Le Golf Drouot en disques

Liverpool a eu sa Cavern, la France a eu son Golf Drouot. Il fallait bien un temple pour organiser la venue, assez tardivement, du rock and roll en France. On sait que de très grand noms sont sortis de ce lieu après l’avoir hanté. Pour n’en citer qu’un, Johnny Hallyday. Son histoire est à peu près connue de tous les fans des années 60, spécialement ceux qui l’ont fréquenté. 

Pas mal de monde a profité de sa renommée pour aguicher un public de jeunes dans l’intention de lui vendre quelque chose, la marketing n’est pas une invention nouvelle. Devenu l’endroit à la mode, tout ce qui pouvait se rattacher à son nom pouvait faire rêver. Des garçons en cuir noir qui draguaient des filles qui portaient des bas Golf Drouot (ça a existé), il y en a eu sans doute des centaines. 

Monsieur Barclay en homme d’affaires avisé ne pouvait pas passer à côté de cela. Il est à la tête du plus grand label indépendant que la France aie compté et qui porte son nom. Mais à côté, il y a une multitude de sous labels qui gravitent autour de la maison mère, Riviera, Bel Air, pour les principaux. Il est aussi le représentant exclusif pour les licences de grandes maisons anglophones comme Atlantic, Chess. C’est presque naturellement qu’il décide d’exploiter le nom du Golf pour en faire une nouvelle étiquette et enregistrer des artistes qui ont gagné leur réputation en se produisant sur la scène devenue célèbre, le tremplin comme cela s’appelait. Son idée était sans doute de découvrir une vedette aussi grosse que le Johnny national. L’histoire ne dura que deux petites années et une douzaine de publications, entre 1963 et 65. D’autres maisons feront aussi référence à l’endroit, mais Barclay détient la seule qui arbore le nom comme marque propre.  C’est justement de cette discographie que nous allons parcourir.

Golf Drouot 71 001 – Les Jumelles – Rendez-vous jeudi.

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Deux frangines, jumelles comme le nom l’indique, inaugurent le label. Elles étaient parait-il, vendeuses de pompes dans un magasin avant de partir sur le chemin du vedettariat, du moins tenter le coup. Ce n’est pas à proprement parler un succès ni même très attachant musicalement, bien que vocalement plutôt bon. Le plus drôle est encore la conception de la pochette avec son effet miroir. Elles enregistreront encore deux disques pour un autre label, Barclay ne semblant trop enclin à leur offrir une seconde chance.

Golf Drouot – 71 002 – Les Aiglons – Stalactite

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Incontestablement la meilleure réussite du label, celui qui est encore le plus dans les mémoires. Cinq garçons mineurs venus de Lausanne en Suisse tentent leur chance crânement. Ils sont même plutôt doués. Ils fonctionnent en groupe instrumental, les Shadows sont encore très présents. Ils bénéficient de la présence de Ken Lean, un compatriote aux dons d’arrangeur évidents. Le titre principal « Stalactite » est une pure merveille de son et quelque chose de bien original pour l’époque, différent de l’habituelle inspiration à la Shadows que tout le monde veut alors imiter. Le réussite sera magnifique, le titre est un succès dans plusieurs pays et il entre même dans les charts américains. Le groupe est rebaptisé Eagles pour sa publication par le label Smash. C’est le seul titre du label dont la vente peut se mesurer en centaines de milliers d’exemplaires en tenant compte des nombreuses rééditions successives, 4 à ma connaissance.

Golf Drouot – 71 003 – Ron et Mel – Kansas City

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Deux frangins anglais assez globetrotters font une escale en France, le temps d’enregistrer un disque pour ce label et un autre pour Decca. Ils ont laissé quelques souvenirs. Mel Williams est encore aujourd’hui très connu et apprécié dans les pays anglophones. 

Golf Drouot – 71 004- Les Aiglons – Panorama

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C’est de nouveau les Aiglons. Il faut  savoir que le label ne publie pas un disque toutes les semaines, ce qui explique que celui-ci est proche du premier selon le numéro de catalogue. Toutefois après le succès du précédent, Barclay est pressé de remettre une compresse.  Le groupe l’avouera bien volontiers, ils auraient voulu le préparer avec plus de soin. Entraînés dans une tournée à travers plusieurs pays, il est plutôt enregistré sur le tas. A l’époque, les temps de studios d’enregistrement sont quasiment minutés. Quand on est encore sous la magie de « Stalactite », il est moins aisé de retrouver un équivalent  parmi les quatre titres proposés. Mais ce n’est pas pour autant un désastre, le style « aiglon » est bien présent. Ce sera encore une bonne vente  et probablement la deuxième en terme de quantité et de licence internationales parmi toutes les publications. 

