme un moyen de créativité.

Un groupe Suisse et un morceau que j’adore

La fusion de membres de Steamhammer et de Renaissance dont le chanteur Keith Relf amena la publication d’un seul et unique album par le groupe Armageddon, un superbe album assez remuant.

Aerosmith, j’ai commencé en 1976 avec l’album « Rocks ». J’ai toujours assez bien aimé les vocaux de Tyler, c’est plutôt énergique, ce titre est dans mes favoris du groupe.

En 1975, l’apparition d’une certaine Patti Smith ne me laissa pas indifférent…

Bas nylon et humour tous horizons

Une petite histoire de l’humour ancien

L’humour est sans doute vieux comme le monde. De fait, la nature nous a donné le rire et le sourire dans nos attributs. Difficile de savoir à quand remonte le premier homme qui a ri et pourquoi. Cela dépend sans doute de son caractère, vous avez sans doute vécu une histoire où tout le monde rit sauf le directement concerné par un fâcheux contretemps. Imaginons un homme des cavernes qui par mégarde s’approche trop du feu et enflamme les poils de son vêtement en peau d’un animal quelconque. Cela, si c’est arrivé, a probablement fait rire l’entourage.

Au départ, les quelques neurones de notre cerveau qui assuraient la stimulation du rire se sont probablement développées pour assurer sa descendance. Plus souvent on rit, plus l’envie de rire se transforme en plaisir.

Pendant des lustres, la découverte d’une situation drôle n’a pu se faire que par l’observation directe ou quelquefois par transmission orale, quoique les premiers hommes ne devaient pas avoir un langage très structuré, plus proche du grognement que des belles phrases bien senties. L’écriture a sans doute peu à peu changé la donne, bien qu’on ne trouve pas beaucoup d’humour dans les textes d’Homère ou de courtes histoires drôles dans les hiéroglyphes égyptiens. Quand l’homme a commencé à vraiment parler avec un langage compréhensible par tous et des mots représentatifs de situations, d’état d’âme, ou d’objets matériels, il a certainement fait un grand pas vers l’humour. On arrivait à parler d’une situation cocasse observée et à la répéter à volonté. Les chroniqueurs des siècles passés, plus encore depuis l’invention de l’imprimerie, resteront les premiers narrateurs d’histoires drôles. Pour ce qui est du français, on retrouve assez fréquemment des faits qui concernent les rois de France où leur entourage dans des situations cocasses, parfois même assez salées, rapportés par les observateurs. Certaines de ces histoires, même des siècles après, ne manquent pas de drôlerie. Les surnoms ou qualifications ou de certains sont déjà des traits d’humour, Jean sans Terre ou Vert-Galant pour Henri IV, sont probablement moqueurs ou plutôt sympathiques.

Une célèbre anecdote historique prouve que les courtisans, même s’ils faisaient partie de la noblesse, savaient rire d’eux-mêmes et tenter de ridiculiser les puissants. Elle concerne le chevalier de Pardaillan, marquis de Montespan. Les férus d’histoire situent rapidement le personnage, c’est le mari officiel de Madame de Montespan. Cocufié par sa femme devenue favorite de Louis XIV, il ne s’en laissa pas compter. Les cocus par ordonnance royale, si l’on peut dire, ressentaient plutôt cela comme une fierté. Pensez donc, avoir sa femme favorite du roi, même si ce titre ne consistait pas seulement à prendre le thé avec elle ou à lui offrir des fleurs, était plutôt ressenti comme un honneur et souvent c’était la fortune ou les honneurs assurés grâce à la générosité et les pouvoirs du cocufiant. Pour lui, rien à faire, il s’en fout, il est cocu, pas content, et il le fait savoir. Il fait du tapage dans Paris et son carrosse est orné d’une superbe paire de cornes. Selon certaines sources, il aurait tenté d’entrer à Versailles par la grande porte, celle réservée au roi et à sa suite. Se faisant arrêter par un garde le priant de renter par la petite porte, il aurait répondu qu’avec les cornes qu’il avait elle était trop basse. Il aurait aussi eu une tendance à l’humour macabre. Il fréquenta le plus bas lieu de prostitution de Paris en espérant attraper une de ces maladies que l’on attrape pas en jouant aux dames, mais avec une dame. Molière dans « Amphytryon » se basa sur l’histoire du cocu marquis de Montespan. Louis XIV, parait-il, s’en amusa fort. Du moins, il eut la délicatesse de ne pas se reconnaître sous les traits de Jupiter.

