Léo coeur de nylon (69)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son statut de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Après bien des rebondissements, ils semble que les choses se précisent. Il est décidé d’entrer en action. En attendant le flic raconte une enquête dans laquelle il est questions de bas nylons. Une histoire bien compliquée

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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– Il a fallu un fait anodin pour orienter mon enquête. Le bas filé qui avait changé de jambe. Avant cela, il n’y avait point de certitude. Chacun pouvait raconter son histoire et la faire passer pour la vérité, sa vérité. A partir du fait constaté, on pouvait imaginer que mon copain avait une liaison, cette fois je parle en l’affirmant, car c’était bien le cas. Il est le centre de l’action, le propagateur. Son intérêt n’est pas immédiatement visible, mais il est certain. Il est l’amant de la dame et cette situation ne lui convient pas, il voudrait plus. Il veut se débarrasser de son rival. Vite dit, mais pas très facile. De son côté le cocu n’est pas inactif, il est l’amant d’une autre dame qui habite dans une maison pas très loin de la sienne. Et ça sa femme ne le sait pas. Par contre ce qu’il se sait pas, c’est qu’il est atteint d’un mal incurable. Mais ça, sa femme le sait, car juste avant de fricoter avec mon copain elle était l’amant de son médecin. Il lui a discrètement fait part du fait sans mettre le mari au courant. Il voit probablement un avenir sans nuages avec sa belle. Vous me suivez ?

– Oui, à peu près, signala Léo. Tout le monde sait ce qu’il ne devrait pas savoir, tout en ne sachant pas ce qu’il devrait savoir.

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– Oui c’est à peu près ça. Dans cette histoire, il y a un fait très important que vous ne pouvez pas soupçonner. Le futur mort a une coquette assurance sur la vie, qui devrait laisser un assez joli magot à la veuve, mais ça son amant ne le sait pas. Elle est en tête de liste pour toucher la somme, mais cela peut se changer sur une simple modification. L’assuré n’en a pas parlé à sa maîtresse, elle ignore que cette assurance existe, il ignore de même qu’il est sérieusement malade. Vous suivez toujours ?

– Mmmhh, fit Marly, je commence d’y voir clair. C’est la loi du silence, mais le château de cartes n’est pas très solide. Je devine, mais il me manque encore un élément, le pourquoi du vol de lingerie.

– On y vient. Mon copain pousse l’autre à porter plainte pour ce vol. Son but est de mettre en évidence la conduite, l’infidélité du mari de sa maîtresse, en espérant qu’elle va mettre fin à leur histoire. Il sait par hasard qu’il a une liaison. En faisant ainsi, il jette un pavé dans la mare, mais c’est lui qui est éclaboussé, car elle ne quittera jamais son mari pour se retrouver sans le sou. Bien entendu, du moins tant qu’il est vivant, après on peut imaginer. Je vous vois très dubitatifs, pas vrai ?

– Y’a de quoi, argumenta Léo. Je ne vois pas en quoi votre copain tient entre ses dents le destin du mec qu’il fait cocu et ce que votre intervention vient faire, bien que je pense que s’il a fait appel à vos services, c’est qu’il avait une raison.

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– Le vol de la lingerie a été commis par le fils d’un des habitants de la maison, un jeune adolescent qui s’intéresse d’assez près à ce genre de choses. Le problème c’est qu’il a été surpris par le mari. Il aurait pu se contenter de l’engueuler, il l’a sans doute fait, mais ce n’est pas aussi simple que cela. Ce jeune homme est l’ami d’un autre jeune qui habite dans la même maison que sa maîtresse. Dans cette maison, c’est un peu le secret de polichinelle concernant sa liaison. Les deux jeunes en ont discuté entre eux et il a appris la chose. Il l’a menacé de tout dévoiler à sa femme s’il déposait une plainte. Donc il était un peu coincé, il ne tenait pas tellement à ce que sa femme l’apprenne. Je vous l’ai dit, ce mec est assez pâlot, un timide dans son genre. Vous y voyez plus clair maintenant ?

– Sans doute, approuva Marly. Mais comment votre copain a su toute cette histoire, puisque vous nous avez dit qu’il était au courant, qu’il pouvait révéler à sa maîtresse que son mari la trompait ?

