Une bonne question posée par un visiteur me donne l »occasion de rappeler certains trucs qui peuvent servir de repère quand on hésite entre un collant ou un bas sur la jambe d’une dame. J’en ai déjà abondamment parlé dans ce blog, mais il est vrai que les articles se perdent un peu dans les blogs au fur et à mesure de la parution de nouveaux articles.
Cet article peut se lire dans les deux sens. Il donne des astuces pour savoir si une dame porte des bas et à l’inverse, il peut servir aux dames pour se protéger de certains regards trop insistants quand elle ne désirent pas partager ce qui se cache sous sa robe. C’est son secret et tout gentleman doit respecter son désir.
La question
Ha! Sur cette dernière image… Je sais que sur ce Blog j’ai affaire à spécialise expérimenté et reconnu de tout ce qui touche aux bas. Aussi tu peux sans doute répondre à ma question : Lorsque l’on voit cette couture verticale, peut-on affirmer avec certitude qu’il s’agit de bas et non de collants? Forcément à jarretelles? J’ai croisé une jeune dame dans la rue l’autre samedi et je me suis posé la question. Merci de ton expertise!! : )
Mise en garde indispensable
Merci pour le spécialiste expérimenté et reconnu de tous, j’espère être à la hauteur de cette réputation. Commençons par rappeler un grand principe. Un fétichiste ou un simple curieux admiratif peut se sentir attiré par le fait de savoir qu’une dame porte des bas. Si vous avez cette certitude, n’imaginez jamais que c’est une invitation à la drague. Dans le moins mauvais des cas, vous risquez de vous prendre une baffe. N’importe qu’elle dame est libre ou non de porter des bas. Si elle le fait, cela peut être par simple goût personnel, élégance, et d’autres raisons connues d’elle seule. Le meilleur moyen de la faire renoncer à en porter définitivement c’est de l’importuner d’une manière ou d’une autre, surtout en prononçant le mot bas ou jarretelle. L’art de la contemplation muette est le moyen le plus élégant d’agir. Même la dame pourra y trouver un certain plaisir, si elle devine pourquoi votre regard s’attarde sur elle, à condition de rester dans votre coin. Dans certains cas, presque aussi rares que la probabilité qu’un ovni se pose dans votre jardin, le dame peut-être sensible à votre charme et le manifester. Ne rêvez pas trop, la dame que vous rencontrez dans la rue ou dans les couloirs du métro, croise votre chemin pour d’autres raisons que l’envie de vous montrer sa collection de cuillères en argent. Je sais aussi par expérience qu’une bonne partie des dames ou demoiselles qui portent des bas de manière régulière, appartiennent plutôt à la catégorie des intellectuelles ou du moins d’un très bon niveau culturel. Elles ont très souvent une profession très qualifiée et des compagnons ou maris en rapport. Dans l’art de la drague en bas nylon, il faut éviter la conversation qui porte sur la victoire du FC Chose qui a battu par 3 à 2 le FC Machin, truc bien masculin. Je n’ai jamais eu une compagne qui avait un intérêt quelconque pour le football, ça tombait bien moi non plus.
Ce rappel, toujours pour moi essentiel et nécessaire, venons en à la question.
Sur la photo ci-dessus, mon visiteur se demande si la dame porte des bas ou des collants. Alors stockings or thights, that is the question! Vous pensez bien que je n’allais pas mettre des photos de jambes en collants pour illustrer un bas avec une couture. Je ne voudrais être accusé comme un faussaire qui aurait remplacé un Picasso par une copie. Cependant la question du visiteur est bien légitime, il reconnaît son hésitation en me posant la question, il mérite donc réponse.
La première affirmation qui n’aidera pas à y voire clair, parce que je le savais. J’ai pris la photo de cette dame qui n’est pas réputée pour porter des collants, je savais donc qu’il s’agissait de bas. Si j’avais rencontré cette dame dans la rue, voici les points qui m’auraient permis d’affirmer qu’il s’agissait bien de bas.
Pour cela agrandissons la photo
Ce n’est pas trop visible sur la première photo, beaucoup plus dans la réalité et sur celle dessous, de chaque côté de la couture, vous pouvez remarquer des petits pointillés. Comme il s’agit d’authentiques bas vintage à couture dit « fully fashionned », il est fabriqué selon la méthode dite de la diminution. Les bas vintage avaient la particularité de respecter grosso-modo la silhouette de la jambe, qui est rarement de largeur égale de la cuisse au talon. Comme ils étaient fabriqués en nylon non extensible, un bas en « tuyau de poêle » aurait été été très difficile à enfiler avec de grandes chances de se rompre. Ces pointillés sont le fait de la fabrication du bas pour un façonnage correct.
