En passant

Bas nylons et voyage vers les dunes de sable

Gustave Alexandre Maurice Timoléon Stellaye de Baigneux, marquis de Courcival est officier de cavalerie au troisième régiment de chasseurs, il séjourne en Algérie de septembre 1861 à juillet 1865. Intéressé à la photographie, pendant son séjour il photographiera la vie, les paysages, les monuments de ce pays. Il nous livre une ambiance locale d’une autre époque avec des photos prises en 1861/62 principalement dans la régions de Constantine et Sétif. Pour voir mieux la légende des photos et le reste, vous pouvez cliquer sur les images.

 

En passant

Exploration en terre musicale inconnue (17)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1966 – Hector / Le Gamin Couché. Le fameux Hector fut une précurseur passablement incompris dans la chanson absurde et humoristique. La vente de ses disques s’en ressentit fortement, si bien que tout est collectors chez lui. Ici un de ses numéros dont il a l’habitude adaptation, d’un truc peu connu en France, « The Gamma Goochee ». Les Kingsmen et Nino Ferrer avec les Gatamou en firent une version  à côté de celle du créateur Mr Gamma Goochee himself.

1965 – Claude Righi / Laissez Moi Seul. A ses débuts, Claude Righi, compositeur et parolier, avait pas mal d’ambitions comme ici en adaptant « I Got My Mojo Working » de Muddy Waters. Il changea complètement de cap et rencontra un gros l’année suivante avec « Elle », une chanson que l’on entendait dans tous les bars à putes, ainsi que je l’ai lu quelque part.

1965  Annie Philippe / Une Rose. Elle rencontra assez vite le succès, mais son premier EP est une rareté très cotée. Rare sont les disque des chanteuses yéyé qui peuvent monter à des centaines d’euros dans les enchères. C’est le cas de celui-ci qui contient une version française de « Love Me Tender » de Presley.

1965 – Valérie Lagrange / La Guérilla. Avec Gainsbourg comme compositeur, il y a un espoir de réussite à la clé. Ce ne fut pas trop le cas ici, et pourtant faire de la variété à tendance sud-américaine était assez précurseur.

1966 – Les Compagnons de la Chanson / Le Corbeaux De L’Hiver. Le dernier survivant des fameux Compagnons n’est plus de ce monde. Bien qu’ils connurent de nombreux succès, certains de leurs disques passèrent plus inaperçus que d’autres. Comme ici cette adaptation française, il fallait le faire, de « Still I’m Sad » des Yardbirds. Et en plus ce n’est pas ridicule.

1968 – Alan Stivell / Le Bourreau. Bien malin à qui avait prêté attention à cet EP d’Alan Stivell en 1968 ?

1964 – Les Sunlights / Surf Beat. Comme j’aime bien la musique instrumentale à la Shadows, j’aime assez la première époque des Sunlights. Celui que j’ai eu le plus de peine à dénicher, c’est celui-ci, un reprise assez originale de « Surf Beat » de Dick Dale.

1966 – Erick Saint Laurent / Le Temps D’y Penser.  Il a connu quelques succès dont un avec une honnête reprise de « Eleanor Rigby » des Beatles. Mais ce titre beaucoup plus obscur dans sa discographie et c’est aussi un de ces disques qui partent à plusieurs centaines d’euros dans les enchères.

1961 – Lou Bennett Trio – Quartet / Brother Daniel. Voilà un des indicatifs de la légendaire émission Salut les Copains. Le titre est en quelque sorte un hommage à Daniel Filippachi l’animateur. C’est du jazz cuvée supérieure. Le batteur est un vrai batteur de jazz, un virtuose au jeu très personnel. Et le reste n’est pas mal non plus. On peut d’ailleurs  se demander qui parmi les fans de Johnny Hallyday ou Richard Anthony allait acheter un truc pareil ?

1965 – Orfino / Les Crêpes. Orfino c’est Hector l’ancien guitariste rythmique des Pirates de Dany Logan. Après la séparation du groupe, il tente un carrière solo qui ne laisse pas un souvenir impérissable. La vraie curiosité de ce disque réside dans un rythme de ska avant l’heure.

