Nos disques mythiques (18)

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Eh bien voilà un groupe, qui s’il n’est pas arrivé impressionner les ventes en 1967, peut se targuer d’offrir quelque 50 ans plus tard, une belle pièce de collection. N’importe quelle exemplaire du disque ci-dessus en très bon état se vend aujourd’hui au moins 500 euros, une copie a même dépassé 1000 euros. Elle figure parmi les 10 pièces que je préfère dans ma collection et c’est le genre de truc qu’il sera difficile de me faire vendre, la valeur étant avant tout sentimentale. Voilà pour planter le décor.

Evidemment le prix que peut atteindre cette pièce est fonction de sa rareté et surtout de l’intérêt musical qu’elle peut susciter auprès des fans d’une époque musicale ciblée. Le disque se situe très exactement dans la mouvance des mods, style autant musical que dans le vestimentaire plutôt bien habillé. Les Who, les Small Faces, les Kinks en étaient les plus célèbres représentants à partir de 1965. 

Sous le nom de The Action, le groupe existe depuis 1965. Ils sont signés par le label Parlophone la même année et ont comme producteur un certain George qui à ses moments perdus est aussi celui des Beatles. On ne peut pas dire que cela les aidera beaucoup, sans les desservir totalement puisque un certain effort publicitaire, notamment des passages à la télévision, est consenti. La puissance de leur style s’affirme surtout avec le 4ème et 5 ème 45 tours publiés en 1967. Ce sont ces 2 disques qui sont couplés pour en faire l’édition française objet de cet article. Même si la France à l’air d’y croire, on ne peut pas dire que le succès y sera retentissant, je me souviens pas d’avoir lu quelque chose de significatif sur la publication de ce disque, ni même de l’avoir aperçu dans les magasins. Comme la signature de la photographie est celle de Bob Lampard, il est acquis qu’ils sont venus faire de la promotion sur le sol parisien et a peut-être contribué à cette publication. 

Mais revenons au style lui-même. La mouvance des Mods en Angleterre est intéressante musicalement, elle présente une évolution vers des choses plus sophistiquées dans la recherche de sons nouveaux et des effets sonores, c’est un peu le pendant musical du psychédélique américain, mais en plus calme. C’est aussi presque un style de vie qui reflète assez bien la tendance de l’époque, qui pourrait se résumer par la vie est belle. Avec le recul et pour l’avoir vécu, je peux affirmer que l’insouciance était de mise, on est très loin du monde fataliste d’aujourd’hui.

Deux titres se détachent particulièrement du contenu « Shadows And Reflections » et « Something Has Hit Me », deux perles authentiques d’un groupe arrivé à son sommet, mais pas celui du succès.

Nos disques mythiques (17)

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En voici un qui fit couler beaucoup de vinyle. Quel adolescent n’a-t-il pas eu envie d’acheter une guitare en l’écoutant, une Fender par exemple? C’est peut-être le rock instrumental le plus célèbre du monde, en tout cas il était difficile d’y échapper en 1960 année de sa sortie. Mais revisitons un peu son histoire…

Le compositeur du titre, Jerry Lordan, un chanteur et accessoirement compositeur, s’était déjà fait remarquer dans ce second domaine en composant un hit pour Anthony Newley, un jeune qui marchait sur les traces de Cliff Richard. Les Shadows, qui s’appelaient encore les Drifters, servaient justement d’accompagnateurs à Cliff Richard devenu une grosse vedette du rock anglais.

Jerry Lordan avait composé « Apache » et l’avait proposé à Bert Weedom un guitariste anglais qui avait eu un bon succès avec « Guitare Boogie Shuffle » en 1959. Ce dernier l’avait enregistré, mais Lordan n’était pas pleinement satisfait de la manière de traiter sa mélodie. En tournée, il rencontra Jet Harris, le bassiste des Drifters devenu Shadows, en lui jouant la mélodie sur un ukulélé.  Intéressé, il en parla avec les autres membres du groupe qui parvinrent a décider la production de l’enregistrer.

Le reste est historique, ce fut un succès monstre dans la plupart des pays et se vendit à des millions d’exemplaires. Ironie du sort, si les Shadows volèrent un hit à Bert Weedom dont l’enregistrement enfin publié, fut en concurrence avec leur version mais loin derrière, ce fut la version de Jorgen Ingman qui eut tous les honneurs aux USA. Mais sans être sectaire la version des Shadows est incontestablement la meilleure.

La publication en France se fit sous la formule traditionnelle du EP 4 titres. Il reprend la face B anglaise « Quatermaster’s Stores », un arrangement sur un traditionnel du guitariste et chef d’orchestre Bill Sheperd.  Comme on manquait un peu de matériel frais, c’est le single anglais avec « Jet Black » et « Driftin », publié sous le nom des Drifters qui complète le disque. Ce sont deux titres originaux, le premier du bassiste Jet Harris, le second du soliste Hank Marvin. Pour les collectionneurs: l’édition originale française a un label vert, les rééditions subséquentes un label rouge.

C’est un de ces disques dont les quatre morceaux peuvent s’écouter avec le même plaisir. Un de ces disque légendaires un peu plus légendaire que les autres.