Exploration en terre musicale inconnue

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien par la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.

Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1972 – Amazing Blondel –  un trio de folk anglais à l’inspiration baroque et médiévale. Produit à l’origine comme Cat Stevens, par Paul Samwell-Smith, ancien bassiste des Yardbirds.

1972 – Spontaneus Combustion – Space Ship, trio anglais plutôt hard.

1970 – Groupe Naissance / A Bientôt. L’avènement de la pop donna l’idée à quelques uns de se servir de ce mouvement pour transmettre un message religieux. Si on fait abstraction des paroles ridicules pour un athée, ce titre est plutôt bien fait musicalement, un rien psychédélique. Il est produit par le label Jef spécialisé dans ce genre de truc.

1966 – Bob Lackman / Laughing Boy. Un excellent disque qui n’est pas sans préfigurer ce que fera David Bowie plus tard. On ne connait pratiquement rien de ce chanteur, sinon qu’il est anglais et lancé par le fameux President Rosko, célèbre animateur radio-télé.

1968 – Eyes Of Blue / Crossroads Of Time. Groupe sous la houlette du fameux Graham Bond, un titre qui aurait mérité un succès plus conséquent. Entre pop, jazz et classique.

1967 – The Lyrics / Wait . Groupe assez connu chez le garagepunkeux sixties, une belle réussite dans le genre.

1969 – The Locomotive / Mr Aramageddan. Du psyché anglais.

1968 – Mec Op Singers – Miserere. Après un titre inspiré de la musique grégorienne « Dies Irae », qui avait assez bien cartonné en Europe, les Mec Op Singers, un band belge voisin de la frontière française, enregistrent un disque de même style deux ans plus tard. C’est très plaisant pour ceux qui aiment ce genre d’ambiance. Si le premier sur Disc AZ est relativement courant, cette deuxième publication est nettement plus difficile à dénicher en pressage français.

1970 – Ben Cramer / Lady Of The Night. Hollandais, il a participé à l’Eurovision. Un peu dans le style de Barry Ryan.

1971 – Irish Coffe  / Carry On. Très connus en Belgique où ils sont nés, ils ont très bonne réputation chez les collectionneurs. Un disque intéressant.

1978 – Herman’s Hermits  / Heart Get Ready For Love. En pleine période disco, Herman’s Hermits sans Peter Noone, tentent de relancer la machine sans convaincre vraiment.

1963 – Simone Jackson – Tell Me What To Do. Issue de l’ère Beatlemania, elle est peu connue ici ou même ailleurs.

2 réflexions sur “Exploration en terre musicale inconnue

  1. Bonjour M. Le Boss,
    C’est vrai, quand j’étais plus jeune , pour trouver des disques il fallait aller chez le revendeur qui faisait même de l’electro-ménager, ou autres, il n’y avait pas dans la commune où j’habitais (Villefranche sur saône) de disquaires à part entière, donc c’est pour dire que le disque était portion congrue ! et quand on découvrait un titre qu’on voulait acheter, il fallait souvent le commander….une autre époque, et aujourd’hui malgré le regain du Vinyl, …il y a que le télehargement, le streaming via les plateformes….encore une autre époque !
    Bonne semaine
    cooldan

    • Hello Cooldan,
      Je vois que nous avons été un peu logés à la même enseigne. J’avais le choix entre deux villes à distance égale. Les lieux où l’on vendait des disques étaient presque toujours un rayon de grand magasin, qui représentait un dizaines de points de ventes.. Deux étaient spécialisés dans la vente de radios, tv, avec un rayon disques. Un des grands magasins avait un rayon disque assez exhaustif., on y trouvait pas mal de choses. En 1970, un véritable disquaire s’est installé. Il faisait venir beaucoup d’imports, US, UK, Allemagne, c’est la que j’ai vraiment commencé é trouver des trucs intéressants. Il aimait la musique et avait assez fin nez pour dégoter des trucs marginaux et intéressants. Par la suite, je suis monté souvent à Paris, là il y avait le choix et les puces à Saint-Ouen était un bon truc pour dénicher des invendus, à ce moment pas encore très recherchés. Dans les années 80, j’ai commencé à faire venir des collectors depuis les USA ou l’Angleterre et ainsi de suite.
      J’au un abonnement à Deezer pour mes écoutes en fond sonore. je dois dire qu’ils ont un assez bon choix en obscurités, il n’y a pas tout, mais pas mal.
      Bonne fin de semaine

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