En passant

Bas nylons et riche gratin

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En 1931 les congés payés n’existent pas. Autant dire que les vacances sont réservées à une élite qui n’a pas le portefeuille a plat. Pendant que les souris triment, les chats dansent. Les endroits à la mode existent un peu partout, mais le bord de mer est le plus souvent visité. Il y a le choix, Monte-Carlo est idéal et sonne en principe mieux que Monaco, mais c’est un peu la même chose, on peut aller de l’un à l’autre à pied et se faire admirer, sous l’oeil probable d’un certain Léo Ferré dont le père est directeur du Casino. Mais Biarritz est aussi une destination qui réunit le gratin quand il n’est pas terme de cuisine, on s’y presse. Bien entendu, cette affluence de beau monde mérite que tous les potins et cancans soient réunis dans une ouvrage et disponible à tout un chacun. Pour la somme de trois francs, Le BIarritz Illustré paraît pendant la saison afin de réunir les hauts faits d’une bourgeoisie qui n’a pas trop l’air affectée par la crash de 1929. Ces hauts faits sont d’une banalité mortelle, entre les réception et les thés dansants, il n’y a pas grand chose d’autre. Si le duchesse de Baisela-Pasla s’était fait voler sa rivière de diamants , évidemment que le tirage aurait augmenté avec probablement la photo du commissaire Bafouille posant à côté de l’écrin vide. Mais bon, je ne résiste pas au plaisir de vous en extraire quelques feuilles, d’autant plus que l’on y trouve dans les pages un personnage que j’admire beaucoup, Charles Chaplin, aussi connu sous le nom de Charlot. Sans doute le seul qui ne doit sa présence en ces lieux, du fait de son génie et non pas le fait d’être un fils à papa.

Vous pouvez cliquer sur les photos et les textes pour une meilleur lecture

Dans la liste des résidents, vous noterez la présence de Barbara Hutton, réputée comme la femme la plus riche d’Amérique, une femme qui avait pourtant la réputation d’être d’une générosité exceptionnelle, c’est fou ce que l’on peut rencontrer comme gens généreux dans les potins

Source Gallica, BNF, DP

En passant

Bas nylons et une pierre particulière

Il est parfois amusant de constater comment une chanson peut entrer dans la légende et devenir presque exclusivement attribuée à un artiste qui l’a en fait empruntée à un autre, même s’il n’est pas le premier à la faire. C’est là que la popularité d’un artiste peut aspirer tout ce qu’un autre a pu faire. Je suis assez pinailleur sur le sujet, mais les deux tiers du mérite revient au créateur de la dite chanson. La chanson qui nous occupe aujourd’hui est « I’m Not Your Steppin’ Stone », que pas mal de gens attribuent aux Monkees, ce qui est en réalité absolument faux. Couplée en 45 tours à leur fameux hit « I’m A Beliver », elle ne pouvait que pénétrer facilement dans les oreilles des teenagers en empruntant cette voie, d’autant plus qu’elle a des atouts pour le faire. La-dessus peuvent se greffer tous les phénomènes propres à la promotion d’un artiste et de ses enregistrements. Car dans ce cas précis pour l’original, ce n’est pas tellement le fait d’un groupe obscur mais bien d’un band qui était plutôt très connu aux USA, Paul Revere & Raiders, au potentiel évident. Même si avant de figurer au répertoire des Monnkees, elle est encore précédée par l’excellente reprise faite par Liverpool Five, ce n’est que grâce aux Monkees qu’elle gagnera ses galons de notoriété. Les compositeurs en sont Tommy Boyce et Bobby Hart, un duo aux multiples hits, occasionnellement aussi interprètes. Elle retrouvera une seconde jeunesse grâce au mouvement punk et plus particulièrement aux Sex Pistols qui l’enregistrent pour leur second album « Great Rock And Roll Swindle », aussi bande sonore de film. Elle n’a pas disparu des répertoires, car ceux qui l’interprètent encore aujourd’hui peuvent se recommander de deux écoles, celle des sixties et celle du punk. Partons en exploration…

L’original, Paul Revere & Raiders, début 66.

La première reprise, W.C. Fields Memorial Electric String Band, mai 1966

La très très bonne version de Liverpool Fine, un rien aux sons psychédéliques, juin 1966.

La version des Monkees, clip en playback, novembre 1966. Il existe des petites différences entre les versions mono et stéréo. Leur version ne démérite pas.

