Mort de légendes

Les légendes ne meurent pas même si elles disparaissent physiquement. Récemment trois d’entre elles sont parties vers un monde meilleur. Des chanteurs qui eurent un instant de gloire, il en disparaît presque tous les jours. Et puis il y a ceux qui ont marqué d’une manière plus significative leur époque. Parmi les immortels,  il y en des plus immortels que d’autres. Un bref hommage à trois personnages qui sont déjà dans les livres d’histoire. Ils rappelleront quelques souvenirs à plus d’un teenager des sixties.

Reg Presley (1941-2013), chanteur des Troggs

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Beaucoup de groupes se lancèrent à la conquête de la gloire. En 1965, l’objectif était très simple, battre les Beatles ou les Rolling Stones sur leur propre terrain. La recette à trouver pour le faire un peu moins évidente. Les Troggs originaires de Andover en Angleterre eurent une idée pas si mauvaise que cela. Comme on était en pleine mouvement de libération sexuelle, ils eurent l’idée d’inclure un peu de cela dans leurs disques. Les paroles furent plutôt élémentaires, mais un brin provocatrices si on veut bien considérer cela sous l’angle du sexe. Le premier disque qui les révéla en 1966 fut « Wild Thing » chanson qu’ils empruntèrent à un groupe plus obscur les Loved Ones. Leur version plus brute, plus hargneuse devint un hit considérable à travers le monde. Les paroles assez sages malgré tout expriment plus l’amour violent que la belle chanson romantique avec clair de lune et souper aux chandelles. Au niveau musical, les Troggs furent assez innovateurs, maniant une rythmique  basique et appuyée, on les considère volontiers comme des précurseurs du punk. La version de Jimi Hendrix en 1967 au festival de Monterey, acheva de propulser la chanson au firmament. Le troisième succès des Troggs « I Can’t Control Myself » est dans la même veine, paroles un peu plus explicites. N’ayant sans doute plus besoin de chercher à se démarquer, la suite de leur discographie est nettement plus sage. Ils connaîtront encore de nombreux hits, bien que leurs succès aillent en s’amenuisant. Au cours des années 70, ils reviennent dans le style du début pour un titre, « Strange Movies », au vocal appuyé de plaintes lascives, qui désigne clairement la vision d’un film pornographique. En arrière plan, circule une cassette non officielle dans laquelle  le groupe y va d’un ramassis de gauloiseries lors une conversation. Cela leur suffira pour continuer à tourner pendant les presque 40 années suivantes dans les circuits nostalgiques.

Reg Presley, la voix des Troggs, passionné d’ufologie et de paranormal, s’est tue définitivement le 4 février 2013.

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George  » Shadow » Morton (1940-2013), producteur américain

Il est un de ces quelques producteurs qui manièrent les artistes comme des marionnettes, mais sans qui ces marionnettes n’auraient probablement  jamais eu la moindre notoriété. Ils ne se contentèrent pas d’enregistrer des artistes, mais posèrent un style qui leur appartient moralement puisqu’ils en sont les créateurs. De plus, tout le monde  connaît leur travail. Le sommet de l’oeuvre de Morton se concentre entre 1964 et 1966. Sous sa houlette, il propulse les Shangri-Las, groupe vocal féminin blanc, au sommet avec deux titres qui font désormais partie de l’histoire « Remember » et « Leader Of The Pack ». Morton aime bien glisser des bruits dans ses enregistrements, des oiseux pour le premier, un bruit de moto pour le second. Cela ne serait sans doute pas suffisant si les chansons étaient quelconques, mais il exploite sur  fond musical classe, tous le tourments que peuvent ressentir une adolescente de cette époque y figurent. Ce sera son âge d’or bien qu’on le retrouve plus tard avec des noms prestigieux comme Vanilla Fudge ou New York Dolls. Sombrant dans l’alcoolisme, il disparaît de la circulation, mais ses oeuvres du début sont constamment revisitées par des artistes prestigieux.

Il est décédé le 14 février 2013,  victime du cancer

Tony Sheridan, (1940-2013), chanteur

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Il est un personnage clef dans l’histoire musicale du 20ème, bien que l’on peut supposer que sa contribution est involontaire. Né en Angleterre, il tourne dans le monde du rock en accompagnant des rockers comme Vince Taylor. Il s’expatrie en Allemagne où il se fait accompagner par un groupe alors pas très connu qui s’appelle les Beatles. On sait aussi qu’ils servirent de groupe d’accompagnement pour le disque qu’enregistra Sheridan en Allemagne, une version rock de « My Bonnie ». Selon la légende, qui n’a aucune raison d’être enjolivée, c’est ce disque qui attira l’attention de Brian Epstein, l’homme qui fabriqua les Beatles. Alors les événements de la vie ne tenant parfois qu’à un film, on peut supposer que l’histoire de la musique moderne en fut changée, s’il n’avait pas existé. Le reste de sa carrière, bien qu’il fut un excellent artiste, restera à jamais liée avec le nom des Beatles. Bien d’autres s’en contenteraient.

