Chuck Berry, l’éternel !

S’il y a bien un mec dont j’ai écouté pratiquement toute la discographie, mais plus rarement lui-même, c’est bien Chuck Berry. Impossible d’y échapper, ses titres sont partout, il n’y a pratiquement pas un artiste dans la lignée rock and roll qui n’a pas un jour mis un de ses titres à son répertoire.

Alors pour faire autrement que les autres et lui rendre quand même hommage, je suis allé à la pêche aux souvenirs et retrouver ces versions qui avaient fait tilt dans mon esprit à l’époque et si possible dans l’ordre historique de leur apparition sur disques… en commençant par une chanson qu’il interprète mais qu’il n’a pas composée et une qu’il a composée mais qu’il n’a jamais enregistrée lui-même. 

Et la même en plus fameux…

 

Les Beatles en streaming

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Enfin dirons-nous, on va pouvoir s’écouter les Beatles en streaming. Après des années de tergiversations, quelques puissantes mais agonisantes compagnies phonographiques, Universal dans le cas présent, ont décidé de jeter du lest. Elles ont enfin compris que le paysage musical avait changé

Je pense avoir largement payé mon dû au niveau des royalties dans le cas des Beatles. Entre les éditions courantes, les éditions exotiques, j’ai dépensé des montagnes de thunes pour ma petite collection. Bien sûr, je vais continuer à débourser, les écouter est réservé aux détenteurs d’un acompte premium. J’en ai un à quelque part, que je paye depuis pas mal de temps, alors écouter les Fab Four ne me coûtera rien de plus.

Les Beatles n’ont jamais été mon groupe favori, ils n’ont jamais enregistré le meilleur album de tous les temps, ils n’ont jamais surclassé les autres, si ce n’est au point de vue succès. J’ai tout au plus cédé au charme de quelques unes de leurs chansons. Je ne m’en porte que mieux musicalement. Plus qu’on ne le pense, ils étaient l’arbre qui cache la forêt. Les laisser un peu de côté, m’a permis de m’intéresser, de découvrir d’autres choses, tout aussi sinon plus intéressantes. Au lieu de les écouter en boucle, prendre un peu de temps pour aller voir ailleurs, chercher, trouver, comparer. A ce jeu-là, j’ai sans doute été gagnant sur toute la ligne.

Il reste malgré tout un point sur lequel je dois m’avouer vaincu et je reconnais ma défaite sans aucune aigreur. Jamais un duo de compositeurs-interprètes n’a aligné autant de chansons si charmeuses, si classe, si faciles à laisser entrer dans son oreille pour se fixer dans la mémoire. Si certains peuvent se targuer de quelques belles réussites, aucun ne peut prétendre à une place sur le trône à leurs côtés.

A l’heure où la popularité de certains artistes se mesure en vues sur YouTube et des ventes faramineuses avec des disques qui restent dans les bacs des magasins, les Beatles n’ont rien à craindre, ils sont déjà immortels…

3 coups de coeur

Et peut-être la plus belle des reprises 

Nos disques mythiques (18)

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Eh bien voilà un groupe, qui s’il n’est pas arrivé impressionner les ventes en 1967, peut se targuer d’offrir quelque 50 ans plus tard, une belle pièce de collection. N’importe quelle exemplaire du disque ci-dessus en très bon état se vend aujourd’hui au moins 500 euros, une copie a même dépassé 1000 euros. Elle figure parmi les 10 pièces que je préfère dans ma collection et c’est le genre de truc qu’il sera difficile de me faire vendre, la valeur étant avant tout sentimentale. Voilà pour planter le décor.

Evidemment le prix que peut atteindre cette pièce est fonction de sa rareté et surtout de l’intérêt musical qu’elle peut susciter auprès des fans d’une époque musicale ciblée. Le disque se situe très exactement dans la mouvance des mods, style autant musical que dans le vestimentaire plutôt bien habillé. Les Who, les Small Faces, les Kinks en étaient les plus célèbres représentants à partir de 1965. 