Première reprise en Angleterre par the Flies, assez intéressante, fin 1966.

Les Sex Pistols, version punkisée, 1979.

Les Merton Parkas, revival mod, 1979

Modern Rocketry, un air disco, 1983.

Long Tall Shorty, très énergique version, 1985.

The Krewmwn, un groupe psychobilly, 1988.

Intruder, du hard rock, 1989.

Version garage par Feminine Complexe, 1997.

Sky Saxon, ex chanteur des Seeds, sauce garage sixties, 2008.

Un version en live par Metallica.

Ce qui reste des Monkees en 2015, ceux qui sont au premier plan.

En passant

Bas nylons et petites histoires pour l’été.

Comme je lis énormément, il m’arrive parfois de retrouver des histoires ou anecdotes intéressantes dans les vieux journaux et bouquins ou sur la Toile, presque toujours par hasard. Je vous en ai sélectionné une poignée sur des sujets divers, mais qui valent un petit détour.

Monsieur Ferré n’aime pas Monsieur Barclay

Monsieur Barclay et sa maison de disques du même nom fut la plus grande marque indépendante française de disques. Un catalogue exhaustif qui se compte en centaines de publications, lui permit d’être un des plus en vue sur le marché du vedettariat sonore. A côté, il acquiert un droit de licence pour des grandes compagnies américaines comme Atlantic, Chess, et des tas d’autres de plus ou moins grande importance. Jimi Hendrix fut aussi un artiste maison, grâce à une licence des disques via Yameta, managé par l’ex bassiste des Animals, Chass Chandler.  Parmi les artistes maison, il a eu dans son écurie des grosses pointures de la chanson française comme Ferrat, Brel, Aznavour. Léo Ferré fit aussi partie du lot pendant presque 15 ans. Pourtant en 1967, il traîna devant la justice son patron pour une drôle d’histoire. En effet, lorsque sortit son album « Cette Chanson ». Ferré s’aperçut qu’il manquait une chanson celle intitulée « A Une Chanteuse Morte », hommage à Edith Piaf. Elle fut censurée sans préavis par Barclay, ce qui n’est pas très élégant, pour une raison lamentable. Ferré a toujours été un chanteur engagé, à côté d’être un poète exceptionnel dans ses plus beaux textes, l’anarchie le connaît bien. Il n’a jamais mis des gants pour dire ce qu’il pensait et c’est justement là qu’est le problème. Dans sa chanson en hommage à Piaf, il ne se contente pas de rendre un hommage à la Môme, mais il égratigne celle que l’on avait désigné comme successeur, Mireille Mathieu. Comparer Mireille Mathieu à Edith Piaf, c’est comparer un feu de cheminée à un incendie et cela n’a pas échappé au chanteur. Il fait une allusion à la fille d’Avignon en ces termes : « on ne t’a pas remplacée sous la lampe à arc, n’en déplaise à Monsieur Stark ». Stark est l’impresario de Mireille Mathieu et comme cette dernière est à cette époque certainement la meilleure vendeuse de disques maison, cela frise au sacrilège, version showbiz. Même s’il fut défendu par le célèbre Me Floriot qui traita Barclay de dictateur et réclamait la saisie du disque, Ferré fut débouté. Malgré tout, la collaboration entre les deux hommes continua, on dut s’arranger à l’amiable en coulisse.

Voici cette chanson suivie d’un titre datant de 1965, où Ferré se moquait (gentiment) de Barclay.

Un Accident qui soulage.

Cette histoire absolument authentique est arrivée aux sports d’hiver. Madame skie et a soudain un besoin pressant à satisfaire. Elle se met à l’écart de la piste à l’abri de quelques buissons qui avaient eu la bonne idée de pousser là, toutefois sur un terrain loin d’être plat. Mais les pentes ayant la fâcheuse habitude d’être à la descente vers le bas, l’attraction terrestre s’en mêlant, voilà notre brave dame qui repart sur ses skis et réintègre la piste de ski la culotte en bas, situation pas très optimale pour battre faire du slalom, et finit par se casser la gueule. Emmenée à l’hôpital, elle est en attente sur un brancard que l’on veuille bien s’occuper d’elle, les dégâts n’étant pas d’une extrême gravité et ne nécessitant point d’urgence. Voici que l’on pose un second brancard à côté d’elle, avec un monsieur ayant aussi eu quelques problèmes. Tout naturellement, la discussion s’engage et la dame demande au monsieur la raison de son arrivée à l’hôpital. Le bonhomme déclare alors : « J’étais en train de faire du ski quand j’ai vu une femme qui skiait à poil, et je me suis foutu dans un arbre !

