En passant

Exploration en terre musicale inconnue (23)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1972 – Hard Horse / Let It Ride. Chanteur peu connu enregistrant pour Dart, à l’époque le même label que les Swinging Blue Jeans. Son disque sortit dans plusieurs pays, mais resta bien en retrait.

1964 – The Honeycombs / Colour Slide. Après avoir partagé un EP avec les Kinks (You Really Got Me), les Honeycombs ont une seconde et dernière publication en France avec un EP assez rare qui tente de capitaliser un succès aussi fort que leur précédent hit « Have I The Right », no 1 en Angleterre. Même si le groupe a une belle originalité pour l’époque, celui d’avoir une fille à la batterie, le chant du cygne n’est pas loin. Ce sera aussi celui de leur producteur Joe Meek, dont c’est le dernier groupe à lui fournir un numéro 1. Assez marrant de constater que sur la première pochette, le texte du verso leur attribuait un avenir pour le moins assuré et présentait à peine les Kinks. Et pourtant, de qui parle-t-on maintenant comme groupe mythique ?

1963 – The Hurricane Strings / The Mexican. Je crois avoir été le premier à signaler l’existence de ce disque chez les spécialistes, du moins d’avoir pris la peine de le faire. Un groupe instrumental venu de Hollande, encore presque des adolescents. Une bonne reprise de « The Mexican » des Fentones repris aussi par les Fantômes en France. Un disque peu visible.

1961 – The Lettermen / The Way You Look Tonight. Un trio vocal américain plutôt versé dans la chanson romantique. Ils sont assez populaires aux USA, mais ne franchissent pas vraiment les frontières françaises. Un titre enrobé de sirop.

1965 – Roberta Mazzoni / Ho Sofferto Per Te. L’heure italienne de la semaine, une autre tentative sans succès d’essayer d’imposer ici une chanteuse italienne au moment où elle bénéficie d’une notoriété dans son pays. Pour une fois cela n’a rien à voir avec San Remo.

1962 – The Orlons / (Dance With The) Guitar Man. Un de ces groupes noirs dont les publications françaises sont très recherchées des collectionneurs, souvent pour de belles pochettes. On peut se souvenir qu’ils ont donné un No 1 aux Searchers, qui exploitèrent une de leurs faces B « Don’t Throw Your Love Away ». Souvent ces groupes étaient cantonnés dans un style doo wop ou r’n’b qui leur était propre, mais parfois ne dédaignaient pas aller faire un tour dans le répertoire blanc. Ici, on est très étonné de trouver une reprise d’un titre connu de Duane Eddy, qui n’est pas étranger aux débuts du surf.

1967 – Rochereau / Laisse-toi Aimer. Tabu Ley Rocherau aussi appelé Le Seigneur Rochereau est un chanteur congolais connu pour avoir été l’initiateur d’un style de musique qui mélange diverses origines africaines, cubaines, latines. Il est parait-il, le père de 68 enfants, mais tout autant prolifique en musique. Durant les sixties la musique africaine était très confidentielle et plutôt prisée par la communauté noire. Mais le vent a tourné et il y a maintenant toute une demande pour ces vinyles pressés un peu n’importe où et parfois n’importe comment, un peu comme ce fut le cas pour la période jamaïcaine de Bob Marley et le reggae. En 1967. date de cette publication on peut y voir une sorte de pop africaine.

1966 – The Swinging Blue Jeans / Rumours, Gossip, Words Untrue.  Des quatre EP’s publiés en France, celui-ci est le plus rare. En 1966, les SBJ sont toujours à la recherche d’un nouveau tube. Sans doute encouragés par leur reprise de « Don’t Make Me Over » de Dionne Warwick qui les vit réapparaître dans les fonds des classements, EMI-France y va de cette publication en mettant en grosses lettres ce titre, une reprise des Knickerbockers. Dommage, car il avait un potentiel commercial certain.

1972 – Paul Brett’s Sage / Custom Angel Man. Un des ces groupes britanniques qui connut une certaine notoriété en France vers 1970 avec son premier single édité ici. La suite est plus confinée à l’anonymat, comme ce troisième et dernier single qu’on est loin d’apercevoir partout.

1968 – Linda Thorson / Here I Am. Mais oui c’est bien la Tara King de la série télévisée « Chapeau melons et bottes de cuir ». Comme c’est souvent le cas, on profite de la notoriété d’un artiste pour essayer de l’imposer dans un autre domaine. Que ce disque aie eu du retentissement à l’époque, je me rappelle que je ne m’en souviens pas.

