En passant

Bas nylons et vinyles en fusion (29)

La présentation de cette série se trouve ici

Commentaires pour ce volume 7 – Toujours des artistes assez obscurs, mais cette fois-ci ce sont des titres originaux dans l’ère du temps. Il y a deux titres que je n’ai pas trouvés, mais qui étaient justement des reprises assez conventionnelles. Les clips ne sont pas toujours d’une qualité excellente et les équilibrages entre les volumes peuvent passablement différer. J’ai fait au mieux.

V.A. – 60’s Italian Beat Resurrection! vol 7 – Destination X Records – TRR 33020 – Italie 90’s

Gli Elementi – Vivere E Amare

Gli Elementi – Chi Sei 

Kolmans – Ballata Di Un Giorno

Apaches – Se Ci Sei

Bumpers – Bumper To Bumper

Gli Ergastolani – Per Un Mondo Migliore

Gianni Legler & Brothers – Io Ti Dico Vai 

Ciros – Un Tipo Come Te 

Phytons – Non Sono Affari Tuoi

Delfini Di Siena – L’ora Della Verità

Fabos – I’m In Love

Rapsodi – Un Addio

Anime Dannate – Che Mondo

Cactus – Ci Sveglieremo Morti

Documents

J’en ai déjà parlé ailleurs, mais parmi les formations anglaises qui connurent un certain succès en Italie, il y a aussi les Sorrows. Il prirent la peine d’enregistrer une version italienne de leur titre le plus célèbre « Take A Heart ». Cela déboucha sur une certaine réputation au point qu’un album fut même publié, équivalent de l’album anglais mais avec une pochette différente. Le chanteur, Don Fardon, retourna en Angleterre et trouva un succès personnel. Le reste du groupe resta en Italie et continua de rencontrer passablement de succès, mais avec un style moins original, parfois des titres chantés en italien et reprises de succès anglais. Un second album verra le jour en 1969 et constitue aujourd’hui une belle rareté. Finalement la formation fut dissoute et les membres retournèrent en Angleterre.

Quelques aperçus de leur carrière italienne

Mi Si Spezza il Cuore, la version italienne de « Take A Heart » sur le playback de la version anglaise

Vivi, la version italienne de « Baby », avec un accompagnement différent

Mi Si Spezza il Cuore, en vrai live. Don Fardon est déjà parti (1966)

Le clip suivant, enregistré en Italie, montre qu’il y avait deux formations qui avaient le même répertoire dont « Take A Heart » et « You Got What I Want », qui tournaient en Italie, les Sorrows et Boys Blue. Ce n’est pas un hasard, car ils avaient le même producteur, Miki Dallon. Il est aussi le compositeur des deux titres. Les enregistrements de Boys Blue sont antérieurs à ceux des Sorrows. Comme producteur indépendant, il réussit à faire publier les deux titres par His Master’s Voice. Devant l’insuccès obtenu par ce single, il confia alors « Take A Heart » aux Sorrows qui réussirent à la faire entrer dans les charts anglais et leur fera enregistrer « You Got What I Want » sur un single suivant. Même si les versions des Sorrows sont plus attirantes, celles de Boys Blue sont loin d’être déplaisantes, mais plus lentes, plus « cuivrées » avec la présence d’un saxophoniste. C’est le seul disque de Boys Blue qui se sépara rapidement. La reprise que fit Larry Greco de « You Got What I Want » (Comme Au Poker) est inspirée de celle de Boys Blue.

You Got What I Want

Take A Heart

La France n’a pas le monopole du disque de collection. Il existe ailleurs et même dans des quantités qui peuvent laisser la France loin derrière. Il n’y a pas de formule magique pour qu’un disque devienne un collector. Un des critères pour qu’il le devienne, c’est la rareté multipliée par son attrait pour les collectionneurs. Parmi les artistes, il faut distinguer ceux qui arrivent à franchir la porte du collectionneur, certains ne le sont peu ou pas, d’autres s’installent volontiers dans les discothèques personnelles. Ces critères sont très subjectifs, mais il est certain qu’il y a des disques qui atteignent des fortunes et d’autres dont on a de la peine à se débarrasser pour des sommes très modiques. Des artistes inconnus peuvent avoir des publications qui s’arrachent à prix d’or, tandis que des célébrités sont boudées par les collectionneurs. Nous allons nous promener régulièrement parmi certains de ces collectors internationaux dont vous ne soupçonnez peut-être pas l’existence, mais qui sont souvent des pièces qui se négocient à bon prix. Pour les albums je me contenterai d’un ou deux exemples et pour le reste l’intégralité des titres si disponibles sur Youtube. Vous ferez certainement des découvertes.

