Le livre événement sur le bas nylon!


Mais oui c’est le premier avril, jour du gag en forme de poisson, qui d’ailleurs tombe un vendredi cette année. Alors, il fallait que je fasse quelque chose. Ce poisson avait la forme d’un livre qui n’existe pas (encore) et croyez bien que je le regrette. Mireille Archand n’est pas plus spécialiste en histoire du vêtement que moi en physique nucléaire, la meilleure preuve, elle n’existe pas.
Merci à tous ceux qui se sont fait piéger, ce sont sans doute les plus passionnés. Je voudrais d’ailleurs voir les statistiques des moteurs de recherche pour savoir combien d’anonymes on fait la recherche ici ou là. A moi on me la fait pas, bien vrai? Quant à ceux qui ont senti cette forte odeur de poisson qui se dégageait de ce post, bravo aussi, ils avaient sûrement la date d’aujourd’hui bien en mémoire. Que l’on se rassure, à partir de maintenant, tout ce que vous lirez ici sera vrai dans la plus pure tradition de l’authenticité, jusqu’au 1 er avril 2012, bien sûr.

Depuis longtemps je l’avais imaginé, il faut croire que je n’étais pas le seul. Hier matin, j’ai en ai reçu une copie dédicacée envoyée par l’auteure qui est une fidèle visiteuse de mon blog.  Je l’ai dévoré des yeux. Plus qu’un mode d’emploi, il retrace l’histoire du bas à travers les époques. Comment il était perçu dans l’histoire, vous le découvrirez. Il prodigue des bons conseils aux personnes qui débutent, tant du côté de l’amoureux qui veut en acheter pour sa belle, que celle qui veut s’en parer en tant que débutante. Vous apprendrez comment vous y retrouver entre les mesures qui divergent d’un pays à l’autre. Savez-vous que les Japonais désignent la taille des bas par une lettre propre à leur alphabet? Les différentes manières de les nommer selon leur style sont expliqués en plusieurs langues, ainsi que le nom des coloris les plus courants.  Les sous-vêtements qui servent de support au bas sont analysés de manière objective avec les avantages et les inconvénients de chacun. L’accent est mis sur les petits trucs qui rendent le port des bas parfaitement agréable. De nombreuses photos et illustrations du dessinateur Vial, agrémentent le texte.  De plus, vous y trouverez une bibliographie exhaustive des différents livres et revues consacrés au sujet, ainsi qu’une liste de films où le bas figure dans de belles scènes. Un livre fait pour les passionnés, actuels et futurs.
Le livre est écrit par une femme, Mireille Archand, une enseignante et une historienne du vêtement à travers les âges.  C’est son premier livre. Elle avoue avoir pris un grand plaisir à l’écrire, de même qu’elle nous révèle être une inconditionnelle du bas au quotidien. Elle nous fait profiter pleinement de son expérience. Par manque de temps, mais vous pourrez lire ici dès demain,  une interview où elle parle de son livre et de sa vision de la féminité. Ne manquez pas ce rendez-vous qu’elle a bien voulu m’accorder.

Petula Clark – Balade avec une baladine

On ne peut échapper aux chansons de Petula Clark, un jour ou l’autre l’une d’entre elles aura franchi le seuil de la maison par la radio, la télé ou la chaîne hi-fi. Je crois bien volontiers qu’il y en a peu qui ont fermé l’oreille. Dans les sixties, c’est une des rares qui pouvait plaire autant à papa et maman qu’à leur progéniture. C’est bien sûr une grande star internationale, une des plus grandes, elle a mené de front sa carrière dans plusieurs pays, mais elle a aussi composé une partie de son répertoire. Sa voix est belle, délicieuse avec son petit accent quand elle chante en français, son répertoire est vaste, éclectique. Elle chantait du twist quand ce n’était plus tout à fait de son âge. Elle interprétait les Beatles, Gainsbourg, Vian quand ce n’était pas encore tout à fait à la mode et de bon ton de la faire. Soixante-dix ans de carrière, ça compte dans une vie, surtout quand celle-ci brille de mille feux.
Quand on est une star, la règle c’est qu’il existe des livres pour raconter leurs carrières. Le plus souvent mercantiles, on y parle de tout et de rien, surtout de rien. Pour une fois, nul de tout cela, un livre, un vrai, voulu par l’intéressée avec la collaboration pour son écriture de Françoise Piazza, au titre juste Petula Clark une baladine . Très bien documenté, rempli de photos sorties de l’album familial, il nous rappelle les principales étapes de sa carrière. La petite fille timide qui chantait sur les ondes de la BBC pour soutenir le moral des troupes quand les bombes tombaient sur Londres. Ses débuts d’actrice, car elle fut actrice avant d’être une vedette du disque. Son arrivée en France, son mariage, sa famille, ses rencontres, ses honneurs, sa vie quoi! A l’heure ou beaucoup de vedettes pensent qu’il est à la mode de se foutre de son public avant de finir dans le caniveau, voici un sourire qui s’adresse à chacun, en remerciement du long chemin sans qui l’un ne serait pas l’autre. Elle est certainement une recordwoman du sourire sur les photos, sauf quand elle chante des chansons tristes. C’est une indice pour ceux qui veulent faire une longue carrière. Un livre qu’il faut parcourir avec ou sans nostalgie. Sans même se poser la question: « Que fais-tu là Petula? ».

