En passant

Dimanche en quelques manches d’été (9)

Deux musiques pour commencer en 1952

Esquire Boys – Rock-A-Beatin’ Boogie

Johnny Ace – My Song

CHANSONS
MONUMENTS

Chansons qui ont un brin d’éternité

Charlie Chaplin fut un personnage très complet artistiquement. Acteur, réalisateur, on le connait un peu moins comme compositeur et accessoirement musicien instrumentiste. Pour son film de 1936 Les Temps modernes, il composa la musique du générique qui deviendra « Smile ». Selon le légende il trouva la mélodie en la sifflant. Elle deviendra un standard à partir de 1954 via les versions vocales de Nat King Cole et Petula Clark. Il en existe près de 1000 versions et fut même enregistrée par Michael Jackson en 1995.

Bande sonore du film et première version enregistrée, Alfred Newman And His Orchestra (1936)

La version de Michael Jackson (1995)

Cinq formations stars mais pas forcément dans les titres les plus connus…

Black Sabbath – Behind The Wall Of Sleep (1970)

Deep Purple – Hallelujah (1969)

Led Zeppelin – Black Mountain Side (1969)

Pink Floyd – Flaming (1967)

Scorpions – Leave Me (1972)

Chat râle !

La musique c’est aussi ça…

Rolling Stones. les faces B des cinq premiers 45 tours publiés en Angleterre…

I Want To Be Loved

Stoned

Little By Little

Good Times, Bad Times

Off The Hook

Sheila Jordan (1928 – 2025)

Chanteuse américaine né à Detroit, pionnière du be bop et du scat, elle a notamment fréquenté Charles Mingus et Charlie Parker dont elle épousa le pianiste. Sa carrière s’étale sur près de 80 ans.

Sheila Jordan and Harvie S duo

Sur scène à 92 ans

En passant

Voyage début de siècle (14)

Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.

Salt Lake City suite et fin

Dernières considérations de la voyageuse sur les Mormons, elle explique pourquoi ils ont dû renoncer à la polygamie, chose qui ne faisait pas la une de l’actualité en Europe. Le chef de l’église alors en poste, Wilford Woodruff, s’en tira par une pirouette du genre aide-toi le ciel t’aidera.

En 1882, le Congrès reprit la croisade contre la polygamie et les saints passèrent un mauvais moment, si mauvais que Wilford Woodruff, leur chef, dans un manifeste qu’il lança en 1890, proclama une nouvelle révélation du ciel: défense de prendre plus d’une femme à la fois. Les Mormons obéirent; l’immigration des gentils s’accrut dans de grandes proportions et, en 1896, le territoire d’Utah fut reçu, comme quarante-cinquième Etat, dans l’Union. Le mormonisme est florissant. Il compte 330,000 adeptes répandus dans le monde entier. Cette Eglise a une organisation des plus compliquées. A la tête, trois grands prêtres, puis, en descendant l’échelle de la hiérarchie sacerdotale, douze apôtres, sept présidents, un patriarche, un évêque, des prêtres, des diacres, des lévites exerçant les différentes fonctions du ministère.
Je continuai ma route, par une chaleur excessive, afin de visiter les différents monuments de la ville. D’abord l’ancienne résidence de Brigham Young, devant laquelle un lion en pierre fait bonne garde, puis, groupées autour du bâtiment principal, les annexes où habitaient ses femmes. Tous ces édifices, comme d’autres que je trouvai sur mon chemin, ne sont rien moins qu’imposants. La Porte de l’Aigle est d’une architecture bizarre. Le tombeau de BrighamYoung, ainsi que ceux de quelques-unes de ses femmes, n’ont rien de remarquable; l’herbe y pousse librement. Ni fleurs, ni couronnes sur les sept pierres funéraires d’une très grande simplicité. Celle du Prophète seule est entourée d’une grille.
Peu à peu la chaleur était devenue si intolérable, que je fus obligée de me jeter dans un tram électrique pour regagner mon hôtel. Toute l’eau glacée que j’y bus n’ayant produit que peu d’effet, je résolus d’aller chercher la fraîcheur à Saltair, plage balnéaire située sur le Grand lac salé. Un petit chemin de fer, à wagons ouverts, y conduit. La brise vivifiante qui soufflait là-bas ne me fit pas regretter mon excursion

La station de bains de Saltair, installée il y a quelques années par les Mormons, est le plus grand établissement de ce genre que j’aie jamais vu. Les pavillons, les galeries, les belvédères, forment un ensemble magnifique et luxueux. Il y a des salons de rafraîchissement, même une immense salle de danse où, malgré la chaleur, de jolies mormones et leurs cavaliers se trémoussent au son d’un grand orchestre. Les cabines ne font naturellement pas défaut. Quelques centaines de personnes s’ébattaient dans l’onde singulièrement transparente du grand lac; réunies en petits groupes, des familles entières y nageaient. Inutile de dire que je voulus aussi savourer les délices d’un bain. Mais, ô surprise! j’eus beau essayer de me tenir debout, mes pieds se relevaient d’eux-mêmes, attirés invinciblement à la surface de la nappe liquide. Forcée de renoncer à la position verticale, je me consolai en voyant les autres baigneurs lutter en vain pour conserver leur équilibre. Le corps humain surnage naturellement dans cette eau si chargée de sel qu’aucun poisson n’y peut vivre. On y trouve un seul crustacé, l’artemia gracilis. Mon plongeon ne tarda pas à me procurer des sensations cuisantes: je ressentais par tout le corps des picotements fort désagréables; des croûtes de sel remplissaient mes oreilles, et mes cheveux s’entremêlaient de longs fils blancs.
Le Grand lac salé couvre une superficie de 5,620 kilomètres carrés; sa profondeur varie entre quatre et sept mètres. Quoique trois grandes rivières – dont l’une, le Jourdain, arrose la Palestine des Montagnes Rocheuses – s’y jettent, il n’a point d’écoulement du côté de la mer; l’évaporation le débarrasse de son trop plein. La ligne de montagnes dénudées à l’arrière-plan, les roches abruptes qui émergent du lac dans lequel nulle végétation ne se reflète, donnent au paysage un charme étrange et saisissant. Lorsque le soleil couchant l’éclaire, le tableau devient d’une majesté si grandiose, si empoignante, qu’il reste à jamais gravé dans le souvenir. J’eus la chance de jouir de ce spectacle dans toute sa splendeur; aussi est-ce très volontiers que je retourne par la pensée sur la plage de Saltair.

Avant de partir pour la suite de son voyage, direction la Californie, la voyageuse tire un bilan de son séjour. Elle fait un constat honnête sur la ville.
La chaleur toujours intense, même pendant la nuit, me décida à partir le lendemain pour San-Francisco. Levée de bonne heure, je parcourus une fois encore la gentille cité, m’arrêtant devant les édifices publics de construction récente, la maison de ville, des églises luthérienne, suédoise, catholique, des chapelles baptiste et méthodiste. Comme on le voit, les Mormons tolèrent volontiers les païens chez eux. Une nouvelle université, une école des mines, un laboratoire de chimie, une école normale, un jardin d’enfants, offrent gratuitement à la population tous les moyens de s’instruire. La capitale de l’Utah laisse vraiment l’impression d’une communauté vigoureuse et prospère.

A suivre

Sources : Wikipédia, B.N.F, DP