Bas nylons et une infirmerie

Je ne sais pas ce qu’il adviendra dans cent ans des chansons récentes qui se regardent à coup de millions sur Youtube. Par contre on peut très bien se faire une idée sur celles qui figurent sur des enregistrements qui furent faits dans les années 1920 et qui traversent le temps en étant arrangées de mille manières et qui résistent très bien à l’usure du temps. Il est parfois très difficile de situer les origines de certaines chansons, car si elles ne sont pas le fait d’un compositeur connu avec un copyright déposé, elles peuvent avoir diverses origines et remonter très loin dans le temps. C’est assez facile pour de vieilles chansons ou musiques qui furent créées en Europe, car il a toujours plus ou moins existé un archivage ou une page d’histoire qui a retenu le nom des compositeurs. C’est assez évident pour les artistes qui se firent un nom dans les cours royales sous la protection d’un roi mélomane. Même si elles datent du 17ème siècle, les oeuvres de Rameau ou Couperin sont encore clairement identifiées aujourd’hui. Les problème est un peu différent aux USA, nombres d’immigrants dès le début de la colonisation amenèrent avec eux une partie de leur folklore. C’est très évident dans le folk US, nombre de chansons ont des origines européennes et furent transformées au fil du temps. Par exemple, on retrouve les tyroliennes dans certains titres, ce qui n’est pas à proprement une couleur très locale.

La chanson dont nous allons nous occuper dans ce post est l’une d’entre elles. Comme pour « Le Pénitencier », on en retrouve des traces bien avant sa mise en lumière, probablement un ou deux siècles auparavant. Les paroles, ainsi que la musique, furent soumises à la bonne volonté de celui qui la chantait et qui la tenait d’un autre qui l’avait déjà entendue ailleurs. Elle gagnera une première forme définitive quand elle sera enregistrée avec un procédé sonore, ce qui ne l’empêchera pas d’évoluer vers d’autres styles et jouée avec d’autres instruments. Le fameux « Pénitencier » prendra sa forme définitive avec la version des Animals. Elle existe bien avant sur d’autres enregistrements, mais cela sonne assez différemment, et en plus le fameux jeu de la guitare est absent et il est pour beaucoup dans son succès.

Il ne me reste plus qu’à vous donner le nom de la chanson, « St James Infirmary », que Louis Armstrong grava sur disque en 1928. C’est la version qui est à l’origine de tout ce qui suivra. Mais il ne fut pas le premier à l’enregistrer, une version assez différente, mais à peu près identique au niveau des paroles, vit le jour l’année d’avant par Fess Williams and his Royal Flush sous le titre « Gambler’s Blues ». Pour les historiens, la base de la chanson remonte à un folk irlandais « The Unfortunate Lad » datant du 18ème siècle. Mais les Noirs avaient l’habitude de s’approprier des chansons blanches pour les arranger à leur manière, ici un jazz New Orleans teinté de blues. La question du copyright a toujours été en discussion, mais elle est habituellement attribuée à Joe Primrose, bien qu’elle fasse partie du domaine public. Le thème de la chanson est triste, un joueur qui vient voir sa femme en train de mourir dans l’infirmerie d’un hôpital.

Pendant longtemps, elle fut jouée à la manière d’Armstrong et ne cessa d’être reprise par une multitude d’artiste très connus, comme Cab Calloway qui eut pas mal de succès en 1933, avec sa version comme sonorisation d’un dessin animé de Betty Boop où il est caricaturé. Dans les arrangements tendant vers l’abandon de la version jazz, le folk, le beat  et la pop sont à l’honneur, bien que pas mal de musiciens gardent une interprétation proche de ses origines.