1966 – Géraldine / La Rivière Me disait. Née en Suisse et peu connue, sinon qu’elle a représenté la Suisse au Concours Eurovision en 1967 et termine dernière, ce qui pourrait signifier que le disque était plutôt bon. En 1966, sans percer elle enregistre chez Polydor cette charmante obscurité. Elle fait partie de ces chanteuses qui sont redécouvertes et dont les disques sont aujourd’hui assez recherchés

1967 – Benoit Philippe / Lisette. D’origine belge avec un petit quelque chose de Brel, une chanson qui ne demandait qu’à être plus connue. Elle s’est perdue dans les dédales du temps.

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En passant

Bas nylons et un album de rencontre

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A l’avènement des Beatles, pas mal de monde alla se balader sur la route qu’ils avaient ouverte. Quelques groupes ont un parcours assez semblable à celui des Beatles avant la célébrité. Concerts dans les clubs, passages en Allemagne à Hambourg, recherche d’un contrat phonographique et d’un manager efficace, telles étaient les principales choses qui pouvaient rythmer la vie d’un artiste ou d’un groupe au début des sixties. Quand le vent tourna et que Liverpool se posa comme prétendant au titre de capitale mondiale de la musique, les artistes en liste n’avaient pas encore une idée précise de leur avenir et du poids qu’ils allaient peser. Le meilleur moyen de tester, c’était d’ouvrir une sorte de compétition, une course au numéro un de demain. A l’ouverture des festivités, trois noms se détachent du lot, les Beatles, Gerry et les Pacemakers, les Searchers. On pourrait encore penser aux Hollies, mais ils sont de Manchester, bien que cela ne change pas tellement les orientations musicales. Pendant une année à partir du début 1963, les paris étaient ouverts, les Beatles semblaient mener le course en tête mais étaient sérieusement accrochés par les viennent en suite. Aujourd’hui, on sait qui a gagné, les Beatles évidemment. L’avantage sur les autres était de compter dans leurs rangs deux fameux compositeurs, ce qui manquait cruellement aux autres, bien que le Gerry des Pacemakers était capable d’écrire des trucs plutôt plaisants. Les Searchers étaient cantonnés à chercher dans les répertoires concurrents ou auprès de compositeurs, de quoi faire un hit. Leur atout principal restait leurs qualités d’interprètes. Ils réussirent plusieurs fois à dénicher la chanson magique qui les mena aux premières places du hit parade, mais le filon finit par s’épuiser et ils disparurent petit à petit du premier plan comme Gerry et les Pacemakers. La bataille s’effectuait surtout à coups de 45 tours, mais les plus en vue avaient droit à des albums. Le premier album, terme qui sonne un peu comme un synonyme de naissance quand ils sont suivis d’autres. Ces fameux premiers albums, je les connais tous, je les possède, du moins en ce qui concerne ces groupes qui firent le British Beat. Je vais m’arrêter sur l’un d’entre eux, que je considère comme un must du genre, le premier album des Searchers « Meet The Searchers », datant de 1963.

Il ne contient que des reprises, mais c’est là  que le coup de poker est réussi, les obscurités qui composent une partie de l’album font que la version des Searchers est considérée un peu comme l’original. L’album s’ouvre sur un bon exemple « Sweets For My Sweet » (« Ma Biche » par Frank Alamo), Ce titre noyé et puisé dans la discographie des Drifters devient leur premier no 1 en Angleterre. Il faisait déjà partie du répertoire au Star-Club de Hambourg, on peut l’entendre sur le rare album live sorti en Allemagne en 1964. Instrumentalement les Searchers sont très performants, mais ils excellent dans les vocaux qui sont partagés entre MIke Pinder (rien à voir avec celui des Moody Blues), parfois Chris Curtis, et surtout Tony Jackson qui a une voix splendide. Les vocaux du groupe, un peu teintés de l’accent de Liverpool, feront pour beaucoup pour leur image de marque. Même si la chanson nous est inconnue, on risque bien de les identifier. C’est un album de musique brute, très peu d’artifices studio, sinon qu’il est enregistré en stéréo. Les chansons sont présentées dans l’ordre de leur parution sur l’album.

