En passant

Inventaire musical à la Prévert (67)

Après avoir quitté les Animals, qui ne sont pas vraiment les Animals sans lui, Eric Burdon repart avec une nouvelle formation, Eric Burdon & The Animals. Les musiciens sont nouveaux et le style aussi, il est vrai que Burdon a des ambitions en cette année 1966, il sent très bien que le vent tourne. Il signe chez MGM, mais par une de ces bizarreries dont le showbiz a le secret, c’est Barclay qui a les droits pour la France. Ce n’est pas un mal, car les premières publications, EP’s et singles connaissent un bon succès et sont régulièrement programmées dans des émissions comme SLC. Au niveau international, c’est un joyeux fouillis, des albums sont publiés ici et pas ailleurs, aux USA certains albums mélangent Animals originaux et Animals nouvelle mouture, et la présentation du contenu peut aussi varier. Le deuxième album français est en fait une compilation qui reprend une sélection de deux albums, « The Twain Shall Meet » et « Every One Of Us ». C’est un choix de Barclay qui n’est pas si mal et en fait aussi un pressage différent unique pour les sixties et plutôt bon pour les titres retenus.
A l’évidence, Burdon exploite le filon psychédélique avec un certain bonheur. Un titre est presque un documentaire, il parle du fameux festival de Monterey qui eut lieu en 1967, le précurseur de Woodstock. De nombreux noms sont cités dans la chanson, le bottin musical de 1967. Le seul titre qui n’est pas un original, le groupe a composé le reste, est la reprise du célèbre standard « St James Infirmary », mais c’est plus une réécriture que la 547ème version de cette petite merveille, la première version psychédélique. Il y a aussi le splendide « Year Of The Guru », un titre assez déjanté qui permet à Burdon un de ces petits délires vocaux dont il est capable. Autre petite perle « Sky Pilot », chanson ironique sur l’aviation de guerre. Le reste est à découvrir et plus de 50 ans après, cela reste très frais. Ce Burdon est une grande figure de la musique contemporaine.

Monterey

St. James Infirmary

Year Of The Guru

Sky Pilot

Closer To The Truth

The Immigrant Lad

Just The Thought

White Houses

Uppers And Downers

Orange And Red Beans

Eric Burdon en 2019 à l’Olympia avec un titre de 1966 « When I Was Young »

Une interview en France avec Ardisson

Durant les sixties, la discographie française se distingua par le nombre impressionnant de publications qui furent faites sous la forme de EP, c’est à dire quatre titres, deux par face. Le principe de base était un peu mercantile, on vendait deux fois plus de marchandise sur la réputation d’un titre principal ou d’un succès, le 45 tours simple avec deux titres était réservé à la promotion et aux jukeboxes. L’avantage principal de ces EP’s demeurait dans le fait que ces éditions étaient présentées dans une pochette avec le plus souvent une photo de l’artiste et un emballage cartonné et plastifié plus résistant à l’épreuve du temps. L’Angleterre et les USA eurent beaucoup moins recours à ce genre de publications. Le plus souvent, la règle était le 45 tours simple emballé dans une simple pochette à trous permettant de voir l’étiquette du disque. Aujourd’hui ces fameuses disques EP’s français, surtout ceux concernant des artistes étrangers, sont recherchés par les collectionneurs du monde entier car ils sont uniques dans leur genre et peuvent parfois atteindre des sommes folles s’ils sont très rares. Au fil des semaines, je vous en présenterai quelques uns parmi ceux qui attirent justement les collectionneurs. Ils seront présentés avec la pochette, éventuellement avec un scan de ma collection personnelle si je ne trouve rien de satisfaisant, les titres qu’ils contiennent, et le plus haut prix atteint par une enchère sur Ebay.

Le rock and roll a mis quelques années avant de s’implanter en France. Il faudra le tournant des sixties pour que l’on s’intéresse vraiment à lui en matière de publications. Avant 1960, les publications concernant les stars du rock and roll sont rares en assez confidentielles, excepté Presley et Bill Haley. Cela ne veut pas dire que c’était le désert, certaines maisons de disques importaient des pressages étrangers pour les distribuer nationalement, mais c’était un peu plus cher, droits de douane etc… Il faudra le début de la vague yéyé pour que les labels se lancent dans les éditions locales, tellement elle se référa aux icônes du rock. La plupart de ces premières éditions sont plutôt rares, on trouve beaucoup plus facilement celles qui vinrent après. Pour une légende conne Eddie Cochran, il fallut attendre 1959 pour qu’une première publication voit le jour. Voici cette première édition et ce qu’elle contient.

