Léo coeur de nylon (18)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. A la fermeture du bistro, Léo consulte son album de photos, se couche et pense à son ancienne conquête, Léa. Après une nuit d’insomnie, il parle avec Marly qui devrait l’aider à élucider la mort mystérieuse d’une de ses anciennes conquêtes, Lucienne. Léo attend le soir où il va pouvoir parler avec Marly et son amie, en espérant que la lumière jaillira de sa conversation. Lors de la conversation, l’amie cite un nom qui fait réagir Léo, un ancien musicien de Léo qui semble tremper dans une histoire louche. La conversation se poursuit, il veut montrer une photo de son ancienne conquête, ils concluent qu’ils doivent informer la police de leurs découvertes. Un policier demande à voir Léo.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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L’homme qui entra dans la pièce sentait le flic à plein nez. A l’heure où la jeunesse s’habillait en jeans et portait des badges annonciateurs de la révolution, il avait le costume classique qu’aurait pu porter le commissaire Maigret dans n’importe laquelle de ses enquêtes. Singeant son illustre collègue, il tenait une pipe qui lançait des relents de tabac parfumé à la cerise, tout autant que des volutes de fumée.

– Inspecteur Laverne, j’aurais quelques questions à vous poser, dit-il en tendant sa main vers Léo.

Léo acquiesça d’un air entendu.

– Je vous présente Marly, c’est un peu lui qui est à l’origine de toute cette histoire.

Laverne se fendit d’un sourire en lui tendant également la main.

– Je ne m’attendais pas à vous trouver ici, mais le chef m’a parlé de vous, il se peut que vous me soyez utile.

– Vous prendrez bien quelque chose, demanda Léo.

– Je prendrai volontiers un blanc sec, si c’est possible.

Léo lança la commande à travers l’escalier et les trois s’assirent dans le salon. Laverne prit la parole :

– Ce rebondissement dans l’affaire du meurtre de Lucienne Aubier, n’est pas sans nous intéresser. Il se peut que nous arrivions à quelque chose. Nous recherchons activement Singer, nous explorons la filière algérienne, pour l’instant sans résultat. Nous ne savons pas exactement ce qu’il se passait entre la femme accidentée et lui. D’un autre côté, nous avons retrouvé le fabricant des fameuses chaussures. Sa boutique n’existe plus, il a pris sa retraite et vit toujours à Paris. Il se rappelle très bien les avoir faites. Il est affirmatif, c’est la seule paire qu’il a faite. Il se souvient aussi que c’était une commande de la part d’un chanteur pour une de ses amies. Donc, il s’agit bien des vôtres, la marque de l’artisan gravée sur le cuir en fait une paire unique, celle que vous avez vue et qui ont atterri dans les affaires de la femme du général.

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– Vous avez pu avoir un contact avec lui ?

– Oui, nous avons envoyé un collègue de là-bas pour lui poser quelques questions. Il se souvient très bien de l’incident, il a même marqué son mécontentement sur le moment. Ce qui l’a surtout énervé, c’est que la femme avait bu plus qu’assez, d’où l’accident. Nous avons retrouvé des traces de son séjour à l’hôpital, ce que nous avons surtout appris, c’est son nom. Elle s’appelle Geneviève Lacour. Elle était connue dans les milieux de la prostitution sous le nom de Maude. Elle était sous la houlette d’un souteneur du nom Pierre Monti.

– Le souteneur qui s’est fait buter ?

– En effet, c’est bien lui. Nous avons fait le rapprochement, parce que lors de l’enquête sur son meurtre, elle avait été interrogée. En apparence, elle ne savait rien sur le ou les assassins, en apparence seulement. Elle semble avoir quitté définitivement la prostitution après cette histoire, du moins sur Paris. Mais il y a mieux, une ancienne pouliche à Monti, qui exerce encore, disons en période de soldes, est formelle, elle connaissait Lucienne Aubier. Elle n’a pas hésité une seconde quand on lui a montré une photo. D’après elle, Monti avait des vues sur elle, il voulait la mettre au travail pour son compte.

– Quand nous nous sommes quittés avec Lucienne, elle m’avait parlé d’un homme qui commençait à compter pour elle. Elle ne m’a jamais dit son nom. Pourrait-il s’agir de ce Monti ?