1964 The Dave Clark Five- The Ravens / You Know It All The Time / I Just Wanna Hear You Say. De temps en temps il arrivait que l’on couple deux artistes sur un EP. Voici un cas avec un disque assez rare qui présente Dave Clark Five sur une face. Avant de signer chez EMI et connaître la gloire Dave Clark avait produit quelques titres, il sera toujours son propre producteur, pour son groupe Dave Clark Five, publiés vers fin 1962 sur le label Picadilly. Une fois la gloire venue, ils resurgiront dans de nombreux pays dont la France, ici sur le label Palette en 1964. Sur l’autre face, on trouve les Ravens, obscur groupe anglais qui enregistra juste un single pour le label Oriole en 1964, avec à l’instar des Honeycombs, une fille à la batterie. Le titre proposé est un assez bel exemple de british beat, c’est à dire tout ce qui s’inscrivait dans la lignée des Beatles. Un petit film, sans doute tourné à des fins documentaires présente le groupe chantant en playback, et l’on voit la technique de pressage d’un vinyle. Retrouverce genre de truc est un vrai bonheur.

Dave Clark Five

The Ravens

1963 – Doug Sheldon / Live Now Pay Later. Chanteur, écrivain, et acteur anglais au succès modéré. Il enregistra en français deux titres dont une version de « Parce Que J’ai Revu Linda » assez banale, et en concurrence avec d’autres versions dont celle de Mr Smet. Publiés sur son second EP, il contient sur l’autre face un titre beaucoup ambitieux musicalement que je vous propose ici. C’est un autre de ces disques pas facile à dénicher.

 

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Exploration en terre musicale inconnue (22)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1966 – Manfred Mann / Bring It To Jerome. Parfois les maisons de disques sortent des disques sans trop savoir pourquoi. C’est le cas de ce single pratiquement invisible, publié probablement en 1966 avec un titre déjà ancien, mais surtout en face B la reprise de ce titre de Bo Diddley. Je n’ai jamais trop aimé la face commerciale de Manfred Mann, mais par contre les albums et les faces B recèlent des trucs dont je me suis régalé.

1963 – Walter Hensley / Walt’s Breakdown. Publication assez confidentielle de ce joueur de banjo américain, dont quatre titres sont réunis sur cet EP publié par Capitol. Le folk traditionnel à cette époque n’était pas très prisé du public français. Il préférait nettement qu’il guigne vers la variété.

1974 – Abba / Waterloo. Beaucoup de gens connaissent ce disque, mais peu ont celui-ci. Il s’agit de la fameuse chanson mais chantée en français, tout le monde ou presque acheta la version anglaise. Evidemment au marché des collectors c’est du 1 contre 100. Par ici la monnaie.

Bonus ABBA. Ce disque n’est jamais paru en France, mais si voulez voir Benny Anderson (c’est l’organiste), quelques années avant Abba. Il est membre des Hepstars, le groupe le plus populaire en Suède au milieu des sixties. Ils reprennent la fameuse chanson des Renegades (réécriture de « Brand New Cadillac » de Vince Taylor), « Cadillac » dont ils firent un succès personnel local.

1968 – Jackie Lomax / Sour Milk Sea. Pour ceux qui collectionnent toutes les éditions françaises des choses en connexion directe avec les Beatles, ils ne pourront ignorer celle-ci. C’est une des quelques tentatives que le groupe fit pour produire des artistes sur leur label Apple. Ils ont participé à l’enregistrement du premier album, sauf John Lennon, Eric Clapton fait aussi une apparition. Malgré le fait qu’il s’agisse d’une composition de George Harrison, la face principale de ce single qui sonne très Beatles période 68-69, ne rencontra que peu de succès. On peut gager qu’elle en aurait eu beaucoup s’ils l’avaient enregistrer eux-mêmes. Elle ne manque pas d’attraits.

1960 – Charles Mingus / Blue Cee. En 1960, ceux qui en avaient marre d’écouter Sydney Bechet ou Claude Luther, devaient trouver la musique de Charles Mingus  plutôt innovatrice. Il est clair que les années 50, via des labels comme Blue Note, appuyèrent sur l’accélérateur pour un jazz explorant de nouvelles routes. Mingus et sa contrebasse furent une de ces influences et pas la moindre. Evidemment toutes les publications en 45 tours de cette époque sont des pièces de musée, et le prix d’entrée pour les admirer parfois conséquent. Il n’y a pas si longtemps, un jeune de 18 ans, m’a remercié de lui avoir trouvé un vieil album de John Coltrane, il trouve cela génial.