Sous le nom de The Action, le groupe existe depuis 1965. Ils sont signés par le label Parlophone la même année et ont comme producteur un certain George qui à ses moments perdus est aussi celui des Beatles. On ne peut pas dire que cela les aidera beaucoup, sans les desservir totalement puisque un certain effort publicitaire, notamment des passages à la télévision, est consenti. La puissance de leur style s’affirme surtout avec le 4ème et 5 ème 45 tours publiés en 1967. Ce sont ces 2 disques qui sont couplés pour en faire l’édition française objet de cet article. Même si la France à l’air d’y croire, on ne peut pas dire que le succès y sera retentissant, je me souviens pas d’avoir lu quelque chose de significatif sur la publication de ce disque, ni même de l’avoir aperçu dans les magasins. Comme la signature de la photographie est celle de Bob Lampard, il est acquis qu’ils sont venus faire de la promotion sur le sol parisien et a peut-être contribué à cette publication. 

Mais revenons au style lui-même. La mouvance des Mods en Angleterre est intéressante musicalement, elle présente une évolution vers des choses plus sophistiquées dans la recherche de sons nouveaux et des effets sonores, c’est un peu le pendant musical du psychédélique américain, mais en plus calme. C’est aussi presque un style de vie qui reflète assez bien la tendance de l’époque, qui pourrait se résumer par la vie est belle. Avec le recul et pour l’avoir vécu, je peux affirmer que l’insouciance était de mise, on est très loin du monde fataliste d’aujourd’hui.

Deux titres se détachent particulièrement du contenu « Shadows And Reflections » et « Something Has Hit Me », deux perles authentiques d’un groupe arrivé à son sommet, mais pas celui du succès.

Nos disques mythiques (16)

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Dans les années 50 et surtout 60, il y a deux duos qui surclassent les autres, l’un est les Everly Brothers et l’autre les Righteous Brothers. Les premiers sont vraiment des frères, les autres ne le sont que de nom, bien que l’on peut supposer que c’est en pensant aux premiers que le nom des seconds a été choisi. Avec des voix aux sonorités différentes, vocalement ils sont parfaits. On peut reprocher aux Righteous Brothers de n’être pas aussi complets que les frères Everly, arrangeurs et musiciens aux talents incontestés et même frisant le génie. Mais c’est sans doute à cause de cela, de ce manque relatif, que le disque dont nous allons parler aujourd’hui verra le jour. Le trait de génie viendra du fameux Phil Spector en 1964. Depuis 1960, il aligne comme producteur des succès dont beaucoup sont encore dans toutes les mémoires, « Da Doo Ron Ron », « Then I Kissed Me » par les Crystals, « Be My Baby » par les Ronettes. De plus, il a fondé son propre label Philles, dont quasiment toutes les publications entrent dans les charts. En 1964, il est déjà une légende propulsée par son fameux « wall of sound ». Cette technique facilement reconnaissable à l’écoute aligne des arrangements sophistiqués au charme indéniable. C’est un cas rare où le producteur est plus célèbre que les artistes qu’il a produits.

L’attirance de Spector pour les artistes et les voix noires est bien connue. Alors quand il rencontre un duo blanc dont les voix pourraient passer pour un duo noir, il est intéressé et il signe les Righteous Brothers, c’est à dire Phil Medley et Bobby Hatfield.

Ils ne sont pas tout à fait des inconnus. Depuis deux ans pour le compte du label Moonglow, ils ont enregistrés quelques disques à tendance soul, dont deux de leur composition « Little Latin Lupe Lu » et « My Babe » ont obtenu de petits succès. La rencontre avec Soector va les propulser dans l’immortalité. En les signant, il a bien sûr une idée derrière la tête. Il a composé en collaboration avec le duo renommé Barry Mann et Cynthia Weil le chanson qui va nous inéresser, « You’ve Lost That Lovin’ Feelin ». Il estime qu’elle est ce qu’il faut pour ce duo, bien qu’il aie quelques doutes sur le possible succès du disque, il fait l’enregistrement. On y retrouve toute la magie de Spector dans son contenu, il sait charmer l’auditeur. Par rapport à ses autres productions plutôt dans tempos rapides, ici c’est un slow très langoureux. La légende veut que quant il fit écouter le résultat à Barry Mann par téléphone, celui-ci dit à Spector qu’il s’était trompé de vitesse en croyant qu’il tournait trop lentement. C’est en effet l’impression que peut laisser la voix de Bill Medley qui attaque le morceau.

