En passant

Musique pour confinement (4)

Pour faire passer un peu le temps, une sélection de musiques dans tous les styles, toutes les époques, dont quelques découvertes personnelles.

1961 – The Shadows / Apache. Une version spéciale, c’est Cliff Richard qui jour de la guitare solo..

1974 – Baiano & Os Novos Caetanos / Dendalei. Cela vient du Brésil et c’est beau.

2018 -Jane Rose & Dead End Boys / Hot Rod Daddy. Un Wanda Jackson de réserve. Des kilos de talent vocal.

1983 – The Dogs / Be My Lover. La France dans ce qu’elle avait de meilleur.

1957 – Slim Harpo / Got Love If You Want It. Le son imparable de ces vieux blues électriques.

1966 – The Four Tops / Reach Out I’ll Be There. Ca travers très bien le temps.

2014 -Zachary Kibbee / Readin’ Your Will. Reprise d’une obscurité pendant longtemps inédite de garage punk.

2014 – The Regents / Barbara Ann. Ils l’ont créée en 1961, eux pas les Beach Boys, les voici plus de 50 ans plus tard.

1976 -ROY BUCHANAN – Roy’s  Bluz. Un guitariste un grand, un fabuleux technicien.

1960 – Cliff Richard, Cherry Wainer, The Shadows / Love. La reine doit en avoir bouffé un de ses nombreux chapeaux. Shocking!

John & The Nightriders / Du surf instrumental revival.

1969 – Velvet Fogg / Une transe de la progressive anglaise, paroles prophétiques, adapté d’un vieux titre de Harry Belafonte.

1978 – The Sex Pistols / No Fun. Quand les Sex Pistols rencontrent les Stooges.

2005 – Cream / Badge. La brève réunion de Cream en 2005. Le charme ne s’est pas complètement envolé.

1975 – Far East Family Band / Timeless. Du planant japonais.

1986 – Nick Cave & The Bad Seeds / The Singer. incontournable.

1966 – The Bad Seeds / Sick And Tired. Des autres mauvaises graines, celles-là ont poussé au Texas 20 ans avant. C’est du garage.

1962 – Henri Salvador / Twist Sncf. / Impayable Salvador.

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Ambre et lumière

En matière de musique je ne suis jamais contenté de ce que le menu de la FM voulait m’offrir comme plat principal, les plus beaux trésors sont ceux que l’on découvre au hasard des rencontres, ceux dont le vent nous souffle l’existence. Ce jour-là, il avait décidé de me souffler un prénom et rien d’autre… Ambre ! Mélange de chanson coquine et de choses plus sérieuses dans l’air du temps, la découverte n’en est pas moins celle d’un CD livré avec un collier de petites perles qui se balancent à l’oreille, dans un décor d’Ambre et de lumière.

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Bas nylons et un conte éclairé

 

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Pour changer un peu, comme nous avons le temps de lire, j’ai écrit une histoire que l’on peut sans hésiter classer dans le catégorie des histoires fantastiques. Bonne lecture et bons frissons.

 

L’homme à la lanterne

 

La petite gare est coincée entre deux parois de rochers. A l’est, au pied d’un pic, par une entaille dans la montagne, une petite route descend vers un petit val où quelques fermes s’éparpillent un peu à la manière de dés ayant roulé au hasard sur une table de jeu. De paisibles troupeaux de vaches paraissent d’immobiles points sur l’herbe. Au loin, un village semble appartenir à un autre monde, de vagues fumées lui donnent un petit air de vie.

A côté de la gare, une vieille maison défie le temps, c’est une ancienne taverne encore fréquentée par quelques clients. Nul ne pourrait se douter qu’elle fut jadis un lieu d’attractions dans lequel on venait s’amuser de loin à la ronde. C’est une victime du progrès, ce progrès qui arriva jadis par le chemin de fer, mais qui finit par être lui-même victime d’un progrès qui se voyait mieux ailleurs.