The Rattles – Germany single

Encore un de ces cafouillages de maison de disques qui fabrique les collectors. Le fameux Star-Club de Hambourg est mondialement célèbre depuis que les Beatles firent une partie de leurs classes en ce lieu. La réputation du club allant grandissante, Philips décide de créer un label qui emprunte son nom. Dans le catalogue on trouve surtout des artistes qui ont une connexion directe avec le club pour s’y être produit sur scène au moins une fois. Ce n’est pas toujours possible, car souvent les artistes ont un contrat avec une autre maison de disques, Chuck Berry, Bo Diddley, Johnny Kidd par exemple. Parallèlement, il y a des artistes qui se produisent sur scène, mais qui sont en rupture de contrat ou sans contrat. Ce sont ces artistes qui seront recrutés si le label estime qu’ils sont intéressants. C’est ainsi que des artistes anglais auront une discographie uniquement ou essentiellement allemande. à côté d’artistes qui sont plus locaux. Pendant cinq ans, le label publia près de 200 singles et quelques albums. Les premières dizaines de singles sont emballées dans des pochettes assez semblables avec un recto au fond bleu, un guitariste dessiné et le logo du club. Au verso figure dans la plupart des cas, une photo de l’artiste. La rareté qui nous intéresse ici concerne les Rattles, le plus célèbre groupe allemand des sixties. En 1965, un single est publié avec dans un premier temps, la pochette traditionnelle à fond bleu. Juste après, le disque est emballée dans une pochette avec cette fois-ci les Rattles en photo. Le numéro de catalogue est identique. La première publication, bien que visuellement moins intéressante est celle que les collectionneurs recherchent, c’est même une des pièces les plus recherchées de leur discographie. Si on peut trouver la seconde édition pour quelques euros, il faut s’accrocher pour la première et y mettre le prix.

UK 1965 – The Rattles – Star-Club Records – 148 541 STF Meilleure enchère sur Ebay 380 euros

Stopping In Las Vegas

Lean Jean

Toujours la même chanson

Il est toujours curieux d’entendre une chanson que l’on connaît bien dans une autre langue ou un autre style. Le phénomène de reprendre une chanson connue dans une autre langue est un phénomène planétaire. La mélodie reste, mais la consonnance d’une langue peut lui donner une ambiance différente.

Don’t Let Me Be Misunderstood


Le grand classique créé par Nina Simone. Chanson incontournable qui revient à la mode régulièrement. Ce n’est pas tellement sa création qui connut le succès, mais bien la reprise des Animals datant de 1965. Très habiles arrangeurs, ils surent trouver la formule pour en faire un hit. Elle leur en voudra toujours s’estimant volée d’un succès. Pourtant, elle doit une partie de sa célébrité à cette reprise qui la rendit bien plus connue du grand public. L’accroche commerciale est bien plus présente chez les Animals, tandis que sa version est bien plus intime. Avec le temps, on peut préférer son interprétation ou celle des Animals, c’est histoire de goût personnel. Sur Youtube, le nombre de vues entre les deux versions penche nettement en faveur de Nina Simone.