– Par le plus grand des hasards, il a entendu la conversation entre les deux protagonistes. Il venait rapporter quelques bouquins qu’on lui avait prêtés. En passant dans le corridor, comme ça gueulait assez fort, il a reconnu la voix de son, disons rival, et il s’est approché croyant qu’il se faisait agresser. Evidemment il a surtout entendu ce que le jeune disait et après il s’est éclipsé discrètement. Il a rapporté les bouquins à une autre occasion. Il a bien vite pensé qu’il tenait un moyen de pression sur lui. C’est ainsi qu’il a mis l’accélérateur pour qu’une plainte soit déposée. Ce qui risquait de mettre en évidence les infidélités du mari si le jeune était attrapé. J’imagine même qu’il aurait discrètement mis la police sur la bonne piste. Mais voilà, on m’a seulement demandé d’agir à titre officieux en pensant que je ne trouverais rien. Tout le monde y avait intérêt.

Les visages de l’assistance exprimèrent leur étonnement, cette histoire était bien embrouillée, assez pour qu’elle mérite encore quelques éclaircissements. Ce fut Léo qui les demanda :

– Et comment avez-vous démêlé tout ça ?

– Ce n’est pas si simple que cela, il m’a encore fallu l’aide de mon indicateur Laurent. Après avoir découvert l’histoire du bas filé qui change de jambe, je lui avais demandé de rester en planque pour suivre la femme de mon copain. Pour ma part, fort de son renseignement je commençais à démêler le vrai du faux, mais il me fallait d’autres éclaircissements. J’avais la quasi-certitude de la liaison, mais les vols de lingerie restaient bien mystérieux. Alors que Laurent planquait, c’est le mari qui est sorti. Il s’est dirigé vers un homme qu’il semblait connaître, ils se sont serrés la main et sont entrés dans un bistrot voisin. Mon indicateur a pensé qu’il s’agissait d’un représentant ou quelque chose comme cela, vu qu’il avait une serviette à la main. Il a pensé qu’il pourrait y avoir quelque chose d’intéressant à apprendre. Il est aussi entré dans le bistrot et a pu s’assoir à la table à côté.

– Il a laissé tomber l’éventuelle filature de la femme ? questionna Marly.

– C’est la priorité que j’avais donnée, mais il était libre d’agir selon les évènements. Il apprit d’ailleurs des choses intéressantes, car il s’agissait d’un agent d’assurances, celui de la fameuse assurance. C’est ainsi que j’ai su qu’elle existait. La conversation, que Laurent entendait parfaitement, fut assez banale, il était surtout question d’augmenter le capital, ce qu’il accepta. Il ne faisait pas de doute que l’agent ne connaissait pas l’état de son client, sans cela il ne l’aurait pas proposé. Toutefois un point semble intéressant dans la discussion, le mari demanda ce qu’il était possible de faire dans le cas d’un changement de bénéficiaire et comment faire.

– Il pensait sans doute à sa belle, affirma Marly.

– C’est plus que probable. Mais le plus intéressant fut la conversation que mon indicateur eut avec l’agent.

A suivre

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B.B. King hommage et encore

Mon premier album d’un bluesman fut justement un album de B.B. King « Live At The Regal », je m’en rappelle comme si c’était hier. A vrai dire le personnage ne m’a jamais trop intéressé, bien qu’extrêmement populaire. Pour moi c’est un peu une manière de dire qu’on aime le blues sans trop vouloir aller fouiller dans ses entrailles, comme si on résumait le jazz aux « oignons » de Sidney Bechet.

Je trouve son blues trop cuivré, trop souvent mêlé à des big bands qui peuvent ajouter des couleurs et étoffer la musique, mais le blues n’a jamais été cela pour moi. Il se contentait trop souvent d’utiliser sa guitare, sa fameuse Lucille, comme on se sert d’une cuillère pour touiller son café. Lors de l’annonce de son décès à la radio, un speaker souligna qu’il ne fut sans doute pas le plus grand guitariste de blues, mais certainement le plus connu et populaire, d’une longévité exceptionnelle. Je crois que cela résume bien le personnage auquel Eric Clapton semblait vouer un culte. Je considère que ce dernier n’a rien à lui envier, il est cent fois plus éclectique. Je remercie ce brave Clapton d’avoir attiré mon attention sur des bluesmen authentiques comme Blind Joe Reynolds ou Skip James, choses qui ne figuraient pas au répertoire de B.B. King.

