Exploration musicale en terre inconnue (13)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1959 – Corradi Ei 93 / En France, la fin des années 50 vit une sorte d’engouement pour les musiques un peu exotiques, principalement italiennes. Dalida en fut la principale investigatrice, on adorait ce petit accent italien. Bob Azzam, avec une pointe de musique arabe,  fut un autre artisan du genre sans oublier Marino Marini qui marcha plutôt bien en France avec de nombreuses publications. D’autres essayèrent de se glisser dans la course avec des résultats moindres, Corradi Ei 93 en fut un exemple, plutôt spécialisé dans les reprises.  Une dizaine de 45 tours EP furent publiés, dont quelques uns avec des titres en français ou avec un bel accent napolitain. Ici, un extrait du premier avec une chanson très napolitaine aussi interprétée, moins bien, par Bob Azzam. Le propre de ces orchestres, même si on peut les ranger dans catégorie bal, c’est de posséder de parfaits arrangeurs et musiciens.

1958 – Fred Buscaglione / Love In Portofino. C’est le type même de la chanson que l’on a entendue une fois ou l’autre, sauf peut-être par celui qui l’a créée à moins d’être italien, Fred Buscaglione. Véritable phénomène musical de la fin des années 1950, elle contamina nombre d’interprètes, plusieurs en France dont Dalida, elle se joue encore dans les bals ou dans la rue. Le petit port de la côte Ligure aux maisons colorées coule toujours des jours paisibles, mais maintenant il est célèbre pour l’éternité. Son créateur se tua dans un accident de voiture en 1960, en pleine gloire. Son disque en édition française est immensément plus difficile à trouver que la version de Dalida.

1962 – Johnny & Hurricanes / Farewell, Farewell. Le 5 ème EP du groupe publié en France est tellement rare que pendant plus de 30 ans, les spécialistes ignoraient qu’il existait, moi y compris.

1982 – Vince Taylor / Space Invaders. L’un des derniers sursauts de Vince Taylor avant sa phase finale en 1987.

1969 – Mighty Baby / Egyptian Tomb. Un de ces quelques groupes anglais progressifs et peu connus qui eurent le bonheur d’une publication française en 45 tours. rare, beau et recherché.

1966 – The Leaves / Too Many People. Assez rares sont les 45 tours publiés en France qui sont issus du garage punk américain. En voici un exemple charmant.

1970 – Taste / What’s Going On. Un seul 45 tours existe en France qui témoigne de l’existence de Taste et de Rory Gallagher. C’est un extrait du second album.

1966 – Johnny Thompson / Soul Chant. Un chanteur très peu connu dont il existe un 45 tours en France, dont je pense bien peu peuvent se vanter d’en avoir vu un jour une copie. Même si la photo de la pochette fait plutôt penser à un aimable chanteur de variétés, le contenu frise avec le psychédélique et le garage punk. Eh oui c’est comme ça.

1973 – Axis / Gold Wings. Ce groupe d’origine grecque, essaya de marcher sur les traces des Aphrodite’s Child, mais ne rencontra pas le même succès. Ils eurent un ou deux singles assez populaires, mais celui-ci est plus difficile à trouver, même s’il est peu recherché. C’est pourtant un excellent truc, un arrangement pop emprunté au célèbre air russe « Plaine Ma Plaine. C’est du bon boulot et je suis sûr que c’est un tube manqué. On a fait bien pire avec des airs folk.

1962 – The Rivingtons / Papa Oom Mow Mow. Voici une des deux chansons qui inspira les Tashmen pour « Surfin’ Bird ». Le titre fut publié en France par Capitol dans un indifférence quasi totale. C’est bien sûr un joli collector.

1964 – Lesley Gore / Je Ne Sais Plus.  Encore une de ces tentatives de chanteurs anglophones d’enregistrer dans notre langue. Ici c’est la célèbre Lesley Gore qui enregistra un immense tube « It’s My Party » (C’est Ma Fête par Richard Anthony) en 1963. Elle continua de cartonner aux USA avec d’autres titres dont « You Don’t Own Me », qu’elle enregistre ici en français. Chanson à fort potentiel, mais peut-être l’accent gêne ?

