Les Zombies – Toujours en vie!

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Quand on goûte un plat pour la première fois, on peut trouver cela bon ou mauvais. S’il nous paraît bon, force est qu’on va continuer à le manger, des dizaines de fois, des centaines de fois. A la longue, on va trouver que celui que l’on a mangé ici est meilleur que celui que l’on a mangé.

En musique c’est un peu la même chose, pour autant que l’on aie des points de comparaison entre un grand nombre d’artistes, on va plus apprécier un artiste pour un titre, plusieurs, l’entier ou presque de leur discographie. A travers ma collection de disques,plutôt abondante, j’en arrive au même résultat. Il y a des artistes qui se détachent du lot, qui font partie de ceux qui reviennent constamment, qui ne sombrent jamais dans l’oubli. Dans ceux qui font partie de la « British Invasion », terme générique employé par les spécialistes pour désigner les artistes anglais qui partirent à la conquête du monde avec leur musique dans les années 60, il y en a une dizaine qui furent des géants. Les Zombies en font assurément partie

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En 1963, une bande de collégiens entre 18 et 20 ans tournent avec un groupe qu’ils appellent the Zombies. Il sont composés de Colin Blunstone, chanteur; Rod Argent, claviers; Paul Atkinson, guitare; Chris White, basse; Hugh Grundy, batterie. Vainqueurs d’un crochet amateur, il gagnent le droit de pénétrer dans les studios Decca à Londres, pour enregistrer un disque. L’idée de Rod Argent est d’enregistrer une reprise du classique « Summertime », chanson qu’il adore. Sur les conseils de la production, ils enregistrent une composition de Rod, « She’s Not There ». Le disque se comporte honorablement en Angleterre où il se classe 12ème. La publication du simple aux USA entraîne un vent de folie et il se classe 1er au Cashbox et second au Billboard. Ils débarquent sur le continent américain où ils deviennent des stars d’un jour à l’autre. Ce hit devient un des plus grands classiques des sixties. Le second simple, une composition de Chris White « Leave Me Be » passe plus inaperçu. Le troisième « Tell Her No » les ramènent dans le top ten US. La suite est plus hasardeuse, les titres suivants, bien que acclamés par le critique qui pour une fois ne se trompe pas, ne rencontrent pas de gros succès. Un premier album « Begin Here » passe assez inaperçu. Un simple destiné au marché US « I Want You Back Again » devient contre toute attente un hit en France, 3ème dans le hit parade de SLC. Le cinéaste Otto Preminger les contacte pour apparaître dans le film « Bunny Lake A Disparu », dans lequel ils interprètent deux titres dont le fameux « Just Out Of Reach ». Cela n’influence pas le cours du succès. En 1967, lassés par le peu d’enthousiasme de Decca pour relancer leur carrière, ils quittent et signent avec CBS. Un liberté totale de création, compensée par un manque quasi total de soutien financier, leur permet de mettre en route des séances de studio qui aboutiront à la parution de l’album « Odessey And Oracle. C’est un chef d’œuvre incontestable, une création qui rivalise sans peine avec les meilleurs moments discographiques de cette époque et fait même de l’ombre au fameux « Sgt Pepper » des Beatles. Faisant la part entre un psychédélique à la sauce anglaise et des morceaux plus intimistes, il est tardivement mis sur le marché alors que le groupe est officiellement séparé. Des simples en sont extraits et passent inaperçus. Mais au début 1969, l’un d’eux, « Time Of The Season », commence à monter dans les charts US et rate de peu la première place. L’intérêt pour les Zombies est complètement relancé, mais le groupe n’existe plus et ne se reforme pas. Rod Argent a mis au point une nouvelle formation, Argent, qui connaîtra quelques succès. Colin Blunstone fera aussi une carrière assez honorable, il profite de ce regain de succès pour enregistrer une version pop de « She’s Not There ». Le titre se classera dans les charts anglais. Chris White sera un homme de studios et il semble avoir contribué à l’avènement de Dire Straits. Paul Atkinson devenu manager aura Abba dans ses mains. A la fin des années 80, une reformation sans Rod Argent, qui participe quand même, leur permet de publier un nouvel album « New World ». Depuis quelques années, Argent et Blunstone ont repris le nom du groupe et continuent à tourner sous ce nom et enregistrer de nouveaux titres. Ils ont donné un concert en hommage à Paul Atkinson décédé en 2004 aux USA.
Avec le recul, la carrière des Zombies doit être considérée comme celle d’un groupe exceptionnel, l’un des meilleurs des sixties. Le succès assez facile des débuts ne doit pas faire oublier qu’ils n’ont jamais sombré dans la facilité. Certains de leur titres, peu abordables lors d’une première écoute, révèlent tout le bonheur de leurs visions musicales. C’est comme un jeu de mots dont on ne saisit pas tout de suite la subtilité, mais qui nous fait mourir de rire lorsque l’on en a compris le sens. A redécouvrir d’urgence.

