Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.
Un peu plus de la Chine où parler est une chose et écrire en est une autre plus compliquée. Le mur qui vous sépare de votre voisin tient de la bricole à côté de celui que les Chinois construisirent …
La Chine est habitée depuis les temps les plus reculés par un peuple travailleur et paisible, qui évite toute communication avec l’étranger et qui a maintenu cette tradition jusqu’à nos jours. Il n’existait pas encore de pays ayant une culture avancée, et la plupart étaient peuplés de hordes barbares, que la Chine avait organisé l’Etat politique et social, et était parvenue à un degré de civilisation digne de notre admiration.
Les premiers essais d’agriculture, par exemple, furent faits 2600 ans avant notre ère, sous les plus anciens souverains de la Chine, Fo-hi et Ya-o qui établirent tout un système de canaux.
C’est le premier de ces empereurs également qui inventa l’écriture. L’écriture chinoise actuelle dérive de signes qui, à l’origine, représentaient chaque mot sous une forme particulière. Il y a par conséquent autant de signes différents qu’il existe de mots dans la langue parlée. Jadis on écrivait avec des tiges de bambou trempés dans de la couleur. A partir de l’an 200 après J.-C., on commença à fabriquer de l’encre de Chine, et le pinceau remplaça le bambou. Les mots se placent les uns au-dessous des autres, de manière à former des lignes verticales. On écrit de droite à gauche.
Jusqu’à l’avènement de Hia, fils de Yu (2207 à 1767 avant J.-C.) qui, en établissant le pouvoir héréditaire, fonda la dynastie Hia, les Chinois paraissent avoir élu leur souverain. Aux Hia succédèrent les dynasties de Chang et de Wou-wang. C’est sous cette dernière que naquit Kon-fou-tsé (Confucius) dont je parlerai plus longuement dans la suite.
L’ancienne constitution chinoise accordait au monarque un pouvoir paternel très étendu. L’empereur, fils du ciel, centre de toute la vie politique, objet d’une adoration presque divine, devait avoir une vie exemplaire. Ne se conformait-il pas aux traditions et aux coutumes en vigueur depuis la plus haute antiquité, on le détrônait. D’après les anciennes lois, le territoire appartenait à l’Etat. Chaque père de famille avait droit à une parcelle de terrain moyennant une redevance fixée au neuvième du revenu et payée à l’Etat.
En l’an 247 avant J.-C., une nouvelle dynastie vint au pouvoir. Tsin-chihwang-ti, son fondateur, un des héros de l’histoire nationale, lui donna son nom qui s’étendit au pays même. Le nouvel empereur combattit de toutes ses forces l’enseignement de Kon-fou-tsé et fit brûler tous les anciens écrits.
Pour protéger la Chine contre les Tartares dont les incursions devenaient toujours plus fréquentes et plus inquiétantes, Tsin-chi-hwang-ti fit construire la grande muraille — en chinois Wang-li-Chang-Tshing -, une des merveilles du monde. Ce rempart d’une longueur de 3300 kilomètres est assez bien conservé.
Il s’étend en innombrables zig-zags du désert Gobi jusqu’au golfe de Petchili franchissant les fleuves, des crêtes de 1550 mètres d’altitude, les précipices, les gorges, et contournant les obstacles insurmontables. Haute de 12 à 15 mètres, large de 10 à 12, l’enceinte est construite en briques non cuites dont les interstices sont remplis de terre. Le mur de soutènement en granit et la régularité de sa construction en font un ouvrage d’une certaine valeur architecturale. En différents endroits, les murailles sont doubles et triples, munies de créneaux et de meurtrières. Des tours de vigie de 10 mètres de hauteur s’élèvent à intervalles de 50 à 100 mètres.
Un aperçu de la fameuse muraille au début du 20ème siècle
Après la mort de Tsin, l’empire se démembra; des dynasties secondaires surgirent; plusieurs souverains furent assassinés. Aux périodes brillantes, — celles de la dynastie Thang, par exemple, — succédèrent des époques troublées. Les Tartares, les Arabes et, en 1206, les Mongols, envahirent le pays. Ces derniers s’emparèrent du pouvoir. La 19° dynastie, celle de Ju-an, était mongole; elle établit sa résidence à Chanbaligh, la ville de Péking actuelle. Les envahisseurs adoptèrent les institutions du peuple opprimé. Ce n’est que vers la fin de leur règne que les Chinois purent recouvrer quelques-uns de leurs emplois.
En 1355, le prêtre bouddhiste Tschou-juan-tschang se souleva contre la domination des Mongols; il s’empara de Péking et refoula les usurpateurs jusqu’en Tartarie, délivrant ainsi sa patrie du joug de l’étranger. Très aimé du peuple, il fut élu empereur sous le nom de Tai-tsou et devint le fondateur de la dynastie Ming (1368-1644) dont le règne ramena la prospérité dans le pays. Les Portugais s’établirent à Macao, des missionnaires catholiques obtinrent libre entrée. C’est de cette époque également que datent la législation et la forme de gouvernement qui existent en grande partie aujourd’hui encore.
Les tombeaux des empereurs Ming témoignent de la haute culture qui existait en Chine. Treize de ces tombeaux se trouvent à dix heures de Péking, et trois dans le sud, non loin de Nanking. Les deux allées de statues qui conduisent aux nécropoles des Ming sont uniques en leur genre; c’est un double alignement de figures colossales en molasse grise; celles placées vis-à-vis l’une de l’autre sont identiques. Il y a des chevaux, des éléphants, des lions, des guerriers, des hommes d’Etat qui semblent encore faire cortège aux morts. Seuls habitants de cette vallée solitaire, ces statues trois fois aussi grandes que nature font, dit-on, une impression profonde, non seulement sur les hommes, mais aussi sur les chevaux, qui reculent, tremblants, épouvantés. Ni les paroles d’encouragement, ni le fouet ne les peuvent faire avancer.
En 1644, les Tartares mandchous prirent derechef Péking et l’empereur se donna la mort.
Ainsi finit la dynastie Ming.
Ming Chengzu (1360 – 1424) troisième empereur Ming qui régna sous le nom de Yongle, il reste l’un des plus illustres par ses réalisations dans de nombreux domaines.
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Sources : Wikipédia, B.N.F, DP



