En passant

Voyage début de siècle (1)

Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Des pays comme le Japon ou la Chine sont des noms dont on connaît l’existence, mais souvent ramenés à quelques clichés. Le moins mystérieux est sans doute ce que l’on appelle l’Amérique qui désigne avant tout les Etats-Unis plus que le continent. Dans le cas de la Suisse, il y a une bonne raison à cela. Au 19ème siècle, elle n’est pas encore le pays prospère à l’image d’aujourd’hui. On tire un peu le diable par la queue et beaucoup de natifs du pays vont tenter de trouver la fortune là-bas. Certains réussissent, d’autres pas, mais on a temps en temps des nouvelles de ceux qui sont partis et ils ne manquent pas de décrire ce qu’ils vivent. La poste, bien que lente fonctionne. J’ai fait une petite enquête sans lever les fesses de mon fauteuil. J’ai trouvé dans un journal local suisse un avis mortuaire concernant un décès survenu à Oakland près de San Francisco. L’avis est paru le 11 décembre 1894, mais ne mentionne pas la date du décès. J’ai imaginé avec raison qu’il n’avait pas eu lieu la semaine précédente, mais alors quand? Je suis allé fouiller dans les archives de la presse américaine et j’ai fini par trouver, il était survenu le 24 octobre 1894. Il a donc fallu environ 40-45 jours pour que la nouvelle parvienne à la famille, c’est pas rapide mais c’est arrivé à bon port. De plus, en dehors des nouvelles familiales, le Buffalo Bill Wild West Show a tourné en Europe à partir de 1887 et donne une idée plus précise du pays, cowboys, indiens, bisons, tout le folklore US y est, il rencontre un franc succès.
Cécile de Rodt est née à Berne dans une famille aisée. Elle rêve de voyager et part en 1901 en direction des Etats-Unis. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. Elle a les moyens financiers et on peut supposer, elle séjourne dans des hôtels offrent un certain confort, elle est néanmoins très observatrice. Elle raconte ses découvertes au jour le jour, c’est un peu la Guide du Routard version Belle Epoque, et cerise sur le gâteau elle prendra des centaines de photos. Mais l’aventure ne s’arrête pas là, elle fera réellement le tour du monde d’ouest en est, la Chine, la Japon, l’Inde, le Proche-Orient.
Ce premier périple, elle en fera d’autres, est présenté dans un livre de plus de 1000 pages publié en 1903 et présentant plus de 700 photos. C’est un must qui nous fait découvrir le mode tel qu’il était alors, surtout à travers les photographies. Je vous propose à travers une série d’articles d’en découvrir quelques extraits.

Le 30 mai 1901, c’est le jour du départ de Berne par le train direction Paris, ensuite un autre l’emporte vers Cherbourg. L’embarquement et le départ se font sur le Gosse Kurfürst, bateau appartenant à une compagnie allemande, qui a déjà embarqué des passagers à Brême. Même en 1901 c’est déjà une petite ville, il peut emmener 350 passagers en première, 250 en seconde, et 2400 dans les étages inférieurs. Par contre il est plutôt lent, il faudra environ 9 jours pour le traversée, les plus rapides la font en 5 jours et des poussières. La narratrice ne précise pas la date du départ et de l’arrivée, mais cette dernière a probablement lieu vers le 12 ou 13 juin.

Le New York d’alors n’est pas encore la ville démesurée, surtout en hauteur, que l’on connaît aujourd’hui. Les plus hautes maisons dépassent rarement 30 étages et sont encore une exception. La population compte un peu plus de 3 millions d’habitants pour presque le triple aujourd’hui. L’autrice parle des formalités pour entrer sur le territoire américain. Il ne s’agit pas d’une simple routine.
« On nous fait entrer dans une baraque en planches d’aspect peu confortable. Elle contient deux vastes pièces séparées par une grille. Dans l’une se parque le public, dans l’autre, divisée en nombreux compartiments qui portent chacun une lettre de l’alphabet, s’entassent les bagages. Cette combinaison est fort utile, à condition que chaque voyageur ait pris la précaution d’inscrire son nom sur ses colis. »
Trump n’a rien inventé, par exemple pour entrer de la soie, il y a une taxe de 60%, gare aux fraudeurs. Un compagnon de croisière qui rentre d’un voyage en Orient lui affirme qu’il a promis de ramener des souvenirs à sa famille, mais qu’il va les acheter ici, car cela coûte bien moins cher. Sa seule angoisse est qu’un membre de sa famille l’attende à la sortie, ce qui révélerait sa petite combine. Apparemment ce ne fut pas le cas.
A suivre.

Sources : Wikipédia, B.N.F, Street view, DP

En passant

Inventaire musical à la Prévert (239)

Disques sous la loupe

Des curiosités musicales diverses, des ambiances particulières, une démarche artistique originale. Des disques qui sont des collectors de plus ou moins grande valeur, mais qui en ont une artistiquement parlant. Les découvrir c’est partir à l’aventure.

Johnny Winter – US LP

Cet album profita du fait que Johnny Winter devenait un guitariste très connu après des années d’obscurité. Cette popularité est surtout l’effort de label Columbia (CBS pour l’Europe) qui le signa et le propulsa dans la cour des grands. Au départ, il est presque une publication pirate. Enregistré en 1968 en privé et tiré à 100 exemplaires, il est repris et publié par le label Imperial (Liberty pour l’Europe), apparemment quand Winter avait déjà signé chez Columbia.
Quoiqu’il en soit, tous le ingrédients de sa maestria y sont présents à travers originaux et reprises.

Artiste : Johnny Winter
Titre : Progressive Blues Experiment
Genre : pop, blues
Label : Imperial
No Catalogue :  LP-12431
Pays : USA 1968
Meilleure enchère sur Ebay, 176 euros,
Note : Cet album a d’abord fait l’objet d’un pressage privé sur label Sonobeat tiré à une centaine d’exemplaires en 1968. Meilleure enchère sur Ebay, 2129 euros. Repris par Liberty en 1969, il sera publié dans de nombreux pays, c’est en quelques sorte la publication officielle.

Rollin’ And Tumblin’

Visites au musée du Boss

Au cours de ma vie je ne sais pas combien j’ai écouté de disques, probablement des millions. Dans ce musée il y a certains disques qui reviennent régulièrement, pas seulement pour un titre mais plusieurs. C’est assurément le cas pour les albums, mais aussi un autre support, le fameux EP qui présentait le plus souvent quatre titres. En France jusqu’en 1967-68, c’était le format le plus courant, d’autres pays dans une moindre mesure les publiaient aussi, mais le single deux titres était la référence. Ces fameuses publications françaises sont très demandées par les collectionneurs étrangers, car elles avaient l’avantage d’être présentées dans une pochette en carton avec fréquemment une photo de l’artiste. En revisitant ma collection, voici quelques unes de ces pépites qui m’enchantèrent pour deux, trois, quatre titres. Les *** désignent le titre que j’ai le plus écouté

Talkin’ ‘Bout You

The Bare Facts – Georgiana

Dans une future pièce du musée encore en construction, ces chansons y figureront probablement. Je ne les ai pas encore suffisamment écoutées, elles sont de découverte plus ou moins récente et ne font pas partie de mes 20 premières années d’écoutes, mais je suis sûr que je les écouterai encore dans dix ans.

Aine Cahill – Black Dahlia