En passant

Un Jefferson qui plane

Groupe majeur des années 60, immensément créatif dominé par la voix de Grace Slick à partir du second album. En explorant les albums, on retrouve ces petites perles de musique sans doutes moins connues que les titres phares, mais qui font que les albums sont intégralement passionnants. Trois extraits par album des quatre premiers albums.

Take Off – 1966. C’est la première chanteuse Signe Anderson.

Let Me In

Bringing Me Down

It’s Allright, ne fut pas publié sur l’album original, mais fait partie des sessions.

Surrealistic Pillow, 1967. Premier album avec Grace Slick.

She Has Funny Cars

Today

Come Back To Me

After Bathing At Baxter’s, 1967

The Ballad Of You And Me And Poneil

Martha

Rejoyce

Crown Of Creation, 1968

Lather

Star Track

Crown Of Creation

En passant

Bas nylons et vovf

Pour une fois faisons une comparaison entre les versions originales et les versions françaises. J’ai fait exprès d’en sélectionner parmi celles qui me paraissent être réussies, même parfois supplanter l’original. J’ai écarté le trio Hallyday, Mitchell, Rivers par trop connus. J’ai préféré aligner plutôt des seconds couteaux ou d’obscures versions originales.

The Mojority Tears Won’t Help / Catherine Ribeiro – La Voix Du Vent. Les débuts de Ribeiro chez Barclay, une adaptation assez réussie

The Nashville Teens – Find My Way Back Home / Ronnie Bird- Fais Attention. Ronnie Bird fut plutôt un excellent adaptateur. Ici, il concurrence l’original.

The Clique – She Ain’t No Good / Les Lionceaux – Tu Fais Fausse Route. Dans une ambiance de faux live, une plutôt bonne reprise.

Garnet Mimms – As Long As I Have You / Larry Greco – Si Je meurs Demain. Une reprise canon, très différente de l’original. Un chanteur que l’on a toujours sous-estimé et un beau travail d’Eddie Vartan comme orchestrateur.

The Brigands – Would I Still Be Her Bigman / Noël Deschamps – Ah Si J’avais Pensé. Noel Deschamps, encore et toujours un de mes préférés, il a fait du bon travail avec l’excellent chef d’orchestre Gérard Hugé.

Del Shannon – Keep Searchin’ / Richard Anthony – Il Te Faudra Chercher. Richard Anthony s’est souvent contenté d’assurer. Mais l’orchestration de cette cover tient la route.

Big Maybelle – Whole Lotta Shakin’ Goin On / Dany Logan & Pirates. A mon avis, les Pirates était un des rares groupes de l’époque capable de faire des reprises très originales et pleines de punch, belle démonstration ici. Et puis c’est aussi un clin d’oeil à tous ceux qui croient que la version originale est de Jerry Lee Lewis.

Mickie Most – That’s All Right / Les Chats Sauvages avec Mike Shannon. Une adaptation ma foi fort plaisante.

The Zombies – I Remember  When I Loved her / Noël Deschamps – Souviens Toi Que Moi Je T’Aime. L’original ne manque pas de charme, mais la reprise est splendide

The Yardbirds – Shapes Of Things / François Fabrice – Ca Fait Au Moins Trois Mois. François Fabrice, par la suite l’animateur de la fameuse « Classe », s’essaye à adapter les Yardbirds. Pas besoin de photo, l’original est meilleur.

Neil MacArthur – She’s Not There / Pussy Cat – Te Voila. Neil MacArthur n’est autre que Colin Blunstone le chanteur des Zombies. En 1969 sous ce pseudonyme, il décide de reprendre le titre phare du groupe en version un peu psyché. Dans le même ordre d’idées, Gérad Hugé, qui orchestre les disque de sa future femme la chanteuse Pussy Cat, décide remettre sur le métier la version qu’il avait déjà orchestrée pour Noël Deschamps en 1964. C’est plutôt bien fait.

Marvin Gaye – Can I Get A Witness / Monty – Un Verre De Whisky. Monty avait quelques qualités d’interprète assez bien illustrés dans cette reprises pas des plus faciles.

