En passant

Exploration en terre musicale inconnue (19)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1959- Carl Perkins / Good Rockin’ Tonight. C’est la première publication de Carl Perkins en France qui ignore complètement la période Sun. Encore un de ces disques qui doit faire gratter la tête aux fans français de Mr Perkins.

1969 – The Paupers / South Down Road. Excelelnt groupe canadien psyché pop dont c’est la seule publication française. Une belle obscurité.

1971 – Aunt Mary / Jimi, Janis, Brian. Groupe pop norvégien dont la voix du chanteur n’est pas sans rappeler celle de Roger Chapman de Family. Unique single publié en France.

1967 – Duffy’s Nucleus / Hound Dog. Connu aussi sous le nom de Duffy Power, il commença sa carrière comme rocker, mais se tourna vers le blues par la suite. Un assez belle reprise de « Hound Dog » sorti sur un rare EP en France.

1968 – Lee Hazlewood / Rainbpw Woman. Un compositeur et un producteur très connu, Nancy Sinatra lui doit une bonne partie de son succès. Il eut moins de réussite comme interprète , excepté ses duos avec Nancy, malgré sa voix et l’ambiance particulière de ses chansons, dommage.

1969 – Elton John / It’s Me That You Need. Première publication en France pour cette star en devenir, évidemment ce n’est pas son titre le plus célèbre, qui l’a acheté chez les disquaires français de l’époque ? C’est assez ballade pop.

1962 – Nashville Five / Like Nashville. Même si parfois je peux ressembler en matière musicale à un célèbre commissaire à la pipe, il y a parfois des énigmes que je n’arrive pas à résoudre. C’est le cas pour ce disque. Les interprètes ne posent pas de problème, ce sont des requins de studio dont Reg Guest, Andy White, et Big Jim Sullivan. Par contre le disque est bizarre, c’est bien une édition française, pochette et logo différents, mais avec la même référence et titres que la publication anglaise, DFE.6706, alors que normalement le catalogue anglais sous licence était publié en France sous la référence 457 XXX. Je ne connais pas d’autre cas semblable, alors… A part ça, c’est du rock instrumental, mais il y a quand même un titre qui m’intriguait, qui me rappelait quelque chose. Je me suis creusé la tête un moment et j’ai fini par trouver. Ce titre ressemble à un titre enregistré par Michel Page sur son premier disque de 1963 « Tout Au Long De Ma Rue ». Je pense que c’est un accident, mais je vous mets les deux titres et vous verrez qu’il y a un air de famille dans certains passages.

Michel Page

1959 – The Mark IV / Mairzy Doats.  Reprise un peu plus « rock » d’un air de swing de la seconde guerre mondiale, avec la participation de Donald Duck. Sorti par Barclay en single alors qu’il avait les droits de licence sur le label américain Mercury, ce qui fait que l’on trouve aussi les Platters en publication Barclay pour les années 50, avant que Philips ne prenne la relève.

1957 – Domenico Modugno / Moi, Ta Mere, Et Moi. Avant de triompher internationalement avec « Volare », Modugno avait tenté de percer en France avec des chansons interprétées dans la langue nationale. C’est assez drôle, il est très aisé dans le maniement du français. L’ambiance du teste est très néo-réaliste, parallèlement au grand cinéma italien d’après guerre.

1959 – The Impalas / Sorry. Groupe de doo wop interracial assez connu aux USA,leur plus gros succès fut publié en France mais resta un peu dans les bacs des disquaires.

1969 – Jotta Herre / Penina. Cette chanson porte la signature de Paul McCartney, il ne l’a jamais enregistré lui-même. D’après ses dires, il était en vacances au Portugal dans un hôtel du nom de Penina. a l’intérieur, il y avait un groupe local qui faisait de l’animation musicale, McCartney a jammé avec eux et leur a refilé cette chanson composée spontanément et leur a refilé la chose. Le groupe l’a enregistrée et malgré la prestigieuse signature ne fut pas vraiment un succès. Sa publication en France reste très confidentielle,

1966 – The Vogues / Five O’Clock World. Aux USA, les groupes vocaux à succès sont surtout dominés par les Noirs. Mais il y a de notables exceptions blanches, les Four Seasons, les Happenings, Jay & The Americans, les Tokens, les Vogues. Ces derniers placèrent quelques titres dans le top ten entre 1965 et 1968 dont « Five O’Clock World ». En France, bien que le titre aie été publié chez London, on connaît plutôt cette chanson via l’adaptation de Noël Deschamps « A Six C’est Fini ». On ignora pratiquement complètement l’original.