– Je ne peux pas vous en dire plus. Mais d’après ce que vous avez dit et le moment où le témoin situe l’intérêt de Monti pour Lucienne, c’est dans doute plus tard. Je ne pense pas que la personne dont elle vous parlait pourrait correspondre à Monti. J’ai réfléchi à la question un peu plus longuement, j’ai une petite idée. D’après les indices recueillis lors du meurtre de votre ancienne copine, les vêtements qu’elle portait, surtout les bas, nous ramènent à cette boutique qui vendait des trucs américains. Le propriétaire de cette boutique avait des liens avec Monti, il semblerait qu’il comptait un peu sur lui pour l’introduire dans le milieu. Cet homme nous savons qui c’est maintenant, il se nommait Emile Kastler. Je le dis sous réserve, il pourrait s’agir de l’homme pour lequel elle vous a quitté.

– C’est possible, elle m’avait dit qu’il était dans les affaires, mais ne m’a jamais précisé lesquelles. Mais sait-on ce qu’il est devenu ?

– Il s’est volatilisé. Il semble que son désir d’entrer dans le milieu tenait un peu d’un envie de jouer au gangster, comme s’il tournait dans un film. Il avait une certaine fascination. A l’époque du meurtre, un témoin avait raconté que les gens du milieu s’amusaient avec lui. Ils profitaient pour le faire marcher et lui, il courait. Ils lui mettaient des gages pour prouver sa bonne foi et se montrer digne de leur confiance. Un vrai gogo ! On a jamais exclu qu’ils l’aient fait disparaître, mais on n’a jamais retrouvé sa trace. Mais j’en viens aux questions que j’avais à vous poser.

– C’est avec plaisir, affirma Léo, l’air très dubitatif.

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– Après votre séparation avec votre amie, elle ne vous a jamais donné signe de vie ?

– Quand nous nous sommes quittés, elle m’avait dit qu’elle me le présenterait à l’occasion, mais cela ne s’est jamais fait.

– Auriez-vous un détail dont elle aurait pu vous parler concernant son nouveau copain ?

– Quand elle m’a annoncé la nouvelle, j’étais un peu surpris, mais sans aucune amertume. Vous savez, les femmes passaient dans ma vie comme les avions dans le ciel.  Je n’ai pas manifesté de curiosité spéciale, du genre il est plus riche que moi ou il baise mieux que moi. La seule chose que j’ai sue de lui, un détail que Lucienne m’avait en rigolant, c’était un héros. il avait reçu une balle dans le lobe de l’oreille. Il lui en manquait un bout. Pendant la guerre, il avait participé aux sabotages de voies ferrées.

– Elle vous a dit ça ? Eh bien, nous avons fait un pas de plus !

A suivre

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Calendrier novembre 2013

La plus belle chanson sur novembre

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Adieu à un pote

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Je l’ai appris aujourd’hui, un guitariste que je connaissais bien, Gypie Mayo, nous a quittés ce jour. Nous avons passé de nombreuses soirées ensemble à discuter de tout et de rien dans la quiétude des backstages. Je te vois toujours me lançant ton « hello » derrière tes lunettes qui cachaient si peu ton regard pétillant, ou ta fourchette qui se battait avec un plat de pâtes récalcitrant. Tu mettais précieusement ta topette de bière à l’abri derrière ton ampli prêt à cracher les sons que tu ne manquerais pas de faire juter de ta guitare.

Né en 1951, comme beaucoup de jeunes de cette époque, c’est en écoutant « Apache » des Shadows qu’il s’intéresse à la musique. Il veut une guitare Fender comme Hank Marvin. Il l’aura! Après de multiples participations dans diverses formations, il se met en lumière en prenant la suite de Wilko Johnson au sein de Dr Feelgood pour une flopée d’albums. Pendant plus de 10 ans, à partir du milieu des années 90, il sera le soliste des Yardbirds dans leur nouvelle aventure et le soliste en titre de l’album « Birdland », principal témoin de la renaissance des Yardbirds.

Te souviens-tu des fous rires lors d’un certaine dédicace alors que je sortais une de tes plus bizarres apparitions discographiques avec un certain corbeau? Même tes amis ne savaient pas que tu avais joué là-dedans. Je crois que depuis ce moment là, je suis devenu pour toi plus qu’un simple passant. Il est improbable que là où tu es maintenant, ces choses ont de l’importance. Pour moi elles font partie de mes souvenirs, un parmi tant d’autres, mais pas le moins important.

Adieu mon pote, tu est dans mon éternelle amitié, avec cette flamme qui brûle pour éclairer quelques moments agréables de ma vie.

