Jeter une bouteille musicale à la mer (5)

Et cette belle France, à quoi carburait-elle? Les sixties fut l’avènement du yéyé. Presque chaque jour une maison de disques lançait la nouvelle star de demain. Certaines furent lancées, mais pas très loin. A partir de 65-66, les choses évoluèrent un peu. On se branchait plus volontiers sur les sons venus d’Angleterre ou d’Amérique, mais avec une certaine peine. Il n’en reste pas moins que les obscurités sont nombreuses. Même certains qui arrivèrent à percer le temps d’un succès ou deux sont passablement retombé dans l’oubli. On ne se rappelle plus trop de leurs éclats, ils ne sont pas dans la mémoire collective, excepté celle de quelques collectionneurs et branchés qui firent table rase de toutes les niaiseries entendues pour vouer un culte aux meilleurs ou aux plus originaux. Etat de lieux pour quelques joyeuses envolées discographiques, pas toujours faciles à trouver dans les médias de la Toile. Dans cette première partie, je me me permets d’insister sur quelques pointures moyennement grosses qui eurent quand même un succès assez considérable par rapport aux autres. En plus de la notoriété, ils n’ont pas à rougir de ce qu’ils ont pu produire. En général, les collectionneurs cuvée supérieure recherchent plutôt ce genre d’artistes. On ne peut que les conseiller, il n’y pas grand chose à jeter.

Larry Greco – Rock Twist – Années 60 première moitié.

On se rappelle de lui comme faisant partie de clan de Jooohnny pour lui avoir composé son tube « Un Ami Ca N’a Pas De Prix ». Mais il tenta l’aventure de chanteur bien avant. Il décrocha un ou deux tubes en 62-63 surtout le fameux « Mary-Lisa ». Ce citoyen Suisse est un de ceux qui réussit assez bien en France. Presque que des titres originaux classe et plutôt du genre agité. Après 4 disques chez Decca, il passe chez Pathé et enregistre 8 titres répartis sur deux 45 tours de très grande classe. Sur le premier un original « Jette-Là », un titre fabuleux, plein de punch. Les Anglais ou les Ricains peuvent nous l’envier, affirmation que l’on ose pas trop souvent prononcer. Un peu oublié après, mais considéré comme un des meilleurs chanteurs sixties par les spécialistes, il survit assez bien dans le souvenir des passionnés. Il chante à nouveau dans les circuits nostalgiques et il semble n’avoir rien perdu de son talent. A redécouvrir en priorité.

Très récemment

José Salcy – Rock Twist – Années 60 première et seconde moitié.

Ce Niçois ne fut jamais vraiment une grande vedette, il avait tout pour malgré tout. Auteur, compositeur, il savait assez bien capter l’ambiance musicale des sixties.  A l’heure où les vedettes pillaient les répertoires chantés en anglais, lui il alignait des chansons originales pour l’immense majorité. Il traversa toutes les sixties en enregistrant ici et là des titres qui devinrent pour les plus chanceux de modestes succès. Si le ridicule tue, alors il est plein de vie. Je l’ai toujours considéré comme un des meilleurs musicalement parlant. Et je crois bien que je n’ai pas complètement tort. Bravo Mr Salcy!

Noel Deschamps — Rock R’n’B – Années 60 première et seconde moitié.

Il est sans doute avec Ronnie Bird, le seul chanteur français dont j’achetais tous les disques à l’époque. C’est un très grand bonhomme, à l’immense talent et doté d’un superbe voix. Une star potentielle, grande qualité d’interprétation. Un de mes plus fins souvenirs musicaux, avoir pu blaguer un bon quart d’heure avec lui. A part ça, je l’admire toujours. Il faut absolument redécouvrir ce bonhomme si ce n’est fait. Feu vert absolu.

Une chanson composée par… Bashung

Reprendre Eric Clapton et John Mayall en français, fallait oser

Ronnie Bird – French Beat R’N’B- Années 60 première et seconde moitié.

Vaut le détour ou incontournable, pas de contradiction, il est les deux. Quelques rappels. Un des rares collectionné par les étrangers.

Jacqueline Taïeb – French Beat – Années 60 seconde moitié.

Elle fit un tube quel  composa, « 7 Heures Du Matin »  puis se rendormit, malgré une discographie assez intéressante. Ce tube lui permit, grâce aussi à une version anglaise de démarrer en trombe dans le marché des collectionneurs anglophones qui la prisent littéralement. Les pièces originales atteignent parfois 1 ou 2 centaines d’euros. Sans être très original, son style est plaisant et si les amateurs décident de passer à la caisse, eh bien ils savent sans doute ce qui les attire. Elle fait encore quelques apparitions dans le monde de la nostalgie.

Les 5 Gentlemen – French Freak Beat – Années 60 seconde moitié.