1971 – James Darren / Mammy Blue. En 1971, la chanson « Mammy Blue » fut un peu comparable à l’épidémie de grippe espagnole en 1918, la France fut entièrement contaminée. Trois versions se disputaient les ventes, celle des Pop Tops, le créateurs, Joël Daydé, Nicoletta. Vint alors s’ajouter une version américaine par un certain James Darren. Si en France on ne le connait pas comme chanteur, il a pourtant une longue carrière derrière lui, par contre on se souvient de son rôle d’acteur. Il fut un des deux savants perdus dans les labyrinthes du temps via la série tv « Au Coeur Du Temps », projetée sur les écrans vers 1966-1967. Sans doutes, les trois versions citées étaient suffisantes, on ne lui laissa pas de place pour la sienne.

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Bas nylons et une plante empoisonnée

 

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Le duo Jerry Leiber (1933-2011) et Mike Stoller (1933 – ) a donné le jour à une multitude de chansons dont une grande partie sont très célèbres. A partir du début des années 1950, ils créèrent deux titres qui font partie de l’histoire de la musique « Kansas City » et « Hound Dog », le premier enregistré par Little Willie Littlefield et le second par Big Mama Thornton. Ce sont des interprètes noirs, une préférence que le duo a souvent exploitée. Bien entendu, ces deux hits furent vraiment immortalisées plus tard par les reprises de Wilber Harrison et Elvis Presley, pour qui ils signèrent aussi « Jailhouse Rock », « Loving You », « King Creole ». A partir de 1957, il sont plus ou moins des habitués du label Atlantic et fournissent en chansons l’un des premiers célèbre et légendaire groupe de R&B noir, les Coasters. Dans la série de hits qu’il écrivirent, l’un va sans doute enter dans l’immortalité un peu plus que les autres, le célèbre « Poison Ivy ». Enregistré en 1959, il va susciter auprès des groupes anglais à partir de 1963, un véritable engouement. Avant cela, quelques artistes avaient remarqué le titre et enregistré des versions un peu exotiques. En France, il fut adapté quatre fois sous des titres complètement différents. Allons à la découverte.

L’original, les Coasters, 1959.

Mexique, Los rebels Del Rock » « La Hiedra Venenosa », 1960.

Première version française, Bob Azzam « Fleur Du Diable », 1961.

Les Ventures, instrumental, 1962.

Première reprise anglaise « beatlemania », Dave Clark Five, 1963.

Les Paramounts, futurs Procol Harum, un petit hit pour eux, fin 1963.

Les Rolling Stones, version qui fit beaucoup pour la popularité de la chanson, 1964.

Les Australiens de Billy Thorpe & Aztecs, 1964.

Deuxième version française, Baris Manço « Quelle Peste », 1964.

Manfred Mann, 1965.

Pour l’Allemagne, les Lords, 1965.

 Les Kingsmen, 1966.

Sam The Sham (solo), 1967.

Troisième version française, les Surfs « Drôle De Fille », 1967.

Quatrième version française, Martin Circus, « Mets Ton Habit », 1975.

The Nylons, Canada, un peu after disco, 1988.

Bleached, groupe féminin US, 2014.

Les Coasters en live, il y une quinzaines d’années.