Léo coeur de nylon (17)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. A la fermeture du bistro, Léo consulte son album de photos, se couche et pense à son ancienne conquête, Léa. Après une nuit d’insomnie, il parle avec Marly qui devrait l’aider à élucider la mort mystérieuse d’une de ses anciennes conquêtes, Lucienne. Léo attend le soir où il va pouvoir parler avec Marly et son amie, en espérant que la lumière jaillira de sa conversation. Lors de la conversation, l’amie cite un nom qui fait réagir Léo, un ancien musicien de Léo qui semble tremper dans une histoire louche. La conversation se poursuit, il veut montrer une photo de son ancienne conquête, ils concluent qu’ils doivent informer la police de leurs découvertes.

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Une fois le couple parti, Léo sentit une certaine satisfaction monter en lui. Lucienne faisait partie d’une des pages sombres de sa vie. Ils ne s’étaient fait aucun mal, s’étaient quittés sur un échange de sourires mutuels, après il y avait eu le drame de sa mort. Il ne se sentait aucunement coupable de quoi que ce soit. Face à un événement tragique, on peut toujours se poser la question de savoir si on avait agi suffisamment bien pour n’avoir aucun remords, si on n’aurait pas pu agir à distance. Ces questions avaient tourné dans sa tête maintes fois. La conclusion était toujours négative, il n’en pouvait rien, il en était persuadé. Sa satisfaction présente se résumait à une chose encore incertaine pour l’instant, il serait peut-être la main vengeresse qui tiendrait la lanterne pour mettre la lumière dans cette sombre histoire presque oubliée de tous. Il n’avait pu agir  autrefois, mais son rôle était de le faire maintenant. Le destin lui avait gardé un rôle pour plus tard, il n’intervenait qu’au moment du dénouement de l’intrigue, comme dans les pièces de théâtre bien ficelées. Le personnage qui révèle au spectateur que le prix de sa place était largement justifié pour l’avoir tenu en haleine et lui donner le fin mot de l’histoire.

Léo se demandait quand même s’il n’était pas en train de se prendre pour un redresseur de torts à bon marché. Que savait-il de la mort de Lucienne ? Peu de choses en réalité, y avait-il plus qu’un simple jeu funeste entre les bons d’un côté et les méchants de l’autre ? Tout cela, il le pensait, le soupesait, il réfléchit encore et encore. Finalement, il se décida, il raconterait à son copain de flic ce qu’il savait. Libre à lui d’agir, il lui passerait le témoin dans cette course à la vérité. Pour l’instant il n’avait plus qu’un désir, aller se coucher et laisser les rêves arriver comme ils voudraient, si toutefois ils avaient envie de venir.

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Trois jours passèrent, sans que rien de nouveau n’arrive. Il avait jeté sa bouteille à la rivière, celle qui coulait vers le Quai des Orfèvres, il attendait la suite. Marly était venu tous les jours, il demandait les dernières nouvelles. De son côté, il en avait une, le père d’Isabelle avait envoyé deux photos, susceptibles de les intéresser. Sur l’une on pouvait apercevoir la fameuse dame qui portait le talons, mais c’était un plan général de l’orchestre qui animait la fête, on voyait son visage de profil, mais d’assez loin. Sur l’autre, on la voyait de dos, mais de plus près.

Léo examina les photos. Pour autant que sa mémoire ne le trahisse pas, le peu de ce qu’il voyait n’évoquait rien dans ses souvenirs. Il reconnaissait son ancien partenaire Singer, mais la fille qui l’accompagnait à la fête lui était inconnue. Dans la brèche temporelle,  c’était quand même bien après son accident. Singer avait aussi ses petites amies, il en avait croisé une de temps en temps, mais aucune ne lui rappelait celle qu’il regardait sur la photo.

– Non, mon vieux Marly, je crois pouvoir affirmer que je ne la connais pas. Mais tu sais, il a dû en passer plus d’une depuis que nous avons cessé de nous voir.

– Cela ne m’étonne qu’à moitié, ce n’est qu’une parmi les autres. Par rapport à la fête chez le père d’Isabelle et le meurtre de ton ancienne amie,  quel est le décalage dans le temps.

– J’ai déjà réfléchi à la question, la fête a eu lieu environ un mois après. Donc on peut écarter le fait que Lucienne  se soit séparée des chaussures avant son meurtre, au pire le supposer.

– Et ton commissaire, commet a-t-il reçu ton témoignage ?

