Adèle et les bas nylons

J’ai rencontré Adèle en fidèle amatrice de bas. Quand je dis amatrice, le terme de professionnelle lui conviendrait mieux. En effet, ce n’est pas une convertie de fraîche date, elle n’a porté que cela tout au long de sa vie et ne s’en cache pas auprès de ceux qui la connaissent. Lors de notre rencontre avec elle et son mari, nous avons bien sûr discuté de cela en toute simplicité comme si nous avions parlé de n’importe quel autre sujet. Nous avons décidé d’un commun accord de donner une suite à cette rencontre sous la forme d’un questionnaire d’une trentaine de questions qui donne un éclairage sur sa personnalité. Pour moi, il est essentiel que ce genre de témoignage parvienne au plus grand nombre, pas tellement les messieurs, mais les dames qui hésitent à franchir ce pas qui mène vers la féminité dans ce qu’elle a de plus beau. Il est le milieu de la route entre celles qui à travers un blog nous charment de leurs photographies et celles qui refusent de rester totalement anonymes, au nom de la défense d’une véritable élégance. Ce n’est que comme cela que de nous ferons avancer cette cause, chère à moi et à tant d’autres. Mais nous ne serons jamais trop.

Je remercie Adèle du fond du coeur pour sa participation au questionnaire, sa gentillesse et son élégance lors de notre rencontre.

1.     Dans quelle tranche d’âge vous situez-vous?

–  56 ans.

2.     Êtes-vous mariée ou vivez-vous en couple?

– Mariée.

3.    Quel effet cela vous fait-il de répondre à un questionnaire axé uniquement sur le bas nylon?

– Si cela pouvait donner envie a des personnes de tout sexe d’en porter..

4.     Avez-vous commencé par porter des collants, pendant combien de temps?

– Pas beaucoup, sauf en laine sous une robe courte ou un short l’hiver.

5.     Quand vous étiez adolescente quelqu’un de votre entourage portait-il des bas?

– Oui ! C’était l’époque.

6.     Si oui, comment considériez-vous les bas à ce moment-là?

– Toujours de la même manière qu’aujourd’hui. Une sensation de douceur.

7.    Quand vous avez porté des bas pour la première fois, quelqu’un vous a-t-il influencé?

– Non je suis tombée en admiration devant des dessous .

8.       Qu’est-ce qui vous a décidé de franchir le pas?

 – La beauté de ces dessous

9.    Portez-vous exclusivement des bas maintenant?

– Oui même quelque fois sous des pantalons.

10.    Si non, à quelle fréquence?

       –
11.    Considérez-vous que le bas a un fort potentiel érotique?

– Bien sur! D’abord pour moi,  puis pour celui ou celle qui pourrait les apercevoir.

12.    Quel style bas affectionnez-vous le plus, genre, matière, teinte?

– Bas nylon 15 deniers avec ou sans couture, teinte selon mes couleurs de vêtements.

13.    Un genre que vous n’aimez pas éventuellement?

– La soie épaisse.

14.    Combien de paires en possédez-vous ?

– Plus de 400 paires.

15.    Quand vous portez des bas, avec quel sous-vêtement les portez-vous le plus souvent?

– Avec un porte-jarretelles.

16.    Que possédez-vous comme pièces de lingerie en rapport avec le fait de porter des bas?

– Guêpière, porte jarretelles et aussi serre-taille.

17.    Considérez-vous le fait d’accorder votre lingerie en style et couleurs comme indispensable?

– Bien sûr! Cela va de la beauté.

18.    Quatre ou six jarretelles ou plus?

– 4 jarretelles.

19.    A quelle fréquence faites-vous des achats lingerie?

– Trois fois par an et c’est mon mari qui fait souvent l’achat et j’en suis ravie.

20.    Avez-vous des copines, des amies, qui sont égalent adeptes du bas?

– Je ne sais pas, mais j’ai mon mari.

21.    Que l’on devine que vous portiez des bas, bosses sur une jupe, lisière visible, cela vous gêne-t-il?

 – Non pas du tout, bien au contraire.

22.    Parfois, selon les circonstances, vous êtes-vous amusée à faire savoir que vous portiez des bas?

 – Oui par un croisement de jambe, un escalier, un sol ,en voiture en relevant la jupe.

 23.    Hésiteriez-vous à réajuster une jarretelle devant une connaissance?

– Non pas du tout! C’est plus érotique qu’un homme qui se réajuste.