1964 – Ian & Sylvia / You Were On My Mind. Une chanson dans sa version originale que tout le monde connaît ici, bien que ce disque publié par Amadeo en France ne vous dise pas grand chose. Il fallut la reprise par le groupe We Five aux USA pour qu’elle devienne un hit international et un no 1 aux USA dans une version remaniée. En Angleterre ce fut via la version de Crispian St Peters qui se classa no 2. Et puis Joe Dassin en fit « Ca M’Avance A Quoi? » Ah vous voyez que vous connaissez…

1970 – Captaine Beefheart & Magic Band / Pachuco Cadaver. Il est certain que publier un single de Captain Beefheart était une opération financièrement suicidaire. On en publia néanmoins deux. Bien que j’aime le bonhomme, je reconnais volontiers que c’est pas accessible à la première écoute et peu de chances d’en faire un no 1 auprès des minettes qui se gargarisaient de Michel Delpech é l’époque. Enfin le voici quand même.

1965 – Beppe Cardile / L’Amore E Partito. Le Festival de San Remo est un des haut lieux de la soupe musicale populaire en Italie. Le seul fait intéressant, c’est que des artistes étrangers s’y produisaient, on vit défiler Gene Pitney, les Yardbirds,  Dusty Springfield (éliminée dans les sélections c’est vous dire), Petula Clark, Antoine qui démarra avec une certain succès un carrière en Italie, et j’en passe. Au pifomètre, la France éditait l’une ou l’autre de ces chansons finalistes, espérant que le charme italien opérerait. Pour Beppe Cardile, le charme n’opéra pas.

1971 – Day Of Phoenix / Deep Whitin A Storm. Un groupe pop danois qui a un acquis une petite réputation auprès des collectionneurs. Difficile de trouver une copie de ce single en version française.

1971 – The Dillards / It’s About Time. Un groupe pas totalement inconnu du public français observateur. Vogue avait en effet publié un album vers 1964 dans la série « Folklore USA ». Officiant essentiellement dans le bluegrass, cette forme de folklore américain exclusivement blanche. Au tournant de 1970, ils ont un bon succès d’estime avec un album intitulé « Copperfields », dans un style assez différent, le folk a beaucoup évolué et s’est électrifié. Sur ce single publié en France, on est plus proche de la musique des Byrds ou Crosby Stills Nash, qu’une énième version de « Tom Dooley ».

1966 – Los Pekenikes / Sombras Y Rejas. Groupe principalement instrumental espagnol, populaires chez eux, mais les Pyrénées restent un redoutable obstacle à franchir, ils sont pratiquement inconnus ici. Barclay ayant le monopole de la distribution française pour Hispa Vox, il publia 4 EP’s qui tiennent un peu du disque invisible. Sur l’un d’entre eux, on trouve la reprise à la Shadows du morceau de bravoure pour guitaristes classiques, le fameux « Asturias » d’Albéniz rebaptisé « Sombras Y Rejas ».

1963 – Cozy Cole / Big Noise From Winnekta. C’est le disque typique que vous connaissez. A moins d’être un connaisseur, peu de gens sont capables de citer l’interprète, et encore moins d’acheter le disque. Ce morceau de jazz apparu dans les années 1930, fut relancé en 1963 par le batteur Cozy Cole. Idéal pour faire le joint à la radio entre deux émissions, il fut néanmoins repris en version chantée par Eddy Mitchell et Nancy Holloway « Quand Une Fille (garçon) Me  Plait ».

En passant

Exploration en terre musicale inconnue (21)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1967 – Golden Hands / Mirza. Durant les sixties, les maisons de disques regardaient vers l’étranger pour dénicher des artistes qui avaient le potentiel de marcher sur le plan national ou satisfaire les immigrés locaux. Ce fut pas mal le cas pour l’Italie qui avait un nombreuse colonie d’origine italienne. On tenta aussi l’Espagne avec des groupes comme Los Brincos, qui firent des tubes ici notamment « Flamenco », les Pop Tops,  » Oh Lord Why Lord », « Mammy Blue » et moins connus Los Canarios. Le Maroc ou l’Algérie étaient des candidats possibles, spécialement le premier. On vit ainsi quelques chanteurs qui se firent connaître en France, notamment Vigon, bon chanteur de rock et de soul. En 1967, Barclay publia le premier disque d’un groupe de Casablanca, Golden Hands. Pour leur premier essai, ils reprirent en arabe le titre de Nino Ferrer « Mirza ».