Encore une fois, c’est une chanson dont il est presque impossible de ne pas l’avoir entendue une fois ou l’autre. Les versions se comptent pas milliers, certaines sont appréciées, d’autres moins. Même si parmi ces versions aucune ne fut un succès de hit parade international, globalement les ventes doivent se chiffrer en millions. Mais voyons quelque versions…

La première version historique,  Gambler’s Blues,1927

La version de Louis Armstrong, 1928

Harlem Hot Chocolates avec Duke Ellington, 1930

La version dessin animé Betty Boop de Cab Calloway, 1933

La merveilleuse version folk par un des plus grands chanteurs du genre, Cisco Houston, 1958

Version rockabilly, Don Sargent, 1958

La version beat du groupe hollandais, Johnny Kendall & The Heralds, un gros succès en Hollande, 1964

Adaptation française par Eddy Mitchell « J’avais Deux Amis », 1965

La version qui a sans doute inspiré celle d’Eddy Mitchell, les Cop’s N’ Robbers, 1964. Le monsieur tout à gauche sur la photo me ressemble beaucoup quand j’étais plus jeune

Version blues, Alex Harvey, 1964, son pas top

La magnifique version de Colette Magny, 1965

Fameuse version pop, Eric Burdon & Animals, 1968

Très bonne version de Joe Cocker, 1972

Eric Clapton et Dr John en concert,  1996

Version récente par les White Stripes sur le clip de Betty Boop

Hugh Laurie, acteur mais aussi musicien

Bas nylons et une chanson en cinq

Le pouvoir d’une chanson ne peut pas se mesurer d’avance, même les spécialistes se trompent facilement. Le fait qu’elle obtienne un succès modéré à sa publication, ne constitue pas un obstacle pour son entrée dans la mémoire musicale. Parfois une version enregistrée plus tard par un autre artiste, ou un événement particulier peut la projeter dans la lumière. Rappelons-nous du succès de la pub pour Nescafé, emprunté à un obscur groupe folklorique sud-américain. Un atout non négligeable pour sa postérité reste dans le fait qu’elle plaise aux autres artistes, qu’ils en fassent une nouvelle version, qu’ils la chantent sur scène, ou qu’ils la citent comme source d’inspiration. Nous avons vu récemment quelques chansons qui sont des records de ventes, mais dans le foulée il faut bien constater que certaines ne sont pas spécialement devenus des standards, juste des chansons que l’on connaît par le créateur du succès, plus que par un nombre conséquent de reprises. La chanson dont nous allons parler figure dans celles qui n’ont pas obtenu un succès magistral à sa sortie, qui n’a depuis cessé d’avoir été constamment remise à bien sauces, et que finalement et c’est le plus important, tout le monde la connaît sans même pouvoir citer l’interprète ou le titre. Que cela nous plaise ou non, on se souviendra de l’avoir entendue.

Le jazz n’est pas particulièrement une musique où les artistes peuvent prétendre avoir une chanson qui s’est vendue à des millions d’exemplaires. L’album, le 33 tours, constitue le support le plus fréquemment employé, la publication en 45 tours est plus anecdotique, mais pas inexistante. Il faut justement un succès potentiel plus ou moins grand pour que cela se produise. Les programmateurs radios au temps du vinyle ont toujours pris le 45 tours comme référence, les maisons de disques ont pratiquement toujours utilisé ce support pour la promotion, même si un album existait. On misait sur ce qui semblait le plus à même de faire un hit. Par ailleurs pour le jazz, le durée des morceaux devait être prise en considération et ne pas excéder la durée d’une face environ 7 minutes pour celle d’un 45 tours. Au contraire de ce qui se fait aujourd’hui, on adorait les disques plutôt courts, car cela permettait d’en diffuser plus via les radios, tout le monde était gagnant.

Il s’agit bien d’un disque de jazz qui nous intéresse ici, il mélange assez bien un peu tous les paramètres de mes considérations précédentes. Il fut créé sur une idée peu employée dans le jazz, insuffler dans la musique des changement de tempos et de mesures. L’album fut intitulé « Time Out » et publié en 1959 et la chanson « Take Five ». Publié en 45 tours faisant suite à l’album, il dut attendre 1961 avant de connaître le succès en se classant assez modestement vers les vingt premières places du hit parade américain. Mais la machine était lancée, elle ne s’arrêtera jamais et le disque deviendra la meilleure vente d’un 45 tours de jazz de tous les temps et enclenchera un succès planétaire. Le compositeur en est le saxophoniste du groupe, Paul Desmond. A sa mort en 1977. il légua ses droits d’auteur à la Croix Rouge américaine, ce qui leur a rapporté depuis quelques millions de dollars.