– Il a eu l’air très intéressé. Il a fait venir un de ses inspecteurs auquel j’ai répété toute l’histoire. Il lui a donné l’ordre de mener une enquête de suite. Il m’a téléphoné hier soir, il m’a dit que l’enquête se poursuivait et même qu’elle avançait. Pour l’instant, ils recherchent principalement Singer, pour l’instant introuvable. Ils épluchent le dossier du meurtre de Lucienne. A l’époque, ils avaient étudié la piste des habits qu’elle portait, à défaut d’indices plus parlants. Le manteau avait été acheté sur le boulevard de Clichy dans une petite boutique. Les bas avaient été un indice encore plus parlant. Ils étaient de marque américaine, il semble qu’ils ne se vendaient que dans une boutique qui importait des trucs américains, elle aussi située dans une rue de Pigalle. Lors de la première enquête, ils avaient supposé que le meurtre pouvait avoir une relation avec le milieu. Ils n’ont jamais vraiment changé d’avis,  mais tu connais la loi du silence qui le chapeaute. Un indicateur avait pourtant fourni un indice. Il avait vu plusieurs fois Lucienne venir avec un homme  à « Minuit Chanson », tu sais cette boîte où tu achetais des jetons pour écouter de la musique. Une sorte de jukebox de l’époque.*

– Oui je m’en souviens, j’y suis allé quelquefois, c’était assez fréquenté.

– Ils ont recherché ce type, sans résultat. D’après l’indicateur, il essayait de percer dans le milieu, mais il était considéré comme un demi-sel. Nul doute que s’ils avaient eu une occasion de le balancer, ils l’auraient fait. Ce qui semble plus ou moins certain, tout à l’air de tourner autour de Pigalle. Mon ami commissaire m’a reparlé de l’affaire Rapin, tu te souviens ?

– Oui ce jeune blouson doré, fils à papa, qui voulait devenir un caïd ?**

– Lui-même, eh bien il semble pour les flics que le fameux bonhomme était un cas un peu semblable.

– Mais s’ils ont si peu d’indices et s’il a disparu de la circulation, comment peuvent-ils l’affirmer ?

– Je ne t’ai pas précisé une chose, la boutique où les bas ont été achetés, c’était lui le propriétaire. Il l’a vendue quelques temps avant le meurtre. Il a dit qu’il la vendait par besoin d’argent.  L’indicateur a aussi dit qu’il fréquentait un certain Monti, un souteneur connu sur la place, qui s’est fait buter deux ou trois semaines après Lucienne. Il a ramassé six balles dans le buffet alors qu’il relevait ses compteurs. On sait aussi, d’après un autre indicateur, que Monti était en froid avec ses collègues pour une histoire de gagneuse qu’il avait soi-disant tabassée parce qu’elle refusait de travailler pour lui.

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– Dis donc, tu en  sais des choses.

– Nous avons parlé au moins une demi-heure au téléphone, il a éclairé ma lanterne, mais il voulait aussi savoir, si j’avais la moindre idée de que qu’était devenu Singer.

– Et tu sais quelque chose?

– Rien, je suis sorti de tout cela il y a longtemps. Mais il y a deux ou trois ans, on m’avait dit qu’il s’était taillé en Algérie et qu’il avait acheté une maison là-bas. Mais c’est des on dit. Les flics vont quand même faire des recherches de ce côté-là. Ils en sauront plus prochainement. Si jamais tiens les photos à disposition, ils en auront peut-être besoin.

Un bruit de pas se fit entendre dans l’escalier  qui montait du bistrot. La femme à Marly pénétra dans le salon :

– Il y a un monsieur de la police qui te demande.

– Fais-le monter, il y a sûrement du nouveau !

* Lieu ayant existé ** Histoire criminelle authentique

A suivre

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Léo coeur de nylon (16)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. A la fermeture du bistro, Léo consulte son album de photos, se couche et pense à son ancienne conquête, Léa. Après une nuit d’insomnie, il parle avec Marly qui devrait l’aider à élucider la mort mystérieuse d’une de ses anciennes conquêtes, Lucienne. Léo attend le soir où il va pouvoir parler avec Marly et son amie, en espérant que la lumière jaillira de sa conversation. Lors de la conversation, l’amie cite un nom qui fait réagir Léo, un ancien musicien de Léo qui semble tremper dans une histoire louche. La conversation se poursuit, il veut montrer une photo de son ancienne conquête.