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En passant

Exploration en terre musicale inconnue (18)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1964 – The Downbeats / Je Le Vois. Des Anglais atterris en France, ils accompagnent notamment Moustique et enregistrent aussi en français sous leur nom quelques titres qui ne décollent pas, comme ici cette reprise de « I Can Tell » de Bo Diddley.

1967 – José Salcy / Sophie. Il eut des débuts assez prometteurs et un ou deux titres qui connurent quelques succès. Même parmi les moins connus, on ne peut pas dire qu’il oublia de se construire une discographie où il n’y a rien à jeter. C’est un des chanteurs issu des débuts du yéyé que j’ai encore bien du plaisir à écouter.

1976 – The Stylistics / Sixteen Bars. C’est un groupe issu du « Philadelphia Sound », un mouvement branché musique noire à l’aube du disco. Comme très souvent chez les Noirs, c’est vocalement très intéressant, mais la chanson n’est pas mal non plus. On ne peut pas dire qu’ils devinrent des stars en France, même si ce fut le cas ailleurs.

1968 – Jimmy Walker – Drown In My Broken Dreams. Il fut le batteur des fameux Knickerbockers et aussi de temps en temps, un des deux Righteous Brothers. Il a aussi enregistré pour son compte quelques titres comme celui-ci assez marqué soul music. C’est le seul édité en France,

1961 – The Velvets / Tonight. C’est le genre de disque que l’on peut acheter les yeux fermés si on a envie de se faire un peu de fric et qu’il vous est proposé pour 10 euros. Vous êtes sûrs de le revendre 10, 20, 30 fois plus cher. A peu près tous les disques du style doo wop publiés en France au tournant des sixties sont des pièces recherchées et le prix est fonction de la rareté. Et en plus, c’est toujours vocalement plus que parfait, surtout si la voix est noire.

1970 – Eyes Of Blue / Largo. Il y a une connexion avec le groupe Big Sleep dont un 45 tours sortit en France deux ans plus tard avec le même titre dans un version différente. Cette première tentative d’imposer un arrangement pop sur une pièce de Bach ne rencontra pas plus de succès que la deuxième.

1970 – Purple Heart – Sympathy. Encore une illustration d’une maison de disques, ici Vogue, qui profite du succès d’une maison concurrente (Philips)  pour s’insérer sur le marché des 45 tours. La chanson est la reprise du succès de Rare Bird. Le nom de  l’artiste choisi, Purple Heart, est celui de Jackie Lynton qui est ailleurs un artiste et compositeur à part entière et aussi la voix mâle du groupe People, qui eut un hit la même année avec une reprise de « Hallelujah » de Deep Purple. Voilà vous savez tout !

1970 – The Pentangle / Once I had A Sweetheart. L’un des plus merveilleux groupe de folk progressif anglais avec de prestigieux musiciens comme Bert Jansch, John Renbourn, et la sublime voix de Jacqui McShee. Sorti uniquement en 45 tours promo.

1970 – Tanj(i)a Berg / Na Na Hey Hey Goodbye. Sans doute un astrologue avait prédit une nouvelle invasion allemande, car éditer un version allemande du tube de Steam relevait de la gageure au niveau des possibilités de ventes et de passage radio. Même si la chanteuse est plutôt une vedette en Allemagne, son nom ici ne veut pas dire grand chose, même son prénon a été un peu adouci.

1968 – Eric Burdon & The Animals / Year Of The Guru. Quand la première mouture des Animals se sépara le groupe se mua en Eric Burdon & The Animals, il en profita pour changer ses musiciens. Il s’en suit une période très créative résolument tournée vers la pop. Les productions sortirent sur le label Yameta, d’ailleurs fondé par Chas Chandler, le bassiste des Animals originaux. Barclay en avait la distribution pour la France et ne se priva pas de sortir une flopée de 45 tours extraits des albums dont aucun ne connut le succès et qui sont relativement rares maintenant. Voici celui que je considère comme le plus intéressant, un bon mélange de pop et de psychédélique.

