Bas nylons et une chanson comme une autre

*****

Un des thermomètres dont on peut se servir pour mesurer la popularité d’une chanson est le nombre de reprises dont elle bénéficie par des artistes de renom. C’est même souvent grâce à cette mise en lumière que la chanson gagne en notoriété. Que serait aujourd’hui Shirley Jones si les Beatles n’avait pas repris sa chanson « Till There Was You », ce d’autant plus que l’original ressemble plus à un titre d’opérette absolument incompatible pour intéresser un public de teenagers.

Willie Cobbs (1932 -) est né en Arkansas. Il pratique la musique comme bluesman et joue de l’harmonica. En 1960, il est encore un parfait inconnu même s’il a approché à Chicago quelques grosses pointures du coin comme Little Walter. Il a aussi l’occasion d’enregistrer quelques singles dont aucun n’accède à la notoriété. Le coup de pot viendra de sa rencontre avec Billy Lee Riley, un des piliers des légendaires disques Sun à Memphis. Ce dernier a fondé dans cette même ville son propre label, Mojo. C’est alors qu’il va enregistrer le titre qui fera de lui une légende « You Don’t Love ». La publication sur Mojo est un seuucès local. Riley licencie l’enregistrement à Home OF The Blues, qui le licencie encore une fois à Vee Jay, une maison bien plus conséquente qui a notamment une flopée d’artistes célèbres dans ses rangs et qui aura plus tard le privilège d’éditer les Beatles à leurs débuts. Ironie du sort les deux labels subséquent ont refusé de signer Cobbs comme artiste. Sans être un succès national retentissant, le disque connaît quelques faveurs et surtout se fait remarquer. Bien que le crédit compositeur soit attribué à Cobbs, le titre n’est pas absolument nouveau. Il s’inspire quelque peu d’une chanson du même titre enregistrée par Bo Diddley et plus certainement d’un enregistrement acoustique de Clarence Edwards réalisé en 1959. Mais toutes les reprises postérieures attribueront le crédit compositeur à Cobbs. A des degrés divers, les premières reprises favoriseront la mise en lumière du la chanson. Tommy Raye, 1964; Sonny & Cher, 1965; Gary Walker (tentative solo alors qu’il est membre des Walker Borthers, un modeste succès pour lui), 1966; John Mayall, qui sera celui que la fit remarquer au monde pop, 1967. Depuis la chanson a été assaisonnée à bien des sauces, tant elle s’y prête bien.

La chanson à l’origine, surtout pour les riffs, 1959.

La version accoustique, Clarence Edwards, 1959.

Willie Cobbs, 1960.

The Megatons, version détournée en instrumental, 1962.

Tommy Raye, 1964.

Sonny & Cher, la première que j’ai entendue.

Gary Walker, 1966

John Mayall, avec Peter Green, 1967.

Kaleidoscope, un des première versions revisitées en pop, 1968.

Les fameuses sessions, Kooper, Stills, Bloomfield, de loin pas ma préférée, 1969.

Ike & Tina Turner, 1969.

Allman Brothers Band, version endiablée, live 1971.

Une version en raggae, Black Uhuru, 1979.

Otis Rush, live Montreux, 1986.

Version trash, Zola Jesus, 2010.

Une version rockabilly en live.

Apparition du créateur (85 ans) dans un festival 2017.

Bas nylons et tremblez braves gens

*****

Il y a toujours un événement naturel qui peut vous surprendre où que vous vous trouviez.. Le plus violent de tous et le plus imprévisible reste le tremblement de terre. Que ce soit un ouragan, une éruption volcanique, une inondation, une avalanche, la grêle, vous avez quelques chances de vous en tirer, vous avez un allié sur lequel vous pourrez en principe compter, le sol sous vos pieds. Le tremblement de terre vous le retire, vous n’avez plus de repères, vous êtes bousculés de partout. Un de mes anciens collègues de travail se trouvait au Frioul en Italie quand eut lieu le tremblement de terre du 6 mai 1976. Il était dans la rue quand cela arriva, c’est comme si j’étais ivre, le sol se dérobait sous nos pas, le sol montait et descendait, me raconta-t-il. Il y eut près de mille morts.

Différentes scènes de séismes à travers le monde.

Avec les progrès de la science, si on arrive pas à supprimer les phénomènes naturels, on peut en atténuer la portée en les prédisant, la météorologie par exemple. C’est très facile pour un ouragan dont on peut observer la formation et prédire assez précisément la trajectoire et la force. Une éruption volcanique ne prend plus personne au dépourvu, on sait très bien qu’elle donne des signes avant-coureurs et n’entre pas spontanément en éruption. Pour le tremblement de terre, c’est plus délicat, bien que l’on connaisse pas mal de choses sur le sujet. La principale cause de ces phénomènes c’est le déplacement des plaques continentales qui bougent comme des îles flottantes sur la croûte terrestre. Selon qu’elle avance ou qu’elle recule, elle provoquent des tensions ou distensions sur la surface. On sait très bien que la plaque africaine se glisse sous la plaque européenne et eurasienne, provoquant ces mouvements. Les pays du sud, voisins de la jonction de ces plaques, sont plus exposés et de manière générale, victimes des plus forts tremblement de terre. Les chaîne de montagnes des Alpes sont une partie visible de ce phénomène. Une poussée contrebalancée par une plaque arrière solidement en place a fait se soulever la plaque dans sa partie faible et a formé les montagnes. On peut imaginer cette force par rapport à celle d’un tremblement de terre aujourd’hui, c’est du 1 contre 100000. Prédire une catastrophe de ce genre relève encore un peu de la magie. Tout au plus on a observé que les animaux sentaient le phénomène bien avant qu’il se produise, une modification des ondes terrestres avant le séisme a aussi été mise en évidence. De même que des lueurs ressemblant à des aurores boréales, associés à des champs électro-magnétiques, peuvent aussi se manifester. Par contre, on sait depuis longtemps que les endroits où se produisent les tremblements de terre sont très inégalement répartis sur la planète. Des lieux n’en connaissent presque jamais, tandis que d’autres en sont fréquemment victimes. On a aussi remarqué une corrélation entre les volcans et les plaques tectoniques continentales dans certains coins du globe.

