Savoy Brown – Shake Down

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Assez bizarre le destin modeste de cet album. Les disques Decca qui croyaient sans doute un peu plus que les autres et fort de la réussite de John Mayall, en l’avenir du blues revisité, lançaient Savoy Brown avec ce premier album en 1967. Menés par le très compétent guitariste Kim Simmonds, ils enregistrent cet opus avec les vocaux de Bryce Portius, sa seule apparition au sein du groupe. On y retrouve une des habitudes de l’époque, quelques titres originaux qui placent la capacité du groupe à composer et les quelques reprises qui mettent en lumière quelques titres puisés dans le vaste répertoire des bluesmen américains et noirs. Avec le temps « I Ain’t Supertitious » figurera dans d’autres albums, une sorte de presque inévitable composition de Willie Dixon qui se doit faire partie d’un répertoire bien pensé. Très belle reprise de « Black Night » de Arthur Alexander, très intimiste. Et que dire de « Rock Me Baby », « Pretty Woman » venus d’autres horizons et que vous connaissez sûrement par d’autres. De reprises en originaux, tout semble délectable à l’écoute et au final ça l’est.
L’album ne connut qu’un modeste succès à sa sortie, plaisir égoïste de quelques curieux. Il ne lui a manqué qu’une promotion un peu plus poussée et un ou deux passages radio pour attirer l’attention. Il aurait pu connaître un destin d’album culte et le groupe devenir un Led Zeppelin ou un Fleetwood Mac. Mais non, il est resté Savoy Brown pour le meilleur et pas tellement pour le pire. De nombreux albums et changements de personnel suivront, seul Simmonds restant immuable. Du beau boulot en résumé dont « Shake Down » est le premier déballage d’outils.

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Les Moody Blues – Une question de balance

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Peu de groupes peuvent se targuer en cinq ans, de 1967 à 1972, d’avoir aligné des albums aussi créatifs les uns que les autres. Une conception musicale qui mélange la musique classique, la pop, les effets sonores grandiloquents. On aime ou on aime pas, là est sans doute toute la question. En choisir un plutôt que l’autre relève un peu de la gageure pour un fan inconditionnel. Il y a des perles dans chaque album. Le choix définitif pourrait être celui qui en contient le plus, par goût personnel. Celui que j’ai choisi est un calcul simple, pour moi, il est intégralement plaisant de la première à la dernière note.
En 1970, cinquième album du groupe nouvelle formule, celui où Justin Hayward et John Lodge ont remplacé Denny Laine et Clint Warwick. Le départ fut magistral avec ce mémorable « Night In White Satin » extrait du premier opus. Les albums se suivent et ne se ressemblent pas, innovateurs en diable. Le succès est toujours présent, les albums se vendent très bien mais les singles ont plus de peine à décoller. Cette nouveauté 1970, va renverser la vapeur. En Angleterre « Question » fait un tabac. En Europe, ce sera plutôt « Melancholy Man » qui sera un hit presque aussi gros que « Nights In White Satin ». Et le reste de l’album? Eh bien il se vend et s’écoute en quantités appréciables. Le décrire, non, mais vous inviter à l’écouter, certainement. Il faut prendre son temps, comme on déguste un grand cru, chercher toutes les saveurs et parfums qui sa cachent au fond du verre. Si vous avez un tant soi peu l’âme romantique et le goût des musiques fluides et limpides, avec parfois quelques vagues de surface, nul doute que vous trouverez votre bonheur.

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