18 122513-2A St Albans on oublie pas les Zombies

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Les quatre membres originaux  restants lors de la  réunion pour l’inauguration de la plaque commémorative

Colin Blunstone (à gauche); Rod Argent (3ème); Hugh Grundy (6ème); Chris White (7ème)

Curiosités françaises

Adaptations françaises du répertoire des Zombies

Le recordman est Noël Deschamps, il en a repris cinq

Te voila – She’s Not There

Souviens toi que moi je t’aime – I Remember When I Loved Her (superbe version, surclasse même l’original)

Je l’attends – The Way I Feel Inside

La vie est un combat – I Want You Back Again (le hit français des Zombies)

L’inflexible – Is This The Dream

Les autres:

Franck Alamo – Dis-lui non – Tell Her No

Gillian Hills – Rentre sans moi – Leave Me Be

Les Bel Canto – Les Filles D’Eve – She’s Not There (Canada)

Les Del-Hir – On m’a souvent parlé d’elles – She’s Not There  (Canada)

Pussy Cat – Te voila – She’s Not There (reprise de la version de Noël Deschamps)

Discographie française années 60

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Dans l’ordre chronologique les publications françaises des années 60. Ce sont toutes des pièces assez difficiles à trouver, le premier étant, à mon avis, le plus courant. Assez bizarrement, le hit français n’a pas eu vraiment de suite officielle, sinon le EP du film « Bunny Lake A Disparu » sur RCA, mais qui fut toutefois sorti en 2 titres par Decca. C’est plus à considérer comme une musique de film, c’en est une, que comme un disque des Zombies. Par contre, je me souviens d’avoir entendu à Salut les Copains, « Going Out On My Head », qui ne semble jamais avoir été publié en pressage français. Il manque en illustration, le simple avec « Imagine The Swan », publication postérieure à « Time Of The Season » pour profiter du succès retentissant et inattendu de « Time Of The Season ». Ce n’est que partiellement enregistré par les membres originaux.

Aperçu musical

L’immortel

Le second hit

Le tube inattendu de 1969

Superbe titre

Le hit français, aux relents jazz, 3ème à Salut les Copains en 1966

Un titre fabuleux

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Sorti en 1965 en Angleterre dans une indifférence presque générale, il a le mérite d’exister. Magnifié par un pochette dont Decca avait le secret, c’est un album très recherché, un panachage des possibilités éclectiques du groupe. Bien plus rare que son pendant américain, il est souvent proposé dans sa réédition sur Ebay, souvent de manière trompeuse par le vendeur. L’édition originale a obligatoirement le label rouge, lettrage argent comme illustré ci-dessus. De plus l’édition originale a le numéro de catalogue LK 4679, écrit en petits caractères en haut à gauche.

Ecouter sur YouTube, l’intégrale de l’album

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Le second et fantastique album, hyper rare dans sa version originale anglaise.

Ecouter sur YouTube, l’intégrale de l’album et quelques bonus

Deux documents rares pour la tv française, le premier est un titre qui n’existe pas dans la discographie


One hit wonder – Un petit 45 tours et puis s’en vont

Sous cette appellation les Anglo-Saxons désignent des artistes dont la célébrité ne repose que sur un seul véritable succès. Si certains arrivent à vivre sur cette réputation et entrer dans la légende pour une certaine mesure, d’autres disparaissent complètement. Ce sont en général ces chansons qui hantent les circuits nostalgiques et dont les nostalgiques ne veulent se rappeler que celles-là. Un grand nombre de personnes seraient bien incapables de citer un autre titre de l’artiste en question. Pour ma part je trouve cela extrêmement regrettable, car si je n’avais pas été plus curieux, j’aurais loupé de sacré trucs.
Voici une série de ces tubes d’un instant dont quelques uns, s’il vous est impossible de les situer d’après le titre et l’artiste, vous rappelleront sans doute quelque chose. Dans tous les cas, ces titres ne sont que les succès d’un instant pour les artistes qui les enregistrèrent. Ils ravagèrent les année soixante. En avant la nostalgie…
Dans l’ordre j’indique l’année, l’artiste, le titre de la chanson, le nom de la version française si j’en connais une, car certains de ces hits furent également des succès en France.

