Crosby Stills Nash & Young – Deja Vu


Dans nos jeunes années, souvent nos parents nous accusaient d’écouter de la musique sans queue, ni tête, pour reprendre une expression que j’ai quelquefois entendue. Et pourtant en écoutant cet opus, on a envie de les traiter de cons. Cette musique est bien loin d’un rock and roll à la Jerry Lee Lewis, c’est plutôt soft et mélodieux. Et puis rien qu’en écoutant les harmonies vocales, on peut rechercher parmi les artistes qui tirèrent les larmes aux yeux de nos géniteurs un équivalent, on en trouvera un ou deux, mais c’est tout. Et encore c’est pas sûr qu’ils aient fait mieux. Dont acte.
Cet album est le résultat d’une synthèse des voies ouvertes quelques années plus tôt par les Byrds, dont David Crosby fit partie. Groupe qui travailla passionnément un folk électrisé. Un outsider, Buffalo Springfield, aligna de belles harmonies vocales tout en ne reniant pas le style des Byrds. Ce fut le fief de Neil Young et Stepen Stills. Et puis il y a un Anglais de service, Graham Nash. Lui vient des Hollies, un groupe rival des Beatles, mais dans la catégorie sérieux. Et encore, il avaient aussi un petit air à se donner de la peine pour les vocaux.
La réunion des tous ces ingrédients ne pouvait que donner un album passionnant. De la pop baba cool, des mélodies apaisantes, des voix qui chantent la passion. Il y a quand même plus de trouvailles et de variations dans deux minutes de leur musique, que dans toute la carrière d’un rappeur. Je sais, cela va peut-être en faire bondir certains, c’est comme ça. Ce que comprends en musique est sans doute plus vaste que les murs gris des banlieues qu’il ne suffit pas de chanter pour pour qu’un arc-en-ciel se pose dessus.
Cet album sert juste un peu à me rendre la vie un peu moins chiante, mais pour ça il faut l’écouter. J’ai essayé et ça marche.

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Jerfferson Airplane – Surrealistic Pillow

jefferson airplane
– 1967, le monde explose. Ce n’est pas la bombe atomique tant redoutée, ni la poudre qui parle. Si poudre il y a, elle ne s’allume pas avec une mèche, bien que le pétard ne soit pas loin. Non c’est musical, social, pacifiste. Depuis quelques mois, quelques albums voient le jour tout en proposant plus ou moins des nouveaux sons, une nouvelle vision de la musique teintée d’étrange et de concepts innovateurs. C’est ainsi que paraît l’Oreiller Surréaliste de Jefferson Airplane. Ce n’est pas leur premier album, mais le second. Certains prémices peuvent s’entendre dans la première livraison. Mais l’arrivée d’une nouvelle chanteuse, Grace Slick va bouleverser la donne. Elle va prendre une part majeure dans l’avènement du groupe, chose assez rare dans un groupe aux 4/5 masculin. 40 ans plus tard, c’est même le nom dont on se rappelle en premier. Les autres? Ah oui, il y a Paul Kantner, Marty Balin, Jack Casady, Jorma Kaukonen.
La belle Grace va charmer de sa voix des millions d’auditeurs. L’album contient un tube, « Somebody To Love » qui aidera la légende à s’installer sur son piédestal. Il restera dans les mémoires, mais pas autant que la composition de la chanteuse « White Rabbit », allusion au lapin de Lewis Carroll dans Alice, mais surtout cachant la pilule de LSD dans les paroles pour la vigilante censure qui n’y verra que des lapins en civet. Un album intégralement beau du début à la fin, planant ou moins calme, musique compliquée ou simple, c’est à découvrir la tête posée sur son oreiller (surréaliste) en regardant passer ces drôles de voitures.

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