En passant

Vinyles en fusion (187)

Il n’a jamais existé un France un organe officiel qui représente exactement la popularité d’une chanson, ce que nous appelons le hit parade. Par contre les Américains et les Anglais sont beaucoup plus organisés et ces classements existent pratiquement depuis 1900. Ce sont de véritables industries du classement qui analysent les ventes, les passages radio ou télévision. Ils sont compilés dans des classements qui reflètent les critères précédents. Ces classements hebdomadaires rebondissent sur un classement annuel qui reflète le nombre de semaines où la chanson apparait ainsi que sa position dans le classement. Au final, ces données permettent d’établir les chansons les plus populaires de l’année. Aux USA le Cashbox et le Billboard sont les deux principaux organes qui établissent les statistiques. Bien qu’ils agissent séparément, le résultat est assez identique, une chanson peut-être no 1 à une place et no 2 dans l’autre, mais jamais un no 1 sera no 20 dans dans le second. Voici à partir de 1956, année ou le rock and roll est bien établi, les cinq meilleures chansons de l’année.

1986

 1) Falco – Rock Me Amadeus (444 points)

 2) Madonna – Papa Don’t Preach  (436 points)

 3) Patti LaBelle – On My Own  (434 points)

 4) Berlin – Take My Breath Away (430 points)

 5) Madonna – Live To Tell (409 points)

Les albums de compilation existent depuis les débuts du microsillon. Il y a principalement deux tendances. La première est du style « Best Of », c’est à dire qu’il regroupe en général des titres d’un artiste qui sont issus de différents enregistrements qui peuvent s’étaler très largement dans le temps et la carrière de l’artiste. Le seconde fait plutôt appel à des artistes différents, évoluant plus ou moins dans un style ciblé, sous un thème précis, ou regroupant des artistes du même label. Il n’y a en fait aucune règle, c’est très vaste. A partir de 1967, Philips France a édité une série d’albums de compilation sous le titre de « Made In England ». Elle présente un intérêt évident, au moins pour les plus fauchés, car elle regroupe des noms connus et surtout pratiquement que des hits. Avec le prix d’un album, parfois proposé en petit prix, il permet d’obtenir des succès plutôt réputés, alors qu’il aurait fallu acheter plusieurs EP’s pour les acquérir tous. Bien sûr, ces compilations sont publiés avec un décalage de quelques mois, le temps que les succès se tassent un peu et ne stoppe pas la vente des premières éditions. Mais le décalage est assez minime et tout le monde se rappelle encore de ces succès. Voici un volume sorti en parallèle à cette série, intitulé « Dance With » et ne contient que des succès originaux.

Dave Dee Dozy Beaky Mick and Tich – Save Me

The Troggs – 66 5 4 3 2 1

The Merseys – Rhythm Of Love

The New Vaudeville Band – Winchester Cathedral 

The Walker Brothers – Deadlier Than The Male

The Pretty Things – Progress

The Troggs – Night Of The Long Grass

Pamela Pamela – Wayne Fontana

The Four Seasons – Tell It To The Rain

Manfred Mann – Semi-Detatched Suburban Mr. James

The V.I.P.’s – I Wanna Be Free

Spencer Davis Group – Gimme Some Lovin’ 

Document

Les V.I.P.’s en vrai live à la tv française

La France n’a pas le monopole du disque de collection. Il existe ailleurs et même dans des quantités qui peuvent laisser la France loin derrière. Il n’y a pas de formule magique pour qu’un disque devienne un collector. Un des critères pour qu’il le devienne, c’est la rareté multipliée par son attrait pour les collectionneurs. Parmi les artistes, il faut distinguer ceux qui arrivent à franchir la porte du collectionneur, certains ne le sont peu ou pas, d’autres s’installent volontiers dans les discothèques personnelles. Ces critères sont très subjectifs, mais il est certain qu’il y a des disques qui atteignent des fortunes et d’autres dont on a de la peine à se débarrasser pour des sommes très modiques. Des artistes inconnus peuvent avoir des publications qui s’arrachent à prix d’or, tandis que des célébrités sont boudées par les collectionneurs. Nous allons nous promener régulièrement parmi certains de ces collectors internationaux dont vous ne soupçonnez peut-être pas l’existence, mais qui sont souvent des pièces qui se négocient à bon prix. Pour les albums je me contenterai d’un ou deux exemples et pour le reste l’intégralité des titres si disponibles sur Youtube. Vous ferez certainement des découvertes.