Golf Drouot – 71 005- Moustique – Je Suis Comme Ca

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Il est encore aujourd’hui une authentique légende du rock and roll rattachée au Golf Drouot. Il n’a jamais renié sa foi envers cette musique. C’est presque naturellement qu’il figure sur ce label, nous pourrions dire pour son plus grand malheur. Il avait un potentiel certain que Barclay ne sut pas ou ne voulut pas exploiter. Ce premier disque assez bien achevé fut un de ceux qui se vendit honorablement et un des trois artistes du label qui est honoré de plus d’une publication. C’est un rock and roll plus version années 60 que années 50, ce qui n’enlève rien à son charme. Ce qu’on peut lui reprocher, un manque total de compositions originales, mais dans ce domaine Moustique est très loin d’un cas isolé.

Golf Drouot – 71 006- Christophe – Reviens Sophie

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Oui c’est bien le Christophe qui enregistra « Aline », le seul qui deviendra une star après avoir passé par les disques Golf Drouot. Toutefois, ce n’est pas ce disque qui lancera sa carrière, il est assez confidentiel dans sa discographie. Chistophe n’a jamais caché sa passion pour le blues et cela est très audible sur ce disque, trois originaux et une reprise. Sa carrière est longue, avec des hauts et des bas, incontestablement  ce disque fait partie des hauts.

Golf Drouot – 71 007- Les Doodles – Reviens Sophie

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Excellent groupe qui servit d’accompagnateurs et de compositeurs pour le disque de Christophe exploite ici le style instrumental. On trouve dans leurs rangs Michel  Delancray, qui deviendra un compositeur à succès pour un tas d’artistes, Pascal Danel,  Eric Charden, Dalida, Dick Rivers. C’est encore un de ces disques libellé Golf Drouot pas facile à dénicher.

Golf Drouot – 71 008 – Marijan – La Course Folle

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Revenons indirectement aux Aiglons. Interprété par Marijan, futur Michel Orso et son tube « Angélique », « La Course Folle » n’est autre qu’une version vocale de « Stalactite ». Si cet arrangement n’a pas la saveur de l’original, c’est quand même assez plaisant. Nous retrouvons également les Doodles qui servent d’accompagnateurs, ainsi que deux titres de leur disque instrumental transformés en version vocale. C’est certainement l’un des plus difficiles à dénicher en copie originale, c’est d’ailleurs la seule issue possible, car il n’existe pas de réédition. 

Golf Drouot – 71 009 – Les Aiglons – Tennessee


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Revoici les vedettes du label dans un disque assez plaisant surtout pour « Troïka » qui marche assez bien sur les traces de « Stalactite ». Le succès ne sera pas vraiment au rendez-vous pour ce disque. Petite consolation le titre « Sunday Stranger », une reprise, servira d’indicatif pour une émission de radio « Bal 10-10 ». 

Golf Drouot – 71 010 – Les Vicomtes – Oui C’est De Toi 

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Ce disque est une spécialité. Initialement publié sur Barclay, il est repris pour le label Golf Drouot ou l’inverse. Il y a des bizarreries dont on ignore la raison. Ce groupe, un septet, a une approche plus jazz que yéyé, mais qui préfigure la tendance qui venir un peu plus tard avec le r’n’b. Ils furent les vainqueurs de la Guitare d’Or à l’Olympia en 1963. Ironiquement ce n’est pas l’instrument le plus présent dans leurs titres. 

Golf Drouot – 71 011 – Moustique – Joy Joy Joy23  072415-3

Seconde et dernière apparition de Moustique. Construit sur le même principe que le précédent avec quatre adaptations, Little Richard, Eddie Cochran, Ronnie Hawkins, Ritchie Valens. En qualité c’est égal au précédent, mais au niveau ventes c’est nettement en retrait, il n’atteint que 5 à 10% des ventes du premier, ce qui le rend bien plus difficile à trouver en original. Il faut bien prendre en considération que la jeunesse d’alors s’intéresse plus aux Beatles et aux Rolling Stones qui émergent. Coller des paroles françaises sur des rocks américains fait déjà un peu ringard. Malgré tout, Moustique ne cessera jamais de chanter du rock et d’enregistrer encore quelques titres dont un CD autoproduit. Jamais vraiment entré complètement dans l’ombre, il lui arrive encore de se produire dans des salles bien remplies. C’est une des piliers du temple du rock français.

Golf Drouot – 71 012 – Les Aiglons – Rosko

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Le disque certainement le plus bâclé des Aiglons. Pas tellement pour son contenu assez écoutable, mais par le manque d’enthousiasme de la production. Ce n’est pas visible à première vue ou écoute, mais il y a quelques changements. Ken Lean a  été viré de chez Barclay et la formation n’est plus celle dont on avait presque l’habitude. La photo de la pochette ne tient aucun compte de ce changement. De plus, 2 titres sont inversés. Ajoutons que la promotion a été quasi inexistante. C’est leur chant du cygne, le groupe se sépare et un seul restera musicien professionnel.