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En passant

Bas nylons et une certaine Marianne

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Retournons un peu à l’histoire, celle qui ne figure dans les livres que par les grandes lignes, mais qui s’étale dans les journaux d’époque dont nous ne retiendrons que l’humour. Explorons un magazine hebdomadaire qui s’appelle Marianne, fondé par Gaston Gallimard, l’éditeur. C’est un ancêtre sans lien avec celui du même nom qui existe aujourd’hui. Il paraîtra entre 1932 et 1940. Assez orienté à gauche, pacifiste, il veut rassembler une élite intellectuelle francophone et sans frontières du même bord. Il ne sera jamais un phénomène de ventes, se limitant à un tirage de 60000 exemplaires. On y retrouve des plumes plus ou moins prestigieuses, mais qui comptent dans un domaine ou un autre. Antoine de Saint-Exupéry, Georges Auric, Julien Benda, Pierre Mac Orlan, Jean Rostand, Henri Troyat, Herbert George Wells, Marlène Dietrich, Marie Bonaparte, Suzanne Chantal, Marcel Aymé, contribuèrent dans ses colonnes.

Dans un numéro daté du 12 juin 1940, la date a toute son importance, il se positionne sur les faits avérés à cette date. Pour rappel, nous sommes en pleine invasion allemande, à une dizaine de jours de la signature de l’armistice, et avec un jour de plus, de la visite d’un certain célèbre moustachu à Paris. Il faut bien avoir à l’esprit qu’une revue ne se prépare pas à la dernière minute, et que l’avance de l’armée allemande se fait au pas de charge. Donc, il existe un certain décalage entre ce que les pages pouvaient afficher avec un optimisme modéré, et la réalité du terrain. Ils n’étaient d’ailleurs pas les seuls. L’humour, les dessins humoristiques, les caricatures sont résolument anti-allemands. Seul point noir du numéro, on reconnaît là un certain utopisme de gauche qui choisit bien ses adversaires mais pas toujours bien ses amis, il fait presque l’éloge de Pétain et du général Huntziger, qui deviendront de vilains collabos. Comme promis, je ne m’en tiendrai qu’aux illustrations qui valent tous les discours, en commençant par un dessin du célèbre Dubout qui nous explique sa vision de la fameuse « cinquième colonne ». Ce numéro sera en fait le dernier dans cette formule. Après une tentative de relancer le magazine en zone libre, de manière plus conventionnelle, il disparût définitivement au mois d’août. J’ai gardé les images dans leurs dimensions originales, vous pouvez cliquer dessus pour une meilleure vue.

Source Gallica, BNP, DP

Exploration musicale en terre inconnue (12)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.
Pour ce chapitre, nous allons plutôt nous attarder sur des chansons en français.

1984 – Noel Deschamps / Noir Mon Frère. Après avoir été un des seconds couteaux, mais avec une grosse lame, de la vague yéyé dans les années 60, son étoile commence à pâlir à la fin de la décennie.  Malgré son talent évident, il peine à reconquérir les foules et enregistre sporadiquement quelques singles. En 1984, il est signé par Virgin pour un 45 tours dans lequel il reprend en version française (« Noir Mon Frère », le très connu « Neighbour Neighbour » de Jimmy Hugues. La promotion fut assez bonne, mais le disque n’émergea pas vraiment.

1959 – Jacques Revaux / Que Fais-Tu Là ? Pour les spécialistes, Jacques Revaux est avant tout avec Claude François le compositeur de « Comme D’Habitude », chanson qui a fait le tour du monde après 1968. Mais il tenta pendant longtemps de percer en tant qu’interprète à partir de 1959. Sous son nom et sous pseudonyme, il essaya tous les trucs, originaux, adaptations, changement de label, pour un maigre résultat d’ailleurs très peu visible chez les vendeurs de collectors. Voici son premier essai en 1959. Je pense que cela aurait pu faire une bonne chanson de film noir français.

1964 – Ria Bartok – Et Quelque Chose Me Dit. Exemple type de ces chanteuses qui étaient lancées à tour de bras dans la compétition des idoles de demain. N’étant que des interprètes, on cherchait un peu toutes les chansons anglaises qui étaient encore libres sur le marché des adaptations possibles, comme ici la reprise d’un titre rendu célèbre par Herman’s Hermits et Goldie & Gingerbreads. Elle fut quelque peu populaire, mais n’accéda jamais au titre de vedette. Elle périt dans un incendie en 1970, mais cela ne l’immortalisa pas.