La chanson dure près de 4 minutes, un temps presque trop long pour l’époque. Pour tromper les radios, Spector fait imprimer un temps raccourci à 3’05 sur l’étiquette du disque. On ne sait pas si les programmateurs sont dupes de cela, mais le disque est amplement diffusé sur les ondes, le succès est au rendez-vous. C’est même un no 1 dans la plupart des pays anglophones. Il devient bien vite un standard repris par d’innombrables artistes. Selon les sources de BMI, la société des droits d’auteurs, c’est même la chanson la plus diffusée par les médias au vingtième siècle!

Chez Spector, la face B est toujours quelque chose de particulier. Il a dans l’idée qu’elle ne doit jamais concurrencer la face principale. Alors il opte pour un titre quelconque, parfois un instrumental joué par des musiciens de studio. Cette fois-ci, soit il s’est trompé, soit il a un peu changé sa politique. Car sans concurrencer l’autre elle ne manque pas de charme au point que certaines stations américaines la diffusèrent malgré tout. Elle a pour titre « There’s A Woman ». C’est une composition du duo en collaboration avec Spector. Une ambiance un peu étrange qui convient parfaitement aux possibilités vocales dues faux frères. Des claquements de mains sur des accords de piano lancinant racontent l’histoire de cette femme qui fait chanter et sauter les chats quand elle se met derrière son clavier. Je dois avouer que je l’ai presque autant écoutée que l’autre tant je trouve ce titre intéressant. Ce titre parvint chez moi par l’intermédiaire de la publication française chez Barclay. La diffusion de Philles records fut jusqu’en 1964 assurée par Decca/London puis passe chez Barclay. C’est la première publication en France pour les Righteous Brothers. Toutefois on connaît « Little Latin Lupe Lu », car il figure en titre principal, via leur version, sur le 3ème disque des Kingsmen publié la même année. Pour palier aux exigences du marché français qui publie au format 45 tours 4 titres (EP) et pour capitaliser immédiatement le succès, Barclay a été repêcher 2 titres des sessions Moonglow, « Bring Your Love To Me » et « Koko Joe », donc ce ne sont pas des productions Phil Spector. Je dois dire que la pochette du disque est assez quelconque pour un monument pareil qui connut quand même un bon succès national, aussi populaire par l’honnête adaptation faite par Eddy Mitchell « J’ai Perdu Mon Amour ».

Nos disques mythiques (14)

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En 1966, la mode passe au psychédélique, c’est bien sûr un courant qui nous vient des USA. Il est une réponse à l’invasion anglaise qui débuta en 1962 avec les Tornados, suivis des Beatles. Pour cette année-là, très peu de disques sont édités en France et encore moins programmés par les radios, à l’exception de ce qui pouvait concerner les très grands artistes comme Beatles ou Stones. Toutefois ils n’étaient pas spécialement représentatifs de ce mouvement vu sous l’angle américain. Parmi ces très rares publications, il y a celle qui nous intéresse aujourd’hui, le 4 titres des Count Five publié chez AZ. Il y a une bonne raison à cela, le titre « Psychotic Reaction » est à la 5ème place du hit parade US. Le créativité de ce titre est assez étonnante quand on sait que c’est un original composé par les membres et qu’ils sont âgés entre 17 et 19 ans au moment de son enregistrement. On peut imaginer que cela aurait été totalement impossible en France de voir un tel disque sortir des studios nationaux. On peut imaginer le peu de cas que l’on aurait fait à ce genre de démarche musicale et aussi au vu de leur âge. Quoiqu’il en soit, il a quand même été publié ici sous licence du label Double Shot basé en Californie, d’où ils sont originaires. Le disque n’a jamais passé à la radio, du moins je ne l’ai jamais entendu. C’est encore une bizarreté quand on sait que le label AZ a été fondé par Lucien Morrisse, ex-mari de Dalida, et directeur des programmes à Europe No 1. Quelques passages à Salut les Copains et c’était sûrement une bonne vente assurée. Heureusement quelques disquaires eurent la bonne idée d’en proposer une copie au client, client dont je fus, séduit par l’originalité de la chose. La pochette était aussi attirante, bien pétante avec son fond jaune et lettrage rouge, présentant le groupe vêtu de ces pèlerines noires tout droit sorties d’un film de Dracula.