The Eyes – UK EP

Les Eyes ont la réputation d’avoir produit un des EP’s les plus rares et les plus recherchés des sixties. C’est vrai que ce n’est pas un truc très courant. Musicalement cela ne fait pas l’ombre d’une doute, ils suivent la voie des Who de l’époque. Ils poussèrent même le vice d’enregistrer un titre du nom de « My Degeneration ». Le groupe ne connut sous ce nom qu’une existence assez éphémère entre 1964-67. Il n’en reste pas moins que c’est un produit bien ficelé, révélateur des premières lueurs d’un psychédélique à la sauce anglaise. Ils enregistrèrent à la même époque un album de reprises des Roééing Stones sous le pseudo de Pupils. Mais ça, c’est beaucoup moins rare, bien que ceux qui savent qu’ils se cachent derrière ont tendance à faire un peu monter les enchères.

UK 1966 – The Eyes – Mercury 10035 MCE. Meilleure enchère sur Ebay 1067 euros

When The Night Falls

I’m Rowed Out

The Immediate Pleasure

My Degeneration

Bonus

Voici justement un titre de cet album de reprises des Rolling Stones « I Wanna Be Your Man », que les Stones empruntèrent aux Beatles. Au niveau du son et de l’interprétation, c’est assez une copie carbone. Il manque quand même la voix de Mick Jagger.

Toujours la même chanson

Il est rare qu’une chanson ne soit jamais reprise si elle a eu un peu de succès. Quand on est lassé d’une version, il peut s’avérer plaisant d’en écouter une autre. Il arrivé même que l’on soit étonné par une reprise à laquelle on se s’attendait pas ou encore découvrir le créateur de la version originale. dont on ignore complètement l’existence. C’est un jeu où je me défends très bien. Alors selon ce principe, je vous propose en premier la version originale, en second une reprise française, et en troisième une autre version, que vous ne connaissez pas forcément.

Dionne Warwick – Don’t Make Me Over (1963)

Nancy Holloway – T’en Va Pas Comme Ca (1963)

The Swinging Blue Jeans- Don’t Make Me Over (1966)

En passant

Musique Emporium (3)

Troisième partie de notre voyage dans les sixties allemandes. Parlons un peu d’un groupe légendaire qui a écrit un chapitre à part dans l’histoire de la musique.

The Lords – Il y a toujours eu une petite guerre entre les Lords et les Rattles, chacun s’attribuant le titre de « groupe beat no 1 allemand ». Difficile à départager. En terme de popularité pure les Rattles furent sans doute un poil devant, mais en termes de ventes et de hits, les Lords ont sans doute fait mieux, mais ils sont aussi plus ancrés dans la variété Il reste incontestable que les deux occupent le sommet. Ce groupe qui existe depuis 1959, il qui est encore actif, sortit son premier disque en 1964 avec un des rares titres, sinon le seul, qu’ils aient enregistré en allemand « Hey Baby, Lass Den Ander’n ». On le retrouve d’ailleurs sur le seul EP paru en France en 1965. Ils font bien entendu passablement de reprises, mais proposent aussi un bon nombre d’originaux. Ils reprennent volontiers des chansons folk qu’ils transposent parfois en rock comme le traditionnel « Greensleeves ». Une des particularités du groupe est d’avoir toujours prisé l’aspect visuel en enfilant des uniformes qui varient selon les époques. Leur discographie est très abondante mais presque uniquement publiée en Allemagne.