Vers 1860, l’endroit fut choisi car il offrait l’opportunité de relier trois vallées entre elles par le train sans trop de complications. Les rails jaillirent d’un tunnel pour immédiatement entrer dans un autre tunnel, frôlant la petite gare. Un embranchement menait vers d’autres lieux en passant entre la faille de la montagne. La gare devint un nœud ferroviaire et entraîna son lot de changements. La fumée et le bruit des locomotives rompit des siècles de silence et peu à peu la suie envahit les alentours. La découverte d’une mine de sel accéléra encore la prospérité des lieux, de nombreux ouvriers y trouvèrent du travail. La construction d’une taverne sembla nécessaire pour étancher la soif des voyageurs et des ouvriers. Le soir, elle servait de lieu de rendez-vous à des bons petits bourgeois qui venaient s’encanailler sans crainte d’être montrés du doigt. Facile, il suffisait de prendre le train. Il aurait bien été difficile qu’une femme jalouse vienne surveiller le mari, elle devait aussi prendre le train.

Pendant cinquante ans, les lieux connurent leurs années folles, puis la mine se tarit, puis on supprima l’embranchement, un autre tunnel percé ailleurs raccourcit la liaison avec la vallée voisine. La ligne fut démontée, on ne laissa que quelques dizaines de mètres de rails, le reste alla pour la construction d’autres lignes. Cependant, la petite gare subsista, les trains surgissent toujours de tunnels, quelques-uns s’arrêtent encore pour prendre de rares promeneurs. On jugea inutile la présence de chef de gare, il n’y en a plus depuis longtemps.

La taverne, elle, est toujours là. Elle n’a plus la clientèle d’autrefois, mais quelques habitués viennent toujours boire un coup, quelques promeneurs s’y arrêtent en attendant le train. Et c’est là que commence cette étrange histoire.

– Salut Henri, tu veux boire quoi ?

– Salut la patronne, tu me mettras une bière.

– Il n’y a personne aujourd’hui ?

– Non, mais Pierre ne va pas tarder à arriver, c’est son heure.

– Ah voilà l’Artiste, sa peinture lui donne soif sans doute.

Celui qu’Henri avait appelé l’Artiste était un nouveau dans le coin. Il habitait dans une petite maison, un peu plus bas. Il avait trouvé là l’endroit idéal pour exercer son art. Sans être un grand nom de la peinture, il avait acquis au fil des ans une réputation que bien d’autres pouvait lui envier, il arrivait à vivre de son art. Le personnage était plutôt sympathique, il n’avait pas tardé à se faire des amis parmi la clientèle habituelle. Plutôt du genre bavard, il savait mettre tout le monde à l’aise, et puis il ne rechignait pas à payer une tournée.

– Salut l’Artiste, tu vas bien ?

– Salut Henri, oui je vais bien et toi ?

– Oh, moi ça va toujours, ma femme et mon bétail aussi.

– C’est sympa de mettre ta femme avec tes vaches !

– Tu sais, l’avantage des vaches, c’est qu’elles rapportent et qu’on peut les vendre, mais les vaches ne savent pas faire la cuisine et tenir le ménage, alors tu vois chacun a son utilité.

– Tu sais, je disais ça pour rigoler.

– Mais je sais bien, d’ailleurs tu n’as pas ces problèmes, tu es célibataire.

– Ah moi les femmes, je les vois seulement en peinture.

Pendant ce temps, la patronne avait préparé un café, l’artiste commençait toujours par un café. La porte de la taverne s’ouvrit et un homme entra, immédiatement salué par Henri et l’Artiste

– Salut Pierre, tu viens nous tenir compagnie ?

– Salut l’Artiste, salut Henri, patronne prépare un blanc sec pour ma soif.

– Du blanc sec ? Si tôt le matin ? Tu sais bien que c’est mauvais pour ta tête, après tu vois des fantômes !

– Ah tu vois des fantômes, questionne l’Artiste d’un air moqueur.

Pierre regarda l’Artiste dans les yeux, puis se tourna vers Henri.

– On peut lui raconter l’histoire ?

