En passant

Bas nylons garage et maquillage

Sixième volume de la compilation « Girls In The Garage ». Comme le volume précédent, il fait la part belle aux inconnus. Le titre que je mets en évidence sent assez l’inspiration de Jefferson Airplane. Le nom du groupe est celui d’une plante carnivore d’assez grande dimension, qu’on ne trouve qu’aux Etats-Unis. Le titre qui figure sur la compilation est la face B « The Note » de leur unique 45 tours. Mais comme c’est assez intéressant , j’ai également mis la face A, un titre que j’ai passablement écouté.

MA SELECTION DE CET ALBUM

The Venus Flytrap – The Note

Californie 1967

Have You Ever face A

Kari Lynn – Cleo Cleopatra

Pat Downey & The Vistas – Real Live Love

Dori Peyton – Ringo Boy

TThe Cupons – Turn Her Down

Ellaine & The Shardells – Tell Me That You Care

Crazy Girls – Hey Hey, Ha Ha

Jonna Gault – I’m Never Gonna Cry Again

Millie Rodgers – There You Go

Karin Krogh & The Public Enemies – Watermelon Man

Tacey Robbins My L.A.

Donna Loren So, Do The Zonk

The Fatimas Hoochy Coo

Karen Verros – You Just Gotta Know My Mind

Roberta Wolfson – Tobacco Road

Dans d’autres articles je vous présente des productions françaises qui eurent le privilège d’être publiés au format EP, c’est à dire quatre titres par disque, un phénomène typiquement français qui n’a pas vraiment un équivalent ailleurs pour les fifties et les sixties. Il en existe des milliers. Mais le 45 tours single existe aussi, souvent pressé en quantités moindre et surtout destiné à la promotion et pour les jukeboxes. Ceci perdura tout au long de la vogue du EP qui commença à décliner à partir de 1967. La publication en single devint la règle, sauf des exceptions de plus en pus rares. Pour certains artistes, ils sont devenus un objet de recherche par les collectionneurs, encore plus s’ils sont présentés dans une pochette avec une photo. les fans d’Hallyday connaissent bien la chose. Mais que ce soit avant, pendant, ou après 1967, quelques publications atteignent parfois de jolies sommes.

Les Koobas, un groupe a l’existence assez éphémère, juste le temps de produire quelques beaux collectors pour la postérité. Aucun de leurs disque ne fit la moindre apparition dans les charts, même s’ils gagnèrent une certaine réputation en se produisant avec les Beatles, les Who, Jimi Hendrix lors de concerts. C’est surtout la seconde période, teintée de psychédélique à l’anglaise qui attire les collectionneurs, spécialement leur unique album de 1968 qui peut friser les 2000 euros. La France publia deux singles, dont le second est du genre très rare et bien coté. C’est celui-ci que je vous présente.

The Koobas – Columbia – CF 165 – Publié en 1968, meilleure enchère sur Ebay 611 euros.

Where Are The Friends

Royston rose

Garage Nouvelle Vague

Le mouvement garage engendré pendant les sixties n’est pas mort, sans qu’ils pullulent, il y a encore de nombreux artistes qui aiment reprendre ces chansons dans des versions carbones ou modernisées. En voici deux exemples.
Ce sont des reprises du groupe de New York, The Third Bardo, actif vers 1967

Les Américains de Plan 8, une version hypnotique de « Five Years Ahead Fom My Time », un must absolu du psychédélique

L’Allemand Golly Mc Cry – My Rainbow life

En passant

Dimanche en quelques manches d’automne (5)

Les archives de la tv allemande sont d’une richesse exceptionnelle. La principale émission fut Beat-Club de 1965 à 1972. L’Allemagne devint une terre d’accueil pour de nombreux artistes qui n’arrivaient à percer en Angleterre. D’un autre côté, les bases de l’armée américaine stationnées dans le pays créaient un appel d’air pour distraire les GI’s. Ceci avec cela permit un défilé impressionnant d’artistes qui pour quelques-uns réussirent une carrière principalement allemande du point de vue du succès. Et puis il y a encore ceux qui se firent la main en terre allemande avant de connaître un succès international, les Beatles sont les plus connus, mais il y aussi les Searchers, Gerry et les Pacemakers.
L’émission Beat-Club permit à nombre d’entre eux de passer devant les caméras. C’est d’autant plus admirable que ce sont pour certains les seuls documents filmés qui existent d’eux. Le show accueillait aussi des noms très connus de passage en Allemagne et on peut de temps en temps les découvrir dans des titres que l’on ne trouve pas forcément dans la discographie habituelle. En plus, les chansons sont interprétées parfois en vrai live, ce qui fait que les versions sont différentes. Que demander de plus ?
En voici une seconde livraison.

