En passant

Peter Pan fait son cinéma (5)

Suite des chroniques de notre ami Peter Pan. Merci à lui.

Interprètes

  • Peter Cushing (VF : Jacques Beauchey) : Sherlock Holmes
  • André Morell (VF : Jacques Berlioz) : le docteur Watson
  • Christopher Lee (VF : Bernard Dhéran) : Sir Henry Baskerville
  • Marla Landi (VF : Nadine Alari) : Cecile
  • David Oxley : Sir Hugo Baskerville (VF Bernard Dhéran)
  • Francis De Wolff (VF : Paul Bonifas) : le docteur Mortimer
  • Miles Malleson (VF : Camille Guérini) : Bishop
  • Ewen Solon (VF : Stéphane Audel) : Stapleton
  • John Le Mesurier (VF : Pierre Leproux) : Barrymore
  • Helen Goss (VF : Hélène Tossy) : Mme Barrymore
  • Sam Kydd (VF : Jean Daurand) : Perkins
  • Michael Hawkins : Lord Caphill
  • Judi Moyens : la bonne
  • Michael Mulcaster : le prisonnier
  • David Birks : le serviteur

Anecdotes

La firme Hammer est importante pour le renouveau du cinéma dit d’épouvante, elle est devenue une référence du genre. Bien que fondée en 1934 en Angleterre, ce n’est qu’à partir du milieu des années 1950 qu’elle commencera son âge d’or. A cette époque, le film d’épouvante est assez moribond et surtout à prédominance américaine. Au début du parlant, le style conquiert les foules, ce sont les premiers Frankenstein et Dracula et la silhouette de Boris Karloff ou Bela Lugosi devient familière. La Hammer décide de reprendre les personnages et les ficelles du style, tout en explorant d’autres icônes comme les momies qui reviennent à la vie ou les savants fous. Le film qui établit définitivement la réputation de la Hammer fut « Le Cauchemar De Dracula » en 1958. Le prince de la nuit ressort de son tombeau, mais il y gagne une dimension plus sexy. Ce n’est plus tellement le monstre assoiffé de sang qui suce le sang de tout ce qui bouge comme l’incarna Bela Lugosi, mais un vampire qui sait aussi se montrer charmant quand ça l’arrange et surtout séducteur avec les femmes qui se donnent à lui sans appeler leurs mamans. Le tournage en couleurs donne aussi une autre consistance à la couleur du sang. Ce film fit beaucoup pour la notoriété des deux acteurs principaux, Christopher Lee en Dracula et Peter Cushing en chasseur de vampires. Il est presque naturel de les retrouver dans le film qui nous intéresse ici, mais cette fois Christopher Lee n’effraye personne, il est juste un noble (il est réellement de descendance noble) à qui il arrive de drôles d’aventures. Ce n’est pas visible dans le film, mais la silhouette et le rôle de Sherlock Holmes sont indissociables de sa fameuse pipe, alors que Peter Cushing haïssait le tabac. Il a raconté avoir passablement souffert d’avoir souvent une pipe à la bouche.

Parmi les seconds rôles, nous retrouvons Miles Malleson (c’était déjà le cas dans le précédent), dans celui du pasteur. Il fait partie de ces excellents acteurs indispensables à la saveur d’un film. Il a tourné dans plus d’une centaine de films avec de grands réalisateurs. Avec sa première femme, il est un militant de la condition féminine anglaise avant l’heure. Son plus grand rôle reste sans doute celui du sultan dans le fameux « Voleur De Bagdad » avec Conrad Veidt, sorti en 1940, dont il est aussi un des scénaristes. Il est aussi connu pour avoir traduit Molière en anglais. Son travail fait encore référence aujourd’hui. Lors de ses funérailles en 1969, ce fut le fameux  Laurence Olivier, qui fit son éloge funèbre.

Autre second rôle dans celui du serviteur, John Le Mesurier, une silhouette que l’on aperçoit souvent dans divers films. Si vous ne connaissez pas le père, vous connaissez sûrement le fils, Robin Le Mesurier. IL fut pendant près de 25 ans, jusqu’en 2017, le guitariste de Johnny Hallyday et composa aussi quelques titres pour lui.

 

Peter Pan fait son cinéma (4)

Suite des chroniques de notre ami Peter Pan. Merci à lui.

Trailer

Scène du film

Ce film est classé avec une note de 6,8 / 10 dans Internet Movie Database. Oacar de la meilleure actrice internationale 1957 pour Gina Lollobrigida.