Tony Sheridan est décédé à Hambourg, le 16 février 2013

En attendant le psycho, Rocka Billy fait du revival

La grande époque du rock and roll reste les années 50. Il cédera peu à peu sa place à d’autres musiques selon les effets de mode. Il est cependant toujours présent en toile de fond musical. Les Beatles, les Rolling Stones, l’interprètent à leur façon. Ce n’est plus tout à fait le son des années 50, il est modifié par les évolutions de la technique. Cependant une poignée d’amateurs, déjà des nostalgiques, font moins de concessions. Ils gardent une ligne qui sans être toujours pure et dure, est plus proche des origines. Vers la fin des années 60, il y a un premier retour, on réédite les années 50 avec complaisance. De quoi remettre à neuf l’écoute de quelques sillons devenus inaudibles ou par trop introuvables. Certains profitent pour s’engager dans l’aventure. Sha Na Na par exemple, est assez parodique et ne plaira pas trop aux puristes. D’une certaine manière les années 70 sont assez désertiques, certes les anciens encore présents tournent toujours, mais ils se dirigent parfois dans d’autres directions plus en accord avec l’air du temps, mais pas toujours avec bonheur. Malgré tout, il y a toujours quelques irréductibles qui résistent à l’envahisseur comme dans un certain village gaulois. Ce sont pour la plupart des nouveaux venus, des trop jeunes pour avoir vécu la grande époque. Mais ils ont la passion, la flamme, ils l’entretiennent à leur manière. Il fallait être attentif, avoir l’oeil ou l’oreille, les publications étaient souvent confidentielles et très peu programmées à la radio. Durant toutes ces années, alors que j’avais la passion aussi pour d’autres musiques, j’en avais attrapé quelques unes au vol. En voici dans un résumé succint et incomplet ce qu’il m’en reste. Les Straycats et le psychobilly sont encore loin, mais en attendant…

Les Wild Angels – Dans les nuits pleines de brouillards de la vieille Angleterre, c’est 1970. Un groupe très traditionnel enregistre un LP dans une boîte qui s’appelle « The Revolution », pour un label secondaire. Rien que des reprises qui chauffent plutôt, rien d’original, sinon un bel enthousiasme. Ils auront juste le temps d’accompagner un Gene Vincent qui n’a plus trop de temps à vivre.

En 1972, il sont signés par le label beaucoup plus important, Decca. Cela leur permet d’avoir une diffusion plus grande. Il sortent l’album « Out At Last », truffé de reprises. Il reprennent le fameux « Brand New Cadillac » de Vince Taylor, dans une version qui sonne  bien, tellement qu’on dirait que les Clash s’en sont inspirés quelques années plus tard.

L’Angleterre n’est pas seule en piste. En Hollande courant 72 et 73, le groupe Long Tall Ernie & The Shakers connaît quelques succès assez retentissants localement et débordent un peu des frontières nationales. Ce n’est pas très puriste dans la conception, mais l’esprit est présent teinté  de paillettes du glitter rock.

A l’initiative de Kim Brown guitariste-chanteur des fameux Renegades, décédé récemment, l’Italie met au point Kim & The Cadillacs. C’est encore un groupe paillettes qui a pourtant le mérite d’entretenir la flamme rock dans ses enregistrements. Ils sont très populaires à partir de 1976 et sortent plusieurs albums alignant des morceaux très connus.

Un personnage très important dans le rock and roll revival fut Crazy Cavan. Il rassemble une grande partie des véritables nostalgiques anglais sous sa bannière, assez pour devenir une icône avec son groupe les Rhythm Rockers. Au cous de sa vingtaine d’albums sa flamme ne vacille pas, le premier en 1976.

Un seul album en 1977, Little Tina & Flight 56, m’a laissé quelques plaisants souvenirs, au point que c’est l’album rock and roll que j’ai le plus écouté cette année-là. Je le trouvais comme poursuivant la tradition avec un certain charme. Ici une reprise convaincante de « My Boy Elvis » de Janis Martin.

On ne peut parler de revival sans mentionner Freddie Fingers Lee, un Jerry Lee Lewis de remplacement presque encore plus efficace que son modèle. Pianiste et guitariste survolté, ses shows valent le détour. Vieux routier, il a travaillé avec pas mal de monde dont Screaming Lord Sutch, mais c’est dans les années 70 qu’il trouvera un public digne de lui. Le voici dans deux extraits du fameux film documentaire « Blue Suede Shoes », admirable film qui résume très bien l’esprit rock de ces années 70. Dans le second, il casse un piano à la hache, ça c’est une attitude rock and roll!

Sans doute un groupe qui a eu des réussites commerciales un peu trop évidentes, plusieurs disques à succès, Matchbox n’en reste pas moins un détour agréable si on ne veut pas se prendre la tête avec les puristes. Je les cite car ils ont pavé une partie du chemin pour les suivants, mais je n’ai jamais trop aimé ce groupe, sans le détester.