Quoiqu’il en soit, King fut malgré tout un grand personnage que l’on ne pourra que regretter malgré un parcours certes reluisant, mais empreint de quelques virages pris un peu trop à la corde. C’était peut être le prix à payer pour être un star. RIP Mister King

Des dessous pour un siècle (11)

25 051515 7Au début 1940, la France pouvait encore espérer être épargnée pas la guerre de manière directe. Le optimistes pensent que la ligne Maginot est un obstacle infranchissable et qu’elle dissuade Hitler de toute tentative belligérante. Pour les pessimistes, il ne fait aucun doute qu’il a une revanche à prendre sur la France et qu’il viendra frapper à la porte. On sait comment l’histoire s’est déroulée, le 22 juin 1940 la France signe l’armistice, vaincue. Elle n’est pas la seule à souffrir, l’Allemagne étend sa zone d’influence sur presque toute l’Europe au gré des victoires militaires et des alliances politiques.

Evidemment la mode passe au second plan, si ce n’est au troisième. Le fait le plus significatif, ce n’est pas tellement l’envie de ne plus créer, mais de ne pas avoir de quoi le faire. Bien vite, toutes les matières premières nécessaires à sa création se font rares, bref on manque de tout. Dans le domaine de l’abondance matérielle, l’Europe n’est pas aux premières loges, mais au mieux assise sur un strapontin. Aux USA c’est un peu mieux, le territoire national est vierge de tout combat, pour l’instant ils ne sont même pas officiellement en guerre mais ils s’y préparent. Tout en soutenant l’Angleterre qui est soumise aux bombardements, le blitz comme ils l’appellent. Pour une part le pays se suffit à lui-même, la nourriture ne manque pas, bien que la dépression économique des années 30 en laisse pas mal sur le carreau.

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Dommage pour le nylon, mais cette belle invention que chaque Américaine rêve de porter sous forme de bas est réservé à l’effort de guerre. Alors on s’accommode de ce qui est disponible, même s’il faut user d’artifices et faire croire que. La pénurie de bas stimule les imaginations. Si on n’en a pas, on se teint les jambes en foncé et on dessine une couture pour faire illusion. Bien sûr, il est déconseillé de prendre un bain trois fois par jour. Cette pratique aura cours dans tous les pays en état de guerre, du moins ceux où le port des bas fait partie des habitudes quotidiennes. C’est le choix entre retourner au disgracieux bas de laine ou tromper « l’ennemi ». Il ne faut pas trop compter sur le bas de soie, car il se fait aussi rare et est carrément interdit en Angleterre. Même dans son célèbre discours de 1940, Churchill aurait pu ajouter: je n’ai à vous offrir que du sang, du labeur, des larmes, de la sueur et des bas de laine!

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Mais le guerre connectée de manière restrictive aux dessous évolue dans l’air du temps. L’année 1940 verra l’avènement de quelque chose qui fera date dans l’histoire: la pin-up. C’est dans le magazine Esquire que paraît la première du genre, née sous le pinceau d’Alberto Vargas, un Péruvien établi aux Etats-Unis. Il en dessine déjà depuis une vingtaine d’années, mais à partir de ce moment là elle entre dans le conscience collective. C’est sans doute le contexte de la guerre qui a permis son avènement sans trop inquiéter les censeurs débordés par l’ampleur de sa tenue légère et la popularité du phénomène, car elle est adoptée comme mascotte par les soldats.

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On la peint, la dessine sur les véhicules militaires ou sert d’illustration pour les calendriers. L’Angleterre l’adopte également et va même plus loin avec un trait d’humour.  Le Daily Mirror publie les dessins d’une pin-up blonde étourdie, Jane, crée par Norman Pett. Gaffeuse, elle laisse entrevoir ses dessous, ce qui vaudra la réputation de meilleure arme secrète britannique de la Seconde Guerre mondiale. On sait que pendant ce temps des rumeurs faisaient état de savants américains travaillant à une autre arme secrète d’un puissance destructrice jamais égalée, ce qui sera la future bombe atomique. Une bombe atomique contre une bombe anatomique!

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Un autre fait marquant encore en vigueur de nos jours, le port des dessous à même la peau. Fini la culotte froufroutante, le slip devient bien serré. Les bas, quand on en possède, finissent de consacrer le porte-jarretelles qui se porte sous la culotte, exit la jarretière. La combinaison camoufle plus ou moins légèrement le tout, soutien-gorge y compris. Chez les hommes le maillot de corps devient une camisole qui s’enfile simplement par le haut.