– On peut, on ne sait jamais, des fois que…

– Alors l’Artiste, écoute ce que je vais te raconter. Il y a quelques années, on avait fait une noce carabinée, ici même. On a fini tard dans la nuit. Je suis rentré pour aller chez moi, en empruntant l’ancienne ligne de chemin de fer. Je marchais depuis quelques minutes quand j’ai vu venir vers moi, un homme avec une lanterne allumée, tu sais un peu avant le tunnel éboulé qui se trouve en-dessus de la maison où tu habites. Ce n’est pas habituel, mais j’ai d’abord pensé qu’il s’agissait d’un promeneur, un admirateur du ciel nocturne où je ne sais quoi, et qu’il avait une lanterne pour éclairer son chemin. Une lampe de poche aurait été plus pratique. Quand il est arrivé à ma hauteur, il m’a regardé dans les yeux et je pensais qu’il allait me dire quelque chose. La lanterne n’éclairait pas beaucoup, mais ses yeux brillaient étrangement, il m’a semblé qu’il avait des larmes dans les yeux. Je n’arrivais pas à prononcer un mot, je n’ai pas la réputation d’un trouillard, mais j’étais figé devant ce personnage. Il n’a rien dit et il est reparti. Je l’ai suivi du regard et quelques secondes après il a disparu, il n’y avait plus de bonhomme, disparu ! Sur le moment je me suis dit que le vin m’avait donné des hallucinations et je suis rentré chez moi, encore tout retourné.

Pierre s’arrêta un instant, visiblement nerveux, regarda Henri et repartit dans son récit.

– Le lendemain, j’ai causé avec mon voisin le père Léon. On a parlé de la pluie et du beau temps, puis j’ai parlé de ma rencontre avec l’homme à la lanterne. Il m’a regardé d’un air surpris et il m’a dit : « Toi aussi ? ». J’étais de plus en plus intrigué et lui demandai de m’en dire plus. Il me raconta alors son histoire, mais avant il me parla d’un fait qui s’était passé il y a longtemps. En 1880, un employé du train avait la charge de contrôler tous les jours l’état de la voie, jusqu’à la gare suivante. Un matin, il partit faire son travail avec sa lanterne, il en avait besoin dans le tunnel. L’a-t-il mal fait ? La malchance joua-t-elle contre lui ? On ne le saura jamais. Il fut établi qu’une des pièces servant à maintenir le rail en place était brisée. Quand le train arriva, le rail s’écarta et le train dérailla. Malheureusement, la voie était au bord de la petite gorge d’une trentaine de mètres de profondeur, qui se trouve juste après la sortie du tunnel. Emporté par l’élan, le train alla s’écraser au fond de la gorge. Il y eut dix morts, tous les passagers du train, et comble de malheur, le fils de l’employé se trouvait dans le train, il se rendait à l’école du village voisin.

– Je me souviens vaguement de cette histoire, mon père m’en avait parlé, mon grand-père avait travaillé comme mécanicien sur les locomotives, souligna l’Artiste.

– Tout le monde vit dans l’employé le coupable idéal, malgré le fait qu’il avait perdu son fils dans l’accident. De plus, le soir avant il avait passablement bu à la taverne, tous les bourgeois se sont bien empressés de le souligner. Les gendarmes l’interrogèrent, il certifia qu’il avait fait son travail consciencieusement et qu’il n’avait rien vu d’anormal. Il fut mis en prison en attendant de futurs interrogatoires, on ne le laissa pas même sortir pour l’enterrement de son fils. Un matin, on le trouva pendu dans sa cellule. Le présumé coupable étant mort, on ne chercha pas plus loin.

– Et quel rapport avec ton histoire de fantôme ?

– En bien, lors de ma conversation avec Léon, il m’affirma que je n’étais pas le seul à avoir vu l’homme à la lanterne, lui-même l’a vu. Il revient sur les lieux avec sa lanterne, il revient inspecter la voie, c’est toujours là qu’on le rencontre. Encore plus bizarre, chacune de ses apparitions semble annoncer un événement tragique. Quand il est apparu à Léon, ce dernier en rentrant à la maison a trouvé sa femme morte dans la cuisine. Dans mon cas, il se produisit aussi quelque chose après ma rencontre avec lui, mon fils se tua dans un accident de voiture deux jours après. Léon me raconta aussi qu’il avait entendu parler d’un homme qui fut tué accidentellement par un chasseur. Il avait raconté à sa femme qu’il avait aussi vu un homme avec une lanterne.

– Alors il n’apparaît qu’à ceux à qui il va arriver quelque chose ? demanda l’Artiste.