Bien plus attachant, Ray Campi est aussi un incontournable de cette époque, le dernier que nous mentionnerons ici. Un extrait aussi du film mentionné précédemment, dans lequel il apparaît.

Les seventies se terminent, les Straycats et le psychobilly ne sont pas loin sur les pages du calendrier. Le rock and roll renaîtra toujours de ces cendres, j’en suis sûr.

Des dessous et du rockabilly

Pour les plus jeunes d’entre vous, le terme de rockabilly ne vous est sans doute pas inconnu. Peut-être êtes-vous un fan de cette musique, et vous avez bien raison. A vrai dire le terme est surtout employé depuis le début des années 80, avant on parlait simplement de rock and roll. En général les puristes de cette musique aiment bien conserver toutes les attitudes de la décennie où le rock and roll est né, c’est à dire les années 50. Les filles en particulier, en plus de leurs délicieuses crinolines, aiment bien porter des bas. La grande chance quand on peut assister au spectacle de ces danseurs, dont certains sont de vrais acrobates, c’est d’assister à un spectacle des plus charmants. Quand ces robes virevoltent, il n’est pas rare de voir un peu les secrets qui se cachent là-dessous. Très brièvement, le haut des bas et les jarretelles sont visibles, ce qui n’en est que plus aguicheur. Je suis certain que certains vont se rincer tout spécialement l’oeil dans ces occasions et que leur soi-disant passion de rock and roll n’est qu’une excuse. Il n’en reste pas moins que les filles qui se passionnent pour le rockabilly traditionnel furent à travers toutes les époques les seules filles qui aimaient porter des bas à certaines occasions. Il est possible de voir dans certaines familles, la grand-mère, la mère, la fille, parer leur jambes de bas à coutures. Si ce n’est pas là le début du paradis, du moins ça y  ressemble. N’allez pas croire que ma passion pour cette musique ne s’arrête qu’aux bas. Je suis un authentique fan de rockabilly et je peux me targuer d’être un bon connaisseur en la matière.  C’est dans cette musique que j’ai eu mes premières idoles. 

En 1980 est sorti un film intitulé « Blue Suede Shoes », en référence à un titre très connu de cette musique. Il s’agissait en fait d’un documentaire qui faisait le point sur les romantiques de rock, une espèce un peu en perdition à ce moment là. Pour rappel, les Stray Cats n’avaient pas encore remis cette musique à la mode. Quelques interviews, une apparition de Bill Haley, Ray Campi et Freddy Fingers Lee, couronnent le tout. Une des séquences du film montre les danseurs. Comme la caméra est placée plutôt à ras du sol, le spectacle est total. Voici un extrait d’un reportage consacré aux teddy boys, avec quelques extraits de ce fameux film. Regardez bien et vous verrez..

Ecouter une sélection de rockabilly

Playlist rockabilly.

Roy Orbison – Histoires d’O

Le rock à Roy

Roy Orbison (surnommé The Big O) est né en 1936 au Texas. Il allait devenir l’un des chanteurs de ballades les plus marquants de toute l’histoire de la musique moderne. Pour la voix, pour le talent, il se place parmi les plus grands et certains n’hésiteront pas à dire qu’il est le plus grand chanteur du monde. Bien qu’elle ne veuille rien dire, cette affirmation n’est pourtant pas loin de la vérité. A l’instar de grands crooners, à la musique parfois sirupeuse, son répertoire est plus spécialement destiné et bien accueilli par la jeunesse des années 50 et surtout 60. C’est Frank Sinatra sans le côté le côté snobinard. Il a toutes les cordes à ses arcs. Il est compositeur, interprète, guitariste, une voix en or et capable de chanter dans n’importe quel style. Il passe dans la chanson douce, se promène dans l’opérette et finit en éclat de rock and roll. C’est d’ailleurs par cette musique qu’il commença. Pas n’importe lequel, celui de cuvée supérieure. Tous les titres qu’il enregistra en rock à partir du milieu des années 50, sont devenus des classiques, ses classiques. Pour en ajouter encore dans la surenchère, c’est dans les absolument légendaires studios Sun qu’il les enregistra. Mais oui, vous savez, là où le fameux jeune Presley fit ses premières armes discographiques, entouré de quelques personnages qui allaient devenir des grosses pointures, Jerry Lee Lewis, Johnny Cash, Carl Perkins, Billy Lee Riley et Orbison himself. Durant cette période, les titres qu’il marque de son talent sont, parmi les plus populaires, « Ooby Dooby », « You’re My Baby », « Rockhouse », « Go Go Go (Down The Line) », « Domino », « Mean Little Mama », « I Like Love », tous des classiques repris par d’autres rockers.
Le bonhomme poursuit son chemin gentiment, lentement. En fin de compte rien ne le presse de devenir une immense star. Il n’a d’ailleurs pas le physique pour en devenir une. L’air plutôt austère derrière ses grandes lunettes, il ne se déhanche pas à la manière de Presley, son jeu de scène est sobre. C’est sa voix qui charme, mais elle le fait démesurément. En 1957, il se marie et sa femme devient une source d’inspiration constante. Il lui écrit une première chanson « Claudette », qui sera d’abord confiée aux Everly Brothers qui en cette année 1958 triomphent avec « All I Have To Do Is Dream » dont elle fait office de face B. Un premier versement de royalties sera pour sa poche. Tant qu’il reste chez Sun, il ne décolle pas vraiment.

