A Whiter Shade Of Pale – Un tube de l’été au-delà des choses

procol harum

Le tube de l’été, voilà un surnom qu’un artiste à toujours du plaisir à se voir attribuer. C’est en effet le tube de l’été 1967 et tous les enfants nés dans les premiers mois de 1968 devraient avoir une pensée émue pour cette chanson, car elle rapprocha pas mal de couples durant l’été précédent et qui sait…
Procol Harum est un groupe britannique formé sur les cendres d’un autre groupe, les Paramounts, qui eurent une petite renommée en 1963-64, bien inspirée des groupes noirs américains comme les Coasters. Robin Trower, guitar hero, en fit partie comme il fera partie mais un peu plus tard, de ce même Procol Harum, ainsi que les d’autres membre de la formation initiale. Pour l’instant, le seul rescapé est Gary Brooker, pianiste et chanteur. Pour ce début, il est entouré de Matthew Fisher, orgue; Roy Royer, guitare; Dave Knights, basse: Bobby Harrison, batterie. Une sorte de sixième membre est Keith Reid, qui ne participe que comme parolier. En cette année 67, le monde de la musique est en train de changer radicalement, on explore des chemins plus ardus de l’expression musicale. Les mélodies et les arrangements prennent plus d’importance et les paroles se veulent plus poétiques ou littéraires. C’est dans ce contexte que nait ce fameux « A Whiter Shade Of Pale », vaguement inspiré d’un morceau de Bach. Sur des paroles de Reid et de la musique de Broker (et plus tard Fisher reconnu comme co-auteur par la justice), le morceau est mis en boîte chez Decca, avec un batteur de studio. Produit par Denny Cordell, il est publié sur le label Deram, sous-marque à vision de progressive de Decca. En un petit mois de mai, il disque démarre comme une fusée et il est no1 en Angleterre pendant six semaines, durée énorme pour cette place de choix. Il ravage la planète entière et occupe des places de choix dans tous les pays qui possèdent un hit parade. Il s’en vendra une dizaine de millions de copies rien que cette année-là, autre chiffre considérable. La chanson n’arrêtera pas de battre des records au fil des ans. C’est la chanson la plus jouée sur les antennes anglaises de ces 70 dernières années. Elle est considérée une des 100 meilleures chansons de tous les temps. Il y a un petit millier de versions différentes par des artistes divers. Autre fait sans doute unique, c’est la seule fois où le premier disque d’un artiste est classé no1 et que pour le disque suivant, ils sont signés par une autre compagnie. Bref c’est un grand classique et une grande chanson qui ne se targue pas de facilité commerciale, ligne mélodique étoffée, vocal puissant de Brooker, elle avait tout pour faire une longue carrière dans le temps.
Fort de ce hit, le groupe continuera une belle carrière les dix années suivantes, enregistrant des albums teintés de musique classique et de rock. Mais il souffrira quand même de l’image de ce démarrage fulgurant, les fans de la première heure essayant par trop de retrouver ce qui les avait tant charmé quand ils ont acheté ce fameux tube de 1967. Procol Harum n’en eut pas trop cure et il continua d’explorer la musique, s’attirant d’autres fans qui suivent encore ce qui reste du groupe aujourd’hui, mené par l’inébranlable Gary Brooker.


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Chansons à la loupe – Le Pénitencier – The House Of The Rising Sun

Cette chanson fit des ravages dans les années 60 et elle en fait encore aujourd’hui. C’est un chanson de folklore dont l’origine remonte probablement vers le milieu ou du 19ème siècle. Les paroles ont certainement changé au fil des ans. Dans les anciennes versions c’est une femme qui chante, une fille de joie qui retourne à la Nouvelle Orléans dans une maison qui se nomme « La maison du soleil levant », probablement une maison close. C’est le titre de la chanson en anglais. La version la plus connue enregistrée semble remonter avant 1930. Elle est présentée comme une chanson de folklore avec un simple accompagnement de guitare. Elle a figuré au répertoire de presque tous les grands chanteurs de folk, Woody Guthrie, Pete Seeger, Leadbelly, Joan Baez. De nombreux bluesmen l’ont aussi mise en évidence. Le renouveau de cette chanson est un peu dû à Bob Dylan qui le mit sur son premier album en 1962. Ce n’est pas encore la forme définitive, mais on s’en approche. Deux ans plus tard, le groupe anglais des Animals, grands admirateurs de Dylan avaient déjà travaillé une première chanson de lui, « Baby Let Me Follow You Down » qui avait fait l’objet de leur premier disque rebaptisé « Baby Let Me Take You Home ». Pour leur second disque ils décident de s’attaquer à « House Of The Rising Sun », qu’ils arrangent sous la forme que l’on connaît. Le disque ne faillit jamais sortir, car pour la maison de disques il était jugé trop long. Plus de 4 minutes, c’était assez exceptionnel pour l’époque. Enfin, il sortit quand même et le disque connut rapidement un monstre succès, une des meilleures ventes de la décennie. Dans un de ses livres, Antoine, le chanteur-navigateur en parle. Il était justement aux USA, quand le disque est sorti. On l’entendait partout et sans cesse, d’après ses dires. La France ne resta pas en plan. Initialement, il fut retenu par les Players, qui en firent une version sur des paroles de Hugues Aufray et Vline Buggy. Mais ils durent s’effacer du succès quand Johnny Hallyday, alors au service militaire, l’enregistra pour en faire un de ses deux ou trois titres les plus demandés. Elle fut enregistrée dans bien des langues, Hallyday l’enregistrant lui-même en allemand. Depuis elle est régulièrement reprise, il en existe des milliers de versions, c’est d’autant plus facile que la chanson appartient au domaine public. En 1970, le groupe américain Frijid Pink en refit un gros succès dans une version très pop. Sept ans plus tard, elle s’introduit dans le monde du disco via la version de Santa Esmeralda. Plus récemment le groupe Muse, la remit en lumière dans une version plus actuelle.
Cette chanson est un grand classique de la musique contemporaine, un de ces chansons qui plaisent indifféremment à tous les âges. Elle figure chez de nombreuses personnes comme chanson préférée, ou juste après. Il y a quelques mélodies qui restent plus facilement dans la mémoire des gens, qui ne sont pas juste un truc à la mode. Celle-ci en est un des plus beaux exemples.

Les créateurs de la version moderne et sans doute la meilleure

En live la version française de Johnny avec l’orchestre d’EddieVartan

Frijid Pink, la version pop 1970

La version de Muse

Pour terminer une compilation avec 28 versions différentes de la chanson parmi celles que j’ai pu trouver. Versions standard, folk, jazzy, variétés, etc sans ordre précis. Il y en a même une par Marie Laforêt qui doit-être en japonais.

Playlist House Of – Le Pénitencier.