Une parenthèse dans le répertoire

On connaît très bien certains artistes pour nous avoir offert des succès dans un style précis. On imagine pas Edith Piaf chantant « Be Bop A Lula » et pourtant elle aurait pu le faire.  Voici quelques prises plutôt étonnantes avec commentaire d’usage.

The Seekers – Groupe australien, trois mecs une nana. Ils connaissent avec un style folk à tendance variété, un monstre succès à travers le monde vers le milieu des sixties. Les voilà qui se transforment en rockers en changeant leurs guitares sèches et contrebasses pour adopter du matériel bien électrique. Ils revisitent les fameux instrumental « Walk Don’t Run » de Johnny Smith via la version au succès international, enregistrée en 1960 par les Ventures. Pffff….

Les Beatles – Les Beatles ont-ils chanté une chanson de Mikis Theodorakis? La réponse est oui. La quelle? Eh bien « The Honeymoon Song », l’une de ses premières compositions à accéder à la notoriété bien avant la fameux « Zorba Le Grec ». La version Beatles enregistrée pour la BBC figura longtemps dans la discographie pirate de ces derniers, 30 ans après elle fut officialisée.

France Gall – Tout le monde la connaît, inutile de présenter. Rappelons simplement qu’elle a fait globalement deux carrières, celle de chanteuse yéyé, puis vers 1973 elle a relancé sa carrière sous la houlette de son mari, Michel Berger, un ex yéyé. A ses débuts, elle percera dans le monde du succès avec quelques titres sur mesure qui lui composera principalement Serge Gainsbourg. Le plus étonnant, c’est que vers l’âge de 16 ans, elle est presque une chanteuse de jazz qui n’a rien de ridicule. Un beau témoignage, une chanson écrite par son papa et Alain Goraguer « Jazz A Gogo ». Je ne suis pas loin de penser que c’est l’un de ses meilleurs disques, vocalement un must très étonnant. On aimerait presque la revoir dans ce genre…

Christophe – Il explosa avec son Aline en 1965, un tube parmi les tubes. Pourtant une année avant il avait déjà enregistré un disque sur le label Golf Drouot. A quelque part il est un chanteur de blues, il en connaît un rayon dans cette musique et l’adore, mais n’a jamais vraiment exploré ce style dans sa discographie. Dans ce fameux premier disque, il y a pourtant un titre qui s’en approche de près. La chanson s’appelle « Reviens Sophie », un vision bluesy plutôt moderne pour 1964. Il m’a fallu de patientes recherches pour mettre enfin la main sur une copie. La jeu en valait la chandelle, alors on écoute…

Johnny & Co

J’en ris encore en vous proposant une chanson très connue dont je parlais juste avant « Be Bop A Lula ». Un trio d’enfer l’interprète, Johnny Hallyday, chanson très normale dans son répertoire, une peu moins dans celui de Michel Sardou et alors pas du tout dans celui de Mireille Mathieu. Eh ben oui cela existe, la preuve…

Le temps des… chansons

L’été a débuté, c’est la saison où l’on a envie de se laisser vivre. Les chansons ont toujours parlé du temps de, du, des. Alors voici quelques chansons sans prétentions, juste pour se la couler douce sans réfléchir. Elles se veulent plutôt gaies comme le soleil qui lit sur ce que l’on aime bien. C’est l’été rétro!

A vos méninges musicales

Dans les années 60 en France, le manque de créations locales locales et devant la pléiade de chanteurs qu’on voulait lancer, il fallait aller puiser dans le répertoire anglais ou américain. Le principe était simple on collait des paroles françaises sur les originaux. Il est évident que les grands succès étaient accaparés en premier, puisque ça marchait ailleurs, pas de raisons que cela ne marche pas ici. Mais le marché dans lequel on puisait était tellement vaste, que l’on allait parfois chercher des chansons qui étaient de petits succès, des titres secondaires dans la discographie d’un artiste, ou sans aucun succès. On poussait même le bouchon en transformant des instrumentaux en chansons. Ils offraient quand même une chance de devenir un tube ici. Il y eut avec ce principe quelques belles réussites, bon ou grand succès ici, mais obscurité ou négligeable ailleurs. Cela incitait parfois les maisons de disques de publier ces titres avec la mention « version originale de… ».
Le principe de ce jeu est de vous faire découvrir les chansons originales, à charge pour vous de retrouver le titre français et l’interprète. Si vous connaissez bien les sixties, ce sera assez facile, même très facile dans certains cas. Pour les autres, essayez quand même, car certaines sont quand même encore connues aujourd’hui. Toutes ces chansons passaient sur les radios de l’époque. Dans la mesure du possible, j’ai mis la version originale du créateur.
Vous pouvez bien sûr mettre les titres que vous avez découverts dans un commentaire, mais ce n’est pas une obligation.
Je donnerai les réponses un peu plus tard.
Alors à vos oreilles et partez!