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La Française, elle, se débrouille comme elle peut, le manque de tout est drastique. Les chaussures à talons compensés deviennent une sorte de mode par la force des choses, surmontés de socquettes roulées sur leurs chevilles. Les femmes en pantalons n’ont jamais été si nombreuses. Dame, il a des avantages évidents, il est solide et surtout il tient chaud, se chauffer est un luxe suprême. Parmi les petits métiers, celui des remmailleuses prospère. Quand on possède une paire de bas, ce n’est pas une maille qui file qui signifie sa mort, il est bien trop précieux. A l’issue de la guerre, la marque Vitos met une machine à remailler les bas sur le marché.

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Si l’immense majorité de gens se serrent la ceinture, quand on en possède une, certains petits malins profitent bien de la situation. Le soldat allemand loin des colères de son bien aimé führer, n’en est pas moins friand de distractions un peu coquines: « Ach Baris! ». Les fameuses Folies-Bergère relancent le spectacle avec froufrous incorporés, symboles de légèreté et de plaisirs faciles.  Sans doute plus que le champagne ou les bons petits plats à la française, c’est l’image qui est la plus ancrée dans l’esprit du soldat de la Wehrmacht. Par la même occasion, les officiers se rendent volontiers au One-Two-Two, le plus célèbres et luxueux des bordels parisiens qui connaîtra une sorte d’officialisation.  L’humour ne perdant jamais tout à fait ses droits, les pensionnaires en argot parisien sont appelées des essoreuses.

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Trouver de la lingerie fine avec la bienveillance de l’occupant, c’est dans le domaine du possible avec la complicité de quelques personnages pas trop regardants sur les moyens. Comme dans toutes les époques troubles, des personnages peu recommandables trouveront le terrain propice à leurs activités criminelles. Le plus célèbre fut Marcel Petiot, un Landru transposé dans une autre guerre, organisant des réseaux de passages à l’étranger dans lequel tous les candidats disparaissent définitivement.

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Du côté des vedettes, certaines se verront reprocher leur attitude un peu trop amicale avec les Allemands, on parle aussi de « collaboration horizontale ». La fameuse Arletty, qui tourna pendant la guerre son plus beau rôle dans Les Enfants du paradis, se verra reprocher le fait d’avoir entretenu une liaison avec un officier allemand. Elle aurait alors lancé sa fameuse phrase: « Mon cœur est français, mais mon cul est international. ». Il est clair que l’activité culturelle et artistique marque le pas comme la mode. Il est certain qu’une femme habillée avec une certaine recherche est regardée de travers, alors que tout est introuvable sans passer par le marché noir. Elle n’obéit pas à des critères de mode, mais à un comportement que la morale d’alors peut réprouver.

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Mais à partir de 1943, l’armée allemande commence à connaître de sérieux revers. A fin 1944, la territoire français est presque libéré, à part une poche de résistance dans les Ardennes. Les GI’s sont accueillis en héros. Les enfant lui réclament du chewing gum, les femmes des bas nylons…

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Avec la fin de la guerre, l’aube d’un certain nouveau monde commence comme dans la symphonie de Mahler, un certain âge d’or pour le bas nylon et autres dessous.
A suivre

Léo coeur de nylon (68)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Après bien des rebondissements, ils semble que les choses se précisent. Il est décidé d’entrer en action. En attendant le flic raconte une enquête dans laquelle il est questions de bas nylons. Une histoire bien compliquée

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Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessus.

Laverne regarda Marly avec un sourire.

Oui, en effet j’ai parlé du bas filé. D’après ce que mon enquêteur m’a décrit, c’était la même paire de bas, apparemment il était filé au même endroit comme je l’ai dit, légèrement.  Ce qu’il a remarqué c’est que quand la dame est allée rejoindre mon copain, le bas filé était sur la jambe droite et quand elle est ressortie, il était sur la jambe gauche. Vous en déduisez quoi ?

Ce fut encore Marly qui répondit :

– A l’évidence, quand elle était à l’intérieur, elle a enlevé ses bas.

– Exact. Votre amie, elle enlève souvent ses bas quand elle va en visite, surtout chez un homme seul ?

– Je ne pense pas, par ailleurs je crois qu’elle ne va jamais chez un homme seul sans moi, mais on peut supposer que votre suspecte a fait autre chose que de prendre le café pendant la visite.

– C’est plus que probable. Cela donnait un éclairage nouveau à mon enquête, j’avais une presque certitude sur ce que je soupçonnais, ils étaient amants. Fort de cette certitude, je me demandais vraiment ce que je venais foutre là-dedans. N’oublions pas que c’est à la demande de l’amant que je m’étais manifesté, en principe pour un ou des vols de sous-vêtements. Il y avait quelque chose qui clochait.

