En passant

Bas nylons et petites histoires pour l’été.

Comme je lis énormément, il m’arrive parfois de retrouver des histoires ou anecdotes intéressantes dans les vieux journaux et bouquins ou sur la Toile, presque toujours par hasard. Je vous en ai sélectionné une poignée sur des sujets divers, mais qui valent un petit détour.

Monsieur Ferré n’aime pas Monsieur Barclay

Monsieur Barclay et sa maison de disques du même nom fut la plus grande marque indépendante française de disques. Un catalogue exhaustif qui se compte en centaines de publications, lui permit d’être un des plus en vue sur le marché du vedettariat sonore. A côté, il acquiert un droit de licence pour des grandes compagnies américaines comme Atlantic, Chess, et des tas d’autres de plus ou moins grande importance. Jimi Hendrix fut aussi un artiste maison, grâce à une licence des disques via Yameta, managé par l’ex bassiste des Animals, Chass Chandler.  Parmi les artistes maison, il a eu dans son écurie des grosses pointures de la chanson française comme Ferrat, Brel, Aznavour. Léo Ferré fit aussi partie du lot pendant presque 15 ans. Pourtant en 1967, il traîna devant la justice son patron pour une drôle d’histoire. En effet, lorsque sortit son album « Cette Chanson ». Ferré s’aperçut qu’il manquait une chanson celle intitulée « A Une Chanteuse Morte », hommage à Edith Piaf. Elle fut censurée sans préavis par Barclay, ce qui n’est pas très élégant, pour une raison lamentable. Ferré a toujours été un chanteur engagé, à côté d’être un poète exceptionnel dans ses plus beaux textes, l’anarchie le connaît bien. Il n’a jamais mis des gants pour dire ce qu’il pensait et c’est justement là qu’est le problème. Dans sa chanson en hommage à Piaf, il ne se contente pas de rendre un hommage à la Môme, mais il égratigne celle que l’on avait désigné comme successeur, Mireille Mathieu. Comparer Mireille Mathieu à Edith Piaf, c’est comparer un feu de cheminée à un incendie et cela n’a pas échappé au chanteur. Il fait une allusion à la fille d’Avignon en ces termes : « on ne t’a pas remplacée sous la lampe à arc, n’en déplaise à Monsieur Stark ». Stark est l’impresario de Mireille Mathieu et comme cette dernière est à cette époque certainement la meilleure vendeuse de disques maison, cela frise au sacrilège, version showbiz. Même s’il fut défendu par le célèbre Me Floriot qui traita Barclay de dictateur et réclamait la saisie du disque, Ferré fut débouté. Malgré tout, la collaboration entre les deux hommes continua, on dut s’arranger à l’amiable en coulisse.

Voici cette chanson suivie d’un titre datant de 1965, où Ferré se moquait (gentiment) de Barclay.

Un Accident qui soulage.

Cette histoire absolument authentique est arrivée aux sports d’hiver. Madame skie et a soudain un besoin pressant à satisfaire. Elle se met à l’écart de la piste à l’abri de quelques buissons qui avaient eu la bonne idée de pousser là, toutefois sur un terrain loin d’être plat. Mais les pentes ayant la fâcheuse habitude d’être à la descente vers le bas, l’attraction terrestre s’en mêlant, voilà notre brave dame qui repart sur ses skis et réintègre la piste de ski la culotte en bas, situation pas très optimale pour battre faire du slalom, et finit par se casser la gueule. Emmenée à l’hôpital, elle est en attente sur un brancard que l’on veuille bien s’occuper d’elle, les dégâts n’étant pas d’une extrême gravité et ne nécessitant point d’urgence. Voici que l’on pose un second brancard à côté d’elle, avec un monsieur ayant aussi eu quelques problèmes. Tout naturellement, la discussion s’engage et la dame demande au monsieur la raison de son arrivée à l’hôpital. Le bonhomme déclare alors : « J’étais en train de faire du ski quand j’ai vu une femme qui skiait à poil, et je me suis foutu dans un arbre !

