Vacances en nylon (4)

Citation de l’été

La connerie c’est comme le vent, on ne le voit pas mais on en subit les effets.

Chansons que j’écoute depuis 50 ans

Les Yardbirds furent et sont encore mon groupe préféré et en plus j’ai une longue amitié avec deux des membres. Dans mon cercueil le moment venu, je veux qu’on m’enterre avec une intégrale des Yardbirds, si si j’insiste. On sait jamais des fois qu’on s’emm… la-dessous! Voici ce qui fut mon premier disque d’eux…

Les Yardbirds furent pour moi un excellent détonateur pour aller en exploration dans la musique, chose que je n’ai jamais arrêté de faire depuis. Comme j’avais lu à quelque part qu’un certain Eric Clapton avait fait partie du groupe, j’ai bien retenu son nom. En 1966, j’ai mis la main sur un album de complication « What’s Shakin » sur lequel figurait son nom. Cet album fut pour moi une révélation, car il explorait de nouvelles tendances musicales, en gros ce qui allait devenir la musique pop issue du blues. A part les Lovin’ Spoonful qui étaient très populaires avec leur hit « Daydream », on y découvrait Paul Butterfield Blues Band, Al Kooper, Tom Rush, des noms encore assez obscurs en France à l’époque de sa sortie. Je peux dire ironiquement que j’ai commencé à aimer cette musique avec un groupe qui n’existait pas, celui où jouait Eric Clapton, nommé Eric Clapton & The Powerhouse et le titre que je préférais sur l’album « I Want To Know ». En effet ce groupe n’a jamais existé car c’est une réunion impromptue en 1965 de quelques musiciens mystérieux. On sait maintenant de qui il s’agit et ce n’est pas n’importe qui. On y retrouve Paul Jones ici à l’harmonica, le chanteur de Manfred Mann ; Stevie Winwood ici au chant, guitariste et chanteur du Spencer Davis Group ; Jack Bruce, bassiste à ce moment là de Manfred Mann ; Pete York, batteur du Spencer Davis Group. Pour des raisons contractuelles seul le nom de Clapton apparaît car il n’est pas lié avec un autre contrat ou un autre groupe comme les autres musiciens. On retiendra pour la suite que Clapton et Bruce formeront un des premiers power group des années 60, Cream. Voici cette petite merveille, reprise un peu plus tard par Ten Years After sur leur premier album, ainsi qu’un autre titre figurant aussi sur cet album mythique,  celle de Al Kooper « I Can’t Keep From Crying Sometimes ». On pourrait presque dire que moi et Alvin Lee on écoutait les mêmes trucs. 

Les Moody Blues première époque, toujours dans mes écoutes. En 1964, ils avaient pondu un gros truc « Go Now », que je considère toujours comme un tout grand disque, une écoute presque inlassable.

Les Hollies était un des quelques rares groupes qui pouvaient faire la pige aux Beatles du point de vue succès, ils le firent avec une certaine classe, si bien qu’ils existent encore aujourd’hui avec deux membres originaux et ils sont toujours capables de remplir des grandes salles dans le monde entier. Comme c’est le cas pour beaucoup de groupes qui ont une discographie pléthorique, certains de leurs titres sont noyés dans la masse. En 1965, leur label Parlophone, le même que les Beatles, publie un 4 titres qui propose leur grand hit du moment « I’m Alive » un no 1 en Angleterre. Sur la face B figure une titre nommé « Honey And Wine » qui deviendra assez vite un titre adoré par les fans, encensé par la critique et très certainement joué dans les concerts. Evidemment, les amateurs cherchent à l’acheter. Pour le faire, un seul moyen se procurer ce 45 tours, car pendant presque 15 ans, il ne sera pas disponible autrement. J’ai eu plus de chance, car il figure depuis 1966 dans ma collection et est devenu un des titres des Hollies que j’ai le plus écoutés. C’est encore un de ces trucs qui figure dans mon hit parade de toujours. Si je pense écouter un truc des Hollies, je commence toujours par lui. Pas de panique le voici…

Celui-là je crois que c’est le record que j’ai payé pour une disque dans un magasin. Pas dans le sens cher, mais bon marché. Dans une liquidation de grand magasin, je l’avais payé 20 centimes, non pas 1 franc, pas 50 centimes, mais 20 centimes. Depuis 50 ans, il passe régulièrement sur ma platine. Il faut que je vous avoue un truc, en principe les pressages originaux qui ont une certaine valeur, je ne les écoute pas, mais je les enregistre ou écoute des rééditions. C’est l’idéal pour leur conserver une certaine valeur. Les disques qui grattent ou en mauvais état sont invendables chez les collectionneurs. Alors si un jour… A part cela c’est une excellent titre, une reprise de Mr Bobby Bland à laquelle ils ont insufflé un bon petit coup de punch. Un bel exemple de musique beat comme on aimait bien en écouter il y a 50 ans et même encore maintenant…

Le monument à la génération des années 60, c’est ma génération et celle des Who. Cette musique un peu folle est très représentative de l’esprit qui nous animait. Avec un des plus grands batteurs de cette époque, voire d’autres aussi, et sûrement aussi un des plus fous. J’aimerais bien savoir durant quel cauchemar Pete Townsend, le compositeur, a eu l’idée de cette musique. C’est le type même d’une recherche sur des territoires pas encore très explorés. Superbe monument!

