En passant

Inventaire musical à la Prévert (119)

Disques pour aventuriers

Des curiosités musicales, des ambiances particulières, une démarche artistique originale. Des disques qui sont des collectors de plus ou moins grande valeur, mais qui en ont une artistiquement parlant. Les découvrir c’est partir à l’aventure.

Artiste : Nico
Titre : The End
Genre : underground
Label : Island
No Catalogue : ILPS 9311
Année : 1974
Pays : UK
Meilleure enchère sur Ebay : 112 euros
Note : C’est la seule parution de Nico sur le label Island, produit par John Cale

Nico est une icône qui a un peu touché à tout avec un certain génie. Voici une brève bio. Elle nait à Cologne en 1938. Elle acquit sa première renommée comme mannequin, c’est dire qu’elle n’était pas la fiancée de Frankenstein. Elle parle couramment quatre langues, allemand, français, anglais, espagnol. Elle fait du cinéma, on peut la voir dans « La Dolce Vita » de Fellini. Elle a un fils, Ari, dont le père serait Alain Delon, ce qu’il n’a jamais reconnu. Pourtant, le ressemblance est frappante. La musique, elle y vient, elle rencontre Brian Jones et enregistre son premier disque. Aux USA, elle fréquente Andy Warhol qui l’impose comme chanteuse au Velvet Underground pour leur plus célèbre album. celui à la banane. Même si elle a un liaison avec Lou Reed, elle ne trouve pas vraiment sa place, elle chante mais ne semble pas au diapason avec le reste de la bande. On peut imaginer que certaines ambiances, un peu masochistes et fétichistes de l’album, ne sont pas étrangères é sa personne. John Cale lui restera fidèle et travaillera avec elle par la suite. Elle entame une carrière solo et se met à la composition, au niveau des instruments elle joue surtout de l’harmonium.
La plupart de ses albums font preuve d’une originalité qui sort des sentiers battus avec une touche avant-gardiste, sortant de l’instrumentalisation traditionnelle. Ses vocaux peuvent rappeler qu’elle est allemande de naissance, c’est un peu mécanique, loin des intonations que peuvent avoir les chanteurs latins. L’harmonium présent et presque envoûtant est la principale ambiance sonore. L’album « The End » de 1974 est l’illustration de ces propos. Elle n’est pas seule, il y a la participation d’un gratin de musiciens, John Cale qui joue une flopée d’instruments, Brain Eno au synthétiseur, Phil Manzanera à la guitare, Nico à l’harmonium et au chant. Le chanson qui donne son nom à l’album est bien entendu celle des Doors, dans une version revisitée, Jim Morrison est un de ses ex-amoureux. Autre curiosité de l’album, la reprise de l’hymne national allemand, ce qui lui valut dans une certaine presse d’avoir la nostalgie du nazisme. Ce chant existe depuis bien avant l’apparition du nazisme, il existe encore aujourd’hui, les 3ème Reich se contenta de la chanter sous une forme abrégée. Si Nico peut avoir une nostalgie, c’est celle de son père mort comme soldat pendant la guerre.
Un album envoûtant, un de ces voyages dont on ne sort pas tout à fait intact. en bien ou en mal, cela n’a pas d’importance.