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Léo alla chercher ses livres de photos. Il commença par celui dans lequel il était sûr de trouver les photos de Lucienne. Elle y figurait en bonne place, il est vrai qu’il avait eu  plusieurs occasions de la faire poser. Il choisit celle où elle posait avec un ses fameux talons. Marly la regarda longuement :

– C’était une belle femme, tu avais d’excellents goûts Léo…

– Oh tu sais, je crois que les tiens valent bien les miens, affirma-t-il en glissant un sourire à Isabelle.

– A voir la grosseur de tes albums, je suis sûrement un modeste tombeur à côté de toi.

– Bah tu sais pour moi, c’était plutôt facile, je n’avais qu’à faire mon choix. Je ne suis pas sûr que ce choix était toujours le meilleur de la soirée. Je me suis quand même ramassé une ou deux fois. Et vous Isabelle, son visage ne vous rappelle rien ?

– Je pense que vous aimeriez savoir, si par hasard elle n’était pas à la soirée paternelle ?

– En effet, si par hasard, elle avait été là, cela changerait sans doute un peu la donne. Votre père a-t-il encore des photos de la soirée ?

– Pour être honnête, je ne me souviens pas d’avoir vu cette dame. Il me semble qu’il n’y avait pas de dames seules, quelques couples que mon père connaissait, des couples réguliers en somme. Il y avait bien quelques militaires, mais je crois qu’ils étaient plutôt en service commandé. Pour les photos, elles existent bien sûr, mon père les possède encore. Peut-être que la fameuse miss aux talons figure sur l’une d’entre elles, mais je ne crois pas que le monde s’est attardé à photographier l’orchestre ou les environs immédiats de la scène. Je demanderai à mon père qu’il les examine, il verra bien si elle est là, il doit s’en souvenir.

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– Bien, c’est juste au cas où il faudrait faire des recherches, une photo c’est mieux que tout. Mais je pense que le sieur Singer est toujours de ce monde, il sait peut-être ce qu’elle est devenue et où elle se trouve, bien que j’imagine qu’il ne s’est pas marié avec. C’est le témoin principal, elle sait comment les talons ont fini à ses pieds. Dès demain, je vais téléphoner à la femme de mon ami dans la police, il prendra contact avec moi. Pour l’instant, c’est une affaire privée, pour l’instant.

– Fais comme tu penses Léo, quand je regarde le visage de Lucienne, je pense que dans l’au-delà, elle ne demande pas mieux.

– C’est sûr que je préfère le vin d’ici à l’eau de là, mais buvons encore un verre à sa mémoire. Après je vous laisse filer, vous devez me trouver un peu léger dans le rôle de justicier, surtout cela doit vous donner sommeil ?

–  Vous savez Léo, je n’aime pas les gens qui tuent. Je suis très heureuse d’avoir choisi de mettre ces chaussures. Par ce geste innocent, j’ai involontairement mis les pieds dans ce qui pourrait être un tas d’ordures. C’est bizarre comme une banale paire de souliers peuvent être chargés d’histoire.

– Oh il n’y a pas que les souliers. Je vais vous raconter une histoire qui m’est arrivée après un concert. Selon mes bonnes mauvaises habitudes, j’avais dragué une dame après le concert. Elle s’appelait Denise. Je dois dire que ce fut une conquête facile. Bien sûr, je l’ai emmenée dans mon hôtel. Nous avons commencé par boire un verre au bar. Alors que nous buvions, un dame est venue s’assoir à côté de nous et a  engagé la conversation avec moi. Elle sortait aussi du concert et avait l’air enchantée de ma prestation. D’habitude, je n’aime pas trop que l’on me dérange quand je suis en conversation sérieuse avec une dame. Elles n’aiment pas perdre l’exclusivité, tout d’un coup elles vous plantent là et filent fissa. Si c’est juste pour demander un autographe, pas de problèmes, je fais et au-revoir et bonne soirée. Mais là, la diablesse s’accrochait. Elle savait bien s’y prendre, croisant et décroisant les jambes, elle me laissait voir ses lisières de bas, ses jarretelles, quand ce n’était pas sa culotte. Ma conquête ne semblait pas la trouver gênante, bien au contraire. Ce n’était pas dans mes habitudes, mais j’ai commencé d’avoir envie d’une partie à trois. Au pire, j’avais deux modèles pour le prix d’un. J’ai suggéré l’idée à demi-mots, et pour finir nous nous sommes retrouvés tous les trois dans ma chambre. Avant d’entrer dans le vif du sujet, si l’on peut dire, j’ai initié une partie de photographie. Elles ne se sont pas fait prier, lever de jupes, et de plus en plus fort. A un moment, elles se sont étalées sur le lit et ont commencé à se rouler des pelles, j’étais tombé sur des gouines. Franchement ce n’était pas pour me déplaire, j’ai pensé que Denise devait faire les deux, car elle ne serait pas venue avec moi. J’étais moins sûr pour la seconde, mais j’ai pris mon mal en patience. La seconde a complètement déshabillé Denise, elle était complètement nue. C’est alors que le destin s’est manifesté sous la forme de coups portés sur la porte de la chambre.

