Garage à louer

Vous commencez d’avoir l’habitude de mes goûts musicaux. Vous savez bien que j’aime beaucoup, entre des dizaines de styles, la musique psychédélique et le garage punk. Ce dernier est une extraordinaire mine de sons et de créations musicales venant d’artistes peu connus ou inconnus, opérant durant les sixties et principalement américains. Il y a quelquefois un petit côté amateur pas déplaisant. Souvent des disques publies à de très petits tirages sur des labels obscurs, ils furent pour la plupart exhumés par quelques chercheurs passionnés et publiés sur une multitude de compilations et je dois bien en avoir quelques centaines. Je ne résiste pas à vous en présenter une nouvelle sélection, je crois sans doublons de ma part. Ces pépites n’appellent pas de commentaires particuliers, sinon que je les aime tous. J’espère que certains vous plairont également. En musique, il n’est pas nécessaire de savoir qu’un disque s’est vendu à des millions d’exemplaires pour le trouver plaisant.

En avant la musique…

Des chansons qui se vendent par millions

Depuis que le 78 tours ou le vinyle existent, il y a des chansons qui ont atteint des records de ventes. Les statistiques existent depuis longtemps et les plus vieux classements que je connaisse et qui datent de plus de 50 ans, n’ont pas foncièrement changés avec le temps. Seuls quelques nouveaux titres sont venus se classer parmi eux. Les artistes et même les maisons de disques ont souvent tendance d’amplifier le phénomène sur la réalité des ventes. Depuis l’apparition du CD, je me méfie de la réalité de ces ventes et encore plus avec le phénomène des téléchargements. Pour moi, une chanson téléchargée, légalement ou pas, ne constitue pas une vente réelle, tout au plus une écoute. Par exemple, on donne « Candles In The Wind » d’Elton John comme une chanson record à la seconde place du classement. Pour autant que je me souvienne quand elle est sortie, je l’ai à peine entendue à la radio et je n’ai jamais vu dans les shops des montagnes de CDs où elle  figurait. Voilà, un indice qui me fait penser que cette chanson que je qualifierais même d’assez quelconque par son potentiel mélodique, est un fake de la vente record. Je dirais que vu les circonstances de sa naissance, c’est encore un coup des antiroyalistes. De même sur Youtube, il y a des chansons qui atteignent le milliard de vues, souvent des conneries d’ailleurs, je me demande quels sont les chiffres de ventes dans la réalité et combien l’artiste touche vraiment. L’apparition dans les festivals ou sur scène constitue maintenant une des principales sources de revenus des artistes. Je lisais l’autre jour une interview d’un organisateur de festivals qui disait qu’en une quinzaine d’années, le prix pour avoir une tête d’affiche avait fait X 10, ce qui constitue un indice assez probant.

Bien venons-en maintenant  à la réalité. Depuis le temps que je suis dans le truc, je peux trier entre ce que me semble réel ou non. C’est en grande partie mes observations sur le terrain, un disque que j’ai vu en grandes quantités, ou souvent s’il est plus ancien, dans les rayons de disques et aussi ceux que je retrouve dans les puces, ce qui est un excellent indicateur. Je pense que vous avez une petite idée sur ce qui pourrait figurer parmi les chansons qui sont des records de ventes, les noms d’artistes qui en font partie. Vous allez penser tout de suite, Beatles, Rolling Stones, Elvis Presley, Vous avez un peu raison, mais ils sont surtout connus pour des records de ventes sur l’ensemble de leur carrière, tous disques confondus. Ils apparaissent bien dans le classement qui nous intéresse, mais sont quelquefois distancés par des artistes plus oubliés aujourd’hui. Cela va sans doute vous étonner, mais le chanson record est un chant de Noël, le fameux « Noël Blanc » dans sa version anglaise interprétée par Bing Crosby et enregistrée en 1942. Bing Crosby figure deux fois dans les cinq premières places, l’autre titre étant encore un hymne à Noël « O Douce Nuit ». Le truc de la chanson de Noël est une vieille astuce qui permet de revenir régulièrement dans les ventes vers la fin de l’année. La plupart des grandes vedettes ont fait quelque chose qui allait dans ce sens. Evidemment, Bing Crosby est un peu oublié aujourd’hui, mais il fut dans les années 40 et 50 une immense star, d’autant plus inapprochable que les médias étaient bien moins présents qu’aujourd’hui. Le seul moyen pour avoir une sorte d’intimité avec l’artiste était ‘d’écouter un disque. Vous pouvez regarder à la fin de l’année au rayons disques, vous trouverez certainement une compilation de Bing Crosby avec musique de circonstance.