24.    Si un homme vous complimente parce que vous portez des bas, comment réagissez-vous?

– Je lui dirai merci du compliment et pourquoi pas engager une conversation sur le sujet…

25.    Avez-vous une anecdote à nous raconter d’une situation gênante en portant des bas?

– Un soir mon mari et moi étions dans un sex shop à Paris je regardais une vitrine avec des godes, et avant  la fin de la  vitrine, il y avait un escalier. Omnibulée par la vitrine, je n’ai pas vu l’escalier et j’ai chuté jusqu’en bas. En remontant, mes bas étaient déchirés et il fallait sortir du magasin. J’étais gênée.

26.    Une situation marrante?

– La même que dessus. Maintenant, j’en rigole.

27.    Quel conseil donneriez-vous à une femme qui ne veut absolument pas porter de bas?

– Je lui dirais d’essayer pour qu’elle ou il éprouve cette sensation de douceur, de caresses, de  sensualité, d,érotisme, de féminité. En fait, un énorme plaisir.

28.    Y a-t-il une question, des questions, que vous auriez aimé que l’on vous pose et que ne l’ont pas été ?

– Enormément ! Quel plaisir de se laisser déshabiller, qu’on vous regarde, qu’on vous touche, que l’on vous sente de la  tête au pied, puis caresser le corps de l’autre avec des jambes galbées de nylon .

29.    (Facultatif)   Les bas et la sexualité. Pensez-vous que le bas joue un rôle dans le rapport sexuel.

-Ouïe, la vue, l’odorat, le toucher, autre…    Vous pouvez argumenter.

N’hésitez pas à remercier Adèle pour nous avoir fait part de ses réponses. Et si vous mesdames, vous désirez aussi défendre la cause du bas nylon en répondant à ce questionnaire, c’est l’occasion d’apporter votre témoignage en toute discrétion. Porter des bas dans son petit univers, c’est bien, mais le prouver aux autres, c’est encore mieux. Pour cela, point n’est besoin de grandes rencontres et de grands discours, le virtuel nous offre ses possibilités infinies. Et il ne s’use même pas si l’on s’en sert! Le mail de contact vous attend, moi aussi!

Le bas nylon à travers le monde

Eh bien nous y revoilà. Après avoir parcouru la France des jambes couvertes de nylon, j’ai pensé qu’il serait intéressant de parcourir le vaste monde à la recherche du même sujet et de tous ses accessoires. Toujours via les recherches effectuées sur Google. Bien sûr, j’ai dû employer les termes correspondants dans la langue anglaise, c’est à dire:

Nylon stockings, équivalent de notre bas nylon, j’ai volontairement ajouté nylon, car dans certains pays le mot bas est d’un emploi très courant pour désigner l’endroit où l’on dépose les cadeaux de Noël, Christmas Stockings. Les moteurs de recherches étant insensibles à la joie des enfants, il sortiront ce qui est lié au nylon et à la fête. Je crois que dans l’esprit d’un anglophone quand il a envie du voir des jambes en nylon, il ajoute le mot, sauf s’il croit encore au Père Noël.


Seamed Stockings symbole de l’élégance, c’est l’équivalent de notre bas à couture


Suspender belt ou suspenders belt
c’est l »égal de notre porte-jarretelles, bien que le terme suspenders désigne des bretelles et belt, une ceinture. Pour eux, c’est donc une ceinture de bretelles qui galope dans leur imagination érotique.

Garters Terme américain, parfois ajouté à belt pour les personnes qui sont bi-nationales ha! ha!. La traduction intégrale est jarretière, celle qui donna son nom à l’ordre du même nom et qui fut pendant des siècles ce qui empêcha les bas de tomber sur les souliers! Spectacle d’une rare intensité pour celui qui pouvait en voir une, alors que les robes des dames remplaçaient assez facilement les balais dans les salons huppés.

Corset Terme identique dans les deux langues.

Waist cincher ou waspie, Notre serre-taille est aussi de la revue, le terme waspie est surtout employé en Angleterre, je l’ai écarté du résultat, car il ne fait apparaître qu’une ville, Londres. Avec le corset, il peut très bien servir de parure sans porter de bas, mais alors visible comme survêtement. Mais dans le majorité des cas, il s’agit je crois, du corset qui s’approche de la guêpière dans sa conception et sert à tenir les bas.

Evidemment, d’une certaine manière, les termes anglais dominent la planète Web. Je pense que l’habitant d’un pays à la langue un peu exotique, va effectuer les recherches en anglais si il veut trouver un panel plus large. J’imagine que le mot porte-jarretelles écrit en serbo-croate, doit donner des résultats assez peu convaincants ou insignifiants. De même que Google resterait coi pour en tirer une statistique représentative. Comme on le verra cela se confirme pour certains pays.

Pour ceux qui n’ont pas encore ou pas lu l’article précédent, un résumé des résultats des recherches selon Google.