1968 – Leroy Holmes / The Good, The Bad And The Ugly. L’avènement définitif d’Ennio Moricone comme célèbre compositeur se fit un peu par la tranche, quand Hugo Montenegro, un chef d’orchestre américain, eut un hit international avec sa version du thème de « Le Bon, La Brute Et Le Truand » composée par Morricone. Par la suite ce sont principalement ses créations et versions qui remportèrent le pompon au détriment d’autres reprises qui furent faites. Souvent quand des titres instrumentaux connaissent le succès, les reprises sont nombreuses et souvent en compétition avec celle qui a obtenu le succès. Voici un exemple avec cette histoire de brute, une de ces reprises publié par une maison concurrente.

1968 – The Beau Heems / When I Get Home. Groupe de Floride très peu connu dont cet obscur single a été publié en France. Il ne s’agit pas d’une reprise des Beatles, désolé Cooldan, mais d’une création maison qui est assez inspiré du style des Doors. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on peut avoir envie de le mettre dans sa collection.

1969 – Love Sculpture / Farandole. Après avoir obtenu un certain succès avec « La Danse Du Sabre », Love Sculpture s’attaque à la « Farandole » de l’Arlésienne de Bizet. Même si ce disque est plutôt resté dans les bacs, il est prétexte à une formidable démonstration à la guitare du fameux en devenir, Dave Edmunds. Le classique comme ça, j’aime !

1959 – The Isley Brothers / Shout. Les Isley Brothers avec les Coasters et les Drifters, eurent un énorme influence sur la musique à venir dans le style R&B. L’un de leurs plus célèbre titres « Shout » fut publié en France sur un EP, ceci même avant que le Johnny national fasse son apparition, titre qui figurera d’ailleurs sur un live à l’Olympia comme fond musical. J’imagine que peu de gens cassèrent leur tirelire pour en acheter une copie. C’était pourtanz assez précurseur.

1966 – The Innocence / Mairzy Doats. C’est parfois assez visible, quand une maison de disques a un groupe à succès, elle essaye de lancer d’autres artistes dans le même style. The Innocence fit partie du label Kama-Sutra, le même que les Lovin’ Spoonful, et on ne peut pas dire que ce soit radicalement orienté dans une autre direction. Publié en France sur un EP distribué par Polydor. Je ne l’ai pas souvent vu dans les conventions.

1960 – Hikaru Hayashi – L’Ile Nue. Un de ces disque que l’on peut dénicher parfois dans les puces pour trois fois rien, ce qui fut mon cas. C’est une bande sonore puisqu’il s’agit d’un film japonais, bien sûr la musique suit le reste. Ce film est un véritable chef d’oeuvre pour cinéphiles. Il ne contient aucun dialogue, juste les sons et la musique. On suit la vie pénible d’une famille qui habite sur une  petite île. Leur travail principal consiste d’aller chercher de l’eau sur une autre île pour irriguer leur terres où poussent quelques pauvres légumes. Ce n’est pas un documentaire, mais sans doute le film le plus universel que j’ai jamais vu, du fait que tout se passe dans les regards et les attitudes. Les paysages sont splendides, parfois perdus dans brumes lointaines comme les Orientaux savent les vénérer. Du grand art et une belle musique. Frida Boccara et d’autres interprètes français en ont fait une version chantée.

La version de Frida Boccara.

Petite anecdote. James Ollivier, un chanteur poète assez peu connu a enregistré en 1963 une chanson qui s’intitule « L’île Lointaine ». Je me demande si ce n’est pas très inspiré de la chanson précédente. Le titre et certains passages mélodiques ne me semblent pas tomber du ciel. Quoiqu’il en soit, c’est une très belle chanson.

1961 – The Hunters / The Storm. Groupe anglais lancé dans le sillage des Shadows dont un seul EP assez confidentiel fut publié en France. Sur ce disque on trouve un titre assez intéressant, car il contient quelques effets spéciaux sonores, du style de ceux qui n’étaient pas très courants en 1961. C’est ce titre que je vous propose.

1963 – Los TNT / El Porompompero. Trio originaire de l’Uruguay, recentré sur l’Espagne vers 1962. Le nom du groupe vient, non pas d’une admiration pour la musique explosive, mais des initiales des prénoms des membres qui sont par ailleurs frères et soeur.  Plutôt à tendance folk, ils nous présentent ici une version assez rock d’un célèbre classique hispanophone, que l’on trouve sur leur unique EP français.

1966 – Sam The Sham & The Pharaohs / The Hair On My Chinny Chin Chin. C’est un bel exemple d’artistes qui vendent des millions de disques pour un titre (Wooly Bully), et qui retournent après dans un semi-obscurité. Sam Samudio et son équipe gardèrent aux USA une belle popularité qu’ils furent loin de maintenir en France et ailleurs. Au fil des parutions, les disques se vendent de moins en moins ou plus du tout. C’est le cas pour ce dernier EP paru en France, nettement moins visible que les précédents.