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En passant

Bas nylons et une course à la planète

Récemment un prix Nobel a été attribué à deux scientifiques pour la découverte des exoplanètes. Il se trouve que l’un d’entre eux, Michel Mayor, nous avait accueilli dans son laboratoire à travers une société scientifique dont je faisais partie. C’était environ trois ans avant qu’il n’annonce sa découverte vers 1992. Il ne faisait pas mystère de ses recherches, il parcourait le ciel pour trouver ce genre de planètes. Au moment de notre visite, il avait déjà de sérieux indices qui demandaient confirmation. Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est une exoplanète, eh bien c’est simple nous sommes sur l’une d’entre elles. Parmi ce que vous voyez briller dans le ciel la nuit, il y a des soleils comparables au nôtre, ou plus grands, ou plus petits A l’instar du  nôtre, on supposait, du moins certains, qu’ils entraînaient avec eux un système planétaire, on en cherchait la preuve. Cela peut paraître simple à première vue, mais c’est très compliqué. Imaginons un scientifique sur une autre planète située dans notre banlieue cosmique, quelques années lumière tout au plus. Il recherche la même chose et pointe son beau télescope en direction de notre soleil. Il emploie une des méthodes possibles, celle de l’occultation de la lumière par une planète qui passe devant l’astre. Là ou cela se complique c’est que l’univers est forcément en trois dimensions et que tout est en mouvement sur des distances qui se peuvent se mesurer en milliards d’années lumière.

Je vais vous expliquer cette méthode, et toute la complexité qu’elle peut avoir avec quelques exemples avec un peu de vulgarisation scientifique. Mais faites travailler vos méninges.

Tout d’abord gardons à l’esprit que l’on pourrait observer une exoplanète via l’éclairage qu’elle recevrait de son soleil, comme nous pouvons voir Venus briller dans le ciel. Mais plus la planète est éloignée de son soleil, moins elle brille. Dans notre système planétaire, les planètes au-delà de Saturne ne sont pas visibles à l’oeil nu, même si elles sont pourtant relativement proches du Soleil.
Quelques chiffres.
Pour un soleil qui ferait un mètre de diamètre.
La Terre mesure 0,91 cm de diamètre, elle se trouve à plus de 107 m du soleil.
Jupiter, plus grosse planète de notre système, mesure 12 cm de diamètre et se trouve à 560 m du soleil.
La plus proche étoile du Soleil est Proxima Centauri, elle fait partie d’un système triple (3 étoiles qui orbitent l’une autour de l’autre). Ce système est notre plus proche voisin à 29650 km selon la même échelle.
On ne connaît pas la grandeur de notre système solaire, mais en sachant que notre semblable voisin est à plus de 29 km pour un Soleil d’un mètre, on est sans doute loin de le connaître en entier et il pourrait y a voir de très grosses planètes au-delà de Pluton mais qui sont dans le noir quasi complet. On fait justement des recherches sur la sujet.
Nous pouvons presque conclure que les exoplanètes qui brilleraient en renvoyant l’éclat de leur soleil, sont noyées par le halo de la lumière de ce soleil, bien plus brillant que la lumière renvoyée par la planète. En reprenant les chiffres ci-dessus, ce que nous connaissons du système solaire en tant que planètes se tient à une distance comprise entre 0 et 700 mètres (Pluton), sur une distance de plusieurs kilomètres, c’est assez près. Remarquons en passant, c’est extraordinaire, que cette boule de 1 mètre (Soleil) exerce une attraction à 700 mètres sur quelque chose qui a la grandeur d’un oeil de verre.