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Bien sûr, Laverne connaissait le fin mot de l’histoire, pour ne pas dire le mot de la fin. Mais même en flic un peu marginal, il avait une passion pour son métier et il aimait bien en faire profiter les autres, il adorait titiller le sens de la logique de son auditoire. Il lançait cette sorte de jeu sous forme de devinettes. Ce n’était pas systématique, il fallait qu’il sente un certain intérêt de la part des auditeurs. Il ouvrit les feux.

– D’après vous, de quel côté j’ai orienté ma réflexion ?

Léo manifesta son intérêt pour ne pas être en reste. Il décida même de reporter l’allumage de la prochaine cigarette à plus tard.

– D’après moi, mais je dois être autant doué pour les enquêtes que pour la couture, il me semble qu’il y a un coup monté ?

– C’est assez bien vu, pas mal pour un non professionnel, rigola Laverne. Je résume la situation. Un mari, probablement cocu, est poussé à demander l’aide d’un détective à titre officieux par celui qui le fait probablement cocu. La femme affirme qu’on lui a volé de la lingerie au séchoir, probablement par un habitant de la maison. Le cocu rechigne à demander l’aide du détective, mais il le fait quand même. Ce dernier se rend à son domicile, sa femme est très distante avec l’enquêteur, elle semble tout aussi gênée par sa présence. Jusque-là c’est un peu le pot de goudron, on n’y voit goutte. Vous me suivez ?

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– Oui, acquiesça Seiler. Tout le monde semble ne pas vouloir votre présence et pourtant on vous a demandé d’intervenir. C’est à se taper le cul dans un seau !

– Vous mettez le doigt dessus. Affinez votre raisonnement…

– Le seul qui demande délibérément votre présence, le meneur, c’est votre copain. Les autres se seraient bien passés de votre intervention. Ils éprouvent une certaine gêne en votre présence.

– Continuez, continuez !

– Je dirais que pour que la police intervienne, il faut qu’il y ait un délit. Ici le délit est peu de chose, on a volé de la lingerie. Ce n’est pas bien grave, mais c’est quand même une chose qui n’est pas autorisée au sens de la loi, donc une présence policière n’est pas insolite, même officieuse. Je ne vois pas très bien, mais on veut mettre quelque chose en lumière, une chose que j’ignore. Cette chose prendra du sens en sortant de la bouche d’un flic, oh pardon, je voulais dire d’un policier.

Laverne rigola, il se foutait royalement du mot flic. Ce n’était pas injurieux pour lui. Juste un mot pas très long pour désigner sa profession.

– C’est bien citoyen Seiler, vous avez posé le problème correctement, reste à trouver la solution. Je vais vous aider en vous l’apportant sur un plateau.

Marly eut presque envie de pousser un aaah de satisfaction comme le font les enfants au cinéma quand les lumières s’éteignent pour laisser la place au film.
A suivre

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Nos disques mythiques (15)

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Voilà un disque qui doit beaucoup à la France. Pas tellement pour les interprètes, ce sont tous des Anglais originaires de Carlisle, mais bien par un de ces petits miracles que le showbiz sait parfois engendrer. Le relativement nouveau label Island, né en Jamaïque, s’est établi à Londres en 1962. Son but premier est de lancer le reggae en Angleterre, une musique relativement peu connue au pays du thé. Ca ne marche pas trop mal, mais cela marchera bien plus fort dans les années 70. Un premier hit, « My Boy Lollipop »,  en 1964 par Millie, donne un avant goût de reggae. Mais le label mise aussi sur des artistes locaux. Premières grosses vedettes  maison en 1965, Spencer Davis Group, aligne plusieurs hits dont deux composés par un artiste jamaïcain, Jackie Edwards. Fort de ce succès on en  recrute d’autres. C’est ainsi que les fraîchement nommés VIP’s (anciennement VIPPS) font leur apparition sur Island. Ce sont pas vraiment des nouveaux, ils ont déjà fait quelques tentatives discographiques pour divers labels sans résultats notoires. Ils enregistrent leur première tentative pour  Island en 1966, « I Wanna Be Free » / « Don’t Let it Go ».

Le disque ne décolle pas tellement sur le marché anglais, mais Philips-France distributeurs du label, décident de le publier ici sous la forme habituelle, un 4 titres enveloppé dans une belle pochette. En réalité c’est un 3 titres, car la chanson complémentaire « Smokestack Lightning »  dure près de 7 minutes, pas très loin de la limite possible de la durée d’une face de 45 tours. C’est purement un titre destiné au remplissage, mais bon du remplissage comme ça, on en redemande!