Golf Drouot – 71 013 – Les Night Rockers – I Can Tell

Golf Drouot – 71 014 – Les Night Rockers – Dance To The Rock

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Ce sont les deux disques du label qui ont résolument une optique anglophone. Pour cela, il a fallu qu’un groupe belge assez dans la lignée des Rolling Stones, vienne se produire au Golf. Musicalement et scéniquement assez remuants, c’est peut-être ceux qui on le plus risqué de démolir le club lors d’un concert, pour le moins les spectateurs sont subjugués. Dans la foulée ils enregistrent deux disque pour le label, entre originaux et reprises. Assurément de l’excellent matériel qui peut rivaliser avec les anglais de l’époque, surtout avec un chanteur qui chante très bien dans cette langue. On peut regretter que le premier ait été assaisonné d’un faux public avec une introduction d’Henri Leproux. Certainement les plus recherchés par les collectionneurs étrangers.

A ma connaissance, la liste des publications s’arrête ici, Barclay n’a pas continué d’exploiter ce filon, qui je crois n’était pas bourré de pépites, vu sous l’aspect financier. Sur une quinzaine de publications, une a été un réel succès, les Aiglons et « Stalactite ». Moustique pour son premier disque arrive sans doute second ex-acquéo avec les Aiglons pour leur deuxième. Les autres n’ont sans doute pas dépassé les quelques copies vendues auprès de ceux qui fréquentaient le Golf, et encore je me demande quel était leur argent de poche, ou ce qu’il leur restait après avoir acheté les disques des idoles plus en vue. La difficulté à trouver certaines publications est là pour en témoigner. 

Le catalogue a quand même été exploité par la suite. Dans les années 70, une compilation en album comprenant les Aiglons, Moustique, les Night Rockers, « Les Folles Années Du Golf Drouot », 33 tours Barclay. Au début des années 80, un 33 tours 25 cm Barclay, avec les Aiglons, 2 premiers disques et Moustique, premier disque. Les quatre titres de Christophe peuvent se trouver sur le « Disque D’Or » paru en 1976 chez Barclay. A l’heure actuelle et en CD, on peut trouver les Aiglons et Moustique en intégrale du label Golf Drouot. Les titres de Christophe peuvent se trouver sur le CD « Les Trésors Cachés » de 1997. 

Rock and roll, entre vintage et revival

Quand le rock and roll s’apaisa à la fin des années 50 et celui où il renaîtra une bonne dizaine d’années plus tard, il ne cessa pas d’exister. Il y avait les déjà nostalgiques, quelques uns qui le trouvaient un rien ringard, ceux qui le revisitaient à leur manière. Quand Liverpool devint une ville à la mode via les Beatles et autres concurrents, il faut bien s’imaginer qu’ils tournaient autour de la vingtaine d’années et avaient surtout écouté jusque là du… rock and roll. Pour se faire la main, ils en jouaient aussi. Quand arriva l’heure de signer les contrats d’enregistrements, les plus  habiles avaient quelques compositeurs dans leurs rangs et ne devaient rien à personne pour trouver la formule qui fera un hit. Les autres puisaient dans le répertoire déjà existant et aménageaient tant bien que mal une chanson plus ou moins connue pour lui donner une teinte, un son, plus moderne. Pour une grande partie, les classiques du rock and roll en firent partie. Même ceux qui étaient capables de faire leur propre cuisine ne dédaignaient pas de temps en temps de mettre sur un de leurs disques une chanson de rock. Les Beatles (Roll Over Beethoven), les Rolling Stones (Carol) firent même de gros hits avec cette formule. Nous allons visiter quelques unes de ces reprises ou créations inspirées qui virent le jour dans les années 60, parmi celles qui me paraissent intéressantes. Nous allons voir comment certains artistes virent la chose, parfois en lui donnent un air nouveau, parfois en restant dans une certaine tradition, mais c’est toujours du rock and roll, avec parfois dix ans de décalage dans le temps.

Les Beatles enregistrèrent pas mal de classiques, j’en ai choisi deux puisés dans le répertoire de Little Richard et Larry Williams . Ils furent de grands compositeurs en la personne de Lennon et McCartney, mais aussi de grands interprètes

Les Rolling Stones furent moins traditionnels comme en témoignent leurs emprunts à Buddy Holly et à Dale Hawkins

Les Swinging Blue Jeans furent, du moins au début, un groupe essentiellement rock and roll. Un peu en manque de répertoire original, ils obtinrent deux gros hits en reprenant « Hippy Hippy Shake » de Chan Romero et « Good Golly Miss Molly » de Little Richard. Leur discographie est parsemée de bonnes reprises. Un bon jeu entre guitariste rythmique et soliste insuffle un certain punch à ces titres remis au goût du jour pour plaire à une presque nouvelle génération.