 

En haut, vous avez la comparaison à l’échelle entre les diamètres du Soleil (jaune) Jupiter (bleu) Terre (petit point à droite de la flèche rouge. En bas, vous avez la grosse flèche rouge qui indique l’observateur, la direction depuis laquelle il regarde. La flèche verte indique la position de l’observateur par rapport à l’équateur de Soleil, c’est à dire qu’il a exactement les yeux à la hauteur de l’équateur, ni plus haut, ni plus bas. Par rapport à nous, si le Soleil était transparent, nous le verrions derrière à hauteur de l’équateur sur la droite. Je fais exprès de présenter la chose ainsi, car dans l’univers, l’idée de haut et de bas n’existe pas. Si vous regardez un avion qui vient vers vous à basse altitude, vous verrez d’abord l’avant, ensuite le dessous et après la queue. Quand la Lune traverse le ciel, qu’elle se lève à l’est, qu’elle soit en dessus de votre tête, qu’elle se couche à l’ouest, elle est toujours sur son plan orbital, ni en haut, ni en bas, même si on a l’impression qu’elle monte ou descend dans le ciel. Il en va de même pour tout objet céleste, il paraît haut ou bas par rapport à l’endroit où il est observé.
Le triangle orange représente la partie visible du Soleil pour l’observateur, la moitié, mais pas la même que nous qui sommes en face. A gauche sur le cercle noir, c’est Jupiter qui parcourt son orbite. Ca tombe bien Jupiter met un peu moins de 12 ans pour faire un tour complet autour du Soleil, on peut donc imaginer un cadran de montre, Jupiter est alors à 9 heures. Une de nos années terrestres plus tard, il sera alors à 10 heures. Si on regarde l’angle de vision de l’observateur, Jupiter deviendra pour lui visible 6 mois plus tard, vers 10 heures 30, début du triangle orange. Ceci pour autant que sa trajectoire soit proche de l’équateur du Soleil, on va le voir traverser le disque solaire dans sa partie la plus large. Ce n’est pas toujours le cas, il peut y avoir des planètes qui passent vers les pôles, tout dépend de l’excentricité de leur orbite, de la grosseur de leur soleil et surtout de la position de l’observateur. Dans le cas du système solaire, toutes les planètes sont alignées plus ou moins proche de l’équateur, sauf Pluton qui est très excentré. Si on regardait le système solaire de l’extérieur, à hauteur de l’équateur solaire, les planètes seraient en gros dans le prolongement de la ligne de l’équateur, sauf Pluton incliné de 17 degrés. Jupiter étant relativement gros, son passage devant le Soleil devrait un petit peu diminuer son éclat. A l’oeil nu c’est imperceptible, mais avec un appareil très sensible, cela devient possible. Le gros problème c’est de déterminer si cette diminution d’éclat est bien provoquée par un objet qui tourne autour de ce soleil, ou alors par un autre objet errant dans l’espace. On peut imaginer qu’une de nos comètes vienne s’intercaler entre l’observateur et l’observé, il faut s’en assurer. Un indice probant serait que, par exemple, cette diminution de luminosité commence  tous les 86 jours et finisse 23 jours plus tard, indiquant que quelque chose tourne régulièrement autour d’un soleil avec un régularité qui n’est plus du hasard.  On a pris Jupiter dans cette exemple, mais refaisons la même chose avec la Terre, la difficulté devient plus grande car son diamètre est bien plus petit, donc la diminution de l’éclat sera bien moindre. Les télescopes étant devenus de plus en plus performants, on peut limiter le champ d’observation à une partie du soleil observé, ce qui augmente les chances de voir une diminution d’éclat, mais nécessite de balayer la surface en répétant l’opération, ce qui peut prendre des années et il peut y avoir obscurcissement dans une autre partie que celle observée. Et quand l’on sait que certaines planètes comme Pluton mettent presque 250 ans pour accomplir une révolution complète, on imagine qu’une vie n’y suffit pas. Les moyens que nous possédons actuellement permettent de procéder par élimination. On photographie un coin du ciel et on répète l’opération plus tard. Par comparaison on voit si quelque chose a changé, cela donne une direction pour les recherches. A ce moment on peut chercher de quoi il s’agit et surtout s’il pourrait y avoir une exoplanète à la clé.
Pour monter toute la difficulté de trouver une exoplanète, reprenons le deuxième dessin. Le cas expliqué montrait l’observateur à hauteur de l’équateur (flèche verte), condition idéale. Inversons et mettons la flèche verte à la place de la rouge. Cela signifie que l’observateur voit, en simplifiant, le Soleil depuis un endroit situé en-dessus du Soleil sur la droite. La triangle orange vous suggère qu’il voit seulement un partie de l’équateur (ligne noire de l’équateur dans triangle orange). Si il chasse une planète, son champ de vision de l’équateur sera beaucoup plus restreint et donc ses chances minimisées. Mettons le flèche en haut, cette fois il est exactement à la verticale de l’axe de la planète, il ne verra aucune planète passer devant le disque du Soleil. Il peut regarder pendant dix ans et conclure que ce soleil n’a pas de système planétaire. Pour les objets lointains dans le ciel, nous ne savons pas depuis quel angle de vision nous les voyons, sauf si des indices probants nous l’indiquent. Reprenons des dessins et regardons-les depuis dessus. Sur le premier comme sur le second dessin précédent, vous avez la position de l’observateur (rond bleu) à 13 heures 30 et Jupiter à 9 heures Je vous expliquais avant que par rapport à son angle de vision, il ne voyait pas Jupiter mais le verrait quand il sera à 10 heures 30, c’est à dire dix-huit mois plus tard. Deuxième dessin, une année plus tard, Jupiter est effectivement à 10 heures. Mais comme rien n’est immuable et que tout bouge, lui aussi a bougé, suivant le mouvement propre à son système planétaire. Il voit le Soleil maintenant depuis un autre angle. Dans cette supposition purement imaginaire, il ne verrait Jupiter qu’à partir de 12 heures, donc encore deux ans d’attente s’il reste sur place. Mais comme notre observateur va continuer de bouger, la rencontre visuelle avec Jupiter pourra encore attendre des années, et si par hasard il est sur une planète qui tourne en 150 ans autour de son soleil, le mec devra s’armer de patience et vivre très longtemps.
Ce dont je vous parle ici, c’est la méthode visuelle, mais à cela viennent s’ajouter d’autres mesures qui relèvent de la physique, du calcul astronomique et autres plaisanteries qu’on apprend rarement à la maternelle. Ce qui est sûr, c’est que découvrir des exoplanètes n’a pas été de tout repos. Pendant des siècles, on a soupçonné qu’elles existaient, maintenant on le sait et en 25 ans on va vers les 4000 certifiées. Il y a 100 ans on ne connaissait pas l’existence de Pluton. Il y a 40 ans, on savait à peine que Pluton était en fait un couple planétaire entouré de satellites. Et sur ces exoplanètes, combien abritent la vie ? On ne le sait encore pas, mais comme pour les exoplanètes, on suppose que cela doit exister.