En nouvelle-Zélande, capture vidéo de lumières liées à un tremblement de terre. Dans ce cas précis, on voit que le séisme à déjà débuté, il est assez violent les images tremblent. Les lueurs apparaissent un peu plus tard. Dans certains cas, spécialement vers la 28 ème seconde, on voit nettement qu’il s’agit d’un court circuit dans un transformateur électrique proche la caméra. Les petites taches blanches qui apparaissent aussi dans le film sont certainement des oiseaux pris de panique., on en voit un s’envoler au début. Pour le reste, je mets cette vidéo sous toutes réserves.

Le 11 juin 1909, le sud-est de la France est victime du plus gros tremblement de terre des temps modernes. Même s’il fut assez modeste du point de vue victimes, 46 morts, il fit passablement de dégâts en endommageant 3000 maisons. Mesuré à 6,2 sur l’échelle de Richter, ce qui est quand même assez élevé, il se produisit dans des zones de villages avec des maisons loin de ressembler à des gratte-ciels. Le risque est moins élevé avec des maisons de peu d’étages. Heureusement des villes comme Marseille ou Toulon ne subirent que peu de dégâts. Nous allons refaire l’historique de cet événement à travers un journal de l’époque qui ne manqua pas de relayer l’information, comme bien des autres. On a pas tous les jours une tremblement de terre à se mettre sous la dent. Ce genre d’information a toujours attiré les lecteurs.

Le 12 juin, le Petit Parisien en parle succinctement et de manière générale, le drame a eu lieu la veille à 21 h 15

Le lendemain les choses se précisent

 

Sources Gallica, BNP, DP

Bas nylons et succès à double face

 

*****

Il arrive quelquefois que l’on parle d’un disque, au temps du vinyle spécialement, comme ayant un double face A. En général, l’effort de promotion d’une maison de disques se porte sur une face. En Angleterre par exemple, le disque de promotion est marqué d’un grand A sur la face principale. Cela signifie, aux stations de radio notamment, qu’il faut diffuser cette face là et pas le contraire, Mais elles font ce qu’elles veulent. On a vu, assez souvent même, que les faces B fassent d’honnêtes succès. Pour rappel : « Gloria » des Them, « Days Of Pearly Spencer » de David Mc Williams, « Zorro Est Arrivé » Henri Salvador, étaient des faces B. Le phénomène de la double face A est un peu différent, les deux faces sont estimées égales et le choix peut se porter sur l’une ou l’autre face ou les deux en même temps. Dans ce dernier cas, si les radios jouent le jeu, cela permet d’attirer plus d’acheteurs potentiels, chacun l’achetant pour la chanson qui lui plaît. L’avantage pour l’artiste est de se voir mieux classé dans le hit parade des ventes, si ce dernier est basé sur ce principe. Un exemple concret :

Le troisième disque à succès de Yarbirds « Evil Hearted You » / « Still I’m Sad » fut promu selon cette formule. Le premier titre est écrit par Graham Gouldman déjà compositeur de leurs deux succès précédents, le second est une composition co-signée par Paul Samwell-Smith et Jim Mc Carty (il m’a fait un clin d’oeil récemment comme quoi il ne m’oubliait pas, merci !) respectivement bassiste et batteur des Yardbirds. Selon les pays, l’Allemagne par exemple, on mentionna sur la pochette le premier titre en plus grosses lettres que le second. Faisant abstraction de la promotion à la manière anglaise, ils pensaient sans doute que le fait qu’il était composé par Graham Gouldman, devait lui assurer un succès plus certain. Ils avaient tort, car historiquement ce fut le second qui entra d’une manière plus visible dans l’histoire, via notamment les reprises faites par Rainbow, Boney M, ou encore Gregorian, et pourquoi pas la version française par les Compagnons de la Chanson. Il existe aussi des cas où sans promotion particulière les deux faces du disques deviennent des succès, comme « Penny Lane » et « Strawberry Fields Forever », difficiles à départager tant elles sont aussi populaires l’une que l’autre.

Nous allons examiner le cas très précis d’un de ces disques sorti dans une relative obscurité et qui par la suite engendra deux classiques qui eurent des adeptes autant pour un titre que pour l’autre, mais ne fut jamais lancé sous la réputation d’une double face A. Elle concerne un guitariste du nom de Bobby Parker (1937-2013), un bluesman américain.

En 1957, il enregistre un premier disque pour la label Vee-Jay « Blues Get Off My Shoulder » avec en face B « Yoy Got What It Takes », qui devient en 1959 un gros succès pour Marv Johnson, artiste Tamla Motown, et plus tard encore pour Dave Clark Five.  Un litige existera car Parker prétendra toujours qu’il est l’auteur de la chanson alors que la version de Johnson est créditée à des compositeurs de la Motown. Mais le disque qui nous intéresse est publié en 1961 pour le label V-Tone avec deux compositions de Parker « Watch Your Step » et « Steal Your Herat Away ». Sans être un grand succès, il ne passe pas complètement inaperçu.  Le premier titre s’inspire d’un morceau de Dizzy Gillespie « Manteca » et aussi de « What’d I say » de Ray Charles. Le second n’est pas complètement étranger à « I Belive To My Soul » de Ray Charles. Ce sont les artistes anglais qui vont surtout donner une impulsion au disque. Pas mal de d’artistes qui vont jouer un jeu plus ou moins grand dans l’avènement de la Beatlemania et qui attendent le grand jour, vont l’inclure dans leur répertoire. C’est le cas des Beatles qui incluent « Watch Your Step » dans leurs concerts vers 1961-1962. On retrouvera aussi un emprunt aux riffs de la version originale dans « I Feel Fine » ou « Day Tripper ». John Lennon ne cache pas son admiration pour Bobby Parker. Dans un premier temps ce sera surtout ce titre qui sera en lumière. Mais un 1964, quand les Moody Blues reprennent « Steal Your Heart Away », il va rattraper en popularité le précédent et aussi pénétrer dans de nombreux répertoires. C’est encore le cas aujourd’hui.

