En passant

Dimanche en quelques manches d’été (5)

Des compositeurs américains et un d’ici…

Jeff Barry & Ellie Greenwich, un célèbre duo de compositeurs américains. Mari et femme, une nombre impressionnant de leurs chansons sont encore dans toutes les mémoires. Ils composèrent essentiellement pour des artistes noirs. Ellie Greenwich est morte d’une crise cardiaque en 2009,

The Four Pennies (Chiffons) – When The Boy’s Happy
The Crystals – Da Doo Ron Ron
Darlene Love – Christmas
The Ronettes – Be My Baby
The Exciters – Do Wah Diddy Diidy
The Dixie Cups – Chapel Of Love
The Raindrops – Hanky Panky
The Crystals – Then I Kissed Me
Ike & Tina Turner – River Deep Mountain High

Jean Renard, chanteur, il est surtout célèbre pour avoir composé un tas de tubes pour des artistes français. Alors qu’il essayait de se faire un nom comme interprète en 1963, une chanson qu’il avait déposée à la SACEM, attira le curiosité des Américains qui l’adaptèrent en anglais (« Losing You »), et la firent chanter par Brenda Lee. La chanson eut une carrière internationale et se classa no 2 aux USA.

Brenda Lee – Losing You
Françoise Hardy – Le Premier Bonheur Du Jour
Sylvie Vartan – La Maritza
Eddy Mitchell – Je T’en Veux D’être Belle
Herbert Leonard – Pour Etre Sincère
Dick Rivers Brother Jack
Johnny Hallyday – Que Je T’aime
Monty – Ca Te Fait Rire
Johnny & Sylvie – J’ai Un Problème
Jeane Manson – a Chapelle De Harlem
En passant

Bas nylons et noble cour

On a tous en étudiant l’histoire de France, entendu ou lu des titres qui qualifiaient la noblesse, le comte de Ceci, le marquis de Cela. On sait tous que dans la noblesse française avant 1789, le roi était le plus haut placé. On sait également, qu’un général est un plus haut gradé que colonel, et un colonel est supérieur à un capitaine. Mais savez-vous classer dans l’ordre l’importance les titres de noblesse ? Voici la liste des titres du plus haut au plus modeste.

  1. Roi
  2. Dauphin de France
  3. Prince
  4. Duc
  5. Marquis
  6. Comte
  7. Vicomte
  8. Baron
  9. Banneret
  10. Chevalier
  11. Écuyer

Certains de ces titres on bien entendu un équivalant féminin, mais pas tous, acquis par faveur royale, mariage, hérédité, ou par succession. On peut retrouver aussi avec certains titres une délimitation géographique qui correspondait au titre, principauté, duché, comté. Certaines ont survécu, la Principauté de Monaco par exemple, dont Albert est le prince. Certains titres de noblesse pouvaient aussi s’acheter. mais ils ne se vendait pas dans les échoppes. On pouvait aussi accéder à la noblesse en occupant certaines fonctions réservées, on parlait alors de noblesse de robe. Mais hiérarchiquement elle était plus ou moins subordonnée à la noblesse d’épée, considérée comme la vraie noblesse. Il est évident que les territoires se conquéraient souvent pas des faits d’armes. On peut considérer qu’il existe trois sortes d’ères de noblesse, celle d’avant 1789, celle acquise sous l’Empire, et celle obtenue depuis la Restauration. Juridiquement, elle n’existe plus depuis 1848. Un nom à particule n’est pas significative d’une appartenance à la noblesse, bien que plus de 90% de la noblesse en possède un. Il servait simplement à indiquer la provenance ou le rattachement à un lieu ou une origine. Aujourd’hui la noblesse française de descendance authentique se résume à quelques centaines de familles qui n’ont pas forcément eu accès à l’histoire dans sa partie la plus visible, mais dont on peut considérer qu’un peu de sang bleu coule dans leurs veines. On admet que parmi les bâtards de la noblesse et surtout les rois de France, il y a plus de 10000 personnes qui sont de lointains descendants de cette noblesse.