Si on regarde le talon, ici un talon dit cubain en opposition au talon français qui se termine en pointe au sommet, le renforcement et la couture du bas sont indépendants. Sur certains bas modernes ou collants, la couture et le talon sont dessinés en illusion, ils sont en quelque sorte peints. Si d’aventure vous pouviez mettre la main sur la couture, vous remarqueriez ou plutôt sentirez qu’elle est en relief sur la bas vintage, il s’agit d’une vrai couture et non d’un artifice pour donner l’illusion.
Autre détail qui peut-être révélateur, le bas vintage peut former certains petits plis, au niveau de la cheville plus particulièrement. La raison en est que le bas dans sa forme n’épouse par complètement la silhouette de la jambe par rapport au squelette du bas. Cela peut parfois aussi se produire, mais plus rarement, avec des collants. C’est un signe qui peut donner une indication quand on n’a pas d’autres points de repère.
Dans le cas présent, je peux affirmer à notre visiteur qu’il s’agit bien de bas et non de collants, s’il m’avait posé la question en croisant cette dame dans la rue. Soulignons que ce bas est le must en la matière, celui qui magnifie le mieux la jambe. C’est aussi le plus cher et le plus difficile à porter, c’est, je dirais, une affaire de gastronomes. Une femme qui en porte devient élégante dans la plus belle acceptation du terme quand il s’agit de ses jambes.
Si c’était toujours ainsi, comme avant les années 60 ou avant, où l’on ne se posait pas ce genre de questions, ce serait facile pour n’importe qui de faire la différence. Mais ce n’est plus le cas maintenant, les bas ne sont plus fabriqués de la même manière et parfois se différencient peu des collants quand on ne le sait pas ou que la vision s’arrête en bas de la robe ou la jupe. On entre dans un domaine qui est plus l’affaire de « spécialistes » ou de connaisseurs. Il existe malgré tout certains petits trucs pour avoir une idée plus précise.
La première raison est qu’on le sait, c’est con mais c’est comme ça. La dame a révélé, volontairement ou non, qu’elle portait des bas. Dans tous les autres cas, il faut deviner ou user de ruses pour le savoir. Comme je le disais l’apparence d’un bas est bien différente quand il s’agit d’une version moderne et non vintage. Voici quelques tendances sur l’art moderne de fabriquer les bas.
Il a un air vintage, il a une couture, mais elle est le plus souvent en trompe l’oeil, le revers du bas n’a pas le keyhole ou trou de serrure en haut. Il sont fabriqués en nylon non extensible ou à l’opposé en version strech. En général, ce sont des bas dont le prix est nettement plus abordable par rapport à du vrai vintage.
Ci dessous, une version vintage moderne, mais sans couture dit « reinforced heels tools » talon renforcé, mais diminué à l’ancienne
Certaines maisons que l’on peut que recommander, comme Cervin en France, fabriquent une grande diversités de bas pour tous les goûts et toutes les bourses. Cela va de l’authentique vintage à des versions plus modernes qui respectent une certaine tradition, comme la diminution du bas, tout en se permettant certaines fantaisies comme des coutures en couleurs ou des bas arborant des couleurs un peu inhabituelles, rouge, jaune, bleu, il y en a pour toutes les envies. L’empiècement du talon peut aussi montrer une apparence qui n’est plus tout à fait traditionnelle. Il n’en reste pas moins que ce sont de véritables bas qui satisferont tous les inconditionnels.
Le grand problème reste que la différence entre le collant et le bas n’est pas perceptible du premier coup d’oeil. On peut savoir parce que l’on connait telle ou telle marque de bas et certains modèles fabriqués par ces dernières, qu’il s’agit bien de bas. A part ce que j’ai mentionné ci-dessus et pour le reste c’est un peu plus difficile. Quelques points essentiels qui peuvent s’observer selon les cas.
Trucs faciles
Les jarretelles sont visibles sous une jupe un peu serrée ou apparaissent épisodiquement quand la dame bouge.
En regardant en bas de la jupe, on peut apercevoir la lisière du bas. Quand une dame est assise, on plus de chances de faire la différence entre bas et collant.
Inconsciemment sans doute, certaines dames mettent la main sur leur jarretelles quand elles portent des bas, le plus souvent quand elles sont immobiles. Parfois elles tirent brièvement leurs bas à travers la jupe.
Quand des coutures sont visibles sur le bas, cette couture peut n’être pas parfaitement perpendiculaire au milieu de la jambe, être décalée sur le côté. C’est un problème qui peut se produire avec le bas qui tourne sur la jambe, plus spécialement s’il n’est pas tenu par trois jarretelles. Cela ne se produit pas avec un collant, s’il est enfilé correctement. Cela est aussi un indice.