Le site de la NASA qui regorge de  photos en libre utilisation , bravo les Ricains, est une merveille d’exploration et de découvertes.

Un coin de Pluton en 2015.

Le compagnon de Pluton, Charon.

La découverte du couple Pluton et son satellite Charon a été faite par un hasard qui ressemble un peu à la découverte d’une exoplanète. Avec les moyens de l’époque en 1978, des photos prises avec un télescope à des époques différentes (images du haut), montrent un renflement sur la première, ce qui fit supposer qu’un très gros objet était proche de Pluton. C’est ainsi que l’on révisa notre connaissance de cette planète naine. A l’instar de la Lune on retrouve deux spécificités, Charon présente toujours la même face à Pluton, et est aussi un très gros satellite par rapport à la planète. Pluton possède encore 4 autres satellites de bien plus petites dimensions. En bas le couple tel qu’on pourrait le voir à proximité.

Cette représentation du système solaire donne une idée de lui lorsqu’on le regarde depuis l’extérieur à hauteur de Pluton. Le point blanc en-dessus du centre de la photo, c’est le Soleil. La Terre n’est pas visible, rappelons-nous cette boule de 1 mètre de diamètre alors que la Terre ne fait même pas 1 centimètre et qu’elle serait très proche de lui sur cette image. La luminosité du Soleil vu de Pluton en ferait un disque à peine plus grand sur l’image. Néanmoins, le Soleil envoie assez de lumière pour éclairer faiblement la surface de Pluton, mais ne réchauffe pas, la température en surface oscille entre -213 et moins 233 degrés, on est à plus de 100 degrés en-dessous de la plus basse température mesurée sur la Terre -89 degrés. Ce qui est très visible sur l’illustration, c’est l’excentricité et l’inclinaison de l’orbite de Pluton. Aucune planète de notre système ne fait un cercle parfait autour du Soleil, ni n’est parfaitement alignée sur le même plan que l’équateur solaire, mais Pluton a un comportement très spécial de ce point de vue. A certaines périodes, elle est plus proche du Soleil que Neptune et nettement plus haut ou plus bas que l’orbite de Neptune. Autre particularité entre Neptune et Pluton, pendant que le premier fait trois révolutions autour du Soleil, le second en fait exactement deux.