Avoir un titre de noblesse ne vous épargnait pas toujours les situations comiques ou tomber sur plus malin que soi. Guillaume de Bautru, un comte, était marie avec une dame qui prit bien entendu son nom. Elle exigeait de se faire appeler madame de Nogent, car la reine Marie de Médicis avec son éternel accent italien l’appelait « madame Beautrou ».
Le maréchal de Bassompierre, était une des coqueluches de ces dames à la cour. Anne d’Autriche, qui ne l’appréciait guère, fit remarquer aux dames de son entourage, que ses cheveux commençaient à blanchir. Il répondit à la reine : « Oui blanc de tête et vert de queue comme les poireaux. »

A moins d’être prof d’histoire, il est bien difficile d’avoir en tête le nom de tous les rois de France, j’en serais moi-même incapable. Il y en a eu 64 portant le titre de rois, 3 celui d’empereurs. Le premier fut Clovis (481- 511). Les plus longs règnes furent celui de Louis XIV (72 ans); Louis XV (58 ans); Philippe 1er (47) ans. Le plus court Jean 1er (4 jours). Le plus grands par la taille fut François 1er (1,98m). On distingue cinq familles royales, les Mérovingiens, les Carolingiens, les Capétiens, les Valois, les Bourbons. Voici la liste à partir des Valois en 1328. (cliquer pour agrandir).

On pout supposer qu’à certaines époques, être écrivain sous-entendait que l’on était un peu flemmard. Il est vrai que certains ne furent pas très prolifiques, un ou deux livres célèbres, cela suffisait à leur bonheur. Il en va tout autrement de Balzac qui fut un bourreau de travail. Tout en étant un des plus grands écrivains français, il en est aussi l’un des plus prolifiques. plus de 90 romans et nouvelles écrits sur une période d’un peu plus de 20 ans. je ne vais pas revisiter l’oeuvre de Balzac, mais m’attarder sur la petite histoire.


Saviez-vous que Balzac se droguait ? Oh une drogue bien innocente que nous consommons à peu près tous, le café. Pour maintenir sa forme et surtout ses sens en éveil, il avalait entre 30 et 50 tasses de café par jour, pas du café au lait, mais un café bien corsé. Il avait malgré tout une vie assez organisée selon des horaires assez précis. Il était capable de rédiger une cinquantaine de pages d’un de ses romans en une nuit, il rédigeait surtout la nuit. Il pouvait aussi soudainement décider d’aller faire des longues promenades, toujours la nuit. Les oiseaux de nuit la nuit flânant dans les rues de Paris, auraient pu le croiser, vêtu de sa robe de chambre et de ses pantoufles. Pourquoi perdre son temps é se changer? Si vous passez par la ville de Neuchâtel en Suisse, faites un détour par la collégiale et le château qui surplombent le ville. Devant, vous trouverez deux bancs en pierre érodés par le temps. Posez vos fesses sur l’un d’entre eux et puis dites-vous que vous êtes assis sur un banc où il y a bientôt deux siècles en 1833, Balzac posa les siennes. Initialement, les bancs se trouvaient à un autre endroit, mais face à l’urbanisation ils ont été déplacés dans un endroit plus calme en apparence, sur cette colline où siège le gouvernement régional. A l’époque de son séjour, la région était encore sous le domination prussienne. Il était venu là pour rencontrer la comtesse polonaise Henska dont il était tombé amoureux et qui séjournait à Neuchâtel. Ils se marieront d’ailleurs quelques mois avant la mort de Balzac en 1850.

Les bancs qui servirent de lieu de rendez-vous, tels qu’ils paraissent aujourd’hui.

La comtesse Hanska mourut en 1882 à Paris à l’âge de 81 ans. Mariée à un comte plus âgé qu’elle, très cultivée elle parlait plusieurs langues dont le français. C’est en lisant Balzac qu’elle devint une de ses admiratrices et souhaita prendre contact avec lui. La rencontre avec Balzac a été décidée par un hasard. La gouvernante de ses enfants venait de Neuchâtel. C’est ainsi que lors d’un voyage, ils séjournèrent dans la ville. Balzac fit le voyage spécialement de Paris et ils purent se rencontrer. Ils tombèrent amoureux, surtout Balzac, mais ce n’est qu’à la mort de son mari que la comtesse peut épouser Balzac.

Le séjour de Balzac à Neuchâtel est assez bien documenté. On sait qu’il séjourna à l’hôtel du Faucon, grande maison à gauche sur la photo, pendant cinq jours. Ce n’est pas le seul personnage illustre qui séjourna en ce lieu. En 1816, il reçut la visite de Percy Shelley, le poète anglais, accompagné de sa femme Mary, celle qui qui écrivit le célèbre « Frankenstein ». En deux siècles, la rue n’a pas tellement changé d’aspect. L’hôtel qui n’existe plus est devenu un immeuble résidentiel, avec un fast food en bas.
Si vous avez vu le film téléfilm sur Balzac de 1999 avec Depardieu dans le rôle titre et Fanny Ardant dans le rôle de la comtesse, vous avez bien entendu vu la scène où ils se rencontrent à Neuchâtel. Les décors semblent assez différents de ce que nous voyons ci-dessus. Mais bien évidemment c’est du cinéma.

