Bas nylons et un conte éclairé

 

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Pour changer un peu, comme nous avons le temps de lire, j’ai écrit une histoire que l’on peut sans hésiter classer dans le catégorie des histoires fantastiques. Bonne lecture et bons frissons.

 

L’homme à la lanterne

 

La petite gare est coincée entre deux parois de rochers. A l’est, au pied d’un pic, par une entaille dans la montagne, une petite route descend vers un petit val où quelques fermes s’éparpillent un peu à la manière de dés ayant roulé au hasard sur une table de jeu. De paisibles troupeaux de vaches paraissent d’immobiles points sur l’herbe. Au loin, un village semble appartenir à un autre monde, de vagues fumées lui donnent un petit air de vie.

A côté de la gare, une vieille maison défie le temps, c’est une ancienne taverne encore fréquentée par quelques clients. Nul ne pourrait se douter qu’elle fut jadis un lieu d’attractions dans lequel on venait s’amuser de loin à la ronde. C’est une victime du progrès, ce progrès qui arriva jadis par le chemin de fer, mais qui finit par être lui-même victime d’un progrès qui se voyait mieux ailleurs.

Vers 1860, l’endroit fut choisi car il offrait l’opportunité de relier trois vallées entre elles par le train sans trop de complications. Les rails jaillirent d’un tunnel pour immédiatement entrer dans un autre tunnel, frôlant la petite gare. Un embranchement menait vers d’autres lieux en passant entre la faille de la montagne. La gare devint un nœud ferroviaire et entraîna son lot de changements. La fumée et le bruit des locomotives rompit des siècles de silence et peu à peu la suie envahit les alentours. La découverte d’une mine de sel accéléra encore la prospérité des lieux, de nombreux ouvriers y trouvèrent du travail. La construction d’une taverne sembla nécessaire pour étancher la soif des voyageurs et des ouvriers. Le soir, elle servait de lieu de rendez-vous à des bons petits bourgeois qui venaient s’encanailler sans crainte d’être montrés du doigt. Facile, il suffisait de prendre le train. Il aurait bien été difficile qu’une femme jalouse vienne surveiller le mari, elle devait aussi prendre le train.

Pendant cinquante ans, les lieux connurent leurs années folles, puis la mine se tarit, puis on supprima l’embranchement, un autre tunnel percé ailleurs raccourcit la liaison avec la vallée voisine. La ligne fut démontée, on ne laissa que quelques dizaines de mètres de rails, le reste alla pour la construction d’autres lignes. Cependant, la petite gare subsista, les trains surgissent toujours de tunnels, quelques-uns s’arrêtent encore pour prendre de rares promeneurs. On jugea inutile la présence de chef de gare, il n’y en a plus depuis longtemps.

La taverne, elle, est toujours là. Elle n’a plus la clientèle d’autrefois, mais quelques habitués viennent toujours boire un coup, quelques promeneurs s’y arrêtent en attendant le train. Et c’est là que commence cette étrange histoire.

– Salut Henri, tu veux boire quoi ?

– Salut la patronne, tu me mettras une bière.

– Il n’y a personne aujourd’hui ?

– Non, mais Pierre ne va pas tarder à arriver, c’est son heure.

– Ah voilà l’Artiste, sa peinture lui donne soif sans doute.

Celui qu’Henri avait appelé l’Artiste était un nouveau dans le coin. Il habitait dans une petite maison, un peu plus bas. Il avait trouvé là l’endroit idéal pour exercer son art. Sans être un grand nom de la peinture, il avait acquis au fil des ans une réputation que bien d’autres pouvait lui envier, il arrivait à vivre de son art. Le personnage était plutôt sympathique, il n’avait pas tardé à se faire des amis parmi la clientèle habituelle. Plutôt du genre bavard, il savait mettre tout le monde à l’aise, et puis il ne rechignait pas à payer une tournée.

– Salut l’Artiste, tu vas bien ?

– Salut Henri, oui je vais bien et toi ?

– Oh, moi ça va toujours, ma femme et mon bétail aussi.

– C’est sympa de mettre ta femme avec tes vaches !

– Tu sais, l’avantage des vaches, c’est qu’elles rapportent et qu’on peut les vendre, mais les vaches ne savent pas faire la cuisine et tenir le ménage, alors tu vois chacun a son utilité.

– Tu sais, je disais ça pour rigoler.

– Mais je sais bien, d’ailleurs tu n’as pas ces problèmes, tu es célibataire.

– Ah moi les femmes, je les vois seulement en peinture.

Pendant ce temps, la patronne avait préparé un café, l’artiste commençait toujours par un café. La porte de la taverne s’ouvrit et un homme entra, immédiatement salué par Henri et l’Artiste

– Salut Pierre, tu viens nous tenir compagnie ?

– Salut l’Artiste, salut Henri, patronne prépare un blanc sec pour ma soif.

