Un disque 48 ans après!

Il peut arriver aux collectionneurs des drôles d’aventures, même assez cocasses. Un exemple, un disque m’ayant appartenu retrouvé dans un marché aux puces, disque que j’avais prêté et que l’on ne m’a jamais rendu.

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Hier, j’ai fait encore plus fort. Le disque que vous voyez-ci-dessus a aussi sa petite histoire. En 1966, il était dans la vitrine d’un disquaire. Je n’avais pas l’argent pour l’acheter quand je l’ai vu. Je suis revenu quelques temps après, l’argent en poche, pour pouvoir enfin l’écouter. Malheureusement, le disque n’était plus là, il n’y en avait qu’un exemplaire et il avait été vendu. Ce n’était pas tellement pour le titre principal « Go Now » qu’il m’intéressait, mais pour un autre titre figurant également sur le disque « Steal Your Heart Away », que j’avais entendu une fois à la radio et qui me plaisait énormément. Ce titre qui est à l’origine sur le premier 45 tours anglais des Moody Blues et qui ne trouvait pas sur un album, était plutôt difficile à se procurer. Il m’a fallu attendre 7 ou 8 ans avant de le trouver enfin sur une compilation. Mais en bon collectionneur, cette édition originale française m’intéressait toujours, j’adore la photo et le montage de cette pochette.  Je l’ai aperçu quelques fois dans les foires, mais l’état souvent très moyen et le prix demandé m’ont fait renoncer. Avec de la patience tout arrive, 48 ans après j’ai enfin mis la main sur cette copie dans une brocante. Mais le plus extraordinaire, c’est que c’est la copie qui m’avait passé sous le nez à l’époque, celle-là et pas une autre. Comment je le sais? Eh bien, au dos de la pochette figure un petit autocollant  publicitaire du magasin où il a été acheté. Et c’est bien la magasin où je l’avais vu en vitrine. Je crois que je vais aller faire un tour au casino…

Alors on se l’écoute ce fameux titre?

Sans oublier le fameux « Go Now », qui est à mon avis un des 100 meilleurs titres des années 60, ici en playback.

Second Earth, un concert dans les étoiles

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Les rues de Paris peuvent ruisseler d’ennui. Au gré de leurs pas, les fantômes qui hantent toujours les souvenirs du chaland qui passe, vont et viennent dans un silence presque absolu. Paris, la ville qui a tressé des colliers d’étoiles à celles et ceux qui furent elles-mêmes des étoiles, les allume encore ou les éteint selon son bon gré, dont nul ne peut deviner ce qu’il glorifiera dans un futur proche ou lointain.

Une petite rue en pente, sortie d’un film qui ressemble à un plan de Renoir, un bistrot qui fait l’angle d’un pâté de maisons, c’est le café des Trois Arts. C’est le genre d’endroit où l’on aime imaginer les débuts modestes de Brel ou Brassens. Diable, c’était il y a bien longtemps, mais maintenant on ne joue plus de la guitare comme ils le faisaient, les guitares sont électriques, spatiales. Entrons pour voir, l’oreille aimablement attentive aux bonsoirs et bienvenues des mélomanes en attente d’un probable festin.

Second Earth, une Terre de rechange pour musiciens blasés de manger la soupe tiède et fade des grands mouvements médiatiques que distillent les ondes des médias vendus aux profits. C’est bien ainsi que je les imagine. Je les connais un peu par ces petits bonheurs que brasse le hasard du virtuel. Le virtuel devient réalité et je plonge dans cette eau tiède et bienfaisante qui annonce l’apaisement des fièvres de l’envie des découvertes prometteuses.

Comme les trois mousquetaires, ils sont quatre, arborant des instruments qui veulent venger la médiocrité à laquelle ils s’excusent de ne pas sombrer. Un tout qui s’harmonise entre chaque membre, pour le meilleur de l’auditeur. Bien sûr, le point focus c’est Stéphan Chraïbi, multi instrumentiste et roi des cordes qu’il manie comme un six coups avec l’aisance d’un tireur qui plante sa balle au centre d’un dollar jeté en l’air. Plutôt étonnant, un guitariste qui allume ses riffs avec le visage paisible d’un promeneur du dimanche contemplant un paysage calme, mais il le fait. Cela pourrait sembler mission impossible pour les autres de suivre pareil cavalier lancé au galop, mais ils y parviennent sans coup férir. Les autres, c’est Jean-Philippe Dupeyron, claviers; Mohammed Ben Gara, basse; Philippe Girardin, batterie.

Entre une musique qui coule de l’Espagne, de l’Arabie, des courants du jazz-rock et de ses noms légendaires, les compositions sont personnelles, fouillées, explorant un univers personnel et enrichissant pour l’auditeur. Second Earth, c’est ça et bien d’autres choses encore.

Ce 2 février 2014, une étoile pas tout à fait inconnue a brillé dans le ciel de Paris, une étoile peut-être modeste par sa grandeur, mais qui ne fait que confirmer l’intensité de son éclat. Ce Paris qui ruisselle parfois d’ennui, avait son étoile qui guidait vers les petites rues qui sont sont des avenues du plaisir. A découvrir absolument!

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