Les sixties

Après un bref passage chez RCA, le temps d’un disque, c’est avec un label de Nashville, Monument, qu’il va vraiment attirer plus que l’attention sur lui. Il va aussi entamer un partenariat avec Joe Melson, et plus tard Bill Dees, pour la composition des chansons. Son premier hit est « Only The Lonely » en 1960. Il est second aux USA, premier en Angleterre et de très belles places dans tous les pays anglophones. Ce qu’il y aura de remarquable dans les dix années suivantes, c’est que pratiquement tous les disques de lui auront une place de choix dans les classements internationaux. Un titre peut se planter ici et être un monstre succès là. Vu sous cet angle, le pays où il sera le plus chéri sera l’Australie avec neuf no 1 entre 61 et 69. Ce premier disque établira son image de marque, un chanteur de ballades, bien que ne dédaignant pas de temps en temps revenir vers le rock and roll. Les succès s’enchaînent: « Blue Angel » (1960); « Running Scared » (1961); « Crying » (1961); « Dream Baby » (1962); « Working For The Man » (1962); « Leah » (1962); « In Dreams » (1963); « Falling » (1962); « Blue Bayou » (1963); « Mean Woman Blues » (1963); « Pretty Paper » (1963); « It’s Over » (1964); « Oh Pretty Woman » (1964), incontestablement son plus grand succès no 1 dans le monde entier; « Goodnight » (1965); « Ride Away » (1965); « Breakin’ Up Is Breakin’ My Heart » (1965); « Lana » (1966); « There Won’t Be Many Coming Home » (1966); « Communication Breakdown » (1966); « Cry Softly Lonely One » (1966); « Penny Arcade » (1969).


Durant toutes les sixties, ses plus grandes heures de gloire, il est unanimement plébiscité. Les Beatles, avec qui il tourne en Angletterre en 1963, ne sont pas les derniers. Eux qui ont prennent l’habitude de donner des concerts d’une dizaine de chansons, constatent qu’il arrive à Roy Orbison d’assumer 14 rappels à la fin du concert. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est vers lui que les filles se précipitent, il faut parfois la protection de la police s’il veut encore avoir des habits sur lui. Il est aussi le seul Américain qui se classe régulièrement dans le hit-parade anglais, Presley n’en fait pas autant. On remarque à son écoute que les chansons sont plutôt tristes comme s’il prévoyait les drames qui allaient venir. Sa fascination pour tout ce qui roule, spécialement les motos, sera la cause de la mort tragique de sa femme en 1966. En 1968, alors qu’il tourne en Angleterre, il apprend que sa maison dans le Tennessee a brulé et que deux de ses fils sont morts dans l’incendie, le troisième étant sauf. A cette époque, sa carrière marque un pas, mais il a atteint un tel degré de popularité que cela ne le gêne pas spécialement. Son changement de maison de disques, il passe chez MGM, se fait sur la base de 1 million de dollars. Cela lui permettra de tourner dans le seul film de sa carrière « The Fastest Guitar Alive », une comédie sans grand retentissement. En 1969, il se marie avec une fan Allemande et deux enfants naîtront de cette union. Il passe plus mal dans les seventies, tout en enregistrant de nombreux disques aux ventes modérées. Mais son influence reste marquante, un tas d’artistes de tous horizons, se disputent ses chansons et en font parfois un nouveau succès.

Suite et fin

Sa santé n’est pas au mieux et il doit subir une opération à coeur ouvert, sans trop de dégâts dans l’immédiat. En 1980, tout sauf oublié, il gagne un Grammy Award pour son duo avec Emmylou Harris « That Lovin’ You Feelin’ Again », couronné de bonnes ventes. C’est aussi à cette époque que l’on prend conscience que les grosses pointures sont toujours de ce monde. Les nouvelles stars se font un plaisir égoïste entre eux ou vont récupérer les artistes qu’ils écoutaient dans leur jeunesse. Ce serait n’y rien comprendre si on oubliait Roy Orbison. Ce ne fut heureusement pas le cas et de loin. C’est sous la forme de Traveling Wilburys que l’on retrouve quelques grands noms. Jeff Lynn, George Harrison, Tom Petty, Bob Dylan et bien sûr Roy Orbison. Un album suivit en 1988, qui devint plusieurs fois disque de platine. Malheureusement, tout le bénéfice que Roy Orbison aurait pu en titrer pour sa carrière personnelle tourna court. Il meurt d’une crise cardiaque dans la maison de sa mère, le 6 décembre 1988.
Sa mort fut un événement mondial. Comme toujours, sur les cendres chaudes, on en profita pour exploiter au maximum son héritage artistique. Nul doute que quelques compilations qui sortirent après son décès obtinrent des succès considérables. Même un film trouva son titre grâce à « Oh Pretty Woman », on en oublia le « oh », mais la chanson finira dans le film aussi bien que les oreilles de nombreux spectateurs. Depuis, les récompenses posthumes ne cessent de pleuvoir. On trouve toujours un truc dans lequel il mérite une médaille ou une chanson à glisser quelque part. L’homme aux ballades plutôt tristes doit bien en rire là-haut.