Avant que le rock and roll devienne une musique parodique dans certains courants, on peut dire sans exagérer que les premiers à faire ce genre de truc furent les Tornados en 1963. Forts des millions d’exemplaires qu’ils vendirent de leur fameux « Telstar », leur producteur Joe Meek, pouvait se permettre de leur faire faire ce genre de truc. Pas inusable, mais bien un changement dans la manière de revisiter ses classiques.

Ancien bassiste des Tornados, Heinz les quitte pour enregistrer un album en hommage à Eddie Cochran d’où sortira le hit « Just Like Eddie », toujours sous la houlette de Joe Meek. Le son est résolument plus moderne. A noter la présence d’un certain guitariste Ritchie Blackmore, 18 ans au garrot, qui sera membre de Deep Purple à l’âge adulte.

Les Américains après le rock and roll aiment le surf. Bon prétexte pour revisiter les classiques en son de guitare surf. Ici les Astronauts qui surfent sur le « Linda Lou » de Ray Sharpe.

Les Beach Boys ou comment piquer une fille de seize ans à Chuck Berry

Pour leur premier disque les Kinks choisirent une reprise de « Long Tall Sally » une des plus célèbres filles du rock and roll. Avant de devenir un acte majeur dans les sixties et Ray Davies un compositeur admirable, ils réécrivent presque ce classique. Ce fut un plantage complet, mais au titre de l’originalité assurément une réussite complète.

Apparemment à Liverpool on aime toujours de temps en temps faire un titre qui sonne plutôt traditionnel et qui chauffe. Les Merseybeats, groupe spécialisé en ballades, le démontre fort bien.

Les Yardbirds sont un bon exemple des ces gaillards qui écoutaient du rock and roll étant adolescents et qui ne pouvaient pas manquer de s’y intéresser pour l’interpréter autrement qu’en copie carbone. Avec un fameux Eric Clapton à la guitare, leur reprise de Too Much Monkey Business » de Chuck Berry est bien différente, ce n’est pas du pur rock. Il y a toutefois un point qui reste dans l’interprétation et qu’ils n’ont pas effacé, ça chauffe comme un bon vieux rock and roll.

Rocker anglais malchanceux, Lee Curtis trouva en Allemagne le moyen de nous laisser quelques traces discographiques, surtout en Allemagne, assez remuantes et de nous montrer qu’il avait une voix à la Presley, son idole.

En 1967, il manqua peu à Jerry Jaye pour faire d’une chanson de Fats Domino « My Girl Josephine », un tube mondial. Une belle manière de faire du neuf avec du vieux. Entre rock and country, un rocker tardif mais intéressant.

Du noir en rock blanchi

Incontestablement les origines du rock and roll sont noires. Musique des ghettos pendant longtemps, elle fut peu à peu captée par l’oreille des blancs. Il fallait pour la faire admettre définitivement jouer les petit jeu des versions blanchies. Les noirs avaient deux tendances dans l’accompagnement, soit très simple comme la plupart des authentiques bluesmen, un vocal et un accompagnement à la guitare souvent accoustique. Là on retrouve Robert Johnson. L’autre tendance est aux grands orchestres avec cuivres et tout le barda. C’est plus la spécialité de quelques jazzmen comme Duke Ellington. Blues, jazz, rhythmn and blues, le quel fut le plus prépondérant dans l’apparition du rock and roll, disons que c’est un mélange des trois. Les blancs sont à l’évidence plus simples dans la conception du rock and roll, guitares, basse, batterie, quelquefois un piano ou un saxophone. Il est rare que l’on entende autre chose dans les disques de Buddy Holly, Eddie Cochran, Gene Vincent, Carl Perkins, Jerry Lee lewis, Bill Haley, les premiers Elvis Presley. A l’évidence quand on écoute de vieux enregistrements avant le rock, il y a un son noir et un son blanc, bien mis en évidence par les vocaux. Le premier à faire un tube en rock and roll fut historiquement Bill Haley et « Rock Around The Clock ». Bien que cette chanson soit une création exclusivement blanche, Haley ne se priva pas d’inclure dans ses premiers enregistrements « Shake Rattle And Roll », celle-là bien noire, mais un tantinet blanchie. A peine après, arrive le personnage qui sera le principal détonateur  de cette canalisation, Elvis Presley. En 1954, dans les studios Sun à Memphis, il admire quelques artistes noirs et il met en route des versions traitées à sa manière. A quelque part c’est assez simpliste, combien de rockers ont remarqué que les enregistrements Sun sont effectués en trio vocal, guitare, basse, cherchez la batterie. Ses quelques disques publiés par Sun eurent un grand retentissement local certain, assez pour arriver aux oreilles de la RCA et le reste n’est qu’histoire. Mais pour en comprendre toute la saveur, revisitons quelques unes de ces pièces dans le deux versions, la noire et la blanche. Très souvent on croit qu’elles ne sont que dues aux rockers blancs, eh bien ce n’est pas vrai…

Elvis Presley d’abord…

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Aussi repris par Buddy Holly, un de ses tous premiers enregistrements. Mal enregistré mais excellent!

