Calendrier juin 2013 avec Miss Nylon

Et pour juin, une visite chez Miss Nylon…

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Pour imprimer: cliquer sur l’image et la copier. La coller dans un logiciel de traitement d’images quelconque. Si vous n’en avez pas, le Paint fourni avec Windons 7 convient très bien: aller sous tous les programmes/accessoires/paint. Ajuster à la dimension de la page en paysage, le reste dépend de la qualité de votre imprimante. La résolution de l’image est suffisante pour faire une bonne impression, au propre comme au figuré.

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J’ai toujours été étonné quand je parcours les vieilles archives, la place faite à la lingerie dans les journaux qui ne lui sont pas spécialement dédiés. J’ai pris un peu au hasard un journal tendance conservateur, je sais qu’à l’époque de l’après-guerre, tous les journaux le sont plus ou moins. Il y a peu de révolutionnaires parmi les journalistes, excepté quelques publications très politisées, plus spécialement du côté gauche de la politique. Il n’y pas vraiment matière à susciter les émeutes parmi les citoyens. La place de travail est facile d’accès, c’est le plein emploi. Le seul vrai thème porteur est la condition et la rétribution de la dite place de travail. C’est surtout là que se centralise la lutte ouvrière, quand elle existe. Ironiquement, on peut observer que 60 ans plus tard, on se bat surtout pour conserver cette « mauvaise » place de travail. Mais revenons à ces fameuses années que l’on a surnommé les trente glorieuses et qui je crois, vont entrer dans l’histoire en gardant le même nom, comme on parle aujourd’hui de la renaissance, de la belle époque. La presse quotidienne est standard, passe partout, on parle de tout et de rien et pourquoi pas de temps en temps de lingerie. Elle commente l’évolution de confort quotidien, de la libération des moeurs et plus spécialement de la technologie, qui franchit chaque année un nouveau seuil. La télévision devient un must. Le disque microsillon permet d’écouter ses idoles à crédit et en stéréo. La transistor envahit la cour des écoles, tout en cassant les oreilles du voisin de plage. Le magnétophone encombrant et lourd accouche d’un fils, qui lui, utilise des cassettes qui seront pendant trente ans le principal support pour faire son programme personnel dans la voiture. Pour les puriste du nylon, le révolution n’est pas joyeuse, le collant supplante allégrement le bas nylon, exit les porte-jarretelles, les corsets, les gaines. Un chose va changer, si avant on parle de lingerie assez banalement, l’après collant va lui donner une nouvelle impulsion et introduire la nostalgie. On ne regarde plus un bas tenu par une jarretelle de la même manière. Avant on le montre sans plus, après on l’expose. Il sert assez facilement à l’illustration dans les magazines, on peut même parler de support de vente. La presse quotidienne peut même en faire un titre, qui attirera un plus grand nombre de lecteurs…

Voici, dans l’ordre inverse de la chronologie, quelques extraits de ce journal. Toutes les images peuvent êtres agrandies en leur cliquant dessus pour une meilleure lisibilité, c’est même indispensable pour certaines.

La page télévision, sur Arte une émission spéciale consacrée à la lingerie. On peut supposer que les messieurs ont pour une fois regardé le même programme que madame.

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Cinquante ans plus tôt, on n’ose imaginer que l’histoire fut relatée avec le même souci du  détail. Un cadavre masculin vêtu de bas et porte-jarretelles, c’est très porteur, surtout quand il s’agit d’un député.

 

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Je vous le disais, on peut mettre certains mots dans un titre pour le rendre plus aguicheur, porte-jarretelles ne manquera pas d’attirer le lecteur potentiel.

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Texte d’un publicité. D’après l’année, on remarque que le revival du porte-jarretelles est bien présent. Ce n’est pas l’euphorie, mais on y pense.

 

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Eh oui, 1965, c’est encore une année où le bas a droit de cité, on en parle tout naturellement au cours de cette article dédié à la jeunesse, comme on parlerait maintenant d’attacher sa ceinture quand on monte en bagnole.