The Tages – In My Dreams (1967)

Freddie & The Dreamers – Run For Your Life (1966)

The Mersey Counts – Hooray for Hazel (1967)

The Hollies – Offenbach Blues (1967)

David Garrick – Dear Mrs. Applebee (1967)

Paul Jones – High Time (1967)

The Troggs – With A Girl Like You (1967)

Herman’s Hermits – My Reservation’s Been Confirmed (1966)

The Hep Stars (feat. Benny Andersson – Abba) – No Response (1966)

Chris Farlowe – Out Of Time (1966)

The Small Faces – Hey Girl (1966)

The Spencer Davis Group (feat. Steve Winwood) – Keep On Running (1966)

The Mindbenders – Land Of 1000 Dances (1966)

Lee Curtis – Nobody But You (1966)

The Searchers – Love Potion No. 9 (1966)

The Rainbows – My Baby Baby Balla Balla & Outro (1966)

Johnny B. Great & The Quotations feat. Beryl Marsden – I Know You Don’t Love Me No More (1966)

The Kentuckys – The Uncle Willie (1966)

The Sorrows – You’ve Got What I Want (1966)

The Kinks – You Really Got Me (1966)

En passant

Bas nylons et musique pour rire

Le monde de la musique fait aussi partie de l’histoire, mais on y retrouve parfois de drôles de notes. Je vais prendre la place du chef d’orchestre et vous en interpréter quelques unes.

Gioacchino Rossini

Quand vous regardez un dessin animé et qu’il y a une poursuite, vous risquez fort d’entendre un fond musical très connu extrait de L’Ouverture de Guillaume Tell composée par Gioacchino Rossini (1792 – 1868). Il est né à Pesaro, aujourd’hui dans la province Marches . Comme bien de ces compositeurs devenus célèbres, ils avaient tous une part d’excentricité. Rossini était un surdoué de la composition musicale, il composait comme certains jouent aux cartes. Venu s’installer à Paris. il arrêta pratiquement de composer à cause de la révolution de 1830, ce fut sa seule action politique connue. Il aimait la bonne chère et l’art de bien manger. On dit qu’il passa les trente-huit dernières années de sa vie à confectionner de parfaits macarons, une de ses spécialités. Le fameux tournedos Rossini aurait été créé ou inspiré par lui. Rappelons qu’il s’agit d’une pièce de viande avec du foie gras poêlé avec des lamelles de truffes et une sauce au madère, ce qui est quand même vachement meilleur qu’un hamburger chez qui vous savez. Il déclara avoir pleuré deux fois dans sa vie, une fois en entendant le Requiem de Mozart, l’autre sur un bateau en voyant le maître d’hôtel laisser tomber une poularde aux truffes dans le lac Léman.
Il avait aussi ses sujets de coquetterie. Etant presque chauve, il avait une collection de perruques avec différentes longueurs de cheveux. Il en changeait en ordre crescendo, comme si de vrais cheveux avaient poussé normalement. Il remettait celle avec les cheveux les plus courts pour faire croire qu’il avait passé chez le coiffeur.
Il composa un ultime requiem… pour ses propres obsèques.

Mais il avait aussi le sens des bons mots…

Alors qu’il était au piano et qu’il sortait une belle cacophonie de son instrument en jouant une partition de Wagner, un élève lui dit : « Maestro la partition est à l’envers. »
– J’ai commencé en la mettant dans l’autre sens, mais c’était pire.

Alors qu’il écoutait une cantatrice qui interprétait une de ses oeuvres Le barbier de Séville, agacé par son jeu il lui dit : « Mademoiselle, votre voix est très belle. Mais de qui peut être cette affreuse musique ? »

Une femme moche, vieille, laide, avait tenté plusieurs fois de rendre visite à Rossini. Elle fut assez sèchement éconduite par la maîtresse de maison, probablement sa seconde femme, la belle Olympe Pélissier. Croisant Rossini sur le boulevard des Italiens, l’une de ses promenades favorites et lieu prédestiné, elle se plaint au maestro. Il l’écouta, puis lui dit : « Que voulez-vous, elle est si jalouse ! »

Lettre manuscrite de Rossini, français très correct pour un Italien.

Rossini a beaucoup été repris dans les cartoons. ici dans Le Barbier de Séville via Tex Avery

Thomas Beecham

Il y a la musique de chambre et la musique de pot de chambre…
Le célèbre chef d’orchestre anglais Thomas Beecham (1879 – 1961), fondateur du Royal Philharmonic Orchestra, répétait l’opéra de Verdi Aïda en dirigeant les musiciens et les choeurs. Il s’énervait car il n’arrivait pas à obtenir autre chose qu’une belle cacophonie. Il s’apprêtait à tout plaquer lorsqu’un éléphant (prévu dans une scène) arriva plus tôt que prévu. L’animal s’avança paisiblement et s’arrêta vers les choeurs. Il posa alors une immense crotte. Le maestro s’exclama :
– Quelle affreuse éducation, mais quel merveilleux jugement !