En deux sections différentes quelques visions musicale

Bobby Parker, version originale 1961

John Barry Seven, le fameux compositeur du thème de James Bond, le reprend en instrumental, 1961

Pour la France, les Fantônes en 1962.

Earl Preston and the TT’S, un groupe enregistrant sur le label Oriole, 1963. Très belle version.

Tony Jackson, ex-Searchers après les avoir quittés, 1964.

Spencer Davis Group avec Stevie Winwood, 1965.

Manfred Mann, 1965.

Led Zeppelin, repris sous le nom de Moby Dick, 1969.

DR Feelgood avec Wilko Johnson, 1975.

Bobby Parker, version originale autre face, 1961.

Version des Moody Blues, très belle reprise, 1964. Toujours un de mes favoris.

Version Cliff Bennett & Rebel Rousers, 1965.

Doc Thomas Group, pré Mott The Hoople, 1966

Version française par Noël Deschamps, plutôt bien roulée, 1966.

En live encore meilleur, bien que le posteur l’attribue à Ray Charles, certes les deux chansons se ressemblent, mais elle sont DIFFERENTES, 1967.

Joe Bonamassa en live 2010.

Le légendaire et géant Peter Green, live 2010.

Bas nylons et un médecin malgré lui

*****

 

Nous avons dans un post précédent visité l’histoire Mr Sutter, un Suisse qui partit faire fortune en Amérique et qui ne réussit pas trop mal, puisque les livres d’histoire en parlent encore avec une certaine admiration. Un autre de ses concitoyens partit sur la même route, mais s’il est encore quelque peu remémoré, c’est pour des raisons complètement différentes. Il se nomme Heinrich Hartmann Wirz alias Henry Wirz.
Il est né à Zurich en 1823, il entame quelques études de médecine qu’il doit plus ou moins abandonner, car ses parents n’ont pas les ressources financières nécessaires. Pour vivre, il se lance dans le commerce et travaille dans sa ville natale, puis à Turin. Il se marie en 1845 et deux enfants naissent. En 1947, il est condamné à 4 ans de prison pour non remboursement de dettes. Comme c’est parfois encore la coutume à l’époque, la sentence est commutée en un exil forcé de 12 ans, autrement dit, il est obligé d’aller se faire voir ailleurs. Sa femme refuse de l’accompagner et obtient le divorce. Déjà à cette époque, la Suisse est assez libérale sur le divorce, du moins au niveau civil et surtout dans les cantons majoritairement protestants. Il part en Russie et ensuite en Amérique où il arrive en 1849.
Il s’établit dans le Massachusetts et y travaille pendant cinq ans, puis il déménage dans le Kentucky à Cadiz. Comme il a un peu étudié la médecine et qu’il n’a pas tout oublié, il se lance dans l’homéopathie, une branche médicale qui a cette époque avoisine le charlatanisme par des pratiques dérivées très douteuses. Il faut aussi avoir en mémoire que c’est le pays de tous les possibles, chacun peut y faire sa cuisine à condition d’avoir la langue bien affûtée. Morris le dessinateur et Lucky Luke, fait allusion à cette pratique dans L’élixir du docteur Doxey, il avait l’habitude de mêler son héros avec bien des légendes et des faits du Far West.
En 1854, il se remarie avec une veuve qui a deux filles, Elisabeth Wolfe. Ils vont en Louisiane et une troisième fille vient compléter la famille. Il se fait engager comme médecin dans une plantation. Soigner les Noirs convenablement n’est sans doute pas la principale préoccupation du propriétaire Levin Marshal,  les remettre au travail tant bien que mal est suffisant. On peut supposer qu’il n’a pas été trop regardant sur son passé médical, du moment qu’il était capable d’assurer le minimum nécessaire. Il semble toutefois que pendant cette période il se soit acquitté de sa tâche très honnêtement. Le temps passe…

En 1861, l’Amérique va entrer dans un tournant de son histoire, la guerre de sécession. Cette guerre éclate principalement après l’élection d’Abraham Lincoln en 1860. Il est résolument pour une réforme de l’esclavage avec en point de mire son abolition totale. L’Amérique de 1860 forme dans sa moitié est avec la Californie tout à l’ouest, les états qui font partie de ce qui est déjà les Etats-Unis. Mais entre les états,  l’esclavage est vu de manière assez différente, les états du sud sont toujours esclavagistes, tandis qu’au nord il n’est plus pratiqué. La guerre éclate donc entre ces deux tendances, les 11 états du sud pour le maintien de l’esclavage, les Confédérés contre ceux du nord, l’Union, abolitionnistes. Ce n’est pas la seule raison, le nord est plutôt riche, le sud plutôt pauvre.

