En passant

Bas nylons et une manière de s’afficher

 

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La fin de 18ème siècle vit l’invention de la lithographie par un Allemand, Aloys Fenefelder. Contrairement à ce que l’on peut imaginer, ce n’est pas un savant fou ou un chercheur scientifique, il est auteur dramatique et acteur. Confronté au phénomène de promotion de son travail, il cherche une solution pour toucher le plus de monde possible. L’imprimerie existe bel et bien, mais les moyens employés sont encore primitifs et limités, on ne dépasse pas un certain format, c’est en noir et blanc, et surtout fastidieux. Son idée est de pouvoir faire des affiches individuelles, de les imprimer et les diffuser à moindres frais, il s’y attelle. La base de l’invention est posée et en quelques dizaines d’années elle va connaître un essor considérable, on en vient gentiment aux belles affiches en couleurs qui étaleront leur charme dans les endroits publics.
Il fallait bien évidemment une utilité pour les diffuser, c’est là que la publicité fait son apparition. Elle peut couvrir n’importe quel domaine, mais le but le plus recherché est ce qui couvre les biens destinés à être vendus. Il faut également envisager de cibler la clientèle, tout ne peut pas être affiché n’importe où et n’importe comment. Une publicité pour le Moulin Rouge sera très bien sur les murs de Paris et des environs, mais n’aurait aucuns sens dans un bled perdu des Cévennes. Par contre, une affiche ventant une marque de chocolat peut couvrir la France entière s’il est disponible localement. La création de ces affiches reste un monument du dessin artistique diffusé à grande échelle. Ce sont en quelque sorte les premières bandes dessinées, qui d’ailleurs ne tarderont pas à devenir un autre phénomène, Bécassine sera une des première héroïnes de la Belle Epoque. Elle est encore passablement éditée et rééditée aujourd’hui, elle a toujours ses adeptes. Chose également intéressante, les affiches parlent, elles sont faites pour charmer la clientèle d’une époque donnée, la femme est très souvent mise en scène, mais elle peut sensiblement différer selon les canons de la beauté propres à une époque. Nous allons en admirer une quinzaine qui concernent plus particulièrement les lieux de plaisirs dans le Paris de la seconde moitié du 19ème siècle.

Vous pouvez cliquer sur les affiches pour les agrandir

1859

1861

1871

1871

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1874

1874

1875

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1876

1876

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1876

1877

Source Gallica, B.N.F. DP

En passant

Exploration musicale en terre inconnue (4)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien par la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.

Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

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Quelques astuces pour améliorer votre expérience Youtube.

Je lis de temps en temps la presse spécialisée Internet, surtout celle un peu en dehors du conventionnel. On y trouve des trucs très intéressants, en voici un. Vous allez sans doute regarder des vidéos sur Youtube, eh ben moi aussi. Comme vous vous en doutez, nous sommes suivis et observés, mais pas trop étonnés qu’après avoir regardé une série de vidéos sur Hawaï, une pub pour des billets d’avion à prix imbattables s’affiche. Certains ont essayé de lutter contre en ouvrant leurs propres sites de vidéos, Dailymotion en est un exemple. Mais il faut bien admettre que le choix est riquiqui par rapport au concurrent. Depuis quelques temps Youtube offre des solutions sous forme d’abonnements qui vous permettent d’avoir accès à des trucs plus branchés comme des récentes séries tv et suppriment la publicité, entre autres, et c’est pas donné. Il est vrai que les publicités envahissent parfois votre écran ou coupent le clip pendant un certain temps. En bien vos misères sont finies et pas besoin d’avoir fait une école d’informatique ou d’installer 36 logiciels, vous n’avez qu’à faire un petit travail très simple que je vous explique.

Il existe une solution qui vous permet de regarder Youtube sans passer par Youtube, n’est-ce pas merveilleux ? Ce site s’appelle hooktube, il permet de voir les vidéos sans souffrir du pistage et sans les publicités.