– Il semblerait que oui, mais bien sûr on ne sait pas combien l’ont vu, et combien sont morts après l’avoir vu. Mais le fait est que dans la région tout le monde a entendu parler de cette histoire et tout le monde y croit.

– Eh bien, j’éviterai de me promener le long de l’ancienne voie, du reste je n’ai pas besoin de la suivre pour rentrer chez toi.

– Pour sûr, il ne viendra pas frapper à ta porte.

– Allez, on se boit un coup, cela sera plus gai et puis je l’offre avec plaisir.

Un mois passa, un matin Henri entra dans la taverne, l’air agité. Pierre qui se trouvait déjà attablé, le regarda d’un air intrigué.

– Eh bien, ça n’a pas l’air d’aller fort ce matin, des problèmes ?

– Ah si tu savais. Tu te rappelles, hier on parlait de l’Artiste et on s’était dit qu’il y avait trois jours qu’on ne l’avait pas vu ?

– Oui en effet.

– Avant de venir ce matin, je suis passé chez lui pour voir si tout allait bien, je l’ai trouvé mort dans son atelier. Le plus terrible…

Il s’interrompit n’osant raconter la suite, puis il reprit après un moment d’hésitation.

– Sur son chevalet, il y avait une peinture… elle représentait un homme avec une lanterne !

En passant

Exploration en terre musicale inconnue (38)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1967 – The Move / I Can Hear The Grass Grow. Un de ces quelques groupes qui pratiquaient le psychédélique à l’anglaise, sous le regard de Roy Wood. Ils connurent quelques succès avant de se tarnsformer en Electric Light Orchestra. Cet EP est la troisième publication en France du nouveau sous-label de Decca, Deram. Il est relativement courant, sans être visible partout.

1967 Rod McKuen. Chanteur et compositeur américain prolifique qui a eu beaucoup de connexions avec la France. Ayant rencontré Jacques Brel, il fut le premier a adapter ses chansons en anglais,, faisant ainsi de « Ne Me Quitte Pas » (If You Go Away), un standard international repris d’innombrables fois. Brel lui rendra d’ailleurs la pareille en reprenant sa chanson « The Lovers » pour en faire « Les Amants DE Coeur ». qui est il me semble, la seule reprise de Brel dans sa discographie. Mais Kuen s’intéressa aussi à Bécaud et reprendra notamment « Nathale » que l’on trouve sur un rare EP français. Il enregistra aussi quelques chansons en français.

1970 – Waterloo / Meet Again. Groupe pop belge originaire de la célèbre petite ville. Leur album original belge atteint des sommes folles aux enchères, elles peuvent friser les 2000 euros. La France n’a eu droit qu’à ce seul single extrait de cet album. Il est certainement moins rare et beaucoup plus abordable, mais il ne court pas les rues.

1964 – Mary Wells / My Guy. Encore un exemple de ces EP’s du label Tamla Motown publiés en France avec de très belle pochettes qui attirent les collectionneurs internationaux. Cette fois-ci, il concerne une diva du label dont c’est un des titres les plus connus.

1970 -Judy Henske & Jerry Yester / Snowblind. De la musique progressive américaine. Etant donné qu’ils enregistraient sur le label de Frank Zappa, il ne fallait pas s’attendre à trouver des reprises de Frank Sinatra. Intéressant et très rare.

1963 – Little Gerhard & The Chicks / Count On Me. Un des premiers rockers suédois, qui se tourna ensuite vers des choses plus ou moins variétés. La label President qui distribuait aussi les Spotnicks en France, essaya de nous le refiler. Pas courant du tout.

1968 – Alan Stivell / Le Bourreau. Avant de s’établir comme un artiste majeur pour la représentation du folk celtique, Alan Stivell avait enregistré cet EP chez Fontana, annonciateur de la suite. Disons que si le reste de sa discographie est plutôt courante, cette publication est très rare. En 50 ans, je ne l’ai vu que deux fois, dont celle où je l’ai acheté.

1959 – Ken Mackintosh And His Orchestra – The Swivel. Saxophoniste anglais dont deux publications virent le jour en France. C’est plutôt pour la danse, mais on peut presque imaginer ça interprété par  Johnny & The Hurricanes en plus rock.