Le squelette de la mélodie peut se décomposer ainsi : des accords de piano répétitifs, un saxophone assez blues et mélodique, une rythme de batterie tout en souplesse et en roulements. L’originalité vient de la mesure composée de cinq noires, qui inspire son titre. Le résultat est immédiatement accrocheur, et comme tout bon disque de jazz, il s’étale un peu en longueur, dépassant les cinq minutes. Pour certaines publications, la durée fut ramenée à un peu plus 3 minutes, en coupant la partie où la batterie dialogue avec le piano.

Première édition française, US Columbia était alors distribué par Philips, ici sous sa sous-marque Fontana, avant que cela passe chez EMI sous label CBS, ce qui sera le cas pour les éditions postérieures à celle-ci.

A sa sortie le disque fut passablement égratigné par les puristes du jazz. Le succès de 45 tours aida passablement à la découverte et hissa deux autres titres à la notoriété, « Blue Rondo A La Turk » et « Three To Get Ready », inspirés de morceaux de musique classique, qui peuvent presque prétendre au même statut, celui d’être inscrit dans la mémoire de nombreux passants de la rue. En France, Claude Nougaro, grand fan de Brubeck, les popularisa vocalement à sa manière en les transposant en « A Bout De Souffle » et « Le Jazz Et La Java », des succès pour lui.

Le jazz de Brubeck est une approche soft de cette musique et son titre fétiche n’y fut pas pour rien, c’est cool et plaisant et certainement cela vous mènera vers des découvertes étonnantes, le jazz est une musique aux milles facettes.

La version studio longue

Une version en live

La version de Richard Anthony, à ma connaissance la première version vocale

Par les Spotnicks parmi leurs premiers enregistrements

La version décalée d’Al Jarreau

Une version reggae

Version bluesy

Version hard

Version latino

Une autre version française

Ambiance japonaise, intéressant

Bas nylons, potins de pellicules et puritanisme

Ciné France fut une de ces nombreuses revues qui s’intéressa au cinéma durant les années 1930. Revue plutôt généraliste, mais qui ne dédaignait pas prendre en compte un cinéma plus intellectuel. Comme dans beaucoup de revues axées sur le cinéma, on y retrouve les petites histoires qui concernent les stars et aussi quelques potins dont tous les lecteurs sont friands, pour autant qu’une vedette en soit l’acteur. Je vous ai sélectionne quelques articles qui offrent une idée de son contenu. J’ai spécialement extrait un article qui concerne un film assez intéressant, mais un peu oublié aujourd’hui, « Le Puritain » de Jeff Musso, sorti en 1938. Ce film est adapté du même roman dont John Ford tira le scénario du « Mouchard » en 1935 avec Victor McLaglen. L’auteur du roman, l’Irlandais Liam O’Flaherty, lui-même cousin de John Ford, est venu sur le plateau du tournage et collabora en direct avec Musso.

L’histoire se déroule dans une ville qui n’est pas nommée et les protagonistes ont tous de noms irlandais, mais nous n’avons pas de peine à imaginer que cette ville c’est Paris, tellement la gouaille des dialogues font qu’il est difficile de se figurer qu’elle se déroule à Rome ou a Berlin.

Plot extrait de wikipédia: en apparence au nom du fanatisme catholique, un journaliste (Jean-Louis Barrault) assassine une femme aux mœurs légères et tente de faire accuser l’amant de celle-ci ; en vérité, il s’agit d’un crime passionnel motivé par un sentiment de dépit. Pierre Fresnay joue le rôle de l’inspecteur de police qui patiemment mène l’enquête. Le meurtrier se fait subtiliser un document compromettant par un fonctionnaire de police après avoir erré dans les rues chaudes de la ville, il avoue son crime avant de sombrer dans un état de démence.