Petula Clark – Une baladine. Editions Didier Carpentier

Flash – Le grand voyage

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Parler d’un livre comme « Flash », c’est avant tout se remémorer une certaine manière de vivre qui attirait des millions de jeunes dans les années 60, vers la fin. Si peu l’on mise en pratique, les autres l’ont rêvée ou esquissée. L’idéal, c’était l’envie de paix, tout le monde il était beau et presque gentil. Le mouvement hippie qui tenait le haut du pavé dans des villes comme San Francisco, s’était trouvé une Mecque bien loin de là, à Katmandou au Népal. Comme le Musulman qui doit faire le pèlerinage au moins une fois dans sa ville sainte, pour le hippie, c’était Katmandou. Les philosophies orientales et aussi la musique étaient devenues très à la mode, Katmandou en semblait une sorte de terre sainte. La réalité est sans doute un peu plus terre à terre, car au Népal à cette époque, la vente de drogue sous toutes ses formes était pratiquement libre. Les hippies les plus sectaires étaient de grands consommateurs de substances pour la plupart illégales dans leur pays d’origine. Ces substances n’avaient qu’un but à leur yeux, faciliter et permettre l’exploration du fond de la pensée humaine, dans les recoins de l’esprit immatériel où se cachent les vérités philosophiques. Quelle terre promise que ce pays où acheter de l’herbe, de l’opium, de l’héroïne était aussi facile que d’aller acheter son kilo de tomates au marché. Et en avant planons…
Charles Duchaussois a écrit sans doute le livre qui témoigne le mieux de cette route sur les chemins de Katmandou et de la ville elle-même. Il n’est pas à proprement parler un hippie lui-même, il est même un peu âgé pour cela, presque trente ans à l’époque. En réalité, il est un petit truand qui a fait de la prison et qui risque d’y retourner. Il décide mettre de la distance avec un ami qui l’invite au Liban. Alors commence la véritable aventure. Il part en stop jusqu’à Beyrouth. De là, il gamberge sur la possibilité d’un trafic d’herbe et les choses s’enchaînent. Après quelques péripéties, il se retrouve à Istambul, c’est là que commence son initiation à la drogue avec un premier joint. Ayant escroqué un Américain, il se retrouve avec pas mal d’argent en poche. Le voyage prend forme et il traverse l’extrême orient, et se rapproche peu à peu de Katmandou où il finit par arriver le 4 juillet 1969. En cours de route, il a continué son exploration par la consommation de drogues diverses, un peu tout ce qui se présente à lui, au gré des hasards. En six mois, il va tout explorer, consommer toutes les drogues, dans des quantités invraisemblables. Il a les moyens, son escroquerie d’Istambul, lui sert de tiroir caisse et là bas la drogue n’est pas chère. Il va devenir un junkie, voudra aller crever sur les contreforts de l’Himalaya, le rêve ultime du junkie. Par un concours de circonstances, il sera sauvé à l’ultime moment. Il finira par être rapatrié le 12 janvier 1970.
Tout cela, l’auteur le raconte dans son livre, 700 pages en format poche. A l’instar des grand films, il y a dans son livre qui se lit comme un polar, de grands moments, de grandes scènes. La fille morte à Instanbul d’un overdose, et le dernier hommage à la manière hippie. Une fille que personne ne connaît, des parents qui ne sauront sans doute jamais ce qu’elle est devenue, alors que nous sommes des millions à connaître la fin de sa vie. Le junkie découvert dans un village des contreforts de l’Himalaya, ses bras n’étant plus que des croûtes à force de se piquer et que l’auteur compare aux souvenirs qu’il a de l’image de Jésus Christ. Il sera son dernier compagnon, il mourra peu après. On sait juste que c’est un Américain. C’est bien sûr un livre qui parle de drogue, un sorte de guide dans lequel on peut connaître tous les effets de toutes les drogues sur le comportement humain. C’est aussi un livre qui parle de voyages, qui décrit les moeurs des pays visités, la vie à Katmandou, la vie des des hippies par un témoin somme toute assez neutre. Un documentaire écrit qui fera peut-être le canevas d’une étude sur ce mode de vie dans le futur. On peut déjà s’y référer.
A sa sortie en 1971, le livre fut un grand succès de librairie, 6 millions d’exemplaires à ce jour. Il fut écrit d’après le narration qu’en à faite l’auteur sur bande magnétique. Si certains passages peuvent paraître un peu exagérés ou mis en doute selon certains, il n’en reste pas moins que seul le récitant a vécu cela. Alors que les autres se taisent, ils n’étaient pas là. Je crois volontiers que tout est vrai de a jusqu’à z, seule la mémoire embrouillée a pu faire quelques erreurs qui n’enlèvent rien à la beauté de ce livre, car il faut parler de beauté. Ce n’est pas de la poésie, ni de la littérature au sens commun du terme, c’est juste un récit, mais que récit!
Charles Duchaussois continua de se droguer dans une moindre mesure, en évitant plus ou moins les drogues dures. Il a été brièvement marié après son retour et un fils est né de cette union. Remarié en 1974, il a une fille de cette nouvelle union. En 1978, il est emprisonné pour un homicide sur son beau-frère. Il meurt en 1991 d’un cancer généralisé.