1964 – Shawn Elliott / The Joker. Exemple type du chanteur qui passionne les foules pour un disque et qui retourne immédiatement à l’obscurité. Pour ce chanteur américain, on se souvient de cette histoire de scandale dans la famille qui lui rapporta un instant de gloire et un peu de fortune, chansons qu’il avait lui-même empruntée à un autre artiste. C’est aussi une des premières chansons de style reggae à connaître un succès international. Cette publication faisant suite à son succès en eut nettement moins.

1964 –  The Hullaballoos / Party Doll. Cas assez rare d’une authentique groupe anglais qui part aux USA et se fasse signer par un label américain, d’autant plus avec un certain succès magnifié par la reprise d’un titre de Buddy Holly « I’m Gonna Love You Too ». C’est le cas des Hullaballoos. Sur le premier EP paru en France, on trouve également un belle reprise du succès de Buddy Knox « Party Doll ». Cette publication est assez rare.

1970 – Peter Haller / Peace. Ce disque enregistré en Angleterre reçut différentes appellations concernant le nom de l’interprète, Haller devient Hallett ou simplement Peter, selon les pays de publication. Excepté la Hollande où il connut un bon succès, il ne marqua pas de points ailleurs. C’est la chanson type de l’ère de cette époque, on chante la paix et l’amour de toutes les manières possibles.  Musicalement celui-ci n’est pas du tout déplaisant.

1977 – Ricky King / Storm Rider. Dans les années 1970, en vacances en Italie, par l’intermédiaire d’un jukebox, j’ai découvert ce titre. En pleine période disco, entendre un truc à la Shadows était assez plaisant. Ricky King est un guitariste allemand qui connut un succès assez considérable dans divers pays et le sien avec des instrumentaux dont notamment « Le Rêve ». Il est vrai que parfois sur les plages italiennes, il était plus facile de manger une saucisse de Francfort qu’une pizza. L’intendance, même musicale, suivait. Un seul 45 tours de lui a été édité en France, mais je ne crois pas qu’il soit très courant, même s’il n’intéresse pas grand monde. C’est la face B de cette publication.

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En passant

Bas nylons et quatre autres de Liverpool

 

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La « British Invasion », est un terme qui recouvre le déferlement du mouvement musical entamé par le succès international des Beatles à partir de 1963. Seuls quelques groupes purent sérieusement prétendre leur faire de l’ombre. Les plus célèbres furent les Rolling Stones à la différence près qu’eux ne se recommandaient pas du même mouvement musical. Ils furent des puissants rivaux tout en imposant une autre musique et sans doute une petite étincelle de génie leur permit d’accéder au podium. Chez les fans de Beatles, on est plutôt séduit par leurs mélodies, tandis que chez ceux des Rolling Stones, le son et la présence du r’n’b est plus prépondérant. Entre eux, il n’y a pas vraiment eu de concurrence, même une franche collaboration à certains moments. On se souvient que le premier succès des Rolling Stones est une chanson des Beatles. A part cet exemple très parlant, ceux qui se lancèrent dans la course aux Beatles sont bien de la même école. Parmi eux, les Searchers furent de ceux qui eurent une place de choix dans la course au hit parade en rivalisant avec les Beatles. Ils pouvaient aussi prétendre à occuper le haut de cette forteresse presque imprenable. et ils le firent. Leur seul handicap, et qui se révéla fatal, c’est l’absence de compositeurs de génie parmi les membres. Aller chercher à gauche ou a droite, le titre plus ou moins obscur qui sera le numéro un de demain, s’avéra un exercice compliqué et financièrement moins lucratif. Néanmoins, il composèrent nombre de titres, spécialement Chris Curtis.
Les Searchers ont au départ un parcours assez commun avec les Beatles, ils viennent de Liverpool et firent aussi une partie de leurs écoles au Star-Club de Hambourg. Ils apparurent quelques mois après la montée en puissance de leurs rivaux.  Pendant deux ans, ils firent de fréquentes apparitions dans les charts anglais, dont trois fois au sommet, une fois seconds, une fois troisièmes, une fois quatrièmes, ceci étalé entre 1963 et 1965. A l’inverse des Beatles, leur succès fut beaucoup plus cantonné à l’Angleterre, ils ne firent que quelques apparitions dans les classements US et plutôt à des places d’estime, exception faite d’une troisième place. Même si tous les gros succès sont, à une exception près, uniquement des reprises empruntées a des artistes américains, ce sont bel et bien leurs versions qui sont passées à la postérité, on en oublie passablement les créateurs. Si le manque de compositeurs internes est flagrant, ce qu’ils pouvaient envier aux Beatles, par contre instrumentalement ils n’avaient à rougir de rien, même que le soliste Mike Pinder est un précurseur de la guitare à douze cordes dans cette école. A l’instar des Beatles, ils travaillèrent passablement les harmonies vocales et c’est assez bien réussi. La formation de l’époque des grands succès comprend: Mike Pinder (1941 -), guitare solo, chant; John McNally (1941 -), guitare rythmique, chant; Tony Jackson (1938 – 2003), guitare basse, chant, quitte le groupe en 1964 remplacé par Frank Allen (1943 -), c’est dommage car c’était un excellent chanteur; Chris Curtis (1941 – 2005), batterie, chant. Jusqu’en 2019, le groupe n’a jamais cessé d’exister, malgré une baisse notable de succès au niveau du hit parade. Ils enregistreront sporadiquement des albums en 1972, 1979, 1981, 1989, 2002.