Pour un film qui est un peu rentré dans l’ombre, on ne peut pas donner la faute à la distribution, car elle est assez admirable. Outre Pierre Fresnay déjà auréolé d’une certaine gloire, c’est surtout un des premiers rôles marquants pour Jean-Louis Barrault, parfait dans ce rôle d’hypocrite. Comme bien des acteurs essentiellement tournés vers le théâtre, il trouve un rôle à sa mesure dans ce film. On retrouve également la belle Viviane Romance et son mari d’alors, Georges Flamant, dont on se souvient comme le proxénète dans « La Chienne » de Jean Renoir. Il a bien évidemment un rôle de gars du milieu, sa spécialité, dont un critique avait dit qu’il n’avait pas trop besoin de se forcer pour jouer ce genre de rôle. A noter une apparition de la grande Fréhel et aussi celle de jean Tissier, un savoureux acteur aux rôles excentriques.

Le film obtint le pris Louis-Delluc à sa sortie. Par son histoire pas trop morale, elle choqua les Américains et le film fut interdit dans certains états. Sûrement que les flingues n’étaient pas de marque américaine, il n’en faut pas plus pour choquer certains esprits puritains, comme celui du film.

Une interview de Jean-Louis Barrault à propos de ce film.

http://www.ina.fr/video/I05005881

Extraits de Ciné France

 

Sources Gallica, BNP, DP

Bas nylon et une chanson qui est là

Avoir du succès avec une chanson peut prendre une saveur différente selon les conditions dans lequel il se produit. Il y a aussi souvent un chemin parsemé d’embûches pour y parvenir. Nous allons examiner avec attention tous ces petits détails. qui amèneront une bande de jeunes musiciens dont les 4/5 sont mineurs, au moment inespéré où la fusée qu’ils ont lancée se trouve à la première place du hit parade américain.

La belle histoire prend concrètement forme en Angleterre pendant 1963 dans la grande banlieue de Londres à St Albans. De jeunes fans de musique s’entraînent dans un local attenant à un presbytère. Ils sont plutôt bons et se sentent aptes à se présenter à un concours d’amateurs. Ils remportent le premier prix. La récompense est une option pour enregistrer un disque chez Decca. L’homme orchestre de la bande est le pianiste, il a même écrit une chanson, dont il ne fait à ce moment là pas grand cas. C’est un fan de Gershwin et voue une admiration non dissimulée à son fameux « Summertime ». Il pense imposer cette chanson pour l’enregistrement, mais la production est d’un avis différent, on lui conseille se concentrer  sur la chanson qu’il a écrite et finalement c’est celle-ci qui est mise à l’honneur.

Les érudits auront grâce à cette introduction, déjà mis un nom sur le groupe et un titre sur la chanson. Mais oui, ¨c’est bien ce nom de groupe un peu bizarre pour l’époque, les Zombies. Cette chanson qui va devenir un grand classique des sixties et de la musique en général, c’est « She’s Not There », qui sera retenue pour figurer dans la listes des 500 meilleures chansons de l’histoire de la musique. Tom Petty par ailleurs a raconté une belle anecdote sur ce disque : « j’étais en train de prendre mon petit-déjeuner lorsque que j’ai entendu pour la première fois cette chanson à la radio. J’ai en effet pensé que c’était de la musique de zombies. »

Le disque sort vers la fin 1964 et est assez modestement accueilli en Angleterre où il se classe quand même 12ème. Mais c’est aux USA, que la magie opère le mieux. Publié sous licence par les disques Parrot, il commence à être diffusé par les radios et grimpe irrésistiblement dans les charts. Il occupe finalement la première place au Cashbox et la deuxième au Billboard. Il va sans dire que le groupe débarque sur place et l’on peut s’imaginer dans quel tourbillon ces quatre jeune musiciens sont emportés, un seul est majeur, et même si les Beatles commencent a y être habitués, pour eux c’est du délire.

