Cisco Houston – Le folk des espaces et de la liberté

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Cisco Houston (1918-1961) est un des grands interprètes du folk américain. Moins connu que son ami Woody Guthrie, une des plus grandes influences de ce style de musique, il n’a rien d’un chanteur de seconde zone. Son talent, ses interprétations, son héritage parle pour lui. C’est le type même du cowboy avec son troupeau de vaches ou du vagabond qui sillonne les routes. Il suffit d’un banjo ou d’une guitare et tout finira par des chansons, souvent appelée «  »Blue Grass », par les musiciens. Elles parlent surtout de liberté, de routes poussiéreuses, d’endroits charmants ou sinistres, de la vie avare ou généreuse en bons moments. Cris ou chuchotements, ils sont jetés vers les vastes plaines du sud ou résonnent en écho contre les parois des montagnes du nord.
C’est durant son enfance qu’il apprend à jouer de la guitare et à chanter perpétuant les habitudes familiales. Il souffre d’une maladie oculaire qui le rendra presque aveugle à la fin de sa vie. Il parcourt plus tard l’ouest américain, enrichissant son répertoire de nombreuses chansons entendues ici et là. Il a l’occasion de jouer avec les légendaires Leadbelly et Brownie Mc Ghee. Juste avant la guerre, il rencontre le fameux Woody Guthrie et deviendra un proche ami. Ensemble il font la promotion du syndicalisme auprès des travailleurs sur les chantiers et ailleurs. Patriote malgré tout, il s’engage dans les marines et survit à trois torpillages. Toujours en tandem avec Guthrie, ils se produisent et chantent occasionnellement. Vers la fin de la guerre, il reprend vraiment ses activités de chanteur et rejoint les Almanc Singers dans lesquels on retrouve Pete Seeger et bein sûr Guthrie. Il commence réellement à enregistrer sur le nouveau label de son ami Moses Asch, Folkways, vers la fin de la décennie. A partir de là, il accède au rang de vedette, nombreux concerts, radio, tournées. Encore relativement jeune, il meurt d’un cancer de l’estomac en 1961.
La contribution de Houston à l’avènement du folk américain est très importante, pas tellement par le nombre d’enregistrement légués, sa discographie est relativement modeste, mais par la qualité et l’authenticité. Son répertoire est essentiellement traditionnel, les grands thèmes de la vie sont abordés, comme ils peuvent l’être quand on vit là-bas, pays sans rois et châteaux conquis par les aventuriers obscurs, plus que par les grandes batailles.
Cisco Houston et Woody Guthrie sont aussi, à part un répertoire musical parfois commun et pour une part, les pères de la chanson contestataire. Ils furent surtout bien plus engagés politiquement dans le terrain que derrière un micro, comme un peu trop de leurs successeurs le feront par la suite. Ils sont maintenant des légendes et écouter leurs chansons, nous donne envie d’aller découvrir une Amérique bien différente, celle des « Pastures Of Plenty » (les pâturages d’abondance), l’une de ses chansons.

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Yole – Chants Et Musiques De Vendée

yoleLa passion du folk est assez liée à la tradition de l’endroit où l’on vit, ceci est très fréquent chez les artistes et dans une moindre mesure chez ceux qui les écoutent. Il y a des dizaines de milliers de chansons qui ont parcouru les campagnes de France et de Navare. Un grand nombre dort dans les archives des provinces, d’autres sont restées dans la mémoire des troubadours modernes qui les interprètent encore ou les exhument pour le plaisir de les faire découvrir à un plus vaste public. La plupart de ces chansons ressassent les éternelles histoire de la pucelle qui rencontre l’amour, du seigneur altier qui va à la chasse, du verre que l’on boit et qui rend gai, de la pluie, du vent, des saisons. Il y en a même qui bouffent du curé. On redécouvre aussi, les vieux instruments un peu oubliés, la vielle, le dulcimer, les instruments à vent, les instruments encore populaires, comme le violon ou l’accordéon, employés dans un autre usage que celui de la salle de bal.
Le groupe Yole, aussi excellent tant vocalement qu’instrumentalement, respecte une certaine tradition. Pas trop de modernisme dans ses interprétations. Leur musique se veut une révision du folk de la Vendée, région ou l’on sent encore la présence de l’inspiration celtique, mélangée à celle d’un apport plus sudiste, plus latine. Les thèmes en sont courants, les filles, le vin, le mariage. Que du bonheur et du plaisir en les écoutant tout en retournant vers un temps ou les troubadours étaient les porteurs de la bonne et belle chanson. Merci pour cette initiative et ce goût de terroir. A la joie de vous écouter au long des nuits calmes et sereines.

