Cette chanson d’un abord facile fut écrite et chantée par Don Gibson chanteur de country et publiée en 1957. Parfois les producteurs font des gaffes, cette chanson fut rangée en face B de « Oh Lonesome Me », très occultée par le succès de ce titre (7ème USA), alors qu’elle aurait pu faire un digne successeur. Ray Charles ne s’y trompa pas en l’enregistrant pour son compte cinq ans plus tard. Elle devient un incontournable de son répertoire et la version définitive dans la mémoire collective. Il est vrai que la version originale peut sembler un peu pâle à côté de l’interprétation de Ray Charles. Il en existe plus de 400 reprises.
Version originale, Don Gibson (1957)
La reprise de Ray Charles (1962)
Dans le fatras de la production phonographique, il y a des millions de chansons dont seule une petite partie émerge des profondeurs. C’est un peu la même chose que l’iceberg dont vous voyez le sommet hors de l’eau. Même chez les artistes très connus, il y a les succès et la part qui reste plus ou moins dans l’ombre. D’autres artistes n’ont jamais accédé à la notoriété, mais parfois on trouve dans leur démarche, de très intéressantes petites pépites. Ils se peut aussi qu’elles furent des succès dans une autre partie du monde, mais restent plutôt inconnues chez nous. Elles ne demandent qu’à briller de tous leurs feux. C’est un peu le principe de cette rubrique, exhumer ces chansons qui méritent une peu plus que de rester au fond de la cave. Sans distinction de style, artistes connus ou inconnus, ils n’ont pas échappé, un jour ou l’autre, à ma curiosité. Assez pour que je m’en rappelle encore aujourd’hui.
Gerry and The Pacemakers – Summertime (UK 1964)
Chantal Kelly – Petit Sucre (France 1967)
The Spotnicks (Petre Winsnes vocal) – I´ll Never Get You (Suède 1966)
The Savages – Inside My Love (Allemagne 1967)
The Music Explosion – Let Yourself Go (USA 1967)
Ah ces touristes !
La musique c’est aussi ça…
Steeleye Span, groupe folk électrique anglais en live à différentes époques. Plus d’un demi-siècle d’existence autour de l’indéboulonnable Maddy Prior.
Cam Ye O’er Frae France
Gaudete
The Blacksmith
All Things Are Quite Silent
All Around My Hat
Lalo Schifrin(1932 – 2025)
Compositeur, pianiste, arrangeur, chef d’orchestre né en Argentine. Il est célèbre pour ses thèmes de films et séries tv. Il a collaboré avec d’innombrables autres musiciens et cinéastes.
Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.
Yellowstone
Bien que Yellowstone porte alors le nom de parc, il apparaît aujourd’hui comme un acte pionnier dans la préservation de la nature. Au début du siècle passé, on ne parle pas vraiment de pollution bien que certains effets se fassent déjà sentir. On se souvient du fameux smog de Londres qui causa la mort de plusieurs centaines de personnes en 1873. L’utilisation du charbon par l’industrie et le chauffage individuel amena un air irrespirable sur la ville, phénomène amplifié par le brouillard naturel qui empêchait la pollution de s’élever dans les airs, la plaquant au sol. La pollution existe aussi aux Etats-Unis, des villes comme Chicago sont déjà des centres industriels, mais le phénomène est atténué par la grandeur du territoire, et c’est encore le cas aujourd’hui où 80% de la population et la pollution se concentrent dans ou les environs des grandes villes. Mais reprenons le récit de la voyageuse. Nous prenons place par groupes de six ou huit. Pendant les cinq jours que dura le trajet, nous restâmes dans le même équipage traîné par les quatre mêmes chevaux. Outre deux messieurs et moi, il y avait dans notre voiture trois dames appartenant à la classe des Américaines qui prennent la vie du bon côté. Elles ont laissé leurs maris malades à la maison, et sont décidées malgré cela — ou plutôt à cause de cela! — à bien s’amuser, to have a good time, comme elles disent. Elles riaient, caquetaient et flirtaient à n’en plus finir. Je n’eus du reste pas à m’en plaindre, car elles se montrèrent aimables et complaisantes à mon égard. Nous fîmes, le premier jour, huit heures de voiture. Une pente assez raide nous conduisit dans une région sombre et sauvage entourée de rochers, qu’on appelle Hoodoos. Je n’ai pu savoir d’où vient ce nom, ni à quel travail de génies souterrains cette lugubre enceinte doit son origine (voir plus bas). Comme contraste, tout à côté, la Porte d’or, défilé de roches hardies couvertes d’une mousse jaune. Une cascade se précipite dans la vallée. Cette porte s’ouvre sur une ravissante prairie émaillée de fleurs entourée d’une ceinture de montagnes neigeuses.
Les Hoodoos, dont personne n’a pu donner une signification lors de son voyage, est un nom attribué par le conquérants venus d’Europe et d’Afrique. Ils voyaient dans ces alignements de roches en forme de cheminée avec un rocher au sommet, avant qu’il ne tombe suite à l’érosion, d’anciennes créatures pétrifiées. Ce n’est pas complètement étranger au culte vaudou. Il en existe dans de nombreux pays. Il apparait très bien dans le récit que les femmes américaines sont plus légères et libertines que les Européennes, les hommes sans doute loin d’être contre cela. C’est assez marrant, car si l’on observe le cinéma américain plus tard, on remarque qu’il est bien plus pudique que son frère européen. Enormément de choses sont suggérées. On peut penser au film de Charles Vidor sorti en 1946 « Gilda » où Rita Hayworth retire lascivement ses gants, pour les Ricains c’est un scène très chaude, qui frisa le censure. Pour les Européens cela parait assez banal, le cinéma d’ici est beaucoup plus subjectif, « L’Ange bleu » avec Marlène Dietrich date déjà de 15 ans. Nous continuons à pied notre chemin pour aller voir une série de geysers. La blanche couche de geyserite sur laquelle nous marchons porte le nom de celui qui l’a découverte, Norris Geyser Basin. Partout des arbres dénudés, immenses squelettes aux ossements blanchis, avertissent le voyageur que ce sol perfide tue la vie dans son germe. Notre guide avance prudemment; on aurait vite fait de mettre le pied dans une fissure, d’où on le retirerait affreusement brûlé. Tout autour de nous, pareils à des fusées, des jets s’élèvent en sifflant, des sources chaudes jaillissent; les superbes geysers lancent en une trombe puissante leurs flots d’eau et de vapeur; l’eau bouillonne et crépite, les tourbillons de fumée de soufre, se déroulent en mugissant. A chaque instant, de sourdes détonations ébranlent le sol. On se croirait dans quelque antre de cyclopes. Ici encore, la nature a prodigué ses plus brillantes couleurs; le moindre étang, la plus petite flaque s’irise de mille reflets. Les rayons du soleil qui prêtent les couleurs éblouissantes de l’arc-en-ciel aussi bien à l’eau bleue transparente qu’aux buées opaques les fait resplendir d’un éclat féerique. Chaque geyser porte un nom: le Black Growler, le Congress, le Monarch, etc.