Rod Argent, le compositeur et claviers du groupe, raconte qu’il s’est inspiré d’une chanson de John Lee Hooker pour les paroles. Pour le reste, il a essayé de se coller au mieux à la tessiture de la voix assez particulière, je lui ai toujours mis le qualificatif de fantomatique (c’est moi qui parle), du chanteur Colin Blunstone. Musicalement, c’est l’approche d’un style qui sera en vue plus tard, le jazz rock. le son du piano électrique en est une vision. Le titre se démarque passablement de ce que les groupes en pleine Beatlemania avaient l’habitude de faire, la démarche musicale des Zombies restera toujours particulière tout au long de leur carrière. Le fameux hit existe en deux versions. La version d’origine est celle qui figure sur la plupart des albums et des rééditions en stéréo. Pour la publication en single et en mono, Ken Jones le directeur musical, demanda au batteur de rajouter des frappes de batterie sur l’enregistrement, lui donnant un couleur plus brute, plus nerveuse. Pour moi, c’est la version la plus intéressante, c’est d’ailleurs celle qui conquit le coeur des teenagers. Avec l’habitude de l’écoute, l’autre version semble plus fade. Pour ma part, j’ai toujours considéré qu’elle faisait partie de mes dix chanson préférées, avec un nombre d’écoutes en rapport, je ne m’en lasse pas.

Publication française EP, 1964

Cette chanson est une de celles qui reviennent régulièrement dans le répertoire d’autres artistes, comme pas mal d’autres enregistrées par les Zombies, mais c’est la plus courue. Les reprises suivent d’assez près la version originale. L’avantage est qu’elle est assez facilement transposable dans d’autres styles. En 1967, Vanilla Fudge en fait une version psyché sur son premier album. Les groupes Litter et Road en feront de même. En 1969, sous le pseudonyme de Neil Mac Arthur, Colin Blunstone l’adapte en pop et obtient un succès modéré. Il l’enregistrera également en version italienne.  Santana en fera un nouveau hit en 1977 dans une reprise dont il a la manière, sinon le secret. Plus récemment la chanson servit de bande musicale pour une pub Chanel, cartonnant sur Youtube. Il y a deux adaptations françaises, la première par Noël Deschamps fin 1964, très belle reprise. Il fit également une version italienne « Ma Non E Giusto », qui servira au niveau paroles pour celle de Neil Mac Arthur. Elle est aussi reprise par les groupes italiens I Kings et Peter Lui et I Morlocks. Le seconde est la reprise par Pussycat de celle de Noël Deschamps pour les paroles, mais de Neil Mac Arthur pour l’arrangement. J’imagine qu’il doit y en avoir des d’autres langues, mais j’en connais en allemand et en espagnol.

Clip version originale mono en playback

Version originale sans le rajout des frappes de batterie

L’adaptation de Noël Deschamps

La version de Vanilla Fudge, 1967

Version allemande 1965, écoutez-bien la voix, c’est celle du futur chanteur de Los Bravos (Black Is Black)

La version de Litter en 1968, superbe!

La reprise de Neil Mac Arthur alias Colin Blunstone, 1969

La version de Pussycat, 1969

La reprise de Santana, 1977

L’excellente reprise de Nick Cave et Neka Case, dépoussiéré mais sans excès

C’est même possible en version symphonique

En jazz aussi

Rod Argent aux claviers et chants avec un certain Ringo Starr à la batterie

Pas mal

Clip récent avec tous les membres originaux sauf Paul Atkinson décédé en 2004, et un batteur en plus

 

 