1967 – Marjorie Noël. Au Temps Des Princes Charmants. Avec elle, ce fut un peu différent. Elle connut quelques bons petits succès, représenta Monaco à l’Eurovision en 1965 et devint pratiquement une star au Japon en enregistrant aussi dans la langue nationale. Mais le succès est futile, victime d’un sérieux accident de voiture en 1966, elle subit un traitement qui l’a fit grossir. Après un dernier disque, celui-ci, Barclay rompt son contrat. Elle abandonne la chanson et se marie. Elle est décédée en 2000, comme le dit un de ses fils à quelque part : « Dans l’indifférence la plus totale », sauf peut-être au Japon où l’on s’intéresse encore à elle.

Curiosité, chanson en japonais inédite en France.

1972 – France Gall / Frankenstein. Dans la discographie de France Gall que l’on peut qualifier de standard, voici une des pièces les plus recherchées et les plus obscures de sa discographie. Après avoir quitté Philips, elle enregistre pour La Compagnie, le label fondé par Hugues Aufray qui fait faillite. Elle se retrouve chez Pathé-Marconi où Gainsbourg lui écrit ce titre qui n’a de loin pas le retentissement de ses anciens succès pour la même chanteuse. Pour la suite, Michel Berger n’est pas très loin…

1965 – Bernard Laféraud / Une Fois Au Moins. A part moi et une poignée de spécialistes ou de nostalgiques, qui se rappelle encore de cette chanson ? Ce fut pourtant un petit succès que l’on pouvait entendre à la radio. Il enregistra d’autres disques qui ne connurent pas de retentissement significatif dans les circuits nostalgiques. Ce n’était pourtant pas si mal torché pour de la chanson nouvelle vague.

1966 – Peter Flam / il Ne Faut Pas Pleurer. Avant d’être plus connu sous le nom de Claude Puterflam, il enregistra un premier EP chez Vogue pas inintéressant musicalement. Jacques Dutronc composa ce titre avec lui, pas très loin de ce qu’il pouvait faire pour lui.-même. C’est un titre qui peut se rapprocher du garage punk américain avec sa fuzz guitar.

1963 – Tony Fontana / Quand il sera de retour. En Angleterre, on prit l’habitude de lancer un disque parce qu’il avait une connexion avec les Beatles, un chauffeur de taxi qui avait pris les Beatles en charge pouvait presque espérer un contrat pour autant qu’il possède un filet de voix. En France, dans certains cas ce n’était pas différent, on remplaçait par Johnny Hallyday. C’est le cas pour Tony Fontana, qui fut aux dires de Decca, un de ses musiciens, On lui fit enregistrer 4 titres en 1963, quatre adaptations, dont « Wait Till My Bobby Gets Home » de Darlene Love, l’égérie de Phil Spector et ex chanteuse des Crystals. Le chanteur n’a pas la magie de Darlene Love et l’orchestration ne peut se comparer aux arrangements de Phil Spector. C’est sa seule apparition phonographique pour un résultat qui ne bouscula pas le monde des yéyés.

1980 – Chantal Bassi – A Peine Inhumaine. Chantal Bassi, c’est Chantal Kelly qui en 1965, du haut de ses 15 ans et de son mètre et demi, enregistra deux ou trois succès dont le fameux « Caribou » devenu un titre emblématique chez les Anglo-Saxons. Le succès s’amenuisant, elle cesse d’enregistrer en 1968. Elle tente un comeback en 1980 sous son vrai nom en abrégé et adopte un style d’époque. Publié par CBS, elle bénéficie d’un bref petit retour dans l’actualité, sans que beaucoup de personnes remarquent qu’il s’agit d’une réincarnation de Chantal Kelly. Comme certaines de ces chanteuses qui eurent la chance d’enregistrer autre chose que des bruits de courants d’air, sa discographie originale attire les nostalgiques prêts à payer une certaine somme pour compléter la collection et même un petite fortune pour son album de 1967 chez Philips. Aujourd’hui, elle est une ardente militante de la cause animale.

