Bas nylons, tout le jour et toute la nuit.

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Avoir dans un groupe un membre efficient comme compositeur, peut se révéler très efficace, surtout s’il est de premier plan. Les groupes qui peuvent prétendre à pareille honneur ne sont pas légions, encore plus si la plupart de ses compositions deviennent des classiques. Dans les sixties, un dépasse les autres, il est même titré comme musicien anglais ayant eu le plus d’entrées dans le hit parade anglais, catégorie compositeurs solitaires. Il s’agit de Ray Davies, bien entendu membre des Kinks. Pour sûr, ils n’eurent jamais la même aura que les Beatles ou les Rolling Stones, mais ils n’ont rien à envier à leur rivaux. A travers ses compositions on voit aisément l’évolution de Ray Davies dans sa musique. Au début, c’est très dérivé du rock and roll et assez brut, ce sont en fait des histoires d’amour assez banales au niveau des paroles. Puis le vent tourne, il se fait observateur de la société, on y retrouve  des thèmes comme la flemme, la mode, la vie trépidante des villes, les endroits sombres. Les musiques sont aussi plus fouillées sans toutefois faire appel à des orchestrations grandiloquentes. Nous allons explorer l’une de ces merveilles du début qui a flatté des millions d’oreilles « All Day And All Of The Night ». Chronologiquement c’est leur quatrième single et le deuxième hit. Il est bâti sur les mêmes bases que le précédent, pas très différent dans le son, ce qui fit dire à quelques critiques de l’époque qu’il n’était pas très nouveau. Mais il connut un succès égal et dans les titres de la première époque, ce sont les plus revisités.

L’original, 1964.

En live, même année.

Sans doute la première reprise. Ici les Jaybirds sur disques Embassy. Ce label avait l’habitude de produire des singles qui regroupaient deux hits du moment repris par des artistes obscurs. Mais ce qui est merveilleux ici, c’est que ce groupe obscur n’est autre que les futurs Ten Years After sans l’organiste. Aussi de 1964.

On reconnait assez bien Leo Lyons à gauche et Alvin Lee au centre.

La version française des Lionceaux « Le Jour, La Nuit, Le Jour » pas toujours très percutants dans leurs reprises, mais celle-là est assez réussie.

Probablement la première cover américaine par les Kinkerbockers, c’était avant leur fameux « Lies ».

Mexique, Los Yaki,  assez endiablé, 1965.

The Remains USA, enregistré en 1965, une belle version qui ne sortira qu’en 1983. Le groupe fit l’ouverture des Beatles à Boston en 1965.

Larry Page Orchestra, le producteur des Troggs enregistra un album de reprises des Kinks.

Pour l’Italie I Ragazzi Del Sole, 1966.

The Stranglers,1987.

Quiet Riot, 1995.

Status Quo, 2003

Les terribles, autre version française, 2005.

Les Scorpions en live, 2011.

Ray Davies solo au Jools’ Annual Hootenanny, 2014.

Pour leur introduction dans le « Rock And Roll Hall Of Fame » en 1995, les Kinks de l’époque surtout Ray et Dave Davies.

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En passant

Peter Pan fait son cinéma (6)

Suite des chroniques de notre ami Peter Pan. Merci à lui.

 

Distribution

  • Richard Burton (VF : Jean-Claude Michel) : Alexandre le Grand
  • Fredric March (VF : Jean Martinelli) : Philippe II de Macédoine
  • Claire Bloom (VF : Nadine Alari) : Barsine
  • Danielle Darrieux (VF : Danielle Darrieux) : Olympias
  • Barry Jones (VF : Raymond Rognoni) : Aristote
  • Harry Andrews (VF : Jean Marchat) : Darius
  • Stanley Baker (VF : Jean-Henri Chambois) : Attale
  • Peter Cushing (VF : Jean Berton) : Memnon
  • Helmut Dantine (VF : Yves Furet) : Nectanébo
  • Friedrich von Ledebur (crédité Friedrich Ledebur) : Antipater
  • Michael Hordern (VF : Jean Davy) : Démosthène
  • Niall MacGinnis (VF : Pierre Morin) : Parménion
  • Peter Wyngarde (VF : Marc Cassot) : Pausanias
  • William Squire (VF : Gérald Castrix) : Eschine
  • Teresa del Rio (VF : Martine Sarcey) : Roxane, fille de Darius
  • Ruben Rojo (VF : Hubert Noël) : Philotas
  • Virgilio Texeira (VF : Jean-Louis Jemma) : Ptolémée
  • Gustavo Rojo (V.F : Andre Falcon) : Cleitos
  • Marisa de Lesa (V.F : Nelly Benedetti) : Eurydice
  • José Nieto : Spithridatès
  • Et les voix de :
    • Marc Valbel : Cousin de Darius
    • Jean Violette : le messager
    • Georges Chamarat : un prêtre

Exploration musicale en terre inconnue (7)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien par la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.

Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1968 – Them / Walking In The Queens Graden. Quand les Them de Van Morrison se séparent, nous retrouvons deux groupes du même nom venant de la même origine, L’un du côté de Texas et l’autre resté anglais, enregistre des titres qui sont, entre autres, publiés par le label suédois Sonet. Ils sont aussi connus sous le nom de Belfast Gypsies et certains titres, tout à fait identiques sont publiés sous Them ou Belfast Gypsies. Si à mon avis cette mouture est meilleure et plus dans la tradition du groupe originel, la version US n’est pas inintéressante non plus. En France, un seul et unique single de groupe version texane est publié par Capitol en 1968, avec un original composé par le groupe en farce principale. Il attira quelques rares fans de la première époque. Il est maintenant assez recherché.

1969 – Joyce Bond / Ob-La-Di-Ob-La-Da. Les Beatles se firent souvent souffler des succès par des artistes qui se contentaient de reprendre un de leurs titres parce que la production locale de tel ou tel pays ne l’avait pas publié en single ou tardivement. Comme la pléthore de titres dans les albums des Beatles qui avaient un potentiel certain de faire un succès, le choix était grand et permettait à des petits malins de s’octroyer un hit avec une chanson signée Lennon et McCartney. Ce fut le cas pour « Michelle » que les Overlanders hissèrent à la première place du hit parade anglais. En 1969, le chose se répète avec « Ob-La-Di-Ob-La-Da » reprise par le groupe Marmelade qui hissent également la chanson à première place en Angleterre. Dans une moindre mesure, le groupe Spectrum en tira aussi quelques bénéfices avec leur propre version. Mais ils ne furent pas les seuls à tenter le coup, la chanteuse jamaïcaine Joyce Bond le fit aussi et son disque fut même édité en France, mais passa surtout inaperçu.

Robert Mitchum ne fut pas seulement un acteur de cinéma et un immonde salaud dans « La Nuit Du Chasseur » de Charles Laughton, mais également un chanteur. Il n’officiait pas dans la chansonnette ou le rock and roll, mais dans le style exotique que l’on appelle calypso. Cela fut publié en France en 1958 et je crois que les ventes furent assez faibles. Disons que je préfère l’acteur…

L’Espagne possède aussi ses enfants prodigues, la petite Marisol fut une de ces stars qui commencèrent d’enregistrer au lieu d’aller à l’école. Née en 1948, elle enregistra son premier disque en 1960. On tenta de nous l’imposer en France via une pléthore de publications dont je peux me vanter de ne pas en avoir vues beaucoup. Il y a longtemps qu’elle a pris sa retraite.

Le fans de pièces vinyles rares françaises devraient connaître ce bonhomme. Il fut le chanteur des Primitives, ce groupe anglais qui s’exila en Italie vers 1965 et y rencontra passablement de succès. En entamant une carrière solo sous le nom de Mal, il fut également un bon vendeur de disques, tantôt chantant en italien, tantôt en anglais. On tenta en vain de l’imposer en France dans les années 1970. Il chante encore aujourd’hui.

1968 – Adam & Eve / Shaggy Dog. Ce duo assez connu en Allemagne est avec ce disque leur seule apparition en pressage français. L’Adam du groupe, un natif américain, est en réalité Johnnie Dee. Si ce nom ne vous dit rien sachez qu’il composa pour les Pretty Things leur fameux « Don’t Bring Me Down » que Ronnie Bird reprit en français « Tu Perds Ton Temps ». En 1975, il s’illustra d’une autre manière, il fut condamné à 6 ans de taule pour tentative d’assassinat sur sa copine d’alors, mais qui n’était plus l’Eve du duo. Le titre principal de ce disque fut aussi interprété par les Rattles.