 

Un bref lever de soleil.

Cette histoire n’a jamais paru dans un journal, et pourtant elle est aussi authentique, d’autant plus authentique qu’elle est arrivée à mon père, et qu’il aimait à la raconter tant elle est idiote par les faits, faits dont il n’est pas la cause, mais la victime. L’histoire commence par la demande d’un couple qui connaissait mon père, de l’accompagner pour une excursion. Dans la région où ils habitaient, il y avait une montagne, la plus haute loin à la ronde, c’est scientifiquement prouvé, réputée pour ses levers de soleil sur des décors des plus plaisant. Pour les admirer, il n’y avait qu’une solution, passer la nuit à l’hôtel qui se trouvait au sommet de la fameuse montagne, aucun moyen de transport pour y arriver, sinon en voiture par des chemins pas trop carrossables, nous sommes dans les années 1920. Et puis, de voiture, ils n’en avaient pas, alors la marche était la seule solution envisageable. Du village le plus proche, il y avait bien une dizaine de kilomètres pour arriver au sommet avec au moins 800 mètres de différence d’altitude, vis des chemins tortueux et en empruntant une gorge. Les voilà partis, on passe la nuit à l’hôtel et on se lève de bon matin pour admirer le spectacle, un spectacle plutôt mitigé car le temps est plutôt couvert. Ce que mon père n’avait pas prévu, c’est que ce couple très bigot avait prévu de regagner le village le plus proche pour assister à la messe dominicale, aussitôt le jour levé. Lui, il pensait passer une journée pépère, et envisagea même de renter dans l’après-midi après un bon gueuleton. En faisant la grimace, mon père se rangea à leur décision, bien que ses croyances religieuses ne soient pas assez fortes pour lui faire envisager une damnation éternelle s’il n’allait pas à la messe. En route pour l’aventure, sur le chemin qui conduit au village vers la fameuse église dans laquelle pourrait s’apaiser la colère divine. Pourtant, elle ne tarda pas à se manifester sous forme d’un de ces orages matinaux dont la montagne a le secret. Ils arrivent à se mettre à l’abri sous une sorte de rocher qui surplombe la gorge et qui les empêche d’être trempés jusqu’aux os. Ce pète de tous les côtés, il tombe des tonnes d’eau et ça dure, ça dure. Le couple croyant la dernière heure arrivée, prient comme si le grincement des portes de l’enfer se faisait entendre entre deux coups de tonnerre , ils invoquent tous les saints dont il connaissent le nom, même ceux dont ils soupçonnent l’existence. Sans doute, leur prière furent plus fortes que les jurons de mon père, peut-être l’inverse, mais l’orage finit par se calmer et s’éloigner. On reprit la route, on arriva au village, juste à temps pour voir les gens sortir de l’église !

Monsieur Paul, l’homme qui regardait la mort.