1966 – Long Chris /Haschich. Ce que j’aime bien en France, c’est le manque de curiosité. La fameux album de Long Chris « Chansons Bizarres Pour Gens Etranges » est autant encensé aujourd’hui qu’il fut ignoré lors de sa sortie. Musicalement point en retard pour l’époque, même assez en avance et bien décadent sur certains points. Il y a peu de choses comparables dans les production françaises de 1966. Les 45 tours extraits n’eurent pas beaucoup plus de  visibilité radiophonique. Pourtant, on est en pleine époque où Long Chris composa « La Génération Perdue » pour le futur mari de sa fille Adeline, c’est bien là le manque de curiosité.  Pour certains fans de Johnny, il faut admettre qu’il n’existe presque rien en dehors de leur idole, j’en connais.

1964 – Les Searchers / Mais C’était Un Rêve. Parmi les plus belles pièces de collection originales dans la discographie des Searchers, figurent tout ce qu’ils ont enregistré en langue étrangère, français ou allemand. Dans ce genre d’exercice, ils ne furent pas les meilleurs, accent anglais et paroles pas toujours très intelligibles.  Bien évidemment, ce disque ne fut pas programmé sur les radios et les ventes restèrent confidentielles mais font le plaisir des collectionneurs aujourd’hui. Ici il s’agit de la version française de leur titre original « It’s All Been A Dream ».

1964 – Helen April / Je M’Ennuie. Le seul et unique disque sorti sur la label de Vince Taylor, son fondateur. Ce fut un fiasco total, car Vince Taylor avait estimé que le pressage avait été un peu loupé, c’est vrai pour certaines copies. Monsieur Barclay, le distributeur cessa de le distribuer et les quelques copies que l’on trouve sont celles qui ont échappé au désastre. A l’époque la chanteuse était un peu l’éternelle fiancée de Vince , un top model. Les disque n’est pas déplaisant tant musicalement que vocalement.

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En passant

Bas nylons et une chanson pour les Zombies

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Certaines chansons sont noyées dans la discographie d’un artiste. Très souvent elles émergent des profondeurs grâce à la reprise d’un autre artiste et se posent en un sorte de standard en bénéficiant de cet impact. Il faut bien remarquer que c’est souvent un peu la faute des maisons de disques en ne lui donnant pas la visibilité voulue. Nous allons aller dans la discographie des Zombies et nous intéresser à un titre, une vrai perle. J’ai toujours considéré ce groupe comme étant l’une des meilleures signatures que Decca ait pu faire dans les sixties, mais qu’elle ne sut pas ou mal exploiter. Les USA furent plus rapides et sans doute plus attentifs à pousser la promotion, et avec succès, sur certains de leurs enregistrements. Pour la période Decca, les Zombies c’est surtout l’incontournable « She’s Not There » que ne fut « que » 12ème dans les charts anglais, alors qu’il atteignit aux USA la première place  au Cashbox et la seconde Billboard. Pour le suivant l’Angleterre choisit « Woman » qui n’entra même pas dans les classements. Les USA firent l’impasse, le décalage des publications le permettant, et préférèrent le suivant « Tell Her No » qui fut encore un hit aux USA et se hissa à la 6ème, tandis qu’il fit un très modeste score en Angleterre. La chanson dont nous allons parler s’appelle « I Remember When I Loved Her ». Un de ces titres dont les Zombies avaient la spécialité via la voix unique de Colin Blunstone, ceci dans une ambiance un peu froide et nostalgique au niveau texte. Le clavier Rod Argent en est le compositeur. Les Zombies se partageaient le travail de composition entre lui et Chris White le bassiste, mais jamais ensemble. Originalement, elle figure sur le premier album anglais de 1965. Immédiatement elle attire du monde et plusieurs reprises sont faites la même année, dont Noël Deschamps pour la France. Les USA font selon leur bon plaisir, ils récupèrent un titre pas encore publié « I Want You Back  Again » intitulé parfois « I Want Her Back » aux USA et publient un single avec justement « I Remember When I Loved Her » en face B. Ce sera aussi une spécialité française, Decca publie le premier titre, mais pas le second sur le 4ème EP français des Zombies. Ce sera un succès pour les Zombies en France, il atteindra la 3ème place du hit parade de Salut les Copains. Voilà le contexte original de cette chanson. Pour moi. ce fut un casse-tête pendant longtemps, car il était impossible de mettre la main sur une copie, soit le LP anglais ou le single US. Attiré par l’adaptation française, je l’ai commandé plusieurs fois sans jamais avoir une réponse favorable. Il me fallut attendre la réédition « Rock Roots » en 1976, pour enfin écouter l’original. Je me suis bien rattrapé depuis.