Dans le classement, il n’apparaît pratiquement que des chansons anglo-saxonnes. Le marché est à l’évidence bien plus vaste. Les quelques millions de francophones ne peuvent se battre contre la clientèle des USA, de l’Angleterre, ou de l’Australie réunies. Pourtant une ou deux chansons apparaissent dans cette liste. La mieux classés est indirectement française, il s’agit de l’adaptation du « Moribond » de Jacques Brel par Terry Jacks « Seasons In The Sun » (11 millions vendus). La mieux classée 100% France est le « Butterfly »(7 millions) de Danyel Gérard qui fut un immense succès international, presque plus ailleurs qu’ici. Et un peu plus loin, nous trouvons Lio avec « Amoureux Solitaires »(6 millions).

Etablir une liste des meilleures ventes françaises est assez difficile car on n’a pas vraiment de sources sûres. Toujours en me fiant à mes nombreuses observations dans le terrain, une très grosse vente reste « La Chanson De Lara » chantée par John William, j’ai vu ce 45 tours des centaines de fois aux puces. Les Brel, Brassens, Ferrat, Hallyday, sont de très gros vendeurs, on trouve leurs albums en très grandes quantités, mais il est plus difficile d’en tirer une chanson en particulier. Pour Brel, j’imagine que « Amsterdam » et « Ne Me Quitte Pas » doivent bien tirer leur épingle du jeu. Remarquez que pour lui, il est le plus adapté, nombre de ses chansons ont une version anglaise, dont certaines sont connues dans le monde entier. Pour Brassens « Les Copains D’Abord » et « Chanson Pour L’Auvergat » ne doivent pas faire pâle figure. Chez Ferrat, « Nuit Et Brouillard », « Que Serais-Je Sans Toi », sont parmi les immortelles. Hallyday doit au moins avoir une dizaine de titres que l’on peut classer parmi les grosses ventes, sans compter la totalité de sa carrière, mais il est aussi celui qui a une très grosse discographie qui s’étale sur plus de 50 ans en restant pratiquement au premier plan. Il y a encore quelques artistes qui ne doivent pas compter pour beurre, Gilbert Bécaud, Mireille Mathieu, Nana Mouskouri, ces deux dernières ayant une carrière très internationale. Bécaud est aussi connu internationalement, mais c’est un des chanteurs français qui a vu deux de ses chansons « Et Maintenant » et « Je T’appartiens » devenir des standards en langue anglaise. Les Everly Brothers et Elvis Presley s’y sont collés. Plus en arrière, Charles Trenet, Edith Piaf, Tino Rossi sont également à considérer dans le classement, les disques de Piaf sont assez nombreux dans les trouvailles aux puces.

Dans la liste que je vous présente, je m’en tiens à une liste qui va jusqu’à la fin des années 60, tout en ne tenant compte que des chansons que l’on peut classer rock and roll, variétés, ou pop dans l’ordre décroissant de leurs ventes. J’indique l’année de leur enregistrement.