Si vous regardez la vidéo ci-dessous sur Youtube et si vous regardez le lien vous aurez www. ensuite youtube.com et un tas de lettres et de chiffres. Si vous remplacez juste et seulement youtube.com par hook.com, vous aurez exactement la même vidéo, mais vous n’êtes plus sur Youtube. La seule exception que j’ai notée, c’est que certains  personnages ne veulent pas que l’on regarde la vidéo ailleurs que sur Youtube, et bloquent le partage, des actionnaire dans doute, des idiots certainement, alors c’est râpé mais c’est assez rare. Oui, vous allez me dire que c’est chiant de changer chaque fois les termes. D’accord, mais il existe une solution très simple, vous créez un lien hookcom dans vos favoris ou sur votre bureau et une fois sur le site, vous pouvez y rester des heures, il y a un moteur de recherche qui fonctionne très bien.  Cliquez sur le lien en dessous de la vidéo, il vous amènera sur la vidéo mais version hook.com et vous verrez exactement la même vidéo. Cliquez sur le lien encore en-dessous (celui qu’il vous faudra mettre en raccourci) et vous arriverez sur la site en page d’accueil et à vous de choisir votre programme. Elle est pas belle la vie ?

https://hooktube.com/watch?v=dnqxbdnzlhw

 

https://hooktube.com

 

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Revenons à notre programme habituel

1963 – Michel Cogoni  / Oublie qu’elle est si belle. Michel Cogoni fut avant tout connu comme un animateur, mais il essayé aussi d’enregistrer quelques disques qui n’attirèrent pas les foules. Ici en 1963, il enregistre une version vocale de l’instrumental anglais créé par les Dakotas, « The Cruel Sea ». Il s’est tué dans un accident en 1969.

1966 – Giorgio / Bla Bla Diddley. Ce disque originaire d’Allemagne fut publié en France, car il était assez accrocheur avec son gimmick facile. On ne peut pas dire que ce fut un succès. Mais derrière le nom de Giorgio se cache celui de Moroder, qui devint un compositeur et producteur au succès planétaire une dizaine d’années plus tard. Il faut bien commencer une fois, n’est-il pas ?

1965 – Sir Douglas Quintet / she’s About A Mover. En 1969, le Sir Douglas Quintet connut un succès planétaire avec « Mendocino ». Mais 3 ans avant London France avait publié un EP très rare, qui présentait leur première percée dans les chars américains avec « She’s About A Mover », qui resta totalement ignorée en France. Un clip en playback présenté par Trini Lopez.

1965 – The Trashmen / Whoa Dad. Il existe trois EP’s des Trashmen publiés en France. Leur rareté va crescendo, le troisième étant de loin le plus rare et le plus recherché, compter plus de 200 euros pour une copie en très bon état. Musicalement, c’est pas le plus intéressant bien que très plaisant.

 

1964 – Isabella Ianetti / Non Lo Faro Mai Piu. On a très souvent tenté d’essayer de nous faire connaître les chanteurs et chanteuses italiens, mais bien peu firent une carrière en France. Ce n’est surtout pas le cas de cette chanteuse dont 4 titres furent publiés par Vogue. Sans être génial, le titre que je vous propose est assez original dans le rythme.

1964 – Casey Jones & Governors / Don’t Ha Ha.  Ce fut un de ces nombreux groupes anglais qui émigra en Allemagne, afin d’y tenter de trouver le succès. Dans le cas présent, ils abandonnèrent un certain Eric Clapton, alors guitariste du groupe, qui préféra rejoindre les Yardbirds. Toutefois Casey Jones et son équipe réussirent plutôt bien dans leur patrie d’adoption, ils devinrent un groupe de premier plan. Leur premier succès fut une reprise de « Don’t Ha Ha » de Huey Piano Smith, tout d’abord enregistré pour le label Bellaphon et publié en France par President, il fut réenregistré pour leur nouveau label Golden 12 et le succès démarra. C’est cette version publiée en France par Riviera, qui je vous propose ici. L’une ou l’autre version ne connut pas de succès en France.