A propos des Rattles, eh bien les voici. Ils étaient le groupe Allemand no 1 à l’époque de la Beatlemania. Vers la fin des années 60, il décident de s’adjoindre les services d’une chanteuse et de donner une image un peu plus progressive à leur musique. Ils enregistrent un single « The Witch » qui relance leur carrière, mais leur permet aussi de se retrouver dans le hit parade anglais à une bonne place. Le groupe tourne encore aujourd’hui malgré d’innombrables changements de personnel. Le bassiste et le batteur étant les deux membres les plus réguliers. La publication de ce titre en France passa complètement inaperçue ou presque.

1966 – Verdelle Smith / In My Room. Une de ces chanteuses tendance R&B qui font aujourd’hui la joie des collectionneurs. On peut toujours se poser la question de savoir pourquoi ces disques étaient édités en France, d’autant plus qu’ils ne proposent aucun succès. On sa sans doute misé sur le très accessible « In My Room » adaptation d’une chanson en espagnol, reprise en français par Dalida « Dans Ma Chambre », Les versions anglaises de ce titre sont très nombreuses, Walker Brothers, Nancy Sinatra etc… témoignant de son potentiel intéressant. Pourtant aucune de ces versions et encore moins celle de Verdelle Smith, n’attira les auditeurs français.

1966 – I Giganti / Il Mio Giorno Verra. Le label Barclay a sorti un nombre incroyable de publications sous licence étrangère pour le marché français. L’Italie n’est pas absente, témoin la publication de cet EP en 1966 des Giganti. Un groupe assez connu dans son pays, jouant le jeu entre originaux et reprises. Bien qu’assez intéressant, ce disque n’avait aucune chance de devenir un tube en France. Il est tellement peu courant que je ne l’ai jamais vu. Si je connais son existence, c’est bien par d’autres sources que les foires aux collectors.

1967 – Laurie Johnson / The Avengers Theme. Un exemple de disque que tout le monde connaissait et que personne n’achetait. La célèbre série « Chapeau Melon Et Bottes De Cuir » a marqué son époque. La publication de ce 4 titres par Vogue en 1967 ne rencontra pas un franc succès, beaucoup moins que la série. Mais les aficionados vont jusque à mettre 200 euros pour se procurer cette copie, la plus recherchée de tous et sans doute la plus rare.

1963 – The Rockin’ Rebels / Wild Weekend. Le rock à la Johnny & Hurricanes ne fait plus trop recette en France en 1963, sinon à remplir la discographie des artistes instrumentaux français comme Joey & Showmen de Johnny Hallyday. La publication de l’original par Columbia resta très confidentielle, contrairement aux USA où le titre fait encore recette. On n’essaya pas de renouveler la tentative.

1963 – Simone Jackson / Ain’t Gonna Kiss Ya.  Cette jeune chanteuse de Manchester âgée de 16 ans fut, parait-il, accompagnée par les Beatles sur la scène de la Cavern en septembre 1962, évidemment avant qu’ils ne soient célèbres. Sa carrière fut ensuite très courte. Quand les Searchers « empruntèrent » cette chanson (écrite par un certain PJ Proby qui deviendra brièvement une star vers 1964)  au répertoire des Ribbons, groupe vocal féminin noir américain, un directeur artistique de Pye pensa qu’elle irait comme un gant à Simone Jackson. Dans la foulée, Vogue publia le disque en France, même avant la version des Searchers.  D’un côté comme de l’autre, on se tâte encore aujourd’hui pour savoir si l’idée était bonne. Il n’en reste pas moins que le disque n’est pas mal, sans égaler bien meilleure version des Searchers.

