Jeter une bouteille musicale à la mer (9)

La Suède des sixties fut très active sur le plan musical. De nombreux groupes hantaient les scènes du coin. Pour la plupart ils chantaient en anglais ce qui leur permit de connaître des succès ailleurs en Europe.

Les Spotnicks

Le premier groupe qui franchit  allégrement les frontières du pays. Populaires dans l’Europe entière, ils s’inspiraient à leur manière de la voie tracée par les fameux Shadows. Ils furent très populaires en France avec une discographie pléthorique publiée par les disques President et Polydor. Aucun autre groupe suédois ne parvint à un tel succès hors de ses frontières durant les sixties.

De la belle virtuosité à la guitare dans cette version d’un titre country américain.

Un titre écrit pour eux par le célèbre présentateur télé Albert Raisner, décédé récemment.

The Hep Stars

La Suède est surtout connue pour nous avoir donné Abba. Ca tombe bien car dans les Hep Stars , il y a justement Benny Anderson (il s’occupe de l’orgue), l’un des deux mâles de Abba. Gros succès pour ce groupe dans les sixties suédoises.

Une version complètement déjantée du fameux « Surfin’ Bird, la seule qui peut éventuellement surclasser l’original.

The Shanes

Bien connus là bas, quelques hits dont le très efficace « Can I Trust You ».

Un titre qui n’est pas sans rappeler « Almost There » des célèbres Turtles, volontaire ou pas, c’est un excellent titre très garage sixties.

The Tages

L’un des groupes phares du beat en Suède, dont la popularité permit a quelques uns de leurs titres d’être publiés en France.

Un titre qui sonne très Liverpool Sound, les spécialistes apprécieront

The Deejays

Les anglais s’exportent aussi en Suède. Témoin ce groupe qui connut quelques succès retentissants dans ce pays d’adoption. Le meilleur et fabuleux « Blackeyed Woman ». Un must!

The Shamrocks

Un des nombreux groupes tournant sous cette appellation dont un en Suède. Ils eurent quelques succès dans d’autres pays, notamment la France, avec leur version du fameux « Cadillac » emprunté aux Renegades. Pour une fois je commencerai par mon titre préféré aussi emprunté aux Renegades « Things Will Turn Out Right Tomorrow ». Très beat!


Un petit montage réalisé à Paris en 1966. qui présente un extrait de plusieurs de leurs titres

Ola & Janglers

La scène suédoise fut assez riche en talents locaux. Un autre exemple, ce groupe qui réussit quelques bons disques, souvent et peut-être trop avec des reprises. Intéressants quand même.

Downliners Sect

Ce groupe anglais légendaire et de haut vol avait l’habitude de jouer devant des audiences de cent personnes dans les petits clubs londonniens. Soudain un de leurs titres « Little Egypt », repris aux Coasters se retrouve no 1 en Suède. Ils deviennent des stars et jouent devant des milliers de personnes. Si cela reste leur plus grand goût de succès, aujourd’hui tous leurs disques sont de belles pièces de collection. Ce sont de véritables légendes qui tournent encore aujourd’hui et recueillent les fruits de leur splendide discographie originale, inventive et attachante. Un de mes groupes préférés depuis toujours.

Jeter une bouteille musicale à la mer (8)

Si l’Angleterre et les USA avaient un monopole quasi total et mondialement en matière de musique dans les années 60, certains artistes ou groupes parvinrent quand même à se forger une gloire locale et souvent pas la moindre. En imitant les autres le plus souvent, il devinrent des stars locales. Quelquefois leur réputation franchira les frontières. ou à défaut une de leurs chansons. Voyons à travers quelques pays quelques unes de ces idoles glorieuses dans un coin du monde. Commençons par l’Allemagne

The Rattles

Incontestablement le plus populaire groupe allemand et des talents certains. Gros succès dans le pays avec une percée sur le plan international en 1970 et la chanson « The Witch ». Leurs répertoire fut assez standard, mais avec pas mal de titres originaux. Le groupe connut d’innombrables changements de personnel.

The Lords

Les nos 2, très populaires sans jamais égaler le succès des Rattles. Coupes de cheveux en mop, ils puisaient une bonne partie de leur répertoire dans le folk auquel ils ajoutaient une touche beat. Un de leurs premiers hits, une version rock du fameux « Greensleeves ».