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Alan Stivell – Renaissance de la Celtie

Une fois passée la magie des sixties, il restait à créer musicalement quelque chose pour traverser la décennie suivante. Bizarrement si les mouvements contestataires marquent un pas en avant dans la pensée existentialiste, le mouvement se fera en partie en marche arrière en redécouvrant des valeurs plus traditionnelles. Musicalement de nouvelles tendances voient le jour ou s’affirment, le hard rock, le punk et le disco, la new wave. Le folklore traditionnel toujours omni-présent à travers une tendance variété et quelques chansons à succès comme « Tom Dooley », « Le Pénitencier », « Santiano », va devenir une musique de spécialistes. Des centaines d’ensembles, de chanteurs, de chanteuses s’engouffreront dans le mouvement, tantôt traditionaliste, tantôt progressiste en prenant de l’ampleur, au point que le festival folk deviendra une institution au même titre que le festival de jazz, de rock, de pop. Le folk est jusque-là essentiellement américain avec les mélanges qu’il a pu subir à travers les ethnies qui vivent plus ou moins en communauté. S’il fallait choisir quelques noms parmi les pionniers qui ont eu une influence, on peut nommer Leadbelly, Woody Guthrie, Cisco Houston, Pete Seeger. Le autres, bien qu’assez populaires sont des suiveurs, Joan Baez, Bob Dylan, qui ne deviendra que très populaire en électrifiant sa musique. Le mouvement qui va éclore en Europe est beaucoup plus local. Pour la France, le charmes des vieilles chansons, celles des troubadours, deviendra une phénomène quasiment de mode. On se s’étonne pas trop de retrouver dans les répertoires des chansons que l’on chantait à l’école. Mais ce qui va prendre le plus d’importance dans le folk, c’est celui d’obédience celtique, via la Bretagne.
Les artistes français que l’on peut ranger dans une tradition folk au tournant des seventies sont Hugues Aufray, sans oublier Marie Laforêt que l’on peut assimiler à un genre de Joan Baez française. Il y en a d’autres, moins connus et assez marginalisés. Celui qui va faire bouger les choses et créer une sorte de redécouverte du folk celtique est Alan Stivell.
Il est né en 1944. Il apprend le piano très jeune, mais grâce à son père il va redécouvrir un instrument oublié, la harpe celtique. Cette dernière est assez différente de sa copine classique, elle est plus petite et le son plus cristallin. Il en devient carrément un virtuose, il donne son premier concert en 1953 et enregistre son premier disque en 1959. Si le chemin est encore long avant la venue du succès, il développe en attendant sa passion pour ses racines, en apprenant le breton, la cornemuse, la bombarde. C’est en 1970, que paraît l’album « Reflets » qui va faire de lui le troubadour de la Bretagne moderne. Il pose une musique qui au fil des ans mélangera la tradition et le moderne et surtout la portera sur tous les continents. En 1971 son album « Renaissance De La Harpe Celtique » achèvera de le rendre populaire, tant l’instrument que la musique. Il entrainera dans sa suite de nombreux artistes qui se recommanderont de la musique celtique, Tri Yann, An Triskell, Dir Ha Tan et des tas d’autres…
Depuis il n’arrête pas et même si la concurrence anglaise est très forte dans ce style, il en est incontestablement une figure de proue et bien à l’origine de la popularité de cette musique.

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