1963 – Nino Tempo & April Stevens / Baby Weemus. Nino Tempo n’est pas un chanteur italien  mais un Américain, April Stevens n’est pas sa femme mais sa soeur. En 1963, ils ont un gros hit avec « Deep Purple » une vieille chanson remise au goût du jour. Publié en France le disque passe assez inaperçu, mais pas pour tout le monde. Sur le même disque figure la chanson que je vous propose, qui fut adaptée par Frank Alamo avec la collaboration de Marjorie Noël « Jolie Frimousse ». Comme de bien entendu peu de gens savent de qui est la version originale.

1960 – Les Baxter / Barbarian. Les baxter est un batteur américain et également un chef d’orchestre. Même s’il n’a pas la réputation d’Henry Mancini, il se défend plutôt bien pour créer des ambiances et des musiques originale. Comme ce titre ici, qui aurait fait merveille comme générique d’une série télévisée avec plein d’espions dedans.

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Allons à Laforêt

Je n’aime pas trop jouer les pleureuses, mais le décès de Marie Laforêt me remue un peu les entrailles. Sans doute parce que c’est une chanteuse que j’ai toujours écoutée, j’ai grandi avec ses premiers tubes et elle n’a jamais vraiment quitté mes écoutes. Avec Hugues Aufray, je lui dois un peu ma découverte et ma passion pour le folk. Sans être collectionneur, j’ai une bonne pile de ses disques. J’ai un souvenir précis, où je crois que c’est la première fois que j’ai vraiment fait attention à elle, du moins à sa voix. Un copain un peu plus âgé que moi, était en vacances chez mes voisins. Il était en train de m’initier aux échecs. Dans la pièce à côté, la radio s’est mise diffuser à petit feu « Viens Sur La Montagne », cela m’a tapé dans l’oreille. A côté des musiques bien déglinguées que j’écoutais, il y a avait de temps en temps un quart d’heure Laforêt, jamais je ne l’ai délaissé. Sur mon compte Deezer, j’ai depuis longtemps un playlist qui malheureusement s’arrête au peu de sa discographie présente sur ce site. Pour moi, c’est une Joan Baez française et si on lui attribué des yeux d’or, elle a encore plus une voix de platine. Je trouve qu’elle excelle quand elle chante en espagnol des airs proches de cette tradition, là je vibre comme la sonnerie de mon portable ! Par contre, j’aime moins la périodes des années 1970, des chansons comme « Viens Viens » ou « Cadeau » s’approchent plus de la variété bien tape à l’oreille, mais je n’empêche personne d’aimer. Marie Laforêt, il faut l’écouter en regardant les nuages blancs qui jouent à cache-cache avec la Lune dans le ciel nocturne. Vous verrez comme c’est beau et paisible.
J’ai fait une sélection de chansons, pas les plus connues, mais en restant dans le folk. Autant que possible j’ai cherché des vidéos où on la voit chanter, ce qui ne nous raye pas les yeux. La qualité sonore n’est pas toujours au top. Je commence par quatre titres chantés en espagnol. Dans le premier, elle est extraordinaire avec cette reprise de Simon Diaz.

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En passant

Exploration en terre musicale inconnue (17)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1966 – Hector / Le Gamin Couché. Le fameux Hector fut une précurseur passablement incompris dans la chanson absurde et humoristique. La vente de ses disques s’en ressentit fortement, si bien que tout est collectors chez lui. Ici un de ses numéros dont il a l’habitude adaptation, d’un truc peu connu en France, « The Gamma Goochee ». Les Kingsmen et Nino Ferrer avec les Gatamou en firent une version  à côté de celle du créateur Mr Gamma Goochee himself.

1965 – Claude Righi / Laissez Moi Seul. A ses débuts, Claude Righi, compositeur et parolier, avait pas mal d’ambitions comme ici en adaptant « I Got My Mojo Working » de Muddy Waters. Il changea complètement de cap et rencontra un gros l’année suivante avec « Elle », une chanson que l’on entendait dans tous les bars à putes, ainsi que je l’ai lu quelque part.

1965  Annie Philippe / Une Rose. Elle rencontra assez vite le succès, mais son premier EP est une rareté très cotée. Rare sont les disque des chanteuses yéyé qui peuvent monter à des centaines d’euros dans les enchères. C’est le cas de celui-ci qui contient une version française de « Love Me Tender » de Presley.