1968 · The Shamrocks / Travelin’ Man. Parmi plusieurs groupes qui portent ce nom, il s’agit ici des Suédois. Assez populaires en France grâce à leurs deux versions de « Cadillac » empruntées aux Renegades, les autres publications furent plus confidenteilles. En 1968, Polydor fait une ultime publication avec un single qui contient ce titre en face principale, elle ne fut pas couronnée de succès.

1965 – Del Shannon / Move It On Over. Malgré qu’il soit l’un des grands chanteurs et compositeurs américains de la première moitié des sixties, la France ne réussit pas tellement pour Del Shannon sur un plan d’interprète, malgré une discographie assez abondante. Par contre un bon nombre de ses titres furent des succès pour ceux qui firent l’adaptation d’un titre ou l’autre. Les Pirates, Sylvie Vartan, Frank Alamo, Eddy Mitchell, Richard Anthony, Dave, font partie du lot. En 1965, sur un EP Columbia peu visible, on peut trouver ce titre assez innovateur dans sa discographie.

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En passant

Exploration en terre musicale inconnue (20)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1963 – The Crickets / Lonely Avenue. Ce disque EP n’a été publié en France que par le lien qui unissait les Crickets et Buddy Holly, puisque c’était son groupe d’accompagnement. Ils tentèrent avec plus ou moins de succès à survivre à la mort de Holly. Pas facile à localiser et plutôt onéreux pour une copie

1961 – The Tronics / Pickin’ And Stompin’. Ephémère groupe américain qui s’inspirait des fameux Champs avec une certaine tendance aux musique latino-américaines. Un EP fut publié en France sans aucun résultat notoire.

1963 – Johnny Taylor & Les Strangers / Tossin’ And Turnin. Un de ces groupes anglais qui vinrent chercher gloire et fortune en France. Ils eurent une certaine notoriété parmi les rockers, mais les ventes de disques restèrent plutôt confidentielles. Des musiciens du  groupe servirent un peu plus tard pour accompagner Vince Taylor sur son album en faux live de 1965.

1970 – Johnny Winter / I’m Not Sure. Le singles des stars de la pop sont tous assez rares, car on achetait plus facilement les albums. C’est le cas de ce single de Johnny Winter. Au dos d’une cover de « Johnny Be Goode », moins intéressante que celle de Jimi Hendrix on le découvrira un peu plus tard, cet excellent titre toute en subtilité de riffs de guitare.

1963 – Sonny Boy Williamson I / Good Morning Little Schoolgirl. Un quart de siècle après son enregistrement, le fameux titre du premier Sonny Boy Williamson est publié en France dans une presque interminable série de EP’s consacrés au jazz. Fallait être bien malin pour apercevoir un blues là-dedans !

1965  – Gary Farr & T-Bobes / Deed And Deed I Do. Le groupe dont Giorgio Gomelsky voulait faire des autres Yardbirds. Leur discographie est assez intéressante, mais cette publication française est surtout recherchée car par erreur la pochette montre les Yardbirds.

1961 – Johnny Tedesco / Vuelve Primavera. Il y a rare et rare. Celui-ci l’est sans doute un peu plus que les autres. Du rock en espagnol par un chanteur argentin et en plus en édition française, le font encore plus rare suite aux misérables ventes de l’époque.

1964 – Garnet Mimms / As Long I Have You. Pressage en single très confidentiel. Excellent disque à l’ambiance soul superbe. Larry Greco en fit une version française « Si Je Meurs Demain ».

1964 – Bobby Jann / Je Me Suis Souvent Demandé. C’est bien la chanson dont Richard Anthony fit un grand succès, mais ici c’est la version originale créée par le Belge Bobbejaan Schoepen et publiée sous un de ses nombreux pseudos. Peut-être c’est ce petit accent belge qui lui fit louper un vrai succès en France. Le 45 tours fut publié en Belgique et distribué en France. C’est une des belles chansons contestataires de sixties aussi significative que bien d’autres.

1962 – Tino Contreras / Good Beat. Un jazzman et batteur mexicain assez peu connu chez nous, malgré quelques publications. Malgré tout ses disques semblent bénéficier d’un vertain attrait auprès des collectionneurs. Ici nous le retrouvons dans un reprises trépidante d’un titre de Dizzy Gillespie.

1972 – Ray Dorset / With Me. Ray Dorset c’est bien sûr le personnage central de Mungo Jerry. Si les disques du groupe marchaient plutôt bien, les tentatives en solo sont bien moins visibles.

