Nos disques mythiques (11)

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En 1963, les Searchers sont en concurrence sérieuse avec les Beatles. Ce ne sont pas des prétendants, mais de rivaux. Le moindre de leur disque est no 1, ou au pire no 2. Ils sont incontestablement en terme de succès le groupe de Liverpool le plus populaire avec les Beatles. Comme eux, ils ont pas mal séjourné au Star-Club de Hambourg. Ce qui leur manquera le plus, c’est un duo de compositeurs comme Lennon et McCartney. Qu’importe, ils sont d’excellents musiciens et savent dénicher le chanson qui fera le succès, parmi le gigantesque répertoire des musiciens américains connus ou inconnus. Justement leur premier disque « Sweets For My Sweet » (Ma Biche- Frank Alamo), est immédiatement un no 1 et connait un succès retentissant. Cela leur vaut un premier album « Meet The Searchers » qui ne contient que des reprises, mais qui connaît un succès considérable. Les reprises sont mises au goût de Liverpool et c’est potentiellement très aguicheur, magnifié par le chant de Tony Jackson, le bassiste. C’est tellement fort que plusieurs titres auraient pu faire un succès s’il avait été sortis en single. Pour rattraper un peu ce gâchis, leur maison de disque Pye, décide d’extraire quatre titres de cet album et les publier en 45 tours. C’est un moyen d’attirer les fans qui n’ont pas tous les moyen de s’offrir un album. Emballé dans une pochette illustrée avec la reprise du nom du groupe en perspective comme sur le premier album, le titre principal est attribué à « Ain’t Gonna Kiss Ya ». C’est un choix un peu arbitraire, mais c’est vrai que la chanson est plus que séduisante. C’est la reprise d’un truc américain assez obscur, chanté auparavant par Suzie Clark et dans une autre version par les Ribbons. Ironie du sort, la chanson a été composée par un chanteur qui va devenir l’année suivante une star en Angleterre, PJ Proby. Si cette chanson est aujourd’hui connue, c’est bien à la version des Searchers qu’on le doit. Un autre titre va aussi casser la baraque, « Farmer John » un semi rock and roll de 1959 lancé par le duo noir Don et Dewey. Via la version des Searchers beaucoup plus énergique, ce titre fera les beau jours de pas mal de groupes, y compris les Hep Stars une première mouture de Abba. Le choix du titre principal aurait pu revenir aussi à « Love Potion Number Nine, composition de Jerry Leiber et Mike Stoller (Jailhouse Rock pour Presley) par les Clovers en 1959. La version des Searchers est superbe, pour moi c’est toujours la meilleure que je connaisse. Elle fera un carton aux USA une bonne année plus tard et hissera à la 3ème place des charts américains. Pour terminer, « Alright », lancé par les Grandisons. Une fois de plus les Searchers savent insuffler du punch dans un titre qui va devenir un classique grâce à leur version classe. Pour le groupe, ce disque ne  fera qu’assoir sa réputation  et connaîtra un franc succès en termes de ventes. Le preuve se voit encore aujourd’hui, il est encore relativement facile à trouver. Vu sous l’angle de Liverpool et de la Beatlemania, ce disque est un chef d’oeuvre qui peut faire de l’ombre à la production Beatles de la même époque. Historiquement, les Searchers sont une des pages importantes du Liverpool Sound. Passés maîtres dans l’art de la reprise pour en faire des perles, tous les fans des sixties connaissent quelques chansons qui ont fait les beaux jours de leur adolescence, via un tube des Searchers. Le France n’échappe pas à ce phénomène, Frank Alamo, Michel Page, Claude François, Michèle Torr, Petula Clark, Richard Anthony ont un tube des Searchers à leur répertoire. Le groupe lui-même en a chanté quatre dans notre langue. Une pièce de collection que les fans du monde entier convoitent.

2 réflexions sur “Nos disques mythiques (11)

  1. Une sacrée piqure de rappel que nous fait là le Boss. inépuisable , incollable, il va falloir bâtir aile entière dans le musée du bas pour loger et exposer toute sa doc..
    Merci Boss.
    Et bravo.

    • Merci Daniel,

      Si je peux paraître avoir un certaine culture en parlant de bas nylon, c’est pourtant en musique que j’excelle. J’évite d’ailleurs de parler de musique avec tout le monde, car je suis obligé de remettre l’église au milieu du village et cela vexe certains. Mais la vérité, là comme ailleurs, mérite d’être dite. Pas plus tard que le semaine passée, une collègue de travail m’a sorti que Queen avait été le premier groupe à mélanger le rock et la musique classique, les connaisseurs apprécieront et souriront. Par contre j’adore les conversation entre spécialistes, car j’apprends toujours quelque chose, il y a toujours le truc que l’on connaît pas et là je perds pas mon temps!
      Amitiés

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