Peu de chanteuses dans les années 60 purent se targuer de chanter des succès qu’elles avaient elles-mêmes composés.  En voici un très bel exemple et une chanson qui a fait le tour du monde et que tout le monde connait. La belle Jackie de Shannon, qui fut un temps la petite amie de Jimmy Page, on le comprend!

Voici d’ailleurs un enfant qui naquit de cette rencontre, oh c’est juste une chanson co-écrite De Shannon – Page et qui fut un succès pour Marianne Faitfull.

Bas nylon et ciné 45 (2)

Nous avons vu et feuilleté dans un précédent post la revue Ciné-Miroir dans sa version almanach de 1945. Continuons dans cette deuxième partie de nous y intéresser en la parcourant à nouveau.

Les premières pages étaient plutôt axées sur le cinéma français, c’était aussi l’occasion de faire le point sur les acteurs qui pouvaient envisager les temps de paix comme un début ou une suite de leur carrière, n’ayant pas de comptes à rendre aux comités d’épuration à la libération.

En 1945, on fête aussi le cinquantenaire du cinéma, la revue s’y attarde un peu en consacrant quelques pages à son évolution depuis les débuts. On y évoque surtout le cinéma américain qui a vite pris le dessus, malgré quelques films français qui méritent le détour comme le Napoléon d’Abel Gance ou les premiers et historiques films de Georges Méliès. Durant toute cette période quelques films qui n’ont rien d’américain parviendront à se glisser en belle place dans l’histoire du cinéma. Dans ce genre les Allemands font très fort avec l’expressionnisme, en qualité et en exercice de style ils n’ont rien à envier aux Américains. Lang, Pabst, Murnau, sont des références absolues. Pour la Russie Eisenstein et pour la Suède Sjöströem ne sont pas à négliger. On ne peut passer sous silence la France et celui qui fut sans doute le premier réalisateur à devenir connu internationalement, Max Linder. Avec ses films humoristiques qui en inspirèrent certainement d’autres un peu plus tard, Chaplin lui doit bien un peu de sa magie, il fut assez vite victime de son succès avec une vie personnelle désordonnée.  Durant la période du muet quelques réalisateurs firent leur premières armes pour devenir plus tard des noms de premier plan, Jean Renoir, René Clair, Jacques Feyder, Marcel L’Herbier. 

L’Amérique a surtout le charme de ses films comiques pour le spectateur d’un autre pays, il n’a pas besoin de se casser la tête, les gags sont bien visibles et drôles. Keaton, Lloyd, sans oublier le génie de Chaplin qui s’affirmera encore plus avec le parlant, sont des stars. Le cinéma américains a tout de suite pris une dimension à la hauteur de ses ambitions. Il offre des films à grand spectacle, même s’il est encore muet. Il peut aussi se développer en toute liberté, la première guerre mondiale marqua un temps d’arrêt pour la production européenne, chose qui ne toucha que très peu, sinon les USA, du moins le territoire américain. Il fut aussi le premier à produire des icônes qui suscitèrent un engouement capable de porter les foules à l’émeute, certaines d’entre elles ne dépassant pas l’âge d’or du muet comme Pearl White ou Mary Pickford.  On peut se souvenir de la mort de Rudolf Valentino et de l’immense retentissement de son décès qui rendra folles de désespoir les dames de la belle société et aussi celles de plus humble extraction. Assez significatif pour un acteur dont on a jamais entendu la voix à l’écran, puisqu’il ne tourna que des films muets. L’époque parvint à imposer malgré tout des acteurs beaucoup plus durables qui traversèrent facilement la frontière du parlant, pour des carrières de plus ou moins grande envergure, Joan Crawford, Greta Garbo, Gloria Swanson, Louise Brooks, Pola Negri, Lilian Gish et chez les hommes John et Lionel Barrymore, Wallace Beery, Ramon Novarro, John Gilbert, Stan Laurel et Oliver Hardy. 

Voici les images sélectionnées par la revue pour ce résumé succinct de 50 ans de cinéma.

Pearl White et Ramon Novarro, Albert Dieudonné dans le film Napoléon d’Abel Gance, Chaplin et Tom Murray dans La Ruée vers L’Or.

Greta Garbo, Rudolf Valentino, Fernand Ledoux et Marie Déa, Walt Disney, Clarl Gable et Vivian Leigh dans leurs succès respectifs.

Pendant l’occupation un blackout quasi total régna sur les productions du cinéma américain, on imagine l’effet qu’aurait produit la projection du Dictateur de Chaplin. Alors la revue se devait de condenser cinq ans de silence, faire le point sur les nouveaux ou ceux que l’on connaissait déjà.