1965 – Jay & The Americans / Goodbye Boys Goodbye. Ce groupe très en vue aux USA, n’a jamais connu de succès en France, malgré plusieurs publications et une tentative d’enregistrer en français. L’atout principal du groupe résidait dans la voix du chanteur Jay Black, presque capable de chanter de l’opéra. Dans ce titre ils reprennent an anglais une chanson d’Adriano Celentano « Ciao Ragazzi », que Larry Greco avait aussi reprise en français « Je M’en Vais Demain ».  Dommage c’est un truc qui méritait mieux.

1972 – ZZ Top / Francene. Avant de connaître un succès planétaire ZZ Top a pas mal pédalé dans une semi-obscurité. Bien malin celui qui avait repéré ce single dans les bacs des disquaires français, annonciateur du style à venir.

1967 – Zalman Yanowsky / As Long As You’re Here.  Chez les anciens, ce nom aura peut-être un air de déjà entendu. En effet, il fut le guitariste des célèbres Lovin’ Spoonful. D’origine canadienne il retourna dans son pays suite à des ennuis pour détention de stupéfiants. C’est là-bas qu’il enregistra ce disque publié par Buddah, sans grand succès, qui eut aussi une publication française. A l’instar d’un autre célèbre disque (Napoleon XIV), la face B était le même titre mais à l’envers, je vous la mets aussi. Par la suite, il devint gérant d’un restaurant très connu au Canada et écrivit un livre de recettes culinaires. Il mourut d’une crise cardiaque en 2002 à 57 ans.

1955 – Bing Crosby / Embrasse-moi bien. De tous les chanteurs qui traversèrent le 20ème siècle, Bing Crosby fut la stars des stars. A ce jour il détient toujours le record de la meilleure vente pour un single. Sur les 1700 titres qu’il enregistra, il n’en classa pas moins de 380 dans le top 30 américain. Ce que l’on a un peu oublié, c’est qu’il enregistra aussi en français. En voici une, très dans son style de crooner, son image de marque.

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En passant

Exploration en terre musicale inconnue (19)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1959- Carl Perkins / Good Rockin’ Tonight. C’est la première publication de Carl Perkins en France qui ignore complètement la période Sun. Encore un de ces disques qui doit faire gratter la tête aux fans français de Mr Perkins.

1969 – The Paupers / South Down Road. Excelelnt groupe canadien psyché pop dont c’est la seule publication française. Une belle obscurité.

1971 – Aunt Mary / Jimi, Janis, Brian. Groupe pop norvégien dont la voix du chanteur n’est pas sans rappeler celle de Roger Chapman de Family. Unique single publié en France.

1967 – Duffy’s Nucleus / Hound Dog. Connu aussi sous le nom de Duffy Power, il commença sa carrière comme rocker, mais se tourna vers le blues par la suite. Un assez belle reprise de « Hound Dog » sorti sur un rare EP en France.

1968 – Lee Hazlewood / Rainbpw Woman. Un compositeur et un producteur très connu, Nancy Sinatra lui doit une bonne partie de son succès. Il eut moins de réussite comme interprète , excepté ses duos avec Nancy, malgré sa voix et l’ambiance particulière de ses chansons, dommage.

1969 – Elton John / It’s Me That You Need. Première publication en France pour cette star en devenir, évidemment ce n’est pas son titre le plus célèbre, qui l’a acheté chez les disquaires français de l’époque ? C’est assez ballade pop.

1962 – Nashville Five / Like Nashville. Même si parfois je peux ressembler en matière musicale à un célèbre commissaire à la pipe, il y a parfois des énigmes que je n’arrive pas à résoudre. C’est le cas pour ce disque. Les interprètes ne posent pas de problème, ce sont des requins de studio dont Reg Guest, Andy White, et Big Jim Sullivan. Par contre le disque est bizarre, c’est bien une édition française, pochette et logo différents, mais avec la même référence et titres que la publication anglaise, DFE.6706, alors que normalement le catalogue anglais sous licence était publié en France sous la référence 457 XXX. Je ne connais pas d’autre cas semblable, alors… A part ça, c’est du rock instrumental, mais il y a quand même un titre qui m’intriguait, qui me rappelait quelque chose. Je me suis creusé la tête un moment et j’ai fini par trouver. Ce titre ressemble à un titre enregistré par Michel Page sur son premier disque de 1963 « Tout Au Long De Ma Rue ». Je pense que c’est un accident, mais je vous mets les deux titres et vous verrez qu’il y a un air de famille dans certains passages.