Du très beau monde!!!

Roy Orbison et la France

La France fut un des rares pays dans le monde à bouder quelque peu Roy Orbison. Il vint se produire, notamment en 1963. Si on connaît bien quelques unes de ses chansons, c’est plutôt via des adaptations françaises. La plus populaire fut incontestablement « L’homme En Noir » (Oh Pretty Woman) qui fut un de ses grands succès, même un des plus grands. Son « Dream Baby » fut repris par Sylvie Vartan, Richard Anthony, les Pirates, Bob Azzam. On peut se rappeler aussi de « Pendant Les Vacances » de la petite Sheila, la chanson des Everly Brothers « All I Have To Do Is Dream », remise à la mode par Roy Orbison à l’époque ou Sheila l’enregistra. Dick Rivers s’attaqua à « Blue Bayou » (Tu N’es Plus Là), plus tard Mireille Mathieu la chanta aussi. La jeune Tiny Yong, adapta « In Dreams » (En Rêve), ce qui lui valut de rencontrer le créateur. Eddy Mitchell lui s’empara de « Mean Woman Blues » (Te Voici) fidèle à la version de Orbison. Tout récemment, le même récupère « Only The Lonely » (Celui qui est seul). Voilà pour l’essentiel côté versions françaises.
Les hits de Roy Orbison furent distribués en France pour l’essentiel, à partir de 1962. Le premier disque à voir le jour, en 1957 déjà, fut le 4 titres, « Hillbilly Rock, tous de l’époque Sun. Réédité en 1965 avec une pochette différente. C’est le label London qui assura l’essentiel de la distribution. Malheureusement, habitude assez courante chez eux, les pochettes sont sans photo de l’artiste dans les premières éditions, contact essentiel du fan avec l’image de son idole. De plus, le carton de la pochette est souvent un peu mince et le cellophane pèle facilement sur certaines copies, ce qui fait qu’il est assez difficile de les trouver en bon état. En 1965, 8 titres de la période Sun sont édités pas La Voix De Son Maître en deux 45 tours, cette fois avec de belles pochettes et photos de Roy. Mais il sont très rares, beaucoup plus que ceux de chez London.
Une curiosité discographique est la chanson intitulée « Beaujolais » (1972), où Roy chante quelques mots en (mauvais) français.

Conclusion

Parler en détail de Roy Orbison remplirait un livre. Le personnage est attachant à plus d’un titre. Sa carrière pléthorique s’étale sur plus de 30 ans et sa discographie mérite le détour. On y découvre non seulement tout ce qu’il a créé en tant que compositeur, c’est le meilleur, mais aussi tous les chansons des autres qui ont attiré son attention. Les interpréter à sa manière, leur donne une nouvelle dimension. De plus, ils passe d’un style à un autre en un claquement de doigts. Sa voix, l’une de celles qui vient de l’intérieur, de l’âme pourrait-on dire, a séduit des millions de personnes. Ce n’est sans doute pas un hasard s’il est encore adulé avec tant de ferveur. Attention si vous l’écoutez, vous risquez de faire une « victime » de plus.

Vidéos

Pour simplifier j’ai fait une playlist sur YouTube, une sélection de ses titres les plus connus et autres.