Bas nylon et un film sous forme de gros caillou

De tous les films qui annoncent des catastrophes à l’espèce humaine, il y en a un grand nombre qui relèvent plus ou moins de la fantaisie. En 1979, le réalisateur Ronald Neame nous en propose un qui est pas tout à fait une catastrophe relevant de la fiction, il s’agit de Meteor. En effet ces charmants cailloux qui se baladent dans l’espace viennent de temps en temps nous dire un petit bonjour en passant à quelques millions de kilomètres, c’est à dire plutôt près. On sait que par le passé quelques-uns on fait mieux, ils se sont écrasés sur la Terre. Le célèbre Meteor Crater en Arizona en est un exemple. Il fait une moyenne de 1300 mètres de diamètre pour 190 mètres de fond. Le météorite en cause avait environ 50 mètres dans sa plus grande dimension. Pour bien se représenter la chose, imaginez que vous laisser tomber un gravier dans l’eau, vous verrez que l’impact qu’il crée à la surface de l’eau est bien plus grand que sa taille. Un météorite qui s’écrase produit le même effet, sauf qu’il est beaucoup plus lourd, arrive beaucoup plus vite, et va s’enfoncer selon la résistance du sol à l’endroit où il tombe. Tout en créant une onde comme sur l’eau, mais qui restera car le sol n’a pas la même propriété que l’eau, celle d’égaliser l’impact en reprenant sa forme initiale. On soupçonne également qu’un météorite est responsable d’avoir couché la forêt dans un rayon de 20 kilomètres en Sibérie centrale en 1908. Contrairement à celui de l’Arizona, il se serait complètement désintégré avant de toucher le sol, causant néanmoins une onde de choc.

Plot : le film nous entraîne dans une histoire semblable. Un météore, mais alors un très gros, devrait entrer en collision avec notre planète dans un délai assez bref, et risque de faire beaucoup de dégâts. Les Américains étudient la possibilité de le désintégrer avec des bombes nucléaires. C’est réalisable, mais il faudrait que les Russes donnent un coup de main avec leur armement atomique. Encore faut-il qu’il  admettent qu’il en possèdent un. Commence alors un balai diplomatique contre la montre, tandis que des signes précurseurs sous la forme de quelques bolides qui sont l’avant garde du météore, s’écrasent en divers endroits de la planète causant des catastrophes diverses.

L’histoire est très bien ficelée, ne nous laissant pratiquement pas de répit jusqu’à la dernière minute. De plus, c’est un balai de stars et d’acteurs prestigieux qui apparaissent au fil des intrigues. Sean Connery, Henry Fonda, Karl Malden, Trevor Howard, Martin Landau, Brian Keith, Nathalie Wood. Les effets spéciaux sont sans doute un peu moins spectaculaires que ceux de 2018, mais cela passe comme une lettre à la poste. Un bon film sur le sujet, qui affûte la conscience de l’homme sur ce que nous sommes réellement, des naufragés sur un canot pneumatique en plein milieu de l’océan.

Distribution

  • Sean Connery (VF : Jean-Claude Michel) : Dr Paul Bradley
  • Natalie Wood (VF : Nathalie Nerval) : Tatiana Nikolaevna Donskaya
  • Karl Malden (VF : André Valmy) : Harry Sherwood, NASA
  • Brian Keith : Dr Alexei Dubov
  • Martin Landau (VF : Jacques Thébault) : Major General Adlon
  • Trevor Howard (VF : Serge Nadaud) : Sir Michael Hughes
  • Henry Fonda (VF : René Arrieu) : Le Président des États-Unis
  • Joseph Campanella (VF : Robert Party) : Général Easton
  • John Findlater (VF : Bernard Murat) : L’Astronaute Tom Easton, fils du général
  • Katherine de Hetre (VF : Annie Sinigalia) : Jane Watkins
  • Bo Brundin (en) (VF : Philippe Ogouz) : Rolf Manheim
  • Roger Robinson (en) (VF : Sady Rebbot) : Bill Hunter

 

Pas vraiment une catastrophe, mais un bel orage vers Lugano en Suisse filmé depuis le Monte Brè

Bas nylons et une chanson qui sent le souffre

 

Certaines chansons mettent des années pour arriver à la notoriété. Il faut un petit tour de magie pour qu’elle devienne un standard et de ce fait placer son créateur au rang de star. Pour l’une d’entre elles, « I Put A Spell On You », nous allons un peu nous attarder sur son parcours sinueux et son créateur pour le moins fantasque. Elle fait partie aujourd’hui de ces chansons que tout le monde connaît pour l’avoir entendue dans une version ou dans une autre.

