En passant

Bas nylons et « Eux »

*****

Le groupe Them apparaît en 1964, formation d’origine irlandaise c’est presque un nom qui deviendra générique, car les changements de personnel sont constants. Trois incarnations sont distinctes, celle où Van Morrison est le chanteur 1965-1967, qui après son départ se scinde en deux groupes qui portent le même nom, à la différence près que l’un sera européen et l’autre américain. La version européenne est aussi connue sous le nom de Belfast Gypsies, on trouvera par ailleurs exactement selon les éditions, les mêmes titres mais sous les deux noms.  Il est très difficile de nommer une formation stable durant la période avec Van Morrison, tellement le personnel est mouvant. On sait parfaitement que les enregistrements sont parfois réalisés avec l’aide de musiciens de studio, notamment Jimmy Page. Mais on peut citer le personnel suivant, au moins dans le sens de ceux qui n’ont pas fait qu’enter et sortir: Van Morrison, chant, harmonica, saxophone; Billy Harrison, guitare; Alan Henderson, basse; Patrick Mc Auley, claviers; Ronnie Millings, batterie. Ce sera surtout une partie de ces noms qui animeront l’une ou l’autre des formations postérieures à l’ère Van Morrison, y compris une reformation en 1978/79.
Malgré ce qui ressemble à un joyeux bordel, la formation créa plusieurs classiques et hits dont le fameux « Gloria » au retentissement mondial. La période avec Van Morrison est incontestablement la plus attachante et la plus bruyante, ne serait-ce que pour sa voix qui le fait encore aujourd’hui considérer comme un des plus grands chanteurs pop. Nous allons voir à travers les titres moins connus et les reprises flamboyantes de cette période, toute la splendeur de cette musique dont certaines pépites ne ressemblent à rien de ce que l’on connaissait déjà ailleurs. Pour être honnête, je mettrais presque toute la discographie.

Ce titre, il faut absolument l’écouter en version mono, elle a nettement plus de punch que la stéréo, donc la voici. C’est encore et toujours mon préféré.

Ce titre n’a jamais été classé dans un hit parade quelconque, mais il est l’un des plus repris de leur discographie (Ronnie Bird « Chante » pour la France).

Le titre existe en deux versions, celle-ci est la plus percutante, elle figure notamment sur le troisième EP français.

Celle-là on la connaît, mais la version est splendide

*****

 

 

En passant

Bas nylon et un lotus pas bleu

*****

J’ai toujours eu une certaine fascination pour l’Orient, la Chine entre-autres. Ce n’est pas la Chine moderne qui m’intéresse, mais celle du passé, l’art en particulier et bien entendu la musique. Je dois aussi avouer que la cuisine chinoise ne me laisse pas indifférent. Je me souviens d’un canard laqué dans un restaurant chinois de Londres, qui coûtait presque rien, et qui m’a laissé une souvenir presque impérissable. D’après tous les retours que j’ai eus ou lus, l’hospitalité chinoise est extraordinaire, les touristes qui viennent nous visiter très chaleureux et respectueux. Dommage qu’on ne leur rende pas toujours la pareille. Quand je suis allé visiter le Mont Saint-Michel, pour ceux qui connaissent, je logeais à l’hôtel Mercure à côté du restaurant le Pré Salé. La porte de ma chambre donnait directement sur le passage qui est devant l’hôtel. Je prenais l’air en attendant le petit déjeuner. Voici un couple de Chinois qui s’amène. Arrivé à ma hauteur, il me font une petite révérence et me sortent un « bonjour » qui était plutôt « bojiour » et partent d’une éclat de rire, heureux d’avoir sorti un mot dans ma langue. C’est des petits trucs, mais cela vous met de bonne humeur pour la journée. Il y a 100 ans, la Chine était encore quelque chose d’assez mystérieux, il n’y a qu’à lire « Le Lotus Bleu » avec Tintin, pour avoir une idée des clichés qui circulaient à propos de ce pays. La photographie a certainement été un moyen de découvrir un peu ce pays et de s’en faire une petite idée vers la fin du 19ème siècle.
Victor Segalen (1878-1919) né à Brest, fut l’un des ces photographes Il fut aussi écrivain, poète, archéologue, cinologue et surtout médecin dans la marine. Fasciné par la Chine dont il apprit la langue, il y fit à partir de 1909 plusieurs séjours dont il rapporta de nombreuses photographies. Il s’intéressa notamment à la recherche de monuments des dynasties Han (-206-220), Tang (618-907) et intermédiaires. Il mourut prématurément en 1919. Son fils Victor fut un célèbre athlète et footballeur.
Nous allons parcourir quelques unes de ses photos en commençant par quelques portraits de lui enfant et adulte. Vous pouvez agrandir les photos.

