Bas nylon et une dame en avance

Nous avons vu dans un précédent post, les photographies d’un aviateur Suisse qui fut un des pionniers de la photographie aérienne. Nous allons découvrir ici, un peu de l’histoire d’Annemarie Schwarzenbach qui fut elle aussi une pionnière de l’aventure photographique, mais aussi écrivaine et journaliste. Dans les années 1920, son goût pour l’aventure fera d’elle une personne complètement en marge d’une certaine société bien pensante, une sorte d’électron libre.

Elle naît en 1908 à Zürich dans une famille de la haute bourgeoisie, elle est la petite fille du général Wille qui commanda l’armée suisse durant la guerre 14-18. A partir de 1927, elle étudie l’histoire et la littérature dans sa ville natale et à Paris. Elle devient journaliste. Rejetant toutes les idées conservatrices, au grand dam de sa famille, elle s’affiche ouvertement contre le nazisme dès le début des années 1930, en compagnie des enfants de l’écrivain Thomas Mann. En 1931, elle publie un premier roman. Dés 1933 une série de voyages qui  la verront comme reporter dans de nombreux pays, dont certains sont encore assez mystérieux. Elle fournit des articles pour le compte de journaux suisses. Bien qu’ouvertement lesbienne, elle se marie en 1933 en Perse, afin de rompre toute dépendance financière avec ses parents. Son mari, un diplomate français, Achille Clarac, est selon les rumeurs lui-même gay. Elle pourra bénéficier d’un passeport diplomatique, ce qui lui facilitera ses voyages. On la retrouvera aussi en Union Soviétique et aux USA, où elle s’intéresse à la cause syndicale. Elle fera même partie des premières forces françaises libre au Congo. Elle est malheureusement pendant plusieurs années accroc à la drogue et doit subir des cures de désintoxication. Elle meurt en Suisse en 1942, des suites d’une chute à vélo.

Elle laisse un héritage littéraire et photographique assez conséquent dont seulement une partie de ce dernier a été conservé par sa mère. Roger Martin du Gard, la surnomma « L’ange inconsolable ». Elle reste une icône dans un domaine où elle montre que les femmes peuvent faire aussi bien, sinon mieux, que les hommes à une époque où on préfère les voir à la cuisine.

Voici quelques extraits de son travail. Les photos datent des années 1930, les années exactes des prises de vues n’ont pas été conservées.

Annemarie Schwarzenbach

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Afghanistan

Angola

Autriche

Bulgarie

Congo Belge

Érythrée

A suivre…

Source Wikipedia, DP

Bonne Année

Cette année, j’ai également fait appel à mon complice Achille Talon. Sa verve oratoire m’a toujours fait rire et je me suis mis à sa place pour imaginer ce qu’il pourrait dire à propos de mon blog.

Oui mon cher Lefuneste, je vous l’affirme, 2019 sera une année où la splendeur du bas nylon brillera de mille feux. Mon ami Le Boss y travaille sans relâche, nonobstant les écueils que le collant tend sournoisement au travers de sa route. Pour lui, la préservation de cet accessoire qui pare les dames d’atouts qui rendent ridicule une suite royale au poker, relève du pèlerinage sur le chemin d’un lieu saint. Il me l’a laissé entendre d’une voix aux accents de vérité dont je me régale d’une oreille aussi attentive que complaisante. Comme j’ai toujours décelé en vous un être inférieur dans le domaine de l’élégance, et dans un tas d’autres domaines en passant, je soupçonne fortement qu’une vieille paire de chaussettes reprisées et trouées, arracherait des larmes de bonheur au mauvais fétichiste que vous êtes. Aussi je ne vais pas essayer de faire votre éducation, car je n’aime pas les missions périlleuses et hasardeuses où même la manne céleste se perd dans le trou noir de l’ignorance, votre cas étant pour les scientifiques les plus joyeusement éminents, considéré comme désespéré. Sachez qu’une dame qui porte des bas vous ouvre la route aux mêmes sensations qu’éprouverait un hippie sur celle de Katmandou, sans toutefois avoir besoin de vous imbiber de substances délétères aussi nocives pour votre santé que pour votre porte-monnaie, que je devine aussi plat qu’une plaisanterie de percepteur d’impôts lors d’un redressement fiscal impromptu. Voyez-vous, quand ma chère et tendre Virgule de Guillemets, presse d’un doigt avisé le bouton de la porte d’entrée, faisant retentir un joyeux carillon qui résonne dans ma libido comme une mélodie céleste jouée par des anges assis sur des nuages aux formes de mamelons généreux, je m’empresse d’aller lui ouvrir en faisant fi de cette insignifiante attraction terrestre qui aurait la prétention ridicule de m’empêcher de m’élever vers ces délices soyeux qui m’attendent dans un septième ciel aussi voluptueux que constellé d’étoiles libidineuses. A propos vous a-t-on déjà dit que vous étiez laid ? Oui Lefuneste, ma chère Virgule saura me charmer en me révélant les atours mystérieusement cachés sous l’apparence innocente d’un robe qu’elle aura choisie pour mieux me piéger. J’attends ces moments-là avec un empressement digne d’un politicien qui cherche de nouvelles taxes, heureux fripon que je suis.