Devenu une star américaine par la force des choses puisqu’il tourna dans le premier Hitchcock de sa période US, Rebecca.

Retour sur un film dont on a beaucoup parlé en France mais que peu ont vu puisque qu’en 1945 il n’a pas encore été projeté dans les salles françaises Autant En Emporte Le Vent. C’est un succès colossal à sa sortie, qui offrira à ses acteurs une autoroute vers la gloire, ce n’est pas Clark Gable qui dira le contraire. C’est le type même de film qui emballe le spectateur, en quelque sorte un succès de la critique populaire.

Maureen O’Hara tirera aussi tous le jus nécessaire à sa carrière en apparaissant dans le fameux Quelle Etait Verte Ma Vallée de John Ford, un très beau film sur la condition ouvrière, ici les mineurs. Le jeune Roddy McDowall dans le rôle de l’enfant en récoltera aussi pas mal de bénéfices pour la suite de sa carrière.

Shirlew Temple fut aussi une des enfants stars du cinéma. Elle cessera d’elle-même sa carrière d’actrice en devenant adulte à la fin des années 40 et se tourna vers la politique.

Gary Cooper a de belles années devant lui. Joan Leslie fut aussi une actrice en vue pendant 20 ans. Femme sans doute très honorable, elle abandonna plus ou moins sa carrière pour élever ses enfants et fut une de celles qui ne divorça jamais de son seul et unique mari. Elle servit aussi toute sa vie comme bénévole dans une maternité.

Clark Gable avec le sourire

Chaplin savait bien compris qu’il fallait mettre les rieurs de son côté. Il savait aussi qu’il était préférable de faire des millions de morts de rire que de morts tout court.  Avec Le Dictateur il parodie qui vous savez de manière féroce. C’est un exemple je crois unique dans l’histoire du cinéma qu’un réalisateur se gausse pareillement d’un homme politique en exercice au moment de son tournage. Je ne sais pas si l’intéressé l’a vu, mais on a dû lui raconter. Il doit en avoir bouffé sa croix gammée! Au point de vue inventif le film est bourré de grandes scènes, celle du discours est un moment d’anthologie. Non seulement le film raconte une histoire mais il dévie de sa ligne pour y glisser des moments qui caricaturent le personnage central ou ceux qui sont à sa botte. On avait bien conseillé à Chaplin de ne pas le tourner, il passa outre et le réalisa avec ses propres deniers pour mettre tout le monde d’accord. C’est un de mes films préférés, je l’ai vu je ne sais pas combien de fois et je ne m’en lasse pas. 

Deux actrices ayant tourné avec Hitchcock qui s’affirme de plus en plus comme le maître du suspense. Teresa Wright qui figure dans L’Ombre D’un Doute et Joan Fontaine dans Rebecca. 

Il y a aussi des disparus chez les Américains. La pulpeuse Carole Lombard tuée dans un accident d’avion. Tom Mix le cowboy aux 300 apparitions à l’écran principalement au temps du muet, tué dans un accident d’automobile. Conrad Veidt, l’une des légendes du cinéma allemand des années 20, assez pour qu’Hollywood le remarque. Il aura ensuite une carrière plus internationale, tournant aussi en France et retournant en Allemagne. Ayant épousé une Juive il fuit définitivement ce pays. Il ne fut pas toujours employé à sa juste valeur. Signe des temps l’excellent groupe français de new vawe Marquis de Sade lui rendra hommage dans une chanson qui porte son nom.

Quelques réalisateurs et acteurs français s’expatrièrent et eurent des aventures et fortunes diverses sous d’autres cieux. La revue mentionne quelques noms. Tout d’abord Gabin à Hollywood où il tournera deux films en manquant une belle occasion de tourner avec Fritz Lang. Pour le film Moontide (La Péniche De L’Amour), il est sous la direction d’Archie Mayo, mais initialement c’est justement Fritz Lang qui tourna les premières séquences. Il ne perd pas tout dans l’aventure puisque la vedette féminine est Ida Lupino, une pulpeuse actrice qui se tournera après la guerre vers la réalisation avec une certain bonheur et fut la première femme à diriger un film noir. Pour le second, Gabin retrouve Julien Duvivier dans L’imposteur. De sa brève carrière américaine, on retient surtout sa liaison avec Marlène Dietrich et la revue annonce même leur mariage prochain, toutefois quand Dietrich sera divorcée, car elle est mariée depuis plus de 20 ans et à une fille Maria qui est toujours vivante. On connaît la suite Dietrich ne divorcera jamais et Gabin orientera sa vie sentimentale vers d’autres conquêtes. Sa carrière aura un temps mort pendant quelques années, il est trop âgé pour jouer les jeunes premiers et trop jeune pour jouer les vieux bougons, rôles lui seyant à merveille.