Les généraux Grant (à gauche) et Lee


Etant en Louisiane, Wirz se retrouve engagé dans les troupes confédérées. En 1862, il est assez sérieusement blessé et perd l’usage de son bras droit. En récompense de son courage, il est promu capitaine. A ce stade de la guerre, il n’y a pas encore de vainqueur, même que les sudistes ne sont de loin pas vaincus. Sous l’impulsion du célèbre général Lee, ils remportent même de nombreuses batailles jusqu’à celle  de Gettysburg au milieu 1863, qu’ils perdront et qui verra le vent tourner. Pendant ce temps, Wirz inapte au combat, devient une sorte de ministre des affaires étrangères pour Jefferson Davis, président des Confédérés. il est envoyé en mission en Angleterre et en France. Au début de 1864, il est de retour en Virginie et c’est là que son destin va basculer. Le général Winder l’envoie comme gardien d’un camp de prisonniers de guerre, celui de Sumter en Géorgie, près d’un lieu qui deviendra Andersonville pour l’histoire.

Le camp d’Andersonville.

Le camp est tout sauf aménagé. D’une surface de 80000 m2, marécageux, il n’y a pratiquement aucune baraque, ni eau courante, ni latrines. La camp ayant compté jusqu’à 32000 prisonniers cela fait en gros 2,5 m2 par prisonnier. Ils sont à découvert sous le froid et la pluie. Seules quelques tentes peuvent ressembler à des abris. Les épidémies ne tardent pas à s’installer, la malnutrition n’arrange rien, la manque d’hygiène non plus. On estime qu’il y aura au moins 12000 personnes qui décéderont dans ce camp. De plus, Wirz semble perdre les pédales, il aurait assassiné  de sang froid plus d’une dizaine de prisonniers. La situation s’est aussi compliquée car le général Grant commandant des troupes nordistes, a mis un embargo sur l’échange des prisonniers entre les deux parties.
Avril 1865 marque la fin de la guerre de sécession suite à la défaite des Confédérés. Wirz se rend compte qu’il aura des comptes à rendre, il est de plus en plus notoire dans l’opinion publique que le camp était un enfer. Il est arrêté le 7 mai 1865 et transféré à Washington où un procès doit se tenir afin qu’il soit jugé devant un tribunal militaire. Bien entendu, la cour est constituée par les vainqueurs et le procès se déroulera entre le 23 août et le 18 octobre 1865. Il n’est pas le seul accusé, quelques lampistes font aussi partie du lot, mais Wirz apparaît comme le véritable responsable, il donnait des ordres à ses subordonnés et nous sommes encore en des temps où le soldat doit obéir sans discuter. Les témoignages vont dans ce sens, il était le commandant de la place, même si certains témoignages semblent peuvent atténuer ses responsabilités. Certains témoins affirment qu’ils n’ont jamais vu Wirz tuer quelqu’un, d’autres qu’il était le dernier des salauds. Au début novembre le verdict tombe, Wirz est condamné à mort et exécuté le 10 novembre 1865 devant le célèbre dôme du Capitole nouvellement construit. Il est le seul soldat de la guerre de sécession exécuté pour crimes de guerre.
Comme je l’ai dit, il s’agit d’un procès de vainqueurs contre vaincus, vainqueurs encore plus remontés après l’assassinat de Lincoln le 15 avril 1865. On peut toutefois se poser quelques questions. Comment peut-on sérieusement laisser un homme se débrouiller seul dans de pareilles circonstances? Il est aussi reproché à Grand d’avoir stoppé l’échange des prisonniers entre les adversaires. Certains pensent que le procès ne fut pas équitable. Wirz semble avoir réclamé de l’aide et même envoyé des prisonniers nordistes pour témoigner des conditions qui régnaient dans le camp. Il n’a jamais eu de réponse. Il devient le parfait coupable, le général Lee aura beaucoup moins de soucis.
Encore aujourd’hui la question n’est pas tranchée, dans certains anciens états confédérés, quand même assez nostalgiques d’un passé esclavagiste, Wirz a toujours des défenseurs et un monument lui est dédié à Andersonville, encore aujourd’hui un lieu de pèlerinage annuel. Sa tombe au cimetière de Mount Olivet à Washington est toujours recouverte de drapeaux sudistes. De nombreux films, livres, plutôt à sa charge, témoignent que les passions ne sont pas toutes apaisées.

Photo censée monter un prisonnier du camp.

Wirz à droite juste avant son exécution.

Monument actuel à la mémoire de Wirz à Andersonville.

La liberté du 16 septembre 1865, traduit une lettre que Wirz a adressée au Daily News. Cette publication montre un certain intérêt de la France à ce qui se passait en Amérique.

Souce Wiki, Gallica, DP

Bas nylons et une chanson qui marche

 

Le jour où vous composez une chanson, bien malin si vous arrivez à prédire ce qu’elle va devenir. Même le plus doués, ceux qui collectionnent les succès ne le savent pas. Prédire qu’elle deviendra un hymne serait bien prétentieux et comment elle le deviendra relève encore plus de la mégalomanie. C’est pourtant bien ce qui est arrivé à celle que je vais vous présenter « You’ll Never Walk Alone ».

Le compositeur Richard Rodgers (1902-1979) et l’auteur Oscar Hammerstein II (1895-1960) forment un duo spécialisé dans la comédie musicale style Broadway. Richard Rodgers a travaillé aussi avec Lorenz Hart, mais la mort prématurée de ce dernier en 1943, le laisse un peu orphelin. Ils ont quand même eu le temps de composer une chanson immortelle, le fameux  « Blue Moon ». Rodgers commence alors sa collaboration avec Hammerstein II et elle sera tout autant fructueuse et couronnée de succès que la précédente. Elle ne s’arrêtera vraiment qu’au décès de ce nouveau partenaire en 1960, et il n’aura pas l’occasion de voir sa chanson retrouver une pétulante jeunesse.