1) 1958 – Jody Reynolds – Endless Sleep. Un gros succès de l’année par un artiste resté obscur.

2) 1960 – The String-A-Longs – Wheels (Auprès de ma blonde – Marcel Amont). Le manager de Buddy Holly composa ce truc après sa mort, interprété par un groupe qui fut autant populaire que cette popularité fut courte.

3) 1960 – The Brothers Four Greenfields (Verte campagne – Les Compagnons de la Chanson – Henri Salvador et d’autres). L’un des plus gros hits de l’année. Quatre jeunes qui ont la passion du folk enregistrent cette incontournable mélodie, leur seul succès, mais ils existent encore aujourd’hui.

4) 1962 – The Duprees – You Belong To Me. Très inspiré du style doo woop, ce quatuor vocal imposa un des derniers trucs à succès dans le genre, juste avant que les Beatles arrivent.

5) 1963 – The Ran-Dells – The Martian Hop (Le martien -Henri Salvador). Disque un peu humoristique, qui ne fit pas rire très longtemps.

6) 1963 – Little Peggy March – I Will Follow Him (Chariot – Petula Clark) En reprenant ce titre de Petula Clark et non le contraire, Elle connut un bon succès. Un des quelques cas d’une chanson française qui connaît un succès international.

7) 1963 – Soeur Sourire – Dominique. Cette Belge et authentique religieuse connut aux USA un incroyable succès qui sera 3 semaines no 1 au Cashbox. Depuis plus rien sinon son suicide bien des années plus tard.

8 1963 – The Exciters – Tell Him (Dis-lui – Claude François). Excellent groupe noir américain, mais surtout connu pou ce titre là. Ironie du sort un de leurs titres « Do Wah Diddy Diddy » connut un immense succès par Manfred Mann, un année plus tard.

9) 1963 – The Surfaris – Wipe Out. Le surf devient populaire, ici dans sa version instrumentale, un classique.

10) 1964 – Millie – My Boy Lollipop. (C’est toi mon idole – Agnès Loti). Un fond de reggae pour cette petite Jamaicaine. L’une des premières incursions de cette musique dans les succès.

11) 1964 – Lorne Greene – Ringo (Chanté en français par lui-même). Un des héros de la série Bonanza. Un belle voix pour ce succès de western version disque.

12) 1965 – Barry Mc Guire – Eve Of Destruction (Ce monde absurde Claude François). Un des plus beaux exemplaires du débuts des mouvements contestataires aux USA. Devenu un hymne.

13) 1965 – Unit Four + Two – Concrete And Clay (Comment fait-elle – Richard Anthony). De la musique latino. Un gros hit sans aucun lendemain.

14) 1966 – Question Mark And The Mysterians – 96 Tears. Une belle rengaine qui tourna dans tous les jukeboxes. Sans lendemain, mais inoubliable.

15) 1966 – Bobby Hebb – Sunny (Sunny – Richard Anthony). Joli, mais si la chanson est restée, qui se souvient encore de son nom?

16) 1966 – Count Five – Psychotic Raction. Du garage punk dans un des ces titres qui exploraient l’âme humaine et ses comportements. Encore une référence dans le répertoire de nombreux artistes aujourd’hui, les Cramps s’y sont frottés eux aussi.

17) 1967 – Billy Stewart – Summertime. Chanson incontournable, dans une version qui ne manque pas d’originalité.

18) 1968 – The Left Banke – Walk Away Renee. Merveilleux groupe qui souffrit que les Four Tops mettent ce titre à leur répertoire.

19) 1969 – Norman Greenbaum – Spirit In The Sky. Un gros hit plaisant mais sans lendemain.

20)1969 – Fifth Dimension – Acquarius/Let The Sunshine In (Laisse entrer le soleil – Julien Clerc pour le deuxième titre). La musique de « Hair » exploitée pas de nombreux artistes, rapporta gros à ce groupe qui en fit sans doute l’une des plus belles interprétations. On a de la peine à se rappeler d’un autre de leurs titres.

The Surfaris quelques années plus tard

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