L’original, les Zombies 1965.

Le superbe adaptation française de Noël Deschamps, qui peut faire pâlir l’original, « Souviens-Toi Que Moi Je T’aime », 1965.

Pour la Suède, Ola & Janglers, belle version, 1965.

Pour l’Allemagne, les Boots, un grand groupe, 1965.

Suède, the Monx, 1966.

Par les Brothers Four, la première version anglaise que j’ai entendue, 1966.

Des Hollandais, C-Sounds, 1966.

Une curiosité. Dans un épisode de « Destination Danger » avec Patrick McGoohan, on peut entendre une version en italien de la chanson. Je l’avais noté il y a bien longtemps sans savoir qui l’interprétait. Magie de la Toile, c’est une certaine Angelique, chanteuse apparemment très discrète, Un single publié par Pye en Angleterre, 1966.

Des Hollandais, Denvis and the Real Deal, 2010.

Cineplexx, des Anglais, belle version, 2011.

Victor Delorenzo, 2013

I Love Math, des Américains, 1966.

Lana Cooper, une Allemande, 2018.

Bayshore Zombies, un groupe actuel qui clone les chansons des Zombies.

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En passant

Peter Pan fait son cinéma (6)

Suite des chroniques de notre ami Peter Pan. Merci à lui.

 

Distribution

  • Richard Burton (VF : Jean-Claude Michel) : Alexandre le Grand
  • Fredric March (VF : Jean Martinelli) : Philippe II de Macédoine
  • Claire Bloom (VF : Nadine Alari) : Barsine
  • Danielle Darrieux (VF : Danielle Darrieux) : Olympias
  • Barry Jones (VF : Raymond Rognoni) : Aristote
  • Harry Andrews (VF : Jean Marchat) : Darius
  • Stanley Baker (VF : Jean-Henri Chambois) : Attale
  • Peter Cushing (VF : Jean Berton) : Memnon
  • Helmut Dantine (VF : Yves Furet) : Nectanébo
  • Friedrich von Ledebur (crédité Friedrich Ledebur) : Antipater
  • Michael Hordern (VF : Jean Davy) : Démosthène
  • Niall MacGinnis (VF : Pierre Morin) : Parménion
  • Peter Wyngarde (VF : Marc Cassot) : Pausanias
  • William Squire (VF : Gérald Castrix) : Eschine
  • Teresa del Rio (VF : Martine Sarcey) : Roxane, fille de Darius
  • Ruben Rojo (VF : Hubert Noël) : Philotas
  • Virgilio Texeira (VF : Jean-Louis Jemma) : Ptolémée
  • Gustavo Rojo (V.F : Andre Falcon) : Cleitos
  • Marisa de Lesa (V.F : Nelly Benedetti) : Eurydice
  • José Nieto : Spithridatès
  • Et les voix de :
    • Marc Valbel : Cousin de Darius
    • Jean Violette : le messager
    • Georges Chamarat : un prêtre