La chanson qui nous intéresse fait partie du livret de la comédie « Carousel » de 1945. Elle est un succès et sera reprise de nombreuse fois les années suivantes par des artistes de premier plan, Frank Sinatra, Doris Day, Elvis Presley, et une multitude d’autres. Cela lui assure une continuité, mais ne lui donne pas encore le déclic qui l’enverra dans les étoiles, il faudra attendre 1963.

Cette année-là, c’est la consécration des Beatles, mais ils ne sont pas les seuls en route pour la célébrité. Un groupe rival mais néanmoins ami leur damne le pion. Ils établiront un succès en Angleterre qui a ce jour n’est toujours pas battu, du moins pendant l’ère du vinyle, celui d’avoir été trois fois numéro 1 avec leurs trois premiers disques et deuxième avec le quatrième. Ce groupe s’appelle Gerry & The Pacemakers. Ils sont également de Liverpool et ont en commun avec les Beatles le même producteur, George Martin. Ce dernier les a quand même un peu aidés pour le premier disque. Il leur a refilé une composition de Mitch Murray que les Beatles ont refusée « How Do You Do It ». Ce sera leur premier no 1 et ils furent le premier groupe de Liverpool a avoir cet honneur. Pour le second, le même compositeur leur donne « I Like It » au titre prédestiné, ce sera le second no 1. George Martin peut orchestrer en arrière plan, on peut imaginer que maintenant qu’il possède deux formations de première force, il évite de les mettre en compétition directe en sortant deux nouveautés la même semaine. Reste maintenant la mise en chantier du troisième single. Le leader du groupe guitariste et chanteur Gerry Marsden est très capable de composer, il l’a déjà fait et le fera encore, mais on décide de faire autrement. Suite à ses deux succès le groupe va publier un premier album. Comme c’est assez fréquent à l’époque il ne contient pas les hits, mais s’il ne contient pas le passé, il pourrait contenir le futur. Justement une reprise de « You’ll Never Walk Alone » figure dans les titres prévus sur l’album. George Martin juge qu’il pourrait faire une bonne figure en simple, et il a bien raison. C’est le troisième no 1. Par rapport au deux hits précédents, il a un petit plus, une mélodie facilement accessible, et la voix de Marsden est parfaite pour le rendre encore plus attrayant. Incontestablement, l’impact est plus fort que les deux succès précédents et la chanson reste à la première place du hit parade anglais pendant un mois, c’est dire qu’il contamine les oreilles de tout le monde.

En bon originaire de Liverpool, Gerrry Marsden est un fan du FC de la ville, les Reds, et comme vedette il a quelques entrées. Avant le début des matchs, l’habitude est de diffuser quelques hits du moment. Le manager des Reds d’alors, connaît la chanson et Marsden, il décide alors de la diffuser sur le stade. Elle est reprise en choeur par les spectateurs, chose d’autant plus facile que tout le monde la connaît. C’est ainsi qu’elle devient avec le temps, l’hymne officiel du FC Liverpool. C’est d’autant plus facilité par le fait que les paroles et le titre collent assez bien (Tu ne marcheras plus jamais seul) avec la flamme que peut exprimer au figuré un fan de sport. Par la suite, la chanson sera aussi adoptée par d’autres clubs et on la l’entendra aussi dans d’autres manifestations qui n’ont rien à voir avec le sport, mais la chanson reste intimement et éternellement liée au club de Liverpool et figure même sur l’emblème du club.

En 1985, dans la ville de Bradford un incendie, retransmis par hasard en direct à la télévision, ravage la tribune du stade du club local de foot. Il y a plus de 50 morts et 200 blessés. En signe de solidarité et pour récolter des fonds, une équipe avec Gerry Marsden comme initiateur baptisée the Crowd, à laquelle se joindra une multitude de stars dont Paul McCartney pour une contribution parlée, enregistrera une version de ce standard. Le disque sera un succès et deux semaines à la première place des hits anglais. Cela permettra à Gerry Marsden de battre par la tranche un autre record, celui d’avoir été deux fois no 1 en Angleterre avec deux versions différentes de la même chanson. En 1989, pour une autre catastrophe liée au football qui fit près de 100  morts suite à un mouvement de foule, il réactivera dans les mêmes conditions et encore avec Paul Mc Cartney, un autre de ses anciens succès « Ferry Cross The Mersey » qui sera aussi no 1. Cette chanson est aussi intimement liée à Liverpool, la Mersey est la rivière qui traverse Liverpool, est encore très populaire aujourd’hui.

Gerry Marsden, qui est plutôt un joyeux caractère, est encore célèbre aujourd’hui à Liverpool. Il lui arrive toujours d’aller chanter lors des matchs, entraînant avec lui toute la foule du stade. C’est un des rares cas dans l’histoire de la musique où une chanson appartient autant à un artiste qui ne l’a pas créée. Même si les Pacemakers sont depuis longtemps dissous, ils restent avec les Beatles, les Searchers, les artistes les moins oubliés de l’âge d’or de Liverpool.

Un choix de versions un peu au pifomètre sans oublier les principales…

La version de Carousel, 1945.

Frank Sinatra qui fut le premier à la reprendre à son compte, quasi simultanément.

Louis Armstrong, 1954.

Gene Vincent, 1958, entre deux rocks.

Nina Simone, version instrumentale, 1958.

Judy Garland, 1960.

La version qui a fait que, 1963, clip en playback.

Le version française de Dick Rivers 1964, existe aussi par Richard Anthony.

The Crowd, 1985, avec Gerry Marsden, essayez de reconnaître toutes les stars.

Version punk, the Adicts, 1983.

Le version de Susan Boyle, difficile de faire mieux !

Pour les fans de foot.

Gerry Marsden et le FC Liverpool.