Version Originale

Nina Simone – Don’t Let Me Be Misunderstood (1964)

La reprise des Animals, 1965

Noël Deschamps – Je N’ai A T’offrir Que Mon Amour (1965)

en français

Ridillo – Va Pure Via (2007)

en italien

Els Dracs – Comprensio (1965)
Espagnol (catalan)

ZZ En De Maskers – Ik Bedoel ‘t Altijd Zo Goed (1965)

en néerlandais

Mark Sommer – Dabei Veiß Die Ganze Welt (1977)

en allemand

M.A. Numminen – Et Kai Ymmärrä Minua Väärin (1965)
en finlandais

Isao Bito – Kanashiki negai (1965)

en japonais

Azúcar Moreno – Nadie Me Comprende Como Tú (2004)

en espagnol

En passant

Bas nylons et vinyles en fusion (28)

Pour varier un peu, explorons un autre compilation, Swinging Mademoiselle, elle a la particularité de ne contenir que des chansons en français par des artistes féminines ou en duo. Nous sommes en plein dans l’époque de la seconde moitié des sixties ou tout le monde, y compris les filles, aiment bien la musique et surtout les paroles avec un brin d’absurdité.
Volume 2 – Quelques noms sont encore connus aujourd’hui, plus spécialement des collectionneurs qui chassent leurs disques, parfois de jolis collectors. Jocelyne réussit une assez belle, mais très courte, carrière commencée à 12 ans, elle mourut accidentellement à 21 ans. Elle était considérée comme une sorte de Brenda Lee française. On reste toujours assez bluffés par la qualité de certains arrangements très pop pour l’époque, alors que beaucoup de chanteurs yéyés étaient encore dans une variété assez conventionnelle. Pour les amateurs de curiosités, sachez que la chanteuse Christie Laure est un des derniers témoins ayant vécu dans l’intimité d’Edith Piaf. Elle est la soeur de Théo Sarapo, le dernier mari de la chanteuse.

V.A. – Swinging Mademoiselle – Sasha Monett Records – PSM-001 – France 1999

Liz Brady – Le Palladium

Elsa Leroy – Quelle Foule, Quelle Foule

Adèle – J’ai Peur Parfois

Clothilde – La Ballade Du Bossu

Claire Dixon – Je N’ai Besoin Que De Tendresse

Zoé – Avant Qu’on Ait Vingt Ans

Violaine – Dam’ Dou Ah !

Zouzou – Tu Fais Partie Du Passé

Jocy – Dans Les Dix Premiers

Dani – La Fille A La Moto

Aline – Censuré

Jocelyne – Nitty Gritty

Christine Pilzer – Ah-Hem-Ho-Hu-Err

Caroline – Bach Ou Jerk

Christie Laume – Agathe ou Christie

Cettina – Cettina

Documents

Christie Laume – La Musique Et La Danse, clip 1967

Jocelyne – Les garçons

La France n’a pas le monopole du disque de collection. Il existe ailleurs et même dans des quantités qui peuvent laisser la France loin derrière. Il n’y a pas de formule magique pour qu’un disque devienne un collector. Un des critères pour qu’il le devienne, c’est la rareté multipliée par son attrait pour les collectionneurs. Parmi les artistes, il faut distinguer ceux qui arrivent à franchir la porte du collectionneur, certains ne le sont peu ou pas, d’autres s’installent volontiers dans les discothèques personnelles. Ces critères sont très subjectifs, mais il est certain qu’il y a des disques qui atteignent des fortunes et d’autres dont on a de la peine à se débarrasser pour des sommes très modiques. Des artistes inconnus peuvent avoir des publications qui s’arrachent à prix d’or, tandis que des célébrités sont boudées par les collectionneurs. Nous allons nous promener régulièrement parmi certains de ces collectors internationaux dont vous ne soupçonnez peut-être pas l’existence, mais qui sont souvent des pièces qui se négocient à bon prix. Pour les albums je me contenterai d’un ou deux exemples et pour le reste l’intégralité des titres si disponibles sur Youtube. Vous ferez certainement des découvertes.

The Wig – single USA

Ces petits 45 tours, même pas emballés dans une pochette illustrée sont légions aux USA. Parmi les plus prisés, ceux qui consacrent la musique psychédélique sous une forme ou une autre, publiés par des petits labels locaux, arrivent souvent parmi ceux qui atteignent les enchères les plus rémunératrices. Il faut encore pouvoir se les payer, ce qui n’est pas à la portée de toutes les bourses. J’imagine volontiers que ce sont des personnes d’un certain âge, plutôt du genre intellectuel au moins musicalement, qui se les offrent. Ils sont issus d’une situation professionnelle d’un bon niveau, ayant de quoi voir venir comme on dit. Sinon comment expliquer les plus de 1000 euros atteint par cette obscure publication texane?
Le Texas est justement un état, qui de par sa grandeur, a vécu une intense activité tournée vers l’exploration musicale durant les sixties. Ce 45 tours très obscur de Wig en est une parfaite illustration et sur sa face principale, un joli moment de folie musicale. Et dire que ces mecs sont en costard-cravate. Pas étonnant qu’il incite une autre folie, celle des dépenses immodérées. Quoiqu’il en soit, c’est un régal.