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– Ouvre cette porte salope! Je sais que tu es là et que tu t’envoies en l’air avec tes chanteurs de charme !

Denise a pâli et a murmuré :

– C’est mon mari !

Bon le trio d’accord, mais je ne voulais pas d’un quatuor, d’ailleurs je ne suis pas pédé. Je leur ai fait signe d’aller se planquer dans la salle de bain et je suis allé ouvrir la porte. Une sorte de furie est entrée dans la chambre gesticulant et regardant partout. Je me suis mis devant la porte de la salle de bains et je l’ai apostrophé :

– Mais monsieur, en voilà des manières, vous entrez dans l’intimité des gens sans crier gare. Je peux vous demander ce que vous cherchez ?

– Ma femme, je sais qu’elle est là, on ne l’a dit!

– En êtes-vous sûr ?

– Certain, d’ailleurs je vois son porte-jarretelles sur le lit !

-Oh vous savez, un porte-jarretelles n’est pas une pièce unique, ils sont faits en série.

– Celui-là nous l’avons acheté à New York, je doute qu’ils se vendent à Paris à tous les coins de rues !

C’était sûr, il avait des doutes et il allait pénétrer dans la salle de bains. C’est alors que notre seconde rencontre est sortie de la salle de bains en trombe, juste avec ses bas, son porte-jarretelles et sa culotte :

– C’est qui cet abruti qui nous dérange ? Pour autant que je  le sache je ne suis pas marié avec lui, qu’il nous laisse tranquilles ! Si on a plus le droit de changer de porte-jarretelles sans être dérangé, o va-t-on ?

Le mec s’est trouvé un peu con, il ne savait plus où se mettre. J’en ai profité` :

– Vous savez, mon amie va aussi de temps en temps à New York, cela lui arrive d’acheter ses porte-jarretelles là-bas. Mais vous ne maintenez plus que c’est votre femme ? Celui qui vous a renseigné s’est bien foutu de vous, ou ne doit pas être très physionomiste. Alors s’il vous plait, laissez-nous !

Le mec a tourné les talons sans dire un mot de plus. J’étais plutôt content de la tournure des événements. Je me suis quand même un peu méfié, j’ai été faire un tour rapide dans l’hôtel pour voir s’il ne montait pas la garde dans un coin, mais il avait l’air   d’avoir mis les voiles.

Une qui était soulagée, c’est bien Denise. Elle nous expliqué que son mari était un vieux con qui était jaloux comme un pou. Elle vivait encore avec lui, mais il ne voulait pas lui accorder le divorce. Ce n’est pas la première fois qu’il la suivait, heureusement il était souvent en déplacement à l’étranger.

– Il est vrai que le porte-jarretelles, on l’avait acheté il y a trois mois à New York. Je le mets seulement pour les grandes occasions, mais il a bien failli me trahir, sans la présence d’esprit de notre amie, il y aurait eu du scandale. Heureusement aussi que j’ai un certain goût pour les femmes, sinon nous n’aurions été que les deux, c’était plus difficile de donner le change.

– Avec le recul, tout Léo que je m’appelle, je dus bien admettre qu’elle avait un peu raison. Moi qui ne pensait que homme avec une femme, elles m’avaient un peu sauvé la mise. Je ne risquais pas grand-chose, mais il aurait pu ameuter la presse. Je vois cela d’ici, le mari était fait cocu par une vedette, quel beau titre !

Un ange passa.

– Je n’ai pas trop cherché à revoir Denise, avec son guignol derrière, c’était un peu trop risqué. Comme vous le voyez, ce sont souvent les petits détails qui peuvent trahir. Avec un collant, il n’y aurait eu aucun risque pour deux raisons, il ne l’aurait certainement pas reconnu et surtout je ne l’aurais jamais emmené dans ma chambre !