Impossible de savoir en nombre absolu les personnes qui ont fait les recherches, la calculation est est ainsi faite. Le meilleur résultat toutes époques confondues donne 100. Par rapport à ce chiffre vint se greffer pour les autres périodes, le résultat atteint (100 – quelque chose), c’est à dire moins. Si le nombre des recherches postérieures (sans jeu de mots) dépassait le plus haut chiffre précédent, il deviendrait alors le 100 de référence, décalant le précédent vers le bas (toujours sans jeu de mots). Les statistiques commencent en 2004. Je donne aussi la liste des villes qui apparaissent dans le classement géographique. Il ne faut pas oublier que les campagnes sont souvent reliées à des fournisseurs d’accès Internet situés en ville, donc il faut aussi inclure la banlieue et la périphérie, où par ailleurs peuvent se trouver les fournisseurs des grandes villes.

Pour voir le détail, cliquer sur chaque graphisme qui s’agrandira


Nom de la recherche nylon stocking


Premier tableau

Evolution depuis 2004, le nombre de recherches a tendance à décroître. Nous avons constaté le même phénomène pour la France.

Deuxième tableau

La Grande Bretagne arrive en tête, ce qui pour moi n’est pas vraiment une surprise. On sait les Anglaises assez coquines. L’intérêt pour les bas, si il s’est ralenti comme ailleurs, s’est bien plus vite rallumé. Les sites de vente en ligne, pour de l’authentique vintage, bas et porte-jarretelles, est bien plus ancien qu’en France. Il ne fait aucun doute que l’intérêt existait.
La suite est assez renversante, Suède et Finlande viennent après, la première très près du premier. Irlande et Canada, dans une certaine logique sont là, mais pour ce qui est des pays en partie francophones, la Belgique et la Suisse sont dans le tableau, ainsi qu’une assez inattendue Pologne. La France n’y apparaît pas, toujours assez réfractaire à l’anglais, mais qui offre aussi beaucoup de résultats dans la langue nationale. En fin de classement les Pays Bas. On peut aussi être très surpris de ne pas voir les Etats-Unis, l’Australie et surpris par l’absence de l’Allemagne dont les citoyens parlent presque tous anglais ou en ont de vastes connaissances. Toutefois le tableau géographique de droite montre que des recherches sont effectuées, mais insuffisamment pour atteindre les dix premières places. L’Italie, le Danemark, la Chine (?) et la Turquie (?) ne sont pas absentes non plus. Les résultats de cette recherche m’ont vraiment interloqué.

Troisième tableau

Trois villes anglaises arrivent en tête, Helsinki est plus demandeur que Londres. Bruxelles est juste derrière suivi par une très surprenante Varsovie et plus loin Milan.

Quatrième tableau

Les termes usuels qui guident les recherches. Rien de très étonnant, sinon une idée sur la langue, comme nylons avec un s qui sous-entend bas nylon, toujours ce sens de l’abréviation typique de l’anglais. Plus rigolo, l’idée de free stockings, c’est à dire bas gratuits, il doit s’agir d’une recherche écossaise, selon la réputation, à tort, qu’un leur fait. Dans la partie droite, l’évolution de la demande des termes. Là je vais vous donner un tuyau avec le très intriguant stocking tube. Non il ne s’agit pas d’une identification dans la libido, bas nylon me fait penser à un tube, pas du tout. Si je vous dis YouTube, oui, vous avez saisi.

Nom de la recherche suspender belt, garters

 

Premier tableau

Les deux termes sont liés dans la même recherche, suspender belt en bleu, garters en orange. Le terme garters, donc en principe américain, surclasse le suspender belt. Une assez belle régularité.

Deuxième tableau

Première constatation, le terme garters, toujours en principe américain, surclasse le suspender belt. Mais on remarque que le départ de la recherche depuis l’Angleterre est lui aussi centré sur garters et même prépondérant. On pourrait en déduire que dans l’imagerie anglaise, la chance de trouver un résultat plus vaste passe par ce mot ou que c’est plutôt une spécialité des cousins d’Amérique. Juste ou faux, on en sait rien. Même chose pour l’Australie. Mais voici la France au fond des % de recherches, 2 contre 1 pour garters. Par contre les Américains emploient garters à 100%, ils ignorent l’autre. En réalité, ils sont en tête du classement version garters. Et vraiment derrière quelques pays un peu exotiques en matière de lingerie, mais qui semblent avoir quelques adeptes, des éxilés? Possible.