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Une année plus tôt, il est encore questions de jeunes et de lingerie, même un assez long article.

 

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L’article suivant peut avoir un petit côté que frôle le surréalisme, du moins André Breton ne l’aurait certainement pas renié. Quelles sont les préoccupations que vous pourriez avoir quand vous séjournez dans un chalet aux sports d’hiver.

22  052413-7Quelques années avant sans doute la plus célèbre des gaines fait la une du journal, du moins dans la partie publicité.

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Nos disques mythiques (11)

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En 1963, les Searchers sont en concurrence sérieuse avec les Beatles. Ce ne sont pas des prétendants, mais de rivaux. Le moindre de leur disque est no 1, ou au pire no 2. Ils sont incontestablement en terme de succès le groupe de Liverpool le plus populaire avec les Beatles. Comme eux, ils ont pas mal séjourné au Star-Club de Hambourg. Ce qui leur manquera le plus, c’est un duo de compositeurs comme Lennon et McCartney. Qu’importe, ils sont d’excellents musiciens et savent dénicher le chanson qui fera le succès, parmi le gigantesque répertoire des musiciens américains connus ou inconnus. Justement leur premier disque « Sweets For My Sweet » (Ma Biche- Frank Alamo), est immédiatement un no 1 et connait un succès retentissant. Cela leur vaut un premier album « Meet The Searchers » qui ne contient que des reprises, mais qui connaît un succès considérable. Les reprises sont mises au goût de Liverpool et c’est potentiellement très aguicheur, magnifié par le chant de Tony Jackson, le bassiste. C’est tellement fort que plusieurs titres auraient pu faire un succès s’il avait été sortis en single. Pour rattraper un peu ce gâchis, leur maison de disque Pye, décide d’extraire quatre titres de cet album et les publier en 45 tours. C’est un moyen d’attirer les fans qui n’ont pas tous les moyen de s’offrir un album. Emballé dans une pochette illustrée avec la reprise du nom du groupe en perspective comme sur le premier album, le titre principal est attribué à « Ain’t Gonna Kiss Ya ». C’est un choix un peu arbitraire, mais c’est vrai que la chanson est plus que séduisante. C’est la reprise d’un truc américain assez obscur, chanté auparavant par Suzie Clark et dans une autre version par les Ribbons. Ironie du sort, la chanson a été composée par un chanteur qui va devenir l’année suivante une star en Angleterre, PJ Proby. Si cette chanson est aujourd’hui connue, c’est bien à la version des Searchers qu’on le doit. Un autre titre va aussi casser la baraque, « Farmer John » un semi rock and roll de 1959 lancé par le duo noir Don et Dewey. Via la version des Searchers beaucoup plus énergique, ce titre fera les beau jours de pas mal de groupes, y compris les Hep Stars une première mouture de Abba. Le choix du titre principal aurait pu revenir aussi à « Love Potion Number Nine, composition de Jerry Leiber et Mike Stoller (Jailhouse Rock pour Presley) par les Clovers en 1959. La version des Searchers est superbe, pour moi c’est toujours la meilleure que je connaisse. Elle fera un carton aux USA une bonne année plus tard et hissera à la 3ème place des charts américains. Pour terminer, « Alright », lancé par les Grandisons. Une fois de plus les Searchers savent insuffler du punch dans un titre qui va devenir un classique grâce à leur version classe. Pour le groupe, ce disque ne  fera qu’assoir sa réputation  et connaîtra un franc succès en termes de ventes. Le preuve se voit encore aujourd’hui, il est encore relativement facile à trouver. Vu sous l’angle de Liverpool et de la Beatlemania, ce disque est un chef d’oeuvre qui peut faire de l’ombre à la production Beatles de la même époque. Historiquement, les Searchers sont une des pages importantes du Liverpool Sound. Passés maîtres dans l’art de la reprise pour en faire des perles, tous les fans des sixties connaissent quelques chansons qui ont fait les beaux jours de leur adolescence, via un tube des Searchers. Le France n’échappe pas à ce phénomène, Frank Alamo, Michel Page, Claude François, Michèle Torr, Petula Clark, Richard Anthony ont un tube des Searchers à leur répertoire. Le groupe lui-même en a chanté quatre dans notre langue. Une pièce de collection que les fans du monde entier convoitent.