D’après ce que j’ai observé, il n’y a pas vraiment de cas où la situation, si tragique soit-elle, qui ne permette pas d’esquisser un sourire, voire un rire. Dans les récits concentrationnaires de la seconde guerre mondiale, il m’est arrivé de relever des situations qui firent rires les déportés, pourtant peu enclins à rigoler vu le tragique de leur destin. Selon les ethnies, la mort est vécue différemment. Chez nous c’est quelque chose de plutôt triste, mais à la Nouvelle Orléans, surtout si c’est un personnage populaire, on se déguise et on danse dans les rues, le ton est plutôt joyeux. L’enterrement du célèbre dessinateur Siné à Paris a été un prétexte à réjouissances, il l’a voulu ainsi. Sa tombe est un cactus déguisé en doigt d’honneur, il a même posé devant elle de son vivant. Si ce n’est pas avoir de l’humour…

L’apparition de journaux à publication régulière a permis à l’humour de se répandre de façon plus large et toucher des gens qui n’auraient pas pu profiter d’une histoire drôle qui s’est passée bien loin d’eux. Il y a l’histoire fabriquée de toutes pièces, mais souvent inspirée par un fait réel, c’est la fameuse blague qui tourne aussi autour du jeu de mots. A ses côtés, il y a la satire. C’est une manière de tourner en dérision un fait de politique ou de société. A l’inverse de la blague, elle peut faire rire, mais aussi scandaliser ou fâcher, comme quoi l’humour est parfois partisan.

Si la satire est aussi vieille que les journaux, l’humour apparaît petit à petit dans des revues spécialisées. Les premières naissent vers le milieu de 19ème siècle et commencent à se répandre de manière plus visible vers la fin de ce siècle, certaines privilégiant le dessin au texte. Le journal satirique en fait partie. Plus discrètement, des périodiques abordent l’humour avec une teinte d’érotisme, on y raconte des histoires un peu plus osées, mais on est encore très loin de l’allusion au sexe avec des mots dédiés, on est encore dans la suggestion, mais ce n’est plus tout à fait innocent. Le cinéma prendra ensuite le relais et ses premiers grands succès sont avant tout des films comiques.

L’humour évoluera avec les temps modernes, on découvre un humour absurde, encensé par des revues comme Mad aud USA et chez nous Hara-Kiri ou des films comme ceux des Monty Phyton. Ils repoussent les frontières de l’humour vers des terrains inexplorés. Je pense que c’est le style qui a le plus d’avenir, reste à trouver l’insolite et l’apprivoiser.

Voici des extraits d’une des revues, qui à la Belle Epoque dédiait ses pages à un humour teinté de grivois. Les situations illustrées sont assez sages, l’avant ou l’après un peu moins, mais là c’est votre imagination qui travaille.

 

Source Gallica, BNF, DP

Vendredi en nylon (18)

En 1973, jusqu’au mois de juin, j’étais à l’armée. Autant dire que du point de vue musique je n’avais guère le choix. Toutefois j’avais toujours un petit transistor avec moi que je branchais avec un petit écouteur. Eh oui, il n’y avait pas de walkman et autres plaisanteries de ce genre. Question programme, j’avais les radios et ce qu’elles voulaient bien diffuser. Pour changer un peu, voilà une sélection des chansons que diffusaient ces radios. Musiques parfois commerciales, mais quand nous tirions nos lignes de téléphone dans la campagne, j’étais dans les transmissions, c’était pas désagréable à écouter, quoique j’ai quand même un peu souffert avec certaines… mais j’ai quand même écarté les pires comme « Les Gondoles A Venise », faut quand même pas pousser…

Voici ce que ma mémoire en a gardé…