En 1964, on imaginait difficilement que l’Italie allait sérieusement concurrencer un style cinématographique américain par excellence, le western. Il fallait un peu dépoussiérer le genre, fini les héros qui arrivent impeccablement rasés après une traversée de quatre jours dans le désert, les méchants ont vraiment des sales gueules et des comportements en rapport. Il ne fallait pas non plus tout chambarder, on savait que la musique avait une part non négligeable dans le succès d’un film. Sergio Leone pour la réalisation et Ennio Morricone pour la musique formèrent une paire de choc pour mener l’entreprise à bien. Il fallut quand même un coup de main de la part d’un chef d’orchestre américain, Hugo Montenegro, pour peaufiner le réussite. En 1967, il enregistre un album comprenant exclusivement des mélodies composées par Morricone et extraites des film de Leone. La publication en single de « The Good, The Bad And The Ugly », film de 1966, devient un hit mondial et rafle les bonnes places du hit parade de nombreux pays. La mode est lancée.
Version originale Ennio Morricone (1958)
La version de Chubby Checker, 1967
Dans le fatras de la production phonographique, il y a des millions de chansons dont seule une petite partie émerge des profondeurs. C’est un peu la même chose que l’iceberg dont vous voyez le sommet hors de l’eau. Même chez les artistes très connus, il y a les succès et la part qui reste plus ou moins dans l’ombre. D’autres artistes n’ont jamais accédé à la notoriété, mais parfois on trouve dans leur démarche, de très intéressantes petites pépites. Ils se peut aussi qu’elles furent des succès dans une autre partie du monde, mais restent plutôt inconnues chez nous. Elles ne demandent qu’à briller de tous leurs feux. C’est un peu le principe de cette rubrique, exhumer ces chansons qui méritent une peu plus que de rester au fond de la cave. Sans distinction de style, artistes connus ou inconnus, ils n’ont pas échappé, un jour ou l’autre, à ma curiosité. Assez pour que je m’en rappelle encore aujourd’hui.
Un choix parmi d’autres…
Bobby Angelo And The Tuxedos – Skinny Lizzie (1961)
Lulu – Leave A Little Love (1966)
Sweet – Done Me Wrong All Right (1971)
Serge Gainsbourg – Le Rock De Nerval (1961)
Petula Clark ~ Love Me With All Your Heart (1965)
Chat devait arriver…
La musique c’est aussi ça…
Trois chansons à l’ambiance particulière de Scott Walker…
Mrs. Murphy
Montague Terrace (In Blue)
Rosemary
Eddie « Tan Tan » Thornton (1931 – 2025)
Originaire de la Jamaïque, ce trompettiste noir fut un membre de Georgie Fame et les Blue Flames période sixties. On le retrouve aussi comme musicien de studio avec les Beatles et plus tard Boney M. Il joua aussi dans d’autres formations.
Georgie Fame et les Blue Flames, Knock On Wood (1967 live)
Georgie Fame et les Blue Flames, Get Away (live 1967)
Cinquième partie de notre voyage dans les sixties allemandes.
The Remo Four – On peut considérer que les Remo Four font aussi partie de ces groupes anglais émigrés de Liverpool vers l’Allemagne, qui figurent dans le haut du panier. Ils ne sont pas tout à fait des inconnus quand ils débarquent en Allemagne. Managés par Brian Epstein, ils ont servi d’accompagnateurs pour Johnny Sandon, Tommy Quickly, Gregory Philips, tout en enregistrant deux singles pour le label Piccadilly. L’Allemagne servira d’accélérateur et leur offrira la possibilité d’enregistrer quelques singles et un album. Il ont spécialement dans leurs rangs un guitariste de première main, Colin Manley, au jeu assez jazzy. Paul McCartney qui l’a connu, le considère comme le meilleur guitariste sur la scène de Liverpool au temps de la Cavern. A côté de leur propre cuisine assez r’n’b, ils serviront aussi ponctuellement d’accompagnateurs pour d’autres artistes sur la scène de Hambourg. George Harrison fit appel à eux pour son projet de bande sonore pour le film « Wonderwall », film dans lequel joue Jane Birkin. Du groupe émergea aussi le trio Ashton, Gardner & Dyke qui eut un temps de succès au début des seventies. Colin Manley fut pendant longtemps un des guitaristes en titre des Swinging Blue Jeans. Il est décédé d’un cancer en 1999. A titre privé et un peu sous forme de devinette, on m’avait montré une photo de lui un peu avant son décès. Je ne l’ai absolument pas reconnu tellement il avait l’air hagard et bouffé par la maladie.
1966, en live, le célèbre Peter Gunn.
1966, en live comme des musiciens de jazz.
1967 – Live Like A Lady, un rien psychédélique, un original de Manley,
Face B, un standard Sing Hallelujah.