 

1966 – The Pebbles / Huma La La. Ce groupe d’origine belge enregistra ce titre en 1966. Il était agrémenté d’un gimminck facile a retenir. Publié sur un EP par President, ce titre ne sembla pas affoler le public français. Toutefois, le groupe connut, via Barclay, une assez bonne réputation au tournant des années 1970 avec des titres plutôt bien torchés et très dans la vague pop.

1964 – Les Volcans / Sans hésiter. Plusieurs groupes suisses tentèrent leur chance en France. Celui qui réussit le mieux fut les Aiglons et leur fameux « Stalactite ». Mais il y a aussi les Volcans, produit comme les Aiglons par Ken Lean. Viré de Barclay, il fut récupéré par Pathé Marconi et s’occupa des Volcans pour leur unique publication, sans vrai succès, de cet EP sur lequel figure cette adaptation de « All Of The Time » de Dave Clark Five. Un peu plus tard, Ken Lean produira les deux fameux EP’s de Larry Greco pour La Voix De Son Maître, prouvant qu’il avait l’étoffe d’un excellent producteur. Passé chez AZ, il se maria avec la chanteuse Katty Line et se tua dans un accident de voiture en Italie en 1971, où il relança la carrière de sa femme avec un certain succès. Sa femme, passagère, fut grièvement blessée et passa de nombreux mois à l’hôpital. Retournée en France, à part un disque en 1981, elle n’a plus donnée de ses nouvelles.

1967 – The Cryin’ Strings / Monja. Le coup du slow bien baveux avec un peu de promotion, ça marche toujours. Ce groupe allemand en fit l’expérience avec « Monja » un hit colossal dans les pays germanophones, partagé avec la version de Roland W. En France, elle connut quelques succès via l’adaptation de Peter Holm, le playboy suédois et futur mari (très brièvement) de l’actrice Joan Collins. Le disque du groupe fut néanmoins publié en France, mais qui s’en aperçut ?

1968 – Les Sauterelles / Heavenly Club. Groupe suisse qui malgré son nom francophone est de la partie germanophone du pays. On leur colla l’étiquette de Swiss Beatles, plus par le fait de leur popularité que celle d’avoir un talent égal. En 1968, ils cassent la baraque dans leur pays avec ce titre, dont la réputation déborda un peu les frontières, notamment celle de l’Allemagne et même celle des USA. Mais la France ne fit pas honneur à la seule publication qu’il existe d’eux ici et qui contient ce titre très plaisant et assez original que l’on peut déjà ranger dans la musique progressive.

1969 – Steamhammer / Autumn Song. Cet excellent groupe anglais qui fusionna plus tard avec Renaissance et le chanteur des Yardbirds Keith Relf pour former Armageddon, passa assez inaperçu en France. Le choix des titres pour les publications en 45 tours ne fut pas des plus heureux, ce qui n’aida pas trop à les faire connaître. Voici un clip pour la TV française. Si vous regardez bien, dans les public vous verrez des têtes bien connues.

1971 – Joe Frazier – If you go stay gone. En 1971, c’est le combat de boxe du siècle, Joe Frazier rencontre l’invincible Cassius Clay. Frazier remporte le match et se met à la musique. Dans un style R&B, même si les disque ne gagne pas le match en France, il faut reconnaître que ce n’est pas mal du tout.

 

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En passant

Bas nylons, un homme et un tambourin

 