Michel Page

1959 – The Mark IV / Mairzy Doats.  Reprise un peu plus « rock » d’un air de swing de la seconde guerre mondiale, avec la participation de Donald Duck. Sorti par Barclay en single alors qu’il avait les droits de licence sur le label américain Mercury, ce qui fait que l’on trouve aussi les Platters en publication Barclay pour les années 50, avant que Philips ne prenne la relève.

1957 – Domenico Modugno / Moi, Ta Mere, Et Moi. Avant de triompher internationalement avec « Volare », Modugno avait tenté de percer en France avec des chansons interprétées dans la langue nationale. C’est assez drôle, il est très aisé dans le maniement du français. L’ambiance du teste est très néo-réaliste, parallèlement au grand cinéma italien d’après guerre.

1959 – The Impalas / Sorry. Groupe de doo wop interracial assez connu aux USA,leur plus gros succès fut publié en France mais resta un peu dans les bacs des disquaires.

1969 – Jotta Herre / Penina. Cette chanson porte la signature de Paul McCartney, il ne l’a jamais enregistré lui-même. D’après ses dires, il était en vacances au Portugal dans un hôtel du nom de Penina. a l’intérieur, il y avait un groupe local qui faisait de l’animation musicale, McCartney a jammé avec eux et leur a refilé cette chanson composée spontanément et leur a refilé la chose. Le groupe l’a enregistrée et malgré la prestigieuse signature ne fut pas vraiment un succès. Sa publication en France reste très confidentielle,

1966 – The Vogues / Five O’Clock World. Aux USA, les groupes vocaux à succès sont surtout dominés par les Noirs. Mais il y a de notables exceptions blanches, les Four Seasons, les Happenings, Jay & The Americans, les Tokens, les Vogues. Ces derniers placèrent quelques titres dans le top ten entre 1965 et 1968 dont « Five O’Clock World ». En France, bien que le titre aie été publié chez London, on connaît plutôt cette chanson via l’adaptation de Noël Deschamps « A Six C’est Fini ». On ignora pratiquement complètement l’original.

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En passant

Exploration en terre musicale inconnue (18)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1964 – The Downbeats / Je Le Vois. Des Anglais atterris en France, ils accompagnent notamment Moustique et enregistrent aussi en français sous leur nom quelques titres qui ne décollent pas, comme ici cette reprise de « I Can Tell » de Bo Diddley.

1967 – José Salcy / Sophie. Il eut des débuts assez prometteurs et un ou deux titres qui connurent quelques succès. Même parmi les moins connus, on ne peut pas dire qu’il oublia de se construire une discographie où il n’y a rien à jeter. C’est un des chanteurs issu des débuts du yéyé que j’ai encore bien du plaisir à écouter.

1976 – The Stylistics / Sixteen Bars. C’est un groupe issu du « Philadelphia Sound », un mouvement branché musique noire à l’aube du disco. Comme très souvent chez les Noirs, c’est vocalement très intéressant, mais la chanson n’est pas mal non plus. On ne peut pas dire qu’ils devinrent des stars en France, même si ce fut le cas ailleurs.

1968 – Jimmy Walker – Drown In My Broken Dreams. Il fut le batteur des fameux Knickerbockers et aussi de temps en temps, un des deux Righteous Brothers. Il a aussi enregistré pour son compte quelques titres comme celui-ci assez marqué soul music. C’est le seul édité en France,

1961 – The Velvets / Tonight. C’est le genre de disque que l’on peut acheter les yeux fermés si on a envie de se faire un peu de fric et qu’il vous est proposé pour 10 euros. Vous êtes sûrs de le revendre 10, 20, 30 fois plus cher. A peu près tous les disques du style doo wop publiés en France au tournant des sixties sont des pièces recherchées et le prix est fonction de la rareté. Et en plus, c’est toujours vocalement plus que parfait, surtout si la voix est noire.

1970 – Eyes Of Blue / Largo. Il y a une connexion avec le groupe Big Sleep dont un 45 tours sortit en France deux ans plus tard avec le même titre dans un version différente. Cette première tentative d’imposer un arrangement pop sur une pièce de Bach ne rencontra pas plus de succès que la deuxième.

1970 – Purple Heart – Sympathy. Encore une illustration d’une maison de disques, ici Vogue, qui profite du succès d’une maison concurrente (Philips)  pour s’insérer sur le marché des 45 tours. La chanson est la reprise du succès de Rare Bird. Le nom de  l’artiste choisi, Purple Heart, est celui de Jackie Lynton qui est ailleurs un artiste et compositeur à part entière et aussi la voix mâle du groupe People, qui eut un hit la même année avec une reprise de « Hallelujah » de Deep Purple. Voilà vous savez tout !

