Gall au-delà de l’enFrance

 

Parmi le pléthore des chanteuses yéyés qui ont traversé les années 60, France Gall est une des rares que j’ai gardée dans mes écoutes. Je ne saurais pas en dire vraiment la raison, sans doute parce que ça me plait est une raison suffisante.

J’aime surtout la première période, celle des sixties, celle des auteurs-compositeurs attitrés, celle d’un certain Gainsbourg. J’ai bien essayé de crocher avec l’ère Berger, mais cela n’a été beaucoup plis loin que le premier album. Je reproche la même chose que je le fais à Véronique Samson, c’est assez répétitif comme style. Par contre dans les années 60, elle saute d’un style à l’autre avec une certaine aisance, c’est toujours de la variété même si elle est parfois somptueusement idiote, mais de bonne cuvée et surtout ce sont des titres originaux qui sonnent comme des reprises de succès anglophones. Sa voix aux multiples possibilités est plus mise en valeur dans ses premiers disques que par la suite. Comparer Michel Berger à Serge Gainsbourg en tant que compositeur, c’est comparer la classe au génie.

Quoiqu’il en soit, j’en ai quelques-unes collées à la peau, dans un coin de mers souvenirs, un coin de ciel bleu dans la lumière de l’été qui chasse la grisaille de mon humeur, un petit rien qui fait que plus que rien c’est déjà beaucoup. Merci Madame, vous êtes une amie dans mes musiques écarlates.

Peut-être deux de ses chefs-d’oeuvre, mais peu connus.

Ca c’était original plutôt original et jazzy

1’35 de bonheur !

Cuvée Gainsbourg

 

Chansons que j’écoute de-ci de-là (7)

Encore un voyage dans les musiques que j’écoute de souvent à de temps en temps. Ce n’est qu’un reflet de ma passion pour tout ce qui est musique et un des mes buts c’est de faire découvrir aux autres ce qui n’est jamais diffusé dans les radios, la liberté commence par cela.

Dans tous les styles, il y des albums que l’on peut considérer comme des chefs-d’oeuvre et  il ne sont pas forcément très connus, sinon par une poignée d’initiés. C’est assurément le cas pour un groupe de Boston, Flat Earth Society qui le publia dans des circonstances particulières. Il fut enregistré tout à fait normalement dans un studio compétent si l’on en juge la qualité de l’enregistrement. Il ne fut pas commercialisé, mais remis en 1968 aux clients fidèles d’une marque de sucreries en échange de bons à collectionner et à envoyer avec une participation aux frais d’envoi. Composé de titres originaux à une exception près, c’est là leur seule aventure musicale. Malgré sa rareté, peu d’exemplaires survivent, il fait l’objet d’un culte parmi les collectionneurs qui peuvent aussi se procurer des rééditions pour jouir de cette perle. J’ai choisi deux titres aux ambiances différentes, l’un résolument psyché, l’autre plutôt sombre avec un piano dominant et un vocal plaintif.

Un autre groupe de Boston contemporain, oh combien délectable par sa musique qui frise le psychédélique de bon aloi et planant pour le titre que je vous ai choisi. Compter entre 5 et 600 euros pour une copie originale et entre 50 et 100 euros pour la réédition sur le label Fantazia.

Une autre perle, très, très, recherchée par les collectionneurs, une copie originale a dépassé 4000 euros sur Ebay. Groupe issu de rencontres dans une université de Los Angeles, avec deux femmes, l’une à la batterie, l’autre à la basse, piano, vocaux. Le groupe publia assez confidentiellement un album en 1969 pour un label local. Il a depuis conquis une aura qu’il mérite bien. Entre planant et speed, c’est très beau.

CA Quintet, un obscur band du Minnesota avec une particularité, il y a de la trompette dans leur musique psychédélique à la frontière du jazz. Plutôt rare mais un album plaisant.

Un truc qu’il m’a fallu galérer longtemps pour en dénicher une copie et pourtant c’est 100 % français. En 1967, un groupe assez connu dans l’Est, publie 4 titres originaux sur le label Young. C’est à mon avis un truc qui n’a pas à rougir du garage punk américains. Pour terminer, ajoutons qu’ils s’appelent les Falcons et ça vole assez haut.