Michèle Morgan aura aussi une courte carrière américaine plutôt décevante. Il est assez difficile pour les Français d’obtenir de vrais rôles du fait qu’il ne parlent pas l’anglais couramment. Elle eut surtout l’occasion de se marier avec avec l’acteur William Marshall et donne le jour à un fils Mike Marshall, que l’on verra plus tard dans La Grande Vadrouille. A son retour en France elle n’eut aucun mal à redémarrer une carrière prometteuse. 

Marcel Dalio se débrouilla plutôt bien à Hollywood. Quittant la France car il est juif, sa photographie servit même à la propagande de Vichy comme portrait type de Juif, il tourne des petits rôles dans de bons films, une vingtaine dont le célèbre Casablanca avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman. Ayant appris et parlant couramment l’anglais avec un accent typique, il sera rappelé à Hollywood très souvent après la guerre pour y tenir des rôles de Français, tout en faisant de nombreuse apparitions sur les écrans français.

A cette époque, il y a un acteur français qui est déjà célèbre à Hollywood, Charles Boyer. Avec Louis Jourdan un peu plus tard, ils seront vraiment de grosse vedettes en Amérique avec une filmographie essentiellement américaine. 

La revue propose aussi la possibilité d’acheter par correspondance des photos de vedettes. Cela nous permet de faire le point sur ceux qui étaient considérées comme un produit censé intéresser les fans. Cela vous permettra aussi de faire le point sur vos connaissances en cinéma d’avant guerre. Lisez les noms et vous verrez bien ceux qui vous disent quelque chose. A l’évidence il manque quelques noms déjà célèbres ou en vue, mais on peut penser qu’ils ne figurent pas dans les ventes pour des raisons de droit. 

Toute revue qui se respecte doit avoir ses publicités pour faire marcher l’affaire. Même en 1945 où c’est encore une période de disette, la publicité se pose pour attirer le client. Il est sans doute plus facile de se procurer une litre de gnôle qu’une livre d’épinards. Ce sont surtout les villes qui subissent la pénurie, dans les campagnes on se débrouille plus facilement. On peut discrètement aller braconner ou attraper du poisson au filet. Dans toutes les époques de l’histoire, quoi qu’il arrive, il y aura toujours des gens qui ne connaissent pas de pénurie matérielle ou d’argent. Alors, il ne faut pas s’étonner si certaines de ces publicités s’adressent plutôt à ceux qui peuvent voir venir.

Des parfums et un métier disparu, le remaillage de bas. 

Ces fameux métiers appris par correspondance, bien évidemment payants. On mise sur l’électricité, il est vrai quelque chose qui avait des perspectives d’avenir en 1945. 

Une pub bien présentée et avec un certain humour en employant un vocabulaire désuet. Remarquez que cette très réputée marque existe toujours. On fabrique même des coquilles pour iPhone et autres.avec le nom de la marque. Comme disait mon père, le vrai Coganc il vient de Cognac!

Une pub à prendre avec prudence, même s’il s’agit d’un produit « miracle ». Ah Mesdames, si vous avez la poitrine qui ne correspond pas à celles de vos rêves, voilà de quoi remédier à cet embarras. Cette Mme Duroy a déjà mis quelques annonces avant la guerre avec des méthodes similaires mais pas exactement les mêmes. En 1945 les dames qui avaient lla poitrine opulente devaient sans doute avoir traversé la guerre en mangeant autre chose que des rutabagas…

Souce Gallica, BNF, DP

Vacances en nylon (2)

Citation de l’été 

Si les politiciens pouvaient penser avant de panser

-Ah c’est pour cela que tu as appelé d’urgence le docteur?

-A voir le monde qu’il y a ce soir il doit y avoir un match de foot à la télé!

-Un instant chéri, il y a un os dans ma chatte!

-J’ai eu zéro en éducation sexuelle aujourd’hui, le prof veut te voir!

-Non chef, elle n’a pas d’armes au sens de la loi!

-Pour ta sécurité, dis que nous ne sommes pas mariés!

-Quoi que vous vendiez, j’en prends deux!

-Je crois qu’il est temps pour le roi d’enlever sa couronne!

Musiques – Disques que j’écoute depuis au moins depuis 50 ans

 

Bas nylon et ciné 45

Il est assez étonnant à la sortie d’une guerre de voir les gens faire comme si de rien ne s’était passé. En 1945, on ne peut pas dire que tous les souvenirs de guerre sont enterrés. On en est encore loin, le territoire français n’est entièrement libéré que depuis le début de l’année. Les comptes se règlent toujours, les rescapés de la déportation sont encore sous le choc, la vie de tous les jours n’est pas encore réglée comme un horloge. On essaye de se distraire comme on peut si on a l’âme en paix. 

Bien qu’elles ne le disent pas ouvertement, les autorités ont bien compris que le cinéma est un moyen très efficace de changer les idées et un véhicule de propagande important, il semble que l’on a un peu étudié la biographie de Goebbels, efficace ministre de la propagande nazie. 