En passant

Bas nylons et ivresses

Le vin, quand il s’agit d’un grand cru ou d’un cépage renommé, n’a pas vraiment besoin de publicité. Les étiquettes qui présentent une bouteille d’un grand cru sont plutôt sobres, le nom suffit. Par contre, il est plus courant de voir une publicité qui vante les mérites d’un région viticole comme la Bourgogne ou le Bordelais. Charge à vous de trouver les bonnes bouteilles ou les bonnes caves dans la région qui vous intéresse, c’est d’ailleurs assez inégal en qualité. Je n’entrerai pas dans le détail de toutes les appellation contrôlées ou non, c’est un vaste domaine. De même les classements à l’intérieur d’un terroir peuvent varier d’un région à l’autre. Par exemple les vins sous appellation de Bordeaux, et uniquement ceux de la rive gauche, sont présentés selon un classement établi en 1855 dans lequel on trouve cinq catégories de crus allant de premier cru classé à cinquième cru classé. Cette liste fait encore référence aujourd’hui avec quelques petits changements intervenus au fil des ans. La Bourgogne fait plus simple, il y a les grands crus, la plus prestigieuse, et le premiers crus, tout de suite après. Il faut bien reconnaître qu’il y a un certain snobisme à consommer ces vins, mais le vin d’une bouteille à 500 euros n’est pas forcément dix fois meilleur que celui d’une bouteille à 50 euros. Pour ma part, il m’arrive de temps en temps de m’offrir une bonne bouteille, mais depuis longtemps j’ai passé au vin bio que je bois selon trois provenances, France, Italie, Espagne. Je me suis attelé à ces vins car dans des analyses de  consommateurs, ils les ont trouvés exempts de toutes traces de pesticides. Encore plus marrant, dans une des analyses. c’était le seul bio et le moins cher. Un autre qui coûtait presque trois fois plus cher, rattaché au nom d’une prestigieuse famille, ne contenait pas moins d’une douzaine de traces de pesticides. J’ai servi une de ces vins bio lors de mon repas d’adieu à mes collègues de travail quand j’ai pris ma retraire, plusieurs m’ont dit, sans que je leur demande, qu’il était vraiment bon. Alors…

Bien tout ceci pour introduire mon sujet et vous parler de vin dans un contexte particulier. Le simple citoyen qui ne roule pas sur l’or, mais qui aime bien boire un coup de temps en temps, peut se rincer la dalle avec un gros rouge de derrière les fagots, sans artifices. Mais le marchand de pinard vient à son secours en lui proposant des variantes. En général, ce sont des vins médiocres ou passables qui ont besoin d’un coup de main pour devenir parfois simplement buvables. Il existe un tas de recettes, chacun la sienne, pour lui donner une saveur particulière. La plus courante et qui ne demande pas de préparation spéciale est le kir fait de vin blanc et cassis, c’est un exemple de transformation qui peut rendre un vin détestable nettement plus buvable. Nombre d’autres produits proposés sont à base de vin, mais on y ajoute des plantes comme le quinquina, aux vertus médicales reconnues, tout en donnant l’impression au buveur que cela peut être bon pour sa santé. On dit aussi pour d’autres que c’est à base de vin sans spécifier ce qu’il contient en plus, tout en y ajoutant un nom ronflant. Le vin mousseux est aussi proposé, bien que là il s’agisse plus d’une méthode de vinification particulière qu’un ajout d’additif. C’est du champagne qui n’en a pas le nom, car c’est une appellation de terroir réservée.

Tous ces produits qui ne bénéficient pas d’une aura particulière et qui doivent se faire une renommée, ont très souvent fait appel à la publicité à travers des affiches destinées à attirer l’oeil du consommateur. Nous sommes évidemment à une époque où les arts visuels comme le cinéma sont peu présents ou n’existent pas du tout, l’affiche placardée sur les murs a toute son importance. Il faut vendre une part de rêve en couleurs et plus prosaïquement dans ce cas précis, une envie d’ivresse qui sera plus réelle qu’imaginaire. Quoiqu’il en soit, ces témoins du passé sont parfois d’un beauté réelle. J’en ai sélectionné une série qui peuvent couvrir une marque, une région, ou encore un endroit comme un débit d’alcool. C’est juste de la publicité, mais c’est aussi de l’art.

Source Gallica, BNP, DP

Peter Pan fait son cinéma (4)

Suite des chroniques de notre ami Peter Pan. Merci à lui.

Trailer

Scène du film

Ce film est classé avec une note de 6,8 / 10 dans Internet Movie Database. Oacar de la meilleure actrice internationale 1957 pour Gina Lollobrigida.

