Nos disques mythiques (4)

Celui-là on ne peut pas le passer sous silence, c’est un monument pure des sixties. Ceux qui n’étaient pas présents au moment où il est sorti, ne peuvent pas connaître le raz-de-marée qu’il engendra. On l’entendait partout, sur toutes les radios, dans tous les jukeboxes du moindre petit café de quartier à celui des grands boulevards. Dans son livre « 1965 » Antoine, celui des « Elucubrations »,  en parle dans le premier chapitre. Débarquant aux USA, il n’entend que ça, « House Of The Rising Sun » est partout, à chaque coin de rue. Bon si vous n’étiez-pas là-bas, la France n’y échappa pas. Version originale pour les puristes et pour ceux qui veulent comprendre les paroles, ils écoutent « Le Pénitencier » vite mis en boîte par Johnny, en pleine période militaire.

1964 – Les Animals, nom donné au groupe par les fans en relation avec la bestialité suggestive de leurs apparitions sur scène, viennent de signer avec EMI pour leur label Columbia. La grande passion du groupe, ce n’est pas un cas unique, est le blues et la musique noire en général. Il ne se privent pas de puiser dans le répertoire des artistes noirs. Eric Burdon, le chanteur, est un fan de Ray Charles, John Lee Hooker et aussi de Bob Dylan, encore assez peu connu. Pour le premier single, il s’approprient un titre qui figure sur le premier album de Dylan, qu’ils rebaptisent « Baby Let Me Take You Home », couplé avec une reprise d’un artiste noir peu connu, Timmy Shaw, qui devient en changeant un peu le titre « Gonna Sed You Back To Georgia ».
Le disque, sans être un grand succès, se classe quand même dans le hit parade. Pour la suite, on exploite encore un autre titre de l’album de Dylan, « House Of The Rising Sun », dans un traitement très folk. Les Animals l’arrangent à leur manière, c’est ainsi qu’apparaît le jeu de guitare qui rendra le titre immortel et grâce auquel on identifie immédiatement le titre. Les origines de cette chanson qui est dans le domaine public, se perdent dans la nuit. Elle a probablement été écrite aux 19ème siècle et s’est transmise de manière orale jusqu’à nous. Selon les versions, les paroles sont un peu différentes, un bordel, une maison de jeu, elles changent surtout si l’interprétation est masculine ou féminine. Dans l’optique des Animals, c’est l’enfer du jeu et de l’alcool. La chanson, dans la version qui nous intéresse ici  faillit ne pas voir le jour, car jugée un peu trop longue  (plus de 4 min ) pour ce qui se faisait habituellement à l’époque. Elle fut publiée aux USA en version raccourcie. A sa sortie, l’engouement fut immédiat, elle ravagea la planète et accéda à la première place du hit parade dans presque tous les pays qui avaient une production phonographique.En France, on la publia en 45 trs EP regroupant les deux simples anglais, sans oublier la face B du second, « Talkin Bout You », puisé chez Ray Charles, figurant en version ramenée à 1min 30.

Il faut reconnaître que tout est perfection dans ce succès intemporel, le fantastique vocal de Burdon, le jeu du guitariste Hilton Valentine, l’orgue de Alan Price, sans oublier les deux autres, le bassiste Chas Chandler et le batteur John Steele. Un des fins plaisirs de ma vie de fan fut de me faire photographier avec Valentine et Steel et d’avoir passé une soirée avec eux. On peut adorer la version de Johnny, c’est mon cas, mais elle n’aura jamais la saveur et la spontanéité de l’original.

Le clip d’époque en playback, regardez le compteur, en millions de vues, pas mal pour un vieux truc…

Ecouter les autres titres du disque

Talkin’ Bout You – Version intégrale.
Baby Let Me Take You Home – Playback .
Gonna Send You Back To Walker – Playback.

Nos disques mythiques (3)

Chronologiquement c’est le deuxième disque des Kinks paru en France et le premier qui leur est entièrement consacré pour les quatre titres. En 1964, les Kinks forment un groupe très prometteur et un des nombreux qui part à l’assaut de la forteresse Beatles avec des atouts certains pour la prendre. Ce ne sera finalement pas le cas, mais il leur restera quand même la satisfaction d’être un des actes majeurs de la scène anglaise pour les sixtes. Derrière cela, l’atout principal est Ray Davies (guitare rythmique, chant), un extraordinaire et habile compositeur qui sait trouver le truc qui fera le hit. A ses côtés son frère Dave (guitare solo, chant), Pete Quaife (basse), disparu récemment et Mick Avory (batterie), c’est la composition standard de l’heure d’or. Les deux frères tiennent la vedette reléguant un peu les autres en arrière plan. L’alchimie est toutefois parfaite musicalement, pas toujours sur le plan relationnel. Après un démarrage en trombe avec leur troisième 45 tours anglais « You Really Got Me », ils sortent « All Day And All Of The Night ». Par rapport au précédent, ce n’est pas complètement différent, mais la mélodie accroche complètement. Paroles simplistes, plus tard Davies se fera plus poète, cela n’empêchera pas le succès de se renouveler. En France sa publication est magnifiée par une très belle pochette, photo empruntée à l’album anglais contemporain, montrant les Kinks en habits 19ème siècle en contre-jour. A noter que la suite des pochettes de leurs disques, les membres  toujours élégants, sera une des plus belles publiés par une maison de disques pour un artiste. Le fan français est immédiatement attiré par ce disque qui sera ici une grosse vente et à ma connaissance le seul réédité vers 1967, logo différent, même pochette.  La face B du simple anglais figure ici « I Gotta Move » un de ces titres dont Davies à le secret. Un riff simple mais ravageur. Les deux titres restants sont extraits de l’album anglais, « I’m A Lover Not A Fighter », emprunté à Lazy Lester, plein de punch et « Long Tall Shorty » de Don Covay, qui n’est pas sans rappeler le fameux « High Heel Sneakers ».
Par la suite, bien de leurs succès peuvent prétendre à leur part de d’immortalité. Mais celui-ci pour beaucoup fut le détonateur qui les brancha, l’oreille attentive, sur les futures publications. Ajoutons qu’ils ne furent pas déçus, tout le jour et toute la nuit.

Le hit en live

Le même version studio

I Gotta Move en live

I’m A Lover Not A Fighter en live

Long Tall Shorty en live

Bonus rare clip tv française 1965 avec un titre qui ne figure pas dans la discographie