1965 – Valérie Lagrange / La Guérilla. Avec Gainsbourg comme compositeur, il y a un espoir de réussite à la clé. Ce ne fut pas trop le cas ici, et pourtant faire de la variété à tendance sud-américaine était assez précurseur.

1966 – Les Compagnons de la Chanson / Le Corbeaux De L’Hiver. Le dernier survivant des fameux Compagnons n’est plus de ce monde. Bien qu’ils connurent de nombreux succès, certains de leurs disques passèrent plus inaperçus que d’autres. Comme ici cette adaptation française, il fallait le faire, de « Still I’m Sad » des Yardbirds. Et en plus ce n’est pas ridicule.

1968 – Alan Stivell / Le Bourreau. Bien malin à qui avait prêté attention à cet EP d’Alan Stivell en 1968 ?

1964 – Les Sunlights / Surf Beat. Comme j’aime bien la musique instrumentale à la Shadows, j’aime assez la première époque des Sunlights. Celui que j’ai eu le plus de peine à dénicher, c’est celui-ci, un reprise assez originale de « Surf Beat » de Dick Dale.

1966 – Erick Saint Laurent / Le Temps D’y Penser.  Il a connu quelques succès dont un avec une honnête reprise de « Eleanor Rigby » des Beatles. Mais ce titre beaucoup plus obscur dans sa discographie et c’est aussi un de ces disques qui partent à plusieurs centaines d’euros dans les enchères.

1961 – Lou Bennett Trio – Quartet / Brother Daniel. Voilà un des indicatifs de la légendaire émission Salut les Copains. Le titre est en quelque sorte un hommage à Daniel Filippachi l’animateur. C’est du jazz cuvée supérieure. Le batteur est un vrai batteur de jazz, un virtuose au jeu très personnel. Et le reste n’est pas mal non plus. On peut d’ailleurs  se demander qui parmi les fans de Johnny Hallyday ou Richard Anthony allait acheter un truc pareil ?

1965 – Orfino / Les Crêpes. Orfino c’est Hector l’ancien guitariste rythmique des Pirates de Dany Logan. Après la séparation du groupe, il tente un carrière solo qui ne laisse pas un souvenir impérissable. La vraie curiosité de ce disque réside dans un rythme de ska avant l’heure.

1966 – Géraldine / La Rivière Me disait. Née en Suisse et peu connue, sinon qu’elle a représenté la Suisse au Concours Eurovision en 1967 et termine dernière, ce qui pourrait signifier que le disque était plutôt bon. En 1966, sans percer elle enregistre chez Polydor cette charmante obscurité. Elle fait partie de ces chanteuses qui sont redécouvertes et dont les disques sont aujourd’hui assez recherchés

1967 – Benoit Philippe / Lisette. D’origine belge avec un petit quelque chose de Brel, une chanson qui ne demandait qu’à être plus connue. Elle s’est perdue dans les dédales du temps.

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En passant

Exploration en terre musicale inconnue (16)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1970 – The Blue Jays / Wahka Wahka. Très peu visible ce single  est celui d’un groupe américain qui tout en étant blanc sonne assez noir. Ils sont publiés par le même label qu’un groupe de la même époque qui eut beaucoup plus de succés : Mardi Gras.

1971 – Wild Angels / Three Night A Week. A partir de 1968, il y a une certaine renaissance du rock and roll traditionnel. A côté des vieilles gloires qui se produisent encore, de nouveaux artistes émergent. Les Wild Angels sont un de ces groupes qui lorgnent vers les début du rock and roll. Assez connus dans les milieux dédies, ils restent cantonnés uniquement auprès des fans de la vieille école.

1976 – Janny Loseth / Take Me Down. Un ancien de Titamic qui fut un groupe norvégien assez connu. Il entame une carrière solo avec ce titre que l’on a un peu entendu dans les discothèques à l’époque. Par la suite, il devient le chanteur de Space qui aura un tube avec « Magic Fly ».

1974 – Melba Montgomery / No Charge. Ce disque n’a été uniquement publié en France parce que c’est la version originale d’une chanson qui fut un gros succès en version française, je vous laisse trouver lequel.

1966 – The Monclairs / Happy Feet Time. Une obscurité américaine qui le restera à sa publication en France. Malgré tout, de la soul très dansante.