Mungo Jerry – 30 millions (1970)

Bill Haley – 25 millions (1954)

Domenico Modugno – 22 millions (1958)

Elvis Presley – 20 millions (1960)

Beatles – 15 millions (1963)

Herman’s Hermits – 14 millions (1965)

Paul Anka – 10 millions (1957)

Monkees – 10 millions (1966)

The Penguins – 10 millions 1955

Elvis Presley – 10 millions (1956)

Elvis presley – 10 millions (1956)

Procol Harum – 10 millions (1967)

Animals – 8 millions (1964).  Dans cette liste, c’est de loin la plus écoutée sur Youtube, tous clips confondus on en est à plus de 300 millions de vues

The Beatles – 8 millions (1968)

Mary Hopkin – 8 millions (1968)

Shocking Blue – 8 millions (1969)

Des chansons (im)mortelles

Les death songs, ainsi que les anglophones les appellent, sont des chansons qui parlent de la mort. Nous avons aussi cela en français, « Le Moribond » de Brel ou « L’Homme A La Moto » de Piaf en sont deux exemples. On trouve dans cette catégorie des chansons qui parlent plus spécialement la perte d’un être cher. Ce thème revient quelquefois dans les chansons de teenagers années 50 ou 60. Certaines sont même encore dans toutes les oreilles. Nous allons spécialement en revisiter quelques unes dans une optique années 50 ou 60 et en donnant la préférences aux versions originales, certaines furent aussi des succès en France, via le chemin des adaptations. Un bref descriptif présente chaque chanson.

C’est une des plus anciennes du genre que je connaisse, datant de 1955 elle est le fait d’un combo noir dans le style doo wop. Elle est sinistre à souhait, on a même rajouté des pleurs vers la fin. Même si vous la découvrez maintenant, elle est relativement connue et a été reprise ici et là. C’est l’original et sans doute la meilleure version.

Voici la version originale du succès d’Edith Piaf  « L’Homme A La Moto », enregistré en 1955 pat les Cheers. C’est la chanson type du motard qui élève sa machine à la hauteur d’une déesse.

Une qui revient souvent dans les oldies, le sommeil éternel de Jody Reynolds

Un grand succès au tournant des années 50/60 encore dans beaucoup de mémoires. (Adapté en France par Richard Anthony). Repris notamment en France par Vince Taylor.

Nous parlions dans un post précédent des Tornados, de « Telstar », et du fameux producteur Joe Meek. Eh bien voici une de ses productions précédentes, la première qui cartonna en 1961 en se classant à la première place du hit parade anglais. C’est du beau travail qui suscite encore pas mal d’admirateurs aujourd’hui. L’interprète, John Leyton, est aussi acteur. On peut le voir dans « La Grande Evasion » avec Steve Macqueen. (Adapté en France par les Chats Sauvages)

Un des succès de Pat Boone dans ce style. Version française Johnny Hallyday

Le surf a aussi ses moments morbides, le célèbre duo Jan & Dean copie carbone des Beach Boys.

Une des plus célèbres de la série, encore un de ces trucs mis en note par un producteur de géniem George Morton. Mais oui c’est la fameuse version originale du « Chef De La Bande »  qui fit les beaux jours de Franck Alamo. En passant vous verrez dans le clip où Amy Winehouse s’inspirait pour ses coiffures, elle ne s’en cachait d’ailleurs pas.

Twinkle  passa assez rapidement dans le monde du succès avec sa composition personnelle « Terry ». A l’apogée de sa carrière elle était encore adolescente, mais fut quand même la petite amie de Brain Jones des Rolling Stones et Peter Noone, le Herman des Herman’s Hermits. Dans son titre fétiche c’est Jimmy Page, alors musicien de studio, qui tenait la guitare. Elle est décédée d’un cancer en 2015. Version française Claude François.