– Du blanc sec ? Si tôt le matin ? Tu sais bien que c’est mauvais pour ta tête, après tu vois des fantômes !

– Ah tu vois des fantômes, questionne l’Artiste d’un air moqueur.

Pierre regarda l’Artiste dans les yeux, puis se tourna vers Henri.

– On peut lui raconter l’histoire ?

– On peut, on ne sait jamais, des fois que…

– Alors l’Artiste, écoute ce que je vais te raconter. Il y a quelques années, on avait fait une noce carabinée, ici même. On a fini tard dans la nuit. Je suis rentré pour aller chez moi, en empruntant l’ancienne ligne de chemin de fer. Je marchais depuis quelques minutes quand j’ai vu venir vers moi, un homme avec une lanterne allumée, tu sais un peu avant le tunnel éboulé qui se trouve en-dessus de la maison où tu habites. Ce n’est pas habituel, mais j’ai d’abord pensé qu’il s’agissait d’un promeneur, un admirateur du ciel nocturne où je ne sais quoi, et qu’il avait une lanterne pour éclairer son chemin. Une lampe de poche aurait été plus pratique. Quand il est arrivé à ma hauteur, il m’a regardé dans les yeux et je pensais qu’il allait me dire quelque chose. La lanterne n’éclairait pas beaucoup, mais ses yeux brillaient étrangement, il m’a semblé qu’il avait des larmes dans les yeux. Je n’arrivais pas à prononcer un mot, je n’ai pas la réputation d’un trouillard, mais j’étais figé devant ce personnage. Il n’a rien dit et il est reparti. Je l’ai suivi du regard et quelques secondes après il a disparu, il n’y avait plus de bonhomme, disparu ! Sur le moment je me suis dit que le vin m’avait donné des hallucinations et je suis rentré chez moi, encore tout retourné.

Pierre s’arrêta un instant, visiblement nerveux, regarda Henri et repartit dans son récit.

– Le lendemain, j’ai causé avec mon voisin le père Léon. On a parlé de la pluie et du beau temps, puis j’ai parlé de ma rencontre avec l’homme à la lanterne. Il m’a regardé d’un air surpris et il m’a dit : « Toi aussi ? ». J’étais de plus en plus intrigué et lui demandai de m’en dire plus. Il me raconta alors son histoire, mais avant il me parla d’un fait qui s’était passé il y a longtemps. En 1880, un employé du train avait la charge de contrôler tous les jours l’état de la voie, jusqu’à la gare suivante. Un matin, il partit faire son travail avec sa lanterne, il en avait besoin dans le tunnel. L’a-t-il mal fait ? La malchance joua-t-elle contre lui ? On ne le saura jamais. Il fut établi qu’une des pièces servant à maintenir le rail en place était brisée. Quand le train arriva, le rail s’écarta et le train dérailla. Malheureusement, la voie était au bord de la petite gorge d’une trentaine de mètres de profondeur, qui se trouve juste après la sortie du tunnel. Emporté par l’élan, le train alla s’écraser au fond de la gorge. Il y eut dix morts, tous les passagers du train, et comble de malheur, le fils de l’employé se trouvait dans le train, il se rendait à l’école du village voisin.

– Je me souviens vaguement de cette histoire, mon père m’en avait parlé, mon grand-père avait travaillé comme mécanicien sur les locomotives, souligna l’Artiste.

– Tout le monde vit dans l’employé le coupable idéal, malgré le fait qu’il avait perdu son fils dans l’accident. De plus, le soir avant il avait passablement bu à la taverne, tous les bourgeois se sont bien empressés de le souligner. Les gendarmes l’interrogèrent, il certifia qu’il avait fait son travail consciencieusement et qu’il n’avait rien vu d’anormal. Il fut mis en prison en attendant de futurs interrogatoires, on ne le laissa pas même sortir pour l’enterrement de son fils. Un matin, on le trouva pendu dans sa cellule. Le présumé coupable étant mort, on ne chercha pas plus loin.

– Et quel rapport avec ton histoire de fantôme ?

– En bien, lors de ma conversation avec Léon, il m’affirma que je n’étais pas le seul à avoir vu l’homme à la lanterne, lui-même l’a vu. Il revient sur les lieux avec sa lanterne, il revient inspecter la voie, c’est toujours là qu’on le rencontre. Encore plus bizarre, chacune de ses apparitions semble annoncer un événement tragique. Quand il est apparu à Léon, ce dernier en rentrant à la maison a trouvé sa femme morte dans la cuisine. Dans mon cas, il se produisit aussi quelque chose après ma rencontre avec lui, mon fils se tua dans un accident de voiture deux jours après. Léon me raconta aussi qu’il avait entendu parler d’un homme qui fut tué accidentellement par un chasseur. Il avait raconté à sa femme qu’il avait aussi vu un homme avec une lanterne.

– Alors il n’apparaît qu’à ceux à qui il va arriver quelque chose ? demanda l’Artiste.

