En passant

Une décennie de nylon

Eh oui, il y a dix ans que je sévis sur ce blog, Le 24 juillet 2009, je mettais mon premier article en ligne. C’est beaucoup pour un sujet qui en fin de compte est très limité, je veux parler du bas nylon bien sûr. J’ai beaucoup évoqué de souvenirs personnels le concernant, car dire d’un objet qu’il est beau, bien, fantastique, cela tourne vite en rond. Pour cela, il fallait aller au-delà de la béate admiration et l’aborder sous d’autres angles possibles, je crois avoir pas trop mal réussi. Bien d’autres ont tenté le coup, mais peu ont acquis la longévité nécessaire à faire perdurer un blog, au bout de quelques articles, ils disparaissent par manque de flamme. La musique n’est pas étrangère à ma longévité, j’ai été bien avant l’apparition de la Toile un peu journaliste musical. Cette musique est en fait ma vraie passion, celle que j’explore depuis 50 ans sans jamais me lasser, j’ai une sorte de petite encyclopédie dans ma tête, à laquelle j’essaye toujours d’ajouter des pages. C’est ainsi qu’il y a toujours eu une juste balance entre le nylon et le vinyle sur mon blog.
Depuis quelques années, j’ai un peu diversifié en y ajoutant un peu de culture se référant le plus souvent aux pages de l’histoire un peu insolite. On peut admirer une belle paire de jambes en nylon et se cultiver, ce n’est pas incompatible, encore faut-il proposer de quoi le faire. J’aime bien sourire en affirmant que plus c’est inutile plus c’est beau. Lire un journal vieux de cent ans et croire que c’est celui d’aujourd’hui est une expérience amusante, mais peut-être pas complètement inutile. Le présent n’est vraiment utile que pour regarder le passé et prévoir le futur.
Tenir un blog c’est un peu comme tenir un bistrot, on y fait des rencontres, et de ce point de vue, je suis un tenancier heureux. Avec certains je n’ai qu’un contact virtuel, mais pour d’autres ce fut une rencontre pour de vrai dont les retombées sont encore réelles aujourd’hui, on est devenu des complices pour le rire et le meilleur Pour certaines d’entre eux, vous retrouverez les liens qui conduisent à leur petit coin nylon sur ce blog. Pour le plus significatifs, vous pourrez les retrouver sur mon livre « La Petite Encyclopédie Sur L’Art De Porter Le Bas Nylon » qui est toujours disponible sur Amazon. Un blog ce n’est rien sans quelques commentateurs qui viennent de temps en temps glisser quelques mots. Il y a eu Daniel, un mordu, qui malheureusement nous a quittés il y a deux ans, victime d’en de ces maladies qui vous bouffe. J’espère que là-haut tu es bien, comme tu vois je ne t’ai pas oublié, ni le verre que nous avons bu ensemble avec ta femme. Mais parlons des bien vivants et des très présents, il y a Cooldan qui est un fan, sans doute du bas nylon, mais encore plus des Beatles dont il connaît quasiment l’histoire au jour le jour, sans pour cela manquer d’érudition sur la musique en général. Il y a aussi Peter Pan, c’est notre Monsieur Cinéma, il m’a avoué un jour qu’il était venu ici via le cinéma, mais il est resté, tant et si bien que je lui ai confié la rubrique cinéma et il a toute ma confiance. Je vais vous en citer encore un, Paul Hyamide, il est plus discret, mais c’est un authentique musicien et je crois savoir qu’il a fait des rencontres où j’aurait bien voulu être présent.

Un blog c’est aussi des statistiques, alors en voici quelques unes : en dix ans plus de deux millions de visiteurs sont venus, bien entendu les habitués comptent à chaque visite ; il y a plus de mille articles, toutes tendances confondues ; il y a 189 abonnés dont 173 via Twitter ; l’article le plus regardé a été visité plus de 68 000 fois : le moins regardé 172 fois, c’est un article récent. L’article le plus commenté l’a été 55 fois.

Je remets en ligne mon premier article, pas très spectaculaire du point de vue photo, mais le texte en-dessous est toujours d’actualité. Merci à tous et on continue !!!

nylon1

Madame, vous qui passez près de moi,
Vous m’offrez la courbe si belle de vos jambes.
Non, je ne vous demanderai rien de plus,
Mais laissez-moi un instant encore.
Ne vous éloignez pas si vite de ces yeux,
Qui cherchent l’ivresse des sens.
Mon regard aime à se perdre,
Sur les reflets de vos atours.
Deviner les coquins secrets qui se cachent,
Sous l’apparence sage de votre robe.
Telle est ma quête silencieuse,
Ma folie, ma soif, ma croisade.
Madame, je frissonne de bonheur et remercie vos mains,
Qui ont accroché ces bas en haut de mes rêveries.

Bonne Année

Cette année, j’ai également fait appel à mon complice Achille Talon. Sa verve oratoire m’a toujours fait rire et je me suis mis à sa place pour imaginer ce qu’il pourrait dire à propos de mon blog.

Oui mon cher Lefuneste, je vous l’affirme, 2019 sera une année où la splendeur du bas nylon brillera de mille feux. Mon ami Le Boss y travaille sans relâche, nonobstant les écueils que le collant tend sournoisement au travers de sa route. Pour lui, la préservation de cet accessoire qui pare les dames d’atouts qui rendent ridicule une suite royale au poker, relève du pèlerinage sur le chemin d’un lieu saint. Il me l’a laissé entendre d’une voix aux accents de vérité dont je me régale d’une oreille aussi attentive que complaisante. Comme j’ai toujours décelé en vous un être inférieur dans le domaine de l’élégance, et dans un tas d’autres domaines en passant, je soupçonne fortement qu’une vieille paire de chaussettes reprisées et trouées, arracherait des larmes de bonheur au mauvais fétichiste que vous êtes. Aussi je ne vais pas essayer de faire votre éducation, car je n’aime pas les missions périlleuses et hasardeuses où même la manne céleste se perd dans le trou noir de l’ignorance, votre cas étant pour les scientifiques les plus joyeusement éminents, considéré comme désespéré. Sachez qu’une dame qui porte des bas vous ouvre la route aux mêmes sensations qu’éprouverait un hippie sur celle de Katmandou, sans toutefois avoir besoin de vous imbiber de substances délétères aussi nocives pour votre santé que pour votre porte-monnaie, que je devine aussi plat qu’une plaisanterie de percepteur d’impôts lors d’un redressement fiscal impromptu. Voyez-vous, quand ma chère et tendre Virgule de Guillemets, presse d’un doigt avisé le bouton de la porte d’entrée, faisant retentir un joyeux carillon qui résonne dans ma libido comme une mélodie céleste jouée par des anges assis sur des nuages aux formes de mamelons généreux, je m’empresse d’aller lui ouvrir en faisant fi de cette insignifiante attraction terrestre qui aurait la prétention ridicule de m’empêcher de m’élever vers ces délices soyeux qui m’attendent dans un septième ciel aussi voluptueux que constellé d’étoiles libidineuses. A propos vous a-t-on déjà dit que vous étiez laid ? Oui Lefuneste, ma chère Virgule saura me charmer en me révélant les atours mystérieusement cachés sous l’apparence innocente d’un robe qu’elle aura choisie pour mieux me piéger. J’attends ces moments-là avec un empressement digne d’un politicien qui cherche de nouvelles taxes, heureux fripon que je suis.

BELLE ET HEUREUSE ANNEE A TOUS