Ils firent une petite percée grâce à un titre très dans l’air du temps « Dis Nous Dylan ». Ils auraient plus être à l’origine d’un petit scandale via leur titre « LSD  25 Ou Les Métamorphoses De Margaret Steinway », allusion aux paradis artificiels. Mais la censure étant somnolente et le titre sans grand retentissement chez les programmateurs radio, on en resta là. La vingtaine de titres enregistrés est plutôt intéressante, on peut sans hésiter tomber sous le charme.

Jeter une bouteille musicale à la mer (4)

Allons faire un tour en Angleterre, le pays qui réussit à battre les USA avec leurs propres armes. Oui, les Beatles et tout ça, musiques essentiellement inspirées ou copiées chez les rivaux. Il n’en reste pas moins que les obscurités anglaises valent bien celles des cousins. Un petit tour pour en dénicher quelques unes.

The Wheels – British Freak Beat – GB mid sixties

Autant méconnus qu’extravagants, l’histoire de ce groupe irlandais émigré en Angleterre est très liée à celle des fameux Them, responsables du non moins fameux « Gloria ». Van Morrison fit un instant partie de ce groupe comme saxophoniste. Musicalement pas très différents, la même hargne, le même punch. Trois 45 tours très obscurs dont un est remarquable, le second, avec un titre qui eut l’honneur d’être repris   par les légendaires Shadows Of Knight « Bad Little Woman » et « Roadblock », pas très loin du « Mystic Eyes » des Them. Quel disque!!!

The Black Knights  – – British Beat – GB mid sixties

Certains groupes imitèrent tellement bien les Beatles que l’on pourrait croire que c’est eux. Si je vous disais que c’est un inédit des Beatles à leur débuts, vous me croiriez. Et pourtant…

The High Numbers – British Beat – GB mid sixties

On peut connaître  les Who et pas ceux-ci. C’est pourtant les mêmes, leur tout premier disque sous un autre nom. Un petit 45 tours à la valeur énorme financièrement parlant, vendu au moins à quelques dizaines d’exemplaires, c’est dire s’il est rare maintenant. Succulent, basique et très vintage. Voici les deux faces.

Exotisme – Pour les connaisseurs, vous remarquerez que le second titre est un pompage de « Got Love If You Want It » de Slim Harpo, alors assez populaire dans la version qu’en firent les Yardbirds sur l’album « Five Live » , Hou la honte!

Peter Jay & Jaywalkers –   British Rock – GB sixties première moitié

Certains groupes en mal d’inspiration reprennent des airs célèbres . Même si les groupe est anglais vous connaissez cet air bien français… Version rock!

Migil Five – British Blue Beat –  GB sixties première moitié

Certains artistes explosent pour mieux retourner à l’obscurité, même les nostalgiques oublient de les remttre à l’honneur.  Une chanson qui fut un tube pour eux et un très gros succès pour un artiste français que je ne nommerai pas. Tous les fans sixties la connaissent. Ah oui encore une chose, on peut appeler ça du ska, mais version vintage.

Jimmy Page – British Freak Beat –  – GB mid sixties

Mais oui, c’est lui le guitariste de Led Zeppelin, alors un musicien de studio réputé, qui tenta cette première aventure  en solo et se planta complètement. Ce titre est très inspiré de « Revenge », qui figurait sur le premier album des Kinks, dont Page s’attribua l’écriture, mais qui est probablement de la plume d’un autre Page, Larry, futur producteur des Troggs.

The Sorrwos –  British Freak Beat – GB mid sixties

Encore et toujours  l’un de mes groupes préférés. Un son splendide et une maestria grosse comme ça. Ils eurent un petit succès d’estime avec le premier titre. Le second est un titre sauvage, démentiel. Le troisième  est simplement délectable. Qui est capable de nous balancer des titres comme ça aujourd’hui?

The Action – British Mods Beat – GB  sixties seconde moîtié

Ce groupe, dans la mouvance des Mods, opposée aux rockers, est très connu des… collectionneurs. La moindre de leurs petites pièces atteint de belle sommes. A part ça, c’est   un grand groupe qui eut le même producteur que les Beatles, mais moins de retentissement. A redécouvrir d’urgence.

The Artwoods –  British R’n’b – GB  sixties seconde moîtié

Ronnie Wood guitariste des Rolling Stones avait un frère batteur, Art, qui donna son nom à cet excellent groupe. Jon Lord, futur Deep Purple en fit aussi partie. Gros succès sur scène, mais très limité au niveau disques. Quelques perles qui méritent notre attention.

INSPIRATIONS

D’autres, bien plus tard ou juste plus tard, sont encore sous le charme et les mettent à leur répertoire. Rien ne se perd…

La reprise des Shadows of Kinght du fameux titre des Wheels, plus soft, plus garage

En français le truc des Sorrows devient « Comme Au Poker » par le très grand Larry Greco