Un peu de musique pour se mettre dans l’ambiance

Source BNP, Gallica, DP

 

Bas nylons et petites têtes

*****

Apparus en 1965, les Small Faces connurent une assez belle notoriété jusqu’en 1969 où ils se séparèrent et joignirent divers d’autres formations qui eurent aussi leur heure de gloire comme Jeff Beck Group, Faces, Humble Pie. A l’instar des Who ou les Kinks, ils furent les représentants du mouvement mod, influencés à leur débuts par le r’n’b noir américain. Ils commencèrent d’enregistrer chez Decca puis signèrent avec le label Immediate fondé par le manager et producteur des Rolling Stones, Andrew Loog Oldham. Un critique disait à propos des Small Faces, que Decca ne semblait pas trop avoir pris conscience qu’ils étaient peut-être les meilleurs artistes sur ce label après les Rolling Stones. Sans doute eux aussi pensèrent ainsi, et en quittant Decca ils rebondirent dans le succès, mais écrivent une nouvelle page dans leur création musicale qui se teinte de psychédélique à la sauce anglaise. Il est rare que les groupes qui atteignent une certaine notoriété comme créateurs et laissent de vraies traces dans l’histoire, n’aient pas dans leurs rangs d’habiles compositeurs. Ici, nous trouvons un duo à la Lennon – McCartney, Steve Marriot le guitariste et Ronnie Lane le bassiste. A l’exception de leurs deux premiers hits, ils signeront tous les autres succès. Nous trouvons également  Ian McLagan aux claviers, il remplaça Jimmy Winston parti après le second single. La batterie est tenue par Kenny Jones, qui est aujourd’hui le seul survivant de cette formation. La discographie du groupe n’est de loin pas insignifiante au niveau du contenu. On y trouve quelques belles reprises et des compositions qui n’ont pas à rougir d’être persuasives. Parcourons ces titres qui remplirent les faces B et les albums, en respectant une certaine chronologie et en laissant de côté les hits flamboyants.

PERIODE DECCA

Nous commencerons par un titre, très symbolique de leur maestria, qui est une reprise remaniée de Muddy Waters, dont Led Zeppelin s’empara quatre ans plus tard pour « Whole Lotta Love » sans trop en reconnaître la source d’inspiration. Cela leur valut quelques ennuis avec le compositeur original, Willie Dixon. Les Small Faces le créditèrent à Dixon. alors que Led Zeppelin, plagiant un peu l’arrangement des Small Faces, s’attribuent le crédit de la composition.

Titre instrumental qui servit souvent de fond sonore lors de l’émission « Salut Les Copains ».

PERIODE IMMEDIATE

Adapté par Johnny Hallyday « Je N’ai Jamais Rien Demandé »

C’est le titre des Smal faces que j’ai le plus écouté, 50 ans après je ne m’en lasse pas.