 

Un bref lever de soleil.

Cette histoire n’a jamais paru dans un journal, et pourtant elle est aussi authentique, d’autant plus authentique qu’elle est arrivée à mon père, et qu’il aimait à la raconter tant elle est idiote par les faits, faits dont il n’est pas la cause, mais la victime. L’histoire commence par la demande d’un couple qui connaissait mon père, de l’accompagner pour une excursion. Dans la région où ils habitaient, il y avait une montagne, la plus haute loin à la ronde, c’est scientifiquement prouvé, réputée pour ses levers de soleil sur des décors des plus plaisant. Pour les admirer, il n’y avait qu’une solution, passer la nuit à l’hôtel qui se trouvait au sommet de la fameuse montagne, aucun moyen de transport pour y arriver, sinon en voiture par des chemins pas trop carrossables, nous sommes dans les années 1920. Et puis, de voiture, ils n’en avaient pas, alors la marche était la seule solution envisageable. Du village le plus proche, il y avait bien une dizaine de kilomètres pour arriver au sommet avec au moins 800 mètres de différence d’altitude, vis des chemins tortueux et en empruntant une gorge. Les voilà partis, on passe la nuit à l’hôtel et on se lève de bon matin pour admirer le spectacle, un spectacle plutôt mitigé car le temps est plutôt couvert. Ce que mon père n’avait pas prévu, c’est que ce couple très bigot avait prévu de regagner le village le plus proche pour assister à la messe dominicale, aussitôt le jour levé. Lui, il pensait passer une journée pépère, et envisagea même de renter dans l’après-midi après un bon gueuleton. En faisant la grimace, mon père se rangea à leur décision, bien que ses croyances religieuses ne soient pas assez fortes pour lui faire envisager une damnation éternelle s’il n’allait pas à la messe. En route pour l’aventure, sur le chemin qui conduit au village vers la fameuse église dans laquelle pourrait s’apaiser la colère divine. Pourtant, elle ne tarda pas à se manifester sous forme d’un de ces orages matinaux dont la montagne a le secret. Ils arrivent à se mettre à l’abri sous une sorte de rocher qui surplombe la gorge et qui les empêche d’être trempés jusqu’aux os. Ce pète de tous les côtés, il tombe des tonnes d’eau et ça dure, ça dure. Le couple croyant la dernière heure arrivée, prient comme si le grincement des portes de l’enfer se faisait entendre entre deux coups de tonnerre , ils invoquent tous les saints dont il connaissent le nom, même ceux dont ils soupçonnent l’existence. Sans doute, leur prière furent plus fortes que les jurons de mon père, peut-être l’inverse, mais l’orage finit par se calmer et s’éloigner. On reprit la route, on arriva au village, juste à temps pour voir les gens sortir de l’église !

Monsieur Paul, l’homme qui regardait la mort.