Eddie Cochran – London REU 1214, meilleure enchère sur Ebay 1021 euros.

C’mon Everybody

Sittin’ In The Balcony

Summertime Blues

Twenty Flight Rock

Envies de découvrir autre chose ?

La musique n’a pas de frontières. S’il y a bien un point où je suis très éclectique, c’est assurément la musique. Entre un disque de hard rock et un opéra, pour moi c’est de la musique. C’est la différence qu’il y a entre un plat de haricots et un entrecôte bordelaise, les deux pris dans leur contexte propre peuvent s’avérer délicieux. Je fouille, j’écoute, je trouve, et puis quelquefois je tombe sous le charme. C’est pour moi une quête permanente.
Je vous invite à partager ces découvertes au hasard. Des artistes qui ne font pas forcément la une des médias, mais qui ne sont pas dépourvus d’un certain magnétisme ou plus simplement nous présentent une belle vision musicale.

Le chant grégorien est par essence la musique sacrée du christianisme. Pendant des siècles elle ne se manifesta que dans les lieux religieux. Contrairement au gospel venu plus tard et qui se veut généralement joyeux, le chant grégorien est plutôt l’inverse, c’est une sorte de blues magnifié par l’acoustique propre aux églises. Le mouvement pop commença à s’intéresser à cette musique en 1965, il y avait matière à l’exploiter de manière plus moderne en l’électrifiant. Le premier disque du genre fut enregistré par les Yardbirds avec « Still I’m Sad ». Contrairement à ce que l’on peut s’attendre dans ce genre d’exercice, ce fut un gros succès puisqu’il atteignit la troisième place des charts anglais, lançant une nouvelle mode. Il fut repris par les Compagnons de la Chanson en France et plus tard par Boney M à l’ère disco. L’année suivante ce furent les Belges des Mec Op Singers qui se basèrent sur la même recette pour *Dies Irae ». Il rencontra aussi pas mal de succès, on l’entendit fréquemment dans l’émission Salut les Copains. Le disque eut un retentissement assez international et vit des reprises en néerlandais et en italien, ainsi que des titres qui s’inspirent fortement des Mec Op Singers, comme the Shiver, Kiss Inc, Formula 3. Par la suite, nous verrons apparaître de véritables messes en pop, mais je développerai cela dans d’autres chapitres. Dans les deux groupes mentionnés ci-dessus, l’exercice ne s’arrêta pas aux titres cités, ils en existe d’autres. Je vous en propose deux de chaque groupe.

The Yardbirds – Still I’m Sad (1965)

Mec Op Singers – Dies Irae (1966)

The Yardbirds – Turn Into Earth (1966)

Mec Op Singers – Miserere (1968)

2 réflexions sur “Inventaire musical à la Prévert (67)

  1. Bonjour M. Boss,
    Très intéressant de revoir l’interview vérité d’Eric BURDON, , je me souvenais plus que ce gars était plus intéressé au départ par le cinéma, que la musique !
    bonne semaine
    cooldan

    • Hello Cooldan,
      C’est un truc assez marrant quand on découvre les interviews de gens connus pour une chose, on apprend qu’ils auraient aimé s’illustrer dans un autre domaine. Par exemple, Jacobs très célèbre pour avoir créé Blake et Mortimer, aurait voulu percer dans l’opéra, il avait une voix pour. Mais je crois qu’Eric Burdon nous enchante plus comme chanteur que s’il avait été acteur. J’ai eu l’occasion de faire un backstage et de les voir en concert alors qu’ils partageaient l’affiche avec les Yardbirds, ils ont beau jouer tous les titres, mais sans la voix de Burdon (c’était Robert Kane le chanteur), ce n’est plus tout à fait ça. Mais cela m’a permis de discuter avec les « originaux » John Steel et Hilton Valentine, faire quelques photos et faire signer l’affiche du concert. Cela me fait penser qu’il faudra une fois que je la photographie et la nette sur le blog. C’est toujours des bons souvenirs.
      Bonne suite de semaine

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