Marly se marra :

– Isabelle, dorénavant quand tu viens ici tu mettras  des collants, on sait jamais avec ce sacré Léo !

– Pour moi elle peut venus avec trois porte-jarretelles et deux guêpières. Je me rincerai l’œil, mais je n’ai jamais fait cocu un ami, ça je peux te le jurer ! Mais je sais que tu plaisantes.

– Bien sûr, tu es aussi un ami, Léo !

– A la bonne heure, si tu viens demain ou si vous venez demain, j’aurai sans doute quelques nouvelles.

– A ta santé Léo !

– A votre santé les amoureux !

A suivre

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Piaf chez les autres

J’avais abordé hier le 50ème anniversaire de la mort d’Edith Piaf, juste ce qu’il fallait en dire. Si elle reste la chanteuse française la plus connue à l’étranger, son répertoire n’a pas échappé aux artistes étrangers. Je vais faire comme d’habitude mon travail d’encyclopédiste et vous proposer un survol de ses chansons d’une manière un peu plus inédite que toutes les revues de ses chansons que l’on pourra faire ces jours-ci. En avant la musique…

Rendons grâce à ceux qui ont de manière involontaire capté l’attention de Piaf pour la faire chanter autre chose que ses chansons originales, écrites par elle-même ou par ses compositeurs attitrés, qui souvent partageaient aussi son lit, mais ça c’est une autre histoire…

C’est une de ses chansons parmi celles qui ont la préférence de ceux qui ne sont pas vraiment ses contemporains. En 1955, un titre américain composé par le célèbre tandem Jerry Leiber et Mike Stoller, qui écriront aussi le « Jailhouse Rock » pour Presley, est enregistrée par les Cheers. Cette chanson atteindra les oreilles de Piaf, qui voudra en faire une version française. Cela deviendra une de ses meilleures ventes et celle qui approchera le plus le rock and roll. Je veux bien sûr parler de « L’Homme A La Moto ».

Même histoire, Piaf entend lors d’une tournée une valse venue d’Argentine enregistré par un certain Angel Cabral. Cele deviendra « La Foule », une de ses chansons les plus représentatives.

Un autre succès américain, créé en 1951 par un chanteur alors très populaire, Frankie Laine. La chanson « Jezebel » est un standard repris des centaine de fois. C’est Charles Aznavour, alors dans l’entourage de Piaf, qui fut chargé de mettre des paroles françaises dessus. Il l’enregistrera lui-même plus tard.

Il y a encore d’autres exemples, mais je n’ai retenu que ceux-là. Maintenant inversons les rôles, ceux qui ont repris un titre de Piaf, parfois avec un grand succès. En 1959, Piaf est no1 au Cashbox, enfin presque. Sa chanson « Les Trois Cloches », composée par le Suisse Jean Villard Gilles, enregistrée par un trio vocal, the Browns, fait un tabac au pays du coca. Bien qu’elle fut adaptée en anglais bien avant, c’est cette version qui connut la gloire. Aux USA, c’est par excellence la chanson de Piaf que tout le monde connaît. Six ans plus tard, la version enregistré par Brian Poole et les Tremoloes, cette fois-ci en Angleterre fut également un hit.

On peut être un groupe anglais lancé sur les traces des Beatles et interpréter Piaf. C’est le cas des Four Pennies qui eurent un no1 en 1964 avec « Juliet ». Piaf en version beat, mais ça existe, une sorte d’hymne à l’amour…

La suivante est une des plus canons enregistré par un artiste américain. Vous connaissez tous Cher et ses extravagances. En bien c’est la même presque 50 ans avant. Alors mariée à Sonny avec lequel elle forme le duo Sonny and Cher. Bien qu’ils enregistrent ensemble de nombreux succès, cela n’empêche pas l’un et l’autre de faire des disque en solo, aussi avec succès. Sonny produit Cher et met sa main à la pâte musicalement, pas seulement sur les fesses de sa femme. Son avantage, il a travaillé avec le fameux Phil Spector et il faut bien l’avouer, il aime bien un peu l’imiter. Il fait enregistrer le fameux « Milord » et l’on sent bien cette influence. Piaf avec un soupçon de Phil Spector, c’est canon je vous dis.