L’idée de Philips est payante, car le titre principal rencontre pas mal de succès en France, il figurera même en assez bonne place dans le hit parade de « Salut les Copains ».

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Ils passeront aussi à la télévision, une pub assurant des ventes honnêtes. C’est un grand titre, même l’un de ceux que je considère parmi les meilleurs des années 60, je l’ai écouté des milliers de fois. Les plus érudits savent que c’est une reprise crée et composée par l’Américain Joe Tex, un Noir très dans la veine du r’n’b. La version des VIP’s, qui abandonne les cuivres de l’original, met en exergue le jeu des guitaristes, c’est une ambiance cool, parfois brièvement plus rageuse. Le point culminant reste la voix de chanteur, Mike Harrison. Bien que de race blanche, sa voix sonne plus noire de celle l’original. C’est un grand chanteur dans la lignée des Ray Charles et autres. Il fait aussi merveille dans le titre suivant « Don’t Let It go », un titre dans la même veine.

Comme je le disais plus haut, « Smokestack Lightning » est un titre de remplissage, mais quelle belle version que cette reprise de Howlin Wolf (dont on le crédite à tort comme compositeur), écrite par le fameux Willie Dixon. C’est la deuxième qui est entrée dans ma collection, le première celle des Yardbirds. Si je peux préférer musicalement celle des Yardbirds, plus rageuse, plus bordélique, le version plus traditionnelle des VIP’s magnifiée par la voix du chanteur fait que l’adore aussi.

Il y a bientôt 50 ans que je suis sous le charme de ce disque qui figure toujours en bonne place dans les fleurons de ma collection, ainsi que la suite qui vit passer le fameux Keith Emerson dans leurs rangs. Juste avant que ces importantes personnes de deviennent encore plus importantes en se muant en Spooky Tooth. Mais c’est une autre histoire.

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Un chose assez courante à l’époque, présenter les membres d’un formation. A lire leur goûts, on n’a pas trop de peine à s’imaginer pourquoi ce disque contient ceci plutôt que cela.

Le passage à la télé en 1966

L’école en nylon

Comme promis, j’alimente cette nouvelle rubrique avec le nouveau témoignage de Jean qui retourne dans son enfance, plus précisément à l’école, pour nous faire part de ses émois à la vue de ses premières jambes en nylon, pas les siennes, mais celles qu’il contemplaient. Témoignage de qualité, il se replonge avec précision dans ses souvenirs. Je ferai à la fin de son récit part de mes impressions, car visiblement nous sommes issus de la même « école ». Merci à lui!

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Quand tout cela a-t-il vraiment commencé ? Je ne saurais vraiment le dire, car je me souviens que j’étais troublé par Mme F, ma première maitresse ( !) du primaire, mais aucun épisode précis ne ressurgit . Comme l’ont reconnu depuis longtemps les psys en tout genres, la curiosité sexuelle chez le petit garçon est en fait très vive vers les 6 ou 7 ans, puis elle diminue ensuite pour revenir à la pré adolescence, et c’est bien de cette première période que nous parlons. Dans mon souvenir, Mme F était pourtant plutôt âgée, comme le trahissait sa voix, elle avait tout d’une maman, mais elle avait aussi pour elle la douceur, la gentillesse. Peut-être était-ce le mouvement de ses robes, qu’elle portait assez amples, sa façon de se déplacer, de virevolter, qui me faisait sentir, ou plutôt pressentir la féminité, car je n’avais pas la moindre idée de ce que c’était, sauf que cela représentait l’interdit, puisque ma mère, par exemple, se cachait pour se déshabiller. Je pensais donc à Mme F le soir dans mon lit, en l’imaginant nue, et cette pensée déclenchait chez moi une érection, et je me souviens très bien par contre m’être bien demandé pourquoi ! Car bien évidemment, je n’avais pas la moindre idée de ce qu’était la fonction reproductrice, et quand un copain plus âgé me l’expliqua un ou deux ans plus tard, je crus franchement à une plaisanterie, car le fait que j’étais un enfant sans père (un enfant « naturel », comme on disait à l’époque) prouvait bien qu’un couple n’était nullement indispensable à la procréation…
Le véritable choc, ce n’est que l’année suivante que je le connus avec Mme D, une grande femme rousse bien bâtie et bien en chair, à qui sa carrure donnait une autorité certaine. Loin d’être aussi douce que Mme F, elle était assez sévère et notamment avec moi, car il se trouva que cette année la fut la plus mauvaise (et la seule vraie mauvaise) de ma carrière scolaire. Alors, elle m’envoyait au piquet, ou en retenue, où je devais « faire des lignes », en écrivant 250 fois « je ne dois pas parler en classe » ! C’est donc une année où je ne fus pas très heureux, mais venons en au fait…