– Il semblerait que oui, mais bien sûr on ne sait pas combien l’ont vu, et combien sont morts après l’avoir vu. Mais le fait est que dans la région tout le monde a entendu parler de cette histoire et tout le monde y croit.

– Eh bien, j’éviterai de me promener le long de l’ancienne voie, du reste je n’ai pas besoin de la suivre pour rentrer chez toi.

– Pour sûr, il ne viendra pas frapper à ta porte.

– Allez, on se boit un coup, cela sera plus gai et puis je l’offre avec plaisir.

Un mois passa, un matin Henri entra dans la taverne, l’air agité. Pierre qui se trouvait déjà attablé, le regarda d’un air intrigué.

– Eh bien, ça n’a pas l’air d’aller fort ce matin, des problèmes ?

– Ah si tu savais. Tu te rappelles, hier on parlait de l’Artiste et on s’était dit qu’il y avait trois jours qu’on ne l’avait pas vu ?

– Oui en effet.

– Avant de venir ce matin, je suis passé chez lui pour voir si tout allait bien, je l’ai trouvé mort dans son atelier. Le plus terrible…

Il s’interrompit n’osant raconter la suite, puis il reprit après un moment d’hésitation.

– Sur son chevalet, il y avait une peinture… elle représentait un homme avec une lanterne !

En passant

Bas nylons et quatre autres de Liverpool

 

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La « British Invasion », est un terme qui recouvre le déferlement du mouvement musical entamé par le succès international des Beatles à partir de 1963. Seuls quelques groupes purent sérieusement prétendre leur faire de l’ombre. Les plus célèbres furent les Rolling Stones à la différence près qu’eux ne se recommandaient pas du même mouvement musical. Ils furent des puissants rivaux tout en imposant une autre musique et sans doute une petite étincelle de génie leur permit d’accéder au podium. Chez les fans de Beatles, on est plutôt séduit par leurs mélodies, tandis que chez ceux des Rolling Stones, le son et la présence du r’n’b est plus prépondérant. Entre eux, il n’y a pas vraiment eu de concurrence, même une franche collaboration à certains moments. On se souvient que le premier succès des Rolling Stones est une chanson des Beatles. A part cet exemple très parlant, ceux qui se lancèrent dans la course aux Beatles sont bien de la même école. Parmi eux, les Searchers furent de ceux qui eurent une place de choix dans la course au hit parade en rivalisant avec les Beatles. Ils pouvaient aussi prétendre à occuper le haut de cette forteresse presque imprenable. et ils le firent. Leur seul handicap, et qui se révéla fatal, c’est l’absence de compositeurs de génie parmi les membres. Aller chercher à gauche ou a droite, le titre plus ou moins obscur qui sera le numéro un de demain, s’avéra un exercice compliqué et financièrement moins lucratif. Néanmoins, il composèrent nombre de titres, spécialement Chris Curtis.
Les Searchers ont au départ un parcours assez commun avec les Beatles, ils viennent de Liverpool et firent aussi une partie de leurs écoles au Star-Club de Hambourg. Ils apparurent quelques mois après la montée en puissance de leurs rivaux.  Pendant deux ans, ils firent de fréquentes apparitions dans les charts anglais, dont trois fois au sommet, une fois seconds, une fois troisièmes, une fois quatrièmes, ceci étalé entre 1963 et 1965. A l’inverse des Beatles, leur succès fut beaucoup plus cantonné à l’Angleterre, ils ne firent que quelques apparitions dans les classements US et plutôt à des places d’estime, exception faite d’une troisième place. Même si tous les gros succès sont, à une exception près, uniquement des reprises empruntées a des artistes américains, ce sont bel et bien leurs versions qui sont passées à la postérité, on en oublie passablement les créateurs. Si le manque de compositeurs internes est flagrant, ce qu’ils pouvaient envier aux Beatles, par contre instrumentalement ils n’avaient à rougir de rien, même que le soliste Mike Pinder est un précurseur de la guitare à douze cordes dans cette école. A l’instar des Beatles, ils travaillèrent passablement les harmonies vocales et c’est assez bien réussi. La formation de l’époque des grands succès comprend: Mike Pinder (1941 -), guitare solo, chant; John McNally (1941 -), guitare rythmique, chant; Tony Jackson (1938 – 2003), guitare basse, chant, quitte le groupe en 1964 remplacé par Frank Allen (1943 -), c’est dommage car c’était un excellent chanteur; Chris Curtis (1941 – 2005), batterie, chant. Jusqu’en 2019, le groupe n’a jamais cessé d’exister, malgré une baisse notable de succès au niveau du hit parade. Ils enregistreront sporadiquement des albums en 1972, 1979, 1981, 1989, 2002.