Screamin Lord Sutch fut un de ces farfelus spécialiste de la provocation et tous genres qui s’inspira quelque peu de Screamin Jay Hawkins pour ses chansons nettement macabres ou envoûtés. En 1969, il réoriente un peu sa carrière en s’entourant, et sans doute en les payant, de musiciens prestigieux comme Jimmy Page, John Bonham, Jeff Beck, Noel Redding, Nicky Hopkins, une connexion Led Zeppelin, Jimi Hendrix, Jeff Beck Group. Il sortira deux albums avec des titres originaux accompagnés de ces musiciens sous le nom de Lord Sutch And Heavy Freinds, le premier étant le meilleur. C’est une assez belle illustration sonore de la pop au tournant des années 70. Plus que pour les qualités vocales de Sutch, les disques originaux sont recherchés pour les participants.

Ah un truc que j’aime toujours, les Danois de Savage Rose et la voix assez typée de sa chanteuse Annisette Hansen. Ce n’est pas tout à fait sans rappeler Jefferson Airplane et Grace Slick. Drôle parfois comme parfois certaines chansons vous collent après plus les autres.

La label Europa, basé en Allemagne, avait la spécialité de proposer des albums en prix budget pour quelques francs. La spécialité de la maison était les compilations avec des reprises de succès du moment ou ciblés sur un style précis. Néanmoins la qualité de ces enregistrements était excellente. Souvent c’était des groupes très peu connus qui se prêtaient à ce jeu, peu connus ne veut pas forcément dire mauvais. Il arrivait aussi parfois que ces artistes composent des titres originaux qui étaient intercalés entre les reprises. L’un de ces groupes, Electric Food à l’origine les German Bonds, proposa justement deux ou trois de ces titres originaux. En voici un pas piqué des hannetons « Tavern ». Pour la petite histoire. ce groupe devint par la suite une référence dans le hard rock sous le nom de Lucifer’s Friend.

Dans les années 60, la Suisse n’est pas complètement absente sur le marché international. Quelques groupes ou artistes réussissent à voir leurs titres publiés à l’étranger. C’est le cas pour ce quatre titres publié en France par Columbia en 1966, mais enregistré en Suisse. Les Dynamites, originaires de Bâle, apparaissent comme plutôt bons dans les imitations du style anglais. Notamment un surprenant titre « Don’T Leave Me Behind » qui aurait pu être enregistré par les Them. Imaginons la voix de Van Morrison à la place de celle du chanteur des Dynamites et l’illusion sera parfaite!

Restons en Suisse avec un groupe d’une exceptionnelle aura parmi les collectionneurs, il s’agit des Slaves. Une mélange de musiciens Suisses et Autrichiens, produisant une musique brute assez inspirée des fameux Pretty Things. Ils publièrent trois 45 tours en 1966 pour le compte de Philips/Suisse. La moindre de ces pépites se vend entre 300 et 500 euros. Même les rééditions limitées d’il y a une dizaine d’années montent à 50 euros. Mon préféré : « Panic ».

Encore la Suisse, mais cette fois un groupe pop à la réputation bien implantée. Mélange de musique pop, indienne, psyché, le premier album est un must. Les collectionneurs ne s’y trompent pas, ils peuvent monter à plus de 1000 euros pour une copie originale. Mon titre préféré de l’album reste celui-ci…

Chansons que j’écoute de-ci de-là (6)

Comment oublier complètement cela ? Sans doute parce que c’est inoubliable !

En remontant aux sources de quelques titres qui sont bien plus connus par les autres que par le créateur, on peut parfois se dire que l’orignal n’est pas si mal et même très bien. Celui-ci est merveilleux!

Il m’arrive de ressortir ma collection de Cream et de me réchauffer quelques titres. Il y en a plusieurs, mais j’aime bien celui-là.

Il faut parfois revisiter les classiques, Ted Nudgent le faisait très bien en 1966 déjà…

Un album de blues un peu oublié et combien superbe a été enregistré en 1962 aux Trois Mailletz à Paris. Il y a Memphis Slim au piano, Willie Dixon à la contrebasse, Philippe Combelle à la batterie. Ca boogie woogie à tout va. Superbe !

Les chansons gentilles que j’ai adorées jadis et dont j’ai une certaine peine à me passer…

Une de ces chansons qui échappent passablement à ce que j’écoute habituellement. J’aime sans trop savoir pourquoi, sans doute les vocaux de Paul Jones, mais au fil des ans je remarque que je l’ai pas mal écoutée.