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Bob Dylan est unanimement reconnu aujourd’hui comme une pièce maîtresse de la musique américaine, à ses débuts moins pour ses interprétations que comme compositeur et influence. Officiellement, il sort son premier album en 1962, la tendance est très folk et la musique acoustique. Il se recommande par ailleurs de Woody Guthrie, certainement la figure la plus légendaire du folk américain, chanteur et icône des mouvements contestataires nés dans les années 1930. Les chansons de Dylan du début sont ancrées dans cette tradition, Guthrie a souvent enregistré des chansons contenant un message, mais de  manière simple, vocal et guitare. La première chanson de Dylan à connaître un succès international fut « Blowin’ In The Wind » en 1963. Mais c’est grâce à la version de Peter Paul & Mary, et non celle du créateur. Leur version a incontestablement du charme tant musicalement qu’au niveau du texte. De plus, les harmonies vocales du trio peuvent plaire d’avantage que la voix nasillarde de Dylan. Ce succès va quand même attirer un peu plus l’attention sur le nom du créateur. On reste quand même dans le folk assez traditionnel.
Le missile qui va envoyer Dylan dans les étoiles et aussi changer son orientation musicale, viendra d’une autre des ses chansons remaniée à la sauce électrique « Mr Tambourine Man ». Au début 1965, d’une certaine manière l’Amérique succombe sous la vague anglaise, les Beatles, Herman’s Hermits, Dave Clark Five, font une concurrence d’enfer aux artistes locaux, même parfois avec des chansons 100% américaines. Un certain Jim McGuinn regarde cela d’un oeil sceptique. C’est un musicien folk accompli, il joue de la guitare, du banjo et a déjà joué avec le Chad Mitchell Trio, Hoyt Axton, mais il a sa petite idée sur la suite de sa carrière. Il monte à Los Angeles un groupe avec d’autres musiciens venus du folk, mais le but ce n’est pas de faire du folk pur et dur, mais de le mélanger avec le rock and roll. Le folk-rock était né et les Byrds également. Ils vont devenir l’un des groupes les plus influents des années 60 et susciter un tas d’imitateurs, les Turtles ne seront pas les derniers. Après quelques essais de réglages, par ailleurs très intéressants, pour le label World Pacific, dont une première mouture de « Mr Tambourine Man » tiré d’un album que Dylan vient de publier, ils sont signés peu après par Columbia. Ils remettent la fameuse chanson sur la tapis, c’est fois c’est complètement électrifié avec le célèbre petit intro à la guitare que l’on reconnaît tout de suite. Résultat des courses et succès mondial : si le disque est bien no 1 aux USA, il l’est aussi en Angleterre. Première contre-attaque américaine en terre anglaise. Même Bob Dylan remarqua la chose, ses chansons avaient l’air de plaire encore plus si on branchait la prise, ce qu’il fit. Rien que pour l’année 1965, suite au succès des Byrds, on compte au moins 20 reprises par des artistes connus.

L’original, 1965.

La version des Byrds, clip en playback, 1965.

Johnny Rivers, 1965.

Version française, Hugues Aufray, 1965.

Judy Collins, 1965.

Odetta, un peu blues, 1965.

Billy Strange, instrumental, 1965.

Beau Brummels, 1966.

Stevie Wonder, 1966.

Melanie, 1968

Le groupe Mountain avec Leslie West, superbe version, 2002.

Bob Dylan au Newport Folk Festival en 1964, alors qu’il ne l’avait pas encore publiée. Il est présenté par Pete Seeger.

Jim, devenu Roger, McGuinn en live dans les années 1990.

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En passant

Bas nylons et une traversée d’océan

Avant l’avènement de l’aviation, New York était presque un lieu incontournable pour les émigrants. Il existe bien entendu d’autres ports, mais les bateaux de passagers qui venaient d’ailleurs avaient comme principal lieu d’accostage cette célèbre ville. Les endroits réservés aux immigrants qui désiraient faire du pays leur nouvelle patrie devaient passer par un officie d’immigration, qui pouvait les accepter ou les refouler. Les arrivants étaient pour la plupart des gens à la recherche de travail, quelquefois avec un contrat de travail en poche, ce qui facilitait les démarches. A partir de 1892, on déposait les passagers à Ellis Island qui devint pendant plus de 60 ans, le premier lieu du contact avec le sol américain. Avant d’accoster, ils pouvaient admirer la fameuse statue symbole de la liberté. Dans les années 20, New York était déjà une ville tentaculaire, bâtie surtout en hauteur, mais aussi très étendue. On pouvait marcher dans une rue droite pendant des heures, sans en voir la fin. C’était sans doute un des premiers sujets d’étonnement pour les arrivants. A défaut d’y aller, la photographie permettait déjà d’en avoir une idée. C’est ce que nous allons faire avec une série d’images datant des années entre 1912 et 1936, le New York d’il y a pas mal de temps