Ray Manzarek a fermé sa porte

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En 1967, on n’y échappait pas, les radios branchées nous offraient « Light My Fire », le tube d’un groupe tout à fait nouveau les Doors. Dans une version raccourcie d’une bonne moitié, la chanson faisait les belles soirées d’un jukebox qui nous menait à la fin de la nuit. Jamais, peut-être un groupe n’a autant démérité de s’appeler groupe. D’un côté il y avait Jim Morrrison, un beau dieu entièrement fabriqué par le showbiz, au verbe poétique qui voyait un tas de trucs là où la plupart des gens ne voyaient rien du tout. De l’autre côté, il y avait les musiciens, ceux qui jouaient d’un instrument s’entend. Ray Manzarek était un peu l’homme orchestre de la bande, claviers, contre ses deux amicaux adversaires, John Densmore, batterie et Robbie Krieger, guitare. Pourtant de ces oppositions naquit une belle alchimie que le groupe entretient avec des chansons juste assez faciles pour en faire des tubes, beaucoup plus compliquées pour s’attacher la fidélité de ceux qui cherchaient autre chose, qui voulaient ouvrir d’autres portes. L’aventure, une des plus revisitées par les musiciens en mal de répertoire, dura intensivement et musicalement  jusqu’à la mort de Morrison en 1971. Ils explorèrent un peu tous les styles avec un bonheur certain, chaque fan a son propre répertoire, ses propres préférences. Il y a autant de « j’aime » que de fans. Qui ne se souvient de « The End » dans « Apocalypse Now »?

This is the end my friend, RIP Mr Manzarek (1939-2013)

Nos disques mythiques (10)

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Ce disque a une importance capitale dans ma vie. Si j’en suis là aujourd’hui avec mes connaissances musicales, c’est un peu grâce à lui. En 1965, j’avais déjà flashé sur un ou deux groupes dans la même lignée. Il y avait les Yardbirds et les Pretty Things et dans une certaine mesure les Rolling Stones, bien que cette année là ils nous proposaient déjà des choses plus personnelles. Ma passion pour les Yardbirds m’avait fait découvrir leur fameux premier album « Five Live Yardbirds ». Pour les Pretty Things, je m’en tenais pour des raisons surtout financières aux 45 tours. Un jour dans un magasin en parcourant le bac des soldes, je suis tombé sur un 33 tours qui m’a intrigué. La pochette étalait une photo avec cinq gaillards qui avaient l’air de sortir d’un conte de Dickens racontant l’histoire d’une bande qui sévissait dans les bas fonds d’un sordide quartier.  Mes connaissances musicales étaient encore assez élémentaires, mais en parcourant les titres des chansons, j’ai remarqué que sur les crédits des compositeurs des chansons figuraient Chuck Berry, Willie Dixon, Bo Diddley. De plus, une des chansons « To Much Monkey Business » ne m’était pas inconnue, elle figurait en ouverture du disque des Yardbirds et je l’adorais. La somme demandée étant assez modeste, je pris le risque d’acheter la chose. Arrivée à la maison, j’ai avalé le contenu sans subir d’indigestion, charmé par la découverte. Depuis,  je fais partie d’une secte, celle des Downliners Sect et l’album fait toujours partie de ma collection.