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Italia per sempre

Dans ma vie il m’est arrivé des tas de fois de me rendre en Italie, j’ai une bonne excuse, j’en suis la moitié d’un. A part les amourettes de vacances quand j’étais adolescent, Miranda, Irene (sans accent grave, ça ne l’était pas) Patricia, eh oui les filles de la-bas, la bouffe me plaisait bien. Une chose ne me laissait non plus pas insensible, la musique. Dans le moindre petit bar, la boîte à disques distillait les succès du moment ou ceux qui dataient déjà, mais qui avaient un peu gagné un part d’immortalité. On y trouvait des vedettes du coin qui avaient acquis un status national ou international. L’inverse était aussi valable, des étrangers qui tâtaient de la langue locale, Paul Anka, les Rokes, les Renegades. Et certains, comme Nico Fidenco, des Italiens qui chantaient plutôt bien en anglais.
Certaines de ces chansons ne sont pas inconnues en France ou sur le plan international, elles connurent quelques succès ici et là. Quelques unes sont sans doute très ringardes aujourd’hui, mais elle m’ont tapé dans l’oreille à une époque où j’acceptais d’écouter des choses faciles. Et puis elle me rappellent, un amour, un endroit, un moment, elles sont partie prenante de mes rêveries nostalgiques.
La plus ancienne dont je me rappelle est le fameux « Volare » de Domenico Modugno, elle a même été reprise par les Platters, alors. L’incontournable « Love In Portofino » de Fred Buscaglione est encore un classique slow des soirées dansantes. Peppino di Capri, un autre classique avec son accent napolitain, « Luna Caprese ». Adriano Celentano a connu une assez belle carrière internationale et « 24000 Baci » est son premier tube exportable. Nico Fidenco est un compositeur de musiques de films célèbre en Italie, « What A Sky » (Ciel Bleu – Dalida, Gary L’Ange Noir ») en est d’ailleurs une. On peut l’entendre dans le films « Les Dauphins » avec Gérard Blain et Claudia Cardinale. A écouter en priorité, très jolie ballade. Paul Anka, toujours charmeur chante en Italien, mais oui, pourquoi pas! Grand Prix Eurovision 1964, Gigliola Cinquetti, une belle assiette de pâtes à la sauce italienne. Bobby Solo, une voix à la Presley et son immortel « Una Lacima Sul Viso ». Les Rokes, des Anglais qui devinrent un peu des Beatles à l’italienne. Leur tube, « Piangi Con Me », qu’ils enregistrèrent aussi en anglais (« Let’s Live For Today »), est même un succès pour les Grassroots en Amérique et repris plus tard par les post-punks, Lords Of The New Church. Les Renegades de Birmingham, après avoir conquis la Finlande, réussissent assez bien en Italie, « Une Giorno Tu Mi Chercherai » est présenté au festival de San Remo en 1966 à côté des Yardbirds. Un monstre succès pour Fausto Leali, « A Chi » est l’adaptation de « Hurt » de Timi Yuro, dont il me semble que Alain Barrière a quelque peu pompé le principe pour « Ma Vie ». Ecoutez, vous verrez. Caterina Caselli chante « Nessuno Mi Puo Judicare », qui fit les choux gras de Richard Anthony, une dizaine d’années plus tard « Amoureux De Ma Femme ». Elle est aussi chantée par Gene Pitney. Du romantisme avec Ornella Vanoni et sa charmante « Casa Bianca ».
La pop a aussi ses adeptes, I Camaleonti frappent un grand coup avec « Applausi », un titre un peu variétoche, mais charmant et très wah wah, côté guitare. Lucio Battisti, est un chanteur qui ne m’inspire pas beaucoup, excepté pour cette charmante « Anna », chanson triste dont j’aime l’ambiance. Pour terminer, un chanteur pour qui j’ai une réelle passion, Angelo Branduardi. Ce troubadour au répertoire assez folk dont j’ai mis deux chansons, « Cogli La Prima Mela » et « Confessioni Di Un Malandrino ». C’est simple et beau.
A peu près 25 ans de voyages, de vacances, de chansons ramenées dans mes bagages. Souvenirs de belles Italiennes, de vins capiteux, de plats succulents, ben oui, cela valait bien un petit article.