Jimmy Cross est un chanteur américain peu connu, mais il apparaît avec sa chanson « I Want My Baby Back » dans une fameuse compilation avec comme but de présenter les pires chansons jamais enregistrées. Le disque était fourni avec un sac vomitif, c’est dire. En fait ce n’est pas si mal foutu que ça, c’est voulu comme une parodie des chansons funèbres, et puis c’est assez rigolo. Et puis chose qui fera sans doute plaisir à notre régulier commentateur Cooldan, l’histoire commence sur le chemin du retour après un concert des Beatles. Les groupe anglais Downliners Sect en fit une version. Il en existe même une adaptation française par l’ancien Pirate jean-Pierre Orfino.

A propos des Downliners Sect, je n’en parle pas souvent mais c’est un de mes groupes préférés, les voici justement dans une chanson du cru

Music sans frontières

Nous allons encore explorer des choses pas très connues, mais sous un angle un peu international, dans des styles un peu différents, mais tous années 60.

Chanson morbide, mais excellente pour planer un peu, the Evil, un groupe de Floride qui n’a une discographie fleuve, mais que des bons titres,

Les mêmes avec leur plus fameux titre, un titre endiablé et un son comme on aimerait bien en trouver dans le rap, enfin on peut toujours rêver.

Passons en Angleterre, avec un titre pour le moins charmant et aussi une musique pour rêver

Un 45 tours de ce groupe anglais peut atteindre plus de 700 euros aux enchères. Regardez dans votre cave on sait jamais…

En 1969, les Zombies sont séparés. Le chanteur du groupe Colin Blunstone sous le nom de Neil MacArthur reprend dans une version popisée leur fameux hit « She’s Not There ». Il en enregistre une version en anglais et une en italien en reprenant les paroles de la version qu’avait enregistré notre Noel Deschamps national pour tenter de percer sur le marché italien.

C’est bien connu nos yéyés français pillaient les répertoires anglo-saxons pour trouver matière è chansons. On collait des parole françaises et c’était parti! Il y en a un ou deux qui faisaient preuve d’un peu plus d’originalité en reprenant des titres moins conventionnels. C’est le cas de Claude Righi, qui aura une tube un plus tard avec un slow « Elle » que l’on entendait dans toutes les boîtes à tubes (J’ai lu cette phrase dans un livre). Bien plus intéressant ivi, où il reprend « I Got My Mojo Working » de Muddy Waters devenu « Laissez-Moi Seul ».

Un très bon Ronnie Bird en anglais

Les Sinners, groupe canadien, enregistrent en 1966 ceci

Les Outsiders, groupe hollandais, très dans le style des Pretty Things

En Suède, les Hootenanny Singers sont très populaires. Pour l’histoire, si vous êtes attentif, vous reconnaîtrez un des futurs membres d’Abba. La chanson qu’il interprètent est extraite d’un film et fut reprise en France par les Célibataires « Ecoute »

Même exercice avec les Hep Stars, vous retrouverez l’autre élément masculin d’Abba (à l’orgue). Par ailleurs, les Hep Stars étaient plutôt bons dans les covers, comme cette reprise assez remuante d’un titre bien connu des fans des Who ou des Kinks.

Les Anglais partent rencontrer le succès en Finlande (et en Italie). C’est le cas des Renegades avec une reprise assez personnelle du titre des Sorrows « Take A Heart ». C’est du vrai live, très proche de la version studio.

Machins et trucs un peu dédaignés

Avec la pléthore de disques sortis depuis que le vinyle existe, il est bien difficile de se rappeler du moindre truc qui parsemait les sillons des disques. Heureusement, il y a quelques admirateurs un peu plus curieux que les autres et qui sont là, (mais jusqu’à quand?), pour remonter quelques obscurités en surface. Ce sera plus tard le travail des historiens de rappeler ceci ou cela. En attendant, je vais vous exhumer quelques chansons qui ne sont que dans les souvenirs des fans ou des spécialistes, mais de loin de pas tous les passants dans la rue.