1920 –  Rapatriement de 130 corps de soldats américains, décédés en France pendant la guerre 14-18

1920 – Woolworth building

1936 – Délassement sur un toit

1932 – En remontant l’Hudson

1923 – Match de boxe Criqui – Kilbane

1920 – La bourse et la banque Morgan

1926 – Equitable Building

1920 – Taxi side car

1919 – Le roi des Belges Albert Ier acclamé par les écoliers à Central Park

1913 – Terminus à New York

1912 – Incendie de l’Equitable, maison d’assurances

1927 – Voiture Peugeot

Sources Gallica, BNP, DP

 

Exploration en terre musicale inconnue (3)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien par la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.

Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1966 – Caterino Caselli / La Verité Je La Vois Dans Tes Yeux. Caterina Caselli est une chanteuse italienne bien connue dans son pays. La voici dans une chanson qu’elle présenta au festival de San Remo en version italienne, également interprétée par Gene Pitney. Ici, elle l’interprète en version française. Cette chanson vous la connaissez, elle fut un tube pour Richard Anthony avec d’autres paroles, près d’une dizaine d’années plus tard « Amoureux De Ma Femme ».

1972 – Pacific Sound / Ballad To Jimi. Ce groupe suisse dont l’album est très prisé des collectionneurs a bénéficié d’un rare 45 tours édité en France par Philips. Ce titre est un de leurs plus légendaires, car il ne figurait pas sur l’album original.

1975 – Albatros / Africa. C’est l’exemple type d’un disque que l’on publie en France, car l’adaptation française a été un gros succès, en l’occurrence « L’Eté Indien » de Joe Dassin. Il s’agit ici de la version originale italienne.

1966 – The Montanas / Goodbye Little Girl. Une typique face B sur ce 45 tours EP publié en 1966, mais très recherché pour un autre titre complètement différent « That’s When Happiness Began », qui cartonne chez les amateurs de fuzz guitar. Groupe peu connu d’origine anglaise, ils connurent un bref moment de petit succès aux USA.

1969 – The Happenings / Where Do I Go /Be-in. Un groupe très connu aux USA, mais passablement ignoré en France malgré plusieurs publications. J’ai toujours eu une certaine affection pour leurs harmonies vocales. Ici, ils s’attaquent à une des nombreuses chansons qui figuraient dans la comédie musicale « Hair ».

1967 – Los Canarios /Three-Two-One-Ah! Une des nombreuses tentatives du producteur Alain Milhaud pour imposer en France des artistes espagnols. Ce titre parut sur un EP en France est plutôt rare, mais très intéressant musicalement. Le chanson que je vous propose ici est à jamais liée à un souvenir personnel. En 1971, j’ai passé par Barcelone. Cherchant les toilettes dans un restaurant, je suis arrivé dans une salle où un nain venait de sélectionner ce disque dans un jukebox.

1963 – Anette Funicello / Beach Party. Actrice et chanteuse rattachée aux studios Disney, et un temps petite amie de Paul Anka. Elle connut une véritable gloire aux USA qui n’arriva jamais vraiment en France. Profitant de la vague surf, elle enregistra « Beach Party ».

1967 – Grégory / LSD et Système D. Complètement passée inaperçue, cette allusion à une célèbre drogue se voulait provocatrice, mais en vérité elle est plus anti que pour. Le chanteur devient célèbre dans les années 80 en étant la moitié du duo Chagrin D’Amour et son incontournable chanson « Chacun Fait Ce Qui Lui Plait ».