Troisième et quatrième tableaux

Les villes liées à chaque terme

Dans l’appellation anglaise, c’est Manchester qui arrive en tête. Second le terme poplar abréviation de populaire qui doit regrouper dans l’esprit Google, un peu tous les endroits d’où partent `les recherches, c’est assez dire que ça fuse de partout. Brentford, dans la banlieur de Londres. Ici on trouvait une importante manufacture de nylon en Angleterre. le terme doit être pris dans le sens large du terme, tout ce qui est en nylon, chemise, bas etc… Cela fausse peut-être un peu la statistique, mais rappelons que la recherche de départ est suspender belt. Ensuite Birmingham, Thames Ditton, Londres.

Côté US, Chicago, Dallas, ensuite d’autres grandes villes. Remarquez qu’il ne s’agit pas spécialement d’endroits qui ont la réputation de tranquillité, les deux premiers cas surtout. Alors l’accessoire lié aux lieux ou ça bouge? cela semble assez probable.

Cinquième et sixième tableaux

Côté anglais, les recherches semblent aller droit au but, décliné dans toutes ses formes. Notons pour la première fois la notion de couleur, le blanc. dans le tableau de droite, les termes en demande et en hausse. Très remarquable, le porte-jarretelle rétro est en tête, une nouvelle tendance qui a l’air de s’affirmer. Le corset avec jarretelles est juste derrière. Aussi une couleur, le rouge, une matière, la soie. Il semblerait que les anglais tablent sur le retour vers l’ancien et les matières nobles.

Les Ricains mettent un peu d’eau dans leur vin. Il semble que l’accessoire est très et surtout lié à un moment particulier, le mariage. Termes: wedding, bridal, en font partie et prom, en vogue dans les bals de promotions. La touche humoristique est l’apparition de sock garters, c’est à dire les fixe-chaussettes. Peut-être les dames de là-bas fantasment sur l’accessoire. La partie droite confirme largement la gauche. Un peu d’exotisme Stars And Garters, qui fut une célèbre émission de variétés des années 60, pas spécialement axée sur l’exibitionisme.

Nom de la recherche seamed stockings


 

On le dit en demande, nous l’avons analysé pour la France. Qu’en est-il dans le vaste monde?

Premier tableau

Evolution tranquille, en baisse toutefois. Les buts de la recherche sont largement les diverses méthodes pour en trouver et en acheter.

Deuxième tableau

Sans trop d’étonnement, trois pays dominent. Largement en tête l’Angleterre, c’est là qu’on en raffole. USA et Canada paraissent assez modestes, mais sont là. Ensuite quelques pays où le bas à couture doit être un objet moins visible que les soucoupes volantes.

Troisième tableau

Les villes

Milton Keynes en tête, cela ne vous dit rien? Sachez juste qu’il y a là, un très grand centre commercial, 200 magasins dans un seul lieu. Alors on se renseigne avant d’aller voir. Birmingham et Manchester viennent ensuite. Les villes anglaises dominent largement, les USA et autres n’apparaissent pas. Peut-être un indication sur le style d’achat des citoyens des divers pays.

Quatrième tableau

Très parlant. On semble attacher plus d’importance à la couleur noire qui arrive aux deux premières places. Le vintage apparaît aussi, ainsi que le fully fashioned, terme ancien pour désigner l’authentique bas à couture. On semble aussi privilégier la production nationale liée au terme UK. Dans la partie droite, un moment d’angoisse, le plus fort indice en progression est seamed tight, autrement dit, collant à couture. On retrouve la notion de vidéo, ainsi que le bas résille. Plus rassurant, le terme est lié avec buy, acheter.

Terme de la recherche corset



Nul doute que cet accessoire fasse aussi partie des accessoires en demande. On pourrait dire que c’est un classique, pas toujours forcément dans l’optique de servir à tenir des bas chez les dames. Mais nul doute que si elles ne le font pas systématiquement, elles y pensent. Il sert aussi comme vêtement de « décor » porté par dessus, joliment affiné dans des tissus nobles pour les plus chers. A ce dernier on peut lui adjoindre la version cuir ou vinyle en vogue chez les fétichistes. Dans ce cas là, les jarretelles sont très souvent présentes. Il existe aussi des personnes qui servent le corset dans un but de minceur et de profil de silhouette et plus rarement dans un but médical.

Premier tableau

C’est une recherche toujours très présente et très régulière, aussi très stable.