On tourne passablement, on se débrouille pour que la pellicule soit disponible en abondance et que la presse spécialisée puisse s’imprimer sans trop économiser sur le papier. On parle même de faire un festival à Cannes…

La revue Ciné-Miroir reparaît après son interruption durant la guerre. Ce n’est pas une revue intellectuelle destinée au cinéaste accompli, elle s’adresse plutôt à ceux qui rêvent sur le cinéma, genre je veux moi aussi devenir une star. En paraissant relativement près de la fin de la guerre, elle permet de faire le point sur la situation de cinéma français, un cinéma qui a pas mal de comptes à rendre auprès des libérateurs, surtout les acteurs dont certains ont un peu trop fréquenté les autorités d’occupation. C’est du moins l’avis de quelques uns qui profitent aussi pour régler quelques comptes qui n’ont qu’un rapport lointain avec le cinéma.

On va quelque parcourir ce magazine dans sa version almanach, voir son ambiance, et l’on pourra penser à plus ou moins juste titre que les acteurs ou cinéastes cités sont ceux qui sortirent la tête haute à la libération. Du moins, s’ils ne firent pas tout juste, ils le firent plus discrètement que les autres. 

La couverture est dédié à Edwige Feuillère, déjà célèbre avant la guerre, elle poursuivra une longue carrière au cinéma et ensuite à la télévision, jusqu’à sa mort à l’âge de 91 ans en 1998. 

Présentation d’un film Falbalas de Jean Becker avec Micheline Presle, toujours parmi nous et encore toute pétillante. Elle est à ce moment là une vedette qui monte et Raymond Rouleau, un acteur à la réputation de perfectionniste.  Ce n’est pas un film majeur de l’histoire du cinéma français. Becker fera des films plus significatifs par la suite, Casque d’Or et Le Trou.

Un petit article sur Edwige Feuillère et un Caricature de Jean Marais tout auréolé de son rôle dans L’Eternel Retour. Il est une star en devenir après des débuts assez timides.

Pierre Blanchar est déjà une vedette confirmée depuis les années 30. Il a tourné dans Les Croix de Bois de Raymond Bernard en 1932, certainement un des films de guerre les plus significatifs de l’histoire du cinéma toutes périodes confondues. Mais il va encore faire très fort avec Michèle Morgan dans La Symphonie Pastorale, première Palme d’Or du festival de Cannes en 1946.

Dans le séquence suivante, vous y verrez des acteurs débutants ou encore inconnus. C’est ce que propose la revue en mettant l’accent sur le fait qu’ils sont de possibles futures vedettes. Nous retombons dans ce que je disais au début, le cinéma et sa gloire qui fait rêver. Mais jouez le jeu, combien de ces noms vous disent encore quelque chose aujourd’hui. Pour le plus connus, j’ai repris le texte d’accompagnement, pour les autres seulement la photo. Certaines images sont cliquables pour une meilleure lecture.

Comme vous avez pu le voir, le temps et le vedettariat ont fait leur sélection. Le cas de Raymond Bussières est un peu particulier. Il eut un statut entre la vedette et un très important second rôle. Apparaissant dans de nombreux films qui feront date, il est aussi apprécié pour sa diction avec son accent parisien. Même si on ne se rappelle pas de son nom, sa silhouette est dans la mémoire de milliers de cinéphiles.

Deux vedettes de l’époque, surtout Blanchette Brunoy qui fut la partenaire de Gabin dans La Bête Humaine, le genre de film dans lequel il faut avoir tourné.

Un page humour avec une caricature d’André Luguet, l’un de ces savoureux acteurs à la filmographie impressionnante, il tourna déjà une quarantaine de films au temps du muet.  Quelques histoires avec quelques vedettes.

Hommage aux disparus pendant la guerre : Harry Baur, l’un des plus grands acteurs d’avant guerre, véritable monstre sacré, Gabin avant Gabin, victime de la connerie nazie. Fernand Charpin, un des acteurs de l’équipe à Pagnol, un mémorable Panisse dans la trilogie. Raymond Aimos, l’un des seconds rôles populaires, on se rappelle de lui dans La Bandera avec Gabin en 1934 et La Belle Equipe, deux films de Julien Duvivier, dans lequel apparaît également Charpin pour le second. Il est tué lors d’une fusillade pendant la libération de Paris alors qu’il fait partie de FFI.

Retour sur Les Enfants Du Paradis, le plus inoubliable film tourné lors de l’occupation. 

Viviane Romance, la vamp par excellence du cinéma français. Une carrière quelle ne maîtrisa pas toujours bien, surtout en imposant l’un de ses maris et acteur moyen, Georges Flamant, dans plusieurs de ses films entre 1937 et 1942. L’après guerre lui fut moins souriante.

Nous poursuivrons dans un autre post l’exploration de ce journal

Source Gallica, BNF, DP

 

Bas nylons, détectives, bobards

En mai 1940 le journal Détective continue de paraître. Bien que les Allemands se fassent de plus en plus pressants, ils n’ont pas encore vraiment envahi la France. La Belgique et la Hollande ont succombé à la fameuse technique de la « blitzkrieg », ce sont des pays occupés. 