Source gallica.bnf.fr / BnF / DP / Documents privés transmis

En passant

Inventaire musical à la Prévert (47)

Ah ces sixties, quelle richesse et belles explorations qu’elles nous ont léguées ! Dans un article précédent, je vous avais présenté les Byrds, groupe qui maria le folk et l’électricité. Kaleidoscope est un groupe américain qui poursuivit le même genre de démarche, mais en innovant au niveau des sources. On peut les considérer comme des pionniers de la world music. Les USA sur le plan musical ont été pendant longtemps assez nombrilistes musicalement. Ils ont une bonne excuse, car pendant plusieurs siècles, ils ont dû assimiler toutes les racines musicales venues de l’Europe et de l’Afrique, ce qui se mua en jazz, en blues, en country, latino. Quand on décortique les chansons folk plus ou moins traditionnelles, on retrouve des traces assez typiques de musiques latines, germaniques, et bien évidemment anglaises. Dans la musique country, on entend parfois quelque chose qui ressemble fortement à du yodel ou encore des traces de musique classique dans d’autres genres. Par contre, la musique arabe, orientale, yiddish, est pratiquement absente. On en trouve quand même quelques traces qui passèrent presque complètement inaperçues pour leur origines, comme le célèbre « Misirlou » de Dick Dale qui est une mélodie d’origine grecque. La jeunesse d’alors très « Peace and Love » était très ouverte d’esprit musicalement et même racialement, toutes les moyens d’expressions et gens venus d’ailleurs étaient les bienvenus.
Kaleidiscope fut avec « Side Trips » en 1967, un des premiers groupes qui publia un album de musique pop allant à la rencontre d’autres racines. On retrouve sur ce disque des ambiances arabes, orientales, celtiques, tout en remettant à l’honneur les vieux trucs américains. On peut entendre une version folk de « Minnie The Moocher » de Cab Calloway ou encore quelque chose qui ressemble à de la musique de saloon.
La chose ne fut possible que par la virtuosité des membres, certains multi-instrumentistes, avec des instruments peu courants dans la tradition américaine. On retrouvera les musiciens par la suite dans diverses activités musicales, à la séparation du groupe en 1971 après quatre albums. Le plus connu, David Lindley, travailla avec une multitude de stars. La parution de cet album ne suscita pas l’enthousiasme des foules, mais il intéressa de nombreux curieux, sans doute attirés par le dessin de la pochette où figurent des instruments qui ne ressemblent pas tellement à une guitare Fender ou Gibson. La légende du groupe a malgré tout bien survécu. On découvre ou redécouvre ce qui fut considéré par quelques uns comme l’effort musical le plus original de 1967. Le reste de la discographie est également intéressant à plus d’un point. Personnellement, je préfère écouter ça que du rap et je le fais depuis très longtemps. A noter : ne pas confondre ce groupe avec un homonyme anglais de la même époque.

Egyptian Gardens
If The Night
Hesitation Blues
Please
Keep Your Mind Open
Pulsating Dream
Oh Death
Come On In
Why Try
Minnie The Moocher
Elevator Man
Little Orphan Nannie

Un joli document sonore enregistré au Newport Folk Festival en 1968. On peut entendre : introduction / 02:00 Hello Trouble / 04:54 Oh Death / 17:07 Présentation / 17:58 Taxim. Le dernier morceau « Taxim » est un de leurs titres phares figurant sur leur second album, un instrumental très planant et très oriental. C’est d’une qualité sonore très bonne.

Autre document sonore en live au Berkeley Folk Festival en 1967. Oh Death / 5:54 Taxim / 13:18 Egyptian Gardens. C’est aussi de bonne qualité, un poil de moins mais très écoutable.