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En passant

Bas nylons et allons jouer à la maison

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Encore une de ces chansons de rock and roll noir « Baby Let’s Play House », qui a participé à l’avènement du rock and roll blanc. Ce fut sous l’impulsion d’Elvis Presley qu’elle gagna définitivement le coeur des rockers et fut ensuite constamment reprise par des artistes blancs. Son créateur, Arthur Gunter, ne passa pas complètement inaperçu quand son disque fut publié, il classa même sa chanson en assez bonne place dans les charts R&B du Billboard en 1954. Mais c’est quelques mois plus tard quand Presley l’enregistra pour le compte des disques Sun qu’il décrocha par la suite la timbale sous forme de royalties, ceci jusqu’à son décès en 1976. Presley est sans doute un des chanteurs de rock a avoir eu une réelle admiration pour  le répertoire noir. Cette admiration était d’ailleurs partagée par Sam Philips, le propriétaire de la boîte Sun. Une multitude d’artistes noirs passèrent par son label avant que Presley en fasse partie, B B King, Howlin’ Wolf, Rufus Thomas, furent des artistes maison. Philips cherchait un artiste blanc ayant la sensibilité d’un artiste noir, et justement Presley avait cette qualité en lui. Il ne faut pas tellement chercher cette sensibilité dans le côté rock de la voix de Presley, mais bien dans la profondeur de celle-ci. Quoiqu’en peuvent penser  les fans du Presley rock, c’est dans ses enregistrements de gospels, musique essentiellement noire, que l’on trouve le sommet de son art vocal. Mais ceci n’entache en rien l’autre côté, Presley était capable d’être bon en tout.

La version originale, 1954.

Le version de Presley, 1955, remarquez que dans ses premiers enregistrements, il n’y a pas de batterie.

Buddy Holly l’enregistra sous un titre différent « I Wanna Play House With You », et créditée à un autre compositeur. Mais il s’agit probablement d’une erreur jamais corrigée, car titre et compositeur correspondent à une chanson différente datant de 1951. Précisons encore que la version de Buddy Holly est une chanson de ses débuts, publiée plus tard, et probablement une sorte de « réglage » datant de 1956. La qualité sonore est moindre, ça « friture » pas mal au début.

Sorte de plagiat enregistré par Johnny Burnette sous le titre « Oh Baby Babe », 1956.

Vince Taylor et ses Play Boys, la venue en France d’une bête de scène, 1961.

Une version surf par les Astronauts, 1963.

Mungo Jerry, 1970, sur leur premier album.

Sleepy LaBeef, chanteur plutôt country, 1978.

Rachel Sweet entre punk et rockabilly, 1980.

Dave Edmunds, le fameux, 1981.

Glen Glenn, un rocker malchanceux de la fin des fifties qui refait surface, 1982

Scott Bakula, acteur principal de « Code Quantum » chante aussi,1993.

La grande Wanda Jackson, 2006.

Les Stray Cats, en live.

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En passant

Peter Pan fait son cinéma (5)

Suite des chroniques de notre ami Peter Pan. Merci à lui.

Interprètes

  • Peter Cushing (VF : Jacques Beauchey) : Sherlock Holmes
  • André Morell (VF : Jacques Berlioz) : le docteur Watson
  • Christopher Lee (VF : Bernard Dhéran) : Sir Henry Baskerville
  • Marla Landi (VF : Nadine Alari) : Cecile
  • David Oxley : Sir Hugo Baskerville (VF Bernard Dhéran)
  • Francis De Wolff (VF : Paul Bonifas) : le docteur Mortimer
  • Miles Malleson (VF : Camille Guérini) : Bishop
  • Ewen Solon (VF : Stéphane Audel) : Stapleton
  • John Le Mesurier (VF : Pierre Leproux) : Barrymore
  • Helen Goss (VF : Hélène Tossy) : Mme Barrymore
  • Sam Kydd (VF : Jean Daurand) : Perkins
  • Michael Hawkins : Lord Caphill
  • Judi Moyens : la bonne
  • Michael Mulcaster : le prisonnier
  • David Birks : le serviteur