Il n’est pas nécessaire d’avoir une profession bien vue pour devenir célèbre. Il y a des métiers qui sont absolument nécessaires, mais qui jouissent plutôt d’une mauvaise réputation, agent des pompes funèbres en est un exemple. Juste à côté, dans le même style, celle de médecin légiste peut sembler rébarbative. Cette dernière est plus scientifique et requiert des connaissances précises, il faut pouvoir affirmer sans se tromper, la cause d’un décès. Dans le cas d’une mort suspecte, il appartient à cette personne de démêler tous les détails de cette dernière, devant une cour d’assises la vie d’un accusé peut basculer d’un côté ou de l’autre selon ses affirmations. A l’instar de célèbres avocats qui furent quasiment des vedettes, un médecin légiste se hissa dans le monde des célébrités. il s’agit de Charles Paul. Né en 1879, médecin de formation, il fut un des personnages qui apporta sa contribution à une police devenue scientifique. Personnage à l’éloquence facile, très bon vulgarisateur, très persuasif, il devint un personnage clef lors de certains procès. Il apparut au procès de  Landru, Violette Nozière, Marcel Petiot. Il autopsia les corps de célébrités comme Jean Jaurès ou Jules Bonnot, Au cours de sa carrière qui s’étale sur plus de 50 ans, il pratiqua des autopsies sur presque 160 000 cadavres, ce qui fait une moyenne de 8 à 9 autopsies par jour ouvrable. Fréquemment, ces personnages côtoyant les choses morbides sont plutôt des joyeux caractères. On lui prête quelques bons mots qui font partie de sa légende. En voici quelques uns…
Très souvent ces personnalités un peu marginales et connues suscitent une curiosité pas toujours de bon aloi, alors souvent on les invite à dîner, il n’était pas réputé pour dédaigner les arts de la table et était plutôt du genre très bon vivant. On imagine qu’il avait des préférences pour ses fréquentations et ce n’est pas toujours d’humeur joyeuse qu’il répondait à ses invitations. Il le faisait savoir à sa manière, Souvent la maîtresse de maison se faisait un malin plaisir à lui demander de couper le gigot ou la selle de chevreuil. Pour éviter la corvée, il avait sa petite méthode. Quand il se pointait, souvent en retard, il disait à la maîtresse des lieux : « excusez-moi chère amie, j’ai été retardé par un client qui avait trois mois de caveau, m’autorisez-vous à me laver les mains ? »
Evidemment avec la professions qu’il exerçait on essayait de lui tirer une consultation à l’oeil. Imperturbablement il répondait : « Ne vous inquiétez pas, nous verrons cela à l’autopsie ! »
On le surnommait l’homme aux cent mille autopsies, chose qu’il trouvait parfaitement idiote. Pour preuve, il donnait en exemple le maître d’hôtel de la célèbre Tour d’Argent qu’il fréquentait assidûment et qui chaque fois croyait bon de lui glisser à l’oreille : « Monsieur le professeur, je vais avoir l’honneur de découper devant vous mon XXXX ème canard au sang ».
Un matin alors qu’il traversait la rue, il manqua de se faire écraser par une jolie conductrice qui lui cria : « Attention le gros ! ». Il releva le numéro de la plaque et retrouva l’adresse de la conductrice, chose facile pour lui, et lui envoya le mot suivant : « Le gros, madame, vous adresse ses respectueux hommages, et reste à votre entière disposition. Docteur Paul, médecin légiste. » Il paraît que le mari lui répondit en le remerciant et en lui affirmant que sa femme conduisait depuis plus prudemment.
Lorsque Henri-Georges Clouzot tourna son fameux film « Les Diaboliques ». Si vous l’avez vu, vous aurez remarqué qu’il y a une scène à la morgue. Le docteur Paul autorisa le cinéaste à tourner quelques scènes dans les lieux. La femme du réalisateur et actrice, Vera Clouzot, qui était présente se plaignit d’être incommodée par l’odeur. Le docteur lui glissa : « Ne vous formalisez pas ! », ce qui n’empêcha pas la dame de tomber dans les pommes, heureusement il y a avait un docteur sur place !

George Bernard Shaw, le célèbre écrivain anglais, aimaitz pratiquer la dérision et l’humour noir. A une personne qui le demandait de ses nouvelles il répondit : « Ca pourrait aller beaucoup mieux : j’ai un souffle au coeur, les poumons pris, un ulcère à l’estomac, mon foie est congestionné, et moi-même je ne me sens pas très bien. ». Il mourut quand même à 94 ans.