Dans l’immédiate suite qui vit le couronnement des Beatles, pas mal d’artistes s’engouffrèrent dans la porte ouverte pour faire du Beatles. Dans l’ombre de cet engouement, d’autres misaient misaient sur un style plus brut, importé de l’Amérique noire des bluesmen et plus spécialement de Chicago via les studios Chess. Les Rolling Stones en sont l’exemple le plus connu. Historiquement, et plus spécialement en 1964, il y a très peu d’albums publiés en Angleterre et interprétés par des musiciens anglais qui peuvent se recommander uniquement de cette influence là. Les Stones, les Yarbirds et justement les Downliners Sect. Dans le cas des Downliners Sect, on ne peut pas dire que cette oeuvre pionnière leur rapporta un francs succès. L’album se vendit plutôt modestement, de quoi en faire une pièce de collection assez difficile à trouver par la suite. Et pourtant c’est une pièce maîtresse dans le style, qui entrera quand même dans la légende plus tard avec toute la reconnaissance avec laquelle on peut vénérer cette galette.

L’album fut publié par Columbia et produit par Mike Collier. Le contenu propose quelques reprises et des originaux, ces derniers sont tellement parfaits qu’ils sonnent exactement comme si c’était des reprises. Voici le contenu en détail:

  1. Hurt By Love
  2. One Ugly Child
  3. Lonely And Blue
  4. Our Little Rendezvous
  5. Guitar Boogie
  6. Too Much Monkey Business
  7. Sect Appeal
  8. Baby What’s On Your Mind?
  9. Cops And Robbers
  10. Easy Rider
  11. Bloodhound
  12. Bright Lights. Big City
  13. I Wanna Put A Tiger In Your Tank
  14. Be A Sect Maniac

Pour les reprises les spécialistes noteront la présence de titres de Charlie et Inez Foxx, Chuck Berry, Jimmy Reed, Bo Diddley, Larry Bright, Muddy Waters. Les originaux sont du groupe ou attribués au producteur. Vous remarquerez au passage qu’ils s’amusent à faire des jeux de mots avec les titres et le nom du groupe « Sect Appeal » ou « Be A Sect Maniac ». Les interprétations ne manquent pas de punch, c’est même de temps en temps assez sauvage, mais toujours très classe. C’est un album indispensable pour les amateurs du genre et une belle découverte pour ceux qui considèrent que la variété, on en a vite fait le tour.

Pour la suite, le groupe continuera de s’illustrer en ne faisant rien comme les autres. L’année suivante, ils sortent un album qui contient de la musique country « Country Sect » et un 4 titres « The Sect Sing Sick Songs », faisant la part belle aux titres ayant la mort pour thème. En 1966, c’est un album « The Rock Sect’s In » où figure « Why Don’t You Smile Now » en version originale. Ce titre sera repris par le… Velvet Undergound, rien que ça! Si le groupe reste peu connu en Angleterre, ils explosent en Suède où ils obtiennent un succès pas possible avec une reprise de « Little Egypt » des Coasters dans une version pour le moins succulente. Cela leur vaudra un album typiquement suédois, certainement le plus rare de leur discographie, j’ai mis 30 ans pour en trouver une copie et je l’ai payé nettement plus cher que le premier.

En 2013, le groupe existe toujours avec Don Craine et Keith Grant, respectivement guitariste rythmique et bassiste et aussi les deux chanteurs attitrés, survivants du groupe original. Au fil des ans ils ont enregistré ici et là quelques galettes dont la plus exotique est un album (excellent) de punk sous le nom F.U.2, album publié en France en 1977, sûrement un des rares albums punk enregistré par des presque quadragénaires. Sous le nom de Haedcoats Sect, ils ont collaboré avec Billy Chiddish un déroutant et intéressant personnage, à la fois musicien, écrivain, poète et peintre.

Vous avez vos livres de chevet? J’ai des disques de chevet et assurément « The Sect » en est un!

L’album en entier

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Prêts pour une nouvelle aventure dans les journaux d’époque qui parlent de nylon?