Durant les sixties, la discographie française de distingua par le nombre impressionnant de publications qui furent faites sous la forme de EP, c’est à dire quatre titres, deux par face. Le principe de base était un peu mercantile, on vendait deux fois plus de marchandise sur la réputation d’un titre principal ou d’un succès, le 45 tours simple avec deux titres était réservé à la promotion et aux jukeboxes. L’avantage principal de ces EP’s demeurait dans le fait que ces éditions étaient présentées dans une pochette avec le plus souvent une photo de l’artiste et un emballage cartonné et plastifié plus résistant à l’épreuve du temps. L’Angleterre et les USA eurent beaucoup moins recours à ce genre de publications. Le plus souvent, la règle était le 45 tours simple emballé dans une simple pochette à trous permettant de voir l’étiquette du disque. Aujourd’hui ces fameuses disques EP’s français, surtout ceux concernant des artistes étrangers, sont recherchés par les collectionneurs du monde entier car ils sont uniques dans leur genre et peuvent parfois atteindre des sommes folles s’ils sont très rares. Au fil des semaines, je vous en présenterai quelques uns parmi ceux qui attirent justement les collectionneurs. Ils seront présentés avec la pochette, éventuellement avec un scan de ma collection personnelle si je ne trouve rien de satisfaisant, les titres qu’ils contiennent, et le plus haut prix atteint par une enchère sur Ebay.

C’est un goût tout à fait personnel, mais dans l’histoire de la musique il y a trois producteurs qui ont retenu toute mon attention. Le plus célèbre est Phil Spector, Joe Meek pour l’Angleterre, et un autre américain George « Shadow » Morton. Ce dernier est bien évidemment lié avec ce qui fut sa réussite la plus éclatante, les Shangri-Las. Il officia à ses débuts pour le label Red Bird, label fondé par le duo de compositeurs immensément célèbre, Jerry Leiber et Mike Stoller. En 1964, il signa le groupe qui devait faire sa gloire, les Shangri-Las. En fait ce sont les parents qui signent car ces demoiselles sont mineures. Pour ceux qui ne connaissant pas, précisons que ce sont deux fois deux soeurs dont une paire de jumelles. L’idée de Morton, du moins on peut le penser, est de faire de faire du Phil Spector avec des filles de race blanche. En effet, Spector n’a principalement produit que des artistes noirs durant sa période la plus glorieuse. A l’écoute, la différence ne sera pas trop visible, car le vocal des Shangri-las sonne assez noir. Une des spécialités de Morton sera d’introduire une ambiance sonore dans ses enregistrements, cris d’oiseaux, de motos, bruit de locomotive. Mais cela ne sera qu’un atout de plus, car c’est un génial travailleur de son comme Spector, un de ces producteurs que l’on peut identifier à l’empreinte sonore qu’il laisse dans ses enregistrements. Le succès viendra vite avec Remember » et surtout « Leader Of The Pack ». Voilà un résumé pour l’essentiel.
La France enchaîna bien entendu la publication des succès pour le marché national. Il y a quatre EP’s qui furent publiés avec les succès américains. En réalité seuls les deux derniers sont uniquement consacrés aux Shangri-Las, les deux autres présentent d’autres artistes du label, deux groupes noirs. La France, toujours dans le coup, bouda passablement ces publications, préférant les plus pâles adaptations des deux plus gros succès, Richard Anthony (Souviens-toi l’été dernier) pour « Remember » et surtout Frank Alamo « Le chef de la bande) pour « Leader Of The Pack ». Au niveau de la rareté, les deux premiers avec les gros succès sont un plus courants, le deux derniers sensiblement plus rares. Pour les enchères cela se tient dans un mouchoir de poche, les deus premiers attirent pour les succès, éventuellement pour les autres artistes partageant la publication, les deux derniers pour leur rareté et éventuellement les pochettes où les groupe apparaît plus à son avantage pour la photo. Elles ne sont d’ailleurs plus que trois, ayant perdu une des filles en route. Je m’arrêterai sur le quatrième, qui pour moi est le mieux illustré au niveau photo, celui qui attire le plus le regard, il est vrai qu’elles sont plutôt jolies. Il présente aussi un de leurs plus fameux titres « I Can Never Go Home Anymore », adapté en français (Jamais tu ne la reverras) par Ginette Reno dans une version qui n’est pas inoubliable.

The shangri-Las – Red Bird RBEV 28009, publié en 1966, meilleure enchère sur Ebay 285 euros.

I Can Never Go Home Anymore
The Train From Kansas City
Bulldog
Right Now Not Later

Le titre n’apparaît dans la discographie française, mais une bel essai fut « Past Present Future », qui se base sur la « Sonate Au Clair De Lune » de Beethoven. Le voici.