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Un jour comme un autre, nous faisions je crois, un devoir en classe, et Mme D passait dans les rangs pour voir le travail de chacun. A un moment donné, elle se trouva juste à côté de moi, penchée sur le cahier de mon voisin de la travée d’à côté, et il se trouva que par hasard – je dis bien par hasard cette fois là – car maintes fois par la suite je n’ai pas pu me retenir de provoquer ce hasard, ma gomme tomba par terre. Je me baissai pour la ramasser, et relevant la tête, je me trouvai exactement sous sa jupe. Combien de temps cet instant dura-t-il ? Une fraction de seconde, ou une éternité ? Je ne saurais le dire, mais mon cœur bondit dans ma poitrine, une onde de chaleur m’envahit, une incroyable vague de plaisir et de honte mélangée, dont une fois encore, je ne comprenais pas l’origine. Elle portait une gaine bien sûr, avec des jarretelles, qui tendaient ses bas et faisaient déborder sa chair abondante, marquée d’une infinité de délicieux petits cratères de cellulite. Et de ce magnifique fessier emprisonné par la jupe, émanait comme d’un inaccessible au-delà, une chaleur puissante. Cela fut si court que personne, ni elle, ni mes petits camarades ne me remarqua, mais ce fut un de ces rares instants qui comptent vraiment dans la vie d’un homme. Une révélation qui dans l’instant bien sûr, m’échappait, mais qui après une éclipse de quelques années, reviendrait souvent en boucle dans mon esprit.

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Mais d’abord, comme je l’ai dit, ce souvenir s’estompa pour quelques années, ces années où chez les garçons, la sexualité apparaît certes encore un peu comme honteuse, mais surtout ridicule. Ces années où l’on aime se dépenser dans les parties de foot ou les bagarres, où l’on méprise un peu les filles, ces étrangères avec leurs cordes à sauter et leurs rubans dans les cheveux. Vous avez noté que, malgré les pressions en tout genre et les sornettes que l’on entend de toutes parts aujourd’hui sur la théorie du genre, je parle au présent, car c’est bien la nature qui est à l’œuvre à cet instant, et non pas je ne sais quelle construction culturelle. Cette nature donc, nous accorde à nous autres petits mâles, un répit, certes de courte durée, mais un répit quand même avant que ne revienne l’esclavage du désir, répit qui nous donne aussi, et c’est heureux, un certain sentiment de notre supériorité. On n’est pas des gonzesses!
Un épisode caractéristique de cette période fut une fois – je pouvais avoir une dizaine d’années – où, remontant le large escalier qui menait à notre cinquième étage, je me retrouvai sous un angle idéal pour contempler le fessier d’une jeune voisine en jupe plissée qui, sur le palier au dessus, se penchait en s’exclamant vers un petit enfant qui lui était présenté par une autre. C’était le temps béni où les jeunes filles se mettaient au porte-jarretelles dès l’âge de 15-16 ans, et le spectacle encore une fois était de nature tout à fait troublante. Pourtant, loin d’être fasciné comme à l’épisode que j’ai conté plus haut, je me contentai de détourner la tête, en me disant que regarder sous les jupes, au fond, c’était pour des types un peu dégeulasses, et pas pour moi.

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Mais entre-temps, je raconterai encore une anecdote mi-troublante, mi-émouvante. C’est celui de Mme W, ma troisième maîtresse.. Mme W était une dame de petit format, mais qui soignait tout particulièrement ses tenues et sa féminité, ceci sans doute pour compenser cela. Et de sus c’était une grande patriote, qui aimait exalter en nous les valeurs de la république, qui justement était au programme d’histoire cette année là. C’est dire qu’après les ennuyeuses séances d’arithmétique et de français, nous attendions tous avec impatience cette unique heure de la semaine consacrée à l’histoire. A cette occasion, et sans doute pour mieux nous faire partager ses nobles émotions, Mme W venait s’asseoir au milieu de nous pour faire son cours. Elle s’asseyait sur une table, en posant les pieds sur une chaise, et bien sûr nous restions nous sur nos sièges. En s’enflammant en nous racontant les exploits de Kellermann ou de Hoche, elle oubliait ainsi de se surveiller et de maintenir serrées les cuisses, qu’elle avait fort courtes, ce qui nous permettait de profiter (je ne dirai pas encore  jouir) du spectacle, en même temps faut-il le dire, que de boire ses paroles.