Il n’est pas nécessaire d’avoir une profession bien vue pour devenir célèbre. Il y a des métiers qui sont absolument nécessaires, mais qui jouissent plutôt d’une mauvaise réputation, agent des pompes funèbres en est un exemple. Juste à côté, dans le même style, celle de médecin légiste peut sembler rébarbative. Cette dernière est plus scientifique et requiert des connaissances précises, il faut pouvoir affirmer sans se tromper, la cause d’un décès. Dans le cas d’une mort suspecte, il appartient à cette personne de démêler tous les détails de cette dernière, devant une cour d’assises la vie d’un accusé peut basculer d’un côté ou de l’autre selon ses affirmations. A l’instar de célèbres avocats qui furent quasiment des vedettes, un médecin légiste se hissa dans le monde des célébrités. il s’agit de Charles Paul. Né en 1879, médecin de formation, il fut un des personnages qui apporta sa contribution à une police devenue scientifique. Personnage à l’éloquence facile, très bon vulgarisateur, très persuasif, il devint un personnage clef lors de certains procès. Il apparut au procès de  Landru, Violette Nozière, Marcel Petiot. Il autopsia les corps de célébrités comme Jean Jaurès ou Jules Bonnot, Au cours de sa carrière qui s’étale sur plus de 50 ans, il pratiqua des autopsies sur presque 160 000 cadavres, ce qui fait une moyenne de 8 à 9 autopsies par jour ouvrable. Fréquemment, ces personnages côtoyant les choses morbides sont plutôt des joyeux caractères. On lui prête quelques bons mots qui font partie de sa légende. En voici quelques uns…
Très souvent ces personnalités un peu marginales et connues suscitent une curiosité pas toujours de bon aloi, alors souvent on les invite à dîner, il n’était pas réputé pour dédaigner les arts de la table et était plutôt du genre très bon vivant. On imagine qu’il avait des préférences pour ses fréquentations et ce n’est pas toujours d’humeur joyeuse qu’il répondait à ses invitations. Il le faisait savoir à sa manière, Souvent la maîtresse de maison se faisait un malin plaisir à lui demander de couper le gigot ou la selle de chevreuil. Pour éviter la corvée, il avait sa petite méthode. Quand il se pointait, souvent en retard, il disait à la maîtresse des lieux : « excusez-moi chère amie, j’ai été retardé par un client qui avait trois mois de caveau, m’autorisez-vous à me laver les mains ? »
Evidemment avec la professions qu’il exerçait on essayait de lui tirer une consultation à l’oeil. Imperturbablement il répondait : « Ne vous inquiétez pas, nous verrons cela à l’autopsie ! »
On le surnommait l’homme aux cent mille autopsies, chose qu’il trouvait parfaitement idiote. Pour preuve, il donnait en exemple le maître d’hôtel de la célèbre Tour d’Argent qu’il fréquentait assidûment et qui chaque fois croyait bon de lui glisser à l’oreille : « Monsieur le professeur, je vais avoir l’honneur de découper devant vous mon XXXX ème canard au sang ».
Un matin alors qu’il traversait la rue, il manqua de se faire écraser par une jolie conductrice qui lui cria : « Attention le gros ! ». Il releva le numéro de la plaque et retrouva l’adresse de la conductrice, chose facile pour lui, et lui envoya le mot suivant : « Le gros, madame, vous adresse ses respectueux hommages, et reste à votre entière disposition. Docteur Paul, médecin légiste. » Il paraît que le mari lui répondit en le remerciant et en lui affirmant que sa femme conduisait depuis plus prudemment.
Lorsque Henri-Georges Clouzot tourna son fameux film « Les Diaboliques ». Si vous l’avez vu, vous aurez remarqué qu’il y a une scène à la morgue. Le docteur Paul autorisa le cinéaste à tourner quelques scènes dans les lieux. La femme du réalisateur et actrice, Vera Clouzot, qui était présente se plaignit d’être incommodée par l’odeur. Le docteur lui glissa : « Ne vous formalisez pas ! », ce qui n’empêcha pas la dame de tomber dans les pommes, heureusement il y a avait un docteur sur place !

George Bernard Shaw, le célèbre écrivain anglais, aimaitz pratiquer la dérision et l’humour noir. A une personne qui le demandait de ses nouvelles il répondit : « Ca pourrait aller beaucoup mieux : j’ai un souffle au coeur, les poumons pris, un ulcère à l’estomac, mon foie est congestionné, et moi-même je ne me sens pas très bien. ». Il mourut quand même à 94 ans.

En passant

Bas nylons et jouer avec le feu

Quand une chanson me plaît vraiment, j’aurais assez tendance à collectionner les versions. Dans certains cas, cela peut se limiter à deux ou trois reprises. Pour d’autres le choix est plus vaste, il en existe des dizaines. Si elle est un tant soit peu originale, cela peut donner l’impression de la (re) découvrir et de l’écouter de nombreuses fois. Un titre qui devient un gros succès a de plus fortes chances de bénéficier de cet atout et aussi d’attirer un certain nombre de repreneurs. Pour les artistes les plus célèbres, on peut constater un autre phénomène. Des chansons classées comme titres secondaires parviennent à intéresser d’autres artistes qui en font leur propre version, et parfois même un succès. On se souvient du fameux « Michelle » des Beatles qui figurait sur l’album « Rubber Soul », dont on dédaigna la publication en 45 tours simple en Angleterre. Reprise par les Overlanders, elle se classa à la première place des charts. Par contre, elle dut s’effacer dans les pays où un 45 tours des Beatles fut édité avec la fameuse chanson. Toujours à propos des Beatles, la reprise de « With A Little Help From My Friends » lança la carrière de Joe Cocker en 1968. Beaucoup de monde remarqua cette chanson grâce à lui, alors qu’elle était un peu perdue sur le fameux album « Sgt Pepper ».