Playlist Roy Orbison

Jerry Lee Lewis – Live At Star-Club

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Des albums de rock and roll en public, il en existe des dizaines tous plus ou moins remarquables ou parfaitement détestables. Le 5 avril 1964 sera le soir béni où l’on enregistrera l’un des plus chauds jamais parus. Jerry Lee Lewis, plus qu’un compositeur ou un créateur est un grand interprète, chanteur, et un fabuleux pianiste. Dans le rock de tradition pure, il est à classer dans les « méchants », ceux qui firent chauffer à blanc les micros et mirent un zeste de violence sur la scène. Cet album est un peu un hasard. En 1963, abandonnant les légendaires disques Sun de ses débuts, il signe avec Mercury. Il n’est pas au mieux de sa popularité, écorchée par le scandale de son mariage avec sa cousine mineure. Par contre pour la forme, il pète le feu. L’orientation de nouvelle maison de disques est assez country music, lui aussi est un passionné et se laisse porter dans cette voie. Sur scène, le rock and roll est toujours très demandé et il ne renâcle pas à satisfaire ses fans. Au début 1964, il tourne en Europe, accompagné pas une formation anglaise qui va devenir assez connue, les Nashville Teens, amputée ici de son chanteur et de son pianiste. Un passage est prévu au fameux Star-Club de Hambourg qui est en train de devenir célèbre pour avoir hébergé les Beatles, maintenant célèbres.
Ca tombe bien, la salle est aussi une maison de disques et comble de bonheur sous-marque de Philips, qui lui-même distribue sous licence Mercury en Allemagne. Banco, il est décidé d’immortaliser le show du 16 avril sur bande magnétique. Un album est publié un peu plus tard qui fera un certain bruit, au moins autant que le disque lui-même. Ce n’est sans doute pas un chef d’oeuvre d’enregistrement, mais il restitue assez bien toute la magie et la puissance de Jerry Lee Lewis sur scène. Parfaitement à l’aise derrière son piano et dans une grande forme vocale, il est époustouflant. Ce disque restera une référence dans sa carrière, malgré le fait qu’il faudra attendre 30 ans avant qu’il ne soit publié aux Etats-Unis, faisant un peu double emploi avec une publication locale « Alabama Show », moins trépidante. Chaud, chaud, chaud!
Ecouter gratuitement et télécharger Jerry Lee Lewis au Star-Club sur MusicMe.

The Swinging Blue Jeans – Shake rattle and jeans

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Note: Dans l’article les titres qui figurent en écoute entière et gratuite sont en lien cliquable, ce qui vous permet d’écouter directement la chanson en ouvrant une nouvelle fenêtre, selon la configuration de votre navigateur. Ne pas cliquer si vous ne désirez pas l’écouter. A la fin de l’article, vous trouverez un lien qui vous ouvrira une playlist où figurent tous les titres qui j’ai choisis, mentionnés ou non. Tous les titres sont en écoute entière gratuite et téléchargement payant sur MusicMe.

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Une affirmation qui colle à la peau des Swingins Blue Jeans, c’est que le succès du groupe fut autant grand que de courte durée. Si c’est en partie vrai, les SBJ apparaissent maintenant comme n’étant pas tout à fait comme les autres. Chez pas mal d’artistes qui creusèrent leur sillon dans le succès des Beatles, une bonne partie ne sont à considérer que comme des interprètes, les SBJ furent un peu plus que cela. Tout d’abord, ce sont des vrais rockers, leur discographie en témoigne. Mais ils ne contentèrent pas juste de reprendre des classiques, ils ajoutèrent une petite touche personnelle, souvent magnifiée par l’excellent jeu du soliste, Ralph Ellis. Le guitariste rhytmique Ray Ennis était lui, un excellent chanteur. Les deux autres Les Braid, basse, et Norman Kuhlke, batterie, complétaient très bien l’ensemble. Leurs enregistrements témoignent d’une certaine sauvagerie, on les qualifia même des plus sauvages de Liverpool. Nés dix ans plus tard, ils seraient certainement devenus un groupe de hard rock. Mais voyons un peu les détails…