1967 – The Skate, assez r’n’b.
1967 – Brother Where Are You. Reprise d’un titre d’Oscar Brown Jr,
1957 – Seventh Son. Un titre de Mose Allison.
The Searchers – Parmi les groupes anglais qui eurent une forte connexion avec l’Allemagne à leurs débuts, mais qui explosèrent par la suite au plan international, mentionnons les Searchers. Contrairement aux Beatles, leur séjour fut plus bref, mais ils laissèrent une assez forte impression. Philips prit même la peine de les enregistrer lors d’un show au Star-Club, bandes qui furent publiés assez rapidement sous forme d’un album quand ils commencèrent à marquer des points en Angleterre. Comparativement avec celles qui furent publiées plus tard pour les Beatles, elles sont d’une bien meilleure qualité sonore. Quand Philips fonda sa sous marque Star-Club, le premier single publié est un extrait de ce show. Par la suite ils revinrent à la charge en enregistrant en allemand plusieurs de leur succès, publications qui font le bonheur des collectionneurs aujourd’hui.
1963 – Album publié en Allemagne
1963 – Premier single publié en Allemagne extrait de l’album. Ce n’est pas les Searchers sur scène, mais la photo a bien été prise au Star-Club.
Sessions du Star-Club publiées en 1963
I Sure Know a Lot About Love – Une reprise des Hollywood Argyles, ils en feront une version studio pour Pye. Première publication pour le label Star-Club.
En face B, une reprise de Buddy Holly.
Sweets For My Sweet – C’est en quelque sorte un rodage, mais aussi une reprise des Drifters.
Hey Joe – Mais oui il existe aussi par eux. C’est un traditionnel dont certains tentèrent de s’attribuer la paternité.
Sick And Tired – Reprise de Fats Domino et première publication allemande sur Philips.
Reprises en allemand 1963 – 1965 sur le playback de la version anglaise.
Süß Ist Sie (Sugar And Spice)
Liebe (Money)
Farmer John
Tausend Nadelstiche (Needles And Pins)
Wenn Ich Dich Seh (When You Walk In The Room)
Verzeih My Love (Goodbye My Love)
The Cry’n Strings – Un peu comme les Rainbows que nous avons vus dans un autre post, les Cry’n Strings furent un des groupes allemands qui cassa la baraque le temps d’un titre en 1967. « Monja », un slow plein de romantisme à la manière allemande puisque chanté dans la langue nationale. Elle fut elle-même un peu concurrencée par la version carbone enregistrée par Roland W pour un label rival. C’est le genre de truc que l’on entend partout pensant quelques semaines et puis quasiment plus rien. Il arriva un peu plus tard jusqu’en France via la version française du playboy suédois, Peter Holm, qui rencontra un succès assez conséquent. La version originale fut également publiés par Vogue, bien avant le succès de Holm, mais n’émergea pas des profondeurs. Le groupe ne réitéra jamais ce succès, les disques suivants s’inspirèrent par trop de leur hit. Ils se reforment occasionnellement pour des soirées nostalgie.
1967 – Monja
Une assez sympathique face B en anglais, assez rock.
1968 – Addio Margaretha. La face B du second single qui se détache mieux de la copie presque note pour note leur hit figurant sur la face A.
Johnny & The Hurricanes. Le légendaire groupe de la fin des fifties, mené par Johnny Paris recentra une partie de sa carrière en Allemagne au début des sixties. Il est reçu comme un roi car il a sa légende déjà bien construite. Evidemment le Star-Club l’accueille, avec en première partie de son premier concert quelque chose qui ressemble fort aux Beatles. S’étant passablement fait gruger au niveau des droits d’auteur, les producteurs s’attribuent tous ses arrangements, il fonde sa propre maison de production Atila records. Naviguant entre l’Allemagne et les USA, il garde une popularité pratiquement intacte et devient surtout le seul membre du groupe original. D’après ses dires, plus de 300 musiciens sont passés dans le groupe. Du groupe original, le seul survivant, Paul Tesluk, est décédé en 2022. Lui-même décéda en 2006 aux USA des suites d’une opération. Une des plus importantes publication sur son label fut un album enregistré au Star-Club et publié en 1965. Il s’est mis dans l’air du temps, on y retrouve des reprises des Beatles, des Kinks, Tommy Tucker, à côté de quelques uns des ses succès. Pendant longtemps cet album est resté presque introuvable jusqu’à sa réédition en 1980. Je n’ai malheureusement trouvé aucun titre extrait de cet album sur Youtube, mais en lieu et place je vous propose quelques clips en vrai live enregistrés en Allemagne. En ouverture, je vous propose un enregistrement peu connu de 1964 « Saga Of The Beatles » sur son label Atila, dans lequel il affirme son admiration pour les Beatles.