En passant

Bas nylons et un mec un peu spécial

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De manière générale, la création d’un style musical est presque toujours le fait des artistes. Dans des cas beaucoup plus rares, une maison de disques arrive à servir de référence et devient pratiquement une icône pour un style précis. Par exemple, les fameux disques Sun à Memphis sont très réputés pour être une des pièces maîtresses de l’avènement du rock and roll dans les années 1950, surtout que le propriétaire, Sam Philips, est pour beaucoup dans la découverte d’Elvis Presley. Du côté des artistes noirs à cette période, les choses sont moins évidentes, mais le label Chess est en gestation et commence à enregistrer les premières pépites de ce qui va devenir un base de référence pour le monde entier à travers tous les musiciens anglais qui se feront fort de revisiter le style et lui donner une visibilité qui deviendra mondiale. Pour l’instant, le mouvement est encore assez marginal et intéresse plus spécialement la communauté noire. Le blues, le jazz, sont sans conteste originaires du sud des USA, la Louisiane, le Mississippi, le Missouri, sont les fiefs des bluesmen noirs qui pratiquent cette musique de manière assez artisanale. Le jazz fut le premier à prendre son envol au début du 20ème siècle et gagna  le monde en quelques dizaines d’années. Le blues reste alors assez confidentiel, bien que la frontière entre les deux musiques est parfois très ténue. Difficile de ne pas voir du blues dans certains disques de Louis Armstrong, mais pendant longtemps le blues est avant tout une musique acoustique, à l’accompagnement minimaliste, souvent une simple guitare.

C’est l’économie qui va s’en mêler à sa manière. L’état du Michigan et Chicago sont connus pour être une des bases de l’industrie américaine, notamment la voiture. Elle fait appel à une nombreuse main d’oeuvre dont les Noirs en sont une des composantes. C’est dans cette ville qu’Aristocrat records, devenu Chess par la suite, voit le jour en 1947. Ce qui va sans doute donner une orientation définitive à la musique du label, c’est que les fondateurs sont des Blancs d’origine polonaise, Phil et Leonard Chess. Les artistes seront presque exclusivement noirs, mais sous l’impulsion des managers blancs la musique deviendra électrique. La label va produire nombre d’artistes qui vont devenir de vraies légendes, mais aussi un compositeur – contrebassiste qui va se révéler un des pièces maîtresses du label, Willie Dixon.

Le plus célèbre artiste du label est Muddy Waters, bien que pas mal d’autres soient presque aussi célèbres que lui, enregistre en 1954, une composition de Wille Dixon « Hoochie Coochie Man », qui va imposer un style tant du point de vue rythmique que du tempo et susciter de nombreuses inspirations. Revisitons quelques interprétations de ce grand classique, comme d’habitude j’ai fait un choix, il y en a tellement.

L’original, Muddy Waters, 1954.

Le premier anglais à l’enregistrer Alexis Korner et Blues Incorporated, 1962.

Hoyt Axton, le fameux créateur de « Greenback Dollar » en folk et jazz, 1963.

Manfred Mann, c’est presque évident de la trouver chez eux, 1964.

Dion l’idole des teenagers aux millions de disques vendus, n’a jamais caché son admiration pour le blues. En 1964, il enregistre sa version très originale.

Les nashville Teens en 1964, une version assez inatteignable puisqu’elle ne figurait que sur le seul album d’époque publié seulement aux USA. On retrouve ce son et ce rythme appuyé si typique chez eux, lointain ancêtre du hard rock.

Long John Baldry, cet excellent pionnier du blues anglais, pousse la reconnaissance jusqu’à appeler son groupe Hoochie Coochie Men, dans lequel figure parfois un certain Rod Stewart, 1964.

Les Hollandais Johnny Kendall & Heralds, qui s’inspirent sans doute un peu de celle de Dion, un traitement qui s’approche plus du beat, mais aussi très original datant de 1964. C’est la première version que j’ai mise dans ma discothèque, il y a bien des printemps. J’adore toujours.

Les Rattles pour l’Allemagne, c’est la deuxième version entrée dans ma collection, 1965.

Wayne Fontana et les Minbenders, 1965.

Sam The Sham & Pharaohs, 1965.

Shadows Of Knight, 1966 premier album.

Une version assez inattendue, celle de Jimmy Smith, 1966.

Chuck Berry et le Steve Miller Band, 1967, live à St Louis.

Steppenwolf, premier album 1968.

La version du compositeur, 1970.

John Mayall l’enregistra en live en 1965 avec Eric Clapton à la guitare solo. Mais le titre ne fut publié qu’en 1977 sur une compilation.