Acteurs

  • Gina Lollobrigida : Esméralda
  • Anthony Quinn : Quasimodo
  • Alain Cuny : Claude Frollo
  • Robert Hirsch : Pierre Gringoire
  • Jean Danet : le capitaine Phœbus de Châteaupers
  • Philippe Clay : Clopin Trouillefou
  • Jean Tissier : Louis XI
  • Maurice Sarfati : Jehan Frollo
  • Valentine Tessier : Aloyse de Gondelaurier
  • Marianne Oswald : La Falourdel
  • Piéral : le nabot
  • Danielle Dumont : Fleur de Lys
  • Jacques Hilling : Charmolue
  • Jacques Dufilho : Guillaume Rousseau
  • Roger Blin : Mathias Hungadi et le duc de Bohême
  • Robert Lombard : Jacques Coppenole
  • Dominique Davray : Colette La Charonne
  • Hubert de Lapparent : Guillaume d’Harancourt
  • Paul Bonifas : Gilles Le Cornu
  • Georges Douking : François Chanteprune, un truand
  • Madeleine Barbulée : Madame Le Cornu
  • Camille Guérini : le président du tribunal
  • Albert Rémy : Jupiter
  • Roland Bailly : Pierrot Torterue
  • Daniel Emilfork : Andry Le Roux
  • Michel Etcheverry : un archidiacre
  • Damia : la chanteuse mendiante
  • Boris Vian : le cardinal de Paris
  • Albert Michel : le veilleur de nuit
  • Yette Lucas : Claude Rongeoreille
  • Denise Carvenne : la tapissière
  • Jacques Bertrand : Bellevigne de l’Etoile
  • Pierre Fresnay (non crédité) : voix off narration
  • Paul Bisciglia : un homme à la fête des fous
  • Germaine Delbat : une paroissienne
  • Virginie Vitry : une brodeuse
  • Nadine Tallier : une fille de la Cour des Miracles
  • Dominique Marcas : une femme de la Cour des Miracles
  • Franck Maurice : le deuxième bourreau
  • Doudou Babet : un mendiant
  • Van Doude : un mendiant
  • Jean Martin : un mendiant
  • Jean Tielment : un mendiant
  • Les Chevaliers de l’Arc de l’Île-de-France : les archers

 

 

Peter Pan fait son cinéma (3)

Suite des chroniques de notre ami Peter Pan

Clips publicitaires du film.

Un extrait.

Ce film est classé avec une note de 7,9 / 10 dans Internet Movie Database. Il a remporté plusieurs oscars dans différentes compétitions : meilleur second rôle Peter Ustinof ; meilleurs décors ; meilleurs costumes ;  meilleur film dramatique.

Peter Pan fait son cinéma (2)

Nouvelle chronique de film de notre ami Peter Pan

Scènes du film

Une critique et présentation du film en français

Casting

  • Kirk Douglas : Ned Land
  • James Mason : le capitaine Nemo
  • Paul Lukas : le professeur Pierre Aronnax
  • Peter Lorre : Conseil
  • Robert J. Wilke : le commandant en second du Nautilus
  • Ted de Corsia : le capitaine Farragut
  • Carleton Young : John Howard
  • J.M. Kerrigan : Billy
  • Percy Helton : plongeur
  • Ted Cooper (en) : matelot du Lincoln
  • Edward Marr : affréteur (non créditée)
  • Fred Graham (en) : Casey Moore (non créditée)
  • Harry Harvey : Agent de consignation (non créditée)
  • Dayton Lummis, Herb Vigran (en) : journalistes (non créditée)
  • Laurie Mitchell : l’une des deux prostituées aux bras de Ned (non créditée)
  • Gloria Pall : l’une des deux prostituées aux bras de Ned (non créditée)

Dans le classement Internet Movie Database IMBd, ce film a obtenu la note la note de 7,1 / 10.

Le film a obtenu le prix de la meilleure direction artistique en 1955, Academy Awards

Vainqueur aux 10 meilleurs films de l’année National Board of Review , USA, 1954

Peter Pan fait son cinéma

J’ai demandé à mon visiteur assidu Peter Pan, féru de cinéma, de nous mettre en lumière quelques films qu’il aime bien. Son choix est personnel sans aucune contrainte de ma part. Je le remercie de sa participation à ce moment culturel.