Avec les Rolling Stones, c’est un peu différent. Contrairement aux Beatles, leur répertoire est un peu moins accessible au premier abord, les lignes mélodiques sont plus compliquées, sans doute aussi moins attirantes pour un amateur de variété pure. Malgré tout de nombreux artistes reprennent un titre ou l’autre du répertoire, mais ce n’est pas exactement la même clientèle. Mais si on prend la peine d’explorer la discographie en détail, il y a des chansons qui sont de petites perles de douceur mélodique et d’ambiance comme « Play With Fire ». Enregistrée en Amérique en janvier 1965 avec la participation de Phil Spector à la basse, la chanson échappe totalement au style habituel du groupe pour l’époque. Elle contient de la guitare acoustique, du clavecin, un tambourin amplifié à travers une chambre d’écho. Les paroles évoquent l’idée de celle qui joue avec le feu et qui se brûle, une image qui colle assez bien avec l’image des Stones qui passent pour des voyous selon une certaine presse. C’est une des quelques chansons créditées à la composition de Nanker-Phelge, qui cache sous ce nom la signature des membres du groupe selon quelques sources, ou aussi Mick Jagger et Keith Richard, pas trop sûrs de leurs talents de compositeurs selon d’autres sources. Elle parut initialement comme face B du succès « The Last Time ». Personnellement, je la considère comme la chanson d’eux que j’ai le plus écouté et que je préfère. Un aperçu des nombreuses reprises de ce titre qui, il faut la constater, a supplanté, l’intérêt pour l’autre face. Elle figure encore dans le répertoire de scène du groupe.

L’original 1965

Sans doute la première et bonne reprise en 1966, le duo Twice As Much, le producteur est celui des Stones.

La reprise des Beau Brummels, 1966.

John Fred & Playboys avant le succès international de « Judy In Disguise », 1966.

Une belle version pop par West, Bruce, Laing, du beau monde, 1974.

La chanteuse d’origine italienne, Dana Valery, 1975.

Jon English, Une reprise assez originale, chanteur d’origine australienne.

Très différent et bon par les Fleshtones, 1980.

Diodes, des Canadiens un peu punks, 1982.

Manfred Mann’s Earth Band, 1996.

Le Français Rodolphe Burger ex Kat Onoma, assez réussi, 1998.

Dead Moon, emmenés par le légendaire Fred Cole, qui fit partie du must psychédélique sixties Lollipop Shoppe, ici en live 2002.

En live, les fameux Little Bob Story, 1982.

Bien trash, les Australiens Feedtime, 1988.

Sur scène, tout récemment.

 

 

En passant

Bas nylons mais pas en 1850

Je ne sais pas ce que vous considérez comme étant les inventions les plus significatives de l’histoire de l’humanité. Certaines relèvent d’un côté utile et pratique, voire indispensable. D’autres sont plus futiles, mais permirent une évolution considérable dans la connaissance et le domaine culturel. De ce point de vue, même si on peut vivre sans, la photographie est un apport gigantesque qui permet de soumettre de manière indélébile les limbes d’un moment quelconque dans la mémoire des hommes. Imaginez qu’elle serait notre vision de l’histoire si la photographie avait existé à la cour de Louis XIV. Il s’en faudra encore de plus de 100 ans avant que cela ne devienne une réalité. J’ai toujours considéré une photo sous deux aspects, un voyage dans le temps qui rencontre un moment d’éternité. Sans doute ceux qui s’adonnèrent à cette passion au 19ème siècle pensaient comme moi, mais un peu à l’envers, fixons le présent pour le futur. Par la grâce d’Internet, cette machine qui remplace un peu Dieu pour certains, il est aisé de se perdre dans les dédales du temps et aller frapper à des portes qui sont closes depuis longtemps, de voir des visages qui ne sont plus que poussières aujourd’hui, mais est-on vraiment complètement mort quand quelqu’un pense à vous ?

Fort de ces paroles, je suis aller en rechercher une douzaine qui furent prises entre 1850 et 1860. Visages, lieux connus ou inconnus, ils voyagent dans le temps.

Une assemblée de nobles anglais assistant à la mise à l’eau d’un bateau sur un chantier londonien.