Anecdotes

La firme Hammer est importante pour le renouveau du cinéma dit d’épouvante, elle est devenue une référence du genre. Bien que fondée en 1934 en Angleterre, ce n’est qu’à partir du milieu des années 1950 qu’elle commencera son âge d’or. A cette époque, le film d’épouvante est assez moribond et surtout à prédominance américaine. Au début du parlant, le style conquiert les foules, ce sont les premiers Frankenstein et Dracula et la silhouette de Boris Karloff ou Bela Lugosi devient familière. La Hammer décide de reprendre les personnages et les ficelles du style, tout en explorant d’autres icônes comme les momies qui reviennent à la vie ou les savants fous. Le film qui établit définitivement la réputation de la Hammer fut « Le Cauchemar De Dracula » en 1958. Le prince de la nuit ressort de son tombeau, mais il y gagne une dimension plus sexy. Ce n’est plus tellement le monstre assoiffé de sang qui suce le sang de tout ce qui bouge comme l’incarna Bela Lugosi, mais un vampire qui sait aussi se montrer charmant quand ça l’arrange et surtout séducteur avec les femmes qui se donnent à lui sans appeler leurs mamans. Le tournage en couleurs donne aussi une autre consistance à la couleur du sang. Ce film fit beaucoup pour la notoriété des deux acteurs principaux, Christopher Lee en Dracula et Peter Cushing en chasseur de vampires. Il est presque naturel de les retrouver dans le film qui nous intéresse ici, mais cette fois Christopher Lee n’effraye personne, il est juste un noble (il est réellement de descendance noble) à qui il arrive de drôles d’aventures. Ce n’est pas visible dans le film, mais la silhouette et le rôle de Sherlock Holmes sont indissociables de sa fameuse pipe, alors que Peter Cushing haïssait le tabac. Il a raconté avoir passablement souffert d’avoir souvent une pipe à la bouche.

Parmi les seconds rôles, nous retrouvons Miles Malleson (c’était déjà le cas dans le précédent), dans celui du pasteur. Il fait partie de ces excellents acteurs indispensables à la saveur d’un film. Il a tourné dans plus d’une centaine de films avec de grands réalisateurs. Avec sa première femme, il est un militant de la condition féminine anglaise avant l’heure. Son plus grand rôle reste sans doute celui du sultan dans le fameux « Voleur De Bagdad » avec Conrad Veidt, sorti en 1940, dont il est aussi un des scénaristes. Il est aussi connu pour avoir traduit Molière en anglais. Son travail fait encore référence aujourd’hui. Lors de ses funérailles en 1969, ce fut le fameux  Laurence Olivier, qui fit son éloge funèbre.

Autre second rôle dans celui du serviteur, John Le Mesurier, une silhouette que l’on aperçoit souvent dans divers films. Si vous ne connaissez pas le père, vous connaissez sûrement le fils, Robin Le Mesurier. IL fut pendant près de 25 ans, jusqu’en 2017, le guitariste de Johnny Hallyday et composa aussi quelques titres pour lui.

 

En passant

Bas nylons et une manière de s’afficher

 

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La fin de 18ème siècle vit l’invention de la lithographie par un Allemand, Aloys Fenefelder. Contrairement à ce que l’on peut imaginer, ce n’est pas un savant fou ou un chercheur scientifique, il est auteur dramatique et acteur. Confronté au phénomène de promotion de son travail, il cherche une solution pour toucher le plus de monde possible. L’imprimerie existe bel et bien, mais les moyens employés sont encore primitifs et limités, on ne dépasse pas un certain format, c’est en noir et blanc, et surtout fastidieux. Son idée est de pouvoir faire des affiches individuelles, de les imprimer et les diffuser à moindres frais, il s’y attelle. La base de l’invention est posée et en quelques dizaines d’années elle va connaître un essor considérable, on en vient gentiment aux belles affiches en couleurs qui étaleront leur charme dans les endroits publics.
Il fallait bien évidemment une utilité pour les diffuser, c’est là que la publicité fait son apparition. Elle peut couvrir n’importe quel domaine, mais le but le plus recherché est ce qui couvre les biens destinés à être vendus. Il faut également envisager de cibler la clientèle, tout ne peut pas être affiché n’importe où et n’importe comment. Une publicité pour le Moulin Rouge sera très bien sur les murs de Paris et des environs, mais n’aurait aucuns sens dans un bled perdu des Cévennes. Par contre, une affiche ventant une marque de chocolat peut couvrir la France entière s’il est disponible localement. La création de ces affiches reste un monument du dessin artistique diffusé à grande échelle. Ce sont en quelque sorte les premières bandes dessinées, qui d’ailleurs ne tarderont pas à devenir un autre phénomène, Bécassine sera une des première héroïnes de la Belle Epoque. Elle est encore passablement éditée et rééditée aujourd’hui, elle a toujours ses adeptes. Chose également intéressante, les affiches parlent, elles sont faites pour charmer la clientèle d’une époque donnée, la femme est très souvent mise en scène, mais elle peut sensiblement différer selon les canons de la beauté propres à une époque. Nous allons en admirer une quinzaine qui concernent plus particulièrement les lieux de plaisirs dans le Paris de la seconde moitié du 19ème siècle.