 

Casting

Kirk Douglas (VF : Roger Rudel) : Einar, le fils de Ragnar

Tony Curtis (VF : Jean-Claude Michel) : Erik, l’esclave, fils illégitime de Ragnar

Janet Leigh (VF : Claire Guibert) : Morgane, la promise du roi anglais Aella, amoureuse d’Erik

Ernest Borgnine (VF : Pierre Morin) : Ragnar, le roi viking

James Donald (VF : Jean Claudio) : Egbert, le traitre anglais, allié des vikings

Alexander Knox (VF : René Arrieu) : le frère Godwin

Maxine Audley (VF : Jacqueline Ferriere) : la reine Enid, mère d’Erik

Eileen Way : Kitala, la sorcière

Frank Thring (VF : Jean-Henri Chambois) : Aella, le roi anglais

Edric Connor : Sandpiper

Orson Welles (VF : Yves Montand) : le narrateur (non crédité)

Dans le classement Internet Movie Database IMBd, ce film a obtenu la note la note de 7,1 / 10.

Il a obtenu le Golden Laurel en 1959 comme meilleur film d’action

Kirk Douglas prix du meilleur acteur au Festival de San Sebastion 1958, ex-aequo avec James Stewart dans « Sueurs Froides ».

En complément une interview en 1989 pour la télévision suisse de Kirk Douglas qui parle très bien le français. Rappelons qu’il vit toujours et vient de fêter ses 102 ans, le dernier géant de la grande époque d’Hollywood encore en vie.

 

Lundi en nylon sans avoir la trouille

Cinéma

La Grande Frousse, plus tard La Cité de l’indicible peur est un film de Jean-Pierre Mocky en noir et blanc, réalisé en 1964. Il est inspiré du roman de Jean Ray,  La Cité de l’indicible peur écrit pendant la guerre. Jean Ray (1887-1964) est le plus important auteur fantastique belge du siècle passé. Connu pour nombres de romans d’obédience noires et d’épouvante, il écrivit aussi la suite des enquêtes d’Harry Dickson.

Mocky raconte qu’on lui avait suggéré de réaliser un film fantastique, ce genre étant peu couru dans le cinéma français, sans toutefois recourir à Dracula ou à Frankenstein. C’est ainsi que le roman de Jean Ray finit par être adopté. Dans l’histoire originale, la trame se situe dans une ville anglaise, Ingersham. C’est une assez belle étude de moeurs sur quelques citoyens résidents, chacun ayant ses petits secrets et mesquineries, mais s’intéressant en premier lieu à ce que fait le voisin. Une ambiance sinistre et la peur semble régner sur la cité, mais personne ne saurait dire au juste pourquoi. On craint sans trop savoir ce qu’il y a à craindre, sinon  un fantôme ou un monstre dont on suppose qu’il existe dans quelque coin caché guettant sa proie. Mythe ou réalité, c’est ce que devra découvrir le personnage central du roman.

Mocky transpose son déroulement en France en Auvergne, à Barges mais en réalité Salers, tout en s’inspirant assez librement de l’histoire originale. Il garde néanmoins les personnages quelquefois savoureux de l’histoire, tout en les francisant tant pour le nom que pour le caractère. Un des grandes forces du film pour les cinéphiles, c’est l’apparition d’une multitude d’acteurs de renom dans des séquences plus ou moins brèves, se caricaturant eux-mêmes avec un certain plaisir. Le rôle principal est tenu par Bourvil, et ma foi on le sent très à l’aise dans ce rôle, c’est même un l’un des se très bons rôles. Le terme de comédie fantastique convient assez bien à la classification du film, on se prête à rire et à sourire tout au long de l’histoire.

Le plot du film

L’inspecteur Triquet (Bourvil), un farfelu pistonné par son oncle chef de la police, réussit bien malgré-lui l’arrestation de Mickey le bénédictin, un redoutable criminel et faux-monnayeur. Sur le point d’être guillotiné, il parvient  à s’enfuir. En se basant sur la théorie que l’assassin revient toujours sur les lieux de son crime, Triquet et son collègue Virgus (Marcel Pérès) se lancent à sa poursuite en se partageant les villes où il a commis ses méfaits. C’est ainsi que Triquet arrive à Barges et commence une enquête qui se voudrait discrète en questionnant les gens sur un chauve frileux qui déteste la cassoulet et qui séjournerait le village, ce qui correspond à la personnalité de Mickey le bénédictin. On le suit dans ses pérégrinations et sa rencontre avec les habitants pittoresques et souvent un peu fêlés de Barges. Bien vite son rôle de flic est découvert, mais la population qui se méprend sur ses capacités d’enquêteur, lui demande d’arrêter la bête maléfique qui hante le village et ses alentours. Il y parvient toujours sans faire vraiment exprès et on découvre qu’il s’agit d’un notable du coin. Il est fêté par la population, mais peu après commence une série de meurtres véritables, et la c’est beaucoup plus difficile pour Triquet et son flair proverbial.