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Deuxième tableau

La répartition géographique est sans trop de surprises pour les deux premières places, l’Angleterre et les Etats-Unis. Grande surprise à la troisième où l’Iran arrive juste derrière. Peut-être un natif de là-bas pourrait nous expliquer l’intérêt de ce pays pour cet accessoire, mais il se peut très bien que les dames ou demoiselles du coin ne manquent pas de coquetterie, même si le tendance générale est assez peu démonstratrice dans la rue. Pour le reste on retrouve en gros les grands pays du Commonwealth. Se glissant entre,  la France et les Pays-Bas, pas étonnant mot identique pour la première, un peu plus inattendu pour la seconde.  Singapour figure aussi dans le classement. Au vu de l’étendue du pays et du nombre d’habitants, cela doit présenter un nombre assez conséquent de recherches. Autrement dit, ils ont l’air très branchés sur le sujet.

Troisième tableau

Les villes anglaises sont largement favorites, Manchester, Brentford (banlieue de Londres dont nous avons parlé plus haut), Londres, ensuite divers USA,  Sydney, Toronto et Amsterdam, où il n’y pas que des marins qui chantent.

Quatrième tableau

Les termes de recherches font penser au fait de porter  le corset par dessus, amalgamé avec le mot robe. Pour le reste, c’est le côté sexy qui prime dans diverses manières de le porter, genre, couleur et comme accessoire de mariage. Egalement lié avec le piercing et les fortes tailles, en progression dans le tableau de droite.

Terme de la recherche waist cincher


La fameux serre-taille.  A mi-chemin entre le corset et le porte-jarretelles, c’est l’accessoire qui monte. Pas seulement sur le haut du ventre , mais dans l’estime des porteuses de bas. Pour celles qui en mettent souvent, c’est un bon compromis entre le modelage de la taille sans l’écraser,  le maintien des bas bien en place, surtout ceux à couture. Et puis,  étant souvent d’inspiration très rétro, il offre beaucoup plus de présence visuelle quand une dame dévoile ses charmes cachés. C’est évidemment un sous-vêtement prisé par celles qui ont envie de s’habiller dans une mode années 40-50,  moins par les porteuses de bas occasionnelles. C’est quand même un petit investissement financier qu’il faut en quelque sorte amortir.  Mais le jeu en vaut la chandelle, si on a envie de séduire. Peu d’hommes résistent à ce genre de charme, qui allie distinction et passé.

Premier tableau

Très régulier avec une petite tendance à la hausse ces deux dernières années. Nul doute que c’est un accessoire qui s’affirme et dont les catalogues de lingerie ne sont pas avares de modèles, certaines maisons ne font presque que ça.

Deuxième tableau

Pas trop de surprises pour les trois premiers, Etats-Unis, Angleterre, Canada. Il semble que cela s’arrête à ces trois pays, le terme anglais étant générique. On voit apparaître dans les positions suivantes des pays assez exotiques, mais avec un 0 au nombre de recherches effectués, ce qui doit quand même dire qu’un tout petit nombre a quand même été fait.

Troisième tableau

Six villes dont cinq américaines en tête. Il semble que dans les vastes plaines de l’Ouest, on préfère les tracteurs à la coquinerie.

Quatrième tableau

Nul doute que le serre-taille est fortement lié à l’idée de taille mince aux USA, shapewear, squeem,  comme semble le prouver le tableau géographique avec  dans une moindre mesure, l’Angleterre.  Pas trop étonnant quand on sait que l’obésité n’est pas un phénomène rare au pays du Macdo.  Ceci dit dans certains cas il est lié avec le terme lingerie et corset, ce qui semble très bien convenir aux personnes plus romantiques et de taille normale.

Voilà pour cette visite mondiale,  en suivant des jambes couvertes de nylon. Il confirme que c’est surtout dans le monde occidental que ce vêtement est porté de manière visible.  Il est bien évident que les fantasmes sont différents selon les cultures, de même que la manière de s’habiller est assez différente selon l’endroit où la culture. On peut sans doute imaginer  qu’une Tibétaine  voit la mode à sa manière et que ses artifices de séduction sont ailleurs. Il y a peut-être un pays qui n’apparait pas pour cause de langue très différente, c’est le Japon. Les japonaises ont l’habitude de se vêtir entre la tradition locale et la mode occidentale. Les collants sont en vente libre bien sûr et très fréquents en matière d’habillement. Il n’est pas rare d’apercevoir des porte-jarretelles dans la vitrine des boutiques dédiées, mais je pense que c’est un peu comme ici, quelques amatrices sans pour autant constituer une élite nombreuse. Dans un article journalistique, il y a quelques années, on affirmait que la plupart des japonaises avaient un porte-jarretelles dans le tiroir à lingerie, mais c’est à prendre avec des pincettes. Seule chose sûre, il figure sur les étalages, c’est bien la preuve qu’il est demandé.