Vous pouvez cliquer sur les affiches pour les agrandir

1859

1861

1871

1871

1874

1874

1874

1874

1875

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1876

1876

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1877

Source Gallica, B.N.F. DP

Exploration en terre musicale inconnue (3)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien par la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.

Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1966 – Caterino Caselli / La Verité Je La Vois Dans Tes Yeux. Caterina Caselli est une chanteuse italienne bien connue dans son pays. La voici dans une chanson qu’elle présenta au festival de San Remo en version italienne, également interprétée par Gene Pitney. Ici, elle l’interprète en version française. Cette chanson vous la connaissez, elle fut un tube pour Richard Anthony avec d’autres paroles, près d’une dizaine d’années plus tard « Amoureux De Ma Femme ».

1972 – Pacific Sound / Ballad To Jimi. Ce groupe suisse dont l’album est très prisé des collectionneurs a bénéficié d’un rare 45 tours édité en France par Philips. Ce titre est un de leurs plus légendaires, car il ne figurait pas sur l’album original.

1975 – Albatros / Africa. C’est l’exemple type d’un disque que l’on publie en France, car l’adaptation française a été un gros succès, en l’occurrence « L’Eté Indien » de Joe Dassin. Il s’agit ici de la version originale italienne.

1966 – The Montanas / Goodbye Little Girl. Une typique face B sur ce 45 tours EP publié en 1966, mais très recherché pour un autre titre complètement différent « That’s When Happiness Began », qui cartonne chez les amateurs de fuzz guitar. Groupe peu connu d’origine anglaise, ils connurent un bref moment de petit succès aux USA.

1969 – The Happenings / Where Do I Go /Be-in. Un groupe très connu aux USA, mais passablement ignoré en France malgré plusieurs publications. J’ai toujours eu une certaine affection pour leurs harmonies vocales. Ici, ils s’attaquent à une des nombreuses chansons qui figuraient dans la comédie musicale « Hair ».

1967 – Los Canarios /Three-Two-One-Ah! Une des nombreuses tentatives du producteur Alain Milhaud pour imposer en France des artistes espagnols. Ce titre parut sur un EP en France est plutôt rare, mais très intéressant musicalement. Le chanson que je vous propose ici est à jamais liée à un souvenir personnel. En 1971, j’ai passé par Barcelone. Cherchant les toilettes dans un restaurant, je suis arrivé dans une salle où un nain venait de sélectionner ce disque dans un jukebox.

1963 – Anette Funicello / Beach Party. Actrice et chanteuse rattachée aux studios Disney, et un temps petite amie de Paul Anka. Elle connut une véritable gloire aux USA qui n’arriva jamais vraiment en France. Profitant de la vague surf, elle enregistra « Beach Party ».

1967 – Grégory / LSD et Système D. Complètement passée inaperçue, cette allusion à une célèbre drogue se voulait provocatrice, mais en vérité elle est plus anti que pour. Le chanteur devient célèbre dans les années 80 en étant la moitié du duo Chagrin D’Amour et son incontournable chanson « Chacun Fait Ce Qui Lui Plait ».

1967 – Evariste / Ma Mie. Après avoir connu un tube « Connais-Tu L’Animal Qui Inventa Le Calcul Intégral. », il disparut assez vite de la circulation, malgré un ou deux titres intéressants, musicalement bien roulés sur des paroles plutôt farfelues. Devenu physicien, il a étudié l’incidence de la musique sur les plantes. Il passe pour illuminé, mais il semble que depuis quelques temps, le sujet intéresse de plus en plus de monde et que ce n’est pas l’air aussi idiot que ce que certains veulent en dire.

1962 – The Eagles / Bristol Express. Typique instrumental à la Shadows, groupe relativement connu en Angleterre, A part ça…

1969 – Octopus – Laugh At The Poor Man. Plaisante balade pop par ce groupe anglais dont peu de gens se rappellent qu’il a existé.

1958 – Teddi King / Baisez-moi. Succulente erreur de traduction en voulant mettre un titre français, pour faire bien, sur une chanson anglaise. A part ça, Teddi Wilson est une chanteuse de jazz, pas trop connue en France.

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