J’ai une petite anecdote personnelle à propos des Searchers, même si je n’ai jamais eu l’occasion de les voir sur scène, et pourtant j’ai failli. En 2001, le fan club anglais a organisé un concours doté de prix. Le but était de raconter dans un texte pourquoi on aimait les Searchers. Il y avait deux catégories, une pour les fans de langue anglaise, une pour les fans dont l’anglais n’était la langue maternelle, mais qui devait tout de même être rédigé en anglais. Le groupe et quelques représentants du fan club faisait partie du jury. J’ai rédigé mon texte dans la seconde catégorie. j’en avais fait une histoire assez drôle où je racontais que j’avais cru que je comprenais l’anglais quand j’ai écouté le disque où ils chantaient en français, et je l’ai envoyé. Deux mois plus tard, j’ai reçu un mail m’informant que j’avais gagné le concours. Le prix consistait à une invitation à un concert, que je serais reçu dans le backstage, où l’on me remettrait la prix qui consistait notamment en une affiche de concert dédicacée par le groupe. Je n’y suis pas allé car c’est à peu près l’époque où ma femme devait accoucher, et puis il fallait aller à Londres, ce qui ne m’arrangeait pas non plus pour le travail. J’ai quant même reçu l’affiche à la maison avec une lettre signée du groupe qui me félicitait. Dommage.
La discographie en album des années glorieuses comprend cinq album studios, et comme pour les Beatles on publia un LP contenant des enregistrements en public au Star-Club. Contrairement à ceux des Beatles, ils sont d’une qualité sonore très supérieure. Allons explorer ces albums et ces 45 tours, dans tout ce qu’ils contiennent à côté des succès,  titres secondaires qui firent leur réputation à la grande époque et qui sont encore encensés aujourd’hui. J’ai bien évidemment fait un choix. Sélection à peu près chronologique entre 1962 et 1965.

Extrait des enregistrements au Star-Club en 1962.

De la même veine, c’est assez marrant de trouver cette chanson, Hey Joe », qui sera un succès mondial pour Jimi Hendrix dans une version complètement remaniée en 1967.

Des enregistrements avaient été faits en studio au début 1963. Ces bandes sont connues sous le nom de « Iron Door Sessions » et ne sortiront que 40 ans plus tard.

Titres figurant sur les 45 tours.

Originalement la face B de premier hit. Un original composé par le batteur, qui fut aussi le principal compositeur.

Face B de Needles And Pins, extrait de film sur playback. Un original composé par Tony Hatch, également compositeur sous pseudo de leur second hit « Sugar And Spice »

Face B de « When You Walk In The Room », un original du groupe assez plaisant, sorte « d’image de marque » de leur son. On retrouve une première mouture de cette chanson sur « Iron Door Sessions » avec le titre « Darling Do You Miss Me »

Ce titre est le générique du film « The System ». Pendant longtemps, il n’a figuré que sur un EP anglais du même nom.

Face B de « Goodbye My Love ». un original du groupe, qui aurait peut-être mérité une face A.

Titres figurants sur les albums

Album Meet The Searchers

L’intégralité de cet album se trouve dans un autre article ICI

Album Sugar And Spice

Reprise d’un titre de Carl Perkins.

Reprise d’un titre des Chiffons.

Reprise d’un titre de Ronnie Hawkins.

Album It’s The Searchers

Celui-là aurait mérité une sortie en single. Chanson de Betty Everett qui sera un grous succès pour Cher bien plus tard.

Reprise d’une chanson de Dionne Warwick, très « British Beat ».

L’immortel de Tommy Tucker.

Album Sounds Like Searchers

Une reprise r’n’b créée par Moody & The Delats, des célèbres compositeurs Jeff Barry & Ellie Greenwich.

Très bonne reprise de « Bumble Bee » de Lavern Baker.

Un original de Chris Curtis.

Album Take Me For What I’m Worth, sans doute leur album le plus créatif.

Reprise depuis Marvin Gaye.

Un original de Chris Curtis, le son évolue.

Un original de John McNally.

Un original de Chris Curtis et Mike Pender.

Documents.

Un petit film capturé au Star-Club de Hambourg.

Un des beaux documents existants, le concert du New Musical Express 1964 et un groupe déchaîné, spécialement Chris Curtis, et toujours le même micro baladeur…

Les Searchers et « Needles And Pins » en allemand.

Les Searchers et « Sugar And Spice » en français, aussi exploité par Michel Page.

Les Searchers lors du concert d’adieu en 2019.

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En passant

Bas nylons et coquineries américaines

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Eh bien pour changer une petite vidéo, ces vidéos qui traînent sur la Toile, dont personne ne semble se souvenir qu’elles existent. J’ai adapté la présentation et mis une musique de fond. Ensuite, nous irons feuilleter quelques pages d’un magazine américain datant de 1951, Flirt. C’était ce genre de revues qui faisaient baver nos ancêtres dont ils faisaient discrètement l’achat. A l’époque, les USA étaient plutôt un pays axé sur la pudibonderie, c’est l’ère du fameux McCarty et de la chasse aux sorcières communistes. Vu que ce genre de magazine n’était pas imprimé à Moscou, il n’y avait pas de raison de le censurer, surtout si cela pouvait rapporter du fric. Quelques entorses aux ligues bien pensantes, une prière à l’église le dimanche et le tour est joué. Ce n’est pas les premiers lecteurs de Playboy, alors en projet, qui s’en offusqueront. Je n’ai gardé que les pages les plus significatives.