Distribution

  • Bourvil : L’inspecteur Simon Triquet
  • Véronique Nordey : Livina, la secrétaire du maire
  • Francis Blanche : M. Franqui
  • Jean-Louis Barrault : M. Douve, employé de mairie
  • Jacques Dufilho : M. Gosseran, le jardinier
  • Victor Francen : M. Clabert, le docteur alcoolique
  • René-Louis Lafforgue : Le boucher
  • Roger Legris : M. Paul, le pharmacien
  • Jean Poiret : Le brigadier Loupiac
  • Raymond Rouleau : M. Chabriant, le maire
  • Marcel Pérès : L’inspecteur Virgus
  • Joë Davray : Mickey le bénédictin
  • Jenny Orléans : Mme Gosseran
  • Fred Pasquali : Le chef de la police et oncle de Simon
  • Rudy Lenoir : Le patron du café et le coiffeur
  • Jean-Claude Remoleux : L’homme à l’imperméable
  • Pierre Durou : Le chef de gare de Barges
  • Virginie Valois : Dorothée, la sœur de Livina
  • Léonce Corne : Antoine, le brigadier
  • Claude Mansard : Le bourreau décapité
  • Lisette Lebon : Une employée au bordel
  • Michel Duplaix : Le contrôleur bègue
  • Pierre Raffo : Un cavalier noir
  • Gérard Hoffmann : Un cavalier noir
  • Jo Labarrère : Un cavalier noir
  • Dominique Zardi : L’infirmier du commissariat
  • Philippe Castelli : Le photographe
  • Max Desrau : Le petit journaliste
  • Maria-Rosa Rodriguez : Gilda
  • François Cadet : L’adjoint du bourreau
  • Michel Nastorg
  • Luc Andrieux
  • Maritin
  • André Muletin
  • César Torrès
  • Avec le concours de la population locale de Salers.

Je suis arrivé à ce film justement parce que j’avais lu le roman de Jean Ray quand j’étais adolescent, j’ai commencé à lire du fantastique vers l’âge de 13 ans et j’avais Ray en point de mire, j’avais adoré. l’histoire. Je suis pratiquement toujours déçu quand je vois un film tiré d’un roman, la dissonance entre le récit de Ray et le film m’a fait buter sur le même  phénomène. Mais pour une fois, j’ai réussi à faire abstraction et j’ai fini par trouver le film délectable. Sans doute la maestria de Mocky y est pour quelque chose, il se pose quand même comme un cinéaste de premier plan et le choix des acteurs est idéal pour faire tourner le carrousel des acteurs qui passent sous vos yeux.

A propos du film.

René-Louis Lafforgue qui joue le rôle du boucher chante aussi la chanson du générique dont Mocky a écrit les parole.

A sa sortie le film ne connut qu’un succès mitigé dans son titre original imposé par la production, ce qui fâcha Mocky. Mais il connut une seconde vague d’intérêt en 1972 sous le titre original du roman. De manière générale la critique considère ce film comme une oeuvre majeure dans la filmographie de Mocky.

Bas nylon et quelques monstres plutôt sympathiques

 

Il y a des films qui sont juste des films. D’autres veulent aller plus loin. De nos jours, c’est assez facile, on peut parler d’à peu près tout et n’importe quoi. Pour ma part, j’ai toujours adoré les films qui se démarquent de la production courante, ceux qui ne sont pas juste une histoire que l’on raconte. Un style qui n’a jamais eu beaucoup d’adeptes est le documentaire fiction, c’est à dire qu’il présente des faits ou personnage réels dans une histoire fictive. A ne pas confondre toutefois avec le film biographique qui retrace la vie d’un personnage, célèbre ou non. incarné par un acteur. Le film que nous allons aborder est juste l’inverse, ce sont des personnages réels qui jouent leur propre rôle dans une histoire fictive.