J’ai une petite anecdote personnelle à propos des Searchers, même si je n’ai jamais eu l’occasion de les voir sur scène, et pourtant j’ai failli. En 2001, le fan club anglais a organisé un concours doté de prix. Le but était de raconter dans un texte pourquoi on aimait les Searchers. Il y avait deux catégories, une pour les fans de langue anglaise, une pour les fans dont l’anglais n’était la langue maternelle, mais qui devait tout de même être rédigé en anglais. Le groupe et quelques représentants du fan club faisait partie du jury. J’ai rédigé mon texte dans la seconde catégorie. j’en avais fait une histoire assez drôle où je racontais que j’avais cru que je comprenais l’anglais quand j’ai écouté le disque où ils chantaient en français, et je l’ai envoyé. Deux mois plus tard, j’ai reçu un mail m’informant que j’avais gagné le concours. Le prix consistait à une invitation à un concert, que je serais reçu dans le backstage, où l’on me remettrait la prix qui consistait notamment en une affiche de concert dédicacée par le groupe. Je n’y suis pas allé car c’est à peu près l’époque où ma femme devait accoucher, et puis il fallait aller à Londres, ce qui ne m’arrangeait pas non plus pour le travail. J’ai quant même reçu l’affiche à la maison avec une lettre signée du groupe qui me félicitait. Dommage.
La discographie en album des années glorieuses comprend cinq album studios, et comme pour les Beatles on publia un LP contenant des enregistrements en public au Star-Club. Contrairement à ceux des Beatles, ils sont d’une qualité sonore très supérieure. Allons explorer ces albums et ces 45 tours, dans tout ce qu’ils contiennent à côté des succès,  titres secondaires qui firent leur réputation à la grande époque et qui sont encore encensés aujourd’hui. J’ai bien évidemment fait un choix. Sélection à peu près chronologique entre 1962 et 1965.

Extrait des enregistrements au Star-Club en 1962.

De la même veine, c’est assez marrant de trouver cette chanson, Hey Joe », qui sera un succès mondial pour Jimi Hendrix dans une version complètement remaniée en 1967.

Des enregistrements avaient été faits en studio au début 1963. Ces bandes sont connues sous le nom de « Iron Door Sessions » et ne sortiront que 40 ans plus tard.

Titres figurant sur les 45 tours.

Originalement la face B de premier hit. Un original composé par le batteur, qui fut aussi le principal compositeur.

Face B de Needles And Pins, extrait de film sur playback. Un original composé par Tony Hatch, également compositeur sous pseudo de leur second hit « Sugar And Spice »

Face B de « When You Walk In The Room », un original du groupe assez plaisant, sorte « d’image de marque » de leur son. On retrouve une première mouture de cette chanson sur « Iron Door Sessions » avec le titre « Darling Do You Miss Me »

Ce titre est le générique du film « The System ». Pendant longtemps, il n’a figuré que sur un EP anglais du même nom.