Alors pour les touristes amateurs et mateurs, les lieux de prédilection pour vos futures vacances, restent quand même l’Europe de l’ouest, l’Angleterre et dans une certaine mesure les grandes villes américaines. Mais ce n’est qu’un avis personnel, étant donné que j’ai peu parcouru le vaste monde dans les destinations lointaines. Bonne vacances quand même.

De la liberté aux lamentations des privés de porte-jarretelles

Et dans la foule ce n’était que lamentations

J’ai toujours considéré une femme qui portait des bas comme une déesse. Je ne sais pas ce qu’il en est chez mes collègues masculins, dont j’imagine certains considérant cela comme un dû et d’autres plus romantiques, comme une faveur. A notre époque quand même un peu barbare dans la relation du couple, il y a un certain nombre de choses qui ne sont pas acquises d’avance, voir sa femme porter des bas en est une. Bien qu’elles ne courent pas les rues au sens figuré, il y a quand même quelques inconditionnelles et pas mal d’occasionnelles. Par plaisir personnel, par goût de l’élégance, et la fine connaisseuse qui sait tout le pouvoir que peut conférer à sa personne cet accessoire relégué à une semi-invisibilité publique, la face cachée étant la plus excitante. Pour celui qui devine ou qui connaît le côté caché de l’iceberg, gageons que s’il est lui-même un iceberg, il ne tardera pas à fondre. Nous parlons là de ces cas où la femme est disons, convertie. Mais restent les autres, certainement les plus nombreuses, qui ne se prêtent pas volontiers au petit jeu de la sensualité, et que l’on aimerait bien voir changer de cap.
Un truc que je lis souvent dans les forums dédiés, concerne les lamentations du mec qui n’arrive pas à persuader sa femme de porter des bas. Je n’ai pas de recette miracle, mais j’ai toujours réussi a avoir ce plaisir avec les différentes femmes qui ont partagé un moment de ma vie. Mais voyons un peu l’histoire.

Me myself and stockings

Chaque fois que je suis parti vers une conquête féminine, enfin draguer pour parler basique, j’ai toujours essayé d’en savoir plus sur l’attitude de la dame envers sa féminité. Car pour moi porter des bas est une attitude féminine, un symbole en la matière. A mon goût, une femme qui n’est pas féminine ne m’intéresse pas. Bien sûr la féminité ne s’arrête à ce seul critère, je ne suis pas, non plus, loin s’en faut, un des ces penseurs rétrogrades qui considèrent que la place de la femme est à la maison derrière ses fourneaux. Entre les deux, il doit y avoir un moyen de s’entendre. De nos jours, une femme qui revêt une paire de bas, le fait très certainement par goût personnel avant tout, pas par obligation. Je les ai quelquefois entendu me confier que c’était un moyen de retrouver leur féminité. De là, à penser qu’elles ont l’impression à quelque part de l’avoir un peu perdue, c’est une possibilité qui n’a de fondement que les critères auxquels elles sont sensibles.

La liberté ne tient qu’à un fil de nylon, prélude au désastre

Ceux qui ont vécu l’époque de la mutation entre bas et collants, à partir de 1965, se rappellent certainement les critères qui tentaient d’imposer le port des collants. On y parlait surtout de liberté, avec un arrière plan l’apparition de la mini jupe. L’argument de marketing n’était pas absent. Vous avez envie de porter une mini jupe, comme Twiggy, Sandie Shaw ou les demoiselles qui s’affichent à Carnaby Street? Alors il vous faut des collants, car les bas, malheureusement, ne sont plus adaptés à cette nouvelle tenue. Un argument fallacieux, dans une pub de journal, mettait même en cause la gent masculine au prétexte que apercevoir une jarretelle c’était laid dans la pensée des garçons. A voir le nombre de fureteurs qui cherchent sur la Toile, le moindre bout de lisière de bas visible, il y a de quoi se marrer. Ou alors le monde masculin à bien changé, ce dont je doute moins que l’argumentaire de la pub. Ce qui a encore accéléré le mouvement de la disparition du bas c’est que les balbutiements de la génération Woodstock, ont érigé le mot liberté en commandement. Non seulement, elles ont bien vite enlevé les collants, mais le soutien-gorge aussi, jeté aux orties selon l’expression qui a fait fortune. Tout cela le temps d’une saison, d’une mode, dans le meilleur des mondes possibles. Le rêve une fois estompé, il a fallu recomposer la vie quotidienne. Des cendres de la liberté, la femme a certainement gagné un droit, celui de porter des pantalons en toutes circonstances, fait qui n’était pas toujours acquis et parfois mal vu. Nombre d’entre elles n’ont plus porté que cet accessoire de manière presque continue, la jupe mini ou pas, étant réservée aux grandes occasions, avec un collant vite enfilé. Cet intervalle a mis à mal tous les fabricants de lingerie, au point qu’il n’était presque plus possible de trouver une paire de bas. J’avais une tante qui s’en plaignait, c’est dire. Seul un coin de rayon dans certains magasins permettaient encore de s’en procurer, pour certaines dames majoritairement plutôt âgées qui étaient réfractaires au collant.

