En passant

Inventaire musical à la Prévert (55)

J’ai découvert ce groupe un peu par hasard et c’est une femme qui en est responsable. Une fille que je draguais vers 1970 m’avait amené chez elle. Je me suis bien sûr intéressé à ses disques, on ne se refait pas. Dans le tas il y avait le single de ce groupe avec « Largo / Crossroads Of Time » publié en France en 1968. A l’écoute, j’ai flashé sur la fesse, pardon la face B. Elle me l’a refilé et je l’ai mis dans ma collection. A l’époque, il était assez difficile de savoir qu’il existait un album du groupe, en fait il en existe deux, mais je le savais encore moins. Quelques années plus tard, abonné à Record Collector, j’ai vu une annonce d’une boutique à Londres, Vinyl Solution gérée par un Français, qui le proposait dans ses listings. Je lui ai téléphoné et comme le disque était toujours disponible, je lui ai envoyé le pognon. Je me souviens très bien je l’avais payé 8 livres, une bonne affaire.
A l’écoute, j’ai bien aimé la suite. J’ai trouvé ce que je savais plus ou moins, un des premiers groupes qui mélangea la musique classique et pop. C’est très évident dans la reprise du « Largo » de Händel en vocal. Mais le reste contient aussi des souffles de classique entre titres originaux et reprises, le « Yesterday » des Beatles est dans cette veine. Par contre « Seven And Seven Is » de Love, autre reprise, est plus dans le psychédélique, normal il l’est à l’origine. Nous trouvons sur cet album deux compositions de Diane Stewart  » Crossroads Of Time » et « Love Is The Law », elle n’est autre que la femme de Graham Bond qui eut comme compagnons de route Jack Bruce et Ginger Baker, deux futurs Cream. Graham Bond exploita également ces deux titres, et Diane fit partie de Air Force de Ginger Baker. C’est Graham Bond qui signe les notes de la pochette. Un remaniement postérieur du groupe reprit « Largo » qui fut également publié en France sous le nom de Big Sleep. Voici cet album…


Crossroads Of Time
Never Care
I’ll Be Your Friend
7 + 7 Is
Prodigal Son
Largo
Love Is The Law
Yesterday
I Wonder Why
World Of Emotion
Inspiration For A New Day

Durant les sixties, la discographie française de distingua par le nombre impressionnant de publications qui furent faites sous la forme de EP, c’est à dire quatre titres, deux par face. Le principe de base était un peu mercantile, on vendait deux fois plus de marchandise sur la réputation d’un titre principal ou d’un succès, le 45 tours simple avec deux titres était réservé à la promotion et aux jukeboxes. L’avantage principal de ces EP’s demeurait dans le fait que ces éditions étaient présentées dans une pochette avec le plus souvent une photo de l’artiste et un emballage cartonné et plastifié plus résistant à l’épreuve du temps. L’Angleterre et les USA eurent beaucoup moins recours à ce genre de publications. Le plus souvent, la règle était le 45 tours simple emballé dans une simple pochette à trous permettant de voir l’étiquette du disque. Aujourd’hui ces fameuses disques EP’s français, surtout ceux concernant des artistes étrangers, sont recherchés par les collectionneurs du monde entier car ils sont uniques dans leur genre et peuvent parfois atteindre des sommes folles s’ils sont très rares. Au fil des semaines, je vous en présenterai quelques uns parmi ceux qui attirent justement les collectionneurs. Ils seront présentés avec la pochette, éventuellement avec un scan de ma collection personnelle si je ne trouve rien de satisfaisant, les titres qu’ils contiennent, et le plus haut prix atteint par une enchère sur Ebay.

Encore un EP d’artiste français qui cartonne très bien chez les collectionneurs. Et je dois dire que cet intérêt est amplement mérité, même si sa rareté fait monter les prix. Il s’agit du premier essai du chanteur Erick Saint Laurent en 1966, essai qui passa très inaperçu, même si le chanteur connut quelques succès par la suite avec des reprises des Beatles (Eleanor Rigby, She’s Leaving Home), Easybeats (Friday On My Mind), Monkees (I’m A Beliver) Sonny & Cher (Little Man), Nice (Thoughts of Emerlist Davjack), Procol Harum (She Wandered Through the Garden Fence). C’est plutôt un adaptateur et il adapte bien, de plus il est bon vocaliste. L’attrait principal de cette rareté est qu’il contient deux titres intéressants « Le Temps D’y Penser », un excellent titre qui sonne bien 66, mais surtout une intéressante version, que l’on peut qualifier de yéyé, des fameuses « Feuilles Mortes ». Il avait je pense un potentiel pour faire des choses prometteuses, mais le service militaire brisa un peu son élan, on est vite oublié. Il reviendra au disque avec le groupe Présence dans lequel on trouve aussi Daniel Balavoine. Il fit une dernière tentative en solo en 1974. L’année passé, invité par un pote, nous avons eu l’occasion de parler avec lui en visioconférence. Il semble que son passage dans le vedettariat lui a laissé quelques bons souvenirs, même si tout ne fut pas parfait.

Erick Saint Laurent – Barclay 71025 M, publié en 1966, meilleure enchère sur Ebay 592 euros.

En passant

Dimanche en quelques manches d’été (12)

Au milieu des fifties le premier label résolument branché rock and roll fut les disques Sun basés à Memphis. C’est du moins ce qu’on retient le plus, mais il fut aussi un label qui s’intéressa au blues, Howlin’ Wolf fut un artiste Sun avant de poursuivre chez Chess à Chicago, mais aussi de country music. Il fut aussi un endroit ou se côtoyaient artistes blancs et noirs, ce qui pour l’époque n’était pas toujours évident. Le plus grande star issue de Sun fut bien entendu Elvis Presley, mais aussi Jerry Lee Lewis, Roy Orbison, Johnny Cash pour les plus connus. Dans cet article nous nous intéresserons à dix disques publiées par Sun entre 1955 et 1957. Ensuite nous sauterons un quart de siècle pour voir ce qu’est devenu le rock and roll après l’avènement du punk à travers dix autres disques oscillant entre rockabilly et psychobilly. Le dimanche sera résolument rock, bonne écoute, bon dimanche.

Elvis Presley – Mystery Train
Ray Harris – Come On Little Mama
Roy Orbison – You’re My Baby
Sonny Burgess – We Wanna Boogie
Jerry Lee Lewis – Lovin’ Up A Storm
Carl Perkins – Her Love Rubbed Off
Warren Smith – I’ve Got Love If You Want It (reprise de Slim Harpo)
Barbara Pittman – I Need A Man
Billy Lee Riley (Billy Riley) – Red Hot
Dickey Lee (Dicky Lee) – Dreamy Nights

Stray Cats – Runaway Boys
The Meteors – Strange Times Are Coming
Demented Are Go – Bodies In The Basement
The Guana Batz – Lady Bacon
Long Tall Texans – Get Back Wet Back
Coffin Nails – The Death Don’t Get Older
The Pharaohs – Crazy N Wild The Pharaohs
The Stingrays – Don’t Break Down
Reverend Horten Heat – Let Me Teach You How To Eat
The Baboons – Drinkin’ Gasoline