Bas nylons et des octets de nostalgie

Les personnes qui ont franchi la cinquantaine sont probablement des nostalgiques pour un domaine précis, celui du jeu vidéo rétro, sans doute encore plus quand il a franchi les portes de la maison familiale via les ordinateurs. La première apparition de ces jeux remonte aux consoles de jeux que l’on trouvait dans les bistrots ou les salles de jeux sous forme de table ou de meuble muni d’un écran. Le premier dont je me souvienne était très simple, une sorte de tennis simplifié. On jouait sur un écran contre un adversaire et le jeu consistait à intercepter une balle qui avait la forme d’un carré avec une barre en ligne droite qui avait 5 ou 6 fois la largeur du carré et qui servait à renvoyer la balle vers le camp adverse. SI on la laissai passer, c’était un point pour le camps d’en face. Au bout d’un moment la vitesse de la balle s’accélérait et la ligne d’interception se rétrécissait. Nous sommes vers le milieu des années 70. Assez rapidement les jeux se perfectionnèrent, on vit apparaître la couleur et les scénarios de développèrent avec de nombreuses animations à l’écran. Dans le début des années 80, l’apparition du fameux Donkey Kong et du petit Mario qui allait sauver sa fiancée fut ce que l’on peut appeler un hit. On se souvient de ce bonhomme qui devait grimper des échelles et éviter des tonneaux qui dévalaient le long de poutrelles métalliques, lancés par un gorille. Le jeux comptait 4 décors différents, parfois 3 selon les éditions. Je me rappelle avoir tenu 1 heure 40 minutes dans un concours de bistrot, et même pas avoir gagné. Ce jeu a été plusieurs fois recyclé dans sa version originale sur des consoles plus modernes.

L’apparition du computer domestique fut une nouvelle révolution. La marché était partagé entre Commodore, Atari, Amiga. A présent on pouvait jouer à l’infini à la maison et c’est aussi à ce moment qu’apparurent de nouveaux jeux, notamment les jeux de rôles. Moi-même je possédais un Amiga 2000, qui ne me servait pratiquement que pour le jeu et un peu pour le traitement de texte. Ce furent les premiers ordinateurs maison qui fonctionnèrent avec un système semblable aux fenêtres Windows actuelles sur lesquelles on clique pour lancer un programme.

Je vais vous présenter quelques jeux, sur lesquels j’ai joué et exclusivement ceux là. Il y en avait des légions et pour tous les goûts.

Un des plus grands et célèbres jeux de cette époque fut un jeu de rôle le Dungeon Master.

Le principe du jeu était assez simple, il fallait conduire quatre guerriers, magiciens, sorciers, ninjas, à travers les couloirs d’un donjon qui comportait une dizaine de niveaux truffés de pièges, de passages secrets, et de créatures malfaisantes qu’il fallait combattre. Au départ les personnages étaient démunis de presque tout, armes, objets usuels, pouvoir, pratique de la magie, éclairage. Mais au fil des combats, des tours de magie pratiqués, ils prenaient de l’assurance et devenaient de plus en plus aptes à combattre et à se défendre contre des créatures de plus en plus redoutables. Il ne fallait pas oublier de les faire dormir, de les alimenter, de soigner les blessures reçues lors des combats. Pour arriver à l’ultime niveau, il était nécessaire d’avoir parcouru tous les autres et déjoué tous les pièges, trouvé toutes les clés des portes, et combattu toutes les créatures. Le combat final, après avoir vaincu un coriace dragon, donnait accès à la cachette de Lord Chaos, la créature maléfique qui régnait sur les lieux et bien évidemment la tuer.

Malgré son fil rouge assez simple, le jeu était quand même assez complexe et il fallait constamment être sur ses gardes, assimiler les arcanes du jeu, comme fabriquer de sorts ou des onguents en pratiquant des formules magiques ou en résolvant des énigmes. Ce qui m’époustoufla les plus, c’est que tout le jeu tenait sur une de ces disquettes de 3 pouces 1/4 d’une capacité de 720 ko, alors qu’aujourd’hui la moindre photo faite avec votre téléphone en fait au moins 10 fois plus. Le jeu possédait une ergonomie exceptionnelle et les créatures à combattre offraient de plutôt belles animations, qui même 30 ans après ne sont pas ridicules. Faire le parcours une première fois pouvait se monter à quelques dizaines d’heures, heureusement on avait droit à quelques sauvegardes. Le jeu eut deux suites, la première « Chaos Strike Back » fut assez décevante, elle nécessitait pour jouer, une sauvegarde des héros du premier. En 1995, la même équipe publia « The Legend Of Skullkeep ». Le principe est la même, le jeu se déroule dans un donjon mais aussi à l’extérieur avec de la pluie et des éclairs du plus bel effet. Les décors et les animations sont nettement plus travaillés, les créatures assez différentes et nouveauté, il y a des marchands chez qui on peut acheter un tas de trucs si on a de l’argent bien sûr, mais pas besoin d’hypothéquer sa maison, on trouve des pièces ici et là en parcourant le décor. Il fallait un PC à la puissance de l’époque pour y jouer, un 380 si ma mémoire est bonne.

*****

Une jeu qui fit sensation à la même époque fut « Le manoir de Mortvielle ou Mortevielle » (1987), une création française et un jeu d’enquête policière dans lequel on pouvait interroger les suspects qui répondaient avec des voix synthétisées, premier essai du genre. Il ne fallait quand même pas espérer avoir une théorie approfondie sur la relativité d’Einstein, mais des dialogues assez élémentaires. Le jeu était très statique et les décors fixes, accompagnés de quelques sons. Il fallait dérouler des menus pour commander les actions, comme ouvrir un tiroir, entrer dans une chambre, interroger un témoin. Il y avait quand même une véritable énigme à élucider et c’était là que vous interveniez comme détective privé et avec un peu de jugeote on pouvait la résoudre. Malgré tout ce fut un jeu assez passionnant qui eut une suite en 1990, « Maupiti Island » du même tabac.