Acteurs

  • Gina Lollobrigida : Esméralda
  • Anthony Quinn : Quasimodo
  • Alain Cuny : Claude Frollo
  • Robert Hirsch : Pierre Gringoire
  • Jean Danet : le capitaine Phœbus de Châteaupers
  • Philippe Clay : Clopin Trouillefou
  • Jean Tissier : Louis XI
  • Maurice Sarfati : Jehan Frollo
  • Valentine Tessier : Aloyse de Gondelaurier
  • Marianne Oswald : La Falourdel
  • Piéral : le nabot
  • Danielle Dumont : Fleur de Lys
  • Jacques Hilling : Charmolue
  • Jacques Dufilho : Guillaume Rousseau
  • Roger Blin : Mathias Hungadi et le duc de Bohême
  • Robert Lombard : Jacques Coppenole
  • Dominique Davray : Colette La Charonne
  • Hubert de Lapparent : Guillaume d’Harancourt
  • Paul Bonifas : Gilles Le Cornu
  • Georges Douking : François Chanteprune, un truand
  • Madeleine Barbulée : Madame Le Cornu
  • Camille Guérini : le président du tribunal
  • Albert Rémy : Jupiter
  • Roland Bailly : Pierrot Torterue
  • Daniel Emilfork : Andry Le Roux
  • Michel Etcheverry : un archidiacre
  • Damia : la chanteuse mendiante
  • Boris Vian : le cardinal de Paris
  • Albert Michel : le veilleur de nuit
  • Yette Lucas : Claude Rongeoreille
  • Denise Carvenne : la tapissière
  • Jacques Bertrand : Bellevigne de l’Etoile
  • Pierre Fresnay (non crédité) : voix off narration
  • Paul Bisciglia : un homme à la fête des fous
  • Germaine Delbat : une paroissienne
  • Virginie Vitry : une brodeuse
  • Nadine Tallier : une fille de la Cour des Miracles
  • Dominique Marcas : une femme de la Cour des Miracles
  • Franck Maurice : le deuxième bourreau
  • Doudou Babet : un mendiant
  • Van Doude : un mendiant
  • Jean Martin : un mendiant
  • Jean Tielment : un mendiant
  • Les Chevaliers de l’Arc de l’Île-de-France : les archers

 

 

En passant

Des vinyles franchouillards et obscurs

Depuis quelques dizaines d’années, les encyclopédistes ont recensé des milliers d’obscurités gravées jadis sur vinyle et qui n’ont jamais réussi à avoir le moindre petit moment de gloire. Dans le meilleur des cas, certains ont pu bénéficier d’une reconnaissance tardive qui les a fait entrer dans la légende des oubliés. Ce phénomène est principalement axé sur les chansons anglophones, mais cela existe aussi chez nous. Vu le nombre de publications sorties, c’était mathématiquement impossible de paraître au grand jour, les médias étant déjà passablement surchargés. Il leur restait la fierté de pouvoir dire qu’ils avaient enregistré un ou plusieurs disques qui firent la fierté de leur entourage, qui possèdent sans doute encore la grande partie des quelques exemplaire qu’ils ont vendus. Pour des raisons diverses, d’autres firent carrière dans d’autres spécialités comme Bernard Tapie qui est toujours d’une actualité qui n’a rien à voir avec la chanson. Prenant mon bâton de pèlerin voici quelques repères parmi ces grands oubliés du succès.

Sur son seul disque connu, Marc Humbert a enregistré un adaptation de « Congratulations » des Rolling Stones, 1965.

A côté d’un 45 tours assez recherché, un EP avec une reprise de « Holiday » des Bee Gees, 1968.

Adaptation de Renee St, Clair « Look What I Got », le seul 45 tours connu de Daniele Lopez, 1966.

Etre « Mademoiselle Age Tendre 1965 » cela valait bien l’enregistrement d’un disque où figure une adaptation de « The End Of The World » de Skeeter Davis. Elle se lança ensuite dans la mode.

Seul disque connu de ce duo, adaptation de  « Stop Before You Get Me Going » du groupe anglais Knack, 1966.

Francie Laurie reprend « Here Comes The Night » des Them, 1965.

La fille du très connu Georges Ulmer, malgré de solides appuis ne perça pas vraiment dans le monde de la chanson, 1966.

De tous les disques listés ici, c’est celui qui atteint les sommes les plus folles chez les collectionneurs. Il y a une bonne raison à cela car « Le Fermeture Eclair » par Delphine est une version française de « In The Past » du groupe psychédélique légendaire américain We The People. En plus l’accompagnement de la reprise française de 1967 est exactement le playback de la version américaine. Un collectionneur m’a affirmé qu’il avait rencontré la chanteuse et qu’elle vivait à Zurich en Suisse.