1967 – The Fire Escape / Love Special Delivery. Publié en France par Vogue sur un très rare EP, mettant bien en évidence les initiales du titre LSD, ce titre n’en reste pas moins une très belle pièce de psychédélique sauce garage à consommer sans modération.

1964 – The Mojos / Everything Allright. On connaît surtout cette chanson par l’adaptation d’Eddy Mitchell encore faut-il l’avoir dans sa discothèque. Un truc assez plaisant avec un piano déglingué composition originale de ce groupe anglais dont on ne publia rien en France, sinon un single sans pochette. Encore faut-il savoir qu’il existe. C’est un de mes classiques.

1967 – Nicky Scott / Backstreet Girl. Immediate est un label qui fut fondé par le manager des Rolling Stones, Andrew Loog Oldham. Ces derniers ne sont pas complètement absents dans la collaboration avec le label à des titres divers. Comme ici avec la composition et la production. Managé par Simon Napier-Bell qui deviendra aussi à l’époque producteur des Yardbirds, Nicky Scott avait quelques atouts qui ne lui permettront pas une carrière florissante, malgré la publication de cet EP en France. Il serait mort du sida dans les années 1980, un des rares renseignements que j’ai pu trouver sur lui.

1972 – THe Hollies / The Baby. Les hollies furent un des groupes contemporains des Beatles qui passa assez bien le cap de la décennie suivante avec des hauts et des bas. Dans ce qui pourrait passer pour un bas, ce titre qui n’est pas si mal foutu que cela mais qui ne brilla pas pas beaucoup.

1957 – Miles Davis / Générique de Ascenseur Pour L’échafaud. En plus d’être un superbe film avec la divine Jeanne Moreau, la musique n’est pas en reste. Vous connaissez sans doute l’histoire de son enregistrement. Miles Davis de passage à Paris est recruté par Louis Malle le réalisateur. Il n’y a aucune musique de composée. On projette des scènes du film et Miles Davis improvise avec sa trompette.  Si le film fut un grand succès, la publication de la musique en 45 et 33 tours resta beaucoup plus confidentielle. Ce n’est que plus tard qu’elles deviendront des pièces recherchées et plutôt rares. Autre anecdote, dans un reportage réalisé en 1960 après le tremblement de terre d’Agadir au Maroc, un extrait de la bande du film fut utilisé sur les images montrant la ville en ruines. A l’évidence, elle fut jugée assez sinistre pour servir d’illustration sonore.

1958 – The Crew-Cuts / J’attendrai. Dans les efforts d’artistes anglo-saxons pour chanter en français, voici sans doute un des plus inattendus, qui vaut se pesant de cacahuètes. Les Crew-Cuts furent un groupe de doo-wop très populaire dans les année 1950, notamment avec un succès flamboyant enregistre en 1954 « Sh-Boom ». En 1958, paraît en France, un single très obscur qui n’est autre qu’une reprise en français de la chanson de Rina Ketty que tout le monde connaît, mais alors pas dans cette version là.

1965 – Billy Joe Royal / I Knew You When. Avant de connaître un grand succès en France avec « Hush » (« Mal » par Johnny Hallyday), un EP avait déjà vu le jour chez nous deux ans avant sur la réputation de son succès américain « Down In The Boondocks » sans trop intéresser le public français. Ce chanteur qui est un clone de Gene Pitney pour la voix, était un assez habile compositeur pour trouver des chansons accrocheuse comme celle-ci qui figure sur cette première publication française.

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En passant

Exploration en terre musicale inconnue (15)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1958 – Ruth Brown / This Little Girl Gone Rockin’. Ruth Brown est une artiste noire de R&B assez connue aux USA, mais beaucoup moins en France. Sur cette publication française de 1958, alors que l’on se plaignait de la rareté des publications de disques de rock and roll, en voici un exemple passé inaperçu.

1968 – The Pretty Things / Talking About The Good Times. Un peu comme les Moody Blues, les Pretty Things abandonnèrent leur racines blues pour se tourner vers des choses plus progressives. Si leur 45 tours chez Fontana sont relativement courants, ils en va autrement de ceux sortis chez EMI. Voici le premier de la série. C’est juste l’époque où je les ai vus sur scène, avant de les revoir 45 ans plus tard.