Motorhead, en 1983, bonne version assez nerveuse.

Un document rare, de qualité moindre, Graham Bond Organisation dans une version live en 1965, on peut apercevoir Jack Bruce à la basse et Ginger Baker à la Batterie, deux futurs Cream et Dick Heckstall-Smith, un futur John Mayall, Sweet Pain, Colosseum,  entre autres.

Une version prise lors d’un concert des Doors en 1966.

Notes de 1969

1969, c’était il y a 50 ans. Pour moi c’est une année particulière, car je finis l’école obligatoire après avoir prolongé d’une année. L’été c’est le départ en vacances avec des copains. Nous allons en Suisse à Lugano, pendant que l’homme pose son pied sur la Lune. Des copains qui m’accompagnaient, nous étions trois, l’un habite loin de moi, nous sous somme complètement perdus de vue. L’autre est toujours dans mon environnement, nous avons fêté ses 70 ans, il n’y a pas très longtemps. Pour moi, c’est aussi un amour d’été, Irene. J’avais fait sa conquête parce que je parlais plutôt bien l’italien, alors qu’elle ne pipait pas trop le « francese ». Les amours d’été finissent à l’automne, nous ne nous sommes jamais revus. Peut-être vit-elle encore et pense parfois à moi, à ce garçon à qui elle avait dit : « tu mi piaci ! ». Allez savoir. Mais pour moi la vie en souvenirs, c’est avant tout ceux que la musique me procure, les tubes de l’été, ceux qui étaient encore diffusés par les jukeboxes, la radio. Un choix parmi cette année 1969, entre ceux qui étaient déjà des tubes, ceux qui commençaient à percer, ceux qui allaient en devenir un peu plus tard dans l’année.

Les Beatles dans l’un de leurs derniers coups d’éclat.

Zager & Evans, sur les images du fabuleux Metropolis de Fritz Lang.

Fifth Dimension, un medley extrait de Hair.

Les Rolling Stones, 50 ans avant et leur dernier single pour Decca.

Tommy James & Shondels, des bons pondeurs de tubes.

Les Doors, des portes bien ouvertes sur l’éternité.

Steam, et sans doute un des disques que j’ai le plus détestés cette année-là. Eh oui ça arrive.

Par contre celui-là j’aimais beaucoup plus, j’étais assez fan des Bee Gees première époque.

Les Hollies, un de leurs grands tubes.

Credence Clearwater Revival, ça c’était plutôt rock.

Rare Bird et ce bien sympathique titre.

Sur un plan plus personnel, comme j’avais un mangeur de disques, je pouvais faire mon petit programme musical, pas forcément d’actualité. Une petite sélection de ce que j’ai beaucoup écouté du côté de Lugano. Les touristes qui nous prenaient en photo pour nos vêtements bigarrés et nos allures excentriques s’en souviennent peut-être encore. J’en rigole toujours en pensant que dans certains albums privés, ma binette doit figurer à côté de la photo du San Salvatore ou des jets lumineux nocturnes du lac de Lugano. Et si j’en trouvais une un jour sur Internet ?

L’endroit n’a pas tellement changé, nous allions souvent dans ce petit square, c’est là que la plupart des gens nous prenaient en photo.

Buffalo Springfield, en boucle !

Spencer Davis Group avant que Allman Brothers Band le reprenne.

Count Five et une réaction toute psychotique.

 

 

Bas nylons et un corniaud

 