Les Bowlers, un de ces très groupes que l’on pourrait classer dans une sorte de garage punk à la française avec moult fuzz guitares. Deux 45 tours assez cotés et recherchés  par les collectionneurs, 1966.

Claude Celler est beucoup plus connu aujourd’hui sous le nom de Raël, à la tête d’une secte qui prétend être en contact avec les extraterrestres. Peut-etre ses disques font un tabac dans une autre galaxie ?

Une bluette absolument inconnue, Gerard Bernhart, 1964.

Pierre Sandy, une chanteur variétoche avec une voix qui rappelle celle de Pascal Danel, 1966 sans suite.

En passant

Bas nylons et un air d’été

*****

De manière générale la musique classique et l’opéra s’effacent devant l’apparition du jazz et de la musique moderne, tout en conservant un nombre important d’inconditionnels. De même, les nouveaux compositeurs se font plus rares, on remet constamment les anciens sur le devant de la scène, Beethoven, Verdi, Mozart sont toujours admirés. Si les compositeurs se font plus rares, cela ne veut pas dire qu’ils n’existent plus, mais peu arrivent à devenir célèbres. Les Russes Dimitri Chostakovitch et Igor Stravinsky sont un exemple parmi ceux qui arrivent à se faire un grand nom au 20ème siècle. Leur musique reste toutefois dans la lignée de leurs prédécesseurs. C’est vers l’Amérique qu’il faut se tourner pour trouver des compositeurs qui arrivent à mélanger la musique classique et les influences propres à la culture locale comme le jazz et le gospel. Le premier et les plus célèbre est George Gershwin (1898-1937). Parmi ses pièces maîtresses on peut trouver « Rhapsody In Blue », « An American In Paris » qui sont assez proches d’une continuité qui fit la renommée des prédécesseurs. Mais Gershwin s’intéresse aussi à la comédie musicale, il en compose plusieurs. Celle qui va passer le plus à la postérité est « Porgy And Bess », entre opéra assimilé à une comédie musicale, basé sur une pièce de théâtre créée en 1927. Elle a la particularité d’être interprétée par des comédiens noirs, avec en toile de fond la vie dans les ghettos de Charleston. Plusieurs extraits de cet opéra vont devenir célèbres séparément, mais celle qui va connaître un fantastique destin est « Summertime ».

La titre voit le jour en 1935, la musique est bien entendu de Gershwin, mais les paroles sont de Edwin et Dorothy Dubose Heyward, mise en chanson d’un extrait du roman et de la pièce de théâtre qu’ils écrivirent en 1925. Le thème de la chanson est une berceuse qu’une mère chante à son enfant. Les paroles narrent l’été et les choses simples de la vie, Elle a le pouvoir magnétique de faire  en sorte que l’on se sent bien en l’écoutant. Comme beaucoup de pièces musicales de Gershwin, et c’est là un de ses traits de génie, elles sont facilement transposables dans un style ou dans un autre. La chanson connaît un succès immédiat, le jazz s’en empare en cohabitant avec les versions plus traditionnelles. Il n’y a pas une année où de nouvelles interprétations ne voient le jour. L’apparition du rock and roll et de la pop musique ne freinent pas le phénomène, nombres d’artistes s’en emparent.  C’est une chanson phénomène, plus de 50000 versions différentes sont recensées, de quoi faire pâlir plus d’un compositeur. Je vais vous en présenter un panel, tout en faisant plutôt la part belle aux interprétations parues après l’avènement du rock and roll. J’ai volontairement fait l’impasse sur les versions françaises.

La version de la grande Billie Holiday, 1936.

La version enregistrée en 1938, par celle qui joua un rôle dans la première représentation.

Gene Vincent, le premier rocker à l’enrigistrer, 1958.

Nina Simone, comme toujours grandiose, 1959.

Les Platters, 1962.

Gerry & Pacemakers, la première version qui a figuré dans ma collection, 1963.

Les Zombies, 1964.

Les Righteous Brothers, 1965.

Vince Taylor, version rock, 1965.

Billy Stewart, une visite originale, 1966.

Les Walkers Brothers, et le regretté Scott Walker décédé récemment, 1966.

Janis Joplin & Big Brother & The Holding Company, l’une des plus fabuleuses, 1968

Love Sculpture, 1968

Ten Years After, live 1968.

Mike Brandt, 1976, dommage qu’il n’en aie pas fait d’autres comme celle-là.

Les Flying Pickets, 1982.

Al Jarreau, Alita Moses, Montreux 2015.