Ils apparaissent en 1958 sous le nom de Blue Genes, référence à Gene Vincent. Ils construisent un répertoire à base de rock pur et un mélange de skiffle, on retrouvera aussi cette influence folk plus tard dans leur disques. Passent les années, ils deviennent peu à peu une référence à Liverpool, un creuset de talent futurs. Les premiers à émerger furent les Beatles, bien sûr. Les maisons de disques cherchèrent alors les talents qui pouvaient satisfaire à leurs exigences et tout ce qui venait de Liverpool devait être pris en considérations. C’est ainsi que le groupe baptisé difinitivement les Swinging Blue Jeans, entra dans les studios de EMI en signant pour His Master Voice en 1963. Un premier disque  » It’s Too Late Now. « , composition de Ray Ennis, est mis sur le marché. Il n’impressionne pas outre mesure le public, mais il pénètre dans le fond des charts. Le second va être le détonateur qui va les rendre célèbres. Ils reprennent dans une version trépidante  » Hippy Hippy Shake.  » un succès américain pour Chan Romero, quatre ans avant. Le titre rate de peu le sommet des classements, mais c’est un très gros succès qui va devenir une référence pour pas mal de groues en mal d’inspiration. Le suivant est consacré à une reprise de  » Good Golly Miss Molly.  » de Little Richard, qu’ils interprètent dans un style dorénavant reconnaissable, riffs de guitares et chant avec un léger écho. Les disque marche un peu moins bien, mais il rentre quand même dans le top ten. Le groupe vit son heure de grande gloire. Ils remettent leur recette en marche pour une chanson un peu plus calme qu’il vont chercher dans le répertoire de Betty Everett  » You’re No Good. « . C’est à nouveau un très gros succès. Leur popularité ne se cantonne pas à l’Angleterre, mais ils font aussi une percée aux Etats-Unis et marchent très fort en Allemagne, qui va devenir un peu leur seconde patrie. Trois simples à succès et un album qui ne marche pas trop mal sera à peu près leur bilan de gloire dans leur pays natal. Les deux derniers simples de 1964,  » Promise You’ll Tell Her. « , « It Isn’t There. « , n’ont pas vraiment de succès, ils sont certainement moins attirants que les précédents. Paradoxalement, cette baisse d’activité va leur permettre d’assurer une meilleure présence sur les scènes étrangères et recueillir un peu du succès perdu en Angleterre. Les albums publiés à l’étranger sont plus nombreux et présentent aussi leur meilleur côté, celui de rockers. On s’étonne devant leur très convaincantes reprises de  » Shakin’ All Over. « Shake Rattle And Roll. », « Tutti Frutti . », toutes étonnantes de qualité. Ils enregistrent deux singles en allemand. Un album très rare aujourd’hui, publié seulement au Danemark et en Allemagne, restitue l’enregistrement d’un show à Cologne au Cascade Club. On y retrouve des titres inédits ailleurs comme la reprise de  » Eight Days A week « , un titre des Beatles, dont Ray Ennis est un grand admirateur. Une reprise de  » Johnny Be Good  » de Chuck Berry est presque un carbone à l’envers de celle que fera Jimi Hendrix plus tard. Hasard ou inspiration, on ne saura jamais, si ce n’est que Hendrix fréquenta les mêmes lieux que le groupe en Allemagne. La date de cet enregistrement à lieu en 1965, l’année où ils enregistrent un très grand disque, hélas sans aucun succès, «  Make Mme Know You’re Mine « . C’est une reprise d’un titre de Conway Twitty complètement retravaillée, qui illustre ce dont ils étaient capables. Le son, le jeu des guitares, les vocaux sont fabuleux. Quelle démonstration! Qui est capable de produire un truc pareil aujourd’hui? Il paraît même que Jimmy Page était présent lors de l’enregistrement. A titre personnel, je dirais que ce titre fait partie de mon top ten perpétuel depuis plus de 40 ans. Le succès les boude, sauf au début 66 avec la reprise de  » Don’t Make Me Over.  » de Dionne Warwick, qui refait une petite apparition dans les charts. Ralph Ellis quitte le groupe remplacé par Terry Sylvester qui vient des Escorts et intégrera plus tard les Hollies, en remplacement momentané de Allan Clarke. Il sera suivi par le départ de Norman Kuhlke. Jusqu’en 1968, ils vont tenter de renverser la vapeur en enregistrant quelques titres plus commerciaux, mais sans résultat probant. Le Canada va encore ajouter une spécialité dans leur discographie en publiant un album qui comprend une dizaine de titres introuvables ailleurs.
Le groupe va commencer à se produire dans les circuits nostalgiques et en enregistrant quelques disques ici et là, dont certains les ramènent un peu dans l’actualité. Ray Ennis et Les Braid, juqu’à sa mort en 2005, vont continuer de tourner dans le monde entier. C’est une belle page de l’histoire qui commença à Liverpool pour se terminer nulle part, car elle n’a de fin que celle que l’on voudra bien lui attribuer. Il y a quelques artistes de Liverpool qui peuvent prétendre à une page d’immortalité, les Beatles certainement, les Swinging Blue Jeans quelques lignes d’une autre page, sûrement.