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Moins trépidante, la version de Bill Haley

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Et d’autres…

The Train Kept A Rollin’

Repris par Johnny Burnette dans l’album « Rock And Roll Trio » l’un des albums de rock les plus créatifs jamais enregistrés.

Whole Lotta Shakin’ Goin’ On

Eh oui, elle est plus connue par lui, à tel point que l’on croit souvent qu’elle est de lui…

Pour terminer, nous allons prendre le cas de Little Richard. Grand compositeur et interprète, un « méchant », a eu son répertoire littéralement pillé par les blancs. Son malheur à l’époque était d’être noir. Dans certains états où le racisme était encore assez présent, écouter du rock and roll était juste toléré pour autant que l’interprète soit blanc. Alors certains artistes, producteurs, ne se privaient pas de puiser chez lui, les premiers sans doute par admiration, les seconds plus opportunisme financier. On voulait bien des Noirs et de leur musique, leur verser quelques royalties en guise d’aumône et ce n’était pas toujours le cas, ainsi l »honneur » était sauf. Pour ne pas alourdir je n’ai pas mis les originaux, vous les connaissez sans doute, mais uniquement les reprises. On y fait assez souvent de belles trouvailles d’interprétation. Je commencerai par Pat Boone qui fit un succès personnel de « Tutti Frutti », ce n’est pas la meilleure reprise, mais celle qui s’est très bien vendue à l’époque.

En attendant le psycho, Rocka Billy fait du revival

La grande époque du rock and roll reste les années 50. Il cédera peu à peu sa place à d’autres musiques selon les effets de mode. Il est cependant toujours présent en toile de fond musical. Les Beatles, les Rolling Stones, l’interprètent à leur façon. Ce n’est plus tout à fait le son des années 50, il est modifié par les évolutions de la technique. Cependant une poignée d’amateurs, déjà des nostalgiques, font moins de concessions. Ils gardent une ligne qui sans être toujours pure et dure, est plus proche des origines. Vers la fin des années 60, il y a un premier retour, on réédite les années 50 avec complaisance. De quoi remettre à neuf l’écoute de quelques sillons devenus inaudibles ou par trop introuvables. Certains profitent pour s’engager dans l’aventure. Sha Na Na par exemple, est assez parodique et ne plaira pas trop aux puristes. D’une certaine manière les années 70 sont assez désertiques, certes les anciens encore présents tournent toujours, mais ils se dirigent parfois dans d’autres directions plus en accord avec l’air du temps, mais pas toujours avec bonheur. Malgré tout, il y a toujours quelques irréductibles qui résistent à l’envahisseur comme dans un certain village gaulois. Ce sont pour la plupart des nouveaux venus, des trop jeunes pour avoir vécu la grande époque. Mais ils ont la passion, la flamme, ils l’entretiennent à leur manière. Il fallait être attentif, avoir l’oeil ou l’oreille, les publications étaient souvent confidentielles et très peu programmées à la radio. Durant toutes ces années, alors que j’avais la passion aussi pour d’autres musiques, j’en avais attrapé quelques unes au vol. En voici dans un résumé succint et incomplet ce qu’il m’en reste. Les Straycats et le psychobilly sont encore loin, mais en attendant…

Les Wild Angels – Dans les nuits pleines de brouillards de la vieille Angleterre, c’est 1970. Un groupe très traditionnel enregistre un LP dans une boîte qui s’appelle « The Revolution », pour un label secondaire. Rien que des reprises qui chauffent plutôt, rien d’original, sinon un bel enthousiasme. Ils auront juste le temps d’accompagner un Gene Vincent qui n’a plus trop de temps à vivre.

En 1972, il sont signés par le label beaucoup plus important, Decca. Cela leur permet d’avoir une diffusion plus grande. Il sortent l’album « Out At Last », truffé de reprises. Il reprennent le fameux « Brand New Cadillac » de Vince Taylor, dans une version qui sonne  bien, tellement qu’on dirait que les Clash s’en sont inspirés quelques années plus tard.

L’Angleterre n’est pas seule en piste. En Hollande courant 72 et 73, le groupe Long Tall Ernie & The Shakers connaît quelques succès assez retentissants localement et débordent un peu des frontières nationales. Ce n’est pas très puriste dans la conception, mais l’esprit est présent teinté  de paillettes du glitter rock.