Tod Browning (1880-1962) a connu une popularité assez soudaine en tournant le premier Dracula parlant sorti en 1931 avec Bela Lugosi dans le rôle titre. La cinéma d’épouvante envahit alors les écrans, on trouve parallèlement Frankenstein et King Kong, films qui ont la prétention de faire frissonner. En toile de fond, un observateur attentif remarquera que ces personnages sont en fin de compte des maudits qui doivent assumer un rôle qu’ils n’ont pas vraiment choisi. Si c’est encore discutable pour Dracula, Frankenstein est une victime, une créature qui n’a pas demandé à vivre. Dans le livre de Mary Shelley, au départ il est bon, il veut se faire des amis, mais tous le rejettent pour son physique de monstre, alors il devient méchant et le restera. King Kong, lui, tombe amoureux de la Belle, il a aussi des sentiments, mais c’est un amour impossible. Il est devenu, un peu 100 ans plus tard, le Quasimodo de Victor Hugo. Dans un style différent, on découvrira plus tard l’histoire véridique mais romancée de Joseph Merrick, Elephant Man pour le cinéma. C’est le film qui approche le plus le film de Browning que nous allons examiner, le célèbre Freaks. Ces monstres vont faire sa gloire dans un film unique dans l’histoire du cinéma.

Après le succès de Dracula et une incursion dans le monde sportif, le cinéaste entend bien revenir dans le domaine de l’épouvante. Il se fera en quelque sorte piéger par son choix, car comme nous l’avons vu, l’épouvante est surtout incarnée symboliquement par les monstres. Alors il veut des monstres et il en trouve, des vrais, parmi ceux du cirque Barnum.

Un siècle en arrière il y avait encore passablement de préjugés sur l’apparence physique. Une personne mal formée physiquement, difforme, devait être reléguée dans les oubliettes, ne pas apparaître, elles ne méritaient que l’opprobre. Ce n’était pas une règle générale, mais le fait de l’immense majorité. Quelques personnes aux idées plus humanitaires faisaient leur possible pour leur venir en aide ou les tolérer dans leur environnement. On sait que les personnes atteintes par la peste quand elle sévissait, devaient se promener avec des clochettes qu’elles agitaient afin que tout le monde se tienne à l’écart. Les « monstres » qui auront un rôle dans Freaks ne sont pas contagieux. Ils sont à des degrés divers différents d’une personne normale. Les montrer à l’écran devait apporter cette envie de répulsion alors assez courante dans l’imagerie populaire. Certes, on pouvait les voir dans la réalité, dans une galerie de monstres comme c’était suggéré dans les publicités de fête foraine, un des rares moyens qu’ils avaient de gagner un peu d’argent. Le tri était fait à l’entrée, celui qui payait pouvait entrer, une sorte de choix volontaire sans obligation.

Tod Browning avec ses lilliputiens 

Il fallait une histoire à raconter pour que le film prenne forme, Browning s’inspira d’un récit publié dans un magazine en 1923, Spurs écrite par Tod Robbins. dont il ne garda que la trame centrale  et surtout le fait qu’elle se passe dans les coulisses d’un cirque.

Plot du film

Un lilliputien, Hans, héritier d’une fortune assez conséquente se produit dans un cirque avec son amoureuse, Frieda (sa soeur dans la réalité). Il tombe amoureux de la belle Cléoâtre, une personne tout à fait séduisante et normale, qui fricote avec un bel athlète, Hercules. Le duo au courant de la fortune de Hans, montent une machination pour s’accaparer de son argent. Cléopâtre le séduit sans difficulté en lui faisant miroiter qu’elle veut le marier. La communauté du crique, avec parmi elle ces fameux « monstres », voit clair dans le jeu de la belle et veut ramener Hans à la raisons. Complètement aveuglé, Hans finit par la marier. Une fois marié, Cléopâtre tente d’empoisonner Hans à petit feu et lui imposant une prise de médicaments douteux pour soigner sa santé fragile. Espionné par la communauté qui découvre son manège, la vengeance sera terrible….

Quelques scènes du film 

Les acteurs principaux du film peuvent se diviser en deux parties, physiquement parlant, les normaux et les anormaux. Mais ce n’est pas tellement les normaux qui sont intéressants. Au fil de l’histoire, on peut assister à quelques uns de leurs comportements dans la vie de tous les jours, comme l’homme tronc qui allume sa cigarette sans l’aide de personne. Ce que Browning n’avait sans doute pas prévu, c’est que l’on s’attache plus à ces relégués de la société, qui nous prouvent que l’on peut mener une vie presque normale en étant affligé d’un gros handicap. A la fin, les monstres ne sont pas tellement ceux que qui étaient censés l’être.