En passant

Bas nylons et une bagnole qui roule en Finlande

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Au tournant des sixties, l’option pour les teenagers de parvenir à la célébrité en jouant de la musique devint obsessionnelle pour une partie d’entre eux. C’est le cas en Angleterre, ainsi que pour de nombreux autres pays. Ce qui emballa la machine, c’est que les jeunes deviennent des consommateurs, le marché est intéressant et la situation sociale fait qu’il y a un boum consumériste d’après-guerre, l’argent circule. Jusqu’en 1960, l’Angleterre a son propre marché musical, on observe surtout ce qui se passe aux USA et parfois on importe les hits américains via des artistes locaux, ou alors on s’inspire du style. Il en va ainsi pour le skiffle, mélange de jazz et de folklore américain. Le rock and roll est relativement peu présent du point de vue production locale. Seuls Tommy Steele et Cliff Richard peuvent prétendre, avec quelques personnages plus secondaires comme Vince Taylor ou Wee Willie Harris, à se coller une étiquette rock. Comme consolation, pas mal d’artistes anglais trouvent un débouché en Allemagne sur les bases américaines encore stationnées dans le pays. L’armée US veut divertir ses soldats  et ne regarde pas à la dépense, on fait naturellement appel aux Anglais, géographiquement très proches et parlant la même langue. On sait que les Beatles font partie de cette équipe, plus spécialement trois d’entre eux. A partir de 1963, quand ils commencent à conquérir musicalement le monde, reléguant les USA au second plan pendant deux ou trois ans, la demande en produits musicaux anglais se fait plus pressante. Comme on ne peut pas cloner les Beatles, tout les sujets de sa majesté qui font de la musique sont les bienvenus. Un nombre incroyable d’artistes, surtout des groupes, trouvent un emploi plus ou moins lucratif. Le marché devient vite encombré, il faut essayer de décrocher un contrat ou aller voir ailleurs.
Nous allons parcourir, du moins partiellement, la carrière d’un de ces groupes qui trouva le succès ailleurs. Si je m’arrête sur eux, c’est qu’ils furent plutôt du genre intéressant, ils surent faire de très originales reprises, à côté d’un répertoire assez important de compositions originales, dont un album entier. Ils ont immanquablement un style et un son personnel. J’en ai déjà parlé ici, il s’agit des Renegades. Pendant longtemps, j’ai ignoré pas mal de choses sur eux. J’avais en tout et pour tout, le EP paru en France. Dans les années 1970, lors de voyages en Italie, j’ai découvert pas mal de pressages italiens, et un vendeur m’a confirmé qu’ils avaient eu pas mal de succès dans le pays. Verrs la fin des années 1980, j’ai eu un échange avec un collectionneur finlandais qui m’a appris toute l’importance qu’à eu ce groupe en Finlande. Mieux que ça, il m’a fourni une discographie de ce qui avait été publié là-bas. Il m’a même refilé un CD qui regroupait les deux premiers albums finlandais. Cerise sur le gateau, il m’a envoyé une vidéo VHS avec le groupe en live, celle que je vous propose plus bas. Par la suite, j’ai complété avec les vinyles dont plusieurs publications allemandes et trois albums d’époque dont deux allemands et un hollandais. En 1998, je suis allé à la foire aux disques de MIlan, coup de chance Kim Brown était présent, du moins ça m’avait l’air d’être lui. Je lui ai demandé et il m’a répondu oui. Malheureusement, je n’avais rien à faire signer, ni rien pour faire une photo. et après l’échange de quelques mots, il a du partir. Dommage, j’aurais bien bu un pot avec lui.
Ils viennent de Birmingham et se formèrent en 1960. Le groupe original se compose de Denys Gibson (1945-2016), guitare solo; Kim Brown (1945-2011), chant, guitare rythmique, claviers; Ian Mallet (1945-2007), basse; Graham Johnson, (1946- ), seul survivant, batterie. Les débuts sont très modestes, à part se produire sur des scènes locales, l’horizon est bouché. En 1964, ils ont la possibilité d’enregistrer un album de reprises de hits, mais ils ne sont même pas crédités. Un de leurs enregistrements apparaît aussi sur un album d’artistes divers dédié aux groupes de Birmingham « Brum Beat ». Les choses s’accélèrent quand ils ont la possibilité de se produire en Finlande. Ils reçoivent un accueil triomphal, ce qui décide un producteur local de leur signer un contrat. Ils sont assez remuants sur scène et ont adopté comme tenue de scène les uniformes de l’armée nordiste de la guerre de Sécession. La Finlande a trouvé un succédané aux Beatles qui ne se produiront jamais dans ce pays. Ils mettent en boîte un morceau qui deviendra leur titre fétiche « Cadillac ». C’est une réécriture de « Brand New Cadillac » de Vince Taylor, dont ils ont changé le rythme et aussi adapté les paroles. C’est un gros succès local, qui dépassera largement les frontières du pays et les fera connaître pratiquement dans toute l’Europe. Deux groupes suédois, les Shamrocks (avec lesquels les Renegades échangeront des compositions), les Hep Stars (avec Benny Anderson futur Abba), en feront des succès personnels via leur propres versions, no 1 en Suède pour les Hep Stars. Un grand nombre de groupes en réaliseront aussi une adaptation. Parallèlement, ils entament aussi une carrière fructueuse en Italie, en quelque sorte leur troisième patrie. Ils sortiront plusieurs albums et des enregistrements en italien dont une version de « Cadillac ». Denys Gibson quitte le groupe en 1966 remplacé par Joe Dunnett et Mick Webley en septembre 1967.  Sous leur nom, ils continueront d’enregistrer jusqu’en 1970, des titres moins intéressants. Par la suite, Kim Brown et Graham Johnson continueront dans un groupe de rock revival très populaire en Italie. Kim & The Cadillacs. En 1987, ils se reforment pour jouer en Finlande, ils arrivent à remplir des salles de 5000 personnes. Graham Johnson, le seul survivant, est encore accueilli en héros en Finlade, il vit en Italie, la télévision finlandise lui a même consacré un reportage en 2019. Le groupe a encore de nombreux fans dans le pays et ce qui pourrait fortement ressembler à un culte.
Nous allons explorer la discographie du groupe entre 1964 et 1967, je vous mettrai les commentaires adéquats avec les clips.