Trucs plus difficile
Si vous apercevez une personne habillée de manière visiblement rétro, qui a l’air se sortir d’un film des années 40, rock and roll années 50, il y a de bonnes chances pour qu’elle porte des bas. Encore faut-il savoir discerner ce qui est rétro ou pas. De même, pour la petite ou grande bourgeoise en apparence, vêtue avec recherche et élégance. On y rencontre plus souvent des amatrices de bas que dans les autres couches de la société, plus encore si ces dames ont un certain âge.
Je prétends qu’il est relativement facile pour un habitué de savoir si une femme porte des bas en l’étudiant dans sa gestuelle pendant un moment. Elle se comporte de manière différente, sa démarche est autre, moins convenue. Elle fait attention quand elle s’assied, rabat au maximum sa jupe vers le genoux, ne croise pas volontiers les jambes. Elle porte des talons dans 99 % des cas.
Je dirais aussi, mais c’est très personnel, il y en a qui ont un air à et d’autres pas. Lesquelles? Ben ça, c’est à vous de le trouver!
Une histoire qui a rejailli dans mes souvenirs d’une manière tout à fait inattendue. Je ne sais trop pourquoi elle avait disparue du côté de la fosse aux oubliettes. En fait, c’est grâce au commentaire de mon fidèle visiteur, Daniel, que je me suis dit comme le célèbre commissaire Bourrel: « Bon sang, mais c’est bien sûr ».
C’est presque inexcusable de ma part, car elle se produit en pleine période de disette pour les admirateurs de bas, dans la première partie des années 80. De plus, il m’a fallu certaines circonstances assez spéciales pour que cela arrive. Ce n’était pas juste une simple rencontre dans la rue. Je peux même en citer l’époque précise, car au moment des faits, voyez je parle comme Bourrel, on parlait de la guerre des Malouines dans les infos à la radio. Bon, la guerre des Malouines, j’en avais rien à cirer, d’autant plus que je ne travaille pas dans l’embellissement des parquets. Ah oui tiens le Parquet, nous voilà encore dans les idées justice et police, décidément ce Bourrel, y m’lâche pas. Le déroulement de cette histoire est un peu due au hasard, surtout la manière qui m’amena dans les lieux où elle se produisit. Je dois à un copain bricoleur la suite des événements. Ce copain avait monté sa petite entreprise, genre bricolage et dépannages en tous genres. Ses affaires allaient plutôt bien. Un soir il me téléphone, me sachant en vacances, si je ne voulais pas lui donner un coup de main le lendemain.
– On va où et on fait quoi?
– Chez la belle M… à X… elle a des problèmes avec sa piscine
Connais pas la dame, le bled oui, les piscines et leur entretien pas tellement. Je ne suis pas tellement bricoleur. J’arrive à planter un clou avec un marteau en me tapant sur le doigts seulement une fois sur trois, alors les piscines. Comme je pense que s’il fait appel à moi, c’est qu’il estime que je suis capable de remplir ma mission, peut-être a-t-il besoin de quelqu’un pour aller chercher des bières, alors je dis oui. Nous nous retrouvons le lendemain matin et il me met au courant lors du trajet, c’est là que l’on parle de la guerre des Malouines à la radio. Nous allons chez la belle M, il l’appelle ainsi parce que c’est vrai. C’est la femme d’un industriel en vue qui a une entreprise avec 250 employés. Il me plante un peu le topo de ce couple. Il dirige l’entreprise avec sa femme. Ils ont un peu la réputation d’avoir transposé dans le village l’ambiance de « Germinal » de Zola. Etant une des seules sources d’emploi dans le village où ils sévissent, ils font un peu la pluie et le beau temps. Notre travail consistera à réparer le store qui recouvre la piscine intérieure et déboucher une baignoire qui ne digère plus très bien l’eau qu’on voudrait lui faire avaler. Il faudra que l’on s’arrête à l’usine pour prendre la clef.
Nous arrivons à l’usine, et par curiosité, je le suis à l’intérieur. Il s’enquiert de la dame M, coup de fil, et la voilà qui s’amène. C’est vrai qu’elle est plutôt bien roulée. Si elle n’avait pas fait une carrière de directrice adjointe, elle aurait pu sans trop de problèmes travailler chez Chanel. Tailleur, jambes en nylon, cheveux blonds tombant sur les épaules, on appellerait pas police secours si elle avait l’intention de nous violer. Le premier effet passé, j’actionne ma machine à détecter les caractères et elle clignote sur la case emmerdeuse. Malgré tout, elle accueille mon copain avec une certaine jovialité, elle semble satisfaite de ses services passés. Il me présente et me gratifie d’un bref bonjour. Après un ou deux recommandations plus techniques que sécuritaires, nous filons sur les lieux du crime, Bourrel dixit.