A l’évidence dès que le collant remplaça le bas, les articles de presse le mentionnant se font plus rares. Ce n’est pas qu’ils aient occupé la une avant, loin de là. On en faisait mention dans les publicités et les articles plus spécialement destinés aux lectrices. La presse quotidienne était plutôt orientée mâle, on mentionnait plus volontiers le dernier salon de l’automobile ou le fusil à trois coups pour les chasseurs. Ce n’était pas, à mon avis, la meilleure des idées. La femme, plus souvent reléguée au rôle de ménagère jusqu’à la fin des années 60, avait sans doute plus de temps de parcourir le journal son ménage une fois fini. Pendant que  la marmite à vapeur émettait son doux sifflement, promesses d’un dîner succulent, je la vois assez lire le journal. Ma mère le faisait et elle n’était pas la seule. Potentiellement la femme est plus compliquée, ouh. là n’allez pas y voir un Boss machiste et fier des poils de barbe qui poussent sur sa figure, celles qui me connaissent le savent bien. Mais non, mais non, quand je dis cela, je pense aux accessoires qui font partie de la panoplie du nécessaire féminin pour une femme qui accorde un tant soit peu d’attention à sa personne. Prenons comme exemple une femme en 1960. A part sa garde-robe standard, ce qui est usuel pour ne pas causer une émeute dans les rues, il y a des accessoires qui ne font pas partie de celle de l’homme. Je pense à la lingerie tout d’abord, un soutien-gorge, un porte-jarretelles, une gaine, une culotte, une combinaison, un jupon, assez courants à cette époque, et des bas. En comparaison pour l’homme, un slip et des chaussettes sont suffisants. Rien que le bas est un objet qui demande un renouvellement assez fréquent, il file, il se déchire, et puis admettons aussi que la qualité n’était pas toujours au top. Les autres accessoires ne sont pas non plus inusables. Je pense qu’un porte-jarretelles employé quotidiennement comme c’était le cas, devait marquer des signes de faiblesse au bout de 3 ou 4 mois. A côté de cela, il y a les produits de beauté, maquillage, soin de la peau, hygiène. Comme on le voit, et j’oublie volontairement ce qui peut servir à l’entretien du ménage, la femme est involontairement plus dépensière que son pendant masculin. Elle doit faire face à des achats qui font d’elle la ménagère et la belle qui essaie de plaire à son mari. Je me suis toujours étonné du manque de place qui lui est accordé dans les journaux, sans oublier le côté éditorial, l’affaire est surtout entre les mains masculines. On les tolère juste pour une rubrique mode, un recette de cuisine, très rarement elle commente les faits politiques. Si quelques hebdomadaires ou mensuels lui sont plus particulièrement dédiés, là encore le haut de la hiérarchie est rarement occupé par une femme.  Les chose ont changé depuis, sans que l’on arrive vraiment à une pleine reconnaissance de la vision féminine de la société, qui n’est pas forcément pire que la masculine, bien que certains aient encore de la peine à l’admettre. La vision réductrice de la femme dépensière a encore des beaux jours devant elle. J’ai profité de glisser un mot petit intermède sociologie dans cet article, tant il est visible quand on consulte les vieux journaux.

Nous disions donc que le mot bas avait peu à peu disparu de la presse pour des raisons de changement d’habitudes. Pourtant, et cela m’a fait bien marrer, j’ai trouvé sa mention assez fréquente dans des articles relatifs à des faits divers, hold-up, braquages, attaques à main armée et autres filouteries. Le bas est devenu un accessoire qui n’a plus rien de glamour, mais sert à cacher le visage. A partir de là, la situation peut prendre une tournure humoristique. On imagine les fabricants de bas espérant une hausse des attaques à visage masqué pour vendre la marchandise. Ou encore le flingue vendu avec cartouches et bas, le kit du parfait malfrat. Le perfectionniste qui met un bas sur son visage avec un porte-jarretelles autour du cou pour qu’il tienne en place. Les jumeaux qui adoptent le collant. Il faut quand même se méfier, dans notre société qui veut tout réglementer, l’interdiction de la fabrication des bas, accessoire prisé par les délinquants. Alors je lance un appel aux intéressés, changez vos habitudes, vous ne voudriez quand même que l’on interdise une si belle chose.