1970 – The Pentangle / Once I had A Sweetheart. L’un des plus merveilleux groupe de folk progressif anglais avec de prestigieux musiciens comme Bert Jansch, John Renbourn, et la sublime voix de Jacqui McShee. Sorti uniquement en 45 tours promo.

1970 – Tanj(i)a Berg / Na Na Hey Hey Goodbye. Sans doute un astrologue avait prédit une nouvelle invasion allemande, car éditer un version allemande du tube de Steam relevait de la gageure au niveau des possibilités de ventes et de passage radio. Même si la chanteuse est plutôt une vedette en Allemagne, son nom ici ne veut pas dire grand chose, même son prénon a été un peu adouci.

1968 – Eric Burdon & The Animals / Year Of The Guru. Quand la première mouture des Animals se sépara le groupe se mua en Eric Burdon & The Animals, il en profita pour changer ses musiciens. Il s’en suit une période très créative résolument tournée vers la pop. Les productions sortirent sur le label Yameta, d’ailleurs fondé par Chas Chandler, le bassiste des Animals originaux. Barclay en avait la distribution pour la France et ne se priva pas de sortir une flopée de 45 tours extraits des albums dont aucun ne connut le succès et qui sont relativement rares maintenant. Voici celui que je considère comme le plus intéressant, un bon mélange de pop et de psychédélique.

1963 – Nino Tempo & April Stevens / Baby Weemus. Nino Tempo n’est pas un chanteur italien  mais un Américain, April Stevens n’est pas sa femme mais sa soeur. En 1963, ils ont un gros hit avec « Deep Purple » une vieille chanson remise au goût du jour. Publié en France le disque passe assez inaperçu, mais pas pour tout le monde. Sur le même disque figure la chanson que je vous propose, qui fut adaptée par Frank Alamo avec la collaboration de Marjorie Noël « Jolie Frimousse ». Comme de bien entendu peu de gens savent de qui est la version originale.

1960 – Les Baxter / Barbarian. Les baxter est un batteur américain et également un chef d’orchestre. Même s’il n’a pas la réputation d’Henry Mancini, il se défend plutôt bien pour créer des ambiances et des musiques originale. Comme ce titre ici, qui aurait fait merveille comme générique d’une série télévisée avec plein d’espions dedans.

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Allons à Laforêt

Je n’aime pas trop jouer les pleureuses, mais le décès de Marie Laforêt me remue un peu les entrailles. Sans doute parce que c’est une chanteuse que j’ai toujours écoutée, j’ai grandi avec ses premiers tubes et elle n’a jamais vraiment quitté mes écoutes. Avec Hugues Aufray, je lui dois un peu ma découverte et ma passion pour le folk. Sans être collectionneur, j’ai une bonne pile de ses disques. J’ai un souvenir précis, où je crois que c’est la première fois que j’ai vraiment fait attention à elle, du moins à sa voix. Un copain un peu plus âgé que moi, était en vacances chez mes voisins. Il était en train de m’initier aux échecs. Dans la pièce à côté, la radio s’est mise diffuser à petit feu « Viens Sur La Montagne », cela m’a tapé dans l’oreille. A côté des musiques bien déglinguées que j’écoutais, il y a avait de temps en temps un quart d’heure Laforêt, jamais je ne l’ai délaissé. Sur mon compte Deezer, j’ai depuis longtemps un playlist qui malheureusement s’arrête au peu de sa discographie présente sur ce site. Pour moi, c’est une Joan Baez française et si on lui attribué des yeux d’or, elle a encore plus une voix de platine. Je trouve qu’elle excelle quand elle chante en espagnol des airs proches de cette tradition, là je vibre comme la sonnerie de mon portable ! Par contre, j’aime moins la périodes des années 1970, des chansons comme « Viens Viens » ou « Cadeau » s’approchent plus de la variété bien tape à l’oreille, mais je n’empêche personne d’aimer. Marie Laforêt, il faut l’écouter en regardant les nuages blancs qui jouent à cache-cache avec la Lune dans le ciel nocturne. Vous verrez comme c’est beau et paisible.
J’ai fait une sélection de chansons, pas les plus connues, mais en restant dans le folk. Autant que possible j’ai cherché des vidéos où on la voit chanter, ce qui ne nous raye pas les yeux. La qualité sonore n’est pas toujours au top. Je commence par quatre titres chantés en espagnol. Dans le premier, elle est extraordinaire avec cette reprise de Simon Diaz.

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