La maison est assez cossue, pas vraiment une villa de gens . Elle est perchée sur une petite colline un peu en dehors du village, entourée de murs assez décoratifs. Le portail est ouvert et nous parquons la bagnole dans la cour. A l’intérieur, c’est un ravissement et extrêmement bien décoré, avec des bibelots qui ne doivent pas venir de chez Ikea. Devant le salon, une baie vitrée laisse voir une piscine intérieure de dimensions très acceptables pour accueillir une bonne dizaine de nageurs en natation synchronisée, le truc de riche. Selon la saison, c’est bien sûr chauffable et l’on peut prendre un bain le 24 décembre à minuit sans risquer de s’enrhumer, bonjour les économies d’énergie. Le copain m’explique le boulot, le store qui recouvre automatiquement la piscine ne fonctionne plus, le moteur a probablement foiré. Il faut qu’on le déroule manuellement pour qu’il puisse intervenir sur la moteur plus facilement, c’est la qu’il faut que l’on soit deux. Pendant qu’il auscultera la machine, je devrai essayer de déboucher la baignoire, il va me monter comment. Je m’attendais à ce qu’il m’emmène dans le salle de bains, mais non, nous allons dans la chambre à coucher. Encore un truc de miséreux, la chambre à coucher est pourvue d’une baignoire surélevée dans les tons roses qui peut facilement accepter deux baigneurs sans qu’ils soient à l’étroit, sans toutefois avoir besoin d’un porte-voix pour la conversation. Le genre de gadget qui permet le bain sous toutes les formes de coquineries. J’imagine volontiers que les mouches doivent avoir le spectacle assuré certains soirs. Pour l’instant, c’est bouché et les propriétaires doivent bien espérer que cela fonctionnera ce soir. Le copain me laisse et j’ausculte la baignoire comme un toubib qui se trouverait devant une maladie qui le laisse perplexe sur le traitement à prescrire. En fait, ce n’est pas complètement bouché, mais l’eau s’écoule à raison d’un décilitre à la minute. D’après mon conseiller technique et chef du jour, le meilleur moyen est mettre un produit décapant et de laisser agir et voir ce que cela donne. J’attends que la baignoire soit à peu près vide et je verse un produit contenu dans un bidon avec une tête de mort, qu’il vaut mieux éviter de boire. Je mets et je laisse agir. Pendant ce temps, mon regard divague dans la pièce. Le lit est encore défait, la femme de ménage n’est pas encore engagée où n’est pas encore venue, c’est assez bordélique avec tout qui traîne un peu partout. C’est alors que je vois posé sur la commode quelque chose qui dépasse d’une pile d’habits posée en vrac, quelque chose qui ressemble à du nylon. Je m’approche et je constate que la belle enfile parfois des bas, car il y a un porte-jarretelles noir et des bas qui font joujou avec d’autres pièces de lingerie. Cela ne m’étonne pas vraiment, j’imaginais que le couple devait avoir un certain raffinement dans la galipette. Même un peu plus, car vous savez, ces petits rubans qui cachent les jarretelles, il en manquait deux. Le commissaire Bourrel en aurait déduit un tas de choses, moi j’ai juste souri en imaginant des scènes plutôt chaudes.
Sur le coup de midi, il est arrivé, seul. Je ne me faisais pas une image très exacte de lui. Pas un séducteur à vraiment parler, plutôt un type assez quelconque, ni beau, ni laid. Il avait même un léger défaut d’élocution. J’imagine que madame l’avait choisi pour des raisons qui doivent plus à une certaine idée de standing. Par contre, il est d’un abord beaucoup plus sympathique que sa dulcinée, il nous offre même de partager sa bouffe, ce sera à la bonne franquette, des pizzas congelées agrémentées d’un bon petit rosé. Il nous sert sur la terrasse, car il fait plutôt beau et la température est agréable. Il a l’air plutôt content de l’avance des travaux, la baignoire est débouchée et je le plaisante un peu sur sa fonctionnalité. En riant, il me dit que c’est une bonne mise en forme, sans préciser pourquoi. J’ai presque envie de lui demander, si sa femme se baignait avec lui en porte-jarretelles, mais je ne le fais pas.
C’est la première et la dernière fois que je le vis. Vous voulez savoir la suite? Alors, la voici. Quelques années plus tard, on l’a retrouvé mort dans une forêt. La commissaire Bourrel dépêché sur les lieux a conclu au suicide. Peut-être que sa belle ne voulait plus porter que des collants?