Les années pas très folles

A partir de 1970, on peut clamer la mort du bas, comme faisant partie intégrante de la garde robe féminine. Dire que cette mutation n’engendra pas une nostalgie est peu dire. Elle fut même presque immédiate. Les moeurs étant plus libérales, on vit fleurir tout une panoplie de revues qui osaient enfin montrer des femmes en bas et porte-jarretelles sans êtres condamnés à être vendues presque sous le manteau comme le fameux Paris-Hollywood. L’une d’entre elles, Eclats De Rire sous-titré Sexy Humour existait depuis quelques années, mais il devint assez en vogue au début des années 70. On pouvait faire croire au libraire que l’humour était notre passion, alors qu’il venait en second plan.

Suivront des magazines qui se branchèrent un peu plus sur la lingerie, alors qu’ils voulaient surtout présenter des nus au départ. Eh oui, les femmes nues étaient presque lassantes, on les préférait à peine plus habillées. Les deux plus connus Lui et Playboy furent les magazines de l’homme dit moderne, mais aussi des femmes conscientes d’ajouter parfois un plus à leur charmes. De son côté, le cinéma n’était pas en reste. Des films comme Percy ou le très coquin Malizia devinrent presque des films pour voyeurs branchés anti-nudité. Surtout dans le deuxième, les références au porte-jarretelles sont, non seulement nombreuses, mais visibles.

Les amateurs de bas et de fine lingerie durent se contenter de ce peu pendant quelques années, si d’aventure sa femme le traitait d’obsédé, quand il abordait le sujet. On peut admettre que les prostituées furent parmi les seules à entretenir la flamme. En bonnes professionnelles, elles savaient bien ce qui faisait plaisir au client. Il est assez probable que le cliché bas=femme facile trouve ses origines à cette époque, cliché qui est un peu vrai, mais uniquement dans le contexte de l’époque. De là, à en faire une règle qui a la vie dure, il n’y a qu’une image qu’on a de la peine à effacer.

No Future et portant

Un mouvement musical a donné un coup d’accélérateur à la renaissance du bas, le punk. Il se voulait le contrepied de la pensée hippie, le futur que l’on envisageait fait d’amour et de paix, devient le No Future. Pourtant certaines demoiselles commencent à porter des bas, un peu par dérision, mais de manière très affichée, ne cachant rien de leur jarretelles qui tiennent le plus souvent des bas déchirés pas toujours très glamour. Dans les magazines de vente par correspondance, on remarque un retour de la lingerie un peu plus érotique, le porte-jarretelles faisant une ou deux apparitions, ainsi que dans les rayons dédiés des grandes surfaces. Mais il s’agit là d’une lingerie plus décorative que fonctionnelle et qui sera peut-être, plus un malheur qu’un bienfait. Les quelques dames ou demoiselles qui osent se lancer, trouveront un manque de confort certain et encore faut-il trouver une paire de bas, chose assez facile en ville, mais plus improbable à la campagne. Mais c’est certain, on commence petit à petit à redécouvrir le pouvoir de séduction lié à la parure.

L’aurore du néo nylon

Une sorte de folklore érotique commence à envahir les médias de manière omniprésente au cours des années 80. Des revues musicales comme Rock et Folk, posent ouvertement la question bas ou collants? aux vedettes qu’il interrogent dans Descente de police, rubrique menée par Thierry Ardisson. Certaines disent oui, d’autres non. Cette période est aussi une forte redécouverte du rock and roll, principalement engendrée par le succès des Stray Cats. Le look des années 50 est revisité, même s’il a toujours été entretenu par une minorité, bien sûr les dames ressortent les crinolines, les jupes serrées et il est assez fréquent que les authentiques bas se cachent dessous. C’est aussi l’apparition à la télévision des premières émissions coquines. Les fameuses Sexy Folies cartonneront tard dans la soirée. L’animateur du moment, Fabrice, a les yeux en bouton de jarretelle en découvrant les charmes des invitées. D’autres suivront.

La chanteuse Lio, qui s’avoue un inconditionnelle des bas, elle semble avoir viré depuis, s’affiche en bas et porte-jarretelles sur son album Pop Model. Ici et là le port des bas, devient de plus en plus visible. A travers les films, les clips vidéo, les pochettes de disques, les revues et même les chansons qui leur sont consacrées comme « A Fool For Your Stockings » de ZZ Top, sans oublier leur fameux clip de Gimme All You Lovin’ le bas est presque roi, un roitelet serait plus juste.