Titan, le deuxième plus gros satellite connu du système solaire et le seul à posséder une atmosphère dense. En-dessus Pandore, petit satellite difforme qui semble mettre un accent grave sur Titan. A droite les anneaux de Saturne.

 

Actualité toute récente, Mercure la planète la plus proche du Soleil, est un petit point qui passe sur le disque solaire. Si nous autres, sur notre planète, nous étions dans un autre système solaire et que nous observions notre Soleil, cette photo voudrait dire que nous avons découvert une exoplanète, Mais nous connaissons Mercure depuis toujours, on la remarque comme un étoile assez brillante, un peu avant le lever du Soleil, ou alors après son coucher. En fait c’est quand elle passe devant le Soleil que l’on ne la voit pas briller.

Source photos NASA

En passant

Exploration en terre musicale inconnue (16)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1970 – The Blue Jays / Wahka Wahka. Très peu visible ce single  est celui d’un groupe américain qui tout en étant blanc sonne assez noir. Ils sont publiés par le même label qu’un groupe de la même époque qui eut beaucoup plus de succés : Mardi Gras.

1971 – Wild Angels / Three Night A Week. A partir de 1968, il y a une certaine renaissance du rock and roll traditionnel. A côté des vieilles gloires qui se produisent encore, de nouveaux artistes émergent. Les Wild Angels sont un de ces groupes qui lorgnent vers les début du rock and roll. Assez connus dans les milieux dédies, ils restent cantonnés uniquement auprès des fans de la vieille école.

1976 – Janny Loseth / Take Me Down. Un ancien de Titamic qui fut un groupe norvégien assez connu. Il entame une carrière solo avec ce titre que l’on a un peu entendu dans les discothèques à l’époque. Par la suite, il devient le chanteur de Space qui aura un tube avec « Magic Fly ».

1974 – Melba Montgomery / No Charge. Ce disque n’a été uniquement publié en France parce que c’est la version originale d’une chanson qui fut un gros succès en version française, je vous laisse trouver lequel.

1966 – The Monclairs / Happy Feet Time. Une obscurité américaine qui le restera à sa publication en France. Malgré tout, de la soul très dansante.

1967 – The Fire Escape / Love Special Delivery. Publié en France par Vogue sur un très rare EP, mettant bien en évidence les initiales du titre LSD, ce titre n’en reste pas moins une très belle pièce de psychédélique sauce garage à consommer sans modération.

1964 – The Mojos / Everything Allright. On connaît surtout cette chanson par l’adaptation d’Eddy Mitchell encore faut-il l’avoir dans sa discothèque. Un truc assez plaisant avec un piano déglingué composition originale de ce groupe anglais dont on ne publia rien en France, sinon un single sans pochette. Encore faut-il savoir qu’il existe. C’est un de mes classiques.

1967 – Nicky Scott / Backstreet Girl. Immediate est un label qui fut fondé par le manager des Rolling Stones, Andrew Loog Oldham. Ces derniers ne sont pas complètement absents dans la collaboration avec le label à des titres divers. Comme ici avec la composition et la production. Managé par Simon Napier-Bell qui deviendra aussi à l’époque producteur des Yardbirds, Nicky Scott avait quelques atouts qui ne lui permettront pas une carrière florissante, malgré la publication de cet EP en France. Il serait mort du sida dans les années 1980, un des rares renseignements que j’ai pu trouver sur lui.

1972 – THe Hollies / The Baby. Les hollies furent un des groupes contemporains des Beatles qui passa assez bien le cap de la décennie suivante avec des hauts et des bas. Dans ce qui pourrait passer pour un bas, ce titre qui n’est pas si mal foutu que cela mais qui ne brilla pas pas beaucoup.