*****

En passant

Bas nylons et de quoi trembler

*****

Les tremblements de terre font presque partie de l’actualité quotidienne. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il y en a tous les jours, mais très peu atteignent une intensité qui fait que l’on puisse les ressentir. Cependant, les sismographes répartis un peu partout sur la planète ne les loupent pas. A l’heure où j’écris ces lignes, il y a eu pour les dernières 24 heures, pas moins de 6 séismes enregistrés, dont le plus fort fut d’une magnitude de 5,3 au large des îles Aléoutiennes entre l’Alaska et l’Asie. Nous sommes sur un sol à l’évidence peu stable, encore que la surface terrestre par rapport à la mer est à peu près du quart. En mer, les mouvements sont moins ressentis et peuvent même passer complètement inaperçus. Le grand danger reste le tsunami. Comment cela arrive-t-il? C’est assez facile à comprendre. Au fond de la mer, l’eau repose sur un fond solide et se débrouille en surface pour être, hormis la courbure terrestre, à l’horizontale. Quand vous videz l’eau d’une bassine, vous inclinez la bassine mais l’eau reste toujours à l’horizontale. Un séisme sous-marin peut provoquer une rupture dans la continuité du sol au fond de la mer, se soulever ou s’affaisser. L’eau va bien évidemment suivre le mouvement qui se reportera jusqu’en surface, elle tentera alors de retrouver sa position horizontale. Si le mouvement au fond est peu important, cela se passera pratiquement sans accroc, quelques petites agitations en surface comme une vague due au vent. Mais imaginons que le fond se soulève de 30 mètres, cela va faire un peu comme un jet d’eau et le sommet commencera à rouler des vagues. Ce sont ces vagues qui deviennent dangereuses si elles abordent une zone habitée. Mais nous savons que tous les tremblements de terre maritimes ne provoquent pas forcément des tsunamis. Il peut aussi y avoir d’autres causes, par exemple l’effondrement d’un pan de montagne dans la mer, une éruption volcanique, mais si elles peuvent donner le même phénomène, la cause est autre.

Relevé des secousses enregistrées pour 24 heures au moment où je rédige l’article


Une chose que nous n’avons pas encore vue, c’est la cause du tremblement de terre. Encore là, nous connaissons très bien les causes. Dans la majeure partie des cas, c’est la poussée des plaques continentales qui en sont la cause. Nous savons presque avec certitude qu’à l’origine, il n’y avait qu’un seul et même continent (l’Amérique et l’Afrique semblent assez bien pouvoir s’emboîter) dont les plaques ont un beau jour décidé d’aller voir ailleurs, car elles « flottent » à la surface terrestre. Les plaques s’approchent ou s’éloignent, ce qui provoque tensions ou relâchements, c’est cela qui provoque les mouvements responsables des tremblements  de terre. La plaque Africaine avec celle de l’Asie ont tendance à buter contre celle de l’Europe. Elles provoquèrent dans un lointain passé la formation des Alpes. C’est justement vers la Méditerranée et les pays limitrophes que l’on recense les plus violentes secousses en Europe. Il y a bien d’autres endroits dans le monde, la Californie par exemple, mais nous intéresserons dans cette article au sud de l’Europe. Notons en passant que ces « frontières continentales » sont souvent des endroits d’intense activité volcanique et leurs failles permettent au magma de remonter à la surface. Le sud de l’Italie est bien connu pour ses volcans, Vésuve, Etna, Stromboli.