C’est sans doute la plus étrange destinée pour une chanson de Piaf. Le célèbre « Padam Padam » fut adapté par un chanteur américain, Vince Riccio. Disons qu’il s’est inspiré de ce titre, librement. C’est plutôt un rock. Je ne sais pas si Piaf a eu l’occasion de l’entendre, possible car cela date de 1961. Plus sûr, avec la version des Chaussettes Noires « Madame Madame », cette fois avec des paroles françaises.

Le genre de truc que je n’aime pas, même s’il s’agit d’une chanson de Piaf. Je sais que certains vont adorer, mais je cherche en vain, quelque chose de Piaf dans ce truc.

Le bon truc pour relancer une carrière ou la maintenir, enregistrer un disque de Noël ou un album de chansons de Piaf. Certains l’on fait, avec plus ou moins de bonheur. Patricia Kass, du moins son producteur, a senti le vent venir, dame c’est le cinquantenaire de sa mort. A mon avis les chansons de Piaf en son digital, c’est un peu comme un enregistrement de John Lee Hooker avec un orchestre symphonique. Donc, je zappe. Par contre dans la série, il y a celui de Catherine Ribeiro publié en 1977, l’hommage d’une grande dame à une autre grande dame. Là, il n’y avait pas de carrière à relancer, c’était juste un cri du coeur.

Il existe assez peu de chansons inconnues et inédites de Piaf. Il y en a une que j’ai découverte dans l’intégrale « L’accordéoniste », qui compte plus de 400 chansons. J’ai pris une semaine de vacances , là j’exagère un peu, et je suis parti en exploration. Une chanson y figurait à l’état de maquette, enregistrée peu de temps avant sa mort dans son appartement. Etonnante chanson, sûrement un truc qui aurait eu du succès si. Le son un peu brut, rattrapé avec la magie des studios, en fait une chanson présentable et audible. Pour terminer, écoutons celle qui en fin de compte est inimitable…

Piaf, l’éternité

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Dans les années 60, les médias étaient loin d’être ce qu’ils sont aujourd’hui. La radio, la télé dans une moindre mesure étaient les seuls moyens rapides pour accéder à l’actualité. La routine était le flash d’information à l’heure entière ou le journal télévisé en début de soirée. Seul un événement exceptionnel pouvait bousculer cette routine et mériter une interruption des programmes. Et encore fallait-il que cet événement concerne directement des millions de personnes. Des événements exceptionnels, il n’y en avait pas tant, peut-être deux ou trois par année. Je m’en souviens de quelques uns, la mort du pape Jean XXIII, celle de Kennedy. C’était les stars de l’époque, un chanteur de rock and roll était pour la plupart, un personnage plutôt méprisable, méritant juste un simple faits divers. S’il y avait une seule personne qui pouvait faire l’unanimité dans le coeur des Français, c’est bien Edith Piaf.

Il y a exactement 50 ans, le 11 octobre 1963, celle que l’on surnommait « La Môme » rendait son dernier soupir. La nouvelle fit grand bruit, on décréta un deuil national dans l’imaginaire de chacun, plus jamais cela, c’est ce que l’on pensait en y joignant des regrets éternels, tout en cherchant qui pourrait bien la remplacer. Piaf, c’est une phénomène, unique, intemporel, que l’on peut situer dans le temps pour ce qui fut son vivant, mais au-delà de l’espace et du temps pour tout le reste.

J’ai vécu une dizaine d’années en partageant le même espace temps. Son actualité, sans que je cherche aller à sa rencontre, est venue croiser le ronronnement de mon enfance. Ses chansons, surtout les plus connues, nul ne pouvait y échapper. Absorbé que j’étais par le rock and roll, l’apparition des yéyés, je ne me suis pas attardé à son écoute, laissant la découverte pour plus tard.

Que n’a-t-on pas dit sur elle? Des tas de sottises, c’est sûr. L’avidité du public à brûler ses idoles, elle n’y a pas échappé. Alors on brode, on invente, on voit des choses qui ne sont pas. Piaf la mangeuse d’hommes, la revanche sur les années de misère, la gloire internationale, tout cela n’est rien. Ce que fut réellement sa vie, on va certainement essayer de vous le dire ces prochains jours et dans les année futures. La seule chose qui ne devra rien à l’imagination fertile des journalistes, ce sera les mots qui peuvent magnifier la grandeur de son talent, oubliez le reste. Piaf, c’est un blues qui traîne au long des rues sur les pavés luisants à la lueur des réverbères. Piaf est partout, son fantôme hante chaque rue de Paris. Même en regardant le ciel, je ne serais pas surpris de voir les nuages dessiner son visage…