BELLE ET HEUREUSE ANNEE A TOUS

Peter Pan, le visiteur aux dessins

Notre fidèle visiteur Peter Pan, que vous aurez remarqué pour ses doctes commentaires sur mon blog, a d’autres atouts dans son jeu. Vous ne le saviez pas, et c’est là l’avantage d’être un animateur de blog,  il a parfois le crayon qui le démange. Il a bien raison car ses dessins sont plutôt admirables, c’est du beau travail. Comme tous les amateurs du genre, il aime se faire un peu coquin et dessiner autre chose que des papillons qui se posent sur les fleurs. Sans pour autant que cela soit des dessins autobiographiques, il aime représenter des scènes qui rappelleront certains souvenirs cuisants de l’enfance et notre curiosité pour les interdits. Il peut aussi s’égarer, mais s’égare-t-il vraiment, dans la représentation d’une belle qui ajuste sa jarretelle.

Voici un florilège de ses dessins que vous pouvez applaudir et agrandir pour les admirer en plus grand.

Merci à Peter Pan de m’avoir autorisé à les publier. © Peter Pan.

Bas Nylons et un homme qui voit les choses d’en haut

Les spéléologues ne seront sans doute pas d’accord, mais la Terre vue d’en haut, ça a de la gueule. Pour voir cela et se faire une idée de ce que l’on pouvait apercevoir, l’avion fut un moyen qui compta passablement. Encore fallut-il que des pilotes ou des passagers se donnent la peine de prendre des clichés. Un pilote suisse, Walter Mittelholzer (1894-1937), s’illustra particulièrement dans ce domaine. Formé comme pilote militaire, il monta une compagnie d’aviation civile. En 1926, parti de Zürich le 7 décembre, il rallie la ville du Cap au cours d’un périple qui dure 77 jours en 23 escales. Le vol est d’une longueur de 14850 kilomètres, mais surtout une aventure hasardeuse qu’il est le premier à tenter et à réussir. En décembre 1929, il est le premier à survoler le Kilimandjaro. Dans les années 30, il est un des premiers instructeurs de la célèbre compagnie Swissair. Il fonde une annexe de cette compagnie Swissair Photo AG, qui se destine à offrir et à diffuser des photos aériennes au public. Même s’il meurt prématurément dans un accident d’alpinisme, il laisse un énorme héritage de plus de 18000 photos, qui recouvrent des domaines variés, mais surtout la photographie aérienne, ce qui ne l’empêche pas d’en réaliser depuis le sol. Petite promenades parmi son captivant héritage.

Walter Mittelholzer, en uniforme militaire de l’aviation militaire suisse, devant son avion qui ressemble plus à une poussette munie de roues, qu’à un 747.

Jerusalem en 1934.

Pafäffikon, près de Zürich, 1920.

Niamey, au Niger en 1930. C’est alors une colonie française. Au milieu gauche, la maison du gouverneur.

Le canal de Suez en 1934.

Ouagadougou en 1930 ou début 1931, dans ce qui était la Haute Volta, maintenant Burkina Faso.

L’actrice alors assez célèbre, Liane Held, pose en 1935 devant un appareil Swissair. Elle mourut à 105 ans en 2000, ayant vécu sur 3 siècles.

Un visage connu, celui de Hailé Sélassie, le Négus en 1934.

Une vue de Jerusalem, 1934.

Survol de Postdam, 1933.

Montagnes enneigées en Perse/Iran, 1925.

Porte de la ville de Téhéran, 1925.

Bateau sur une rive du Golfe Persique, 1925.

Approche du Kilimandjaro, 1930.

Berlin, 1933, le calme avant la tempête.

L’oasis de El Kantara dans les massif des Aurès en Algérie, 1928.

Les ruines romaines de Timgad en Algérie, 1928.

Marchands dans une rue de Tunis, 1928.

Deux représentant de l’ethnie Massaï au Kenya, 1930

Une rue Buschir en Iran, 1925, avec probablement deux légionnaires français en képis blancs.

Femmes soudanaises, 1930. Pour les prétendants c’est mieux que le catalogue de La Redoute.

Le Bourget, vers 1932, il m’aurait étonné de ne pas s’aventurer dans le coin.

Sources Wikimedia Commons. DP.

Le porte-jarretelles de Noël

!!! JOYEUX NOEL !!!