La France attend le pire, n’ont-ils  pas déclaré la guerre à l’Allemagne quelques mois plus tôt ? Il est peu probable que l’armée allemande vienne visiter Paris en réservant des places dans le train. Dans l’incertitude, la vie continue et les journaux paraissent.

Dans le numéro de Détective daté de 30 mai, on continue de parler de crimes, de justice, mais sur quelques pages on fait allusion à la guerre, mais plutôt de manière humoristique.

Il y a toujours du comique et des comiques dans les résumés d’histoires de tribunaux.

Dans un climat incertain, comme ici où l’on redoute une invasion, chacun y va de son petit commentaire. Pas besoin d’être soldat pour défendre la patrie, un peu de sens d’observation, un air de soupçon et surtout se fier à ce que l’on raconte. L’ennemi est sans doute très malin et possède une bonne dose de culot, des armes secrètes, et des moyens que seuls des citoyens avisés sont capables de démasquer. Voici quelques uns de ces bobards qui donnent un sens particulier à la « drôle de guerre ».

 

Toutefois dans cette dernière histoire, il y a un petit accent de vérité, un rien anticipé. Il a bien été fabriqué durant la seconde guerre mondiale, un moto destinée a être parachutée. Sous le nom de Welbike, elle pouvait parcourir une distance de 140 avec son réservoir de 3,6 litres à la vitesse maxi de 50 km heure et était pliable. Elle fut construite à quelques milliers d’exemplaires à partir de 1942. Mais son parachutage s’effectuait à l’aide de containers spécifiques, le pilote n’était pas parachuté assis dessus comme les bobards de 1940 le laissent supposer ou le dessin ci-dessus.

Pendant ce temps la vie continue presque normalement en Algérie en cette date du 30 juin, alors colonie française pour ceux qui ignorent tout de l’histoire. La menace est moins directe, l’Allemagne c’est loin. Ils ne semblent pas soupçonner que trois semaines plus tard quand l’armistice sera signée le 22 juin, le territoire sera inclus dans les clauses de l’armistice mais dans ce qui sera considéré comme le zone libre, donc sous le contrôle de Vichy. Elle verra s’établir un gouvernement collaborationniste, atténué par une population civile plutôt de l’autre bord. La déportation des Juifs sera contrecarrée par des citoyens peu enclins à collaborer sur ce plan là, faisant passer souvent les Juifs pour des Musulmans qui n’étaient pas concernés par les lois de Vichy. La situation d’occupation sera plus courte, car des 1943 Alger deviendra la capitale de la France libre, suite au débarquement des Alliés en novembre 1942.

Parcourons quelques infos de ce 30 mai 1940 parues dans L’Echo d’Alger.

Quelques nouvelles optimistes à prendre avec précaution quand on connaît la suite

Un personnage alors très controversé, Léopold III roi de Belgique. Après la guerre, abandonnant tout rôle politique, il créa un fond pour la protection de la nature  qui existe encore aujourd’hui.

Les cinémas offrent leurs attractions. A noter la projection de l’excellent La Belle Equipe de Duvivier et on peut aussi remarquer qu’il y a une première partie, toujours les actualités et souvent un documentaire.

C’est pas encore la semaine de 35 heures… 

C’était le bon temps!

Mesdames à vos fourneaux!

Les bobards seront tôt ou tard piliers de  bars !

Mon apéritif préféré, eh oui…

Source Gallica. BNP, DP

 

Bas nylons et coup de foudre

Une chose qui a toujours attiré ma curiosité, ce sont les phénomènes naturels. J’imagine que pour moi habiter un pays où le ciel serait toujours bleu serait vite lassant. Au contraire, j’aime voir les nuages se balader dans le ciel, le ciel tourmenté, le ciel d’orage, rechercher les formes qui se cachent dans le glissement tranquille des nuages blancs…

Avec un peu de patience on peut voir de subtiles déclinaisons dans le mélange hasardeux des formes et des courants qui parcourent le ciel. Comme cette fois où j’avais en dessus de ma tête un gigantesque et massif nuage dont un côté était tel un mur qui se dressait dans le ciel pile à la verticale de mon regard. J’avais l’impression d’être au pied d’un mur qui mesurait des kilomètres de haut. J’envie les oiseaux qui peuvent aller voir cela de plus près.

Le phénomène par excellence et courant que l’on peut voir dans nos régions, c’est l’orage. Quel magnifique spectacle! Comme je n’en ai pas toujours à disposition, j’ai pris l’habitude d’aller les regarder via les nombreuses webcams qui sont une sorte de seconde vue. Je me connecte sur un site météo pour regarder où ils sont et s’il y en a, en avant le musique.

Allons un peu nous promener à travers ces moyens mis à notre disposition.