A l’initiative de Kim Brown guitariste-chanteur des fameux Renegades, décédé récemment, l’Italie met au point Kim & The Cadillacs. C’est encore un groupe paillettes qui a pourtant le mérite d’entretenir la flamme rock dans ses enregistrements. Ils sont très populaires à partir de 1976 et sortent plusieurs albums alignant des morceaux très connus.

Un personnage très important dans le rock and roll revival fut Crazy Cavan. Il rassemble une grande partie des véritables nostalgiques anglais sous sa bannière, assez pour devenir une icône avec son groupe les Rhythm Rockers. Au cous de sa vingtaine d’albums sa flamme ne vacille pas, le premier en 1976.

Un seul album en 1977, Little Tina & Flight 56, m’a laissé quelques plaisants souvenirs, au point que c’est l’album rock and roll que j’ai le plus écouté cette année-là. Je le trouvais comme poursuivant la tradition avec un certain charme. Ici une reprise convaincante de « My Boy Elvis » de Janis Martin.

On ne peut parler de revival sans mentionner Freddie Fingers Lee, un Jerry Lee Lewis de remplacement presque encore plus efficace que son modèle. Pianiste et guitariste survolté, ses shows valent le détour. Vieux routier, il a travaillé avec pas mal de monde dont Screaming Lord Sutch, mais c’est dans les années 70 qu’il trouvera un public digne de lui. Le voici dans deux extraits du fameux film documentaire « Blue Suede Shoes », admirable film qui résume très bien l’esprit rock de ces années 70. Dans le second, il casse un piano à la hache, ça c’est une attitude rock and roll!

Sans doute un groupe qui a eu des réussites commerciales un peu trop évidentes, plusieurs disques à succès, Matchbox n’en reste pas moins un détour agréable si on ne veut pas se prendre la tête avec les puristes. Je les cite car ils ont pavé une partie du chemin pour les suivants, mais je n’ai jamais trop aimé ce groupe, sans le détester.

Bien plus attachant, Ray Campi est aussi un incontournable de cette époque, le dernier que nous mentionnerons ici. Un extrait aussi du film mentionné précédemment, dans lequel il apparaît.

Les seventies se terminent, les Straycats et le psychobilly ne sont pas loin sur les pages du calendrier. Le rock and roll renaîtra toujours de ces cendres, j’en suis sûr.

Au vingtième étage du paradis, Eddie Cochran

Il s’est passé quoi le 17 avril 1960? Certains me diront, il pleuvait. D’autres, je me suis marié ou encore je suis né. Chez les rockers, c’est une date précise dans leur mémoire. La mort de Eddie Cochran à 21 ans, dans un accident de voiture près de Londres, en compagnie de Gene Vincent qui lui survivra, plutôt mal que bien, d’une dizaine d’années.
Cela va faire 50 ans, il serait septuagénaire et sans doute bien ridé ou mort d’une autre chose. Au contraire, il est toujours là, paraissant si jeune sur les photos. C’est le seul cadeau de la mort, quand elle frappe tôt, on garde une image éternellement jeune.
Résumer sa carrière, des centaines l’ont fait avant moi, donc il n’est pas nécessaire d’en rajouter. On peut juste et avec plaisir, se rappeler des titres les plus populaires, immortels et toujours chantés aujourd’hui, « Summertime Blues », « Somethin’ Else », « Nervous Breakdown », « C’mon Everybody », « Twenty Flight Rock », toutes créations originales. Plus qu’un beau gosse, il fut aussi un grand guitariste et un créateur dans un style qui lui est propre. Le reste n’est peut-être qu’illusions, le rock and roll et sa légende, pas aussi maudit que l’on voudrait bien le croire. Il y avait juste des talents destinés à enflammer la jeunesse selon certains ou à la pervertir selon d’autres. Les vieux râleurs sont morts et leurs paroles avec. La musique, elle, a survécu. Et c’est tant mieux.
Ladies and Gentlemen, tonight, remember him, the one and only Eddie Cochran…

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Et Vian rock et Salvador roll