Comme cadeau de Noël, une nouvelle complètement inédite, concoctée par votre serviteur

Monsieur Thomas descendait les rues de la ville par cette étroite artère commerçante qui aligne les petites boutiques aux mille tentations. Pourtant, il ne pose jamais son regard sur l’une d’entre elles, sauf celle qui se trouve vers le milieu de la rue. C’est ainsi, ce qu’il y voit l’enchante toujours. Ce ne sont pas les jambons et les salamis de la petite boucherie, bien qu’il les adore et qu’il sache qu’il trouvera là les meilleurs, qui le font saliver. Non, c’est un peu plus bas, une petite boutique. Lorsqu’il passe devant, il sent perler quelques désirs un peu fous dans son âme vieillissante, mais toujours éternellement romantique.

Une voix discrète lui susurre des mots tentants qu’il ne veut pas entendre. « Arrête-toi ! Prends ton temps ! C’est ici que se trouve ce que tu admires !». Non il ne veut pas, par peur de passer pour un personnage bizarre ou un pervers, il connaît trop le jugement des autres, il s’en méfie. Les belles lingeries qui tourbillonnent dans le carrousel de sa tête sont pourtant immobiles dans la vitrine, jarretelles, guêpières, bas, sont figées comme un soldat au garde-à-vous. Tout au plus il va ralentir un peu le pas, mais pas trop, juste de quoi profiter un peu plus de spectacle.

C’est bizarre, pensait-il souvent. Il n’y a pas si longtemps, on voyait cela partout, dans les rayons des magasins destinés à Madame, dans les publicités des journaux, sur les séchoirs aux alentours des maisons. Tout cela avait disparu à son grand regret, au profit de la mode. Et pourtant, il se rappelait aussi qu’il n’y prêtait pas grande attention, juste un regard rapide comme celui qu’il se permettait à travers la vitrine du magasin de lingerie.

Malgré tout, depuis quelques temps, il avait remarqué que les choses n’étaient plus aussi radicales, quelques articles dans la presse saluaient un retour de la lingerie coquine, du moins c’est comme cela qu’on l’appelait maintenant. Semblant de certitude pour lui, cette boutique dans la rue n’était pas ancienne, elle avait ouvert ses portes récemment. Sans que la clientèle s’y presse, il avait vu quelquefois des dames y entrer ou en sortir, le laissant songeur sur les achats qu’elles pouvaient aller y faire ou avoir fait. Il se prenait même à rêver que les dames en jupes qu’il croisait dans la rue étaient clientes de cette boutique, prémices d’un nouvel âge d’or.

Cela il n’en savait rien, tout au plus, il avait mené sa propre enquête, bien innocemment, en feuilletant les nombreux catalogues que sa femme, décédée l’année précédente, recevait toujours. Il est vrai que les porte-jarretelles n’y figurèrent plus pendant longtemps. Seule la lingerie fonctionnelle avait remplacé ces délicieuses petites choses qui rendaient les femmes si jolies, tout au plus un peu de dentelle parcimonieuse rappelait encore le bon temps. Mais il fut ravi de constater que les dernières éditions de ces publications de mode permettaient aux porte-jarretelles d’y faire une première et timide réapparition, même assez conséquente dans l’une d’entre-elles.

Pourtant un soir à la nuit tombée, alors qu’il rentrait un peu tardivement de son boulot, il vit une de ses collègues de travail, Christine, qui sortait de la boutique. Imaginant sans en être sûr, que si elle l’apercevait elle se trouverait gênée, il s’arrêta et fit semblant de contempler l’étalage d’un magasin de primeurs. Par chance, elle s’éloigna dans la direction opposée, lui évitant sans doute une rencontre à laquelle il ne tenait pas vraiment.

Il reprit sa marche et passa devant la fameuse boutique, en jetant son regard devenu habituel sur l’étalage de la vitrine, illuminé par deux spots qui mettaient en valeur sa présentation. Aussitôt, son cœur s’accéléra. Depuis plusieurs jours, un magnifique porte-jarretelles rouge attirait son attention plus que de raison, il avait un faible pour cette couleur. Pas plus tard qu’en début d’après-midi, il était encore en vitrine, mais il constata qu’il avait disparu, sans doute acheté par une cliente. Mais justement, un doute il en avait un, et si c’était sa collègue de travail qui l’avait accaparé pour des envies de séduction ?

L’esprit troublé, il reprit la direction de son domicile. Il s’arrêta dans une petite épicerie, car il avait encore un achat à faire. Dans trois jours, ce serait Noël et il avait proposé d’organiser une petite fête entre collègues, de quoi marquer l’événement. Il se chargerait de la boisson et il ne lésina pas à la dépense, il acheta du champagne. Il savait qu’il fêterait Noël en solitaire, cela ne le gênait pas autrement, alors la fête avec ses collègues serait un peu son Noël à lui.