Bon assez ri, soyons sérieux. Un point qui n’a pas échappé à la presse, c’est le cinquantenaire de l’invention du nylon, en 1988. Bien qu’un commentateur se plante et parle de 40 ans. Quelques articles commémoratifs retracent son avènement, tout en vous rappelant que vous pouvez cliquer sur les images pour une meilleure lecture.

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Les plus anciens se rappellent sans doute un fait divers qui avait secoué l’Autriche en 1977. L’enlèvement d’un industriel, âgé de 74 ans, libéré contre rançon quatre jours plus tard. Cet industriel, Walter  Michael Palmers,  était une sorte de roi du bas nylon. Sa descendance existe toujours sous le nom de Palmers et est encore aujourd’hui un grand groupe qui domine les marchés de l’Est et l’Allemagne. Ici ils sont assez peu connus, toutefois ce sont eux qui ont racheté Lejaby en 2008, avec toutes les péripéties que l’on connaît ensuite.29  050413-4

J’en profite pour signaler concernant le même histoire, comment les erreurs peuvent parfois entacher la vérité historique. Lors du rachat de Lejaby, il en est fait mention dans la presse française, le Figaro, qui parle aussi à titre de rappel de l’enlèvement. Je cite:

Outre ses enseignes omniprésentes et sans guère de concurrence dans les villes autrichiennes et allemandes, la firme Palmers doit également sa notoriété à un fait divers survenu en 1977 : l’enlèvement de son PDG, Walter Michael Palmers, par un groupuscule proche de la Fraction armée rouge. La victime fut libérée après cent jours de détention, contre la somme astronomique de 31 millions de schillings (environ 2 millions d’euros), et ses ravisseurs arrêtés peu après. Un film documentaire* consacré à cette histoire est sorti en 2007 en Autriche.

Comme vous le remarquez, la durée de l’enlèvement de 4 jours passe à 100 jours, quant à la somme de la rançon, à ma connaissance, elle n’a jamais été précisément connue. Le premier article est seul proche de la vérité.

En 1974, il est sûr que le bas nylon n’était plus très coté en bourse. Témoin cette annonce commerciale concernant une liquidation. N’est-ce pas mesdames que vous rêvez d’acheter vos bas aujourd’hui pour ce prix là?

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1966 – Il n’y a pas que des clopes ou des bonbons dans les distributeurs automatiques, il y a aussi des bas. Voici ce qu’en dit la presse de l’époque.

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1965 – Les enquêtes consommateurs existent déjà, mais plutôt que de comparer les méfaits de l’huile de palme avec les bienfaits de l’huile d’olive, on passe les bas à la loupe. Dommage qu’ils n’aillent pas jusqu’à mentionner le nom des marques. Cela doit être un secret militaire en Suisse, pays d’origine de l’enquête.

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Abandonnons les journaux pour ouvrir les pages d’un livre et en extraire une citation:

« La ligne du slip et celle du porte-jarretelles ressortaient nettement. Quant à sa poitrine. à sa magnifique poitrine, rien en la tenait »

Elle pourrait être issue d’un San-Antonio. Mais non il s’agit d’un de nos meilleurs écrivains, dépositaire du mot « rififi, tantôt gouailleur, tantôt profond, il est aussi l’un des grands « fournisseurs » pour le cinéma où le parler populaire est à l’honneur. Il s’agit bien sur de Auguste le Breton, et de son excellent roman « Les Tricards », paru en 1958. Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est un tricard, eh bien il s’agit d’un condamné qui a une interdiction de séjour dans certains départements, la Seine notamment. Ils étaient obligés de survivre dans des endroits où les combines sont moins faciles. L’histoire se passe dans une entreprise qui occupe justement ces rejetés, en les payant au lance-pierre, avec toutes les aléas qu’une cohabitation de ce genre peut amener. Mais je me mets dans la peau de l’auteur, car il a bien dû imaginer la scène. C’est juste glissé comme ça dans l’histoire, qui n’a que de brèves allusions à la sexualité.

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A bientôt pour de nouvelles exploration d’archives