Au début 1956, le rock and roll était aussi présent dans l’esprit des Français que le futur voyage de l’homme sur la Lune. Quelques initiés avait juste entendu ce mot qui allait transformer le visage musical de la seconde moitié du siècle en cours. S’intéresser à la chose était bien, mais il était pratiquement impossible de mettre la main sur un disque de la production nationale, à part peut-être un certain disque de Bill Haley « Rock Around The Clock », ils ne figuraient pas au catalogue. A vrai dire, le rock en disque était plus présent chez les disquaires américains. Mais en petite quantité, car les futures idoles de cette musique n’avaient pas tous enregistré en disque. Seuls Presley et Haley et une petite poignée d’autres pouvaient prétendre signer des autographes sur leurs pochettes de disques labellisés rock and roll, les reste allait venir.
Mais restons en France, la chanson française de l’époque est dominée par un certain romantisme apprécié par les gens qui avaient franchi le quart de siècle. André Claveau est une idole, Mouloudji un chanteur plus poétique et engagé, Georges Brassens annonce un nouveau regard sur les travers de la société. Dans ce train-train, seul le jazz est plus proche des idéaux de la jeunesse dans les caveaux de Saint Germain des Prés. Un personnage emblématique de cette période est Boris Vian. Il coiffe plusieurs casquettes, écrivain dérangeant, poète moderne, auteur-compositeur à succès et contestataire. Il est lui-même interprète et musicien, principalement trompettiste. Sa véritable passion est le jazz dont il est aussi critique. De son côté, un certain Henri Salvador connaît assez bien les faveurs du public avec ses chansons tantôt gaies, tantôt tristes. Il a déjà un long passé musical derrière lui, il fut un membre de l’orchestre de Ray Ventura. Les deux personnages se connaissent et s’apprécient. Un jour de mai 56, en écoutant des disques de rock and roll, ramenés par Michel Legrand des USA, ils se marrent en découvrant cette musique nouvelle pour eux. Salvador est sans doute plus convaincu, mais Vian traitera toujours le rock avec une certaine condescendance. Pour lui, cette musique est juste prétexte aux manipulations verbales . Ils décident d’aller un peu plus loin et c’est ainsi qu’un disque bien français portera la mention « rock and roll ».
Bon ne rêvons pas, c’est de la parodie, on se prête à quelques bons, voire excellents, jeux de mots sur cette musique. Tout tourne en fin de compte autour de la rigolade, mais cela n’en reste pas moins musicalement du rock and roll. Sur plusieurs facettes, c’est une merveille de trouvailles et un bon moment de franche déconnade.
Les ingrédients:
Interprète: Henry Cording, Henri Salvador bien sûr, mais jeu de mots sur recording, enregistrer en anglais.
Les auteurs et les compositeurs: Henry Cording; Big Mike alias Michel Legrand; Vernon Sinclair, alias Boris Vian, un des pseudos de Vian, Vernon Sullivan fut celui sous lequel il publia « J’irai Cracher Sur Vos Tombes ».
Les chansons: Rock And Roll Mops; Dis-Moi Que Tu M’aimes Rock; Rock Hoquet; Va T’faire Cuire Un Oeuf Man
Style: auditivement inspiré du rock de Bill Haley
Orchestre: Michel Legrand
Enregistrement: juin 1956; publication: été 1956
Disques Fontana 460.518 ME et 1 face 33 trs 25cm 76088 fin 1956
Pochette. A l’époque deux versions, la première avec seul le nom de Henry Cording et la seconde mentionnant le nom de Henri Salvador. Le texte du verso de la pochette est lui-même un morceau d’anthologie.

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Bien que le disque eut un succès plutôt modéré, il fut édité en Belgique, Allemagne, Canada, Etats-Unis.
En le réécoutant aujourd’hui, cela fait sans doute sourire, mais n’étais-ce pas son but premier?

Ecouter gratuitement et télécharger Henry Cording sur MusicMe.

Vince Taylor – Le diable en cuir noir – 2ème partie – Le crépuscule

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Le diable en cuir noir – 2ème partie – Le crépuscule