USA 1967 – The Wig – Blacknight – DFE 8654. Meilleure enchère sur Ebay 1105 euros

Crackin’ Up

Bluescene

Toujours la même chanson

Il est toujours curieux d’entendre une chanson que l’on connaît bien dans une autre langue. Le phénomène de reprendre une chanson connue dans une autre langue est un phénomène planétaire. La mélodie reste, mais la consonnance d’une langue peut lui donner une ambiance différente.

Money, le premier tube du label Tamla Motown qui a engendré depuis des centaines de versions.

Version Originale

Barrett Strong – Money (1959)

Eddy Mitchell – Pas De Chance (1964)

en français

Peter Belli & De Nye Rivaleri – Penge (1992)

en danois

Kerschowski & Blankenfelder Boogie-Band – Money (1989)

·en allemand

The RC Succession – RCサクセション (1988)
en japonais

Rob de Nijs  – Moneyr (1964)
en néerlandais

Los Salvages – Dinero (1981)
en espagnol

Kal P. Dal & Pågarna – Lovor (1983)

en suédois

Bas nylons et dessous en chapitres (18)

UN SIECLE DE DESSOUS – Chapitre 18

Vidéo en grand format

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Sur cette pochette de disque de 1964, on peut noter que les Beatles sont presque en uniforme. Toutefois, c’est une création de l’époque dont on peut leur attribuer la paternité, la veste sans col.

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Les Who en 1965 sur la seconde édition française du hit « My Generation », on voit tout à fait l’évolution à travers le style des mods. Une veste taillée dans un drapeau anglais, une chemise d’obédience militaire et un pull avec une cible et le prénom Elvis au centre, adulation ou mépris pour le Presley du même nom. Les chaussures balancent entre mocassin et boots. C’est l’élégance made in 1965.

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Mary Quant, la fameuse créatrice de la minijupe. On peut remarquer sur cette photo qu’elle porte des collants

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L’influence de la mode anglaise se fait sentir partout. Ici, le célèbre duo américain Sony and Cher. Ils devinrent des icônes du couple moderne. Remarquez les gilets de fourrure, las pantalons rayés de Cher et la chemise très tapisserie de Sony. A noter également le revolver qu’il tient dans les mains, objet purement décoratif l’année où s’installe une sérieuse contestation de la guerre au Vietnam. C’est désormais un fait, la contestation s’installe de manière très présente dans la chanson.

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La plus populaires des chanteuses anglaises des années 60, Dusty Springfield. Si elle ne fut pas particulièrement une adepte de la minujupe, on peut la voir ici portant des bas fantaisie, une ultime pirouette des fabricants pour tenter de sauver l’essentiel.

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Entre 1965 et 67, Sandie Shaw connut son heure de gloire avec de nombreux succès. Elle fut une de celles qui s’affichaient  volontiers avec une minijupe.


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Marianne Faithfull entre deux minijupes et scandales, eut la bonne idée de poser en guêpière. Comme je le dis dans mon article, tout ne changea pas du jour au lendemain.

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Le collant, si détestable soit-il, apporta au moins une chose, la variété des couleurs.

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Le style de bas que l’on pouvait encore se procurer en 1965-66 avant qu’il disparaisse.

Dans un prochain chapitre, nous verrons ce qu’il en a été des autres dessous et surtout le bas, qui malgré un net déclin reviendra assez vite sous nos regards. Certes, d’une manière beaucoup plus modeste, mais aussi avec une toute signification dans l’esprit des gens. C’est sûrement à partir de là, qu’il deviendra un objet de culte, lui qui n’était en fin de compte qu’un pièce vestimentaire usuelle.

A suivre.