La journée du lendemain se déroula selon le programme prévu, on travaillerait jusqu’à quinze heures et ensuite place à la fête. Bien entendu, il regarda sa collègue, cliente de magasins de lingerie, d’un œil nouveau, il ne pouvait chasser de son esprit ce qu’il avait vu la veille. Aujourd’hui, il n’en saurait pas plus, elle portait des pantalons comme la plupart des femmes d’aujourd’hui. Sans qu’il s’en doute, le destin allait venir à sa rencontre.

Alors qu’il s’apprêtait à sortir pour la pause de midi, sa collègue vint vers lui.

– Monsieur Thomas, cela m’embête de vous demander cela, mais j’ai pensé à vous, car j’ai un problème.

– Je vous écoute, répond-t-il, sans se départir du sourire qu’il avait adopté quand elle était venue vers lui. Il pensait qu’elle avait un problème d’ordre professionnel, il était un peu l’homme qui savait tout dans le cadre de sa profession.

– Voilà, dit-elle, demain soir vous n’êtes pas sans ignorer que l’on fête Noël. Je suppose que vous êtes seul, si c’est le cas, accepteriez-vous de me dépanner ?

– En effet, je suis seul, et si cela est dans mes possibilités pourquoi pas ?

– Vous le savez, nous en avons parlé, j’habite dans la même maison que mon frère.

– Oui, en effet.

– Mon frère est marié et il a deux enfants en bas âge. Nous avions prévu pour eux, une visite du père Noël. Malheureusement, la personne à qui nous avions demandé de jouer ce rôle, a dû partir en urgence vers sa mère accidentée. Il ne pourra pas être présent, pourriez-vous le remplacer ? Je suis en peu dans l’embarras pour trouver un remplaçant. J’en ai parlé à mon frère, il sera ravi si vous acceptiez. Bien entendu, après, vous resterez pour fêter Noël avec nous, ainsi vous ne serez pas seul.

Toujours en souriant, il réfléchit brièvement, ce serait peut-être une belle soirée en perspective. Entre rester seul à la maison ou aller s’amuser un peu, il ne se posa même pas la question de savoir ce qu’un autre aurait fait à sa place.

– Mon Dieu, pourquoi pas, mais comment comptez-vous vous y prendre ?

– C’est assez simple, nous avons un costume de père Noël qui devrait vous aller à merveille. Vous viendrez chez moi, vous vous changerez, vous prendrez la hotte dans lequel se trouve les cadeaux et vous irez sonner à la porte de mon frère. Je pense que les enfants seront ravis de vous accueillir. Ensuite, retour chez moi, tenue normale, et nous allons faire la fête.

– Vous croyez que je peux faire un homme à barbe blanche crédible ?

– J’en suis certaine. Vous savez les enfants ne cherchent pas trop à démêler le vrai du faux quand il est en face d’eux. Ils savent que les cadeaux sont là.

– C’est entendu, je viens vers quelle heure ?

– Venez vers dix-huit heures, nous aurons le temps de tout préparer et de prendre l’apéritif.  Je vous donnerai l’adresse, c’est à l’ouest de la ville, le bus s’arrête juste devant la maison.

La fête commença comme prévu. L’ambiance tourna vite à la gaîté, le champagne n’y était pas étranger. Les amuse-gueules disparaissaient à belle allure. Le chef du service, d’habitude assez austère, semblait avoir reçu par avance un cadeau de Noël spécial, une valise remplie de sourires, il n’était pas le dernier à sortir une bonne blague. Il prit même tout le monde au dépourvu quand il annonça que le tutoiement devait devenir la règle dans son service. Il est vrai qu’il était proche de la retraite et que cela devait le mettre encore de meilleure humeur. Entre Thomas et lui, cela ne changeait pas grand-chose, ils avaient depuis longtemps franchi cette barrière de familiarité. Pour les autres c’était nouveau, mais l’habitude serait vite prise. Thomas se marra intérieurement, demain soir quand il irait chez Christine, la tante pourrait surprendre les neveux :

– Dis donc, t’as vu la tantine, elle connaît vachement bien le père Noël, elle lui dit « tu ! ».

Le lendemain, Thomas se prépara, il se fit beau comme on dit. Conscient que ce ne serait pas le costume qu’il allait vêtir pour le rôle qu’il allait jouer, il n’en soigna pas moins les petits détails. Rasé de près, il s’aspergea d’un après-rasage qu’il gardait pour les grandes occasions. Il décida de partir un peu en avance à son rendez-vous, même s’il connaissait très bien l’adresse où il devait se rendre. Pour éviter les ruées de dernière minute, il prendrait un bus plus tôt et irait boire un verre dans un bistrot situé dans la même rue.

Il entra dans le bistrot. Peu de monde en cette veille de Noël, sauf les solitaires, les pas invités, les indifférents à la fête, qui s’accrochaient aux dernières oasis avant le désert. Un avis placarde contre les murs avertissait : « nous fermons à dix-neuf heures ». Le voilà averti, il s’en moquait, d’ici là il aurait sans doute un tout autre aspect, et surtout une barbe blanche. Il commanda un café bien serré, c’est ainsi qu’il les aimait.

