Calvin Russell – La fin de la route

Il y a des mecs qui passent comme ça dans une vie, dans la mienne, dans la vôtre. Et puis, ils s’en vont vers un ailleurs où nous irons une autre fois, nous laissant le souvenir d’une pluie froide qui tombe des brumes qu’il a traversées dans sa vie. Une « gueule » que l’on s’attend presque à rencontrer dans les endroits où la liberté suinte à travers les actes de la solitude, premier pas vers sa glorification. Calvin Russell est mort, peu importe la date, elle n’entrera pas dans l’histoire, d’ailleurs il s’en fout. Son parcours, cabossé comme sa pomme, est un burin qui l’a façonnée au cours des ans. Il chante la liberté, la vie, la prison, les amis, il a tout essayé avec réussites ou échecs. Quand il en fait une chanson, elle devient vraie, ce n’est rien d’autre que le miroir de sa vie dans lesquelles quelques unes de nos images peuvent se refléter et le faire sourire. Oui, il sait sourire sous son chapeau qui empêche le soleil du Texas de lui taper trop sur la tête. Mais son sourire est celui des histoires drôles connues de lui seul. Seule sa musique nous est perceptible, pour autant que l’on supporte l’odeur du bourbon mélangée à celle des cigarettes collées au manche de sa guitare. C’est un tout venu échouer sur les rives de la vieille Europe, où il était plus apprécié semble-t-il, que dans sa terre natale qui lui a donné la vie certes, mais pas grand chose d’autre. Son blues résonne encore dans les salles d’ici et d’ailleurs, poussières accrochées au firmament d’un héros sans gloire, à la sincérité écorchée par soixante trois ans d’un parcours lumineux à sa manière.

Sa plus fameuse chanson « Crossroads » en studio

La pub pour Motorex

Un petite playlist de Calvin Russell avec un titre en français

Quelques titres de Calvin Russell.

Moody Blues – Bye Bye Bird

Ceux qui avaient un âge raisonnable en 1965, c’est à dire plus d’une dizaine d’années et qui écoutaient Salut les Copains se souviennent d’un disque au succès inattendu et typiquement français interprété par les Moody Blues, alors dans leur première époque, « Bye Bye Bird ». Le titre est une reprise du fameux Sonny Boy Williamson ll, un des rois incontestés de l’harmonica. La version des Moody Blues se veut une démonstration de virtuosité à l’harmonica, et c’est ma foi assez vrai. A l’origine le titre est destiné au remplissage du premier album et pas du tout prévu comme un hit potentiel. Les coulisses du showbiz étaient parfois sinueuses et imprévues, le disque dans une édition typiquement française devient un super hit. Nous allons nous attarder un moment sur cette merveille à travers un clip filmé par la télévision allemande. L’harmonica est tenu par Denny Laine, compositeur et guitariste du groupe, qu’il quittera peu après pour joindre sa destinée à celle de Paul Mc Cartney au sein de Wings. Il y a va à fond la caisse, se trompe et s’en excuse, mais cela reste un moment d’anthologie rien que de la technique. Bien sûr on retrouvera les Moody Blues, deux ans après dans « Night In White Satin », mais c’est une autre histoire. On peut parfois regretter cette première époque.