Tout d’abord, je voulais savoir la réalité entre un site météo qui indique un impact de foudre en direct et celle du terrain. Pour cela je me suis branché sur un site adéquat et une webcam en comparant l’un et l’autre et j’ai enregistré le tout. Vous verrez parfois la réaction quasiment en direct, d’autres fois il y a un décalage, mais on peut dire qu’en général la carte des impact réagit correctement. Il me fallait un orage pas trop remuant avec des éclairs espacés. Je me suis branché sur une webcam à Rome avec un orage dans le lointain, en direction de la mer. Quelquefois, sur la webcam la lueur de l’éclair est à peine perceptible, mais elle apparaît en tant qu’impact. A noter que les impacts nouveaux apparaissent en jaune vif et tournent vers l’orange et le rouge au fur et à mesure que le temps s’écoule. Il est aussi apparent qu’un éclair n’a pas toujours un seul arc, en général on le voit en exemplaire unique celui qui fait la liaison entre le sol et le nuage. Mais dans le nuage même, il a souvent plusieurs ramifications qui se rejoignent pour former un éclair unique, parfois oui, parfois non. C’est très visible sur la carte de impacts, il y a plusieurs impacts jaunes simultanés. A noter que vous pouvez agrandir les clips pour une vision plus détaillée.

 

Un orage assez tranquille sur le lac d’Iséo près de Bergame en Italie. Deux ou trois beaux impacts.

Un orage beaucoup plus violent, sur le lac de Côme. On ne voit pas le sillage des éclairs, mais ils sont continuels et la visibilité est réduite. 

Pour terminer, j’ai monté dans un court clip, deux éclairs spectaculaires en deux endroits différents situés dans les Dolomites. La première séquence montre un impact de foudre très proche, l’arc est brièvement visible sur la droite en haut de l’image, très proche de la caméra. Il cause toutefois des dégâts car il coupe net le fonctionnement de la webcam. Dans la deuxième partie, la caméra est celle d’un station de sports d’hiver en altitude. Un joli impact que nous analyserons en détail après la vision du clip, c’est assez instructif. 

D’après ce que l’on sait sur l’éclair, ce dernier ne descend pas du nuage, mais monte du sol vers le nuage. Eh bien décomposons le second éclair dans ses phases successives en quelques photos…

Sur la première, on voit le départ de l’éclair. Comme nous sommes sur une montagne, le tout premier balbutiement de l’éclair se trouve derrière l’horizon (zone entourée en rouge), on voit très bien qu’il part au fond de la vallée, que la lumière vient d’en bas. Gardez en mémoire que la succession d’images suivantes se déroule sur une fraction de seconde. 

Sur la deuxième, juste après, on aperçoit dans le nuage, une sorte de balai de ramifications de petits éclairs qui semblent fouiller le ciel à la recherche d’un voie de sortie.

La phase suivante, le big bang du nuage, l’explosion, le flash du photographe céleste. Cela ne dure qu’une fraction de seconde, mais imaginez que vous deviez supporter cette lueur longtemps, ce serait comme regarder le soleil directement sans protection. 

Voici l’éclair qui va faire descendre la tension, c’est en quelque sorte l’écoulement de la charge électrique, le ciel redevient sombre. Remarquez le renflement le long de l’éclair. En observant un orage, on arrive à remarquer que l’éclair dans le nuage peut traverser des dizaines de kilomètres avant d’établir le contact avec le sol. Mais tout cela va si vite qu’en fait on n’a qu’un aperçu de ce qui se passe.

Voici l’éclair à la fin. C’est général cette image là que l’on enregistre. Mais déjà la nuit regagne sa quiétude. Au suivant!

Dimanche 9 juillet sur cette carte de l’Europe, il y a plus de 72 000 impacts d’éclairs enregistrés en 120 minutes, soit 10 éclairs à la seconde. C’est le record absolu que j’ai observé depuis que je fréquente ce titre. 

Pour terminer, un petit jeu. Je vous disais en introduction que dans la forme des nuages on remarquait des représentations de choses connues, des moutons, des chiens. Eh bien dans les montagnes, c’est un peu la même chose, notamment des visages. Avec un peu d’imagination, essayez de les trouver dans les images suivantes.

Bas nylon et anglaises

A l’époque de sa sortie en 1976, il existait très peu de films consacrés à la jeunesse des années 50 vue sous l’angle français. Pour bien illustrer le sujet, « A Nous Les Petites Anglaises » a même dû les emmener en Angletterre, un pays plus rock and roll du point de vue musical.  Il est certain que les jeunes français passionnés de rock n’avaient pas grand chose à se mettre sous la dent, quelques disques publiés localement dont pratiquement aucun artiste national, il faudra attendre le début des années 60 pour que cela change. Ceux qui ont vu le film à sa sortie, nés vers 1940 ont sans doute bien aimé le film car ils pouvaient se remémorer grâce à la bande sonore d’autres souvenirs comme l’ont fait les Américains avec « American Graffiti » un peu plus tôt.