1965 – Leur version du fameux « Greensleeves », c’est assez rock.

1966 – What They Gonna Do

1968 – Une autre recette pour cet air très connu.

La face B bien plus originale qui flirte avec le psychédélique anglais.

1970 – Après en avoir enregistré une version de « Shakin All Over » en 1965, il en font une nouvelle assez réussie cinq ans plus tard.

The Rivets – Un autre bon pur produit germanique qui arriva à une certaine notoriété dans son pays, genre seconds couteaux au niveau du succès. Jouer en ouverture de groupes plus célèbres comme les Rolling Stones, leur assure une certaine visibilité.  Ils eurent malgré tout l’occasion de publier un album et quelques singles, la plupart en anglais. Leurs disques sont assez cotés. Visite des lieux..

1965 – Now Decide. Premier single et un bon original. Au dos figure une reprise très beat de « Lucille » de Little Richard, malheureusement indisponible sur le Tube.

1966 – Wade In The Water. Une reprise du célèbre standard du gospel.

The Kentuckys – Groupe qui n’a enregistré que deux singles pour le label Bellaphon où l’on trouve sur le premier une reprise de « Uncle Willy » créée en 1964 aux USA par les Daylighters, un groupe de soul noir. Egalement repris par Brain Poole et les Tremoloes et Zoot Money, la version des Kentuckys sans être mauvaise, n’égale pas les autres. Sur leur second single on trouve un original « Stupid Generation » de meilleure facture.

1965 – Uncle Willy, version studio.

Version live.

Saturday Night, en live

1966- Stupid Generation. Peut-être une réponse aux Who, face B de second single.

The Rebbels – Bel exemple d’un groupe qui se débrouilla comme il put. Après avoir partagé une face d’album à prix budget consacré aux reprises, ils ont la possibilité d’enregistrer un single commercialement prometteur avec un titre original à gimmick « Monkey Monkey », il verra même une publication anglaise.  Il échouera par manque de promotion de la part de leur label Bellaphon qui n’est pas le plus féroce dans le genre. Il sera suivi d’un autre single sans plus de retentissement. Le groupe est assez bien vu des collectionneurs, le second single peut friser la centaine d’euros.

1966 – Le titre qui avait tout pour devenir un succès « Monkey Monkey ».

1966 – Face B du précédent « Come Back », jolie fuzz guitar.

1966 – Second single, le slow qui devait tuer.

Face B du précédent.

The Rainbows – Le temps d’un disque ce groupe fut un véritable mais court phénomène national et contagieux vers la fin de 1965.  Leur tube « Balla Balla », un original composé par le bassiste Horst Lippok, est vocalement d’une simplicité extrême répétant toujours les mêmes mots. La titre fut repris par d’innombrables groupes tant sur disque que sur scène. Il n’y a pas si longtemps de cela, je l’ai entendu repris par un animateur lors d’une soirée privée, il n’était pourtant pas d’origine allemande. Publié dans de nombreux pays sauf en France (en peut l’entendre sur le premier EP des Shamrocks avec « Cadillac »), il en contamina quand même quelques uns hors des frontières germaniques. Le succès fut sans vrai lendemain avec des singles tant en allemand qu’en anglais. Ils publièrent également un album, mais leur discographie s’arrête en 1967.

Version studio

En live

En live leur second single en allemand

Troisième single en allemand

Face B, un bon instrumental.

The Sorrows – Non ce ne sont pas des Allemands homonymes, mais bien les Sorrows anglais, les créateurs de « Take A Heart ». Comme beaucoup de leurs compatriotes ils tentèrent le coup en enregistrant en allemand un de leurs titres, ici l’un des plus fameux, justement « Take A Heart ». Le succès ne fut pas au rendez-vous, sauf peut-être chez les collectionneurs qui peuvent payer des sommes qui frisent les 500 euros pour une copie.

Nimm Mein Herz (Take A Heart).

Les voici justement captés par la télévision allemande.