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Bourvil s’il reste l’un des acteurs français les plus populaires et les plus ancrés dans la mémoire collective du 20ème siècle, ne fut de loin pas une vedette du jour au lendemain. On sait moins qu’il fut boulanger et aussi un peu ouvrier agricole dans la ferme familiale. Mais une chose est certaine, tout en étant un élève plutôt doué et qu’il s’en fiche éperdument  il adore faire le pitre et ne s’en prive pas. Comme il se découvre plusieurs cordes à son arc, musicien, chanteur, comique de cabaret, c’est d’abord comme musicien qu’il débuta sa carrière… dans la musique militaire et le théâtre aux Armées. Le reste viendra. Ce n’est qu’en 1945 qu’il tourne dans son premier film La ferme du pendu de Jean Dreville. Ses débuts à l’écran sont très typés dans les rôles d’idiots, mais la suite de sa carrière le verra dans des registres bien différents, du plus gentil au plus méchant, en passant par assassin et mari exécrable de Michèle Morgan dans Le Miroir à deux faces d’André Cayatte en 1958. Il mènera aussi avec succès plusieurs carrières de front, théâtre, chanson, producteur, doublant lui-même ses films en anglais. En 1948, s’il n’est pas encore une grande vedette, il est assez connu pour que l’on s’intéresse à lui d’un peu plus près. Dans un numéro de la revue Cinévie de 1948, il relate son enfance et son attirance grandissante vers les métiers du spectacle. J’ai retrouvé ce document qui donne un éclairage intéressant sur le personnage. C’est assez rare de voir une vedette de cinéma parler de son enfance d’une manière détaillée. Le plus souvent ils survolent cette étape pourtant si importante pour la suite

En passant

Bas nylons et ivresses

Le vin, quand il s’agit d’un grand cru ou d’un cépage renommé, n’a pas vraiment besoin de publicité. Les étiquettes qui présentent une bouteille d’un grand cru sont plutôt sobres, le nom suffit. Par contre, il est plus courant de voir une publicité qui vante les mérites d’un région viticole comme la Bourgogne ou le Bordelais. Charge à vous de trouver les bonnes bouteilles ou les bonnes caves dans la région qui vous intéresse, c’est d’ailleurs assez inégal en qualité. Je n’entrerai pas dans le détail de toutes les appellation contrôlées ou non, c’est un vaste domaine. De même les classements à l’intérieur d’un terroir peuvent varier d’un région à l’autre. Par exemple les vins sous appellation de Bordeaux, et uniquement ceux de la rive gauche, sont présentés selon un classement établi en 1855 dans lequel on trouve cinq catégories de crus allant de premier cru classé à cinquième cru classé. Cette liste fait encore référence aujourd’hui avec quelques petits changements intervenus au fil des ans. La Bourgogne fait plus simple, il y a les grands crus, la plus prestigieuse, et le premiers crus, tout de suite après. Il faut bien reconnaître qu’il y a un certain snobisme à consommer ces vins, mais le vin d’une bouteille à 500 euros n’est pas forcément dix fois meilleur que celui d’une bouteille à 50 euros. Pour ma part, il m’arrive de temps en temps de m’offrir une bonne bouteille, mais depuis longtemps j’ai passé au vin bio que je bois selon trois provenances, France, Italie, Espagne. Je me suis attelé à ces vins car dans des analyses de  consommateurs, ils les ont trouvés exempts de toutes traces de pesticides. Encore plus marrant, dans une des analyses. c’était le seul bio et le moins cher. Un autre qui coûtait presque trois fois plus cher, rattaché au nom d’une prestigieuse famille, ne contenait pas moins d’une douzaine de traces de pesticides. J’ai servi une de ces vins bio lors de mon repas d’adieu à mes collègues de travail quand j’ai pris ma retraire, plusieurs m’ont dit, sans que je leur demande, qu’il était vraiment bon. Alors…

Bien tout ceci pour introduire mon sujet et vous parler de vin dans un contexte particulier. Le simple citoyen qui ne roule pas sur l’or, mais qui aime bien boire un coup de temps en temps, peut se rincer la dalle avec un gros rouge de derrière les fagots, sans artifices. Mais le marchand de pinard vient à son secours en lui proposant des variantes. En général, ce sont des vins médiocres ou passables qui ont besoin d’un coup de main pour devenir parfois simplement buvables. Il existe un tas de recettes, chacun la sienne, pour lui donner une saveur particulière. La plus courante et qui ne demande pas de préparation spéciale est le kir fait de vin blanc et cassis, c’est un exemple de transformation qui peut rendre un vin détestable nettement plus buvable. Nombre d’autres produits proposés sont à base de vin, mais on y ajoute des plantes comme le quinquina, aux vertus médicales reconnues, tout en donnant l’impression au buveur que cela peut être bon pour sa santé. On dit aussi pour d’autres que c’est à base de vin sans spécifier ce qu’il contient en plus, tout en y ajoutant un nom ronflant. Le vin mousseux est aussi proposé, bien que là il s’agisse plus d’une méthode de vinification particulière qu’un ajout d’additif. C’est du champagne qui n’en a pas le nom, car c’est une appellation de terroir réservée.