1967 – Evariste / Ma Mie. Après avoir connu un tube « Connais-Tu L’Animal Qui Inventa Le Calcul Intégral. », il disparut assez vite de la circulation, malgré un ou deux titres intéressants, musicalement bien roulés sur des paroles plutôt farfelues. Devenu physicien, il a étudié l’incidence de la musique sur les plantes. Il passe pour illuminé, mais il semble que depuis quelques temps, le sujet intéresse de plus en plus de monde et que ce n’est pas l’air aussi idiot que ce que certains veulent en dire.

1962 – The Eagles / Bristol Express. Typique instrumental à la Shadows, groupe relativement connu en Angleterre, A part ça…

1969 – Octopus – Laugh At The Poor Man. Plaisante balade pop par ce groupe anglais dont peu de gens se rappellent qu’il a existé.

1958 – Teddi King / Baisez-moi. Succulente erreur de traduction en voulant mettre un titre français, pour faire bien, sur une chanson anglaise. A part ça, Teddi Wilson est une chanteuse de jazz, pas trop connue en France.

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En passant

Bas nylons et jouons au pendu

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Beaucoup de vieilles chansons qui sont arrivées jusqu’à nous, ont souvent parcouru des chemins très longs. Les troubadours en sont une des raisons, ils traversèrent de nombreux pays chantant ici et là, souvent s’échangèrent des mélodies, qui parfois sont transposées dans une autre langue. Le phénomène de l’adaptation dans une autre langue n’est en soi pas nouveau, la mélodie peut continuer son chemin. L’Amérique du Nord avec l’immigration servit d’entonnoir pour récolter toutes ces musiques, les adaptant pour un contexte plus local englobant toutes les légendes, vraies ou fausses, qui façonnèrent l’histoire du pays. Elle n’est pas vraiment très ancienne, mais par contre elle est très remuante. On ne peut par parler comme chez nous d’une guerre de trente ou de cent ans, de moyen âge, ou de renaissance, tout va très vite, c’est presque minuté. L’évolution du folklore américain a suivi le mouvement, il s’est très vite converti à représenter en musique les grands faits de l’histoire, ne conservant guère que la mélodie et quelques rares fois les paroles originales au mot à mot. L’exemple le plus connu est le fameux « House Of The Rising Sun », vieille chanson anglaise qui plante un nouveau décor à La Nouvelle Orléans dans une maison peu recommandable. Elle n’est de loin pas la seule à subir ce genre de traitement. Dans le cas de celle que nous allons voir, si l’esprit d’origine est respecté, le décor est amplifié par la propre histoire américaine qui en fait une chose presque banale au 19ème siècle, les histoires de pendus.

La chanson est avec certitude venue  d’Europe, elle existe même dans plusieurs langues. Dans la tradition chantée anglaise, elle concerne une jeune fille condamnée à être pendue et qui demande à tous ceux qu’elle connaît et qui viennent assister au spectacle, s’ils on amené de l’argent ou de l’or pour la sauver. Dans la version américaine, il s’agit plutôt d’un homme, car pour autant que la légende soit véridique, ce sont plutôt les vauriens, la bandits, les hors-la-loi, qui ont ce privilège.  La chanson existe sous deux titres : « Hangman » (le pendu), et plus couramment « Gallows Pole » (le gibet) ou encore « Gallow Tree ». C’est un classique du folklore dont il existe de nombreuses versions, mais elle deviendra vraiment très célèbre grâce à la version pop de Led Zeppelin en 1970 sous le titre « Gallows Pole ».

La version de Leadbelly, très folk traditionnel, 1939.

La version de la grande Odetta, 1957

Kingston Trio, 1961

Steve Comacho, 1962.

Tex Ritter, en country, 1964.

Led Zeppelin, 1970.

Robert Pant Jimmy Page, Glastonbury, 1995.

Babajack, 2011.

After The Revolution, version plutôt hard, 2012.

Neil Young & Crazy Horse, plutôt rock, 2012.

Willy Watson, 2017

Robert Plant, en live, 2017

Plaisante version très folk traditionnel.