Quelques minutes après, une femme très élégante pénétra dans le bistrot, un manteau rouge s’arrêtant juste en dessus du genou, des jambes gainées de nylon qui reflétaient la lumière, des chaussures noires à talons. Elle n’était plus toute jeune, mais elle semblait pouvoir tricher avec aisance sur son âge réel. Enlevant son manteau, révélant une robe sombre d’une longueur raisonnable décorée de fils dorés, elle vint s’installer à la table en face de celle de Thomas. Elle commanda également un café, quand le serveur vint lui demander ce qu’elle désirait. Elle avait l’air perdue dans ses pensées, de temps en temps son regard croisait celui de Thomas. Ce dernier ne voulait pas avoir l’air de la contempler plus qu’il ne fallait, mais il avait de la peine à détacher son regard, quelque chose dans son attitude lui semblait familier, il avait de la peine à trouver quoi. Son œil s’attardait volontiers sur les jambes de la dame, elle les croisait et décroisait selon un rythme ou une envie qu’elle seule aurait éventuellement pu expliquer. Lors de ces mouvements, le regard de Thomas se fit encore plus perçant, il n’en était pas sûr, mais il lui sembla apercevoir la lisière d’un bas. Peut-être n’était-ce qu’un jeu de lumières, où une illusion que son esprit voulait absolument rendre réelle. Il allait être l’heure de partir et il n’en saurait pas plus.

Il paya sa consommation, sortit, et se dirigea vers la maison où Christine devait, il l’espérait, l’attendre. Il trouva facilement l’appartement et il sonna. Un bruit de pas se fit entendre et la porte s’ouvrit.

– C’est l’homme à barbe blanche, dit Thomas en rigolant.

– Ah, merci d’être venu, donne-toi la peine d’entrer et installe-toi dans le salon, je vais m’occuper de toi incessamment. Tu veux boire quelque chose ?

– Si tu as un verre d’eau, pour l’instant ce sera très bien.

Il s’installa confortablement dans un fauteuil et attendit. Christine revint avec un verre d’eau.

– Je vais t’orienter sur ce que nous allons faire. La visite du père Noël sera prévue vers vingt heures. Les enfants auront leurs cadeaux, après nous pourrons manger tranquillement. Je vais aller chercher mon frère, ainsi tu pourras faire sa connaissance. Sa femme est encore en train de faire des achats avec les gosses. Ils arriveront plus tard, mais nous éviterons qu’ils te voient avant la distribution des cadeaux. Ceux pour les grands sont déjà au pied du sapin, donc il n’y aura que ceux des enfants que tu devras distribuer. Nous serons sept à table, il y aura mon frère, sa femme, ses deux enfants, toi et moi, et ma mère qui devrait arriver incessamment. Je file vite chercher mon frère.

Un instant plus tard, Christine revint accompagnée d’un monsieur en tenue décontractée au sourire avenant. Il avait bien un air de famille avec sa sœur, même taille, même couleur de cheveux, même regard.

– Je te présente mon frère Michel, il te remercie d’être venu.

Il tendit la main à Thomas en lui mettant la main sur l’épaule.

– Ainsi, vous êtes le collègue de travail de ma sœur. Je suis très heureux de faire votre connaissance et que vous ayez accepté de nous dépanner. Nous ferons tout notre possible pour vous remercier, vous pouvez déjà vous considérer comme faisant partie de la famille. Christine m’a parlé de vos malheurs, et je me réjouis que nous puissions passer cette soirée ensemble, même si nous devons un peu cette rencontre au hasard.

Thomas jugeait volontiers les personnes à leur poignée de main, il n’aimait pas avoir l’impression de serrer un morceau d’éponge. La poignée de Michel était tout à fait énergique. Il savait dès à présent que le personnage était, pour lui, digne d’intérêt.

– Je vous remercie de votre accueil, je suis heureux de faire votre connaissance, je ferai du mon mieux pour être un père Noël à la hauteur.

– Je n’en doute pas un seul instant. Je vous laisse en compagnie de ma soeur et nous nous reverrons tout à l’heure.

Christine entraîna Thomas dans une chambre et lui expliqua :

– Je mets cette chambre à ta disposition. Voila le costume qui te servira, te peux essayer, mais je crois qu’il sera parfaitement à tes mesures. Dans la hotte, il y a déjà les cadeaux à l’intérieur. Les paquets avec un ruban bleu sont pour Jim, le garçon qui est aussi l’aîné ; ceux avec le ruban rose sont pour sa petite sœur Delphine, tu ne pourras pas te tromper.

Le timbre de la sonnette de la porte d’entrée retentit.

– Cela doit être ma mère, je vais voir. Je te laisse à tes essais, tu nous rejoindras et je te la présenterai, j’espère que tu la trouveras sympathique.