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Ainsi, à la récréation suivante, en pouffant de manière un peu gênée, alors que nous formions un petit cercle, l’un de nous – je me souviens même que c’était le premier de la classe – nous prit à témoin que « l’on voyait les bas de la maîtresse ». Mais pour ma part, je renchéris en disant que « l’on voyait même sa culotte », et les autres approuvèrent bruyamment ! 
Eh bien oui, au-delà de nos différences, du petit dur au plus timide d’entre nous, nous étions en fait tous à l’affût, tous de gentils petits vicieux chez qui ces inventions diaboliques qu’étaient les bas et les jarretelles déclenchaient un trouble encore inexpliqué, une gêne certes, mais si délicieuse. L’exaltation à la fois de la Patrie et de le Féminité : deux mots inséparables pour lesquels depuis toujours, les braves vont jusqu’à donner leur vie. Une époque bénie décidément, mais nous n’en n’avions pas conscience. Faudra t-il aujourd’hui, soixante dix ans après le Général, fonder le nouveau RPF ?

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Comme promis, j’y vais de quelques commentaires à titre de comparaison de nos expériences respectives.
Sans aucun rapport avec le bas nylon, il est vrai que nous n’avions souvent pas la moindre idée sur la réalité de notre présence au milieu d’une famille. A la limite on aurait pu nous faire croise que l’on nous avait achetés dans une supermarché. Je me souviens que dans la BD de Binet, « L’institution », qui retrace son enfance, il nous en parle. A un copain qui lui expliquait comment il avait été conçu, il s’exclame: « Ah non c’est trop dégueulasse! ».
Je crois que Jean rejoint un point essentiel de la découverte du fétichisme lié au bas, c’est l’objet et non sa présentation qui requiert toute notre attention. A l’école, j’étais plus attiré par celles qui portaient des bas au détriment de la beauté. Brigitte Bardot en chaussettes ou Alice Sapritch en bas, le choix était vite fait. Plus tard, du moins chez moi, les choses évolueront un peu. Mais je peux quand même dire aujourd’hui que je n’ai pas fait une révolution sur ce principe.
Il est aussi vrai que certains souvenirs, toujours en rapport avec le sujet, nous marquent pour la vie et ils reviennent épisodiquement dans nos souvenirs. Vous aurez certainement remarqué que dans mes illustrations je suis assez vintage, je préfère les anciennes photos. Dans mon esprit, ce sont elles qui s’approchent  le plus de ces images enfouies quelque part, gage d’authenticité. 
L’âge de mettre un porte-jarretelles à cette époque? Sans doute un peu plus curieux que Jean ou ayant eu plus de chance, je dirais que j’ai vu certaines de mes copines d’école en porter un dès l’age de 12 ans, du moins porter des bas.
A propos de Mme W et de son inconsciente impudeur, soulignons encore une fois que montrer accidentellement une lisière de bas, n’était pas un geste dont on rougissait facilement, du moins chez la majorité des femmes. Il n’y avait pas de « secret », on savait pertinemment que toute jambe couverte de nylon était le fait de bas. Maintenant c’est différent, porter des bas est une chose qu’on peut avoir envie de ne pas divulguer ou montrer. On fait une choix entre bas ou collant. Deviner quel est ce choix est sans la seule chose qui me fait trouver une « charme » au collant, spécialement quand une dame porte des bas à la place. Evidemment, comme Jean nous l’avoue, on voyait aussi sa culotte. Peut-être n’était-ce pas aussi accidentel que cela?
Jean fait aussi allusion au patriotisme de Mme W. Il est très vrai que c’était souvent mis en exergue par les enseignants qui croyaient fermement au pouvoir de l’éducation, ils avaient par ailleurs parfaitement raison. Nous-mêmes en tant qu’élèves, nous avions aussi une certaine idée du patriotisme, une impression pas toujours très fondée d’appartenir à quelque chose qui avait une certaine noblesse de fait. Au moins nous avions des repères, chose qui manque cruellement aujourd’hui.
Le mouvement auquel il fait allusion, le RPF, Rassemblement du peuple français (1947-1955), fut le seul mouvement politique fondé par Charles de Gaulle, mouvement centriste et d’opposition de la IVe République. Petit éclairage de l’historien.