1957 – Miles Davis / Générique de Ascenseur Pour L’échafaud. En plus d’être un superbe film avec la divine Jeanne Moreau, la musique n’est pas en reste. Vous connaissez sans doute l’histoire de son enregistrement. Miles Davis de passage à Paris est recruté par Louis Malle le réalisateur. Il n’y a aucune musique de composée. On projette des scènes du film et Miles Davis improvise avec sa trompette.  Si le film fut un grand succès, la publication de la musique en 45 et 33 tours resta beaucoup plus confidentielle. Ce n’est que plus tard qu’elles deviendront des pièces recherchées et plutôt rares. Autre anecdote, dans un reportage réalisé en 1960 après le tremblement de terre d’Agadir au Maroc, un extrait de la bande du film fut utilisé sur les images montrant la ville en ruines. A l’évidence, elle fut jugée assez sinistre pour servir d’illustration sonore.

1958 – The Crew-Cuts / J’attendrai. Dans les efforts d’artistes anglo-saxons pour chanter en français, voici sans doute un des plus inattendus, qui vaut se pesant de cacahuètes. Les Crew-Cuts furent un groupe de doo-wop très populaire dans les année 1950, notamment avec un succès flamboyant enregistre en 1954 « Sh-Boom ». En 1958, paraît en France, un single très obscur qui n’est autre qu’une reprise en français de la chanson de Rina Ketty que tout le monde connaît, mais alors pas dans cette version là.

1965 – Billy Joe Royal / I Knew You When. Avant de connaître un grand succès en France avec « Hush » (« Mal » par Johnny Hallyday), un EP avait déjà vu le jour chez nous deux ans avant sur la réputation de son succès américain « Down In The Boondocks » sans trop intéresser le public français. Ce chanteur qui est un clone de Gene Pitney pour la voix, était un assez habile compositeur pour trouver des chansons accrocheuse comme celle-ci qui figure sur cette première publication française.

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En passant

Bas nylons et une star au club

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Jerry Lee Lewis a toujours été un personnage assez fantasque, mais s’il est une qualité qui fait l’unanimité autour de lui, c’est celle d’interprète. Surdoué du piano, une voix puissante, il sait chauffer une salle en moins de deux. Assez bizarrement un des albums où le personnage est au sommet de son art est resté passablement dans l’ombre, du moins pour les USA. Il s’agit de celui enregistré au Star-Club de Hambourg en 1964.
Le 5 avril 1964, Jerry Lee Lewis est annoncé sur la scène du Star-Club. Le club possède indirectement sa maison de disques gérée par Philips. Justement Philips possède pour l’Allemagne les droits de licence pour la nouvelle maison de disques de Lewis, Smash records, sous marque de Mercury. L’idée d’enregistrer un album live fait vite son chemin dans l’idée du producteur assigné, Siggi Loch. A ce moment là, la carrière de Lewis est au creux de la vague, il a de la peine à se remettre de son fameux mariage avec sa nièce mineure et surtout du scandale que cela a alimenté. Il dira lui-même dans un interview : « J’ai passé de 10000 à 100 dollars la soirée ». Mais artistiquement le chanteur est toujours en pleine possession de ses moyens et sa réputation sur scène est intacte. De plus, si le rock and roll est presque devenu ringard aux USA, l’Europe est toujours demanderesse. On peut enfin voir sur scène, ces stars qui enflammèrent les années 1950, mais qui dédaignèrent passablement le vieux continent au moment de leur pleine gloire. Alors on les fait venir et ils tournent, tournent.
Le concert et son enregistrement ne demande pas une grande mise en scène, des micros pour l’enregistrement, un groupe pour l’accompagner. Ce sera la travail des Nashville Teens, ramené à un trio, guitare, basse, batterie. A ce moment, ils n’ont pas encore eu leur hit « Tobacco Road » et ils sont encore peu connus. Petite séquence ironie, le solo que le guitariste John Allen étale dans « Matchbox » est presque note pour note le même que celui que l’ont peut entendre dans « TNT » des Nashville Teens. Le disque n’est pas un chef d’oeuvre d’enregistrement, c’est surtout la sono du piano qui est poussée à fond, mais cela n’a pas l’air de déranger beaucoup de monde.
A sa publication. le disque sans susciter une ruée vers les magasins pour l’acheter, intéresse ceux pour qui le nom de Lewis représente quelque chose. Le disque est publié seulement en Allemagne, France, Angleterre, dans d’autres pays après 1970, ce qui ne lui donne qu’une visibilité restreinte au niveau de l’Europe. Pour des raisons contractuelles, il n’est pas publié aux USA, il ne le sera qu’une trentaine d’années plus tard, et devient chez le fan américain une sorte de mythe dont il faut posséder une copie. Il faut aussi préciser qu’il fait un peu double emploi avec un album prévu aux USA « The Greatest Show On Earth » pas trop différent en contenu, mais avec plusieurs titres de country music. Il est publié en France sous le titre « Alabama Show ».
Avec le temps qui passe, il est consacré comme une des plus chaudes galettes du rock and roll enregistré en public. Un critique dira : « Ce n’est pas un album de rock and roll, c’est un crime sur la scène ! »
La publication de l’album se résume à 12 titres, mais le concert en totalisait 15. Deux chansons semblent avoir été définitivement perdues et la troisième « Down The Line », initialement écarté pour un défaut de balance au départ a refait surface ici et là. Les sélections présentées ici, apparaissent selon l’ordre du disque avec à la fin la chanson écartée. En bonus, je vous mets la version de « Long Tall Sally » qui figure sur l’album live en Alabama, peut-être la seule chanson de cet album qui pourrait faire pâlir celle du Star-Club. C’est celle que vous trouvez sur le EP français de 1964 « Enregistrement Public ».