Pour une chanson devenue célèbre, elle ne manque de rien sauf sans doute une année d’enregistrement précise, vers 1956 année de sa première publication en disque sur le label Okeh, son créateur entretenant un certain mystère autour d’elle. Il prétend même qu’il ne se souvient même pas de l’avoir enregistrée. Plus certain est que le créateur et compositeur est un personnage mythique et assez farfelu, séducteur, musicien accompli, Screamin’ Jay Hawkins. On voulut le lancer sur les traces de Fats Domino, mais il se démarqua bien vite de cette étiquette. Il fut un des premiers a enregistrer des chansons qui parlaient de magie noire, de vaudou et autres sorts peu enviables. Son show était un véritable spectacle tournant autour de ces thèmes, une sorte de film d’épouvante version théâtre. La chanson ne fut pas un succès à sa sortie et resta même plutôt dans l’ombre pendant quelques années, malgré sa publication dans nombre de pays, la France y compris. En 1965, Alan Price quittant les Animals, montait son propre orchestre Alan Price Set. A la recherche d’une chanson forte, il découvre la chanson de Hawkins que Nina Simone avait enregistrée récemment. La débarrassant du côté morbide de l’original, pour en faire une chanson d’amour poignante. Alan Price l’enregistre pour en faire un succès au grand dam de Nina Simone, dont les Animals avaient déjà fait de son « Don’t Let Me Be Misunderstood » un hit mondial. Le traitement de Price crée une ambiance qui s’approche assez de la musique religieuse. Ainsi mise en lumière la chanson devient vite la proie de plusieurs artistes du moment qui l’enregistrent aussi, les Animals, Manfred Mann, Them. Depuis il ne se passe pas une année sans qu’une nouvelle version voie le jour. Au fil des ans, Nicoletta (en français), Audience, Arthur Brown, la grande version de Creedence Clearwater Revival, et tant d’autres en font un succès permanent.
Screamin’ Jay Hawkins l’enregistre aussi en 1967, entre autres, dans une mouture plus nerveuse que son original. On la trouve aussi au générique de plusieurs films. De son statut de chanteur connu d’une minorité branchée, il devient une star de carrure internationale, ce qui lui permettra de parcourir le monde entier jusqu’à sa mort en 2000. On se souvient d’un mémorable passage à la tv française avec Serge Gainsbourg, l’un de ses grands fans, déconnant à plein tubes sur un autre titre fameux de Hawkins, « Constipation Blues ».

Première publication en France 1957, 2 titres dont « I Put A Spell On You »

La publication de la nouvelle version de 1967

La version originale

Le version d’Alan Price Set, celle qui la mit vraiment en lumière

La version de Nina Simone, très classe mais qui ne pouvait guère attirer la jeunesse de 1965, le jazz était quelque chose de plutôt ringard pour les teenagers. Maintenant elle passe beaucoup mieux.

La version de Creedence Clearwater Revival, sans doute celle que j’ai le plus écoutée

La version de Nicoletta, toujours cette peine dans les studios français de créer une ambiance

La version 1967 du créateur, plus dans la veine R’N’B très en vogue à l’époque

Sans doute un des plus belles versions, par le groupe Audience

Et pour terminer un clip plus récent avec le créateur, succulent!