Je pourrais dire la même chose de cette chanson de Tom Jones, par ailleurs un chanteur très respectable au niveau de sa voix, j’aime bien cette histoire d’amour véritable surtout par l’ambiance. Par contre j’aime moins la version d’Eric Burdon et les Animals.

Il y a quelques chansons, et je ne suis pas le seul, qui rappellent une fille que l’on a bien aimée. C’est le cas de cette version de « Angelica » par les Sandpipers qui me ramènent à Palavas-les-Flots en été 1967, elle s’appelait France.

Il n’y a pas tellement de chansons qui sont capables de faire passer les grandes émotions, celle-ci en est une et cela vaut bien une écoute de temps en temps.

Les Mamas and Papas sont connus pour quelques hits incontournables. Mais il y a des chansons qui se cachent dans le discographie qui valent aussi leur pesant d’or. Celle-ci par exemple… c’est parfait !

Dans les années 50 à la maison on n’avait que la radio, mais elle marchait pratiquement à longueur de journée. Il était difficile d’échapper aux chansons de Dalida. Je n’ai jamais vraiment réussi, pour autant que j’en ai eu envie, à me passer d’elle. Alors de temps en temps, je ressors une de ses  galettes pour l’écouter, un peu comme un bon bourgeois irait se dévergonder dans un bal populaire. Il y en a au moins une vingtaine que j’aime bien. J’ai choisi un clip où elle est non seulement chanteuse, mais  très bonne actrice en enjôleuse.

Cela peut vous étonner mais j’ai une intégrale d’Edith Piaf dans laquelle on trouvait un enregistrement « sauvé » d’une chanson qui n’existait qu’en maquette. Je dois avouer que j’ai un faible pour cette mélodie de la grande chanteuse qui restera irremplaçable.

 

Musiques qui vous avez peut être écoutées autrement

Puisque notre rocker national est décédé, paix à son âme, revisitions sa discographie d’une manière un peu particulière. Beaucoup de ses succès, surtout ceux des années 60, sont des reprises de trucs anglais ou américains avec souvent les créateurs complètement inconnus des fans de Johnny. Certaines sont très faciles à situer, d’autres un peu moins, je vous laisse vous amuser.

chansons que j’écoute de-ci de-là (5)

Très souvent ou plus rarement, elles reviennent sur ma platine.

Faites votre marché musical, vous achèterez ou pas!

Les Rolling Stones et un de leurs plus fameux coup de baguette magique!

Mitch Ryder et un de ses plus grands disques, c’est toujours très plaisant a écouter!!!

Ca j’aime encore beaucoup…

S’il ne m’en restera qu’une de James Brown, ce sera celle-là.

Dans son premier album, les légendaires Savoy Brown nous proposent un de ces petits amusements en studio qui tient un peu de l’improvisation. C’est toujours aussi succulent!

Un de mes premiers goûts d’Espagne…

Les Kinks avaient un compositeur de talent dans leurs rangs, pas besoin de trop faire de reprises, pourtant leur premier disque en fut une, celle de « Long Tall Sally » de Little Richard. Sans doute pas la meilleure, les Beatles en firent une fantastique à peu près en même temps, mais celle des Kinks est la plus originale…

A propos des Beatles, l’une des plus belles…

Un des deux ou trois titres des Monkees que je kiffe toujours et je crois que c’est encore parti pour longtemps…

Dans la seconde moitié des années 60, Donovan était presque un incontournable. Je fus d’abord séduit par « Hey Gyp » puis dans son répertoire par « Gold Watch Blues », un plaisant titre folk. Pour les connaisseurs cette chanson a été adaptée en français par Long Chris « Première Interview ».

La première chanson de Brel qui entra dans ma discothèque ne fut pas interprétée par lui mais par la reprise de « Grand Jacques » que firent les Sunlights après « Le Déserteur ». C’était une bonne initiative. Dommage que par la suite ce groupe sombra dans une facilité dont ils semblent encore être fiers aujourd’hui. Je poste la chanson malgré un son pas terrible.

A propos de Brel, une des plus charmantes versions anglaises de sa pièce maîtresse « Ne Me Quitte Pas », par Terry Jacks