Martin Van Buren, 8ème président des Etats-Unis.

Un couple avec un enfant posant devant les chutes du Niagara.

Marché public à Boston.

Jerusalem

Un chantier industriel de construction navale à Londres.

Morlaix, qui de Tréguier

Napoléon III, empereur de France.

Paris la Seine et l’île de la Cité.

Pierre Clément Eugène Pelletan, écrivain, journaliste, homme politique.

Une jeune fille hollandaise.

La reine Victoria et sa suite à une exposition d’art à Manchester.

Sources DP

En passant

Bas nylons et un mec un peu spécial

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De manière générale, la création d’un style musical est presque toujours le fait des artistes. Dans des cas beaucoup plus rares, une maison de disques arrive à servir de référence et devient pratiquement une icône pour un style précis. Par exemple, les fameux disques Sun à Memphis sont très réputés pour être une des pièces maîtresses de l’avènement du rock and roll dans les années 1950, surtout que le propriétaire, Sam Philips, est pour beaucoup dans la découverte d’Elvis Presley. Du côté des artistes noirs à cette période, les choses sont moins évidentes, mais le label Chess est en gestation et commence à enregistrer les premières pépites de ce qui va devenir un base de référence pour le monde entier à travers tous les musiciens anglais qui se feront fort de revisiter le style et lui donner une visibilité qui deviendra mondiale. Pour l’instant, le mouvement est encore assez marginal et intéresse plus spécialement la communauté noire. Le blues, le jazz, sont sans conteste originaires du sud des USA, la Louisiane, le Mississippi, le Missouri, sont les fiefs des bluesmen noirs qui pratiquent cette musique de manière assez artisanale. Le jazz fut le premier à prendre son envol au début du 20ème siècle et gagna  le monde en quelques dizaines d’années. Le blues reste alors assez confidentiel, bien que la frontière entre les deux musiques est parfois très ténue. Difficile de ne pas voir du blues dans certains disques de Louis Armstrong, mais pendant longtemps le blues est avant tout une musique acoustique, à l’accompagnement minimaliste, souvent une simple guitare.

C’est l’économie qui va s’en mêler à sa manière. L’état du Michigan et Chicago sont connus pour être une des bases de l’industrie américaine, notamment la voiture. Elle fait appel à une nombreuse main d’oeuvre dont les Noirs en sont une des composantes. C’est dans cette ville qu’Aristocrat records, devenu Chess par la suite, voit le jour en 1947. Ce qui va sans doute donner une orientation définitive à la musique du label, c’est que les fondateurs sont des Blancs d’origine polonaise, Phil et Leonard Chess. Les artistes seront presque exclusivement noirs, mais sous l’impulsion des managers blancs la musique deviendra électrique. La label va produire nombre d’artistes qui vont devenir de vraies légendes, mais aussi un compositeur – contrebassiste qui va se révéler un des pièces maîtresses du label, Willie Dixon.

Le plus célèbre artiste du label est Muddy Waters, bien que pas mal d’autres soient presque aussi célèbres que lui, enregistre en 1954, une composition de Wille Dixon « Hoochie Coochie Man », qui va imposer un style tant du point de vue rythmique que du tempo et susciter de nombreuses inspirations. Revisitons quelques interprétations de ce grand classique, comme d’habitude j’ai fait un choix, il y en a tellement.

L’original, Muddy Waters, 1954.

Le premier anglais à l’enregistrer Alexis Korner et Blues Incorporated, 1962.

Hoyt Axton, le fameux créateur de « Greenback Dollar » en folk et jazz, 1963.

Manfred Mann, c’est presque évident de la trouver chez eux, 1964.

Dion l’idole des teenagers aux millions de disques vendus, n’a jamais caché son admiration pour le blues. En 1964, il enregistre sa version très originale.

Les nashville Teens en 1964, une version assez inatteignable puisqu’elle ne figurait que sur le seul album d’époque publié seulement aux USA. On retrouve ce son et ce rythme appuyé si typique chez eux, lointain ancêtre du hard rock.

Long John Baldry, cet excellent pionnier du blues anglais, pousse la reconnaissance jusqu’à appeler son groupe Hoochie Coochie Men, dans lequel figure parfois un certain Rod Stewart, 1964.