La chanson écartée de l’album.

La version de « Long Tall Sally » enregistrée en Alabama.

 

 

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En passant

Bas nylons et le futur

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L’avenir a toujours été une chose qui fascine la plupart des gens. On peut espérer connaître son futur sur un plan personnel en consultant une voyante ou son horoscope, ou simplement l’imaginer au niveau d’une société ou d’une civilisation. Aucune de ces visions n’est une certitude, c’est l’avenir qui nous dira si c’est vrai dans le sens de la voyance ou avéré selon un critère plus scientifique ou en se référant à la probabilité qu’une chose advienne. Une grande part des prévisions relève de la recherche scientifique, on se persuade qu’une théorie peut être confirmée par l’étude du comportement d’un phénomène ou le développement d’une chose déjà connue. Les auteurs de science-fiction sont les plus fertiles dans le domaine, c’est la limite de leur imagination qui pose les bases d’un monde futur. On cite souvent Jules Verne comme référence pour la France. Disons qu’il fut plutôt un auteur d’anticipation  que de science-fiction. Tout ce qu’il raconte dans ses récits est le résultat de la curiosité qu’il avait pour la recherche et le progrès scientifique de son temps., Seules certaines aventures comme « De la Terre à la Lune » sont plus du domaine de la science-fiction. Parmi les auteurs connus et célèbres citons l’Anglais et pionnier du genre H.G. Wells. Sa célèbre « Guerre des mondes » est vraiment une référence dans la littérature du genre. Il aborda aussi le thème du voyage dans le temps ou de l’invisibilité. C’est d’autant plus de la science-fiction que les histoires que je cite, le sont encore aujourd’hui.
Voir un symbole dans une date est chose assez banale, surtout quand elle est particulière comme un changement de siècle. Tout au long du 20ème siècle, l’an 2000 a fait fructifier les imaginations, changement de siècle et de millénaire, double signification. Promesse d’avenir radieux ou non, on est parlait déjà cent ans avant. Entre 1899 et 1910, une série de dessins nous parlent de cette date et des probables merveilles qui attendent ceux qui seront présent au 1 janvier 2001. L’avantage de l’avenir quand il devient passé, c’est parfois de nous faire bien rigoler ou de penser qu’après tout, les visionnaires de 1900 étaient des humoristes et sans doute pas si cons. Les images, superbes, sont cliquables.