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Un cygne qui se danse le samedi soir

Les groupes instrumentaux connurent leur heure de gloire au tournant des années 60 avec deux mémorables hits, l’un « Apache » par les fameux Shadows et l’autre « Walk Don’t Run » par les Ventures, sans doute le plus colossal groupe instrumental du monde au vu de l’impressionnant nombre d’albums qu’ils ont enregistrés. Ces deux hits furent responsables de bien des vocations de guitaristes dans les années suivantes. Pour certains groupes le problème d’un répertoire original se posait, tout les guitaristes n’ont pas le talent nécessaire ou la chance de trouver un compositeur qui peut vous propose le titre qui fera de vous une vedette. A défaut de talent, certains contournèrent l’obstacle en prenant ce qui existait déjà. En 1963, les Cougars, un groupe instrumental anglais pensa que Tschaïkowsky pourrait les aider. En faisant un arrangement sur un extrait du « Lac Des Signes », il gagnèrent le droit d’être connus. Rebaptisé pompeusement « Saturday Night At The Duckpond », le disque fut un succès et monta dans les classements anglais. Depuis devenu un classique de la guitare électrique, il fut et est au répertoire de nombreux groupes du genre, les Sunlights pour la France la même année, par exemple. Si ma mémoire est bonne on peut également entendre ce titre joué à la télévision par un groupe inconnu dans le film de 1967 « J’ai Même Rencontré Des Tziganes Heureux ».
Qui aurait pensé qu’un jour le cygne serait électrifié. Sûrement pas le compositeur…
Voici deux clips, la version originale par les Cougars, sur un montage vidéo et plus près de nous par les Macc’s, un combo instrumental composé visiblement d’excellents vétérans de la guitare. Joli son et belle interprétation qui ne manquera pas de ravir les amateurs du genre.

Bob Azzam et son ami Mustapha

En 1960, la musique arabe et ses rythmes n’avait que peu pénétré dans l’oreille des Français. Tous au plus, la population d’origine maghrébine avait importé quelques disques qui s’écoutaient entre gens de même culture. Pour lancer une mode arabisante, il fallut un détonateur en la personne de Bob Azzam, un Libanais d’origine. A la publication de son fameux « Mustapha » et le succès monstre qui s’en suivit, la chanson apprivoisa l’oreille de tous ceux qui eurent l’occasion de tourner le bouton de la radio ou mettre un pièce dans la machine. La chanson fut par rapport à la vrai musique arabe, style Oum Kalsoum par exemple, un succédané plaisant et un tantinet commercial. Mais on dansait et on aimait, juste pour se croire un instant dans une oasis sous les palmiers. La chanson eut aussi un impact au-delà des frontières et arriva même à se classer dans les charts américains. Autant le succès de Bob Azzam fut grand, autant il fut bref. Juste une ou deux chansons comme « C’est Ecrit Dans Le Ciel » ou « Fais Moi Du Couscous Chéri », connurent une certaine notoriété. Mais la voie était ouverte, la musique arabe gagnera petit à petit le droit de cité, ici, mais aussi sur un plan plus mondial.

Du jazz sans saké

Toujours étonnants ces Japonais. Et les Japonaises encore plus. Quelques étudiantes de la Takasogo High School, au lieu d’aller draguer les boys après les heures de classe ont décidé de faire partie d’un orchestre de jazz, un big band pour être plus précis. Le Big Friendly Jazz Orchestra, c’est son nom. Elles font ça avec passion et c’est loin d’être de l’amateurisme. En pensant que d’une année à l’autre, les effectifs doivent se plus ou moins se renouveler, quel niveau! Leur répertoire n’est pas très original dans le sens que tous les morceaux sont des standards, très connus pour la plupart. Trève de bla bla, admirons le résultat. Deux morceaux de Charles Mingus « Boogie Stop Shuffle », « Haitian Fight Song », ainsi que « Sing Sing Sing », un morceau que tous les amateurs de Benny Goodman connaissent bien.
De quoi nous en boucher un coin, même un sacré coin.

Regardez bien la jeune fille qui est derrière la batterie, pas celle de cuisine. Allons messieurs les batteurs ne soyez pas jaloux… c’est juste un caprice de jeunesse!