 

En passant

Bas nylons et un endroit ailleurs















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Allons nous promener à travers quelques vieilles photos comme j’aime le faire, tout en ayant l’impression de remonter le temps dans ma belle machine sortie d’un film de science-fiction. Une partie de ma famille est marocaine, alors il était presque naturel que je recherche quelque chose de là-bas. J’y suis allé bien sûr, physiquement. J’ai goûté la belle hospitalité de ce peuple jusqu’en m’en repaître tellement elle est généreuse. Je ne suis pas le seul à le penser, dans le cadre de ses reportages « J’irai Dormir Chez Vous », Antoine de Maximy cite le Maroc comme le pays le plus accueillant qu’il a visité. Imaginez une grande terrasse en haut d’une maison, baignant dans la douceur du soir sous le ciel étoilé, 80 personnes qui mangent de 21 heures à 4 heures du matin avec en fond un orchestre qui jouait dans la couleur locale, plaisante perspective n’est ce pas ? Si j’en parle, c’est que j’étais un des convives, un invité, le seul authentiquement francophone sans racines arabes. Cela ne m’a pas coûté un centime,  et j’ai même pas eu besoin d’apporter le dessert ! Je ne vais pas raconter la soirée, mais la chose qui a le plus excité ma curiosité, c’est deux dames mariées au même mari, comme il est permis de le faire dans l’Islam, la limite étant par ailleurs fixée à quatre. Et je vous prie de croire qu’elle ne se crêpaient pas la chignon, mais semblaient partager une réelle complicité avec un sourire éclatant et de belles dents blanches en plus.  Cela me permet de placer une histoire drôle qui le serait beaucoup moins chez nous, celle du sultan qui entre dans son harem et dit : « Je vous quitte, j’aime un autre harem ! ».
C’est sûr qu’en pénétrant au Maroc, on sent une différence de culture, et ce n’est pas forcément pour me déplaire. Je n’aime pas forcément celle qui s’attache aux touristes qui m’intéresse, mais plutôt les vraies racines. Alors j’ai décidé d’aller un peu explorer les régions berbères, en m’enfonçant dans l’Atlas. Au fond d’une vallée entourée de hautes montages, je suis arrivé dans un village aux maisons élémentaires toutes en briques rouges. Ici et là, à flanc de montage, quelques très petits villages où l’on devine un chemin muletier qui y conduit et quelques ânes qui montent ou qui descendent le sentier. Quelle impression de paix, un silence à peine troublé par les quelques bruits qui nous rappellent qu’ici aussi la vie existe, mais c’est un peu comme un film au ralenti avec la bande sonore déformée. Le seul vrai son qui est parvenu distinctement à mes oreilles, c’est celui de l’appel à la prière, alors que je faisais une petite sieste avant le repas du soir. Bien qu’étant parfaitement athée, j’ai ressenti cela comme une sorte de respect que je devais envers les gens qui vivaient là-bas, ne pas attenter à leurs croyances quoiqu’on en pense. Comment être autrement avec des gens qui vous sourient, qui s’inquiètent de savoir si tout va bien, des enfants qui rient, cette petite fille qui vous emmène par la main pour vous monter avec fierté un agneau, ici pas de Playstation ou de Gameboy, et ils n’ont pas l’air d’être plus malheureux ! Et ce paysan, sans doute pauvre comme Job, dans son costume traditionnel duquel émerge son visage buriné, qui vous amène humblement un poulet par peur que vous n’ayez pas assez à manger… J’ai cru Brassens me chanter un couplet ajouté à  « La Chanson Pour l’Auvergnat » en s’excusant de l’avoir omis un couplet. Je crois que sur notre bonne vieille planète, il y a des endroits où l’on se sent mieux qu’ailleurs, celui-là en est un !

Regardez cette vidéo extraite de « J’irai Dormir Chez Vous » au Maroc. Elle parle mieux que mille mots.

Pour se mettre dans l’ambiance et regarder les photos, une célèbre chanson arabe interprétée par Sapho.

Toutes les photos suivantes datent d’une centaine d’années. J’ai choisi des paysages ou des gens représentatifs du pays.

Source Gallica, BNP, DP