Thomas enleva l’essentiel de ses habits et essaya le costume, c’était presque du « sur-mesure », à peine un peu grand, mais le contraire eut été plus embêtant. De ce côté-là, tout irait bien. Pendant qu’il entendait des voix et des rires dans l’appartement, il réintégra son costume et s’apprêta à rejoindre Christine. Une surprise l’attendait.

Quand il sortit de la chambre, Christine parlait avec une dame qui lui tournait le dos. Le voyant arriver, elle dit à sa mère :

– Je vais te présenter Thomas, il a accepté gentiment de nous dépanner.

La dame se retourna et cacha pas sa surprise.

– Mais nous sommes vus tout à l’heure au restaurant !

En effet, c’était la dame au manteau rouge, celle qui buvait son café sous son regard attentif une heure plus tôt. Après un bref instant de flottement, Thomas trouva les mots qu’il fallait dire, du moins ceux qui lui paraissaient de circonstance.

– En effet c’était bien moi. Si j’avais su que vous étiez la mère de Christine, je me serais permis d’engager la conversation. Mais si nous savions tout à l’avance, la vie serait moins drôle. Vous m’avez intrigué sans que vous le sachiez. Il me semblait que vous me rappeliez quelque chose. Eh bien, maintenant je sais quoi. Vous avez un peu la même gestuelle que votre fille.

– Eh bien, nous essayerons de rattraper cette occasion manquée, nous avons toute la soirée pour le faire. Dis-donc ma fille, si tu nous servais un petit apéritif, tu sais que le vin blanc ne me laisse pas de marbre.

– Tu prendras bien un verre avec nous Thomas ?

– Allons-y pour un coup de blanc, je vous accompagne volontiers.

On s’installa dans le salon et on trinqua. Au fil de la conversation Thomas en apprit un peu plus sur la mère de Christine. Elle s’appelait Laure et était un peu plus jeune que lui. Elle était veuve depuis plus de dix ans. Elle travaillait comme bibliothécaire au musée de la ville. Thomas sentait bien qu’elle possédait une certaine culture, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Mais sa pensée ne manquait pas de revenir au bistrot et sur ce qui l’avait émoustillé : porte-t-elle des bas ?

Sans en avoir l’air, il en chercha la confirmation. La mère de Christine assise en face de lui, pouvait lui apporter la réponse. Il jetait de temps en temps un regard discret à la frontière de la robe de Laure. La lumière qui se reflétait en dansant sur le nylon était une invitation à laisser son regard errer sur les jambes, mais il ne pouvait en abuser au risque de passer pour un personnage un peu trouble.

La chaleur de l’ambiance et le vin aidant, la mère de Christine abandonna un peu sa maintenue. Au cours d’un croisement de jambes, le mouvement révéla la lisière d’un bas. Elle fut encore plus visible quand Laure empoigna le bas de sa robe à deux mains pour le tirer vers l’avant, révélant une jarretelle pinçant la lisière du bas. Thomas était aux anges. Ainsi il y avait encore des femmes qui portait des bas dans ce monde bizarre qui reléguait la séduction au rang de perversion. Il savait que sa vision était un peu extrémiste, mais il se rappela une conversation qu’il avait entendue. Une femme dit à son compagnon d’aller se faire soigner, quand il lui avait demandé si elle ne voulait pas porter des bas.

Laure, lorsqu’elle réajusta sa robe, avait surpris le regard de Thomas perdu sur ses jambes et constaté que son visage avait exprimé un bref éclair de plaisir. Elle ne douta pas qu’il savait qu’elle portait des bas. Elle trouvait que Thomas était plutôt un homme séduisant, bien mis, aux belles manières, à la parole distinguée. Elle savait que les hommes n’étaient pas insensibles à une belle paire de jambes enrobées d’un fin nylon, et qu’un porte-jarretelles accrochait autant les bas que les coeurs.

Elle mit en marche sa petite séance de séduction, tout en ayant l’air de rien. Elle avait sa méthode, testée depuis longtemps. Quand elle était assise, elle laissait sa jupe remonter jusqu’à la limite de la lisière des ses bas. Faisant semblant de s’apercevoir qu’il fallait un peu plus de décence, elle la repoussait vers le bas, tout en en lui donnant de l’ampleur sur la largeur. Un spectateur pouvait alors apercevoir brièvement le haut de la lisière, un bout de jarretelle s’il était bien placé. De temps en temps, d’un geste machinal à travers le tissue de la robe, tirer sur une jarretelle comme pour la remettre en place, provoquait aussi son petit effet. Croiser ses jambes en faisant crisser le nylon devait avoir la même sensation que d’écouter une musique céleste pour certains. Les bosses des jarretelles visibles sur la robe était un grand classique, d’autant plus qu’il pouvait se pratiquer à volonté. Poser ses deux mains sur les jarretelles comme pour les cacher, était aussi une tactique qu’elle usait sous forme d’ouverture pour sa sérénade avec un air de dire : « tu devines ce qu’il y a là-dessous ? ».

