Ten Years After est un groupe que j’ai toujours affectionné, au moins dans la période Decca/Deram. Tout d’abord, il y a bien sûr l’immense Alvin Lee, le guitariste qui joue plus vite que son ombre, mais il ne faut surtout pas négliger le reste. Chaque membre est un virtuose dans sa spécialité. Leo Lyons, un des bassistes les plus fous de sa génération reste un modèle pour tous ceux qui voudraient un jour tâter de cet instrument. Mr Chick Churchill et Ric Lee sont là aussi, et pas seulement un peu. Après bien des années et bien des albums écoutés, celui qui revient le plus souvent dans mes écoutes est celui que j’avais le plus délaissé lors de la grande époque, « Undead ». C’est du live enregistré dans un club prestigieux, Klooks Kleek. C’est aussi le plus teinté de jazz, le groupe fonctionne comme un orchestre du genre dans certains titres, et la musique explore une forme moderne de la spécialité. On a presque de la peine en regardant la pochette très psychédélique, d’imaginer le contenu. On s’attend à trouver des trucs super planants ou bourrés d’artifices de studio. Que nenni, du jazz, du blues, des amplis à coin, le tout enrobé de virtuosité et des splendides vocaux d’Alvin Lee. Il y a, c’est sûr, le fameux « I’m Going Home », leur titre le plus légendaire, honneur acquis à Woodstock, sorte de course de guitare formule 1. Le reste s’écoute à la vitesse voulue. Ce qui doit représenter l’intégralité du concert figure sur un CD, les titres écartés à l’époque l’avaient été pour cause de double emploi avec le premier album. Et puis ils tournent encore, inlassablement. Certes Alvin Lee n’est plus là, mais le petit jeune qui le remplace assure assez bien la place de son prédécesseur, sauf la voix, qui peut manquer aux nostalgiques. Mais à part ça, rien ne vous empêchera d’aimer, la soirée s’annonce belle et ces Messieurs aiment bien venir dans la salle après le concert et ne refusent point de tailler une petite bavette avec vous, si le coeur vous en dit. Alors?
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Il n’y pas pas tellement de premiers albums enregistrés en live qui s’érigent en monuments au fil du temps qui passe. Celui-ci en est incontestablement un, qui plus est peut se classer sans honte dans les 100 meilleurs albums, toutes époques confondues. MC5 c’est Chicago, ville qui non seulement abrite les fameux studios Chess, mais qui est nourricière de tant de talents qui expriment le côté pessimiste d’une Amérique, dont seuls les citoyens primitifs croient connaître la notion de liberté. MC5 est là pour leur dire le contraire, car c’est un groupe politisé à l’extrême, qui harangue les foules en criant haut et fort ce qui va pas. Cela leur valut pas mal d’ennuis et aujourd’hui ils en sont fiers. Bien sûr tout cela se reflète dans leur musique, parfois très violente, toujours aguicheuse, ravages guitaresques de Wayne Kramer, Fred « Sonic » Smith, harangues de Roy Tyner en guise de chant, basse de Michael Davis, batterie de Dennis Thompson, forment ce brûlot enregistré en 1968 destiné à entrer dans l’histoire. A l’évidence, il y a des prémices du punk, presque symphonique à côté de la vrai vague ultérieure. Et pourtant cette musique coule plus limpide qu’elle n’y paraît au profane de la première écoute. D’ailleurs les trois qui restent, Kramer, Thompson, Davis, je les ai rencontrés. Ces mecs sont cools, polis, courtois, attentionnés, et plus sincères que n’importe quel politicien. Il ne prétendent pas diriger le monde en votre nom, mais juste vous mettre en garde que notre bonne vieille terre mérite mieux que la violence latente qui la consume. Elle ne devrait se trouver que dans la musique, c’est la seule et unique manière de la trouver belle. Tout le reste est ce que vous en ferez…