Casey Jones & Governors

De vrais anglais, ce groupe intégra un certain Eric Clapton qui décida de rester dans son pays quand le groupe voulut aller en Allamagne. Clapton rejoignit les Yardbirs et connut le succès que l’on sait par la suite. Quant aux autres, ils ne réussirent pas trop mal en Allemagne et devinrent l’un des groupes les plus en vue. Base très rock and roll

The Liverbirds

J’ai toujours été fasciné par les groupes féminins, j’entends par là pas seulement les groupes vocaux, mais ceux qui s’coompagnent instrumentalement. Pas de quoi m’extasier, ils sont assez rares. En voici un des plus beaux exemples en ce qui concerne les sixties. Quatre jeunes anglaises qui vont tenter leur chance en Allemagne. Et cela marche plutôt bien. Elles enregistrent deux albums et quelques singles.
La bassiste marie Frank Dostal des Rattles pour les faits mondains et pour la musique, elle ne font pas dans la guimauve, mais s’inspirent plutôt de Chuck Berry ou Bo Diddley. Sans être exceptionnels, leur enregistrements méritent la mention bien.

Lee Curtis & All Stars

Un autre anglais qui trouva en Allemagne de quoi voler plus haut. Il commence en Angleterre chez Decca et enregistre sans grand succès. Son principal atout, il a un type de voix à la Presley et est plutôt beau mec. Il file en Allemagne et fait du célèbre Star-Club de Hambourg son fief. Il y chante quasiment tous les soirs et plusieurs fois. Il serait, d’après ses dires, entré sur la scène plus de 7000 fois. Il rencontre toutes les stars qui s’y produisent, les Beatles, Johnny Kidd, Jerry Lee Lewis, Jimi Hendrix, c’est une encyclopédie vivante. Un accident de voiture en 1967, dans lequel il n’est pas blessé, met un terme à sa carrière. Il vend tout son matériel pour payer les frais d’hôpitaux des autres passagers. Il rentre en Angleterre et finira comme directeur d’une chaîne d’hôtels. Il revient sur scène régulièrement surtout en Allemagne où il est encore très apprécié.

Ian & Zodiacs

Toujours des Anglais pour les mêmes raisons, le marché national est saturé. Ian et les Zodiacs fut un groupe très en vue et ma foi plutôt bon. Deux titres, le premier « All Of Me », un standard du jazz modulé pour en faire quelque chose de plus appréciable par le génération beat, une belle réécriture. Le second, un original de très bonne facture « No Money No Honey ». Ils se produisent encore.

The Remo Four

Un groupe qu’on ne peut pas passer sous silence, tant pour ses qualités que pour le succès relativement important qu’il a connu. Ils sont de Liverpool et marchent sur les traces des Beatles à la fameuse Cavern. Ils deviennent les accompagnateurs de Tommy Quickly et Johnny Sandon sur disques. C’est encore une fois l’Allemagne qui les adoptent. Dans leurs rangs on compte Tony Ahston, plus tard célèbre dans le trio Ashton Gardner & Dyke et un guitariste soliste assez talentueux Colin Manley. Ils seront recrutés par George Harrison en 1967 pour son premier essai solo « Wonderwall », musique de film. Ils se séparent définitivement vers la fin des sixties. Quelques beaux titres enregistrés en Angleterre et surtout en Allemagne laissent de bons souvenirs et surtout un potentiel mal exploité par les producteurs.

The Rainbows

Cette fois-ci c’est vraiment un groupe germanique. Ils trouvèrent l’astuce d’enregistrer un titre très élémentaire, très accrocheur, des paroles simplistes. Ce fut un cyclone en Allemagne et pas mal de pays alentours. D’innombrables versions en furent enregistrées et fut au répertoire de tous les groupes sur scène. Succès autant grand que sans lendemain.  Alors écoutons ce fameux « Balla Balla ».

The Yankees

Quelques groupes chantaient aussi en allemand, c’est normal quand on est citoyen du pays. Un peu la même recette que le précédent, accrocheur et dansant. Ecoutez et vous verrez, même si vos détestez l’allemand.