Bas nylons et sport sur un rocher aux reflets d’argent

Depuis le seconde moitié du 19ème siècle, Monaco est un endroit qui a toujours fleuré bon le fric. Au casino des fortunes se sont faites et surtout défaites. Il est vrai que l’endroit ne manque pas d’un certain charme, bercé par une température clémente et un soleil très présent. A un touriste qui s’inquiétait du prix d’une nuit à l’hôtel, on lui répondit qu’à Monaco la nuit on sort. Le Général qui n’avait pas toujours de la sympathie pour Monaco déclara en 1962 : si Monaco nous emmerde, on fait un blocus, rien de plus facile, il suffit de deux panneaux de sens interdit, un au cap d’Ail et un second à la sortie de Menton.

Ils ont le chic pour organiser tout au long de l’année des manifestations à n’en plus finir, le bal de ceci, le festival de cela. Il ne manque que la quinzaine du poivron farci et le festival des montres qui retardent, mais ça viendra. Quand on inventera la machine à voyager dans le temps, nul doute que le premier départ se fera sur le Rocher. Malgré tout, dans le domaine sportif, ils ont toujours fait preuve d’une certaine innovation pour en faire un événement mondain. Le fameux rallye et les nombreuses joutes sportives étaient et sont toujours un produit d’appel, pour venir étaler sa fortune en partageant l’esprit sportif avec celui des gens du monde. Il y a en gros une centaine d’années, quelques montagnes de billets de banque s’évaporèrent en vapeurs d’essence pour la joie des plus humbles, toujours prêts à applaudir et à admirer plus riche qu’eux.

Soulignons que malgré tout, une mouvement citoyen déplore la qualité de la vie à Monaco, devenu un sujet sensible. On arrive gentiment à saturation. Les gens qui viennent travailler dans la principauté se trouvent quotidiennement pris dans de monstres embouteillages, causant des retards au travail et un stress fréquent, sans parler de la pollution. Côté transports publiques, ce n’est guère mieux. Monaco a financé à hauteur de 50 millions, l’achat de cinq rames de train TER supplémentaires, afin qu’un train amène et reprenne les travailleurs toutes les 15 minutes aux heures critiques Dans la réalité, la SNCF peine à assurer cette cadence régulière, ce qui ne manque pas de fâcher les Monégasques qui dépendent de la main d’oeuvre externe. Le gouvernement monégasque ne nie surtout pas les problèmes et même un article exhaustif dans la revue Monaco Hebdo y est consacré. Il va jusqu’à souligner que les nombreuses manifestations organisées en principauté sont autant de sujets qui prêtent à la critique. On étudie plusieurs pistes, jusqu’à envisager l’interdiction de circulation aux véhicules qui ne sont pas munis de plaques monégasques à certaines périodes. Même si Monaco peut paraître ambigu pas certains de ses côtés, il sait faire son autocritique et même s’honorer d’être une démocratie à l’écoute de ses citoyens.

Heureusement pour nous qui n’étions point présents au temps où l’air était pur, il nous reste quelques belles vieilles photos en souvenir.

La voiture Lorraine-Dietrich de Paul Meyan, conduite par le chauffeur Emmanuel Piccolo, vient d’effectuer la montée de Monaco à La Turbie par le chemin muletier des Moneghetti, le 10 avril 1908. La voiture Lorraine-Dietrich de Paul Meyan, conduite par le chauffeur Emmanuel Piccolo, vient d’effectuer la montée de Monaco à La Turbie par le chemin muletier des Moneghetti, le 10 avril 1908.

En vue de Monaco : M. de Soriano et M. de Canalejos, ambassadeur d’Espagne, 1911.

Rallye automobile de Monte-Carlo : Commandant Alex Berlesco sur Chrysler, 19326-04-07, le glisseur Lambert, 1907

 Monaco : championnat de la mer, 1909

Meeting de Monaco : canots : Sunbeam Despujols moteur Sunbeam Coatalen 64, 1920

Meeting de Monaco : 1er jour de course : le « Socram 1er, 1913

Rallye automobile de Monte-Carlo : vérification des voitures à l’arrivée, 1932

Le match Carpentier – Sullivan, vue générale du ring et de la foule, 1912

Sources Gallica, BNF, DP