1964 – Une reprise de « Love Me Do » des Beatles sur l’album « The Mersey Sound » où ils ne sont pas crédités. On devine déjà le son qui sera le leur plus tard.

Le titre qui figure sur la compilation « Brum Beat » version rock d’une mélodie classique de Brahms.

Clip en playback du fameux « Cadillac ». Numéro 2 en Finlande,

Face B de « Cadillac » dans de nombreux pays. Un original un peu pompé sur le « Dr Feelgood » de Johnny Kidd.

Second single Finlande, reprise d’un traditionnel folk.

Troisième single Finlande, un très bel original.

Une de leurs plus belles réussites et un de leurs plus emblématiques enregistrements. Un dépoussiérage total d’un vieux titre de Bill Haley (historiquement ce titre était la face A de « Rock Around The Clock » avant que les radios se décident pour programmer l’autre face. Tourné en Finlande, le clip est sur le playback du titre. C’est assez décadent pour l’époque. Y’a de l’ambiance !

Reprise de « Take A Heart » des Sorrows, bien dans leur style. Ce titre figure aussi sur le seul EP français paru chez Riviera avec « Cadillac »

Un très bel original des Renegades qui fait partie de ces échanges de titres enregistré avec les Shamrocks, titre publié en France sur le premier EP des Shamrocks avec leur version de « Cadillac »

Ici c’est l’inverse ce sont les Renegades qui reprennent un titre des Shamrocks.

Un titre original qui figure sur le troisième album finlandais.

La chanson qu’ils présentèrent au festival de San Remo en Italie, en même temps que les Yardbirds autres concurrents. C’est bien sûr enregistré en italien. Clip sur le palyback.

Un titre du troisième album finlandais « Pop », un album entièrement composé d’originaux signés par le groupe.

Documents

Heureusement, il existe pas mal de petits films qui retracent le parcours des Renegades, en voici quelques uns.

« Cadillac » en live en 1965 en Finlande, un petit moment de folie. Monter le son, car c’est assez faible. C’est le problème avec les gens qui ont toujours le volume à coin. Il manque juste un petit bout à la fin.

Une reprise de « Long Tall Shorty » en live. Ca bouge pas mal. Ils devaient avoir pas mal de présence sur scène.

En vrai live, « Take A Heart » à peine différent de la version studio.

Seven Daffodils en live. Le son n’est pas top et les commentaires en surimpression ne sont pas les miens. Il faut aller la voir sur Yiutube, elle n’est pas en partage

Clip de 2001 en Finlande, trois membres originaux sauf Denys Gibson remplacé par Trutz Groth.