L’avenir ou ce qu’il en reste


Force est de constater que le mouvement ira crescendo au cours du temps qui passe. Les lamentations des abstinents bien malgré eux, se feront plus discrètes. En charge pour eux de convertir l’autre moitié, parfois irréductible. Mais on est persuasif ou pas, tout est dans la manière de présenter la chose. L’avènement du bas sur la toile, que j’ai raconté plus loin, n’est pas le moindre des atouts dans cette redécouverte. Le signe, certainement le plus encourageant, c’est la manque de complexes des nouvelles arrivées. De jeunes demoiselles, autour de la vingtaine, peut-être conçues après que papa et maman aient regardé Sexy Folies ou dansé sur les Stray Cats, s’y mettent carrément. Elles qui ne cherchent pas à retrouver une féminité perdue, mais plutôt à s’en créer une, n’hésitent pas a enfiler guêpières, porte-jarretelles et arborent même des attitudes qui les font sortir tout droit d’un film des années 40 ou 50. On cherche les vrais bas à couture d’époque, les authentiques porte-jarretelles au design rétro, conçu pour celles qui portaient des bas par obligation, quand il n’existait pratiquement rien d’autre. Même la vieille gaine, chère aux dames qui voulaient perdre des centimètres en apparence, est un must chez certaines. Quand il ne s’agit pas du corset ou autre serre-taille, assez prisé par le mouvement gothique.
Il y a des icônes derrière cela, la plus connue est Dita Von Teese. Soyons francs, elle n’a rien inventé, elle a réinventé, sinon repris à son compte de vieux clichés d’une époque qui devient floue dans la mémoire des plus âgés. L’époque est d’autant plus propice que l’on peut enlever ses bas dans une émission de télévision en suscitant l’admiration, comme elle l’a fait. Qui se souvient de cette speakerine, censurée parce qu’on voyait ses genoux? On les virerait plutôt maintenant pour des raisons contraires. Mais pour Dita, ça marche, les imitatrices accourent, qui en blog, qui en site. Mais qui s’en plaindrait, pas nous les nostalgiques, quand on sait que ces demoiselles arborent un porte-jarretelles et bas, juste pour faire comme Dita qui montre les siens dans les circuits burlesques, nouveau nom pour une nostalgie des temps modernes, qui en sera peut-être une nouvelle dans les temps futurs. L’avenir est assuré? Je n’en sais rien, c’est possible. Mais pour l’instant, les lamentations se font plus rares, ça c’est une certitude.

La belle aux bas dormants

Sous ce titre qui fait rêver se cache un très beau documentaire. L’émission phare de l’ORTF Chefs-d’oeuvre en péril n’est plus d’actualité, mais elle aurait très bien pu y figurer si elle avait perduré jusqu’à nos jours. Oh, ce chef-d’oeuvre est d’un genre bien particulier qui ne fait plus guère déplacer les foules aujourd’hui, une métier à tricoter en ligne. Et pourtant, plus que n’importe quel studio de Hollywood, elle arrive à fabriquer du rêve et du plaisir. Cette dame élégante qui passe dans la rue sous votre regard admiratif, peut-être porte-t-elle des bas, de vrais bas, avec une vraie couture? Je devine le trouble en vous, le trouble à les admirer. Peut-être est-ce vous jolie dame? Je devine en vous la fierté et le plaisir d’en porter, car la femme qui en porte n’est pas tout à fait comme les autres. Vous le savez et moi j’en suis sûr. Dans notre monde moderne, uniforme, cette vision d’élégance n’est pas une aberration spatio-temporelle qui nous ramènerait vers une image du passé, mais un fait bien réel, bien du présent. Pour en arriver là, il a fallu quand même se tourner vers hier, sauver la belle ouvrage de jadis qui menaçait ruine, là-bas, dans un coin du Gard. Un passionné a sauvé un métier à tricoter de la ferraille, Monsieur Riquet, dont nous avons déjà parlé. Un métier qui de fil en fil nous tisse de beaux bas à couture qui feront la joie des connaisseuses et des connaisseurs.
Un autre passionné, Claude Vittiglio, journaliste et cinéaste averti, s’est rendu sur les lieux pour réaliser un documentaire splendide. C’est un peu comme regarder une de ces vieilles locomotives à vapeur, ces machines qui ont encore une âme, dont on peut tâter le pouls et apprécier le caractère. Oui c’est là, l’antre de la fée un peu mystérieuse, qui fait aller sa baguette magique, la belle aux bas dormants…

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