Je ne sais pas si vous avez vécu « en direct » un tremblement de terre, mais il m’est arrivé deux fois d’assister à cela. Ce n’était que de petites ou moyennes secousses, mais c’était déjà assez impressionnant pour imaginer ce que peuvent être des phénomènes plus violent et qui durent longtemps. La première fois vers la fin des années 70, j’étais au lit en train de lire, il était 1h40. J’ai d’abord entendu comme le début d’un coup de tonnerre. Quand il vient de loin, vous entendez un roulement ou un son qui va en s’amplifiant avant d’atteindre son maximum. C’était ainsi, juste le début. Un fraction de seconde après j’ai ressenti une secousse comme si on avait donné un violent coup de pied à mon lit et il y a eu un gros craquement dans la maison. C’est tout, mais comme c’était la nuit et que le silence était total, j’ai plus été impressionné par le bruit que la secousse. La seconde fois, j’étais chez quelqu’un au troisième étage d’une tour. Comme il était 18 heures et qu’il y avait du bruit, j’ai juste ressenti la secousse, une bonne branlée de 5,4 sur l’échelle de Richter d’après le commentaire des journaux le lendemain. Ce fut assez bref, mais les personnes présentes se sont précipitées vers la porte. J’ai toujours la vision d’un aquarium dont l’eau s’est agitée dans tous les sens et a mis au moins deux minutes pour se calmer. La pire chose avec un tremblement de terre, vous ne pouvez pas avoir un sentiment de sécurité. Avec un cyclone, une éruption, une inondation, vous avez un sol sous les pieds, vous pouvez éventuellement vous accrocher à quelque chose, mais là rien. La prévision d’un tremblement de terre est encore très aléatoire, contrairement aux autres phénomènes que l’on peut assez bien prévoir. Les animaux semblent particulièrement ressentir, parfois des heures avant, qu’un séisme va arriver.
Notre ami et visiteur Peter Pan, m’a justement mis la puce à l’oreille dans un commentaire sur un tremblement de terre majeur qui se produisit en 1887. Il concerna l’Italie et la France, mais il fut ressenti dans une bonne partie de l’ouest de l’Europe. Il se classe d’office comme étant une catastrophe de premier plan. Je crois en avoir fait brièvement allusion dans un précédent post, mais je suis parti à la recherche de documents journalistiques pour revenir plus en détail sur cette histoire. Pour ce faire, j’ai parcouru les journaux de l’époque, seule source intéressante à mes yeux. Même s’ils sont subjectifs, ils apportent au moins une certitude, la perception que l’on avait de l’événement au moment où il se produit. Avec le recul, c’est parfois riche d’enseignements.
Nous sommes le 23 février 1887, il est 5 h 41 le matin. La terre se met à trembler autour d’un épicentre situé au large de Imperia et Diano Marina en Ligurie à une soixantaine de kilomètres à l’est de Menton. La secousse est estimée à une magnitude de 6,5 c’est donc un fort tremblement de terre. Il sera ressenti avec des effets atténués à des centaines de kilomètres de là. Dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres, les dégâts sont considérables et le nombres de victimes élevé. On recense plus de 600 morts et plus de 500 blessés côté italien, et 8 morts et une cinquantaine de blessés côté français. Il est facile d’imaginer que la plupart des victimes le furent à cause de la solidité et la vétusté des bâtiments dans lesquels elles se trouvaient et qui s’écroulèrent. Les techniques de construction, spécialement pour les maisons individuelles, étaient un peu laissées à l’appréciation de chacun. L’heure matinale joue aussi un rôle, peu de gens sont dehors et nous sommes en février, il fait nuit. Les secours devaient aussi se borner à quelques moyens rudimentaires peu performants, sans compter les mouvements de panique courants dans ce genre de situation. Par chance, le raz-de-marée qui s’en suivit se limita à des vagues d’une hauteur d’un mètre. Il y eut au moins une réplique assez importante vers 8 heures. Mais partons dans les revues de l’événement.

Commençons par une étude scientifique et des témoignages de personnes très au fait des tremblements de terre, ce qui nous démontre que les séismes étaient déjà très étudiés au 19ème siècle avec une somme de connaissances bien présente. Elle est suivie d’un résumé des observations qui furent faites et des renseignements récoltés dans divers endroits qui mesurèrent et ressentirent la secousse sur les sismographes de l’époque. La ville la plus éloignée du l’épicentre est Zürich, à 400 kilomètres à vol d’oiseau. Il est intéressant de noter la vitesse de propagation des ondes sismiques. C’est un peu comme une vague qui avance sur la mer, sauf que c’est sur ou sous terre, visiblement on était déjà au fait de leur existence. On sait aussi que dans certains cas, des lueurs peuvent aussi illuminer le ciel avant ou au moment où le phénomène se produit, c’est encore très mystérieux et ce n’est pas systématique. Comme nous le voyons les ondes avancent très vite, un peu plus de 2 minutes pour parcourir 400 kilomètres, ce qui est bien plus vite que la vitesse du son, 6 à 7 fois plus vite d’après un bref calcul. Les articles sont cliquables pour une meilleure lecture.

Parmi les journaux commençons par La Croix, d’après le nom on se doute bien qu’il s’agit d’un journal religieux. Il donne un éclairage particulier sur l’événement. La tragédie tombe en plein période du carnaval de Nice, alors on en profite pour rappeler que les joies terrestres sont futiles.