Graham Johnson aujourd’hui

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En passant

Bas nylons et ça chauffe pour le tsar

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Allons faire un petit tour dans l’histoire russe. Ce pays m’attire assez pour sa culture. La première chose qui m’intéresse, vous le devinez, c’est la musique. Sans être un amoureux absolu du folklore russe, je dois dire qu’il se laisse aborder assez facilement. Les mélodies sont jolies, à l’oreille le russe me paraît plutôt comme une langue agréable. Quand j’écoute de la musique classique, je vais assez volontiers vers les compositeurs russes ou slaves, ils ont dans leurs musiques quelque chose qu’on ne trouve pas ailleurs, c’est assez nostalgique et flamboyant. Pour le cinéma, je me bornerai à citer Sergueï Eisenstein, les cinéphiles diront que c’est suffisant. Pour la littérature je peux citer Dostoïevski, Tolstoï. Dans un tout autre domaine, je trouve les femmes russes plutôt canon. J’en ai connu une comme collègue de travail, un pur produit russe et blond d’importation. J’aimais bien parler avec elle, car mine de rien pour une simple employée, c’était un puits de culture, impressionnant. Nous avons pas mal parlé cuisine, car je ne connaissais pas grand chose de la cuisine russe, j’ai appris quelques trucs, le caviar d’aubergines m’a paru très intéressant. Et puis j’ai eu un lien marrant avec ce pays. J’ai rencontré tout à fait par hasard un authentique descendant de la famille impériale russe, le prince Romanov. Bien, après cette princière rencontre allons explorer un chapitre de l’histoire du pays.

Quand on pense à l’histoire de la Russie à l’époque des tsars, il y a des images qui viennent immédiatement à l’esprit, sans doute une des premières sera la révolution qui débuta en 1917 et qui mit fin au règne des tsars et l’exécution de la famille royale en 1918. La vodka aidant, la Russie a très souvent été un pays aux citoyens assez bouillants. La révolution mit fin à une longue domination impériale qui n’apporta très certainement pas que de belles choses pour le peuple. Après, on peut toujours discuter pour savoir s’ils ne changèrent pas un borgne contre un aveugle. Le règne des tsars précédents ne fut pas toujours un long fleuve tranquille. En 1880, un fait sanglant remua le monde occidental, une tentative d’assassinat sur la personne d’Alexandre II. A cette époque, l’empire russe s’étend en gros à la Russie actuelle, la Finlande et la Pologne. Cela ne va pas sans quelques frictions à l’intérieur de cette vaste étendue de terres, en fait le plus grand pays du monde par sa superficie. C’est encore le cas aujourd’hui avec plus de 17 millions de kilomètres carrés. Alexandre II laisse dans l’histoire la trace d’un souverain plutôt modéré, parfois teinté d’autoritarisme. Il entreprend de nombreuses réformes qui pour la plupart resteront inachevées à sa mort. Malgré tout le mécontentement est grand. A l’époque, un des principaux mouvements révolutionnaires s’appelle le nihilisme. Ce n’est pas un ramassis de gens de sac et de corde, mais au contraire un repaire d’intellectuels que l’on peu peut classer à l’extrême gauche et dont le but final est la destruction de l’état pour la libération des masses. A côté, il existe aussi des mouvements plus disparates, mais qui tendent vers le même but, la fin des tsars. Alexandre II à fort à faire pour rester en vie, car il est victime plusieurs fois d’attentats, 1866, 1867, (à Paris au bois de Boulogne en compagnie de Napoléon III), 1879. Ce sont plutôt des actes isolés avec des armes à feu. Mais celui de 1880, dont nous parlons ici est plus conséquent par les moyens employés. Il eut lieu à l’intérieur de la résidence  des tsars à Saint-Petersbourg. On tenta carrément de faire sauter une partie du palais. Le star en réchappa, uniquement parce qu’il était en retard, mais les victimes furent nombreuses. Ce n’était que partie remise, car il fut « officiellement » assassiné le 13 mars 1881.
Si l’explosion fit grand bruit, elle résonna dans l’Europe entière. Elle suscita un mouvement d’indignation parmi les dirigeants en affaires avec la Russie, quitte à se taper joyeusement dessus quelques années plus tard. Nous sommes en 1880, vous pouvez vous imaginer la vitesse à laquelle circule l’information. Feuilletons donc un journal français Le Gaulois, qui relie l’information le 19 février, trois jour après. On se rendra compte que c’est en fin de compte plutôt bien résumé et détaillé. Il y a sans doutes quelques imprécisions et exagérations, c’est tout juste si on ne nous communique pas le nombre de tasses cassées, mais dans l’ensemble c’est assez vivant, le tsar aussi. Cliquer si nécessaire pour une meilleure vue.

 

Plan du palais où a eu lieur l’attentat.