It Has Not Taken Long

Secret Side

You Forget To Answer

Innocent And Vain

Valley of the Kings

We’ve Got the Gold

The End

Das Lied der Deutschen

Documents

Secret Side & Valley of the Kings, Nico à la télévision allemande, 1974

Genghis Khan, Nico tv française 1978

Voici un collector qui a deux particularités. La première c’est qu’en général les éditions françaises d’artistes étrangers, ici un Américain, sous forme de EP plus ou moins obscurs font plutôt bonne figure face aux simples. Ce n’est pas le cas de celui-ci, le banal single publié en Angleterre avec ce qui est le titre le plus couronné de succès du chanteur « Lipstick Traces », peut dépasser les 300 euros, tandis que la publication française en est au tiers du prix. La seconde particularité, c’est que la face B du single « Fortune Teller » est de loin la chanson qui est le plus dans la mémoire du public. Elle fut reprise par les Rolling Stones, les Who, les Merseybeats, les Hollies, Robert Plant en solo, et bien d’autres. Si vous êtes fan de l’un ou l’autre de ces artistes, vous la connaissez sûrement.
La publication française de cet EP est assez anachronique, le succès aux USA est assez modeste, et puis c’est l’époque où la France s’intéressait plutôt au twist, mais beaucoup moins au rhythm & blues. Bien que je connaisse cette chanson depuis une éternité, il m’a fallu bien des années pour m’apercevoir qu’il existait une édition française avec la version originale, c’est dire que le disque est peu visible.
Benny Spellman reste un chanteur peu connu en Europe, plus aux USA, mais il n’a pas l’aura d’un Wilson Pickett ou d’un James Brown. Sa carrière s’étend aux sixties, durant lesquelles il servit passablement comme choristes pour d’autres artistes, Sa participation la plus connue reste pour le célèbre « Mother In Law » par Ernie K-Doe, un numéro US en 1961. Il mourut assez misérablement en 2011 à l’âge de 79 ans.

Benny Spellman – Polydor 27.747, publié en 1962, meilleure enchère sur Ebay 110 euros,

Fortune Teller

Lipstick Traces

I’m In Love

Every Now and Then

Documents

Fortune Teller, la belle reprise de Robert Plant

La reprise des Who sur « Live At Leeds », aussi bien réussie

LES DISQUES QUI N’EXISTENT PAS

Rêvons un peu. Les amateurs de vinyles sont par défaut des insatisfaits. Quand vous écoutez un album, je suis sûr qu’il vous paraît imparfait, il y a pratiquement toujours deux ou trois titres qui vous plaisent moins que les autres ou seulement deux qui vous plaisent. Le phénomène va se répéter si vous avez plusieurs albums d’une même artiste, vous adorez deux titres du premier, trois du second, un du troisième etc… cela peut aussi entrer en ligne de compte pour des 45 tours EP avec quatre titres. Quel est pour vous le disque parfait qu’il contienne quatre ou douze titres ? C’est ce que j’ai imaginé pour moi, je suis heureusement le personne qui connaît le mieux mes goûts. Alors voici des publications qui n’existent que dans mon imagination. Et comme j’aime le graphisme la pochette est également sortie d’un songe…

Les Motions, du beat à la sauce hollandaise et une première mouture de ce qui deviendra Shocking Blue sous l’impulsion de guitariste et compositeur Robbie van Leeuwen

It’s Gone

I’ve Got Misery

You Bother Me

I’ll Follow The Sun

Documents

How Can We HangOn To A Dream de Tim Hardin, par Rudy Bennett en 2020, qui fut le chanteur des Motions

Wasted Words, les Motions en 1966

2 réflexions sur “Inventaire musical à la Prévert (119)

  1. Bonjour M. Le Boss,
    NICO est une icône, c’est indéniable, mais j’ai du mal a rentrer dans son monde musical, même si on ne peut pas comparer , tout comme dans le monde Yoko ONO
    En revanche j’adore The MOTIONS !

    • Hello Cooldan,
      Je comprends très bien, c’est un monde un peu à part. Je la présente ainsi. Comme vous vous en doutez, je suis un peu comme un drogué en musique. A l’accoutumance, il me faut toujours un peu de nouvelles sensations, je crois que c’est ainsi que je suis arrivé à aimer Nico. C’est très personnel et je n’ai pratiquement jamais entendu quelqu’un me dire qu’il aimait, ils en restent toujours au passage dans le Velvet Underground.
      Les Motions, j’adore depuis longtemps, depuis le début de ma collection où j’avais trouvé soldé le premier EP français. Notamment, je pense avoir écouté « It’s Gone » des milliers de fois.
      Bonne fin de semaine

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