Le titre principal est bien représentatif de cette époque, pas seulement musicalement, mais aussi socialement. Une banale histoire de fille qui vous rend malheureux et on va tout de suite dans la psychanalytique, Freud aurait sans doute aimé. Musicalement c’est excellent, cet harmonica en toile de fond et cette guitare fuzz en font un vrai délice. La perle ne manquera pas de se retrouver dans la première compilation « Nuggets » dédiée au mouvement garage et psychédélique en 1972, sous la houlette de Lenny Kaye, plus tard guitariste de Patti Smith. C’est aussi la première fois que le mot punk, associé à rock, est employé pour désigner une musique. Cette compilation entraînera au fil des ans un gigantesque mouvement qui verra des milliers d’albums de compilation et autres faire surface, rappelant l’extrême richesse des sixties aux USA et ailleurs. Par la suite, le morceau sera très fréquent dans le répertoire des Cramps et Tom Petty et trouvera de nouveaux adeptes.

Les trois autres titres du disque sont également d’excellentes créations toutes à leur honneur.  

Jack Bruce, un tiers de crème basse

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La presse s’en est emparée, Jack Bruce, bassiste et chanteur des légendaires Cream, est mort à l’âge de 71 ans. Actualité calme ou hommage incontournable? Je n’en sais rien. Pour moi c’est différent, l’hommage est bien présent dans mon esprit. Je crois qu’on ne peut pas vraiment parler de la guerre si on ne l’a pas vécue. Un guerre très pacifique, à coups d’amplis et de guitares, sous un tonnerre de batterie. Cette guerre je l’ai vécue, enrôlé comme soldat qui dansait au pas, le tourne-disque en bandoulière, j’ai cru mourir de plaisir. Libéré deux ans plus tard, décoré de la médaille de la bonne écoute, j’étais mûr pour célébrer toutes le commémorations à coups de rééditions et de pièces rares et un petit autographe enfoui dans ma collections de plaisirs… 

Que ne disparaissent jamais cette étrange infusion, cette chambre blanche, je me sens libre au soleil de ton amour d’enfourcher ces roues de feu comme le conta ce brave Ulysse à Disraeli le dérailleur qui nageait dans la crème fraîche. C’est écrit sur mon badge, goodbye.

Jack, toi tu comprendras qu’un peu de ta folie, la tienne et celle de tes compagnons de route, Eric Clapton, Ginger Baker, est en moi. Oui parfois on revient fou de la guerre sur la gamme et la chose la plus merveilleuse, c’est qu’on en guérit jamais!

Le Boss et son Canard Branché

Pour les amateurs de musique, j’ai créé une revue en ligne Le Canard Branché

Si vous avez la curiosité d’apprendre pourquoi un disque est dit de collection, il faut aller y faire un tour. Peut-être en avez-vous quelques-uns chez vous en le sachant ou pas. A cours d’un long article, je vous fournis quelques pistes pour vous y retrouver. Vous y trouverez également quelques exemples à travers des discographies d’artistes et quelques histoires insolites à propos d’artistes.

C’est un magazine qui se lit en ligne comme un vrai

C’est ici29 080514-1