 

Manifestes nihilistes

La palais de Saint-Petersbourg

En passant

Bas nylons et choses plutôt bruyantes

 

Quand j’ai commencé d’acheter mes premiers disques en 1965, je ne me suis pas trop occupé d’investir mes sous dans le yéyé français. Le groupe qui attira immédiatement mon attention fut les Yardbirds, mon premier achat fut « For Your Love ». Un autre groupe se hissa si l’on peut dire à la seconde place, ce fut les Pretty Things. Ce que j’aimais chez eux, c’est que leur musique « déménageait » et leurs allures bien crades me plaisaient aussi. J’ai tout de suite pensé que des mecs avec des allures pareilles ne devaient pas faire dans la dentelle, je n’ai pas été déçu. Mon premier disque fut « Honey I Need », le premier d’une longue série. Très inspirée du blues et du r’n’b, leur musique mettait un certain voltage dans la musique noire dont ils s’inspiraient. Ils firent pas mal de reprises, mais Dick Taylor le guitariste soliste, le chanteur et harmoniciste Phil May, composèrent de nombreux nombreux titres, parfois avec un autre membre. En plus à leurs débuts, ils eurent le privilège d’avoir un batteur que l’on considérait comme l’un des plus fous apparus sur la scène anglaise, Viv Prince, remplacé par Skip Alain en 1966. Guitariste soliste et chanteur furent toujours l’ossature du groupe, c’est encore le cas aujourd’hui puisqu’il tournent toujours avec quelques interruptions passées. Le reste des membres fut toujours assez mouvant selon les époques, mais dans les débuts  on note Brian Pendleton, à la guitare rythmique et John Stax à la basse.  Comme pour les Moody Blues, on distingue deux époques totalement différentes, et musicalement assez semblables. La première des débuts jusqu’en 1967 fut la période sauvage, rythme, blues, guitares affûtées et un brin de folie. A propos, j’ai vu récemment une interview dans laquelle une jeune fille avait habité durant les sixties et par hasard dans la même maison où le groupe louait un appartement, les parents préférèrent déménager tellement c’était le bordel. Le seconde période, à partir de 1968, est un revirement total, ils abordent la musique pop et deviennent un groupe réputé pour sa création musicale, composent un des premiers opéras rock « S.F. Sorrow ». La critique ne tarit pas d’éloges sur cette période et je ne suis pas le dernier à penser qu’ils ont raison. J’ai eu le plaisir de les voir sur scène deux fois à 45 ans d’intervalle, et c’est toujours aussi admirable de précision.
Nous allons revisiter la première période à travers le trois premiers albums. Les deux premiers sont très représentatifs de l’intensité des débuts, le troisième « Emotions »  étant plus une transition entre les deux époques.

Les Pretty Things en Hollande en 1965.

Votre serviteur en compagnie de Dick Taylor à gauche et Phil May à droite. Je tiens dans la main une sérigraphie de Phil May, qu’il m’a dédicacée, il dessine aussi à ses heures. Le contact n’a pas été trop difficile à établir, car j’avais des salutations pour eux de la part de quelqu’un qu’ils connaissent bien.

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Premier 45 tours 1964, le ton est donné, un original de compositeurs extérieurs dont le producteur.

Deuxième single. Ce que l’on peut considérer comme leur plus grand succès de cette période « Don’t Bring Me Down », 10ème dans les charts anglais. Un original composé par Johnnie Dee, un américain. Le clip est un montage de la version studio sur une interprétation en live de la même chanson, mais de mauvaise qualité sonore. Adapté en France par Ronnie Bird « Tu Perds Ton Temps »

La face B, un original du groupe.

Troisième single, le très remuant « Honey I Need », un original du groupe. Egalement un montage enregistrement studio sur un clip de concert.

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Extraits du premier album de 1965.

Un original du groupe, bien remuant, Dick Taylor qui fut viré par les Rolling Stones, est quand même un bon guitariste.

Reprise vocalement assez nerveuse du titre de Bo Diddley.

Un superbe original du groupe et un blues avec une belle ambiance.

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Second album de fin 1965 « Get The Picture », splendide album. L’édition française sans titre, avec une pochette et un contenu un peu différent est très recherché.

Emprunté aux Cops’N’Robbers, pour une version plus remuante. Egalement une de mes écoutes phare.

Plutôt calme mais un des sommets de l’album, c’est un original.

Un original beaucoup moins calme.

Toujours un original

Une reprise de Ike & Tina Turner d’un titre datant de 1963.

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Singles ne figurant pas sur un album anglais.

Single de 1966, une reprise de J.J. Jackson, chanteur noir américain.

Face B du single, un original. Titre principal de l’album et du troisième EP français.

Face B du single, au titre considéré comme sulfureux, en réalité il s’agit des initiales de £ Livre sterling $ dollar.  Du moins c’est ce qu’ils ont prétendu.

Single de 1966, une reprise des Kinks.

Single de 1966. Une reprise de Carl Spencer, un chanteur de soul américain.

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Troisième album « Emotions », l’album de transition. C’est beaucoup plus calme, la voix de Phil May sonne très différemment, ce n’est plus les vocaux rageurs. De nombreux musiciens additionnels sont présents. Tous les titres sont des originaux.

Documents

Live en France 1967, groupe entre ancienne et nouvelle formation. Il y a déjà un petit air de psychédélique.

En vrai live « Midnight To Six Men »

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