La casting

  • Wallace Ford : Phroso
  • Leila Hyams : Venus
  • Olga Baclanova : Cléopâtre
  • Roscoe Ates : Roscoe
  • Henry Victor : Hercules
  • Harry Earles : Hans
  • Daisy Earles (en) : Frieda
  • Rose Dione : madame Tetralini
  • Daisy et Violet Hilton : les Sœurs siamoises
  • Schlitze (en) : lui-même (de son vrai nom, Simon Metz)
  • Johnny Eck : Demi-Boy
  • Frances O’Connor : la jeune fille sans bras
  • Olga Roderick (en) : la femme à barbe
  • Pete Robinson (en) : le compagnon de la femme à barbe
  • Koo Koo (en) : elle-même (de son vrai nom, Minnie Woosley)
  • Prince Randian (en) : l’homme tronc
  • Angelo Rossitto : Angeleno
  • Edward Brophy et Matt McHugh (en) : les frères Rollo
  • Josephine Joseph (en) : mi-homme mi-femme
  • Elvira Snow et Jenny Lee Snow : les sœurs Zip et Pip

Et, parmi les acteurs non crédités :

  • Demetrius Alexis : monsieur Rogers
  • Sidney Bracey : le majordome de Hans
  • Mathilde Comont : madame Bartet
  • Albert Conti : le propriétaire
  • Michael Visaroff : Jean

Harry Earles avec Olga Baclanova

Par son contenu le film créa un scandale à l’époque de sa sortie, et fut descendu en flèche par la critique et inderdit de projection à plusieurs endroits aux USA. Cette interdiction n’a jamais été officiellement levée dans certains états, mais personne ne songe à faire respecter cette loi idiote. Il a été banni pendant 30 ans en Angleterre. Porté par sa propre force, le film devint culte dans les années 60, culte avec un grand C. C’est là qu’on voit que le jugement du public, s’il n’est pas toujours avisé, finit par remettre bien des pendules à l’heure. Aujourd’hui les références au films sont nombreuses, le mouvement gothique l’adule. J’ai cherché dans la presse française de l’époque, s’il avait fait l’objet de quelques lignes. J’ai trouvé quelque chose, tout en rappelant que c’est un film à voir absolument.

31-7

Je pense que ce film a fait un bien énorme à la cause des gens damnés par la nature. Comme je le disais en introduction, c’est un genre de documentaire avec une approche sensible leur condition, chacun a ses qualités intérieures et elles ne demandent qu’à s’exprimer. Personnellement, cela m’a aidé à aller vers eux et j’ai même partagé quelques repas avec l’un d’entre eux, quand il venait se restaurer dans un bistrot où j’avais quelques habitudes. Il avait plus d’humour que bien des gens normaux et observait le monde d’un oeil malicieux. Je crois qu’il appréciait spécialement que je me comporte avec lui comme s’il était une personne normale, hormis un corps diminué, c’était une personne tout à fait normale.

Tod Browning et quelques acteurs

Autour du film

A l’origine le film durait 90 minutes, mais suite au scandale lors de sa sortie, il fut ramené à environ 60 minutes. Le minutes manquantes semblent avoir été égarées. Par contre, il existe au moins deux fins, l’une optimiste, l’autre nom.

Harry Earles, Hans dans le film, était un lilliputien qui eut quelques rôles au cinéma, notamment des enfants. Avec sa soeur Daisy également lilliputienne et sa fiancée dans Freaks. ils apparaissent dans le Magicien d’Oz. L’espérance de vie des gens de cette taille n’est pas moindre, il mourut à 83 ans.

D’après la légende, les acteurs normaux ne semblent pas avoir eu de scrupules à tourner avec des acteurs un peu spéciaux. Olga Baclanova, la belle qui fait le malheur de Hans dira plus tard : « j’étais tellement désolée que je ne pouvais pas les regarder, j’étais désolée comme un être humain peut l’être ».

Après le film, la plupart des acteurs « monstres » retournèrent se produire dans les cirques et fêtes foraines et connurent des fortunes diverses. Parmi eux le nain Angelo Rositto, connut une carrière très en vue. Il apparaît dans 80 films et séries tv et tournera même aux côtés de Mel Gibson et Tina Turner. Il mourut en 1991, âgé de 83 ans.