1961 – Marie Laforêt / St Tropez Blues. Mais oui Marie Laforêt n’est plus, c’est dommage c’était pour le moins un excellente chanteuse.  Dans la presse j’ai constaté qu’aucun journaliste n’était capable de citer juste son premier disque. Non ce n’est pas « Les Vendanges De L’Amour » mais celui-ci avec Jacques Higelin. Evidemment c’est moins connu et c’est pour les besoins d’un film.

1969 – Octopus / Laugh At The Poor Man. Groupe anglais enregistrant pour le naissant label Penny Farthing. Très dans le vent de l’époque avec ses harmonies vocale bien fouillées. pas assez pour conquérir la France. Très plaisant !

1970 – Family / The Weavers Answer. Quelques singles de Family sont parus en France sans être très visibles. Dominé par la fantastique voix du chanteur Roger Chapman, c’est un des très grands groupes pop toutes tendances confondues.

1965 – Kim Fowley / The Trip. Le légendaire producteur a enfanté sans le vouloir cette très belle pièce de collection française sur le label Vogue. Une petite anecdote, un pote musicien qui l’avait rencontré par hasard à New York dans les années 1990, lui a demandé s’il voulait produire le groupe dans lequel il jouait. Fowley lui a répondu : C’est 5000 dollars par jour !

1968 – Linda Tillery & Loading Zone / No More Tears . Seule publication ici de ce band américain, chanteuse noire et musiciens blancs très R&B, assez populaire aux States dans les concerts. La chanteuse est toujours en activité.

1970 – Stray / Only What You Make It. Un de ces groupe anglais assez peu connu mais prisé des collectionneurs.  Cela pourrait faire penser à du Deep Purple pour ce titre.

1965 – The Deejays / Blackeyed Woman. Groupe d’origine anglaise exilé en Suède. Ils enregistrent cette pièce devenue légendaire et combien merveilleuse, parue en France sur un rare EP  très difficile à dénicher. Un casse tête pour beaucoup de collectionneurs.

1967 – The Rokes / Let’s Live For Today. Emmenés par Shel Shapiro, les Rokes sont des anglais émigrés en Italie. Ils deviennent immensément populaires dans la Botte en se posant un peu comme des Beatles italiens. Ils chantent en italien et en anglais principalement des adaptations de titres anglo-américains. Un de leurs succès originaux composé par le chanteur, « Piangi Con Me » est repris en version anglaise sous le titre que je vous propose ici. Les deux titres sont édités en France par RCA sous deux EP’s différents, sans qu’ils soient remarqués. Par contre en Amérique, les Grassroots reprennent ce titre et en font un succès et même un standard. Plutôt marrant, RCA qui les distribue en France, sans doute un peu refroidi par l’insuccès des Rokes, publie plusieurs disques d’eux mais pas celui-là.

1963 – The Blackjacks / Woo Hoo / The Red Dragon. En 1963, les Blackjacks décident de réactiver pour le label anglais Pye, un hit des Rock-A-Teens, groupe vocalo-instrumental qui fut classé dans les chars US en 1959, « Woo Hoo ». Disque facilement contagieux, il ne se classa pas en Angleterre bien que régulièrement publié. Quelques passages radio auraient suffi pour le faire démarrer, ce qui ne se produisit pas. Vogue décide de le publier en France où ce titre est inconnu, car la version originale ne fut pas publiée. Couplé avec un single de la chanteuse Pat Harris à laquelle ils servent de backing band, le EP ne rencontra pas plus de succès chez nous. Je vous file également l’autre face qui est un bon instrumental à la Shadows.

1969 / Little Richard / Baby What You Want Me To Do. Il existe sur le marché français un nombre impressionnant de 45 tours de Little Richard. On y retrouve bien sûr ses grands classiques car c’est un des influences majeures du rock and roll. Dans sa carrière, il n’a pas fait que du rock, mais aussi du gospel et devint aussi dans les années 60 un très compétant chanteur de rhythm and blues et de soul music. Certains de ses disques ne furent publiés que sous la réputation de son nom et l’on peut y trouver des choses très hétéroclites, comme cette reprise de ce célèbre titre de Jimmy Reed pas si mal roulée.