Voyons maintenant à travers à travers La Dépêche, journal de Toulouse, qui donne des informations pour plusieurs villes en quelques mots. Pour autant que ces informations soient exactes, nous voyons que les dégâts sont assez différents d’un endroit à un autre. Les heures données sont assez fantaisistes, mais rappelons qu’à cette époque l’heure n’était pas unifiée en France, chaque ville avait sa propre heure qui consistait surtout à dire qu’il était midi quand le Soleil était au zénith. De plus, on pourrait croire qu’il y a eu une multitude de séismes alors que c’est le même à la base.

Dans Le Figaro, on met en avant l’article d’un témoin direct, il raconte ce qu’il voit et ressent.

Voyons maintenant un journal local en Suisse. Il résume brièvement ce qui se passa en France, mais fait mention du ressenti des secousses, à une distance d’environ 360 kilomètres à vol d’oiseau. Bien qu’elle ne ressemble en rien à l’intensité observée en Italie et en France, le choc est suffisant pour arrêter quelques pendules.

Une vidéo qui résume la catastrophe, un séisme en direct, lumières sismiques

Source, Gallica, BNP, DP. Wikipédia

 

En passant

Bas nylons et des gars de Manchester

*****

Avec les Hollies, un autre acte majeur du British Beat s’engage dans la course aux Beatles. Ils ne parviendront jamais à gagner le match, mais ils marquèrent quelques jolis buts. Il y a bien longtemps, je crois que j’avais acheté l’album « Greatest Hits », je me souviens de la remarque d’une vendeuse du magasin à propos des Hollies: « Il y a des groupes aussi bons que les Beatles, mais qui sont moins connus ». Originaires de Manchester, ils portèrent le flambeau de la ville bien au-delà des rivages de l’Angleterre, notamment les USA à partir de 1966. Ils sont d’une longévité étonnante puisqu’ils existent encore aujourd’hui et remplissent encore des salles dans une formation qui comprend encore deux membres originaux depuis 1963, Tony Hicks à la guitare solo et Bobby Elliot à la batterie. Les autres quittèrent au fil des ans, le guitariste Graham Nash, alla s’accoquiner avec Crosby Stills Nash, le chanteur Allan Calrke parti brièvement et revenu jusqu’en 1999, le bassiste Eric Haydock qui quitta en 1966. A diverses reprises, des anciens reviennent sur scène pour un petit coucou, même un album en 1983. Le style des Hollies n’est pas à l’opposé des Beatles, comme eux, ils travaillèrent les harmonies vocales avec une certaine maestria, puisant à leurs débuts dans le répertoire des chanteurs noirs, ils enregistrent pour le même label. La grande différence reste surtout dans l’absence d’un duo compositeur efficace à la Lennon et McCartney. Ils se mirent sérieusement à la composition en 1965, du moins trois Clarke, Hicks, Nash, et signèrent leur premier album original « For Certain Because » en 1966. Auparavant, une série d’originaux sous la signature collective de Ransford, un peu comme le Hanker et Phelge des Rolling Stones, furent publiés ici et là. Quelques uns de leur hits sont de leur cru, mais une partie fait appel à d’efficaces compositeurs extérieurs comme Graham Gouldman. Pendant une dizaine d’années, il ne quittèrent peu ou pas les meilleures places du hit parade. Allons faire un tour dans cette discographie assez abondante pour repérer les titres secondaires, dont certains ne manquent pas d’une certaine classe. Je vous les propose dans un ordre à peu près chronologique entre 1963 et fin 1966. La suite pourra faire le sujet d’un autre article. Les 3 étoiles *** indiquent que c’est un original composé par le groupe.

***

***

***

Certainement un de leurs titres les plus remuants.

***

Adapté en français par Ronnie Bird, un de ses titres les plus populaires « Où Va-T-Elle? »

***

Il s’agit d’une composition des Hollies, mais sous le pseudonyme de Chester Mann, jeu de mots avec Manchester

Le potentiel de cette chanson, une reprise de Peter Paul & Mary est énorme, ce qui incita certains pays à le publier en single.

***

Un de leurs meilleurs titres de cette période, il fut largement sous-estimé.

Cette chanson est à l’origine un titre des Beatles composé par George Harrison figurant sur l’album « Rubber Soul ». Les Hollies se l’approprient pour le publier sur un single qui sort le même jour que l’album des Beatles en Angleterre. Harrison n’a pas l’air très content de leur version et le fait savoir, une petite guerre s’engage entre les deux groupes. Même si cette chanson fut la première composition d’Harrison à entrer dans le hit parade anglais, ce fut pour les Hollies un des plus mauvais classements de cette période..