Un retour des vieux copains sous l’impulsion de Bobbie Clarke, un peu au chômage après le départ sous les drapeaux de son patron, voit l’éclosion du Bobby Clarke Noise. A la guitare solo Ralph Danks; à la rythmique Johnny Taylor, ex Johnny Taylor et les Strangers; à la basse Alan Bugby, lui aussi des Strangers; et bien sûr Bobby Clarke à la batterie. C’est à nouveau un bon groupe et d’excellents musiciens. La machine est un peu relancé grâce à leur prestation en première partie des Rolling Stones à l’Olympia et 1965 s’annonce pas trop mal. Vince est toujours une bête de scène, il a maintenant des cheveux longs pour sacrifier à la mode. Même Barclay semble optimiste et prévoit la sortie d’un 33 tours 30cm, le premier. Il sera mis en boîte en enregistrant quelques reprises, « Trouble », « My Baby Left Me », « My Babe », Jezebel », « Long Tall Sally », « High Heel Sneakers », « Summertime », un original « The Men Fron El Paso » et un instrumental, « Clank » une puissante démonstration de batterie de Bobbie, un tout grand batteur!
Lors de sa sortie, le 33 tours est accueilli avec des opinions divisées. Signalons tout d’abord que le disque est censé être enregistré en public. Ce n’est pas vrai, mais une bande son ajoutée, le laisse supposer. Elle ne fait que couvrir certains passages et n’ajoute absolument rien, sinon une gêne dans l’écoute. Pour certains, le disque est nul et l’ajout du public n’est qu’une tentative pour camoufler la médiocrité du disque. Pour les autres, pas vraiment nombreux à l’époque, c’est un album fantastique. Force est de constater que plus le temps passe, plus les opinions tendent à lui octroyer le titre d’album culte. A part la reprise de « Jezebel », « Summertime », le slow hyper sensuel « The Men From El paso », qui peuvent être considérés comme usuels dans son répertoire, le reste décolle très haut. Jamais un chanteur et aussi l’orchestre, n’a mis une telle furie dans son interprétation, certains passages frisent la démence. C’est la punk attitude, plus de dix ans avant. Avec cet album, le rock and roll a certainement tourné une page de son histoire. Reste à l’admettre pour certains.
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Honnêtement tous les ingrédients de ce disque un peu fou, ne sont pas complètement un hasard. Vince n’est pas au mieux dans son esprit, il semble un peu avoir flippé, suite à une consommation de certaines drogues. Alors qu’il devait faire une prestation devant son beau-frère, qui souhaitait le faire démarrer aux USA, il devient complètement incohérent dans ses propos. Il se prend pour un prophète et veut transmettre la bonne parole, au lieu de chanter sur scène. A partir de là, c’est la dégringolade. Passage en maison de repos, moments de lucidité et de folie. Pendant quelques années, il se trouve écarté de la scène, sauf quelques prestations dans des endroits secondaires où on veut bien prendre le risque de l’engager. Barclay continue malgré tout de maintenir sa discographie partiellement disponible. En 1967, il participe à la tournée « L’épopée du Rock », un album de compilation est publié avec le même titre. Il permet de se procurer quelques titres de la première époque, depuis longtemps épuisés et un inédit « Hello Mary Lou ». En 1972, le fameux album de 65 est réédité sans le bruit du public. vt33tr2
En 1974, une tentative sérieuse de comeback a lieu. Le chanteur Christophe publie sur son label Motors, un album intitulé « Cadillac », une version ralentie de son titre y figure. Quelques autres titres très bons et intéressants comme la reprise de « L’homme A La Moto ». Malgré l’évidente qualité de cet album, l’histoire sera sans suite. En 1977, un album en public au tirage très limité est publié par un fan, « Live 77 ». En 1980, le label de rockabilly fondé par Jacky Chalard, Big Beat, lui donne la possibilité de sortir un 33trs 25cm, avec de bons musiciens, mais toujours des reprises. En 1987, on remet ça avec presque la même équipe. Un double album intitulé « Bien Compris » aligne des nouveaux titres et quelques reprises. Ce sera sa dernière tentative discographique.


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Pendant toutes ces années et depuis 1965, Vince est passé de la lumière à l’obscurité, et vice-versa. Certains ont tiré un peu de son jus pour en faire quelques chose. Tout d’abord les Renegades, qui eurent en 1965 l’idée de reprendre « Brand New Cadillac », d’en ralentir le rythme et de l’appeler « Cadillac ». Ce fut un succès monstre, dans les pays nordiques et l’Italie. Il devint un titre repris et joué sur scène par un nombre impressionnant de groupes. Les Shamrocks, les Hepstars dans lesquels on retrouve Benny Anderson un futur Abba, en firent aussi un succès. Pas mal d’artistes rendirent hommage à Vince par une chanson. Les Hollandais Golden Earring, enregistrèrent « Just Like Vince Taylor ». David Bovie s’inspira de son histoire pour Ziggy Stardust. En 1976, une sorte d’autobiographie mise en page par interview « Le Survivant » est publiée aux éditions Delville. On y retrouve son histoire et aussi son côté fantaisiste. En 1979, le groupe Clash acheva de rendre « Brand New Cadillac » populaire dans le monde entier en le reprenant sur l’album « London Calling » dans une superbe version. En 1983, Vince se marie et va habiter en Suisse, où il mène une vie plus paisible, presque retiré. Pendant ce temps, sa discographie est constamment rééditée et compilée, avec des nombreux inédits et un peu tout ce qu’il avait enregistrée ici et là, ou ce qu’on avait bien voulu enregistrer. Atteint d’un cancer il meurt le 28 août 1991, il est enterré au cimetière de Lutry en Suisse, près de Lausanne.
Vince Taylor fut un personnage à part dans l’histoire du rock and roll. Il est ans doute un des rares qui n’en fut pas un des créateurs et qui en devint une icône. Sa présence sur scène, ses shows restent uniques dans l’histoire. Jamais, peut-être à part Presley au début, on ne trouva cette musique associée de si près à la sensualité et même à l’érotisme. Victime de son caractère instable et de ses lubies de star parfois exagérées, il fut aussi le jouet d’un entourage parfois véreux, rappelons-le. Quand il montait sur scène, il aurait pu dire à l’instar de Louis de Funès dans « La Grande Vadrouille »: je ne veux que le rock and roll et moi!

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