Tous ces artifices, elle s’amusait à le jouer et les rejouer. Certains pouvaient la traiter d’allumeuse, verbalement ou mentalement, elle n’éteignait jamais les flammes qu’elle allumait. C’était un peu sa vengeance depuis la mort de son mari. Elle avait cherché d’autres amours, sincèrement, honnêtement, mais si certains furent plutôt minables, d’autres furent odieux.

Pourtant ce soir, elle était décidée à se monter sous un autre soir. Elle n’en doutait pas, Thomas s’amusait follement à ce jeu de séduction, elle le sentait prêt à mordre à ses jarretelles en forme d’hameçons. Il ne restait plus qu’à ferrer le poisson. L’occasion se présenta un peu plus tard, Christine manifesta l’intention d’aller voir où en étaient les préparatifs pour la soirée.

– Je vous laisse un instant, je vais jeter un oeil chez mon frère pour voir si tout va bien.

Laure en profita et se leva.

– Vous m’excuserez Thomas, j’ai un petit ennui technique.

Elle se tourna de manière à se cacher un peu à la vue de Thomas et levant un pan de sa robe, elle entreprit de réajuster une jarretelle, qui d’après elle n’en faisait qu’à sa tête. Il en profita pour sauter sur l’occasion.

– Vous portez encore des bas, c’est si rare. Maintenant les femmes ne jurent que par les collants, je vous avouerais que les bas ne me laissent pas indifférents.

Ah ? Dans ce cas dites-moi ce que vous pensez de cela, en soulevant avantageusement sa robe. Un porte-jarretelles rouge débordant d’une culotte ample et noire, tenant des bas impeccablement tirés, s’offrit à sa vue.

 

Le spectacle affola Thomas, dont les mains tremblaient quelque peu. Il ne l’aurait pas juré, mais le porte-jarretelles qu’elle montrait lui rappelait celui qu’il avait vu en vitrine quelques jours plus tôt dans la boutique de la petite rue. Il tenta un coup de poker :

– C’est ravissant, où peut-on encore trouver des magasins qui vendent des choses aussi belles ?

– C’est ma fille qui m’a signalé qu’il y avait une petite boutique, récemment ouverte à la rue du Château, qui vendait de la belle lingerie, elle sait que j’en suis folle. Elle est venue avec moi l’autre jour, car la vendeuse est une de ses copines, elle va y acheter ses collants, pour les rares fois où elle en porte. C’est là que je l’ai acheté et j’ai aussi profité pour acheter des bas à coutures. C’est si élégant.

– Ah oui, je connais cette boutique, je passe devant tous les jours pour aller au travail. Il se garda bien de dire qu’il avait vu Christine sortir de la boutique, probablement le même jour. Il voulait plus de détails, il feinta.

– Justement, il me semble avoir vu votre fille sortir de cette boutique l’autre soir, mais je n’étais pas sûr, j’étais assez loin, mais elle était seule.

– C’était sûrement elle, elle m’a montré la boutique et est repartie presque aussitôt, elle devait aller faire des commissions.

Tout s’éclairait, le mystère du porte-jarretelles disparu de la vitrine était résolu.

Laure s’approcha de Thomas, le regarda dans les yeux :   « Cela te plait hein, tu adores les femmes qui portent des bas, eh bien vas-y tu peux toucher si le cœur t’en dit ! ».

Ses mains s’égarèrent sur la robe de Laure. A travers le tissu, il tâtait les bosses des jarretelles, les pressant contre les jambes de Laure dont il s’enivrait du parfum qui lui faisait plus d’effet que le vin. Elle chercha ses lèvres, les trouva en poussant de petits gémissements. Dans un râle elle murmura :

– Ce soir, après le souper, tu viens chez moi, d’ici là restons sages !

Oui, il valait mieux rester sages, d’autant que la soirée ne faisait que commencer. Entretemps, Michel vint présenter sa femme, pour le moins charmante, à Thomas. Elle resta brièvement, en s’excusant de ne pouvoir s’attarder plus longtemps, mais la cuisine, dit-elle, est une chose qui ne peut attendre. A l’heure prévue, Thomas se transforma en père Noël et remplit son rôle à merveille, les enfants furent ravis de l’avoir un moment rien que pour eux. Ils promirent d’être sages, au moins jusqu’à ce qu’ils décident de changer d’avis.