Les Hollandais Johnny Kendall & Heralds, qui s’inspirent sans doute un peu de celle de Dion, un traitement qui s’approche plus du beat, mais aussi très original datant de 1964. C’est la première version que j’ai mise dans ma discothèque, il y a bien des printemps. J’adore toujours.

Les Rattles pour l’Allemagne, c’est la deuxième version entrée dans ma collection, 1965.

Wayne Fontana et les Minbenders, 1965.

Sam The Sham & Pharaohs, 1965.

Shadows Of Knight, 1966 premier album.

Une version assez inattendue, celle de Jimmy Smith, 1966.

Chuck Berry et le Steve Miller Band, 1967, live à St Louis.

Steppenwolf, premier album 1968.

La version du compositeur, 1970.

John Mayall l’enregistra en live en 1965 avec Eric Clapton à la guitare solo. Mais le titre ne fut publié qu’en 1977 sur une compilation.

Motorhead, en 1983, bonne version assez nerveuse.

Un document rare, de qualité moindre, Graham Bond Organisation dans une version live en 1965, on peut apercevoir Jack Bruce à la basse et Ginger Baker à la Batterie, deux futurs Cream et Dick Heckstall-Smith, un futur John Mayall, Sweet Pain, Colosseum,  entre autres.

Une version prise lors d’un concert des Doors en 1966.

En passant

Bas nylons et à propos d’Elle

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Une fois les blessures de la guerre plus ou moins pansées, les gens essayent de retrouver un semblant de vie normale. Chacun y va de ses goûts et de ses idées. Le superflu n’est pas le moins attrayant, c’est très souvent un des points de mire. C’est même assez vite un marché en expansion, on tente de procurer aux intéressés de quoi alimenter certaines rêveries. A partir de 1945, la femme n’est plus tout à fait considérée comme une simple ménagère dont l’occupation principale est de rester à la maison. La France a du retard  dans le domaine, ce n’est qu’en 1944 que le droit de vote leur est accordé. Certains s’imaginent avec raison qu’elle peut devenir une actrice plus importante dans le monde de la consommation. Actrice elle l’est déjà, mais dans des rôles plutôt subalternes surtout pour les femmes de condition modeste, comme acheter des paquets de lessive ou du fil à coudre pour réparer les dégâts à l’habillement.

La presse féminine existe depuis longtemps, mais elle est plutôt ciblée sur des conseils qui s’adressent à la ménagère ou à l’éducation des enfants. La presse consacrée à la mode est réservée à une plus petite élite de femmes qui ont les moyens et une certaine indépendance. La presse qui paraîtra après la guerre d’adressera à la gent féminine de manière différente, on lui fait miroiter qu’il est possible d’être elle aussi une actrice, au propre comme au figuré, en prenant de manière plus active son destin entre ses mains. On peut être belle avec des petits riens qui ne coûtent pas cher, comme le maquillage, les cosmétiques qui résolvent tous les problèmes de peau, ou la petite broche à prix imbattable que vous épinglez sur votre tailleur.

Un des journaux qui prit son essor après la guerre fut le fameux Elle qui deviendra une référence pour des dizaines d’années. Le premier numéro parut en 1945 en publication hebdomadaire. Je vous en ai sélectionné un numéro de mars 1948, alors qu’il est déjà une référence, qui offre un article assez significatif de cette (r)évolution féminine. En quelque sorte on se permet de donner des conseils à la femme qui désire se marier, l’homme de ses rêves est-il vraiment le bon parti ? Ce genre d’article aurait été presque impensable quelques années auparavant. C’est l’homme qui choisissait, du moins c’est ce qu’il croyait, affirmer le contraire dans les discussions entre hommes l’aurait fait passer pour un plouc. Dans les autres extraits de ce numéro, vous verrez qu’en fait on ne privait pas d’essayer d’impressionner la femme avec les grosses ficelles de la vente s’adressant à nos compagnes. Le produit Truc qui est forcément meilleur, la silhouette parfaite que l’on obtient avec Machin, sans oublier les conseils de l’astrologie qui vont indubitablement vous éviter tous les tracas qui pourraient vous arriver si vous lisez mal les conseils que l’on vous prodigue pour trouver le mari idéal quelques pages avant. Ce n’est pas encore les femmes aux seins nus que l’on verra vingt ans plus tard, elle arbore déjà une tenue légère, mais elle peut déjà choisir la marque et la couleur de son soutien-gorge entre des tas de publicités plus ou moins vantardes.