L’histoire est quelque peu inspirée des souvenirs personnels du réalisateur, Michel Lang. Une bande de jeunes Français qui ne se connaissaient pas, se retrouvent en Angleterre sur décision des parents soucieux d’améliorer leur pratique de la langue de Shakespeare. Mais bien vite la langue parlée passe au second plan, la langue fourrée devenant l’objet de leur principale préoccupation. Pour un adolescent des années 50, le sexe est encore une chose assez mystérieuse. Même si l’on a quelques connaissances sur le sujet, c’est plutôt en théorie qu’en pratique. Avant la guerre, il était relativement courant, bien qu’il faille employer le mot courant avec toutes les précautions, qu’on amène un jeune au bordel pour le déniaiser. Ils sont bien obligés de se débrouiller depuis la fermeture des maisons accueillantes.

Bien que les Anglaises aient alors la réputation d’être accueillantes, du moins c’est ce que les garçons de l’histoire affirment, c’est quand même bien entre compatriotes que l’on suivra quelques uns de ces adolescents à la recherche de leurs premières expériences amoureuses. Le film est plaisant, surtout pas trop sérieux, les Français en quelque sorte envahissent l’Angleterre à coup de gags et d’un comportement déluré propres aux Latins, on va leur montrer à ces bouffeurs de pudding!

Les acteurs sont presque tous des débutants et cela apporte sans doute de la fraîcheur au film. Certains feront un carrière plus ou moins grande, plus ou moins longue. Remi Laurent, l’un des acteurs principaux, est décédé du sida en 1989.

La musique a une part très importante dans le film, c’est Mort Shuman, l’un des compositeurs les plus titrés du siècle passé qui s’y colle. Une des chansons extraites de la bande sonore « Sorrow » sera un grand tube encore dans toutes les mémoires. Ce que l’on peut regretter c’est le côté un peu trop moderne du son, la technique ayant évidemment fait des progrès. On y retrouve assez peu de titres datant vraiment de l’époque du film sinon « Lollipop » (Chordettes), « Twilight Time » (Platters) et l’on peut entendre dans le film « Only You » de ces mêmes Platters, ainsi qu’un pompage de « Bye Bye Love » des Everly Brothers devenu « Bye Bye Cry Baby ». Il n’y a pas de chansons en versions originales d’époque, mais l’ambiance est résolument et musicalement rétro fifties.

C’est un film sans trop de prétentions, dans lequel il ne faut pas chercher le chef d’oeuvre d’un cinéaste, on peut le classer comme récréatif si l’on a pas vécu cet époque et nostalgique dans le cas contraire. Le cinéma est aussi une distraction et celle-ci est plutôt plaisante.

Dans les films qui reconstituent une certaine époque, je m’amuse toujours à chercher les anachronismes, encore plus si j’ai vécu cette époque. Il y en a un dans le film, bien visible.

Un des acteurs arbore un t shirt avec cette illustration. C’est un extrait du livre « Rock Dreams » de Guy Peellaert, célèbre dessinateur belge, paru en 1974. Elle n’existait donc pas à l’époque où se déroule le film. Je le sais d’autant mieux que j’avais le même, acheté à Londres en 1976.

Acteurs

Rémi Laurent Alain
Stéphane Hillel Jean-Pierre
Véronique Delbourg Claudie
Sophie Barjac Veronique
Julie Neubert Carol
Rynagh O’Grady Doreen
Aïna Walle Britt
Brigitte Bellac Mireille
Michel Melki Pierrot
Béatrice Saint-Marc  
Marc Chouppart  
Pierre Pradinas  
Frédéric Pieretti  
Eric Deacon Mike
David Morris Dave

La France est bien connue pour posséder un nombre incalculable de revues, journaux, qui paraissent de manière officielle et plus ou moins confidentiels à des dates plus ou moins régulières. C’est un signe de santé pour un état démocratique, la diversité de la presse montre la diversité des opinions. A côté d’une presse dite d’opinion qui concerne de manière large les faits politiques ou de société, il en existe une faite de bric et de broc et qui s’adresse à un clientèle ciblée. Vous avez sans doute tous vu ou entendu parler d’un bulletin paroissial, d’une revue qui parle de la préservation d’un patrimoine ou en souvenir d’un personnage célèbre ou encore une presse professionnelle. Il en existe une, par exemple, réservée aux membres du  club qui préserve la mémoire de San-Antonio. Alors on ne s’étonnera pas trop d’en trouver une qui concerne la justice, indépendante des avis officiels.

On peut imaginer quelque chose de très sérieux, de quelque chose « raide comme la justice ». Et pourtant il existe dans chaque domaine, aussi sérieux soit-il, une place pour l’humour. Cela dépend bien entendu de la répartie que peut posséder tel ou tel personnage. Il suffit parfois d’un mot bien placé pour entrer dans l’histoire, ce n’est pas le général Cambronne qui me contredira.

Dans un numéro de la revue La France judiciaire datant de 1931, on y trouve un article qui prouve bien que les gens de loi ne sont pas dépourvus d’humour.

Source Gallica, BNF, DP