Disques sous la loupe
Des curiosités musicales diverses, des ambiances particulières, une démarche artistique originale. Des disques qui sont des collectors de plus ou moins grande valeur, mais qui en ont une artistiquement parlant. Les découvrir c’est partir à l’aventure.
Les folles années du Golf – France LP
Le Golf Drouot fut en France pour les yéyés, un peu ce que la Cavern fut à Liverpool pour les Beatles et autres Swinging Blue Jeans. En 1963, les disques Barclay décident de créer un sous-label avec le nom du club réservé en principe à des artistes s’étant produits sur sa scène. Bien entendu les grands noms qui fréquentèrent l’endroit et firent sa légende, Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Dany Logan n’y figurent pas, ils sont des vedettes en contrat avec d’autres compagnies discographiques.
En 1974, Mr Barclay se rappelle qu’il a dans ses tiroirs une quinzaine de 45 tours publiés entre 1963 et 1966. Il décide de sortir une compilation consacré à trois des artistes qui firent leurs armes sur le label, la première du genre. Le disque est assez international puisque les Aiglons viennent de Suisse, les Night Rockers de Belgique, seul Moustique est un authentique titi parisien. Les Aiglons furent de loin ceux qui eurent le plus de succès et les plus prolifiques puisque quatre de leurs disques figurent au catalogue. Le plus mémorable reste le fameux « Stalactite » un instrumental au son assez innovateur pour l’époque. Produit par Ken Lean, un autre Suisse, c’est le seul disque a être publié dans d’autres pays, la Belgique, le Japon, les USA sous le nom de Eagles. Ce titre est probablement la plus grosse vente du label. Le premier disque de Moustique connut aussi un assez bon succès. Ce fan de Little Richard et rocker dans l’âme n’a pas une discographie très originale, les deux disques chez Golf Drouot ne contiennent que des reprises. Celle de « My Way » d’Eddie Cochran devenu « Je Suis Comme Ca » reste sans doute son titre le plus connu. Son second disque connut moins de succès. Malgré sa brève carrière, il resta une légende en se produisant sur scène ici et là. Les Night Rockers sont assez intéressants, leur premier enregistrement de 1964 fait un peu la pige aux groupes français, ils marchent déjà sur les traces de groupes comme les Rolling Stones ou les Pretty Things. Le seul original du premier EP « I Just Wanna Get You » est un titre assez puissant, très rhythm and blues et déjà un peu garage punk. Le succès du disque reste modeste, il fallait quand même avoir l’oreille branchée pour acheter ce genre de truc.
Artiste : Artistes divers
Titre : Les Folles Années Du Golf Drouot
Genre : instrumental, beat, yéyé
Label : Barclay
No Catalogue : 920.450
Pays : France 1974
Meilleure enchère sur Ebay 33 euros
Note : Le disque ne contient que onze titres
Une perle de l’album
Les Aiglons – Stalactite
Il est vrai que ce son est innovateur en 1963…

Les Aiglons – T’en Va Pas

Les Night Rockers – I Can Tell

Les Night Rockers – I Just Wanna Get You

Moustique – Joy Joy Joy

Les Aiglons – Panorama

Les Aiglons – Expo 64

Les Night Rockers – Almost Grown

Les Night Rockers – A Shot Of Rythm And Blues

Moustique – Stagger Lee

Moustique – Je Suis Comme Ca
Hors album

Marijan – La Course Folle
Marijan, futur Michel Orso, avait enregistré une version vocale de « Stalactite » des Aiglons. Souvent ce genre d’exercice est inégal en qualité, mais ici c’est plutôt réussi.

Christophe – Ca Ne Fait Rien
Christopher fit ses débuts sur ce label. La disque passa plutôt inaperçu, mais le chanteur rebondira de belle manière un peu plus tard.

Qu’une chanson devienne un succès ou pas reste un mystère. Des tas de facteurs s’affrontent, la production, la promotion, la diffusion, l’air du temps, les goûts du public au moment de l’écoute, et même leur non publication en temps voulu. Autant de mystères insondables. En voici deux qui avaient un potentiel certain, mais qui devinrent ce que les spécialistes appellent des flops. Et pourtant, en les écoutant on se dit que c’est bien dommage.
Gerry And The Pacemakers – You You You (1964)
A Fair Set – Honey And Wine (1965)
Visites au musée du Boss
Au cours de ma vie je ne sais pas combien j’ai écouté de disques, probablement des millions. Dans ce musée il y a certains disques qui reviennent régulièrement, pas seulement pour un titre mais plusieurs. C’est assurément le cas pour les albums, mais aussi un autre support, le fameux EP qui présentait le plus souvent quatre titres. En France jusqu’en 1967-68, c’était le format le plus courant, d’autres pays dans une moindre mesure les publiaient aussi, mais le single deux titres était la référence. Ces fameuses publications françaises sont très demandées par les collectionneurs étrangers, car elles avaient l’avantage d’être présentées dans une pochette en carton avec fréquemment une photo de l’artiste. En revisitant ma collection, voici quelques unes de ces pépites qui m’enchantèrent pour deux, trois, quatre titres.
Manfred Mann / Instrumental Asylum – His Master’s Voice 7EG 8949, UK, publié en 1966, plus haut prix relevé sur un site de vente en ligne, 65 euros.
Still I’m Sad
My Generation
Satisfaction
I Got You Babe
Deux qui font partie de mes records d’écoute, mais qui sont d’une découverte plus tardive, bien qu’ils soient anciens. Il y a une bonne raison à cela, ils étaient le plus souvent inatteignables pour moi lors de leur publication, publiés sur d’obscurs labels, dans des pays géographiquement lointains de chez moi. La découverte viendra plus tard à travers les nombreuses compilations qui fleurirent au cours des années 80-90, au hasard d’un voyage ou d’une foire aux disques, sur les conseils d’un autre collectionneur. Quoiqu’il en soit, ils sont devenus des chansons phares pour moi, même si au compteur ils viennent ensuite.
Flat Earth Society – Dark Street Downtown
Los Shakers – Don’t Ask Me Love
Dans une future pièce du musée encore en construction, ces chansons y figureront probablement. Je ne les ai pas encore suffisamment écoutées, elles sont de découverte plus ou moins récente et ne font pas partie de mes 20 premières années d’écoutes, mais je suis sûr que je les écouterai encore dans dix ans.
Knobil – Pesto