***

Bien que cette chanson figure aussi au répertoire des Beatles, la version des Hollies est bien différente, sans doute basée sur celle du trompétiste Herb Alpert.

 

***

​***

Une curiosité jamais publiée à l’époque, les Hollies en français, reprises de leur hits « Look Throug Any Window », et « Were Through ». Noel Deschamps fit une autre adaptation de la première.

Les Hollies live en Suède en 1966, la célèbre chanson des Four Tops.

*****

En passant

Bas nylons et un certain mauvais état d’esprit.

*****

A travers deux journaux datés du 8 juin 1942, l’un Le Matin et l’autre Le Petit Parisien, regardons un peu ce qui se passait en France à cette date. Vous l’avez deviné, il s’agit de presse collaborationniste. En 1942, il n’y a plus de doute, les journaux qui paraissent officiellement se sont engagés dans la collaboration. Je n’ai pas choisi cette date par hasard, il s’agit du premier jour où les Israélites ont l’obligation de porter leur triste étoile, c’est un signe. Les dés sont jetés, on est un peu plus d’un mois avant la célèbre rafle du Vel d’Hiv, en juillet 1942, qui sera en quelque sorte l’officialisation de la déportation. Les journaux collabos n’en feront pas mention dans leur colonnes. Quand on est comme moi intéressé par l’histoire, il n’y a rien de mieux que de se référer aux journaux pour se faire une idée de ce qui se raconte lors d’une période donnée. Il y a aussi les livres, mais le livre est plus caché et pas collé à l’actualité, il faut s’y intéresser pour le lire. Un journal, lui, est lu par par un grand nombre de personnes, d’autant plus s’il est à grand tirage. On peut très bien imaginer qu’en 1942, de nombreux anonymes lisent les journaux. Il y a bien des raisons de s’y intéresser, l’époque est troublée et c’est la guerre, on ne sait pas très bien ce qui se passe ailleurs, ni ce qui pourrait vous tomber sur le dos dès demain par une décision gouvernementale. On peut aussi le lire par simple envie de distraction, elle ne sont pas si nombreuses, bien qu’il existe toujours un semblant de vie sociale, cinéma, théâtre, musées, mais cela tourne un peu au ralenti, c’est l’impression que l’on peut ressentir. A première vue, quand on parcourt un de ces journaux, on remarque qu’il n’est tellement différent de ceux qui pouvaient paraître avant la guerre. Il y a des informations générales, on peut très bien y parler d’un orage de grêle qui aurait ravagé un vignoble, de lire une petite annonce d’Untel qui offre de l’embauche ou du père Léon qui veut vendre une vieille pendule. Les programmes de la radio sont présentés, la météo du jour est mentionnée, il y a toujours une loterie nationale dont on rappelle que les billets sont en vente, que Machin a battu Truc sur un ring de boxe. Cela c’est le côté plaisant, mais dans les pages se glisse une propagande, qui sous prétexte d’information veut diriger votre esprit vers des choses moins riantes. L’actualité internationale relate soit des faits insignifiants, soit des faits plus significatifs qui veulent mettre en avant les exploits du camp soutenu par cette presse, les désastres étant toujours réservés à la partie adverse. Si j’en crois ce que ces journaux collaborationnistes racontent, c’est simple, les forces de l’Axe auraient dû gagner la guerre. Elles ne semblent jamais prises en défaut, ce n’est que batailles gagnées, ou alors s’il devient évident que ce n’est plus trop le cas, on résiste héroïquement en préparant la contre-attaque qui sera bien entendu victorieuse. La politique au niveau des dirigeants, c’est un peu la même chose, il n’y a que des gens qui sont heureux et n’attendent que le moment d’aller soutenir l’action du gouvernement en profitant de le remercier de ses bienfaits. La période de l’occupation c’est bien entendu une puissante vague d’antisémitisme, les journaux ne manquent pas de glisser à charge une nouvelle qui les concerne, tout ce qui arrive est de leur faute, c’est ce que l’on essaye d’inculquer. Je ne sais pas dans la réalité de la France occupée qui, et surtout combien, ont été vraiment dupes de cet état de fait. Il y en a eu c’est sûr, mais je pense qu’une majorité n’avait pas vraiment un avis tranché, une indifférence sans vraie réflexion, me semble un meilleur argument. Dans l’article consacré à l’étoile jaune, il apparaît qu’il n’y a rien d’autre à leur reprocher, sinon d’avoir été des gens comme les autres dont on s’accommodait et dont il faudra se méfier à partir de maintenant puisqu’ils affichent une étoile, c’est une suggestion qui est presque un ordre. La propagande, c’est quelque chose d’insidieux, une tentative de domination des faibles par les forts. Si d’aventure on arrive à faire croire aux faibles qu’ils font partie des forts, on tient le monde à sa merci. Je suis toujours intrigué de savoir comment les gens arrivent à trouver une part d’idéologie dans ce qui relève de la bassesse humaine. C’est évident, nous sommes une multitude de cultures à travers le monde, les us et les coutumes peuvent varier dans de grandes proportions d’un coin à l’autre. Je reste convaincu qu’il n’y a pas de race réellement supérieure, mais je suis persuadé que dans chacune d’elle il y a des bons et des méchants. Il faut juste se faire humble et trouver la belle part. Avec un peu de culture bien orientée, c’est relativement facile. L’idée de la race s’estompe quand on arrive à ressentir ce que l’autre exprime. Quand on écoute un bon vieux blues et qu’on aime, il n’y a pas un Noir en face de soi, mais un musicien. Les Nazis mirent au ban des grands compositeurs de musique classique, on a juste privé les musicologues de concerts qui n’avaient aucune idée de supériorité de race ou d’idéal politique. Si vous fredonnez « Padam Padam » d’Edith Piaf ou chantez « Zorro Est Arrivé » d’Henri Salvador,  savez-vous que vous ce sont des mélodies de compositeurs juifs ? Si vous aimez tant mieux, tout le reste c’est de la connerie, comme en témoignent certains écrits ci-dessous…