Lors d’une autre répétition, il dit à une violoncelliste !
– Madame, vous avez entre les jambes un instrument qui peut donner du plaisir à des milliers de gens, et tout ce que vous savez faire c’est de le gratter.

il n’appréciait pas la voix du soprano James Holden Taylor, qui faisait l’objet d’une admiration universelle :
– On dirait de la merde soufflée à l’envers dans une trompette.

Arthur Honegger

Petite histoire qui montre bien que l’on est trahi que par les siens…
Le compositeur éclectique suisse Arthur Honegger (1892 – 1955) entendit un jour sa bonne raconter aux voisins :
– Mon maître est trop pauvre pour acheter un poste de radio. Il fait sa musique lui-même.

Mozart

Les bons conseils font les bons mozamis…
Mozart recevait un musicien ayant l’ambition de composer une symphonie et qui lui demandait quelques conseils.
– Vous devriez commencer par quelque chose de léger, un lied, et ensuite atteindre progressivement le niveau de la symphonie.
– Mais, Maître, vous avez composé des symphonies à l’âge de huit ans…
– Oui, mais je n’ai jamais demandé à quelqu’un comment faire.

Un opéra vaut bien dix maréchaux…
Caterina Gabrielli (1730 – 1796) fut une cantatrice star à une époque où en être une se faisait surtout par le bouche à oreille. Malgré tout, sa réputation arriva jusqu’à la grande Catherine II de Russie (1729 – 1796, femme connue pour son érudition), mais aussi pour son tempérament ardent du côté du lit à baldaquins. On peut être impératrice et prévoir une fin de mois difficile. Le prix demandé par la diva pour se produire devant elle fit tousser la Catherine :
– Je ne paye sur ce pied-là aucun de mes mes feld-maréchaux.
– Dans ce cas, dit la diva, Votre Majesté n’a qu’à faire chanter vos feld-maréchaux.
Le Choeur de l’Armée Rouge, n’étant encore qu’un lointain projet, elle accepta le prix demandé.

Frederic II de Prusse

Remède cheval pour un chameau.
Frederic II de Prusse (1712 – 1786) aimait le spectacle, le théâtre et l’opéra. En bon Allemand, il aimait bien les préférait que les choses soient réglées comme du papier à musique. Il ne regardait sans doute pas à la dépense, mais en voulait aussi un minimum pour son argent. Un cantatrice, dont l’histoire n’a pas retenu le nom, devait donner un spectacle à Postdam. Elle était très connue pour ses petits caprices et emmerdait tout le monde. Les faits arrivèrent jusqu’aux oreilles du roi et il se doutait un peu que le soir du spectacle, il pourrait y avoir quelques contretemps. En effet, on annonça que la représentation était reportée car la fameuse cantatrice prétextait être enrouée. Se sentant solidaire de son état de santé, enfin à sa manière, il envoya un officier et quatre dragons chez la cantatrice.
– Madame, dit l’officier, le roi me charge de vous demander des nouvelles de votre chère santé.
– Je suis très enrouée.
– Sa Majesté le sait, aussi Elle m’a chargée de vous conduire à l’infirmerie de l’hôpital militaire où vous serez rétablie en peu de jours.
La voilà donc entourée de cinq militaires qui la font monter dans un carrosse qui se dirige vers l’hôpital. En cours de route, le diva se sentit beaucoup mieux et annonça qu’elle était guérie. La carrosse fit demi-tour et on la ramena dans sa loge. Elle se changea, mais avertit l’officier en grinçant qu’elle n’était pas certaine de pouvoir faire ses vocalises à la perfection. L’officier s’inclina avec une courtoisie toute germanique :
– Je vais placer un dragon dans chaque coulisse, ne vous en faites pas, au moindre couac les soldats vous conduiront immédiatement à l’hôpital.
Frederic II et les habitants de Postdam purent assister à l’opéra qui en ravit sans doute plus d’un, mais nul ne se douta que deux personnes qui tenaient la baguette ce soir-là.

MUSIQUE MEDIEVALE

Les rois composent aussi de la musique. Voici une chanson écrite par la fameux Richard Coeur de Lion (1157 – 1199), fils d’Aliénor d’Aquitaine et de Henri II roi d’Angleterre. Il la composa alors qu’il était prisonnier, de la fin 1192 au début 1194. Les paroles sont en occitan, langue qui s’étendait alors dans le tiers sud de la France et de la Catalogne, et qui subsiste encore aujourd’hui dans certaines régions, surtout en Provence. C’est une belle langue très chantante, mélange des langues latines voisines, malheureusement en voie de disparition. Les paroles en occitan figurent en haut du clip.

Source gallica.bnf.fr / BnF / DP / Wikipédia.