*****

Les jeux de simulation occupent une part importante dans le jeu vidéo. Enfin on pouvait devenir ce que l’on a toujours rêvé d’être, bien que la vie en aie décidé autrement. S’établir magnat du chemin de fer devenait possible grâce à « Railroad Tycoon » (1990). Sur une carte d’un coin du monde, il fallait relier entre elles les grandes villes par voie ferrée, sans négliger les lieux secondaires comme une mine de charbon, une grande ferme, une fabrique d’armement. Basé sur une économie simplifiée mais réelle, le train sert de point de liaison entre tous les tenants nécessaires à son fonctionnement. Une ville a besoin de nourriture, de pinard pour faire la fête, de charbon pour se chauffer ou alimenter une usine. Si vous avez un fort militaire, les armes seront une de ses principales demande d’achat, avec éventuellement quelques citernes de pinard. Mais pour cela vous avez besoin de fer, d’une aciérie pour le transformer, qui vous demandera du charbon ou du pétrole pour fonctionner. A vous de vous débrouiller pour relier tous ce lieux en bâtissant des gares, en tirant des rails, en y faisant circuler des trains appropriés. Inutile d’envoyer un train de voyageurs vers la petite gare de la mine, les visites sont interdites. Par contre, les voyageurs aiment bien se déplacer d’une ville à l’autre et la poste doit être acheminée de même. Débrouillez-vous ! Le jeu d’origine est assez simple, on voit juste se déplacer les trains sur la carte, tout en repérant l’endroit où il se trouve ou s’il est arrêté dans une gare. Des menus déroulants ou en cliquant sur un endroit précis de la carte vous permettent de vous renseigner sur ce que vous devez savoir. Malgré un apparence assez simpliste et peu d’animations, c’est un jeu très prenant encore plus si vous vous intéressez aux affaires qui peuvent virtuellement vous faire gagner de l’argent. Il connut bien des versions ultérieures et des imitations. Les décors deviennent de plus en plus détaillés et sophistiqués. On frise le réel.

*****

Avec de nombreuses évolutions, « Sim City » est un des jeux qui a eu une longue vie, trente ans après il a toujours ses adeptes. Le principe est un peu le même que le précédent, mais cette fois, il faut faire fonctionner une ville dont vous êtes le maire. Pour attirer les futurs citoyens, votre ville doit friser la perfection et offrir toute l’infrastructure nécessaire. Il faut au moins trois des principes de base nécessaires à tout citoyen, une maison, du travail et des magasins. Après, il faut affiner, des écoles, des hôpitaux, des policiers, de belles routes, une circulation fluide, des métros, l’électricité, les égouts, un aéroport, etc… C’est votre ville, vous êtes le maire, et vous devez la faire prospérer. Vous encaissez le impôts et vous décidez de son taux, mais construire cela coûte et quand les caisses sont vides, le recours à l’augmentation des impôts peut faire fuir les citoyens ailleurs et vous encaisserez moins d’argent. Il faut tenir compte de tous les critères, c’est un équilibre subtil et passionnant. Le jeu d’origine (1989) était déjà assez réussi sur le plan des animations et du reste, mais la dernière version (2013) montre des décors qui peuvent donner l’illusion que l’on est dans une vraie ville.

*****

Pour ceux qui rêvaient à des pêches miraculeuses, il y avait « Gone Fish’n » (1988), une simulation sportive pour les mordus de ceux qui adorent voir le bouchon de la canne à pêche frétiller. C’est un jeu typiquement américain, conçu par un vrai pêcheur et aussi programmateur. On choisit un jour de la semaine, un lac, les conditions météo, tous les pêcheurs savent qu’un temps orageux est propice pour attraper du poisson. On embarque sur son petit bateau, on s’arrête dans un endroit, et en avant l’aventure. On lance le bouchon muni d’un appât au choix. On surveille son bouchon et quand il y a une touche, on ferre et on enroule fil. Un magnifique poisson sort avec l’indication du poids, juste s’il n’y a pas le prix au kilo. On peut aussi s’inscrire pour des concours. La durée du jeu peut s’étaler sur toute une saison, ce qui lui donne de la longévité. Assurément un bon jeu, des décors plaisants mais assez peu nombreux et quelques animations sympathiques. il eut quelques successeurs par d’autres programmateurs.

*****

D’abord jeu d’arcade (1984) puis repris sur ordinateur « Marble Madness » est un pur jeu d’action, mais bien imaginé. Il faut piloter dans un décor surréaliste, parfois en trompe l’oeil,  une bille sur des toboggans munis de pièges, aspirations, mangeurs de billes, terrains glissants etc… Il y avait une dizaine de niveaux avec un temps imparti pour les réussir, chaque mauvaise manipulation vous ramenait au niveau de départ. Fait sans erreur, il ne fallait que cinq minutes pour parcourir le tout, mais pour y arriver, il fallait une bonne dose d’habilité et de jurons !