Heinz Burt, un Allemand d’origine, fit partie comme bassiste des célèbres Tornados dont le hit « Telstar » se vendit à des millions d’exemplaires. Poussé par le producteur Joe Meek, il tenta une carrière en solo qui ne débuta pas trop mal avec son hit « Just Like Eddie ». Je vous propose ici sa première tentative qui fut un bide total « Dreams Do Come True ». Ce disque est aisément identifiable comme étant une production de Joe Meek avec ce son si typique. Heureusement il existe un clip de cette chanson extrait du film « Farewell Performance ». Je trouve que cette chanson méritait mieux que son insuccès flagrant.

Sous l’étrange nom de Blonde On Blonde, le groupe sortit en 1969 en album pour le label Pye en Angleterre. Il y a une ou deux reprises dont « No Sleep Blues » emprunté à l’Incredible String Band, dans une version plus électrique. Malgré cet intéressant album, ce groupe est resté dans une obscurité relative.

Le groupe Art est la transition entre the Vip’s et Spooky Tooth. En 1967, ils publient un album sur le label Island qui contient quelques belles pièces. La chanson que je vous propose « Rome Take Away Three », un original, est dans mes écoutes régulières depuis plus de 50 ans. J’aime tout dans ce titre le vocal du génial Mike Harrison (RIP), le piano, la guitare, la splendide ligne de basse, la batterie. C’est personnel, mais c’est inoubliable donc je n’ai pas oublié.

Même si un artiste est très connu, il y a certains de leurs titres qui le sont beaucoup moins et que pratiquement personne ne connaît. Les Everly Brothers n’y échappent pas. Qui connaît ou se rappelle de « Nancy’s Minuet », un titre qui est pourtant d’une grande classe. A découvrir et surtout ne pas oublier…

J’avais trouvé ce titre sur une compilation garage par un groupe qui s’appelle les Galaboochees, avec un titre typique de ce style et que j’adore malgré qu’il soit très peu connu. Mais j’ai un gag à raconter à propos de ce groupe. Quand je vais dans un magasin de musique, je n’ai en principe pas besoin des conseils d’un vendeur ou d’une vendeuse. Alors que je cherchais je ne sais quoi dans un endroit attitré, une vendeuse me tournait autour sans arrêt et finit par me demander ce que je cherchais : « je cherche un disque des Gallaboochees ». Perplexe, elle me répondit : « je crois qu’on ne l’a plus en stock! ». Ah ben tiens, elle connaissait bien son métier, un véritable encyclopédie.

On pourrait dire la même chose pour John Lee Hooker, si son « Boom Boom » totalise des millions de vues, cette chanson-ci est nettement moins connue, seuls quelques spécialiste la connaissent. C’est pourtant du blues authentique, très traditionnel, du blues qui vous fout le cafard joyeux, c’est un des buts de cette musique.

Les chansons que l’on qualifie de standards dans tel ou tel style de musique, ont ceci d’un peu ennuyeux, c’est qu’elle se ressemblent un peu toutes. Quelquefois un petit malin arrive à en faire quelque chose de complètement différent, presque une autre chanson. Un des plus célèbres blues est le fameux « Hoochie Coochie Man », dont il existe des centaines de versions assez semblables. Le groupe hollandais Johnny Kendall & Heralds a pu insuffler à ce blues au rythme pesant et lent, un approche très beat et rapide. C’est un régal que je cite en exemple chaque fois que j’en ai l’occasion.

Même résultat pour le « Boom Boom » de John Lee Hooker, avec CCS, le groupe du talentueux Alexis Korner.

Qui se souvient encore de la série Bonanza? Le fameux Lorne Greene, un des acteurs, eut un gros hit aux USA avec son « Ringo » musique d’inspiration western. Il a eu la bonne idée d’en enregistrer une version en français, plus de 50 ans après, c’est toujours aussi sympa.

Un air celtique transformé en un truc planant. Peu connu en dehors de la Bretagne, Denez Prigent est un chanteur admirable de classe et de sensibilité.