New Musical Express Awards 1964 – Le son ne leur rend pas grâce.

Le groupe aujourd’hui (clip partiel), ça déménage encore!

Clip chanté en allemand, « Das Ist Prima (Shaking Feeling ». .

Playlist 24 titres

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Vince Taylor – Le diable en cuir noir – 2ème partie – Le crépuscule

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Le diable en cuir noir – 2ème partie – Le crépuscule

Un retour des vieux copains sous l’impulsion de Bobbie Clarke, un peu au chômage après le départ sous les drapeaux de son patron, voit l’éclosion du Bobby Clarke Noise. A la guitare solo Ralph Danks; à la rythmique Johnny Taylor, ex Johnny Taylor et les Strangers; à la basse Alan Bugby, lui aussi des Strangers; et bien sûr Bobby Clarke à la batterie. C’est à nouveau un bon groupe et d’excellents musiciens. La machine est un peu relancé grâce à leur prestation en première partie des Rolling Stones à l’Olympia et 1965 s’annonce pas trop mal. Vince est toujours une bête de scène, il a maintenant des cheveux longs pour sacrifier à la mode. Même Barclay semble optimiste et prévoit la sortie d’un 33 tours 30cm, le premier. Il sera mis en boîte en enregistrant quelques reprises, « Trouble », « My Baby Left Me », « My Babe », Jezebel », « Long Tall Sally », « High Heel Sneakers », « Summertime », un original « The Men Fron El Paso » et un instrumental, « Clank » une puissante démonstration de batterie de Bobbie, un tout grand batteur!
Lors de sa sortie, le 33 tours est accueilli avec des opinions divisées. Signalons tout d’abord que le disque est censé être enregistré en public. Ce n’est pas vrai, mais une bande son ajoutée, le laisse supposer. Elle ne fait que couvrir certains passages et n’ajoute absolument rien, sinon une gêne dans l’écoute. Pour certains, le disque est nul et l’ajout du public n’est qu’une tentative pour camoufler la médiocrité du disque. Pour les autres, pas vraiment nombreux à l’époque, c’est un album fantastique. Force est de constater que plus le temps passe, plus les opinions tendent à lui octroyer le titre d’album culte. A part la reprise de « Jezebel », « Summertime », le slow hyper sensuel « The Men From El paso », qui peuvent être considérés comme usuels dans son répertoire, le reste décolle très haut. Jamais un chanteur et aussi l’orchestre, n’a mis une telle furie dans son interprétation, certains passages frisent la démence. C’est la punk attitude, plus de dix ans avant. Avec cet album, le rock and roll a certainement tourné une page de son histoire. Reste à l’admettre pour certains.
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Honnêtement tous les ingrédients de ce disque un peu fou, ne sont pas complètement un hasard. Vince n’est pas au mieux dans son esprit, il semble un peu avoir flippé, suite à une consommation de certaines drogues. Alors qu’il devait faire une prestation devant son beau-frère, qui souhaitait le faire démarrer aux USA, il devient complètement incohérent dans ses propos. Il se prend pour un prophète et veut transmettre la bonne parole, au lieu de chanter sur scène. A partir de là, c’est la dégringolade. Passage en maison de repos, moments de lucidité et de folie. Pendant quelques années, il se trouve écarté de la scène, sauf quelques prestations dans des endroits secondaires où on veut bien prendre le risque de l’engager. Barclay continue malgré tout de maintenir sa discographie partiellement disponible. En 1967, il participe à la tournée « L’épopée du Rock », un album de compilation est publié avec le même titre. Il permet de se procurer quelques titres de la première époque, depuis longtemps épuisés et un inédit « Hello Mary Lou ». En 1972, le fameux album de 65 est réédité sans le bruit du public. vt33tr2
En 1974, une tentative sérieuse de comeback a lieu. Le chanteur Christophe publie sur son label Motors, un album intitulé « Cadillac », une version ralentie de son titre y figure. Quelques autres titres très bons et intéressants comme la reprise de « L’homme A La Moto ». Malgré l’évidente qualité de cet album, l’histoire sera sans suite. En 1977, un album en public au tirage très limité est publié par un fan, « Live 77 ». En 1980, le label de rockabilly fondé par Jacky Chalard, Big Beat, lui donne la possibilité de sortir un 33trs 25cm, avec de bons musiciens, mais toujours des reprises. En 1987, on remet ça avec presque la même équipe. Un double album intitulé « Bien Compris » aligne des nouveaux titres et quelques reprises. Ce sera sa dernière tentative discographique.


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Pendant toutes ces années et depuis 1965, Vince est passé de la lumière à l’obscurité, et vice-versa. Certains ont tiré un peu de son jus pour en faire quelques chose. Tout d’abord les Renegades, qui eurent en 1965 l’idée de reprendre « Brand New Cadillac », d’en ralentir le rythme et de l’appeler « Cadillac ». Ce fut un succès monstre, dans les pays nordiques et l’Italie. Il devint un titre repris et joué sur scène par un nombre impressionnant de groupes. Les Shamrocks, les Hepstars dans lesquels on retrouve Benny Anderson un futur Abba, en firent aussi un succès. Pas mal d’artistes rendirent hommage à Vince par une chanson. Les Hollandais Golden Earring, enregistrèrent « Just Like Vince Taylor ». David Bovie s’inspira de son histoire pour Ziggy Stardust. En 1976, une sorte d’autobiographie mise en page par interview « Le Survivant » est publiée aux éditions Delville. On y retrouve son histoire et aussi son côté fantaisiste. En 1979, le groupe Clash acheva de rendre « Brand New Cadillac » populaire dans le monde entier en le reprenant sur l’album « London Calling » dans une superbe version. En 1983, Vince se marie et va habiter en Suisse, où il mène une vie plus paisible, presque retiré. Pendant ce temps, sa discographie est constamment rééditée et compilée, avec des nombreux inédits et un peu tout ce qu’il avait enregistrée ici et là, ou ce qu’on avait bien voulu enregistrer. Atteint d’un cancer il meurt le 28 août 1991, il est enterré au cimetière de Lutry en Suisse, près de Lausanne.
Vince Taylor fut un personnage à part dans l’histoire du rock and roll. Il est ans doute un des rares qui n’en fut pas un des créateurs et qui en devint une icône. Sa présence sur scène, ses shows restent uniques dans l’histoire. Jamais, peut-être à part Presley au début, on ne trouva cette musique associée de si près à la sensualité et même à l’érotisme. Victime de son caractère instable et de ses lubies de star parfois exagérées, il fut aussi le jouet d’un entourage parfois véreux, rappelons-le. Quand il montait sur scène, il aurait pu dire à l’instar de Louis de Funès dans « La Grande Vadrouille »: je ne veux que le rock and roll et moi!

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