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Exploration en terre musicale inconnue (14)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

Pour varier, nous irons faire un tour en Allemagne selon le même principe. Durant les sixties le scène musicale allemande fut beaucoup plus animée qu’en France, ici les groupes sont presque une exception, tandis qu’outre-Rhin c’est le contraire. Mais on retrouve le même phénomène, ne devient pas star qui veut, les fonds de tiroir et les obscurités existent aussi. Je parle uniquement de 45 tours et si certains des artistes que je cite ici ne devinrent jamais des stars, les plus chanceux d’entre eux eurent une renommée locale. Ce qui est encore plus certain, c’est qu’ils furent complètement ignorés en France-

1965 – The Details / What Shall I Do. Dans les sixties le label Bellaphon était plutôt un label mineur, signant des artistes secondaires sans vraiment que ceux-ci éclatent au niveau national. Voici un exemple de 1965 sur ce label, un de ces groupes qui existaient parmi des centaines sur la scène musicale allemande très prolifique. Ce disque, je l’ai découvert grâce à un collectionneur allemand, et comble de bonheur il en avait une copie à double. C’est musicalement assez proche du garage punk américain. Toutefois au moins une licence Bellaphon fut publiée par President en France (Casey Jones & Governors). Plus tard au tournant des seventies, le label se hissa au rang de major, publiant notamment le label Chess et en 1977 les fameuses bandes des Beatles au Star-Club.

1967 – The Savages / Why Don’t You Say. Même label, autre groupe avec un nom plutôt prétentieux quand on écoute leur musique.

1965 – The Kentuckys / Uncle Willy. Encore du Ballaphon avec la reprise d’un titre R&B assez obscur popularisé par Zoot Money et Brian Poole & les Tremoloes. Ce groupe obtint une petite popularité en Allemagne, un peu parce qu’ils avaient des cheveux plus longs que la moyenne et aussi habillés en femmes pour la rigolade. Cette version est plutôt bonne.

1965 – The Rollicks / Das Totenschiff. Le hit des Islanders repris en France par Sacha Distel & Sheila (Un Bateau S’en Va), ici en instrumental. Les Rollicks eurent un petit goût de succès avec leur reprise du « Let’s Go » des Routers.

Frederic & Rangers / I’m On The Outside. Ce groupe fit deux tentatives phonographiques dont celle-ci. Peu connus même en Allemagne. Cela fait au moins 50 ans que je n’avais pas entendu ce disque que j’avais jadis possédé.

1966 – The Faces / Cry Cry Cry. Un de ces groupes surtout connus pour avoir occupé la scène du Star-Club de Hambourg. Très souvent en dehors de celle-ci ils n’étaient pas grand chose. J’ai eu la chance de rencontrer le batteur de ce groupe en 2002 en Allemagne, Mr Niels Taby. On a un peu discuté entre deux bières, très sympathique, il m’a signalé que sa grande passion c’était Johnny Kidd. A part ça une belle reprise du titre de Bobby Bland.

1966 – Ian & Zodiacs / No Money No Honey. Un groupe d’origine anglaise assez ambitieux qui publia quelques belles galettes surtout en Allemagne avec des succès modérés.

1965 – The Blizzards / I’m Your Guy. A l’étranger ils sont surtout connus pour avoir enregistré en allemand une cover de « Heart Full Of Soul » des Yardbirds. Mais ils chantent aussi en anglais et c’est pas mal du tout.

1968 – The Blackbirds / No Destination. Une petite perle alors que la musique se faisait un peu plus planante. De tous les disques que je vous ai proposés ici, c’est certainement celui que j’ai écouté des centaines de fois, eh ou ça fait 50 ans.

1964 – The Javalins / Scherben. La tentation d’une carrière en Allemagne n’était pas le fait uniquement des Anglais. Ce groupe était bel et bien hollandais, mais testa le coup en Allemagne avec une adaptation toute germanique de « Bits And Pieces » de Dave Clark Five.

1967 – The Ones / Lady Greengrass / Love Of Mine. C’est une des plus prestigieuses pièces de collection du label Star-Club pour au moins deux raisons. La première c’est que cela n’a pas marché, la seconde c’est que ce groupe est une première mouture des célèbres Tangerine Dream. Et que c’est beau !!!

1966 – The Rebbels / Come Back. Après avoir joué le jeu des albums de reprises quelque chose de plus original, du beat et de la fuzz guitar. C’est toujours un de ces disques, qui sans être exceptionnel se trouve très bien dans une collection pour les amateurs du genre. Je le possède même avec une pochette aux couleurs alternées dont je n’ai vu mention nulle part, le lettrage est violet au lieu d’être rouge. Le monde est plein de mystères…