Source Gallica, BNP, DP

Bas nylons et des créatures bizarres

*****

Les Zombies furent un des actes majeurs du British Beat. Deux de leurs chansons devinrent emblématiques, « She’s Not There » en 1964 et « Time Of The Season » en 1969. La reconnaissance fut assez tardive, mais elle arriva surtout à partir des années 1980, alors que le groupe n’existait plus officiellement. Le temps d’un album, ils se reformèrent en 1991 mais sans le mentor principal Rod Argent. Ce n’est qu’au milieu des années 2000, que le groupe se reforma et tourna régulièrement enregistrant même du nouveau matériel. Selon les époques et les disponibilités, quatre des membres originaux se produisent lors des concerts, le cinquième Paul Atkinson étant décédé en 2004. Ils sont toujours en activité aujourd’hui.
Comme beaucoup d’artistes la discographie mérite un détour, car elle renferme bien des choses qui méritent un détour. Cerise sur la gâteau ce sont pour une grande partie de fortes compositions originales, signées par l’un ou l’autre membre du groupe. Nous allons parcourir la discographie de la première époque en parcourant les deux albums et la série de singles parus en 1964 et 1969, tout en oubliant les plus connues, ce n’est pas le but de l’exercice, La formation de cette époque est constante et sans changements: Rod Argent, claviers; Colin Blunstone, chant; Chris Paul Atkinson, guitare: Chris White, basse; Hugh Grundy, batterie.

Période Decca : toutes les chansons suivantes sont des créations originales

Période Decca : toutes les chansons suivantes sont des reprises, principalement extraites du premier album sauf la dernière

Période CBS, tous les titres sont des originaux. Rappelons qu’ils furent enregistrés en 1967 principalement pour l’album « Odessey & Oracle ». Les Zombies avaient signé avec CBS, car ils avaient obtenu une totale liberté de création. Cela flirte avec le psychédélique anglais. Cet album qui est passé très inaperçu à l’époque de sa sortie est devenu mythique. Un copie originale anglaise peut dépasser les 1000 euros au marché des collectors.

*****