Tous ces produits qui ne bénéficient pas d’une aura particulière et qui doivent se faire une renommée, ont très souvent fait appel à la publicité à travers des affiches destinées à attirer l’oeil du consommateur. Nous sommes évidemment à une époque où les arts visuels comme le cinéma sont peu présents ou n’existent pas du tout, l’affiche placardée sur les murs a toute son importance. Il faut vendre une part de rêve en couleurs et plus prosaïquement dans ce cas précis, une envie d’ivresse qui sera plus réelle qu’imaginaire. Quoiqu’il en soit, ces témoins du passé sont parfois d’un beauté réelle. J’en ai sélectionné une série qui peuvent couvrir une marque, une région, ou encore un endroit comme un débit d’alcool. C’est juste de la publicité, mais c’est aussi de l’art.

Source Gallica, BNP, DP

Peter Pan fait son cinéma (4)

Suite des chroniques de notre ami Peter Pan. Merci à lui.

Trailer

Scène du film

Ce film est classé avec une note de 6,8 / 10 dans Internet Movie Database. Oacar de la meilleure actrice internationale 1957 pour Gina Lollobrigida.

Acteurs

  • Gina Lollobrigida : Esméralda
  • Anthony Quinn : Quasimodo
  • Alain Cuny : Claude Frollo
  • Robert Hirsch : Pierre Gringoire
  • Jean Danet : le capitaine Phœbus de Châteaupers
  • Philippe Clay : Clopin Trouillefou
  • Jean Tissier : Louis XI
  • Maurice Sarfati : Jehan Frollo
  • Valentine Tessier : Aloyse de Gondelaurier
  • Marianne Oswald : La Falourdel
  • Piéral : le nabot
  • Danielle Dumont : Fleur de Lys
  • Jacques Hilling : Charmolue
  • Jacques Dufilho : Guillaume Rousseau
  • Roger Blin : Mathias Hungadi et le duc de Bohême
  • Robert Lombard : Jacques Coppenole
  • Dominique Davray : Colette La Charonne
  • Hubert de Lapparent : Guillaume d’Harancourt
  • Paul Bonifas : Gilles Le Cornu
  • Georges Douking : François Chanteprune, un truand
  • Madeleine Barbulée : Madame Le Cornu
  • Camille Guérini : le président du tribunal
  • Albert Rémy : Jupiter
  • Roland Bailly : Pierrot Torterue
  • Daniel Emilfork : Andry Le Roux
  • Michel Etcheverry : un archidiacre
  • Damia : la chanteuse mendiante
  • Boris Vian : le cardinal de Paris
  • Albert Michel : le veilleur de nuit
  • Yette Lucas : Claude Rongeoreille
  • Denise Carvenne : la tapissière
  • Jacques Bertrand : Bellevigne de l’Etoile
  • Pierre Fresnay (non crédité) : voix off narration
  • Paul Bisciglia : un homme à la fête des fous
  • Germaine Delbat : une paroissienne
  • Virginie Vitry : une brodeuse
  • Nadine Tallier : une fille de la Cour des Miracles
  • Dominique Marcas : une femme de la Cour des Miracles
  • Franck Maurice : le deuxième bourreau
  • Doudou Babet : un mendiant
  • Van Doude : un mendiant
  • Jean Martin : un mendiant
  • Jean Tielment : un mendiant
  • Les Chevaliers de l’Arc de l’Île-de-France : les archers