En passant

Dimanche en quelques manches d’été (3)

Deux musiques pour commencer Wipers

Y I Came (1993)

Back to the Basics (1993)

CHANSONS
MONUMENTS

Chansons qui ont un brin d’éternité

Encore une chanson qui devient un hit via la version de Ray Charles, qui muni de sa fine oreille alla fouiller les fonds de tiroirs. La chanson fut d’abord enregistrée en 1960 par Otis Williams, chanteur de r’n’b noir à ne pas confondre avec le membre des Temptations. La label King Records, qui est aussi celui de James Brown à l’époque, laisse la chanson dans les tiroirs. En 1961, c’est Ray Charles en fait un succès personnel et international via sa reprise. Il faudra quand même attendre 1964, pour que le label King décide enfin de publier la version que l’on peut dire originale, ce qui n’apporta pas grand chose de plus à sa carrière assez effacée. Le titre connut un fort regain d’intérêt vers 1987 via la reprise de Joe Cocker.

Première version enregistrée, Otis Williams (1960)

La reprise de Ray Charles (1961)

The Shanes – I Don’t Want Your Love (Suède 1965)

Frederic & The Rangers – All I Want (Allemagne 1967)

Agnès Loti – Tout Nouveau Tout Beau (France 1964)

Los Sirex – Cuanto Mas Lejos Estoy (Espagne 1965)

The Shakers – Break It All (Uruguay 1966)

Un peu d’amour dans un monde de brutes…

La musique c’est aussi ça…

Une chanson ancienne et quatre plus récentes qui parlent d’anges…

The Kingsmen – Death Of An Angel

Madonna – Angel

Aerosmith – Angel

Real Life – Send Me An Angel

Robbie Williams – Angels

J.T. Carter (1941 – 2025)

Il était le dernier survivant de la formation originale des Crests, formation de doo wop interraciale qui connut un grand succès en 1958-59 avec « Sixteen Candles », un no 2 US et disque d’or. Ils connurent d’autres succès plus mineurs.

Sixteen Candles

Bullitt

Step By Step, un clip de 1960

En passant

Voyage début de siècle (9)

Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.

Yellowstone

L’exploration continue, découverte d’une vie encore assez sauvage.
Nous remontons dans les voitures que nous avions abandonnées au bord du chemin, et continuons notre route à travers une forêt magnifique où mes yeux se délectent à la vue des animaux qui se promènent tranquillement sous les épais ombrages. Des troupeaux d’élans nous examinent de leurs grands yeux humides et confiants; de mignonnes petites bêtes à queue relevée en panache comme celle des écureuils, au pelage fauve strié de bandes noires — ce sont des tamias — traversent la route par bandes. Des marmottes, que notre vue ne met pas en fuite, se chauffent paisiblement sur des blocs de rochers. Que cette forêt non profanée par la main de l’homme a de charme en sa fraîcheur inculte et primitive! Les buissons et les arbres morts y ont formé des fouillis inextricables parmi les pins blancs, les sapins, les cèdres rouges, les platanes nains, les peupliers argentés et les saules, qui poussent spontanément et pêle-mêle.
Au sortir des bois la route longe les rivières Gibbon et Fire-hole. Les sites pittoresques se succèdent sans interruption; toutefois je fus heureuse d’arriver à l’hôtel de Fountain Geyser, dernière station de notre deuxième journée. Nous y trouvâmes des gîtes agréables. Point de serviteurs nègres mais de jeunes ladies américaines d’une serviabilité quelque peu protectrice.
Le dîner fini, nous nous acheminons du côté de la Fontaine, grand geyser qui nous fit le plaisir de s’élancer dans l’air en notre honneur. Les pots à couleur, que les Américains appellent aussi mud puffs, furent plus gracieux que la Fontaine; ce sont de petites buttes des cratères en miniature, qui déversent une boue rose, verte, jaune ou blanche. Ce limon a servi à crépir les murs de l’hôtel. Dans chacun de ces trous, la masse bourbeuse gargouille, bouillonne, siffle, lance des bulles, qui forment sur le sol comme une végétation fantastique. Au bout d’un instant, toutes ces formations bizarres, fleurs multicolores, têtes de serpents, retombent dans le cratère. Spectacle merveilleux et incompréhensible que l’on voudrait suivre pendant des heures!

Photo contemporaine

On peut imaginer que pour notre voyageuse, ce parc n’en finit pas de l’émerveiller. Il en va sans doute de même pour un Américain qui viendrait de Floride. D’un autre côté elle n’est pas trop dépaysée, le Wyoming est un état situé dans les montagnes, comme en Suisse, que l’on se retrouve ici ou là, elles ne sont jamais très loin ou visibles à l’horizon.
Le trajet du lendemain ne fut que de 14 kilomètres. Nous arrivâmes au bassin supérieur des geysers où, l’hôtel ayant brûlé, des tentes avaient été dressées pour héberger les touristes. C’est un superbe emplacement entouré de forêts, et plus riche encore en phénomènes que la contrée que nous venons de parcourir, 26 geysers et plus 400 sources chaudes y sont en activité. La terre ébranlée par de fréquentes secousses, frémit sous les pieds et résonne de coups sourds. La couche uniforme d’un gris argenté qui la recouvre est interrompue par les cônes blancs des geysers éteints et par de petites buttes où les sources chaudes s’épanchent. Pareils à des suaires, des nuages de vapeur se traînent au-dessus de ce paysage étrange; l’air est lourd, saturé d’émanations sulfureuses. Une belle ligne de collines boisées, s’étendant du sud-est au nord-est, encadre ce tableau prodigieux devant lequel, au premier moment, je me crus le jouet d’un mirage ou de quelque rêve fantastique. Du côté du sud, des conifères profilent leurs hautes silhouettes sur le ciel clair.

Dans la suite de son récit elle mentionne le geyser le plus célèbre du parc le Old Faithful (photo ci-dessus). Elle lui attribue un précision d’horloge pour ses éruptions, toutes les 63 minutes. Peut-être était-ce le cas lors de sa visite, mais aujourd’hui les éruptions varient entre 45 et 125 minutes, pour une durée de 1,5 à 5 minutes et d’une hauteur de 32 à 56 mètres.
Non loin des tentes se trouve un geyser bien connu et très populaire, le Vieux Fidèle (Old Faithful), qui doit son nom à la régularité avec laquelle il fonctionne. Toutes les 63 minutes, exactement, nuit et jour, se produit une éruption; je n’en observai pas moins de cinq. Son cratère, en forme de parallélogramme, couronne une butte d’environ quatre mètres de hauteur, formée par des dépôts calcaires; cette butte est formée par de petites vasques superposées, dont les parois ont, sous l’eau aussi pure que du cristal, des étincellements de pierres précieuses et sont bordées d’un collier de perles. L’éruption du Vieux Fidèle s’annonce par quelques jets de courte durée, mais très forts. Tout à coup la colonne d’eau bouillante jaillit à une hauteur de quarante mètres. Pendant trois minutes le geyser lance sa gerbe colossale, puis retombe tout d’une pièce dans son cratère apaisé.

A suivre

Sources : Wikipédia, B.N.F, DP