Face B de « Goodbye My Love ». un original du groupe, qui aurait peut-être mérité une face A.

Titres figurants sur les albums

Album Meet The Searchers

L’intégralité de cet album se trouve dans un autre article ICI

Album Sugar And Spice

Reprise d’un titre de Carl Perkins.

Reprise d’un titre des Chiffons.

Reprise d’un titre de Ronnie Hawkins.

Album It’s The Searchers

Celui-là aurait mérité une sortie en single. Chanson de Betty Everett qui sera un grous succès pour Cher bien plus tard.

Reprise d’une chanson de Dionne Warwick, très « British Beat ».

L’immortel de Tommy Tucker.

Album Sounds Like Searchers

Une reprise r’n’b créée par Moody & The Delats, des célèbres compositeurs Jeff Barry & Ellie Greenwich.

Très bonne reprise de « Bumble Bee » de Lavern Baker.

Un original de Chris Curtis.

Album Take Me For What I’m Worth, sans doute leur album le plus créatif.

Reprise depuis Marvin Gaye.

Un original de Chris Curtis, le son évolue.

Un original de John McNally.

Un original de Chris Curtis et Mike Pender.

Documents.

Un petit film capturé au Star-Club de Hambourg.

Un des beaux documents existants, le concert du New Musical Express 1964 et un groupe déchaîné, spécialement Chris Curtis, et toujours le même micro baladeur…

Les Searchers et « Needles And Pins » en allemand.

Les Searchers et « Sugar And Spice » en français, aussi exploité par Michel Page.

Les Searchers lors du concert d’adieu en 2019.

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Musique pour confinement (3)

Pour faire passer un peu le temps, une sélection de musiques dans tous les styles, toutes les époques, dont quelques découvertes personnelles.

1969 – Allman Brothers Band / Every Hungry Woman. Le rock sudiste.

1966 – The Velvet Underground / Venus In Furs. Un album avec une banane qu’il fallait peler et l’on trouvait ça à l’intérieur. Historique.

1967 -David McWilliams / Redundancy Blues. Beaucoup plus connu pour une autre chanson, mais celle-là vaut quand même le détour.

2014 – Goat / Gathering Of Ancient Tribes. Groupe suédois, musique qui ne capte pas forcément l’oreille au premier coup, mais plus on écoute, plus on risque de trouver bien. La guitare en fond est assez obsessionnelle. C’est une de mes récentes découvertes, et ce n’est pas le seul titre que j’aime.

1970 -Van der Graaf Generator / The Boat Of Millions Of Years. Un petit voyage dans le planant, allez fais circuler !

1966 -13th Floor Elevators / Kingdom Of Heaven. Un extrait d’un des plus beaux albums de musique psychédélique.

1985 – The Miners Of Muzo / The Apogee Of Love. J’ai aussi eu mon apogée d’amour pour ce titre. Ce sont des Hollandais

1985 – Le duo de choc suisse Yello.

1963 – Bobby Darin / Work Song. Pas besoin d’avoir un tas de musiciens pour faire un grand disque, une contrebasse et une batterie suffisent.

1967 -The Easybeats / Friday On My Mind. Ca c’est des bons souvenirs.

1980 – Bauhaus / Small Tall Stinks. Ah le rock gothique, certains écoutaient plutôt Abba, pour ma pomme c’était plutôt ce genre de trucs. Oh je sais, je n’avais pas que des amis.

1983 The Chameleons / Paper Tigers. Extrait d’un album qui doit être une de mes plus fortes écoutes dans les année 80. Tout est parfait.

1979 – Scorpions / Kojo No Tsuki. En live au Japon, avec un truc qui n’a pas grand chose à voir avec le hard rock,

2015 – St Germain / Real Blues. Ce mec a le groove.

1975 – Patti Smith / Elegy. La reine punk qui s’est depuis pas mal embourgeoisée.

1968 – Les Moby-Murenes / Daydream. Un disque complètement amateur fait par des étudiants en Suisse. Pas mal du tout.

 

Helena Russo & Mazzikatea Band / Mawood. Un petit tour vers la musique arabe. Une de plus célèbres chansons d’Egypte. Elle sert souvent de prétexte à la danse, et c’est quand même plus sensuel que de danser le jerk.

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