Ca c’est un disque en pressage italien que j’avais trouvé chez un petit disquaire à Salo, au bord du lac de Garde en Italie pendant mes vacances de 1978. Je ne connaissais absolument pas ce groupe originaire de la Californie. J’ai été très étonné quand je l’ai écouté et je dois avouer que j’ai été emballé. De belles harmonies vocales, une mélodie aguichante, un instrument qui pourrait être de la mandoline électrifiée et en arrière plan de la guitare fuzz. J’en ai pas mal parlé avec des collectionneurs, aucun ne l’a jamais ni vu, ni entendu. IL existe un album du groupe sorti en 1966, là c’est moi qui ne l’ai jamais vu.

Et pour terminer une autre de ces perles inconnues nées non pas dans une huître, mais dans ce formidable courant qui traversa les USA à partir du milieu des années 60 et qui suscite encore bien des passions. Un Youtuber qui consacre sa chaîne à ce genre de musique a plus d’un million d’abonnés. Alors considérons que cette musique n’est pas morte. Evidemment quand on écoute la daube que l’on nous sert aujourd’hui, le moindre feulement au fond de la jungle ressemble à s’y méprendre à un opéra!

Il y a pile l’été 1963

Les tubes de l’été il y a 55 ans. Classement dans le désordre tiré du hit parade de Salut les Copains été 1963. Le Johnny domine assez nettement avec deux chansons l’une « Les Bras En Croix », un très bon original, mais quand même un peu pompé sur le « Love Potion Number Nine » des Clovers, l’autre, « Da Doo Ron Ron », une reprise assez minable du hit des Crystals. Les débuts d’un petit génie (Little) Stevie Wonder. Claude François qui cartonne aussi avec des reprises propose quand même un original « Pauvre Petite Fille Riche », un titre assez plaisant. Sylvie Vartan chante en anglais un titre que Paul Anka a composé. Elvis Presley s’accroche  avec une histoire de diable. Darlene Love est poussée hors de Crystals pour une tentative en solo qui aura un assez bon départ, mais sans suite. Sheila adapte un succès des Everly Brothers / Roy Orbison « All I Have To Do Is Dream »,pour en faire une histoire de vacances qui tombe a pic. Les célèbres Beach Boys commencent à se placer. Un jeune qui monte Frank Alamo, avec l’adaptation d’un titre des Crickets de Buddy Holly « My Little Girl », qui devient « File File File ». Cliff Richard assez ignoré en France, parvient quand même à faire quelques fans. Richard Anthony, lui, fête sa fête sur le « It’s My Party » de Leslie Gore.

Spotlight sur deux titres :

Les Angels – My Boyfriend’s back – Un de ces succès qui montre toute l’ironie que l’on peut trouver dans la musique. Le succès est composé par les célèbres Feldman / Golstein / Gotterer qui formeront deux ans plus tard les légendaires Strangeloves et composeront aussi « Hang On Sloopy » pour les Mc Coys. En 1963, les groupes vocaux féminins noirs sont assez à la mode. Il y a les Crystals, Les Ronettes, les Chiffons, les Shirelles, les Cookies. Le titre est composé dans cette optique, le faire enregistrer par un groupe dans ce style, mais personne ne semble en vouloir. Alors on choisit un groupe identique, les Angels, mais blanc. C’est bien vu, d’autant plus qu’il sera no 1 pendant trois semaines au Cashbox.

Les Aiglons – Stalactite – Des adolescents de la région de Lausanne en Suisse, forment un groupe instrumental et leur organiste Jean-Marc Blanc compose un titre qu’ils nomment « Stalactite ». Leur compatriote Kean Lean, producteur chez Barclay, est intéressé et leur signe un contrat. Le titre deviendra un succès à travers l’Europe et fera même carrière aux USA. Au niveau son, c’est assez bien vu et ne ressemble à rien de ce qui se faisait à cette époque dans le style. Il en existe aussi une version vocale vocale enregistrée par Marijan futur Michel Orso. Je vous mets cette version en dessous de l’original.