*****

En 1989, apparaît aussi un jeu que l’on peut ranger dans la stratégie/action « Archipelagos ».  A chaque niveau vous êtes projeté sur une île de forme irrégulière (de temps en temps elle représente un dessin comme une tête de mort par ex), dont le sol ressemble à un échiquier avec des cases jaunes et vertes et ici et là des palmiers avec un fruit au sommet qui ressemble à une mûre. A quelque part sur  l’île, il y a un obélisque et n’importe où ailleurs, des sortes de menhirs qu’il faut détruire. Le but sur chaque niveau est de détruire tous ces menhirs, de plus en plus nombreux à mesure que l’on monte dans les niveaux et il y en a 999 ! Pour réussir à les détruire, il faut qu’ils soient reliés avec l’obélisque par une bande de terre « saine », c’est à dire jaune ou verte. Mais au bout d’un moment, les palmiers « pourrissent » le terrain alentour qui devient rouge et la terre devient « malsaine », c’est à dire que le contact est coupé entre obélisque et menhir, impossible de les faire éclater. Il y a en plus des yeux qui mangent la terre et la fait disparaître, des sortes de petites tornades qui peuvent vous anéantir. Pour rétablir le contact entre obélisque et menhir, il vous faut rebâtir une terre « saine ». Pour cela, il faut vous nourrir avec ces espèces de plantes que l’on trouve un peu partout, plus il vous faut rebâtir, plus il faut en manger. Quand vous détruisez le dernier menhir, une musique vous le signale et vous avez 30 secondes pour aller toucher l’obélisque qui s’enfonce dans le sol et vous passez au niveau supérieur. Encore faut-il avoir le sens de l’orientation, car les îles sont parfois très vastes, et à force de tourner on peut ne plus savoir où il est, 30 secondes, pas une de plus. Les niveaux réussis vous sont crédités et vous pouvez reprendre le jeu là où vous l’avez laissé. C’est le jeu idéal et bien imaginé pour vous tenir éveillé quand vous avez sommeil. Il a eu des suites que je ne connais pas.

Voilà pour quelques jeux qui m’ont fait passer de nombreux moments délicieux. Vous trouverez sur Youtube plein de clips se rapportant à ces jeux. La plupart sont aussi disponibles dans ce qu’on appelle des « abandowares ». Il arrive que les ayant droits accordent une licence publique pour ces anciens jeux et considèrent qu’ils ont fait leur temps, remarquez que tous ne le font pas. Il est toutefois interdit d’en faire une revente payante, mais vous pouvez les télécharger pour y jouer. Pour y jouer, il existe des émulateurs qui permettent de les rendre jouable sur un ordinateur moderne. Cela ne fonctionne pas toujours, mais avec un peu de chance, il n’y aura aucun problème. Il y a quelques années, j’ai refait un tour complet du « Dongeon Master » sans aucun accroc. Même mon fils, pourtant habitué à des trucs bien plus sophistiqué a trouvé que c’était génial.

Bas nylon et du miel sans abeilles

Le destin d’une chanson est parfois bien mystérieux, c’est un peu une rivière qui commence par un mince filet d’eau et qui se transforme en torrent. En 1960, Bobby Scott compose des thèmes musicaux qui vont servir de toile de fond à une pièce de théâtre dont « A Taste Of Honey » est une des composantes et aussi le titre de la pièce. Elle est d’origine américaine, mais l’ajout musical est propre à son adaptation anglaise. Tony Richardson en fera un film l’année suivante avec une musique de générique différente. Ces thèmes, un mélange de musique classique et de jazz, se font remarquer et plus spécialement la mélodie qui donne le nom à l’ensemble. Elle est reprise rapidement par d’autres artistes en version également instrumentale. Elles sont enregistrés aussi bien du côté anglais qu’américain et sans être de gros succès vont contribuer à donner une certaine réputation au titre. Une version vocale vient aussi s’ajouter, avec des paroles de Ric Marlow. C’est cette version qui sera reprise sur le premier album des Beatles et figurera aussi sur des éditions en 45 tours. Elle figurait déjà dans les shows au Star-Club de Hambourg. C’est le coupe de pouce qui l’envoie au firmament, si les crooners ne se précipitent encore par pour reprendre les compositions des Beatles, celle-là leur convient très bien, il s’y colleront pour plusieurs d’entre eux. Mais c’est en 1965 que le titre deviendra un vrai succès international, via la reprise instrumentale du trompettiste Herb Alpert. Elle a l’avantage de cibler un public tous azimuts, elle plaît autant aux jeunes qu’aux plus anciens. Je me souviens de l’avoir entendu de nombreuses fois à « Salut les Copains », une émission pas spécialement destinées aux croulants.

Depuis, elle suit son bonhomme de chemin, c’est le genre de mélodie que tout le monde connaît sans toujours pouvoir l’identifier autrement que mélodiquement. Mais c’est aussi ce genre de truc qui en fait un standard. Sur mon plan personnel, la version des Beatles est celle que j’ai le plus écoutée, je lui trouve un charme fou. Pour les spécialistes, on peut y trouver un petit air de famille avec une autre musique qui date de 1960, le thème du film « Exodus ».

Les thèmes musicaux de la pièce par le compositeur.

Première version vocale par le Noir Billy Dee Williams, 1961. Comme acteur, on le retrouvera dans « Star Wars ».

Le version Martin Denny, qui obtient quelques succès aux USA, assez pour être édité en France, 1962.

L’Anglais Acker Bilk en 1963,, un hit modéré pour lui, après son immense succès « Stranger On The Shore », meilleure vente en 1962, 1 an des les charts et premier artiste soliste anglais années 60 à être no 1 aux USA.

Quincy Jones, 1963.

La version des Beatles, 1963.

Toujours les Beatles, un prise rescapée des passages à Hambourg.

Version française par Nana Mouskouri, 1963.

Paul Desmond, le saxophoniste de Dave Brubeck, 1964.

La version de Herb Alpert, 1965.

Les Artwoods en 1965, pour le EP « Jazz In Jeans ». Art Wood n’est autre que le frère de Ronnie Wood des Rolling Stones.

Le grand Chet Baker, 1965.

Morgana King, 1965.

Peter and Gordon, 1967.

Les Hollies en live, 1968.

Lionel Hampton, 1972.

Nookie Edwards, des Ventures, 2011.