On passa à table et les adultes reçurent leurs cadeaux. Pour l’occasion, Thomas reçut un cadeau improvisé qu’il n’attendait pas : un abonnement d’un an à une revue satirique qui était parfois posée sur son bureau. Il pensa que rien n’échappait au regard de Christine. Seuls les enfants n’avaient pas faim, les nouveaux jouets ça coupe l’appétit, c’est bien connu. On les laissa s’amuser, sans plus s’occuper d’eux. Thomas et Laure étaient assis l’un à côté de l’autre, Michel et Christine en face, tandis que la femme de Michel faisait la navette entre la cuisine et le salon, s’asseyant en bout de table entre deux coups de feu. Le repas fut succulent, vraiment les hôtes avaient bien fait les choses, on but un peu plus que raisonnablement, mais c’était la fête. Pendant le repas, la main de Thomas prenait celle de Laure et leurs regards se croisèrent plus d’une fois. Parfois, discrètement, elle s’égarait un peu sur la jupe de Laure, à la recherche de ces petites bosses qui lui donnaient un peu l’impression de faire comme les aveugles, remplacer la vue par le toucher.

Le manège n’échappa pas à Christine, elle poussa Michel du coude, en montrant les deux tourtereaux, une nouvelle fois partis dans leurs rêveries. En fait, ils étaient plutôt heureux de la tournure que prenaient les choses. Ils en avaient souvent discuté, leur mère se morfondait souvent dans sa solitude. Tous les hommes qu’elle leur avait présentés semblaient plus des aventuriers que des futurs et possibles compagnons qui pourraient lui faire oublier un mari trop tôt disparu. Voilà un cadeau de Noël auquel ils ne pensaient pas un jour avant. Ils les imaginèrent plus tard, repartant main dans la main. Mais aucun des deux ne devina que cette rencontre ressemblait à une toile d’araignée aux fils de nylon .

Un disque de Noël pas comme les autres

RENDEZ-VOUS DEMAIN POUR LA SURPRISE DE NOEL!!!

Le disque de Noël a toujours existé. De nombreuses vedettes l’ont fait. C’est aussi un moyen détourné de se rappeler aux fans une fois par année. Jusqu’aux années 1960, on a respecté la tradition musicale de ces chansons, avec quelques exceptions où quelques disques tendance rock and roll mettaient une petite touche de style. En 1963, le producteur Phil Spector décide de révolutionner le genre en produisant un album de chansons de Noël version modernisée. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il faut avoir en mémoire qu’il est le créateur du « mur du son », un concept technique et instrumental additionné de vocaux qui donne une couleur particulière aux sons, ce qui les rends facilement reconnaissables. A cette époque, Spector ne jure que par les interprètes noirs, c’est ainsi qu’il réunit ses plus grosses vedettes noires pour la réalisation de ce disque. Il y a les Crystals avec Darlene Love, Darlene Love sans les Crystals, les Ronettes, Bob B Soxx & The Blue jeans. Certaines des chansons reprises sont connues et sont des classiques du genre. Mais une partie sont des originaux spécialement écrits pour le disque. A la fin sur un air connu, Spector adresse un message à tous. C’est l’album de Noël qui se démarque le plus des productions traditionnelles et reste encore aujourd’hui un modèle du genre, c’est musicalement une réussite totale.

A sa sortie, le disque fut plutôt bien accueilli et se vendit très honorablement, il est classé par la revue Rolling Stone à la 142ème place sur leur liste des 500 meilleurs albums de tous les temps. Phil Spector est considéré comme un des rares producteurs plus célèbre que ses artistes. Il a aussi travaillé et produit certains albums ou titres pour de nombreux artistes dont il n’est pas à l’origine de leur notoriété, les Beatles, groupe et solos, les Rolling Stones, Leonard Cohen, les Ramones. Personnage devenu fantasque au fil des ans, adorant les armes à feu qu’il dégaine vite s’il est contrarié, il est inculpé pour le meurtre d’une actrice de série B et condamné à 19 ans de prison en 2009. Il devrait probablement finir ses jours en prison. Dommage pour un génie de ne pas le rester dans tous ses actes.

1. ‘White Christmas’ – Darlene Love (2:52)
2. ‘Frosty the Snowman’ – The Ronettes (2:16)
3. ‘The Bells of St. Mary’s’ – Bob B. Soxx & the Blue Jeans (2:54)
4. ‘Santa Claus Is Coming to Town’ – The Crystals (3:240
5. ‘Sleigh Ride’ – The Ronettes (3:00)
6. ‘Marshmallow World’ – Darlene Love (2:23)
7. ‘I Saw Mommy Kissing Santa Claus’ – The Ronettes (2:37)
8. ‘Rudolph the Red-Nosed Reindeer’ – The Crystals (2:30)
9. ‘Winter Wonderland’ – Darlene Love (2:25)
10. ‘Parade of the Wooden Soldiers’ – The Crystals (2:55)
11. ‘Christmas (Baby Please Come Home)’ – Darlene Love (2:45)
12. ‘Here Comes Santa Claus’ – Bob B. Soxx & the Blue Jeans (2:03)
13. ‘Silent Night’ – Phil Spector and Artists (2:08)

Voici l’intégrale de cet album dans l’ordre d’apparition sur le disque.